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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC
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Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 Fiscalite d'une SCI : IR, IS, plus-values SCI à l'IR : fonctionnement SCI à l'IS : fonctionnement Imposition des revenus SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Apport-cession Cession de parts de SCI 2026 Parts de SCI : valeur et operations Fiscalité cession de parts Valeur des parts Parts ou immeuble ? Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Effet de levier du crédit Domiciliation des loyers Prêt à paliers Assurance emprunteur Simuler un prêt en SCI Banques qui financent Assurance emprunteur Hypothèque en SCI Prêt relais Emprunter pour ses parts Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Sortir de sa caution Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Bilan de liquidation Fermer une SCI sans activité Coût de la dissolution Boni de liquidation Dissoudre avec un bien Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Réforme de la copropriété Plan pluriannuel de travaux (PPT) DPE collectif en copropriété Commerce en logement Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Révision du loyer commercial Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Clause d'échelle mobile Immeuble mixte Bail à construction Charges du bail commercial Louer à une société Décret tertiaire Bail commercial : les échéances 3-6-9 Guide SCI Familiale 2026 Avantages reels de la SCI familiale SCI familiale et succession : 4 cas chiffres Inconvénients SCI familiale SCI familiale et emprunt Déclaration SCI familiale SCI et EHPAD SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Mineur associé de SCI Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale Bien atypique Vendre son bien à sa SCI Conjoint survivant SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer État des lieux Permis de louer Diagnostics obligatoires Encadrement des loyers Décès du locataire Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Qu'est-ce qu'une SCI ? Apports en SCI Délai de création Frais de notaire Le guichet unique INPI SIREN, SIRET et code APE Statuts SCI : rédiger des statuts solides Clauses de majorité Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Associé qui ne paie pas Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Modèle de PV d'augmentation de capital Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI Jouissance partagée SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif Racheter une soulte SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Du nu au meublé Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Caves et dépendances Taxe d'habitation et SCI Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Vente à réméré Expropriation d'un bien de SCI Droits de préemption à la vente Acheter un bien loué Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Vendre un immeuble en IS Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS Balance âgée des loyers Lire son bilan de SCI Bilan annuel de SCI La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Comptabiliser une subvention Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Provisionner un loyer impayé Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Déclaration DECLOYER Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités SCI qui ne peut pas payer Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers Revenus accessoires TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Donation-partage de parts SCI et succession : transmettre un bien Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Quasi-usufruit Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Forêt et bois Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv Mandat de télétransmission EDI Contester un redressement FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
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Provision pour créance douteuse en SCI : provisionner un loyer impayé (2026)

Dans une SCI à l'impôt sur les sociétés, un loyer non payé est imposé exactement comme un loyer encaissé. Le locataire ne verse rien. Le compte bancaire ne bouge pas. Et au 15 mai suivant — date limite de paiement du solde d'IS pour un exercice clos le 31 décembre — la SCI décaisse quand même de l'impôt sur cette somme. Ce n'est pas un bug du système : c'est la comptabilité d'engagement qui fonctionne normalement. Le correctif existe, il s'appelle la provision pour créance douteuse — techniquement une dépréciation de créance client. Il est déductible. Mais il repose sur trois conditions cumulatives que je vois manquer, en tout ou partie, dans la majorité des dossiers qui arrivent chez nous en reprise.

Dans une SCI à l'impôt sur le revenu, il n'y a rien à provisionner du tout. Le loyer impayé n'est pas déclaré, donc pas imposé. Point final. Je préfère l'écrire ici plutôt que de vous laisser parcourir huit chapitres pour découvrir que le sujet ne vous concerne pas : si vous êtes à l'IR et que vous cherchez comment « déduire » un impayé, allez directement au chapitre 2, la réponse y tient en trois lignes.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (CGI, BOFiP, Plan comptable général, Légifrance). Mis à jour le 8 août 2026.


1. Le problème en une image : payer l'impôt sur un loyer jamais reçu

D'où vient le problème

Une SCI soumise à l'IS tient une comptabilité d'engagement. Un produit est enregistré quand il est acquis, pas quand il tombe sur le compte. Pour un loyer, l'article 38, 2 bis du CGI ne laisse aucune marge d'interprétation : les produits correspondant à des prestations continues rémunérées notamment par des loyers sont pris en compte au fur et à mesure de l'exécution de la prestation. Le local a été mis à disposition en octobre ? Le loyer d'octobre est un produit d'octobre. Que le locataire ait payé, payé en retard ou jamais payé ne déplace pas d'un jour la date de rattachement.

D'où une situation que personne ne trouve intuitive la première fois : au 31 décembre, le compte de résultat affiche des loyers qui n'ont jamais existé en trésorerie. Ils gonflent le bénéfice. L'IS se calcule sur ce bénéfice. La boucle est bouclée, et elle se referme sur le gérant.

L'absurdité, chiffrée

SCI à l'IS, un appartement loué 900 € par mois. Le locataire cesse de payer à compter du 1er octobre. Au 31 décembre, la SCI a comptabilisé 12 × 900 = 10 800 € de loyers alors qu'elle n'en a encaissé que 8 100 €.

Charges de l'exercice : 4 800 € (intérêts, taxe foncière, assurance, amortissements). Résultat comptable affiché : 6 000 €. IS au taux réduit de 15 % : 900 € (article 219, I-b du CGI : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, à condition que le chiffre d'affaires soit inférieur à 10 M€ et que le capital, entièrement libéré, soit détenu à 75 % au moins par des personnes physiques ; au-delà, taux normal de 25 %).

Sur ces 900 € d'impôt, 405 € portent sur les 2 700 € de loyers jamais reçus. Impôt réel, recette fictive. Et la trésorerie, elle, a déjà encaissé le choc des 2 700 € manquants. C'est cette double peine que la provision vient corriger.

Pourquoi la loi tolère un correctif

Le législateur n'a pas fermé les yeux sur cette situation. L'article 39, 1, 5° du CGI autorise la déduction des « provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables ». Une créance de loyer dont le recouvrement est compromis coche les trois cases : une perte, identifiée au locataire et à l'euro près, née d'événements antérieurs à la clôture.

Attention à ce que la provision fait réellement. Elle ne supprime pas l'impôt, elle le décale. Le locataire finit par payer ? Reprise, et le produit redevient imposable. La créance est définitivement perdue ? Reprise également, remplacée par une charge définitive. À l'arrivée, sur deux ou trois exercices, la SCI n'aura été imposée que sur ce qu'elle a vraiment gagné. C'est toute la mécanique du passage du résultat comptable au résultat fiscal : la comptabilité constate un droit, la fiscalité admet qu'il ne vaut peut-être rien, et l'écart finit par se résorber.

Trois choses que la provision n'est pas

  • Un moyen de récupérer le loyer. Une dotation au 6817 n'a jamais fait payer un locataire. Le recouvrement se joue ailleurs — relance, mise en demeure, commandement de payer, assignation — et c'est l'objet de notre guide dédié aux impayés de loyer en SCI. La provision n'est que le reflet comptable de cette bataille-là.
  • Une provision pour charge. On n'anticipe pas ici une dépense future : on constate qu'un actif déjà inscrit au bilan vaut moins que sa valeur faciale. La nuance n'a rien d'académique, elle commande le compte à mouvementer, la place au bilan et tout le raisonnement fiscal. Rien à voir, donc, avec la provision pour gros entretien, qui obéit à des conditions autrement plus étroites.
  • Un levier de pilotage du résultat. J'ai vu des dotations passées en décembre « parce que l'exercice était trop bon ». Sans dossier de recouvrement derrière, c'est une provision non déductible, et elle se voit à dix mètres.

2. La frontière IR / IS : à l'IR, il n'y a rien à provisionner

Une bonne moitié des pages qui traitent ce sujet en ligne mélange les deux régimes. Séparons-les proprement.

En SCI à l'IR : la comptabilité de caisse règle le problème toute seule

Une SCI à l'IR relève des revenus fonciers. L'article 29 du CGI définit le revenu brut des immeubles comme le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, et l'article 28 en déduit le revenu net après charges. Tout tient dans un participe passé : perçues. Ce qui n'est pas encaissé n'est pas un revenu, et ce qui n'est pas un revenu ne s'impose pas.

Trois conséquences, toutes favorables au bailleur :

  • Le loyer impayé n'est pas porté sur la déclaration 2072, ni sur la quote-part 2044 des associés.
  • Il n'y a aucune provision à comptabiliser : provisionner supposerait qu'un produit ait d'abord été constaté, ce qui n'est pas le cas.
  • Il n'y a aucune « perte de loyer » à déduire. Une recette non perçue n'est pas une charge — c'est simplement une recette absente. Inscrire un impayé en charge sur la 2072 revient à créer une ligne sans facture et sans justificatif : c'est l'erreur que je rencontre le plus souvent dans les dossiers IR, et elle se repère en une seconde.

L'opposition entre comptabilité de trésorerie et comptabilité d'engagement n'a jamais d'illustration plus parlante que celle-ci. À l'IR, le décalage entre le droit au loyer et son encaissement n'existe tout simplement pas sur le plan fiscal. Il n'y a donc rien à corriger — et rien à provisionner.

La règle à retenir pour une SCI à l'IR

Vous ne déclarez que ce que vous avez encaissé. Un loyer impayé ne vous coûte pas un euro d'impôt — il vous coûte du loyer, ce qui est déjà bien assez. Votre seul travail : tenir la trace des sommes dues (avis d'échéance, relances, mise en demeure). Pour le recouvrement, pas pour le fisc.

Ce qui reste déductible à l'IR malgré tout : les frais engagés pour recouvrer

Le loyer impayé ne se déduit pas, mais tout ce que vous dépensez pour tenter de le récupérer, oui. Le e du 1° du I de l'article 31 du CGI vise les frais de gestion, fixés forfaitairement à 20 € par local et majorés, lorsqu'ils sont effectivement supportés par le propriétaire :

  • des frais de procédure — c'est la mention qui couvre les honoraires d'avocat, les émoluments et frais du commissaire de justice (ex-huissier), les frais de commandement de payer, d'assignation et d'exécution ;
  • des rémunérations, honoraires et commissions versés à un tiers pour la gestion de l'immeuble (mandat de gestion locative, honoraires du gestionnaire chargé du contentieux) ;
  • des rémunérations des gardes et concierges.

Sur un fondement distinct — le a bis du 1° du I du même article 31 —, les primes d'assurance se déduisent pour leur montant réel, prime de garantie loyers impayés (GLI) comprise. Le revers de la médaille : quand l'assureur indemnise, l'indemnité est une recette imposable. Elle prend la place du loyer et en épouse le régime.

Élément SCI à l'IR (revenus fonciers) SCI à l'IS
Loyer facturé non encaisséNon imposable (non déclaré)Imposable dès qu'il est acquis
Base légaleArt. 28 et 29 du CGIArt. 38, 2 bis du CGI
Provision pour créance douteuseImpossible et inutileDéductible sous conditions (art. 39, 1, 5°)
Perte définitiveAucune écriture (rien n'a été déclaré)Charge au compte 654
Frais de procédure et d'avocatDéductibles (art. 31, I, 1°, e)Déductibles (art. 39, 1 du CGI)
Prime d'assurance GLIDéductible pour son montant réelDéductible
Indemnité GLI encaisséeRecette imposable de l'annéeProduit de l'exercice

Deux cas particuliers à l'IR qu'il faut connaître

Le loyer déclaré par erreur. Le gérant remplit sa 2072 à partir de l'état locatif théorique — douze loyers par lot, sans regarder le relevé bancaire — et déclare des loyers dus au lieu de loyers perçus. Résultat : de l'impôt payé sur de l'argent jamais reçu, alors que le régime de l'IR l'en dispensait. La correction passe par une réclamation contentieuse auprès du service des impôts, dans le délai de l'article R*196-1 du LPF, soit en pratique jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement. Joignez la preuve de l'impayé : avis d'échéance, relances, décompte locataire.

L'arriéré finalement encaissé. Le locataire disparaît deux ans, puis régularise d'un coup trois années d'arriérés. Ces sommes sont imposables l'année où elles tombent, et elles peuvent propulser les associés dans une tranche qu'ils n'ont jamais connue. Le système du quotient applicable aux revenus différés existe précisément pour ça : nous l'avons détaillé dans notre guide sur le quotient et les revenus fonciers exceptionnels en SCI.

Un cas hybride à ne pas manquer : la SCI à l'IR avec un associé personne morale. Dès qu'une société à l'IS détient des parts, sa quote-part de résultat se détermine selon les règles de l'IS (art. 238 bis K du CGI). La SCI doit donc produire, pour ce seul associé, un résultat calculé en comptabilité d'engagement — et tout ce chapitre, provision pour créance douteuse comprise, redevient d'actualité sur cette fraction. À lui seul, ce cas justifie de tenir une comptabilité complète : voir SCI avec un associé personne morale.


3. Les trois conditions de déductibilité de la provision à l'IS

Retour à l'IS, et à l'article 39, 1, 5° du CGI. Trois conditions, cumulatives : il suffit d'en manquer une pour que la totalité de la provision soit réintégrée — créance non individualisée, absence d'événement rendant la perte probable, dotation jamais comptabilisée. À distinguer du cas où les trois conditions sont réunies mais le montant surévalué (provision non déduite des garanties, provision calculée TTC) : l'administration ne réintègre alors que la fraction excédentaire, la provision étant limitée à la part de créance dont l'irrécouvrabilité est probable, estimée avec une approximation suffisante (BOI-BIC-PROV-40-20, nos 210 à 230).

Condition Ce que cela veut dire pour un loyer La preuve à conserver
1. Perte nettement préciséeUne créance identifiée, chiffrée, sur un locataire nommé, pour des échéances datéesBail, avis d'échéance, décompte détaillé par échéance
2. Probabilité suffisanteDes événements survenus avant la clôture rendent le recouvrement incertainMise en demeure, commandement de payer, jugement, PV de carence
3. Constatation effectiveLa provision est passée dans les écritures de l'exercice, avant l'arrêté des comptesGrand livre, relevé des provisions joint à la liasse

Condition 1 : une perte nettement précisée quant à sa nature

La provision doit viser une créance déterminée. Votre dossier doit répondre à trois questions sans hésitation : qui doit, combien, et au titre de quelles échéances. Un simple tableau par locataire, avec la date de chaque échéance impayée et le solde arrêté à la clôture, suffit largement.

Ce qui élimine d'un coup toutes les approches globales — et elles sont nombreuses :

  • « 5 % des loyers annuels » au titre du risque locatif général : rejetée ;
  • une provision assise sur l'ancienneté moyenne du poste locataires : rejetée aussi, parce qu'une SCI a trois locataires, pas un portefeuille homogène de milliers de petites créances ;
  • une provision « de précaution » qui ne nomme personne : rejetée.

Le BOFiP ne laisse pas de place au doute : l'entreprise doit préciser chaque créance douteuse individuellement, et les provisions calculées « en appliquant un pourcentage arbitrairement fixé au montant total des créances » sont écartées (BOI-BIC-PROV-40-20, nos 170 et 190). Les méthodes statistiques ne sont tolérées que pour des entreprises brassant un très grand nombre de créances homogènes et de faible valeur unitaire, où l'expérience passée permet une estimation fiable. Une SCI de rapport avec quinze lots n'entre pas dans cette catégorie, et n'y entrera jamais. Ici, on raisonne locataire par locataire.

Condition 2 : une probabilité suffisante, née d'événements en cours à la clôture

C'est là que se jouent quasiment tous les redressements sur ce poste. La probabilité de perte doit venir d'événements en cours à la date de clôture, objectivables par un tiers. Le pressentiment du gérant ne vaut rien devant un vérificateur.

Une nuance que beaucoup ignorent, et qui joue en votre faveur : l'administration n'exige pas de poursuites judiciaires préalables. La faillite du débiteur suffit, bien sûr, mais sa seule situation financière « notoirement difficile » caractérise déjà la probabilité de perte (BOI-BIC-PROV-40-20, n° 140). Sont en revanche expressément écartés la conjoncture économique générale et l'incident de paiement isolé (n° 150). En droit, donc, ce qui compte est l'état du débiteur, pas l'acte de procédure. En pratique, l'acte de procédure reste le meilleur moyen de prouver cet état — et le plus rapide à produire en contrôle.

Ce qui caractérise une probabilité suffisante :

Événement Force probante Quotité usuellement admise
Relances écrites répétées restées sans réponseFaible seule, utile en faisceauInsuffisant isolément
Mise en demeure par lettre recommandée ARMoyenneDébut de justification
Commandement de payer visant la clause résolutoireForteProvision partielle à intégrale
Assignation en paiement et en résiliation (juge des contentieux de la protection pour un bail d'habitation, art. L. 213-4-4 du COJ ; tribunal judiciaire spécialement désigné pour un bail commercial, art. R. 211-4, 2° du COJ)ForteProvision intégrale du solde net de garanties
Locataire parti sans laisser d'adresseForteProvision intégrale
Sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire du locataireTrès forteProvision intégrale, sauf sûreté réelle
Dossier de surendettement recevableTrès forteProvision intégrale du solde net
Procès-verbal de carence du commissaire de justicePerte, pas provisionPassage en perte définitive

Ce qui ne suffit pas :

  • Un simple retard. Le locataire qui paie systématiquement avec trois semaines de décalage mais qui paie toujours ne crée aucune probabilité de perte. Provisionner sa créance serait indéfendable.
  • L'ancienneté seule. « Plus de six mois d'impayé » n'existe pas comme critère fiscal. C'est un signal d'alerte, pas une preuve. Adossez-y des diligences.
  • Le pourcentage forfaitaire. Déjà traité plus haut : rejet quasi automatique.
  • Un événement postérieur à la clôture. Tout s'apprécie au 31 décembre. Une liquidation prononcée le 15 février N+1 ne justifie pas, en soi, une dotation au titre de N. Elle peut la justifier si la situation du locataire était déjà compromise à la clôture et que le jugement ne fait que sceller un état de fait antérieur — mais c'est alors à vous de le démontrer, pièces en main.
  • Le silence complet. Une créance qu'on ne réclame jamais n'est pas douteuse : c'est une renonciation à recettes. Et si le débiteur se trouve être un associé, la lecture devient franchement hostile (chapitre 8).

Le montant : une perte probable, nette des garanties

La provision doit coller au montant de la perte réellement probable. Deux retraitements, toujours les mêmes, à faire avant de saisir le moindre chiffre :

  1. Déduire les garanties détenues. Dépôt de garantie encaissé et disponible, caution solidaire d'une personne solvable, garantie Visale, indemnité GLI acquise. Prenons une créance de 3 000 € couverte par un dépôt de 900 € et une GLI qui accepte de prendre le solde : la perte probable est nulle, la provision doit l'être aussi. Le traitement comptable du dépôt est détaillé dans notre guide des écritures de dépôt de garantie en SCI.
  2. Retenir le hors taxes. Si la SCI est assujettie — locaux professionnels sous option de l'article 260, 2° du CGI, emplacements de stationnement, para-hôtellerie —, la TVA facturée n'a jamais été un produit pour elle : elle est collectée pour le Trésor, et elle redeviendra récupérable si la créance est perdue pour de bon. La provision plafonne donc au montant hors taxes, ce que le BOFiP rappelle noir sur blanc (BOI-BIC-PROV-40-20, n° 230). Tout le mécanisme est au chapitre 6.

Dernière liberté, et elle est réelle : personne ne vous oblige à provisionner 100 % du solde net. Une dotation de 50 ou 70 % est parfaitement admise, et souvent plus crédible qu'une provision intégrale passée au premier incident de paiement. Le seul juge de paix, c'est la cohérence entre le montant provisionné et l'état du dossier de recouvrement.

Condition 3 : la constatation effective dans les écritures de l'exercice

Une provision non comptabilisée n'existe pas fiscalement. Il n'y a pas de session de rattrapage : on ne « déduit » pas extra-comptablement une dépréciation de créance sur le tableau de détermination du résultat fiscal, le texte exige sa constatation dans les écritures de l'exercice, avant l'arrêté des comptes. La revue des créances douteuses appartient donc aux travaux de clôture comptable, au même rang que l'inventaire ou le calcul des amortissements. Passé l'arrêté, la fenêtre est fermée.

Et ce n'est pas fini : la provision doit ensuite figurer au relevé des provisions joint à la déclaration de résultats (chapitre 7). Comptabilisée mais absente du relevé, elle expose la SCI à une sanction propre — même si, sur le fond, elle était parfaitement déductible.

Provisionnez vos impayés au bon moment dans SCI-AI

Chaque loyer échu est rapproché de son encaissement, locataire par locataire. À l'approche de la clôture, sci-ai.app vous signale les créances à basculer en 416, propose la dotation au bon montant — net des garanties, hors taxes si vous êtes assujetti — et reporte le tout au relevé des provisions de la liasse.


4. Les écritures de la provision, pas à pas : 411, 416, 6817, 491

Bonne nouvelle : quatre comptes suffisent à couvrir tout le circuit, plus un cinquième pour le dépôt de garantie. Les intitulés ci-dessous sont ceux du Plan comptable général (règlement ANC n° 2014-03), que nous déclinons pour l'immobilier dans notre guide du plan comptable adapté à la SCI.

Compte Intitulé PCG Rôle dans le circuit de l'impayé
411Clients (sous-compte par locataire)Créance courante, tant que le recouvrement n'est pas compromis
416Clients douteux ou litigieuxIsole la créance dont le recouvrement est incertain
491Dépréciations des comptes de clientsCompte d'actif soustractif : réduit la valeur de la créance au bilan
6817Dotations pour dépréciations des actifs circulantsLa charge de l'exercice (sous-compte 68174 pour les créances)
7817Reprises sur dépréciations des actifs circulantsLe produit constaté quand la provision devient sans objet
654Pertes sur créances irrécouvrablesLa charge définitive, quand la créance est perdue
165Dépôts et cautionnements reçusLe dépôt de garantie, au passif, imputable à la sortie

Étape 0 — Le loyer, comptabilisé qu'il soit payé ou non

On oublie souvent de remonter jusque-là. À l'IS, le loyer s'enregistre à l'échéance, encaissement ou pas. C'est cette écriture, et elle seule, qui fabrique à la fois la créance au bilan et le produit imposable.

Compte Libellé Débit Crédit
411DUPONTLoyer octobre — M. Dupont900,00
706Loyers — appartement Lyon 3e900,00

Le compte de produit varie selon le plan de comptes retenu : 706 « Prestations de services », sous-compte 708 dédié aux loyers, ou 752 « Revenus des immeubles ». Quand la location est l'activité de la société — c'est le cas de toute SCI de rapport —, le classement en produits d'exploitation s'impose. Le paramétrage complet est dans notre guide des écritures de loyers en SCI.

Étape 1 — Le transfert en créance douteuse (411 → 416)

Le recouvrement devient incertain ? Le solde du locataire quitte le 411 pour le 416. Ni le résultat ni le total du bilan ne bougent : c'est un pur reclassement. Son utilité est ailleurs — le risque devient visible dans la balance, et la ligne datée constitue la première pièce du dossier justificatif.

Compte Libellé Débit Crédit
416DUPONTTransfert en créance douteuse — cdt de payer du 20/122 700,00
411DUPONTSolde locataire au 31/122 700,00

Soignez le libellé autant que le montant. « Transfert 416 » ne prouve rien. « Commandement de payer du 20/12/2026 » transforme une ligne comptable en élément de preuve, gratuitement. Souvenez-vous que le vérificateur commence par lire votre FEC, où les libellés apparaissent en intégralité — c'est souvent la première impression qu'il se fait du dossier.

Étape 2 — La dotation à la dépréciation (6817 / 491)

Voici l'écriture qui, elle, fait baisser l'impôt. Elle passe en charge la fraction de la créance que la SCI considère comme perdue.

Compte Libellé Débit Crédit
68174Dotation dépréciation créance Dupont1 800,00
491DUPONTDépréciation créance douteuse (net du DG de 900 €)1 800,00

Trois choses à ne pas rater sur cette écriture :

  • Le montant est hors taxes quand la SCI est assujettie. Créance TTC de 2 400 € (2 000 € HT + 400 € de TVA) : la dépréciation porte sur 2 000 €, pas un centime de plus. La TVA n'a jamais été un produit de la SCI, et elle redeviendra récupérable si la perte se confirme. La provisionner, c'est déduire deux fois la même somme.
  • Le 491 est un compte d'actif soustractif. Il se lit en négatif du poste créances : 2 700 € brut, 1 800 € de dépréciation, 900 € en valeur nette au bilan. Ce que le locataire doit juridiquement n'a pas bougé d'un euro. Provisionner n'est pas renoncer, et surtout pas une raison d'arrêter de réclamer.
  • La dotation frappe le résultat d'exploitation. Vos ratios se dégradent, et votre banquier le verra au moment de financer le lot suivant. Ce n'est pas grave, mais c'est à expliquer plutôt qu'à laisser découvrir — un mot en assemblée et une ligne dans le suivi des indicateurs de pilotage de la SCI suffisent.

Étape 3 — L'ajustement à chaque clôture

Une dépréciation vit. Chaque clôture impose de la réévaluer au regard de l'état réel du dossier, et l'écriture ne porte jamais que sur l'écart :

  • Le risque s'aggrave (nouvelles échéances impayées, départ du locataire, liquidation) : dotation complémentaire au 68174 par le crédit du 491.
  • Le risque diminue (encaissement partiel, protocole d'accord respecté, caution qui se manifeste) : reprise partielle par le débit du 491 et le crédit du 7817. Le produit de reprise est imposable.
  • Le risque disparaît (règlement intégral) : reprise totale.
  • Le risque se réalise (irrécouvrabilité établie) : passage en perte au 654 et reprise concomitante de la totalité de la provision. C'est l'objet du chapitre suivant.

Étape 4 — L'imputation du dépôt de garantie

Le locataire part, le dépôt détenu au passif vient s'imputer sur sa dette. Cette écriture éteint une partie de la créance douteuse sans qu'un euro ne circule par la banque :

Compte Libellé Débit Crédit
165DUPONTImputation du dépôt de garantie sur l'arriéré locatif900,00
416DUPONTSolde créance douteuse Dupont900,00

Un rappel juridique s'impose ici, parce que la confusion est fréquente. L'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 autorise le bailleur à retenir sur le dépôt les sommes dues par le locataire, à charge pour lui de les justifier — mais à la restitution des lieux, pas avant. En cours de bail, le dépôt reste intouchable. D'où la gymnastique : tant que le locataire est dans les murs, on tient compte du dépôt pour réduire la perte probable et calibrer la dotation, sans jamais l'affecter comptablement à la créance.


5. De la provision à la perte définitive (compte 654)

Aucune provision n'est éternelle. Elle finit toujours par se dénouer, dans un sens ou dans l'autre. Quand la créance est définitivement perdue, deux écritures partent ensemble — et l'oubli de la seconde alimente à lui seul une bonne part des rappels d'IS sur ce poste.

Quand une créance devient-elle définitivement irrécouvrable ?

L'irrécouvrabilité ne se décrète pas depuis son bureau : elle se prouve, pièce à l'appui. Les situations habituellement admises :

Situation Justificatif à conserver
Procès-verbal de carenceActe du commissaire de justice constatant l'absence de biens saisissables
Clôture pour insuffisance d'actifJugement de clôture de la liquidation judiciaire du locataire
Effacement des dettesDécision de la commission de surendettement ou jugement de rétablissement personnel
Débiteur introuvableRapport de recherches infructueuses du commissaire de justice
Décès sans succession acceptéeActe de décès et attestation de renonciation ou de vacance
Prescription acquiseDécompte démontrant l'écoulement du délai (3 ans en bail d'habitation, 5 ans en droit commun)
Abandon de créance négociéProtocole écrit — attention, la déductibilité suppose un intérêt propre à la SCI

L'abandon de créance mérite un avertissement à part. Renoncer de son plein gré à un loyer n'est pas une perte que l'on subit, c'est une décision que l'on prend — donc un acte de gestion, jugé comme tel. Pour qu'il soit déductible, il faut que la SCI y trouve son compte : faire partir rapidement un locataire insolvable et relouer dans le mois plutôt que d'attendre neuf mois d'expulsion, c'est un intérêt propre parfaitement défendable. Encore faut-il l'écrire quelque part — un protocole signé, une décision d'assemblée. Sans trace, l'administration lira un acte anormal de gestion, avec les conséquences décrites dans notre guide des motifs de redressement d'une SCI.

La double écriture de la perte

Restons sur le dossier Dupont. Le commissaire de justice dresse un procès-verbal de carence : plus rien à saisir. La créance résiduelle, 800 €, est perdue, et la provision qui la couvrait s'élève elle aussi à 800 €.

Compte Libellé Débit Crédit
Écriture 1 — constatation de la perte
654Perte sur créance irrécouvrable — PV de carence du 12/11800,00
416DUPONTSolde de la créance douteuse800,00
Écriture 2 — reprise de la dépréciation devenue sans objet
491DUPONTReprise de la dépréciation800,00
78174Reprise sur dépréciation des créances800,00

Quand la provision couvrait exactement la perte, l'effet net sur le résultat est nul : 800 € de charge, 800 € de produit. Rien d'anormal — l'avantage fiscal a déjà été pris l'année de la dotation. En revanche, oubliez l'écriture 2 et vous déduisez deux fois la même perte : une première fois par la dotation, une seconde par la charge définitive. C'est, de loin, l'irrégularité la plus relevée sur ce poste, et la plus facile à détecter : le vérificateur compare le solde du 491 à celui du 416, et l'écart saute aux yeux.

Compte 654 ou compte 6714 ?

Beaucoup de gérants ont appris à passer les créances irrécouvrables en charges exceptionnelles, au 6714. Il faut désapprendre. Le règlement ANC n° 2022-06, applicable aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, a considérablement resserré le périmètre du résultat exceptionnel. Or un locataire qui ne paie pas relève de l'ordinaire d'une société de location, pas de l'exceptionnel : la perte va au 654, en charge d'exploitation. Ce n'est pas cosmétique — le classement déplace vos soldes intermédiaires de gestion et change la lecture de votre rentabilité d'exploitation.


6. La TVA sur créance irrécouvrable (art. 272 du CGI)

Passez ce chapitre si votre SCI loue de l'habitation nue : l'exonération de l'article 261 D, 2° du CGI règle la question avant qu'elle ne se pose. Ce qui suit vise les SCI assujetties — locaux professionnels loués nus sous option de l'article 260, 2° du CGI, emplacements de stationnement, para-hôtellerie, terrains aménagés. Pour savoir dans quelle case vous tombez, notre guide SCI et TVA fait le tour.

Première question : cette TVA était-elle seulement exigible ?

Une location est une prestation de services. Pour une prestation de services, la TVA devient exigible à l'encaissement du prix (article 269, 2, c du CGI). Traduction : tant que le loyer n'est pas payé, vous ne devez rien au Trésor sur ce loyer. Et si vous n'avez rien reversé, vous n'avez évidemment rien à récupérer. Beaucoup de dossiers s'arrêtent là — vérifiez simplement qu'aucune TVA n'a été déclarée par erreur sur les échéances impayées.

Tout change avec l'option pour les débits, prévue par le même texte, que certains bailleurs exercent pour caler l'exigibilité sur la facturation. Elle se repère à la mention « TVA acquittée d'après les débits » portée sur les factures (article 77 de l'annexe III au CGI). Dans cette configuration, la taxe est due dès l'émission de l'avis d'échéance, payé ou non : la SCI a bel et bien versé au Trésor une TVA que le locataire ne lui a jamais donnée. C'est là, et seulement là, que l'article 272 du CGI devient votre allié.

Situation de la SCI TVA reversée sur le loyer impayé ? Récupération art. 272
Non assujettie (habitation nue)Sans objetSans objet
Assujettie, exigibilité sur les encaissementsNonInutile — vérifier qu'elle n'a pas été déclarée par erreur
Assujettie, option pour les débitsOuiPossible à la perte définitive uniquement

Le principe de l'article 272 du CGI

Le texte prévoit que la taxe perçue à l'occasion de ventes ou de services est imputée ou remboursée quand ces opérations sont résiliées, annulées ou restent impayées. Pour un impayé, la porte ne s'ouvre qu'une fois la créance définitivement irrécouvrable. Deux corollaires que je vois régulièrement confondus :

  • La provision n'ouvre aucun droit à récupération. Provisionner, c'est acter un risque ; l'article 272 réclame une perte consommée. Récupérer la TVA au moment de la dotation, c'est un rappel de taxe programmé.
  • La récupération est une imputation, jamais une charge. Elle prend la forme d'une TVA collectée en moins sur la déclaration de la période concernée — voir notre guide de la déclaration de TVA en SCI. Aucune écriture de charge ne doit apparaître.

Le formalisme du duplicata : la condition qui fait tout échouer

C'est l'étape que tout le monde saute, et celle qui fait tomber le dossier. L'imputation suppose la rectification préalable de la facture initiale. Concrètement, la SCI adresse au locataire défaillant un duplicata de la facture d'origine portant une mention du type :

Mention à porter sur le duplicata

« Facture demeurée impayée pour la somme de …… € (prix net) et pour la somme de …… € (TVA correspondante) qui ne peut faire l'objet d'une déduction — article 272 du CGI. »

Pourquoi tant de formalisme ? Parce que le mécanisme est à deux faces : vous récupérez votre TVA collectée, et votre locataire doit reverser celle qu'il avait déduite sur ce même loyer. Le duplicata est le signal qui déclenche la seconde opération, d'où l'exigence qu'il lui soit effectivement adressé. Copie du duplicata et preuve d'envoi : c'est la première pièce que le vérificateur réclamera. Locataire disparu ? L'administration dispense alors de toute formalité de rectification de la facture initiale (BOI-TVA-DED-40-10-20, n° 40, reprenant la RM Hamelin n° 74851, JO AN du 13 décembre 2005, p. 11540). Conservez en revanche la preuve de la disparition : recherches infructueuses du commissaire de justice, courriers revenus « destinataire inconnu ».

Le cas de la procédure collective du locataire

Attention, ce n'est pas une tolérance administrative : c'est la loi. Le 1 de l'article 272 du CGI dispose que, lorsque le débiteur fait l'objet d'une liquidation judiciaire, l'imputation ou la restitution « peut être effectuée dès la date de la décision de justice qui prononce la liquidation judiciaire ». Inutile donc d'attendre la clôture des opérations, qui peut prendre des années. En redressement judiciaire, la doctrine ouvre la récupération dès le jugement arrêtant le plan de redressement, la quotité des créances demeurant impayées étant alors connue (BOI-TVA-DED-40-10-20, n° 50). Dans les deux cas, il faut du papier : une annonce au BODACC ne suffit pas, et le duplicata reste dû.

Ne laissez pas filer le délai. Cette TVA ne se récupère pas indéfiniment : l'imputation doit figurer sur une déclaration déposée au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de l'événement qui ouvre le droit — c'est le délai général de péremption des déductions de l'article 208, I de l'annexe II au CGI. Le dossier posé sur un coin de bureau « en attendant la fin de la procédure » est exactement celui qui se périme.

Un mot sur la recodification en cours. L'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 transfère l'ensemble des règles de TVA du CGI vers le livre II du code des impositions sur les biens et services (CIBS). L'entrée en vigueur, initialement fixée au 1er septembre 2026, a été reportée au 1er janvier 2027. L'article 272 du CGI reste donc la référence applicable en 2026, et les références au CGI demeurent admises sur les factures jusqu'au 31 décembre 2027 : la règle de fond, elle, est reprise à droit constant.

Ne pas oublier la CRL

Tant qu'on est dans les taxes, un mot sur celle qu'on retraite le moins bien. Une SCI passible de l'IS au taux de droit commun doit la contribution annuelle sur les revenus locatifs, 2,5 % sur les locaux situés dans des immeubles achevés depuis quinze ans au moins (article 234 nonies du CGI). Deux points méritent votre attention. Premièrement, les revenus soumis à la TVA en sont expressément exonérés : la SCI qui a opté pour la TVA sur ses locaux professionnels ne paie pas de CRL sur ces locaux-là. Deuxièmement — et c'est le retraitement que personne ne fait — l'article 234 duodecies du CGI assoit la contribution, pour les redevables à l'IS, sur les recettes nettes définies à l'article 29 du CGI qui ont été perçues au cours de l'exercice. Un loyer comptabilisé mais jamais encaissé sort donc de l'assiette de CRL, alors qu'il figure bien au compte de résultat. La CRL raisonne en caisse là où l'IS raisonne en engagement : contre-intuitif, et pourtant. Le détail est dans notre guide de la CRL en SCI à l'IS.


7. Le relevé des provisions et le suivi d'un exercice sur l'autre

Une provision bien comptabilisée n'est pas encore une provision bien déclarée. Il reste à la reporter sur un tableau de la liasse, puis à la suivre d'un exercice sur l'autre jusqu'à ce qu'elle disparaisse. C'est la partie du travail que l'on bâcle le plus volontiers — et, ironie du sort, celle qui laisse le plus de traces écrites.

Une obligation déclarative qui vit sa propre vie

L'article 53 A du CGI et le II de l'article 38 de l'annexe III au CGI imposent de joindre à la déclaration de résultats un tableau des provisions : objet, montant, mouvements de l'exercice. Cette obligation-là est indépendante de la déductibilité. Autrement dit, votre provision peut être irréprochable sur le fond et vous coûter quand même une amende si elle n'a pas été portée sur le tableau. Le a du I de l'article 1763 du CGI sanctionne le défaut de production, l'inexactitude ou le caractère incomplet du relevé par une amende de 5 % des sommes omises, ramenée à 1 % lorsque ces sommes sont effectivement déductibles — l'amende ne frappant que l'exercice au titre duquel l'infraction est mise en évidence.

Régime d'imposition Tableau des provisions Réintégration éventuelle
Réel simplifié (le cas de la plupart des SCI)2033-D-SDLigne des réintégrations du 2033-B-SD
Réel normal2056-SDTableau 2058-A-SD, détail au 2058-B-SD

Le 2033-D-SD porte un nom qui dit tout : relevé des provisions, amortissements dérogatoires et déficits reportables. C'est là que votre dépréciation de créance se déclare, ligne par ligne, avec le montant à l'ouverture, les dotations, les reprises et le solde de clôture. Vous y suivrez aussi, le cas échéant, vos déficits reportables à l'IS. L'architecture d'ensemble est décrite dans notre guide de la liasse fiscale 2033, et la déclaration qui l'accompagne dans celui de la déclaration 2065.

Le suivi individuel, exercice après exercice

Une dépréciation traverse souvent deux ou trois exercices. Pour tenir la distance, il faut un état de suivi par créance repris à chaque clôture. Une balance âgée des loyers suffit : aucune valeur réglementaire, une efficacité redoutable.

Locataire Créance 31/12/N Garanties Provision Événement justificatif
Dupont (appt Lyon 3e)2 700900 (DG)1 800Commandement de payer 20/12/N
SARL Martin (local commercial)4 800 HT04 800Redressement judiciaire 04/11/N
Bernard (parking)150 HT00Retard de 2 mois, relance en cours
Total7 6509006 600

Prenez trente secondes pour lire ce tableau ligne à ligne. Bernard n'est pas provisionné : deux mois de retard, une relance en cours, aucun événement qui rende la perte probable. Sa créance est portée hors taxes (150 € HT pour 180 € TTC appelés), la location d'un emplacement de stationnement isolé étant exclue de l'exonération et donc soumise à la TVA à 20 % (art. 261 D 2° du CGI) — l'exonération ne revient que si le parking est étroitement lié à la location exonérée d'un logement, dans le même ensemble immobilier, par le même bailleur et au même locataire, comme accessoire du bail principal (BOI-TVA-CHAMP-10-10-30, n° 170 et 180) — toute la colonne est ainsi homogène en HT. Martin l'est intégralement et pour son montant HT, parce qu'un redressement judiciaire compromet sérieusement le recouvrement. Dupont l'est après déduction du dépôt de garantie. Chaque ligne s'explique en une phrase, et c'est précisément le test à faire passer à vos propres provisions.

Conservez cet état avec les pièces qui l'appuient — il ne vaut que par elles. Les durées de conservation figurent dans notre guide des documents à conserver en SCI, et l'organisation des livres obligatoires dans celui des registres comptables.


8. Le risque fiscal : réintégration et provision devenue sans objet

Une provision reste une déduction que la société s'accorde à elle-même, sur la foi de son propre jugement. Voilà pourquoi le législateur l'oblige à figurer en clair sur un tableau annexé à la déclaration : l'administration n'a même pas besoin de chercher. Dans les contrôles, trois griefs reviennent presque toujours.

Grief n° 1 : la provision non justifiée

Le grand classique. La dotation est là, bien visible au 6817, mais derrière il n'y a rien : aucune relance écrite, aucune mise en demeure, aucun décompte par échéance, parfois même un bail introuvable. Le vérificateur réintègre l'intégralité du montant au résultat de l'exercice de dotation. Viennent s'ajouter l'intérêt de retard de 0,20 % par mois (art. 1727 du CGI) et, quand le caractère délibéré se démontre — la même provision reconduite trois ans de suite sans qu'une seule lettre ait été envoyée, par exemple —, la majoration de 40 % de l'article 1729 du CGI.

La parade ne coûte rien : trois pièces par créance provisionnée, le bail, le décompte des échéances impayées et l'acte de poursuite le plus récent. Un quart d'heure de classement neutralise l'essentiel du risque.

Grief n° 2 : la provision devenue sans objet et non reprise

Contre celui-là, il n'y a rien à plaider. L'article 39, 1, 5° du CGI impose que toute provision irrégulièrement constituée, comme toute provision devenue sans objet au cours d'un exercice ultérieur, soit rapportée aux résultats de l'exercice concerné. Le locataire a fini par payer, le litige s'est éteint, l'assureur a indemnisé : la provision doit disparaître et le produit de reprise entrer dans la base imposable.

Le vrai problème, c'est que ces provisions dorment. Un 491 crédité en N reste sagement au bilan tant que personne ne le touche. Deux ou trois exercices plus tard, le dossier est oublié, le locataire a déménagé, et la ligne subsiste par pure inertie. Le jour où l'administration la remarque, elle la rapporte au résultat de l'exercice où la provision est devenue sans objet — et si cet exercice-là est prescrit, elle la rattache au plus ancien exercice non prescrit. Le résultat est le même pour vous : un rappel.

Le réflexe de clôture qui évite ce grief

Éditez le détail du compte 491 à chaque clôture et posez une seule question par ligne : « ce risque existe-t-il encore aujourd'hui, et pour quel montant ? » Il n'y a que quatre réponses possibles — il a grossi (dotation complémentaire), il a diminué (reprise partielle), il a disparu (reprise totale), il s'est réalisé (perte au 654 et reprise). Ce qui est interdit, c'est de laisser une ligne sans réponse. Le jour où vous prenez cette habitude, le redressement le plus fréquent sur ce poste devient impossible chez vous.

Grief n° 3 : la créance sur un associé

Le locataire défaillant est un associé, ou une société qu'il contrôle ? Le dossier bascule dans une autre catégorie. Provisionner puis abandonner une créance de loyer sur un associé sans avoir engagé les poursuites qu'on aurait engagées contre un tiers, cela s'appelle une renonciation à recettes. Double sanction à la clé : acte anormal de gestion côté SCI, dont le résultat est rehaussé du montant abandonné, et revenu distribué occulte côté associé, imposable sur le fondement du c de l'article 111 du CGI. Chez lui, l'assiette est en outre majorée de 25 % (1° du A du 1 de l'article 200 A du CGI), majoration qui joue aussi bien au barème progressif qu'au prélèvement forfaitaire unique depuis l'article 39 de la loi de finances pour 2021. Une seule limite, mais elle compte : cette majoration ne touche jamais les prélèvements sociaux, en application de la réserve d'interprétation du Conseil constitutionnel codifiée au I de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale.

Entendons-nous : un associé locataire a parfaitement le droit d'être en difficulté. Ce que la SCI doit pouvoir démontrer, c'est qu'elle l'a traité exactement comme elle aurait traité un inconnu — mise en demeure, commandement de payer, action en justice, dans le même tempo. Les précautions à prendre dès la signature du bail sont détaillées dans notre guide louer un bien de la SCI à un associé.

Le point de vigilance des exercices antérieurs

Dernier écueil, moins connu : une provision oubliée ne se rattrape pas quand ça vous arrange. Une charge se déduit de l'exercice auquel elle se rattache, point. La provision qui aurait dû être constituée en N ne peut donc pas ressortir en N+2 pour absorber un bénéfice inconfortable. Dans l'autre sens, une provision indûment déduite en N puis redressée peut ouvrir droit à une correction symétrique des bilans, sous la réserve de l'intangibilité du bilan d'ouverture du premier exercice non prescrit (art. 38, 4 bis du CGI). On est ici dans une matière où l'improvisation se paie cher : devant un doute sur un exercice passé, un rattrapage comptable encadré coûtera toujours moins qu'une écriture bricolée un dimanche soir.


9. Cas chiffré complet de provision sur deux exercices

Assez de principes. Déroulons le mécanisme en entier, du premier loyer manquant jusqu'à la perte définitive, avec toutes les écritures, tous les montants et l'effet exact sur le résultat imposable de deux exercices consécutifs.

Les données

  • SCI Le Belvédère, soumise à l'IS, exercice clos le 31 décembre.
  • Un appartement loué nu à usage d'habitation : 900 € par mois, hors TVA (location exonérée).
  • Dépôt de garantie encaissé à l'entrée : 900 €, inscrit au passif au compte 165.
  • Le locataire, M. Dupont, cesse de payer à compter du 1er octobre N.
  • 15 novembre N : mise en demeure par lettre recommandée. 20 décembre N : commandement de payer visant la clause résolutoire, délivré par commissaire de justice.
  • M. Dupont libère les lieux le 31 décembre N. Le dépôt de garantie est imputé sur l'arriéré en janvier N+1.
  • Mai N+1 : une saisie sur rémunération permet d'encaisser 1 000 €.
  • 12 novembre N+1 : procès-verbal de carence du commissaire de justice sur le solde.

Exercice N — la dotation

Au 31 décembre N, douze loyers comptabilisés, 10 800 € de produits, dont 2 700 € que la SCI n'a jamais vus (octobre, novembre, décembre). Le commandement de payer du 20 décembre est un événement en cours à la clôture : la condition de probabilité est remplie, et surtout elle est documentée par un acte de commissaire de justice. Reste à calibrer le montant. La SCI détient 900 € de dépôt de garantie qui viendront s'imputer sur la dette : la perte réellement probable n'est donc pas de 2 700 € mais de 2 700 − 900 = 1 800 €.

Date Écriture Montant Effet sur le résultat N
Oct. à déc. N411 / 706 — loyers échus non encaissés2 700,00+ 2 700
31/12/N416 / 411 — transfert en créance douteuse2 700,000
31/12/N68174 / 491 — dotation à la dépréciation1 800,00− 1 800
Effet net de l'impayé sur le résultat N+ 900

Ce qu'il faut lire dans ce tableau. Sans provision, l'impayé aurait gonflé le résultat de 2 700 €, soit 405 € d'IS au taux réduit de 15 %. Avec la provision, le résultat n'augmente que de 900 € — la part couverte par le dépôt de garantie, que la SCI va réellement conserver. L'impôt tombe à 135 €, soit 270 € qui restent sur le compte au lieu de partir au Trésor. Et au bilan, la créance ressort pour sa valeur nette de 900 € : 2 700 € de brut, 1 800 € de dépréciation.

Exercice N+1 — imputation, reprise partielle, perte définitive

Date Écriture Montant Solde 416 Solde 491
01/01/N+1Report à nouveau2 7001 800
15/01/N+1165 / 416 — imputation du dépôt de garantie900,001 8001 800
28/05/N+1512 / 416 — encaissement sur saisie1 000,008001 800
28/05/N+1491 / 78174 — reprise partielle1 000,00800800
12/11/N+1654 / 416 — perte définitive (PV de carence)800,000800
12/11/N+1491 / 78174 — reprise du solde devenu sans objet800,0000

Arrêtez-vous sur la date du 28 mai, c'est le passage délicat. L'encaissement de 1 000 € fait deux choses à la fois : il réduit la créance et il rend la provision surdimensionnée. Les 1 800 € de dépréciation portaient sur une créance nette qui ne vaut plus que 800 €. La reprise partielle de 1 000 € n'est donc pas un choix de gestion, c'est l'application littérale de la règle de la provision devenue sans objet.

Le bilan des deux exercices

Poste Exercice N Exercice N+1 Cumul
Loyers comptabilisés (impayés)+ 2 7000+ 2 700
Dotation à la dépréciation (68174)− 1 8000− 1 800
Reprises de dépréciation (78174)0+ 1 800+ 1 800
Perte sur créance irrécouvrable (654)0− 800− 800
Résultat imposable lié à l'impayé+ 900+ 1 000+ 1 900
Encaissements réels correspondants01 9001 900

Regardez les deux dernières lignes : 1 900 € de résultat cumulé imposable, 1 900 € réellement encaissés — 900 € de dépôt conservé, 1 000 € récupérés sur saisie. À l'euro près. Voilà ce que fait une provision : elle n'efface aucun impôt, elle évite simplement d'en payer sur 1 800 € qui n'ont jamais existé, puis elle laisse la fiscalité rattraper la réalité au fur et à mesure que celle-ci se dessine.

270 € de trésorerie préservée sur l'exercice N, pour un seul appartement à 900 € par mois. Multipliez par une SCI de six lots avec un ou deux contentieux qui traînent en permanence, et l'ordre de grandeur cesse d'être anecdotique — sachant que la somme est due au pire moment, quand la trésorerie encaisse déjà le choc de l'impayé. C'est pour cette raison que je considère le suivi des créances douteuses comme un sujet de pilotage du cash-flow à part entière, et pas comme une case à cocher en fin d'exercice.

Et si la SCI avait été à l'IR ?

Zéro écriture. Aucune. Les loyers d'octobre à décembre N n'auraient jamais figuré sur la déclaration, donc jamais été imposés. En N+1, seuls les 1 000 € réellement recouvrés seraient devenus une recette imposable, auxquels s'ajoute le dépôt de garantie conservé en compensation de l'impayé, recette de l'année de son acquisition. Coût fiscal de l'impayé à l'IR : nul. Ce que le régime IR fait payer se trouve ailleurs — impossibilité d'amortir le bien, plus-value de cession calculée sur le prix d'achat historique. Notre comparatif SCI à l'IS ou à l'IR met les deux colonnes côte à côte.


10. Créance douteuse en SCI : les huit erreurs qui coûtent le plus cher

Les chapitres précédents décrivent la règle. Voici ce qui la fait dérailler dans la vraie vie : huit fautes que je retrouve, sous une forme ou une autre, dans presque tous les dossiers que nous reprenons en cours de route.

Erreur 1 — Provisionner à l'IR

Ajouter une ligne « provision pour loyers impayés » aux charges d'une SCI à l'IR, c'est inventer une charge sans texte et sans facture. Elle sera rejetée — et, plus embêtant, elle donnera envie au vérificateur de regarder le reste. Souvenez-vous que les charges déductibles des revenus fonciers sont limitativement énumérées par l'article 31 du CGI, et que les provisions n'y figurent nulle part. Notre guide des charges déductibles en SCI donne la liste exacte.

Erreur 2 — Provisionner sans dossier

Une dotation sans mise en demeure ni acte de poursuite, c'est une déduction offerte sur un plateau. Bail, décompte des échéances, dernier acte de poursuite : trois pièces et le sujet est clos.

Erreur 3 — Provisionner TTC

Sur une créance taxée, la dépréciation s'arrête au prix net. Provisionner la TVA, c'est déduire une somme qui n'a jamais été un produit de la SCI et qui pourra en plus être récupérée par l'article 272 du CGI. Une double déduction, repérable en trois secondes sur une balance.

Erreur 4 — Ignorer les garanties

Dépôt de garantie, caution solidaire, garantie Visale, GLI en cours d'indemnisation : chacune ampute la perte probable. Créance intégralement prise en charge par un assureur qui a donné son accord ? Il n'y a plus de risque de perte, donc plus rien à provisionner. À croiser avec PNO et GLI en SCI et la caution du locataire.

Erreur 5 — Oublier la reprise

Un compte 491 dont le solde n'a pas bougé depuis quatre exercices est un aimant à contrôle. La revue de clôture du chapitre 8 suffit à l'éviter, à condition de la faire vraiment.

Erreur 6 — Passer la perte sans reprendre la provision

Le 654 et le 78174 voyagent ensemble. N'en passer qu'un, c'est déduire deux fois la même perte, avec le rappel d'impôt qui va avec et, souvent, une majoration en prime.

Erreur 7 — Récupérer la TVA trop tôt

L'article 272 du CGI veut une créance définitivement irrécouvrable — la liquidation judiciaire du locataire mise à part, où le droit s'ouvre dès le jugement — et une facture rectifiée. Récupérer au stade de la provision, ou sans avoir adressé le duplicata, expose à un rappel de taxe jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle de l'exigibilité (art. L. 176 du LPF).

Erreur 8 — Traiter un associé locataire différemment d'un tiers

Provision molle, aucune poursuite, abandon discret glissé en fin d'exercice : le trio mène tout droit à l'acte anormal de gestion et à la distribution occulte du c de l'article 111 du CGI. Un associé qui ne peut pas payer se poursuit comme n'importe qui — ou bien on constate une avance en compte courant, ce qui est un montage entièrement différent, décrit dans notre guide du compte courant d'associé.

Rien d'insurmontable dans cette liste. Toutes ces erreurs se corrigent, à une condition : les voir avant l'arrêté des comptes plutôt que six mois plus tard, en pleine vérification. C'est tout l'intérêt du contrôle annuel de la SCI et de la checklist de clôture.


11. FAQ — Provision pour créance douteuse en SCI

Peut-on provisionner un loyer impayé dans une SCI à l'IR ?

Non, et c'est inutile. En revenus fonciers, le revenu brut est constitué des seules recettes effectivement perçues (art. 29 du CGI) : un loyer impayé n'est jamais déclaré, donc jamais imposé. Il n'y a aucune provision à comptabiliser et aucune perte à déduire. La provision pour créance douteuse est un mécanisme propre à la comptabilité d'engagement, donc aux SCI soumises à l'IS. Voir notre guide de la comptabilité de SCI.

À partir de quand un loyer impayé devient-il une créance douteuse ?

Il n'existe aucun délai légal. La créance devient douteuse lorsqu'un événement en cours à la clôture rend le recouvrement incertain : mise en demeure restée sans effet, commandement de payer, départ du locataire sans avoir soldé sa dette, procédure collective, insolvabilité constatée. Un simple retard de quelques semaines, sans diligence engagée, ne suffit pas.

La provision se calcule-t-elle sur le montant HT ou TTC ?

Sur le montant hors taxes lorsque la SCI est assujettie. La TVA facturée n'est pas un produit : elle est collectée pour le compte du Trésor et redevient récupérable si la créance est définitivement perdue (art. 272 du CGI). Pour une SCI en location nue d'habitation, exonérée par l'article 261 D 2° du CGI, la créance est intégralement hors taxes.

Peut-on provisionner 100 % de la créance ?

Oui, si la perte probable porte réellement sur la totalité. La provision doit être nette des garanties détenues : dépôt de garantie, caution solidaire solvable, GLI en cours d'indemnisation. Provisionner intégralement une créance couverte par un dépôt de garantie — plafonné à un mois de loyer hors charges en location nue (art. 22 de la loi du 6 juillet 1989), deux mois en meublé (art. 25-6) — est une surévaluation facilement réintégrée, à hauteur de la seule fraction excédentaire.

Une provision forfaitaire de 5 % des loyers est-elle déductible ?

Non. L'article 39, 1, 5° du CGI exige une perte nettement précisée et rendue probable par des événements en cours. Une provision globale calculée en pourcentage ne désigne aucune créance et n'est adossée à aucun événement : elle est systématiquement réintégrée. Chaque créance se provisionne individuellement.

Faut-il avoir engagé une action en justice pour provisionner ?

Non : l'administration admet que des poursuites judiciaires préalables ne soient pas engagées, la situation financière notoirement difficile du débiteur suffisant à rendre la perte probable (BOI-BIC-PROV-40-20, n° 140). C'est en revanche le mode de preuve le plus solide : relances datées, mise en demeure recommandée, commandement de payer, assignation. Une provision fondée sur la seule conviction du gérant reste fragile. Le volet procédural est traité dans notre guide des impayés de loyer en SCI.

Que faire du dépôt de garantie dans le calcul ?

Il vient réduire la perte probable et doit donc être déduit avant de calculer la provision. Comptablement, il reste au passif au compte 165 tant que le bail court ; son imputation sur la dette, à la sortie du locataire, se traduit par un débit du 165 et un crédit du 416 — voir les écritures de dépôt de garantie.

Que se passe-t-il si le locataire finit par payer ?

La provision devient sans objet à hauteur du règlement et doit être reprise au compte 7817, ce qui génère un produit imposable. La provision a différé l'imposition, elle ne l'a pas supprimée. Ne pas reprendre une provision devenue sans objet est une irrégularité expressément visée par l'article 39, 1, 5° du CGI.

Quand peut-on récupérer la TVA sur un loyer impayé ?

À la perte définitive, jamais au stade de la provision — sauf liquidation judiciaire du locataire, où l'article 272 du CGI ouvre l'imputation dès la date du jugement. Dans tous les cas, l'imputation suppose la rectification préalable de la facture : la SCI adresse au locataire un duplicata portant la mention réglementaire. Rappel : pour une location, la TVA n'est en principe exigible qu'à l'encaissement (art. 269, 2, c du CGI), sauf option pour les débits — dans le premier cas, il n'y a rien à récupérer.

Quelle différence avec une provision pour gros entretien ?

Deux natures totalement distinctes. La dépréciation de créance constate la perte de valeur d'un actif inscrit au bilan, en contrepartie du compte 491. La provision pour gros entretien anticipe une charge future de travaux, au passif, et obéit à des conditions de déductibilité bien plus strictes. Seul le relevé des provisions de la liasse les réunit.

La CRL est-elle due sur un loyer impayé ?

Non. Pour une personne morale soumise à l'IS, l'article 234 duodecies du CGI assoit la CRL sur les recettes nettes définies à l'article 29 du CGI perçues au cours de l'exercice : un loyer comptabilisé mais non encaissé n'entre pas dans son assiette, alors qu'il figure bien au compte de résultat. C'est un retraitement à ne pas oublier au moment de la liasse — sachant que les revenus soumis à la TVA sont, eux, exonérés de CRL.

Faut-il émettre une quittance pour un loyer impayé ?

Surtout pas. La quittance atteste du paiement du loyer (art. 21 de la loi du 6 juillet 1989) : en délivrer une pour un loyer non encaissé revient à fabriquer la preuve du paiement contre soi-même. En cas d'impayé, on adresse un avis d'échéance — voir notre guide de la quittance de loyer en SCI.

Comment la provision apparaît-elle dans la liasse fiscale ?

Au relevé des provisions prévu par le II de l'article 38 de l'annexe III au CGI : tableau 2033-D-SD au régime simplifié, tableau 2056-SD au réel normal, avec le détail des dotations et des reprises. Une provision jugée non déductible doit en outre être réintégrée extra-comptablement. Voir notre guide de la liasse 2033.

Que risque-t-on si la provision n'est pas justifiée ?

La réintégration au résultat de l'exercice, l'intérêt de retard de 0,20 % par mois (art. 1727 du CGI) et, si le caractère délibéré est établi, la majoration de 40 % de l'article 1729 du CGI. Le risque est d'autant plus concret que la provision figure noir sur blanc au relevé joint à la déclaration : voir le contrôle fiscal d'une SCI.

Peut-on provisionner l'impayé d'un associé locataire ?

C'est le cas le plus surveillé. Provisionner puis abandonner la dette d'un associé sans avoir engagé de poursuites s'analyse comme une renonciation à recettes : acte anormal de gestion pour la SCI, et revenu distribué occulte imposable entre les mains de l'associé (art. 111, c du CGI). Il faut des diligences au moins aussi rigoureuses que contre un tiers.

Combien de temps la SCI a-t-elle pour agir contre le locataire ?

Trois ans pour les actions dérivant d'un bail d'habitation (art. 7-1 de la loi du 6 juillet 1989), cinq ans en droit commun pour un bail commercial ou professionnel (art. 2224 du Code civil). Passé ce délai, la créance n'est plus recouvrable — ce qui constitue en soi un événement justifiant le passage en perte définitive.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Qualifier une créance de douteuse dépend entièrement des pièces que vous avez au dossier : si vous hésitez sur un montant ou sur l'exercice de rattachement, faites valider votre position avant l'arrêté des comptes — après, il est trop tard pour corriger.

Provisionnez vos impayés au bon moment dans SCI-AI

Le contrôle du compte 491 décrit au chapitre 8, nous le faisons pour vous à chaque clôture : aucune provision ne dort, aucune reprise n'est oubliée, la perte définitive part avec sa reprise concomitante. Le relevé des provisions se remplit tout seul, et la liasse est télétransmise aux impôts depuis la plateforme.

FAQ

Questions fréquentes

Non, et c'est inutile. En revenus fonciers, le revenu brut est constitué des seules recettes effectivement perçues (art. 29 du CGI) : un loyer impayé n'est jamais déclaré, donc jamais imposé. Il n'y a aucune provision à comptabiliser et aucune perte à déduire, puisqu'aucun produit n'a été constaté. La provision pour créance douteuse est un mécanisme propre à la comptabilité d'engagement, donc aux SCI soumises à l'impôt sur les sociétés.
Il n'existe pas de délai légal. La créance devient douteuse lorsqu'un événement en cours à la clôture rend le recouvrement incertain : mise en demeure restée sans effet, commandement de payer visant la clause résolutoire, départ du locataire sans avoir soldé sa dette, ouverture d'une procédure collective, insolvabilité constatée. Un simple retard de quelques semaines, sans aucune diligence engagée, ne suffit pas à justifier une provision.
Sur le montant hors taxes lorsque la SCI est assujettie à la TVA. La TVA facturée n'est pas un produit de la société : elle est collectée pour le compte du Trésor et, si la créance devient définitivement irrécouvrable, elle est récupérable dans les conditions de l'article 272 du CGI. La perte probable se limite donc au prix net. Pour une SCI en location nue d'habitation, exonérée de TVA (art. 261 D 2° du CGI), la question ne se pose pas : la créance est intégralement hors taxes.
Oui, mais seulement si la perte probable porte réellement sur la totalité. La provision doit être calculée nette des garanties dont la SCI dispose : dépôt de garantie encaissé, caution solidaire solvable, garantie loyers impayés en cours d'indemnisation. Provisionner 100 % d'une créance couverte par un dépôt de garantie — un mois de loyer hors charges au maximum en location nue (art. 22 de la loi du 6 juillet 1989), deux mois en meublé (art. 25-6) — est une surévaluation que l'administration réintègre sans difficulté, à hauteur de la seule fraction excédentaire.
Non. L'article 39, 1, 5° du CGI exige une perte « nettement précisée » — la doctrine et la jurisprudence précisant qu'elle doit l'être quant à sa nature — et rendue probable par des événements en cours. Une provision globale calculée en pourcentage du chiffre d'affaires ne désigne aucune créance identifiée et n'est adossée à aucun événement : elle est systématiquement réintégrée. Chaque créance doit être provisionnée individuellement, locataire par locataire, avec ses propres justificatifs.
Non : la doctrine administrative précise que des poursuites judiciaires préalables ne sont pas nécessaires, la situation financière notoirement difficile du débiteur suffisant à rendre la perte probable (BOI-BIC-PROV-40-20, n° 140). Mais c'est en pratique le mode de preuve le plus solide : relances datées, mise en demeure par lettre recommandée, commandement de payer délivré par commissaire de justice, assignation. Une provision fondée sur la seule affirmation du gérant que « le locataire ne paiera pas » reste fragile.
Il doit être déduit de la créance avant de calculer la provision : il constitue une garantie que la SCI détient déjà et qui viendra s'imputer sur la dette à la sortie du locataire (art. 22 de la loi du 6 juillet 1989). Comptablement, le dépôt figure au passif au compte 165 tant que le bail court ; son imputation sur l'impayé se traduit par un débit du 165 et un crédit du compte 416.
La provision devient sans objet à hauteur du règlement et doit être reprise au compte 7817, ce qui génère un produit imposable de l'exercice. C'est le fonctionnement normal du mécanisme : la provision a différé l'imposition, elle ne l'a pas supprimée. Ne pas reprendre une provision devenue sans objet est une irrégularité que l'administration sanctionne par une réintégration.
Lorsque la créance est devenue définitivement irrécouvrable, jamais au stade de la provision — avec une exception prévue par la loi : en cas de liquidation judiciaire du locataire, l'article 272 du CGI autorise l'imputation dès la date de la décision de justice. L'imputation reste subordonnée à la rectification préalable de la facture initiale : la SCI adresse au locataire un duplicata indiquant que la facture est demeurée impayée et que la TVA correspondante ne peut faire l'objet d'une déduction. Rappel : pour une location, la TVA n'est en principe exigible qu'à l'encaissement (art. 269, 2, c du CGI), sauf option pour les débits.
Ce sont deux natures de provision totalement distinctes. La dépréciation de créance constate la perte de valeur d'un actif déjà inscrit au bilan, en contrepartie du compte 491. La provision pour gros entretien anticipe une charge future de travaux, en contrepartie d'un compte de provision au passif (compte 15), et obéit à des conditions de déductibilité beaucoup plus strictes. Les deux figurent au même relevé des provisions de la liasse, mais rien d'autre ne les rapproche.
Non. Pour une personne morale soumise à l'impôt sur les sociétés, l'article 234 duodecies du CGI assoit la contribution sur les revenus locatifs sur les recettes nettes définies à l'article 29 du CGI qui ont été perçues au cours de l'exercice : un loyer jamais encaissé n'entre pas dans son assiette, même s'il a été comptabilisé en produit. C'est un point de divergence classique entre la base IS et la base CRL, qu'il faut penser à retraiter au moment de la liasse. Rappel : les revenus soumis à la TVA sont, eux, exonérés de CRL.
Non, et surtout pas. La quittance atteste du paiement du loyer (art. 21 de la loi du 6 juillet 1989) : en délivrer une pour un loyer non encaissé revient à fabriquer soi-même la preuve du paiement contre soi. En cas d'impayé, le bailleur adresse un avis d'échéance, jamais une quittance.
Au relevé des provisions, dont la production est prévue par le II de l'article 38 de l'annexe III au CGI : tableau 2033-D-SD au régime simplifié, tableau 2056-SD au régime réel normal, avec le détail des dotations et des reprises de l'exercice. Une provision jugée non déductible doit en outre être réintégrée extra-comptablement au tableau de détermination du résultat fiscal.
La réintégration du montant provisionné au résultat de l'exercice, assortie de l'intérêt de retard de 0,20 % par mois (art. 1727 du CGI) et, si l'administration établit le caractère délibéré de l'irrégularité, d'une majoration de 40 % (art. 1729 du CGI). Le risque est d'autant plus réel que la provision est visible : elle figure noir sur blanc au relevé des provisions joint à la déclaration.
C'est le cas le plus surveillé. Provisionner puis passer en perte la dette de loyer d'un associé sans avoir engagé la moindre action de recouvrement s'analyse comme une renonciation à recettes au profit d'un associé : acte anormal de gestion, et distribution occulte imposable entre ses mains sur le fondement du c de l'article 111 du CGI. Si l'associé est réellement défaillant, il faut des diligences au moins aussi rigoureuses que pour un tiers.
Pour un bail d'habitation, les actions dérivant du contrat se prescrivent par trois ans (art. 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Pour un bail commercial ou professionnel, c'est la prescription de droit commun de cinq ans (art. 2224 du Code civil). Passé ce délai, la créance n'est plus recouvrable : c'est en soi un événement qui justifie le passage en perte définitive.