Du résultat comptable au résultat fiscal en SCI à l'IS
Au bas de votre compte de résultat, vous lisez un bénéfice. Ce n'est pas la base de votre impôt. Une société civile immobilière (SCI) soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) doit corriger ce résultat comptable de plusieurs postes que le Code général des impôts refuse en déduction. Le résultat fiscal qui en sort — parfois supérieur de quelques centaines d'euros, parfois de plusieurs milliers — est le seul chiffre sur lequel l'impôt se calcule. Ce guide déroule ce passage ligne à ligne sur trois exercices chiffrés, montre pourquoi un exercice bénéficiaire peut se solder par une trésorerie négative, et dit ce qu'on fait d'un déficit.
Précision d'entrée, parce qu'elle épargne du temps à une moitié des lecteurs : si votre SCI relève de l'impôt sur le revenu (IR), il n'y a rien à retraiter. La section 1 explique pourquoi en dix lignes. Pour le cadre d'ensemble — qui tient quoi, qui déclare quoi selon le régime —, partez de notre guide comptabilité d'une SCI en IR et en IS.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (CGI, BOFiP, impots.gouv.fr). Mis à jour le 26 août 2026.
Sommaire
- À l'impôt sur le revenu, il n'y a rien à retraiter
- Résultat comptable et résultat fiscal : deux règles, une formule
- Le tableau de passage, ligne à ligne (cas n° 1)
- Bénéficiaire au fiscal, négatif en trésorerie
- Les huit réintégrations qu'une SCI rencontre vraiment
- L'exercice qui dérape : deux erreurs à 674 € (cas n° 2)
- Les déductions : peu nombreuses, et c'est normal
- Où le résultat fiscal se déclare : 2033-B, 2058-A, 2057-SD
- L'exercice déficitaire et son imputation (cas n° 3)
- Déficit à l'IS ou déficit foncier : ne les confondez pas
- Cinq choses à ne pas faire de son résultat fiscal
- Questions fréquentes sur le résultat fiscal d'une SCI
1. À l'impôt sur le revenu, il n'y a rien à retraiter
Une SCI à l'IR ne calcule pas de résultat comptable au sens du plan comptable. Elle calcule un résultat foncier : les loyers réellement encaissés dans l'année, moins une liste de charges limitativement énumérée par l'article 31 du CGI. Pas d'amortissement, pas de produits à recevoir, pas de tableau de passage : ce que la loi n'a pas listé n'est pas déductible, point. Le résultat est ensuite réparti entre les associés à proportion de leurs parts et imposé chez eux, sur la déclaration 2072. C'est ce qu'on appelle la translucidité fiscale : la société déclare, les associés paient.
L'écart avec l'IS n'est pas cosmétique. Prenons l'exercice qui servira de fil rouge à tout ce guide. Une SCI encaisse 36 000 € de loyers. Elle supporte 6 200 € d'intérêts d'emprunt, 2 400 € de taxe foncière, 470 € d'assurance propriétaire non occupant, 1 300 € de charges de copropriété non récupérables et 900 € d'honoraires de comptabilité. Elle constate enfin 9 600 € de dotation aux amortissements — l'étalement comptable du coût de la construction sur sa durée d'usage.
| Le même exercice, deux régimes | SCI à l'IR | SCI à l'IS |
|---|---|---|
| Recettes retenues | 36 000 € | 36 000 € |
| Intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, copropriété | 10 370 € | 10 370 € |
| Amortissement de la construction | 0 € | 9 600 € |
| Honoraires de comptabilité | 900 € | 900 € |
| Forfait de frais de gestion (20 € par local) | 20 € | 0 € |
| Intérêts servis au compte courant d'un associé | 0 € (dette non affectée) | 2 730 € |
| Total des charges admises | 11 290 € | 23 600 € |
| Résultat imposable | 24 710 € | 12 400 € |
La pénalité de retard de 300 € que supporte aussi cette SCI n'est déductible dans aucun des deux régimes : elle est exclue du tableau. Les honoraires versés à un tiers pour tenir la comptabilité des immeubles sont, eux, déductibles pour leur montant réel dans les deux régimes (art. 31, I, 1°, e du CGI). Le BOI-RFPI-BASE-20-10, document mis à jour le 6 juillet 2016, le confirme à ses n° 60 et 230. Le forfait de 20 € par local ne couvre que les « autres frais de gestion » : correspondance, téléphone, déplacements. À l'impôt sur le revenu, les intérêts d'un compte courant sont déductibles quand la somme prêtée a financé l'immeuble — acquisition, conservation, construction, réparation ou amélioration (art. 31, I, 1°, d du CGI). Ici, l'associé a prêté de la trésorerie sans affectation, donc rien à déduire. Le plafond de 4,55 %, lui, ne concerne que l'IS.
Prenons un associé dont la tranche marginale d'imposition — le taux qui frappe son dernier euro de revenu — est de 30 %. Ses revenus fonciers supportent 30 % d'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 47,2 %. Supposons les deux associés de cette SCI à égalité de parts et tous deux dans cette tranche. Chacun déclare alors 12 355 € de revenus fonciers, et les 24 710 € coûtent 24 710 × 47,2 % = 11 663 € aux deux associés réunis. Un correctif à connaître avant de comparer : 6,8 des 17,2 points sont de la contribution sociale généralisée (CSG) déductible, qui viendra réduire leur revenu global de l'année suivante. À 30 % de tranche marginale, cela leur rend 24 710 × 6,8 % × 30 % = 504 €, et ramène le coût réel à environ 11 159 €. À l'IS, les 12 400 € de résultat fiscal coûtent 1 860 € à la société.
Ce n'est pas une démonstration que l'IS gagne. L'IS diffère l'impôt bien plus qu'il ne l'efface : les amortissements déduits chaque année viennent gonfler la plus-value le jour de la vente, et sortir l'argent de la société déclenche un second étage d'imposition. Le sujet a sa page : SCI à l'IS ou à l'IR, comment trancher. Ici, on s'en tient à la mécanique du passage — qui, à partir de maintenant, ne concerne que les SCI à l'IS.
2. Résultat comptable et résultat fiscal : deux règles, une formule
Le résultat comptable est le solde du compte de résultat : tous les produits moins toutes les charges, enregistrés selon le plan comptable général (le règlement ANC n° 2014-03, qui fixe les règles d'enregistrement communes à toutes les entreprises françaises). Pour une SCI, cette obligation de tenir une comptabilité est fiscale et non commerciale. Elle découle de l'article 54 du CGI et de l'article 38 quater de son annexe III. Les articles du code de commerce sur les livres comptables, eux, ne visent que les commerçants — ce qu'une SCI n'est jamais. La nuance a des conséquences pratiques, à commencer par l'absence totale d'obligation de dépôt des comptes au greffe.
Le résultat fiscal, lui, obéit au I de l'article 209 du CGI, qui renvoie aux règles des bénéfices industriels et commerciaux. Une charge peut être parfaitement régulière en comptabilité — engagée, justifiée, correctement enregistrée — et rester interdite en déduction fiscale. Le résultat fiscal ne se recalcule pas de zéro : il part du résultat comptable et le corrige.
Résultat fiscal = Résultat comptable
+ Réintégrations − Déductions
Deux mots à poser tout de suite, parce qu'ils reviendront à chaque ligne. Une réintégration est une charge que la comptabilité a bien enregistrée mais que le fisc refuse : on la rajoute au résultat, ce qui augmente la base imposable. Une déduction est un produit comptabilisé mais non imposable, ou une charge déductible non encore enregistrée : on la retranche. Les deux sont dites extra-comptables, ce qui signifie qu'elles ne donnent lieu à aucune écriture : le grand livre ne bouge pas. La correction n'existe que sur la liasse fiscale — l'ensemble des tableaux annexés à la déclaration de résultat.
Un contresens à écarter tout de suite. Sur la liasse, la ligne « résultat comptable » est le résultat après comptabilisation de l'impôt sur les sociétés, puisque celui-ci est passé en charge à la clôture. Comme l'article 213 du CGI exclut l'IS des charges déductibles, il est ensuite réintégré. Départ plus bas, réintégration en face : on retombe au même euro. La section 3 le montre.
3. Le tableau de passage, ligne à ligne (cas n° 1)
C'est pour ce tableau que vous êtes venu. SCI familiale à l'IS, régime réel simplifié, un immeuble locatif, exercice clos le 31 décembre 2025. Deux associés, dont l'un a laissé 60 000 € en compte courant d'associé — de l'argent prêté à la société par un associé, remboursable et éventuellement rémunéré — au taux de 5,20 %.
Le compte de résultat
| Poste | Montant |
|---|---|
| PRODUITS | |
| Loyers de l'exercice | 36 000 € |
| CHARGES | |
| Intérêts de l'emprunt bancaire | 6 200 € |
| Taxe foncière | 2 400 € |
| Assurance propriétaire non occupant | 470 € |
| Charges de copropriété non récupérables | 1 300 € |
| Honoraires de comptabilité | 900 € |
| Intérêts servis au compte courant (60 000 € à 5,20 %) | 3 120 € |
| Dotation aux amortissements de la construction | 9 600 € |
| Pénalité de retard sur la taxe foncière | 300 € |
| Total des charges | 24 290 € |
| RÉSULTAT COMPTABLE AVANT IMPÔT | 11 710 € |
Les deux corrections à passer
La pénalité de retard de 300 € tombe sous le coup du 2 de l'article 39 du CGI : aucune sanction pécuniaire infligée pour manquement à une obligation légale n'est déductible. La charge reste en comptabilité, l'argent est bien sorti, mais elle ne réduit pas la base d'un euro. Réintégration : +300 €.
Les intérêts de compte courant sont plafonnés par le 3° du 1 de l'article 39. Pour un exercice de douze mois clos le 31 décembre 2025, le taux maximal déductible est de 4,55 % (BOI-BIC-CHG-50-50-30, mis à jour le 28 janvier 2026). La SCI a servi 5,20 %. Fraction déductible : 60 000 × 4,55 % = 2 730 €. Intérêts effectivement versés : 3 120 €. Réintégration : +390 €.
Une condition préalable, que beaucoup de SCI familiales ne remplissent pas. Le même texte réserve la déduction aux sociétés dont le capital a été entièrement libéré. Un capital souscrit mais non libéré — promis par les associés dans les statuts, jamais versé sur le compte de la société — rend les intérêts de comptes courants non déductibles. Pas seulement leur fraction excédentaire : la totalité. Notre SCI a libéré le sien. À défaut, la réintégration ne serait pas de 390 € mais de 3 120 €, et le résultat fiscal passerait à 11 710 + 300 + 3 120 = 15 130 €. Pire : la même condition de capital entièrement libéré commande le taux réduit d'IS à 15 % (art. 219, I b du CGI). La SCI perd donc les deux d'un coup et se retrouve imposée à 25 % : 15 130 × 25 % = 3 782,50 €, contre 1 860 €. Les 1 000 € de capital que les associés se sont promis dans les statuts sans jamais les virer coûtent 1 922,50 € d'impôt en une seule année — et autant chaque année tant que le versement n'est pas fait.
| Détermination du résultat fiscal | Montant |
|---|---|
| Résultat comptable avant impôt | 11 710 € |
| + Pénalité de retard (art. 39, 2 CGI) | +300 € |
| + Intérêts de compte courant au-delà de 4,55 % (art. 39, 1, 3° CGI) | +390 € |
| Total des réintégrations | +690 € |
| Total des déductions | 0 € |
| RÉSULTAT FISCAL | 12 400 € |
La SCI remplit les trois conditions du taux réduit d'IS à 15 % : chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros, capital entièrement libéré — le même que ci-dessus —, capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Le taux s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice par période de douze mois (art. 219, I b du CGI). L'impôt dû est donc de 12 400 × 15 % = 1 860 €. Le gérant qui aurait appliqué 15 % à son bénéfice comptable de 11 710 € aurait déclaré 1 756,50 €, soit 103,50 € de moins. C'est exactement l'impôt sur les 690 € oubliés — majorations et intérêts de retard en supplément, le jour d'un contrôle.
Et le résultat comptable définitif, dans tout ça ? Une fois l'IS de 1 860 € comptabilisé en charge, le résultat comptable de l'exercice tombe à 11 710 − 1 860 = 9 850 €. C'est ce montant, et non les 11 710 €, qui figure sur la ligne de départ de la liasse.
Le calcul retombe pourtant sur ses pieds, parce que l'IS se réintègre : 9 850 + 1 860 (IS) + 690 (les deux autres réintégrations) = 12 400 €. Même résultat fiscal, même impôt. Les 9 850 € sont, eux, le point de départ de l'affectation du résultat et d'une éventuelle distribution de dividendes.
4. Bénéficiaire au fiscal, négatif en trésorerie
Reste la question que personne ne pose avant d'y être forcé. Notre SCI dégage 12 400 € de résultat fiscal et doit 1 860 € d'impôt. Combien a-t-elle réellement gagné sur son compte bancaire ?
L'emprunt de 250 000 € sur dix ans lui coûte cette année une annuité de 29 240 €, dont 6 200 € d'intérêts et 23 040 € de remboursement du capital. Or deux lignes ne se comportent pas de la même façon des deux côtés. La dotation aux amortissements est une charge qui ne sort aucun euro de la caisse. Le remboursement du capital est une sortie d'euros qui n'est pas une charge.
| Le même exercice, deux lectures | Colonne fiscale | Colonne trésorerie |
|---|---|---|
| Loyers | 36 000 € | 36 000 € |
| Charges courantes décaissées (hors emprunt) | − 8 490 € | − 8 490 € |
| Intérêts de l'emprunt | − 6 200 € | − 6 200 € |
| Dotation aux amortissements | − 9 600 € | 0 € |
| Remboursement du capital emprunté | 0 € | − 23 040 € |
| Réintégrations extra-comptables | + 690 € | 0 € |
| Avant impôt | 12 400 € | − 1 730 € |
| Impôt sur les sociétés dû au titre de l'exercice (décaissé le 15 mai 2026) | — | − 1 860 € |
| Solde de l'exercice | 12 400 € imposables | − 3 590 € |
Hypothèse retenue pour la lisibilité : tous les loyers sont encaissés et toutes les charges payées dans l'exercice. Les 8 490 € de charges courantes décaissées regroupent la taxe foncière, l'assurance, les charges de copropriété, les honoraires, la pénalité et les intérêts de compte courant. Attention à la date : les 1 860 € ne sortent pas du compte en 2025 mais le 15 mai 2026. Le − 3 590 € est le coût complet de l'exercice, pas le mouvement bancaire de l'année civile — ce qui laisse justement quatre mois et demi pour trouver la somme.
Le pont entre les deux colonnes tient en une ligne. On part des 11 710 € de résultat avant impôt, on rajoute les 9 600 € d'amortissement qui n'ont rien décaissé, on retire les 23 040 € de capital remboursé qui ne sont pas une charge : on obtient − 1 730 €. Après paiement de l'impôt, la SCI est à − 3 590 € pour l'année. Elle est bénéficiaire et elle appauvrit son compte bancaire : les associés devront remettre de l'argent, généralement par apport en compte courant.
Ce n'est pas une anomalie, c'est la structure même d'une SCI à l'IS jeune et endettée. Elle se corrige avec le temps, à mesure que la part d'intérêts dans l'annuité diminue. Mais elle doit être anticipée, sous peine de découvrir l'appel d'impôt sans avoir de quoi le payer. Pour piloter cet écart dans la durée, voyez le cash-flow d'une SCI et notre guide sur les indicateurs de pilotage.
5. Les huit réintégrations qu'une SCI rencontre vraiment
Les manuels de fiscalité listent des dizaines de réintégrations. Une SCI patrimoniale en croisera huit, et quatre seulement de façon régulière. Les voici toutes, avec leur fondement.
| Poste réintégré | Pourquoi le fisc le refuse | Fondement | Fréquence en SCI |
|---|---|---|---|
| Impôt sur les sociétés comptabilisé en charge | Un impôt ne peut pas réduire sa propre base de calcul | Art. 213 CGI | Systématique |
| Amendes, pénalités et majorations de retard | Une sanction perdrait son effet si l'État en remboursait 15 % par la déduction | Art. 39, 2 CGI | Courant |
| Intérêts de comptes courants au-delà du taux plafond | Au-delà du taux plafond, le surplus n'est plus la rémunération d'un prêt mais un avantage consenti à l'associé | Art. 39, 1, 3° CGI | Très courant |
| Amortissement pratiqué sur la valeur du terrain | Un terrain ne se déprécie pas par l'usage : il n'y a aucune perte de valeur à étaler | Art. 39, 1, 2° CGI | Courant, et coûteux |
| Provisions ne remplissant pas les conditions de déduction | Une charge seulement probable ne se déduit que si elle est nettement précisée et justifiée à la clôture | Art. 39, 1, 5° CGI | Occasionnel |
| Fraction excessive de la rémunération du gérant | Ce qui dépasse le travail réellement fourni n'est pas une charge d'exploitation | Art. 39, 1, 1° CGI | Rare |
| Dépenses somptuaires, amortissement d'un véhicule de tourisme au-delà du plafond | Dépenses d'agrément, présumées étrangères à l'exploitation | Art. 39, 4 CGI | Rare |
| Charges engagées hors de l'intérêt de la société | La société a payé une dépense qui profitait à quelqu'un d'autre | Jurisprudence du Conseil d'État (acte anormal de gestion), art. 38 et 39 CGI combinés | Occasionnel |
Les intérêts de comptes courants : compte par compte, sans compensation
C'est la réintégration la plus fréquente et la plus mal traitée. Le taux plafond de 4,55 % pour une clôture au 31 décembre 2025 s'apprécie sur chaque compte courant séparément. Un excédent constaté sur le compte d'un associé ne peut pas être effacé par l'insuffisance constatée sur le compte d'un autre. Le BOFiP l'écrit noir sur blanc. La section suivante chiffre ce que cette nuance coûte. Sur les comptes courants eux-mêmes — leur fonctionnement, leur remboursement, leurs limites —, voyez le compte courant d'associé en SCI et, quand la SCI en compte plusieurs, gérer des comptes courants multiples.
L'amortissement du terrain
Un terrain ne se déprécie pas par l'usage : il n'est jamais amortissable. Une SCI qui achète un immeuble doit donc ventiler le prix entre le terrain et la construction, et n'amortir que la seconde. Passer l'amortissement sur la totalité du prix est l'erreur la plus répandue des premières comptabilités — d'autant qu'elle se répète chaque année, sans se signaler. Les règles de ventilation sont détaillées dans la valeur du terrain en SCI et l'amortissement en SCI à l'IS.
Les charges engagées hors de l'intérêt de la société
Cas typique : la SCI laisse un associé occuper gratuitement un logement, tout en déduisant la taxe foncière, l'assurance et les travaux qui s'y rapportent. L'administration y voit un acte anormal de gestion — une dépense engagée dans l'intérêt de quelqu'un d'autre que la société — et la réintègre. Sur un logement dont les charges annuelles atteignent 2 800 €, ce sont 2 800 € qui reviennent dans la base imposable, soit 420 € d'impôt à 15 %. À traiter avant de signer quoi que ce soit : louer à un associé de la SCI.
6. L'exercice qui dérape : deux erreurs à 674 € (cas n° 2)
Deuxième cas. Une SCI à l'IS a acheté un immeuble 400 000 € frais compris et l'amortit intégralement sur 30 ans, terrain compris — l'erreur décrite plus haut. La ventilation correcte donnerait 100 000 € de terrain et 300 000 € de construction. Deux associés lui ont par ailleurs laissé des fonds en compte courant, à des taux différents.
| Compte courant | Solde moyen | Intérêts versés | Plafond à 4,55 % | À réintégrer |
|---|---|---|---|---|
| Associé A, à 6 % | 80 000 € | 4 800 € | 3 640 € | 1 160 € |
| Associé B, à 3 % | 40 000 € | 1 200 € | 1 820 € | 0 € |
| Total | 120 000 € | 6 000 € | 5 460 € | 1 160 € |
Regardez la dernière ligne. Un calcul global aurait donné 6 000 − 5 460 = 540 € à réintégrer. La règle réelle, compte par compte, en donne 1 160 € : la marge inutilisée du compte de l'associé B, 620 €, est perdue et ne compense rien. Cette seule subtilité vaut 620 € de base imposable en plus, soit 93 € d'impôt sur cet exercice — 186 € si l'erreur est reproduite deux ans de suite, et autant chaque année tant que le calcul reste global.
Côté amortissement : la dotation passée est de 400 000 / 30 = 13 333 €, alors que la dotation admise est de 300 000 / 30 = 10 000 €. Réintégration annuelle : 3 333 €. Sur trente ans, ce sont 100 000 € d'amortissement qui n'auraient jamais dû être déduits.
| Détermination du résultat fiscal | Montant |
|---|---|
| Résultat comptable avant impôt | 8 500 € |
| + Amortissement pratiqué sur le terrain | +3 333 € |
| + Intérêts de comptes courants excédentaires | +1 160 € |
| RÉSULTAT FISCAL | 12 993 € |
Impôt dû : 12 993 × 15 % = 1 948,95 €, soit 1 949 € arrondis. Le gérant qui se serait fié à son bénéfice comptable de 8 500 € aurait déclaré 1 275 €. L'écart, 674 € sur un seul exercice, provient entièrement de deux lignes qui ne coûtent rien à corriger — et tout à ignorer.
7. Les déductions : peu nombreuses, et c'est normal
Sur une SCI de location nue, les déductions extra-comptables se comptent sur les doigts d'une main. Ne perdez pas d'heures à en chercher : dans neuf liasses sur dix, la colonne est à zéro, et c'est bon signe.
- La reprise d'une provision antérieurement réintégrée. C'est la règle de symétrie : si une provision a été refusée en déduction à la dotation, elle a déjà supporté l'impôt ; le jour où elle est reprise en produit, elle se déduit du résultat fiscal. Réintégrer sans jamais déduire, c'est payer deux fois.
- La part de résultat — la quote-part — qui revient à la SCI dans une société translucide qu'elle détient. Quand une SCI à l'IS détient des parts d'une autre société civile, sa part de résultat se détermine selon les règles de l'IS (art. 238 bis K, I du CGI) : l'écart avec le produit comptabilisé se corrige extra-comptablement.
- Les dividendes reçus d'une filiale sous le régime des sociétés mères. Si la SCI détient au moins 5 % du capital d'une société à l'IS et conserve ces titres deux ans, elle peut opter pour ce régime (art. 145 du CGI). Les dividendes encaissés se retranchent alors du résultat, à l'exception d'une quote-part de frais et charges de 5 % qui reste imposée (art. 216 du CGI). Sur 10 000 € de dividendes reçus, la liasse porte deux lignes et non une : une déduction de 10 000 € et une réintégration de 500 € au titre de la quote-part de frais et charges. Le solde est de 9 500 €, mais les inscrire d'un seul trait fausse le tableau. Le cas ne se rencontre que dans les montages avec holding immobilière.
Notez ce qui ne figure pas dans cette liste : le remboursement du capital d'un emprunt. Ce n'est pas une charge, il n'a jamais réduit le résultat comptable, il n'y a donc rien à déduire. C'est précisément l'écart mis en évidence par la colonne trésorerie de la section 4.
8. Où le résultat fiscal se déclare : 2033-B, 2058-A, 2057-SD
Le tableau de passage a sa place attitrée dans la liasse fiscale. Le formulaire dépend du régime.
| Formulaire | Ce qu'on y trouve |
|---|---|
| 2033-A (réel simplifié) | Le bilan simplifié ; au passif, la ligne « Autres dettes » et sa case « dont comptes courants d'associés » |
| 2033-B (réel simplifié) | Le bas du feuillet : cadre de détermination du résultat fiscal, réintégrations et déductions |
| 2058-A (réel normal) | Le tableau entièrement consacré au passage, avec une ligne par retraitement |
| 2033-D-SD | Provisions, amortissements dérogatoires et suivi des déficits reportables |
| 2058-B (réel normal) | Déficits reportables et provisions non déductibles |
| 2057-SD (réel normal) | État des échéances des créances et des dettes, dont la ligne « Groupe et associés » où figurent les comptes courants |
| 2065 | La déclaration de résultat elle-même, où le résultat fiscal est reporté et l'impôt liquidé |
Deux précisions qui évitent des erreurs bêtes. D'abord, la quasi-totalité des SCI patrimoniales relèvent du réel simplifié. On ne bascule au réel normal qu'au-delà de 286 000 € de recettes annuelles pour une activité de services. C'est le montant applicable en 2026 (art. 302 septies A bis du CGI et art. A. 162-7 du code des impositions sur les biens et services). Le seuil de 254 000 € qui circule encore était celui des années 2023 à 2025. Une SCI qui loue un ou deux immeubles n'approche ni l'un ni l'autre. Ensuite, les comptes courants d'associés ne figurent pas au 2033-D-SD : celui-ci est le relevé des provisions, des amortissements dérogatoires et des déficits. Au réel simplifié, le 2057-SD ne fait pas partie de la liasse : ils se déclarent au passif du bilan simplifié 2033-A, en « Autres dettes », dans la case « dont comptes courants d'associés ». Au réel normal, ils apparaissent bien au 2057-SD, à la ligne « Groupe et associés ». Les chercher au 2033-D-SD est la confusion la plus fréquente, et elle se voit immédiatement en contrôle.
Le calcul, lui, est identique dans les deux régimes : seule la mise en page change. Pour le détail des sept feuillets, voyez la liasse fiscale 2033 ; pour la déclaration elle-même, case par case, la déclaration 2065 et le formulaire officiel sur impots.gouv.fr. Les dates de dépôt sont regroupées dans le calendrier fiscal de la SCI.
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9. L'exercice déficitaire et son imputation (cas n° 3)
Troisième cas, le plus fréquent des premières années. Une SCI vient d'acquérir un immeuble : les intérêts sont au maximum, l'amortissement court à plein, les loyers ne suivent pas encore.
| Exercice 2025 | Montant |
|---|---|
| Loyers | 24 000 € |
| Intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, copropriété, honoraires | − 13 720 € |
| Dotation aux amortissements | − 14 000 € |
| Pénalité de retard | − 120 € |
| Résultat comptable | − 3 840 € |
| + Réintégration de la pénalité | +120 € |
| DÉFICIT FISCAL REPORTABLE | 3 720 € |
Retenez le chiffre qui se reporte : 3 720 €, le déficit fiscal, et non les 3 840 € du déficit comptable. C'est lui qui s'inscrit au 2033-D-SD et se transmet d'un exercice à l'autre. Aucun impôt n'est dû cette année-là.
Le I de l'article 209 du CGI autorise le report en avant sans limite de durée, avec un plafond annuel d'imputation de 1 000 000 € majoré de 50 % de la fraction du bénéfice qui excède ce montant. Autant le dire franchement : ce plafond ne concernera jamais une SCI patrimoniale. Tant que le bénéfice à effacer reste sous le million d'euros, le déficit disponible s'impute en totalité.
Exercice 2026, le déficit sert. L'immeuble est reloué : le résultat fiscal avant imputation ressort à 5 700 €. La SCI impute la totalité de son stock, soit 3 720 €.
Base imposable : 5 700 − 3 720 = 1 980 €. Impôt dû : 1 980 × 15 % = 297 €, contre 855 € sans le report. Économie réelle : 558 €, et le stock de déficits retombe à zéro.
La seule vraie difficulté, c'est le suivi du stock. Un déficit mal reporté d'une année sur l'autre est un déficit perdu, et personne ne vous préviendra. Les cas particuliers — changement de régime, fusion, exercices multiples — sont traités dans le déficit reportable en SCI à l'IS, et la situation d'une SCI durablement déficitaire a sa propre page.
10. Déficit à l'IS ou déficit foncier : ne les confondez pas
C'est la confusion numéro un des lecteurs de cette page. Les deux s'appellent « déficit », ils n'ont rien en commun.
| Déficit fiscal, SCI à l'IS | Déficit foncier, SCI à l'IR | |
|---|---|---|
| Qui l'utilise | La société, sur ses propres bénéfices | Chaque associé, sur son imposition personnelle |
| Sur quoi il s'impute | Les bénéfices futurs de la SCI | Le revenu global, dans la limite de 10 700 € par an, hors intérêts d'emprunt — 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique faisant sortir le logement des classes E, F ou G, jusqu'au 31 décembre 2027 |
| Durée de report | Illimitée | Dix ans, sur les seuls revenus fonciers, pour le surplus |
| Texte | Art. 209, I CGI | Art. 156, I, 3° CGI |
Le mécanisme de l'IR, ses conditions de conservation du bien et ses pièges de revente sont développés dans le déficit foncier en SCI. Ici, retenez seulement ceci : un déficit d'une SCI à l'IS ne remonte jamais chez les associés. Il n'allège pas leur impôt sur le revenu, il n'apparaît pas sur leur déclaration personnelle, il attend dans la société.
11. Cinq choses à ne pas faire de son résultat fiscal
Ne réintégrez pas « par prudence »
On lit parfois en ligne le conseil inverse : en cas de doute, réintégrer. C'est un mauvais conseil, et il coûte de l'argent. Réintégrer une charge déductible, c'est payer un impôt qu'on ne doit pas — et personne ne viendra vous le rendre spontanément. Sur les 900 € d'honoraires de notre premier exemple, une réintégration inutile coûte 135 € d'impôt à 15 %. Dans ce cas, ne faites pas ça : cherchez le fondement du refus. S'il n'existe pas, la charge est déductible.
Ne corrigez pas la comptabilité pour « faire coller » le fiscal
La fraction non déductible des intérêts de compte courant reste une charge comptable et reste due à l'associé. Elle ne se rectifie pas par une écriture : le retraitement est extra-comptable, il vit sur la liasse et nulle part ailleurs. Toucher au grand livre pour l'y faire entrer désaligne le bilan et complique tout contrôle ultérieur. Les écritures correctes sont décrites dans comptabiliser le compte courant d'associé.
Ne basculez pas en location meublée en croyant garder vos déficits
Le changement d'activité réelle vaut cessation d'entreprise. Le stock de déficits part avec (art. 221, 5 du CGI). Le texte ne se déclenche pas à la moindre évolution : l'adjonction ou l'abandon d'une activité n'emporte cessation que si elle fait varier de plus de 50 % le chiffre d'affaires, ou l'effectif moyen et l'actif immobilisé brut. Une SCI qui passe de la location nue à la location meublée avec 40 000 € de déficits reportables risque de jeter 6 000 € d'économie d'impôt future, au taux de 15 %. Le projet peut rester bon. Mais faites-le les yeux ouverts, cette perte comptée dans la balance.
Ne comptez pas sur le report en arrière après avoir distribué
Le report en arrière — le carry-back — consiste à imputer le déficit de l'exercice sur le bénéfice de l'exercice précédent, déjà imposé. En échange, la société reçoit une créance sur le Trésor plutôt qu'un report en avant. Mais l'article 220 quinquies ne laisse imputer que la fraction non distribuée de ce bénéfice. Une SCI qui a fait 20 000 € de bénéfice en 2025 et l'a intégralement distribué n'a rien sur quoi reporter. Rien du tout. Si elle en avait mis 8 000 € en réserve, et à supposer un déficit d'au moins ce montant, le report lui aurait ouvert une créance sur le Trésor de 8 000 × 15 % = 1 200 €.
Ne déposez pas votre liasse en retard en comptant sur la tolérance
Le délai supplémentaire de quinze jours accordé aux téléprocédures n'est écrit dans aucun texte : il est reconduit campagne par campagne, sans garantie. Ce n'est pas un droit. Les conséquences d'un dépôt tardif sont détaillées dans le retard de déclaration en SCI.
12. Questions fréquentes sur le résultat fiscal d'une SCI
Le résultat fiscal peut-il être positif alors que le résultat comptable est négatif ?
Oui, et c'est plus fréquent qu'on ne croit. Une SCI affiche 1 200 € de perte comptable, mais elle a supporté 400 € de pénalités de retard et servi 3 000 € d'intérêts de compte courant au-delà du taux plafond. Les deux se réintègrent : moins 1 200 plus 3 400 égale un résultat fiscal de plus 2 200 €, donc 330 € d'impôt sur les sociétés au taux de 15 %. Une SCI en perte comptable peut parfaitement recevoir un avis d'imposition.
Un exercice de moins de douze mois change-t-il quelque chose ?
Le passage du comptable au fiscal, non : il se fait à l'identique. En revanche, le plafond de 42 500 € en dessous duquel l'impôt sur les sociétés se calcule à 15 % est proratisé au nombre de mois de l'exercice (art. 219, I b du code général des impôts). Pour un premier exercice de 8 mois, ce plafond tombe à 42 500 fois 8 divisé par 12, soit 28 333 €. Au-delà, le taux passe à 25 %.
Qui est responsable de l'exactitude du résultat fiscal déclaré ?
Le gérant, qui signe la déclaration. Une SCI n'a aucune obligation légale de recourir à un expert-comptable, et l'absence de professionnel n'atténue en rien sa responsabilité : c'est la société qui supporte le rappel d'impôt et les intérêts de retard. Faire relire un premier passage comptable-fiscal par un professionnel coûte moins cher que le premier redressement.
Une SCI à l'IS doit-elle déposer ses comptes au greffe ?
Non, jamais, même détenue à 100 % par des sociétés commerciales. L'obligation de dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce vise les sociétés commerciales, pas les sociétés civiles. Le résultat comptable et le résultat fiscal d'une SCI ne sont donc pas publics : seuls l'administration fiscale et les associés y ont accès.
Le résultat fiscal apparaît-il dans les comptes remis aux associés ?
Non. Les comptes annuels — bilan, compte de résultat, annexe — portent le résultat comptable. Le résultat fiscal ne figure que sur la liasse fiscale, qui n'est pas un document comptable. Un associé qui veut le connaître doit demander communication des documents sociaux, un droit que l'article 1855 du code civil lui ouvre au moins une fois par an.
Le résultat fiscal sert-il de base à la distribution de dividendes ?
Non, et les confondre conduit à distribuer un bénéfice qui n'existe pas. Le montant distribuable se calcule sur le résultat comptable après impôt, augmenté du report à nouveau et des réserves que les statuts autorisent à distribuer. Reprenez le premier exemple de ce guide : le résultat fiscal est de 12 400 €, mais le distribuable de l'année n'est que de 9 850 €, une fois les 1 860 € d'impôt comptabilisés. Distribuer 12 400 € reviendrait à sortir 2 550 € qui n'existent pas. Une société civile n'a pas de définition légale du bénéfice distribuable : ce sont ses statuts qui gouvernent, l'article 1844-1 du code civil ne réglant que la répartition entre associés de ce qui est effectivement distribué. Le résultat fiscal, lui, ne sert qu'à une chose : calculer l'impôt sur les sociétés. Sur un exercice donné il dépasse souvent le bénéfice comptable après impôt ; mais le distribuable intègre aussi les réserves accumulées, ce qui peut le porter bien au-delà.
Peut-on corriger un résultat fiscal déjà déclaré ?
Oui. Une déclaration rectificative se dépose par la même voie que l'originale, et elle peut porter aussi bien sur une réintégration oubliée que sur une déduction qu'on n'avait pas vue. Corriger spontanément avant tout contrôle réduit fortement les pénalités. L'administration dispose de son côté d'un délai de reprise qui court jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'impôt est dû (art. L. 169 du livre des procédures fiscales).
Que risque une SCI qui envoie sa liasse sur papier au lieu de la télétransmettre ?
L'article 1738 du code général des impôts prévoit une majoration de 0,2 % des droits, avec un plancher de 60 €. Sur une SCI dont l'impôt sur les sociétés atteint 1 860 €, 0,2 % font 3,72 € : c'est donc le plancher de 60 € qui s'applique. En l'absence de droits, l'amende est de 15 € par document, entre 60 et 150 €. Ce n'est pas ruineux, mais c'est évitable.
La contribution sur les revenus locatifs se réintègre-t-elle ?
Non. Cette contribution de 2,5 % due par certaines sociétés à l'impôt sur les sociétés sur les loyers d'immeubles anciens est une charge déductible ordinaire : elle diminue le résultat fiscal et ne figure dans aucune ligne de réintégration. Ne la confondez pas avec l'impôt sur les sociétés lui-même, qui, lui, se réintègre systématiquement.
Des travaux sont-ils toujours une charge déductible ?
Non, et c'est l'arbitrage qui déplace le plus de résultat fiscal en SCI. Des travaux d'entretien et de réparation passent en charge et réduisent le résultat de l'année. Des travaux qui augmentent la valeur du bien ou prolongent sa durée de vie s'immobilisent : ils ne réduisent le résultat que par l'amortissement, étalé sur des années. Requalifier une immobilisation en charge est l'un des redressements les plus courants.
La rémunération du gérant est-elle déductible du résultat fiscal ?
Oui si elle correspond à un travail effectif et reste proportionnée à ce travail. Une rémunération manifestement excessive au regard des fonctions réellement exercées voit sa fraction excessive réintégrée. Sur une SCI qui gère un seul immeuble et tient deux assemblées par an, un salaire de gérant à cinq chiffres attire l'attention.
Un changement d'associés fait-il perdre les déficits reportables ?
Non. Le déficit appartient à la société, pas aux associés : une cession de parts, même de la totalité du capital, ne l'efface pas. Ce qui le fait disparaître, c'est le changement d'activité réelle, assimilé à une cessation d'entreprise par l'article 221, 5 du code général des impôts. Passer de la location nue à la location meublée est le cas typique.
Faut-il verser des acomptes d'impôt sur les sociétés ?
Pas si l'impôt de référence n'excède pas 3 000 € : la dispense figure au 3 de l'article 359 de l'annexe III au code général des impôts. La quasi-totalité des SCI patrimoniales sont dans ce cas et ne paient qu'un solde, une fois par an. Ce solde est dû au 15 du quatrième mois suivant la clôture, ou le 15 mai lorsque l'exercice est clos le 31 décembre.
Une SCI à l'IS peut-elle revenir à l'impôt sur le revenu ?
Oui, mais la fenêtre est courte. L'option pour l'impôt sur les sociétés peut faire l'objet d'une renonciation jusqu'au cinquième exercice suivant celui de l'option (art. 239 du code général des impôts). Passé ce délai, elle devient irrévocable. Le retour à l'impôt sur le revenu n'est d'ailleurs pas gratuit : il emporte les conséquences d'une cessation d'entreprise.
Le résultat fiscal d'une SCI à l'IS remonte-t-il chez les associés ?
Non. C'est la différence structurante avec la SCI à l'impôt sur le revenu, où le résultat est réparti entre les associés et imposé chez eux, bénéfice comme déficit. À l'impôt sur les sociétés, le résultat reste dans la société : les associés ne sont imposés que s'ils reçoivent des dividendes, ou lorsqu'ils cèdent leurs parts.
sci-ai.app calcule-t-il le résultat fiscal automatiquement ?
Oui. À partir des écritures, l'application établit le résultat comptable, puis applique les réintégrations et les déductions. Elle calcule le taux plafond des intérêts de comptes courants compte par compte et suit le stock de déficits. Elle produit ensuite le tableau de passage du 2033-B ou du 2058-A, remplit la 2065 et télétransmet la liasse. Le retraitement, lui, ne s'oublie jamais.
Ne ratez plus jamais un retraitement
sci-ai.app passe automatiquement du résultat comptable au résultat fiscal : réintégrations, taux plafond des comptes courants, déficits reportables, liasse 2033 et déclaration 2065 télétransmise. C'est le cœur de notre offre Autonomie à 229 €/an.
Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les taux et seuils cités sont ceux applicables à un exercice clos le 31 décembre 2025 ; vérifiez ceux de votre propre exercice auprès des sources officielles (CGI, BOFiP, impots.gouv.fr) ou de votre conseil.
Pour aller plus loin : les pages qui prolongent ce calcul
Les pages ci-dessous prolongent chacune une section de ce guide. Elles sont classées par ordre d'utilité pour qui vient de calculer son résultat fiscal.
- Comptabilité SCI en IR et en IS — le guide parent : ce qu'il faut tenir, ce qu'il faut déclarer et à quelle échéance, selon le régime.
- La déclaration 2065 — le formulaire où le résultat fiscal est reporté, expliqué case par case.
- La liasse fiscale 2033 — les sept feuillets du réel simplifié, à quoi sert chacun et dans quel ordre les remplir.
- Le déficit reportable en SCI à l'IS — le suivi du stock, les cas de perte et la mécanique du report en arrière.
- L'amortissement en SCI à l'IS — la décomposition par composants, les durées d'usage et les plans d'amortissement types.
- La valeur du terrain — comment ventiler le prix d'achat entre terrain et construction sans se faire redresser.
- Le compte courant d'associé — apports, rémunération, remboursement et limites, en amont du calcul du taux plafond.
- Les charges déductibles en SCI — la liste comparée IR / IS, poste par poste, pour trancher avant de réintégrer.
- La clôture comptable annuelle — les travaux de fin d'exercice qui produisent le résultat comptable de départ.
- L'affectation du résultat — réserve ou distribution, une fois l'impôt payé.
- Les dividendes en SCI à l'IS — le second étage d'imposition, chez les associés cette fois.
- Acomptes et solde d'IS — qui en est dispensé, à quelles dates payer, comment régulariser.
- SCI à l'IS ou à l'IR — la comparaison complète, plus-value de sortie comprise, avant d'opter.
- La plus-value d'une SCI à l'IS — où les amortissements déduits chaque année reviennent, au moment de la vente.
- Le contrôle fiscal d'une SCI — comment se déroule une vérification et ce que l'administration regarde en premier.
- Faut-il un expert-comptable ? — ce qu'on peut raisonnablement faire seul et ce qu'il vaut mieux faire relire.