Conventions réglementées en SCI : ce qu'il faut formaliser entre la société et ses associés
Contrairement à une idée très répandue, il n'existe pas de « conventions réglementées » dans une SCI. La procédure d'autorisation, de rapport spécial et d'approbation que connaissent la SARL (art. L223-19 du Code de commerce) et la SAS (art. L227-10) n'a aucun équivalent dans le droit des sociétés civiles. Le Code civil est muet. Beaucoup en concluent qu'ils n'ont rien à faire : c'est exactement l'inverse. Là où la loi organise une procédure, elle fournit aussi une présomption de régularité. Là où elle se tait — en SCI — la seule preuve de la régularité d'un bail consenti au gérant, d'une avance en compte courant ou d'une rémunération est celle que vous avez constituée vous-même, avant le contrôle.
Ce guide fait le tri : ce que la loi impose réellement, ce que les statuts de la SCI doivent prévoir, quelles conventions sont réellement à risque, comment les formaliser en pratique, et ce que coûte l'informalisme lorsque l'administration fiscale s'y intéresse. Il complète, sur le terrain du formalisme, nos guides consacrés à la location d'un bien de la SCI à un associé, au compte courant d'associé et à la rémunération du gérant.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code de commerce, CGI, BOFiP, Légifrance). Mis à jour le 20 juillet 2026.
Sommaire
- Ce qu'on appelle une convention réglementée (et pourquoi la SCI n'en a pas)
- Le cadre réel : statuts, article 1852 et pouvoirs du gérant
- Cartographie des conventions à risque entre une SCI et ses associés
- Le bail consenti à un associé
- La mise à disposition gratuite d'un bien à un associé
- Le compte courant d'associé et sa rémunération
- La rémunération du gérant associé
- Prestations, ventes, cautions : les autres conventions
- Comment formaliser : convention, PV, approbation, registre
- Le risque fiscal d'une convention non formalisée
- La responsabilité du gérant et des associés
- Checklist et erreurs fréquentes
- FAQ
1. Ce qu'on appelle une convention réglementée (et pourquoi la SCI n'en a pas)
La définition, en droit des sociétés commerciales
Une convention réglementée, c'est un contrat entre une société et l'un de ses dirigeants ou associés. Le conflit d'intérêts y est structurel, donc la loi impose un garde-fou : une procédure de contrôle par les associés. Dans les sociétés commerciales, le mécanisme ne varie guère — autorisation ou information préalable, rapport spécial présenté à l'assemblée, vote d'approbation dont le dirigeant intéressé se tient généralement à l'écart, et mise à la charge de ce dernier des conséquences dommageables si la convention n'est pas approuvée.
| Forme sociale | Texte | Procédure |
|---|---|---|
| SA | Art. L225-38 C. com. | Autorisation préalable du conseil d'administration, rapport spécial du CAC, approbation par l'AG |
| SARL | Art. L223-19 C. com. | Rapport du gérant (ou du CAC) à l'assemblée, approbation a posteriori, le gérant intéressé ne vote pas |
| SAS | Art. L227-10 C. com. | Rapport du président (ou du CAC) sur les conventions, approbation par les associés |
| SCPI | Art. L214-106 C. mon. fin. et suivants | Contrôle renforcé propre à l'épargne collective |
| SCI de droit commun | Aucun texte | Aucune procédure légale |
Le silence du Code civil
Les sociétés civiles sont régies par les articles 1845 à 1870-1 du Code civil. On y trouve les pouvoirs du gérant (art. 1848 et 1849), sa responsabilité (art. 1850), sa révocation (art. 1851), les décisions collectives (art. 1852 à 1854), le droit d'information des associés (art. 1855) et l'obligation de reddition de comptes (art. 1856). Aucun de ces textes n'organise de procédure de contrôle des conventions passées entre la société et son gérant ou ses associés.
La conséquence est double, et rarement comprise dans les deux sens :
- Il n'y a rien à faire au titre d'une obligation légale. Une SCI patrimoniale n'a pas à établir de rapport spécial, pas de liste des conventions, pas de résolution d'approbation obligatoire. Un expert-comptable qui vous réclamerait un « rapport sur les conventions réglementées » pour une SCI familiale applique un réflexe de société commerciale.
- Il n'y a donc aucune présomption de régularité. En SARL, une convention approuvée en assemblée est réputée régulière et le gérant est protégé. En SCI, aucune convention n'est jamais « validée » par un mécanisme légal : elle sera appréciée, des années plus tard, à la lumière des seuls documents que vous produirez.
Et l'article L612-5 du Code de commerce ?
C'est le seul texte qui pourrait, en théorie, imposer un rapport sur les conventions à une société civile. L'article L612-5 du Code de commerce prévoit que le représentant légal (ou le commissaire aux comptes) d'une personne morale de droit privé non commerçante ayant une activité économique présente à l'organe délibérant un rapport sur les conventions passées, directement ou par personne interposée, avec l'un de ses dirigeants. La convention non approuvée produit néanmoins ses effets, mais les conséquences préjudiciables peuvent être mises à la charge du dirigeant. Les conventions courantes conclues à des conditions normales et non significatives sont exclues.
Attention à un raccourci fréquent : l'article L612-5 n'est soumis à aucun seuil de taille. Les seuils de 50 salariés, 3 100 000 € de chiffre d'affaires ou de ressources et 1 550 000 € de total de bilan fixés par l'article R612-1 ne conditionnent que l'article L612-1, c'est-à-dire l'obligation d'établir des comptes annuels et de nommer un commissaire aux comptes. Le seul seuil que mentionne l'article L612-5 lui-même est celui de 10 % des droits de vote, et il ne sert qu'à délimiter les conventions conclues avec une autre personne morale.
Le vrai critère est donc ailleurs : celui de la personne morale de droit privé non commerçante « ayant une activité économique ». Cette notion n'est pas définie par la loi et n'a pas été tranchée par la jurisprudence pour les sociétés civiles patrimoniales. La Compagnie nationale des commissaires aux comptes range plusieurs catégories de sociétés civiles parmi les personnes morales ayant une activité économique : SCCV et SCI de construction-vente, SCI d'attribution, sociétés civiles d'exploitation agricole ou forestière. Pour une SCI de gestion locative familiale, la question reste ouverte.
Position pratique. Le champ de l'article L612-5 appliqué aux sociétés civiles fait débat en doctrine. En pratique, aucune SCI patrimoniale ne produit de rapport au titre de ce texte, et l'administration n'en réclame pas. Retenez-le comme un signal : dès qu'une société civile bascule vers une véritable activité économique (construction-vente, attribution, exploitation), le sujet redevient sérieux — et un commissaire aux comptes vous le rappellera.
Le vrai enjeu : la preuve, pas la procédure
Déplacez la question. Elle n'est pas « quelle procédure la loi m'impose-t-elle ? » — aucune — mais « que produirai-je le jour où un associé, un juge ou un vérificateur contestera cette convention ? ». Un bail signé, une décision collective écrite, un procès-verbal daté, trois annonces comparables pour justifier le loyer : ces quatre pièces valent, en SCI, ce que vaut le rapport spécial en SARL. Obligatoires nulle part. Indispensables partout.
2. Le cadre réel : statuts, article 1852 et pouvoirs du gérant
Les pouvoirs du gérant : deux articles, deux logiques
Deux textes, souvent confondus, gouvernent la capacité du gérant à engager la SCI dans une convention :
- Article 1848 du Code civil — rapports internes. Dans les rapports entre associés, le gérant peut accomplir tous les actes de gestion que demande l'intérêt de la société, sous réserve des restrictions prévues par les statuts. C'est ici que se joue la responsabilité du gérant vis-à-vis de ses associés.
- Article 1849 du Code civil — rapports avec les tiers. Le gérant engage la société par les actes entrant dans l'objet social. Les clauses statutaires limitant ses pouvoirs sont inopposables aux tiers. Autrement dit : un bail signé par un gérant en violation d'une clause statutaire reste valable à l'égard du locataire, mais le gérant en répond envers les associés.
Cette asymétrie est le cœur du sujet. Un gérant qui conclut une convention avec lui-même sans autorisation ne rend pas l'acte nul de plein droit — il crée une dette de responsabilité à son propre égard. Pour approfondir le périmètre exact des pouvoirs, voyez notre guide sur le rôle et les pouvoirs du gérant de SCI.
L'article 1852 : le vrai fondement de l'autorisation collective
L'article 1852 du Code civil dispose que « les décisions qui excèdent les pouvoirs reconnus aux gérants sont prises selon les dispositions statutaires ou, en l'absence de telles dispositions, à l'unanimité des associés ». Deux enseignements majeurs :
- Les statuts sont souverains. Ce sont eux qui définissent ce qui excède les pouvoirs du gérant. Une clause bien rédigée peut donc créer, sur mesure, l'équivalent d'un régime de conventions réglementées : « toute convention conclue entre la société et un associé ou le gérant, à l'exception des opérations courantes conclues à des conditions normales, doit être autorisée préalablement par décision collective des associés statuant à la majorité des trois quarts des parts, l'associé intéressé étant invité à s'abstenir, son abstention étant mentionnée au procès-verbal ». Une précision indispensable : la clause peut fixer une majorité qualifiée et imposer une autorisation préalable, mais elle ne peut pas priver l'associé intéressé de son droit de vote. L'article 1844, alinéa 1er, du Code civil donne à tout associé le droit de participer aux décisions collectives, et la Cour de cassation juge que les statuts ne peuvent y déroger que dans les cas prévus par la loi (Cass. com., 9 février 1999, n° 96-17.661, dit Château d'Yquem) — or aucun texte ne prévoit une telle privation en société civile de droit commun. Une clause d'exclusion du vote encourrait donc la nullité. L'abstention volontaire, en revanche, est parfaitement licite et vivement recommandée.
- À défaut de clause, c'est l'unanimité. Cette règle est impérative au sens de l'article 1844-10 du Code civil, mais aménageable par les statuts : la Cour de cassation juge (Cass. 3e civ., 5 janvier 2022, n° 20-17.428) que la violation de l'unanimité posée par l'article 1852 — ou celle des règles statutaires qui l'aménagent — est sanctionnée par la nullité de la décision. L'unanimité s'entend en outre de tous les associés, et non des seuls associés présents ou représentés à l'assemblée.
Le piège des statuts « standard ». Beaucoup de statuts téléchargés en ligne donnent au gérant « les pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société ». Cette formule, séduisante à la création, supprime tout garde-fou : elle rend théoriquement possible qu'un gérant se loue à lui-même un bien de la SCI, se rémunère et se fasse avancer des fonds sans jamais consulter personne. Le jour d'une mésentente, ces actes seront tous contestés. Vérifiez ce que disent vos statuts de SCI avant de conclure quoi que ce soit — et faites-les modifier si nécessaire.
Les autres textes qui structurent le contrôle
| Article | Contenu | Intérêt pour les conventions |
|---|---|---|
| 1844 C. civ. | Tout associé a le droit de participer aux décisions collectives | Aucune convention ne peut être « votée » en écartant un associé du débat |
| 1848 C. civ. | Pouvoirs du gérant dans l'intérêt de la société, sous réserve des statuts | Fonde le grief de dépassement de pouvoirs |
| 1849 C. civ. | Engagement de la société envers les tiers dans la limite de l'objet social | Un acte hors objet social n'engage pas la SCI |
| 1850 C. civ. | Responsabilité du gérant pour les fautes de gestion | Sanction principale de la convention défavorable |
| 1852 C. civ. | Décisions excédant les pouvoirs du gérant : statuts, sinon unanimité | Fondement de l'autorisation préalable |
| 1854 C. civ. | Décisions pouvant résulter du consentement unanime exprimé dans un acte | Permet de formaliser sans réunion physique |
| 1855 C. civ. | Droit d'obtenir au moins une fois par an communication des livres et documents sociaux, et de poser des questions écrites sur la gestion, auxquelles il doit être répondu par écrit dans le délai d'un mois | C'est par ce canal qu'un associé découvre — et conteste — une convention cachée |
| 1856 C. civ. | Reddition de compte annuelle du gérant | Le moment naturel pour porter les conventions à la connaissance des associés |
Le gérant peut-il contracter avec lui-même ?
Question fréquente, réponse contre-intuitive. L'article 1161 du Code civil interdit au représentant d'agir pour le compte de plusieurs parties en opposition d'intérêts ou de contracter pour son propre compte avec le représenté, à peine de nullité. Mais depuis la loi de ratification n° 2018-287 du 20 avril 2018, ce texte est expressément limité à « la représentation des personnes physiques », pour les contrats conclus à compter du 1er octobre 2018. Il ne s'applique donc pas au gérant qui représente une société.
Conclusion : l'auto-contrat n'est pas nul en soi en SCI. Il n'en reste pas moins fragile, car il s'expose à trois griefs — violation d'une clause statutaire, faute de gestion (art. 1850), et acte contraire à l'intérêt social. La parade est simple et coûte cinq minutes :
- faire autoriser la convention en assemblée avant sa signature, l'associé intéressé s'abstenant ;
- faire signer la SCI par un co-gérant non intéressé lorsqu'il en existe un ;
- à défaut, faire désigner par les associés un mandataire ad hoc (souvent un autre associé) pour signer au nom de la société.
3. Cartographie des conventions à risque entre une SCI et ses associés
Toutes les conventions ne se valent pas. Certaines sont anodines. D'autres sont des portes d'entrée classiques d'un contrôle : le vérificateur qui ouvre un dossier de SCI familiale regarde d'abord qui occupe quoi, et à quel prix. Voici la hiérarchie que j'observe en pratique.
| Convention | Niveau de risque | Risque principal | Formalisme minimum |
|---|---|---|---|
| Bail d'habitation à un associé | Élevé | Loyer sous-évalué, requalification en jouissance gratuite | Bail écrit + AG + comparables |
| Occupation gratuite par un associé | Élevé | Perte des charges (art. 15-II CGI) ou acte anormal de gestion à l'IS | Convention de mise à disposition + AG |
| Bail commercial à la société d'un associé | Élevé | Loyer anormal dans les deux sens, double redressement | Bail + avis de valeur + AG des deux structures |
| Compte courant débiteur | Élevé | Revenus distribués présumés (art. 111 a CGI) | À proscrire ; sinon convention de prêt + intérêts |
| Intérêts de compte courant | Moyen | Dépassement du taux plafond (art. 39-1-3° CGI) | Convention écrite + taux plafonné |
| Rémunération du gérant associé | Moyen | Absence de décision, montant excessif (art. 111 d CGI) | Clause statutaire ou décision collective annuelle |
| Prestation facturée par un associé | Moyen | Absence de contrepartie réelle, TVA, requalification | Contrat + factures + preuve d'exécution |
| Vente d'un bien entre la SCI et un associé | Élevé | Prix minoré, insuffisance de prix, droits d'enregistrement | Acte notarié + expertise de valeur + AG |
| Convention de trésorerie avec une société liée | Moyen | Monopole bancaire, absence de lien de contrôle, taux | Convention écrite + vérification des liens capitalistiques |
| Caution donnée par la SCI | Élevé | Acte hors objet social, contraire à l'intérêt social | Clause d'objet social explicite + décision unanime |
La ligne de partage est toujours la même : une convention est défendable lorsqu'elle réunit trois qualités — elle est écrite, elle a été autorisée par les associés, et ses conditions sont normales (c'est-à-dire comparables à celles qui auraient été consenties à un tiers). Enlevez-en une, et vous entrez en zone grise. Enlevez-en deux, vous êtes redressable.
4. Le bail consenti à un associé
C'est la convention la plus fréquente, et de loin la plus contrôlée. Une SCI détient un appartement ; un associé, son enfant ou sa société l'occupe et paie un loyer. Rien d'illicite là-dedans — la fiscalité de fond est traitée dans notre guide dédié louer un bien de la SCI à un associé. Ce qui nous occupe ici, c'est ce qu'il faut écrire et faire voter.
Les quatre pièces du dossier
- Un bail écrit et conforme. Bail d'habitation soumis à la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 si le locataire en fait sa résidence principale, avec toutes ses annexes obligatoires : état des lieux, diagnostic de performance énergétique, dossier de diagnostic technique, notice d'information. Un bail « maison » de deux pages est un signal de complaisance. Voyez notre modèle commenté de bail d'habitation en SCI.
- Une autorisation préalable des associés. Décision collective visant expressément l'identité du preneur, sa qualité d'associé, l'adresse du bien, la durée, le loyer et les charges. L'associé intéressé s'abstient volontairement de voter, son abstention étant mentionnée au procès-verbal : aucun texte ne l'impose en SCI, et les statuts ne pourraient d'ailleurs pas le lui interdire (art. 1844 C. civ.), mais c'est ce qui rendra la décision inattaquable.
- Un dossier de valeur locative. Trois à cinq annonces comparables datées (même commune, surface et état voisins), ou un avis de valeur locative d'une agence. Coût : zéro à 150 €. C'est la pièce qui fait basculer un contrôle.
- Des flux bancaires cohérents. Le loyer est versé tous les mois, par virement, depuis le compte du locataire vers le compte de la SCI. Un loyer réglé une fois par an, ou compensé avec le compte courant, détruit la crédibilité du bail.
Exemple chiffré : le loyer sous-évalué en SCI à l'IS
Situation
La SCI Bellevue, à l'IS, loue une maison à Marc, associé à 40 % et gérant, pour 600 € par mois. La valeur locative de marché, documentée par le vérificateur à partir de trois baux voisins, est de 1 100 €. Aucun bail écrit, aucune décision d'assemblée.
Redressement
Manque à gagner : (1 100 − 600) × 12 = 6 000 € par an, soit 18 000 € sur les trois exercices vérifiés — 2025, 2026 et 2027 (délai de reprise de droit commun, art. L169 du LPF).
- Chez la SCI : réintégration de 18 000 € au résultat. Au taux réduit d'IS de 15 % applicable sous conditions (art. 219-I-b du CGI) : 2 700 € d'impôt, soit 900 € par exercice. Majoration de 40 % pour manquement délibéré (art. 1729 a du CGI) : 1 080 €. Intérêt de retard de 0,20 % par mois (art. 1727 du CGI), décompté pour chaque exercice de la date du solde d'IS au dernier jour du mois de la proposition de rectification : de l'ordre de 150 à 200 € selon la date de celle-ci.
- Chez Marc : 18 000 € de revenus distribués au titre de l'article 111 c du CGI (avantage occulte). Prélèvements sociaux à 18,6 % sur les revenus perçus à compter de 2026 et à 17,2 % sur la fraction rattachée à 2025 : 6 000 € × 17,2 % + 12 000 € × 18,6 % = 3 264 €. Impôt sur le revenu : sous le prélèvement forfaitaire unique à 12,8 %, 2 304 € ; s'il opte pour le barème avec une TMI de 30 %, la base est majorée de 25 % (art. 158-7-2° du CGI), soit 22 500 € × 30 % = 6 750 €.
Total
Entre 9 500 € et 14 000 € selon l'option d'imposition, pour un « avantage » de 18 000 € — auxquels s'ajoute la remise en cause de la crédibilité générale de la SCI pour la suite du contrôle.
Le même dossier, avec un bail écrit à 1 050 € (loyer légèrement inférieur au marché mais justifié par l'absence de frais d'agence et de vacance locative), une décision d'assemblée et trois annonces comparables, ne donne lieu à aucun redressement.
Le cas du bail commercial à la société d'un associé
Le schéma « SCI propriétaire des murs, société d'exploitation locataire » multiplie le risque par deux : un loyer excessif est un acte anormal de gestion chez la société locataire (charge non déductible), un loyer insuffisant en est un chez la SCI (recette omise). Les deux structures étant contrôlées par les mêmes personnes, l'administration examine systématiquement la cohérence. Trois précautions : un bail commercial en bonne et due forme (art. L145-1 et suivants du Code de commerce), une valeur locative établie par un professionnel, et une décision d'assemblée dans chacune des deux structures. Nos guides bail commercial en SCI, détenir les murs de son entreprise en SCI et fixer le loyer entre sa SCI et sa société détaillent le calibrage du loyer.
Formalisez vos conventions dans sci-ai.app
Baux, comptes courants, décisions d'assemblée et procès-verbaux : tout est centralisé, daté et rattaché à l'exercice comptable correspondant. Le jour du contrôle, le dossier est déjà constitué.
5. La mise à disposition gratuite d'un bien à un associé
« Ma SCI détient la maison, mes parents y habitent gratuitement, il n'y a pas de loyer donc pas de fiscalité. » Je l'entends plusieurs fois par mois. La première moitié de la phrase est exacte ; la seconde est fausse. Pas de loyer ne veut pas dire pas de conséquences : la mise à disposition gratuite est une convention à part entière, qui se décide et s'écrit comme les autres.
En SCI à l'IR : l'article 15-II du CGI
L'article 15-II du CGI prévoit que les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. La contrepartie est mécanique et sévère : aucune charge afférente à ce logement n'est déductible. Taxe foncière, intérêts d'emprunt, primes d'assurance, travaux d'entretien, frais de gestion : tout est perdu. Lorsque le logement est mis gratuitement à la disposition d'un associé, la doctrine administrative et la jurisprudence assimilent la situation à une jouissance réservée par l'associé lui-même.
Exemple chiffré
La SCI Lafayette, à l'IR, détient deux biens. Le bien A est loué 12 000 €/an ; le bien B est occupé gratuitement par un associé. Charges annuelles du bien B : taxe foncière 1 800 €, intérêts d'emprunt 5 400 €, assurance PNO 600 €, entretien 1 200 € — soit 9 000 €.
Le gérant a déduit ces 9 000 € au titre des revenus fonciers de la SCI pendant trois ans. L'administration les rejette : 27 000 € de charges réintégrées, réparties entre les associés au prorata de leurs parts.
Pour un associé détenant 50 % avec une TMI de 30 % : 13 500 € × (30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux) = 6 372 € de rappel, avant majorations et intérêts de retard.
Notez que la mise à disposition gratuite reste un choix patrimonial parfaitement légitime — loger un enfant ou un parent via sa SCI ou détenir la résidence principale en SCI répond souvent à un objectif familial et non fiscal. Le tort n'est pas de le faire : c'est de déduire les charges comme si le bien était loué.
En SCI à l'IS : l'acte anormal de gestion
Le raisonnement change de nature. Une société soumise à l'IS est présumée agir dans son intérêt commercial. Renoncer sans contrepartie à percevoir un loyer sur un actif inscrit à son bilan est une renonciation à recettes, qualifiée d'acte anormal de gestion par une jurisprudence constante du Conseil d'État. Conséquences :
- le loyer normal est réintégré au résultat imposable de la SCI, alors même qu'aucune somme n'a été encaissée ;
- les charges du bien restent déductibles (le bien est à l'actif), mais le supplément d'IS est immédiat ;
- l'avantage est imposé chez l'associé occupant comme revenu distribué (art. 111 c du CGI), avec la majoration de 25 % en cas d'option pour le barème.
La convention de mise à disposition : ce qu'elle doit contenir
Même gratuite, l'occupation doit reposer sur un écrit — un prêt à usage (commodat) au sens des articles 1875 et suivants du Code civil, ou une convention d'occupation précaire. À faire figurer :
- identité de l'occupant et sa qualité (associé, conjoint, descendant) ;
- désignation précise du bien et durée de la mise à disposition ;
- gratuité expresse et absence de contrepartie occulte ;
- répartition des charges : qui paie l'eau, l'électricité, l'assurance habitation, l'entretien courant ;
- conditions et préavis de restitution ;
- référence à la décision collective qui l'autorise.
Attention à la contrepartie déguisée. Un occupant « gratuit » qui règle en réalité la taxe foncière, les gros travaux ou les échéances d'emprunt de la SCI n'occupe pas gratuitement : il paie un loyer en nature. L'administration reconstitue alors un revenu foncier imposable, et vous perdez le bénéfice de l'article 15-II sans avoir jamais déclaré de loyer. Si des sommes circulent, écrivez un bail.
6. Le compte courant d'associé et sa rémunération
Le compte courant d'associé est la convention la plus répandue en SCI. C'est aussi, de très loin, la moins souvent écrite : sur dix dossiers, neuf comptes courants n'ont jamais fait l'objet du moindre document. Le mécanisme et son traitement comptable sont détaillés dans notre guide compte courant d'associé en SCI. Ici, le sujet est le contrat qui le sous-tend.
Pourquoi une convention écrite change tout
Un compte courant, juridiquement, est un prêt consenti par l'associé à la société. Sans écrit, trois contentieux surgissent régulièrement :
- Le remboursement. Le principe est que le compte courant est remboursable à tout moment, à première demande. Un associé peut donc, en pleine acquisition, exiger 80 000 € et mettre la SCI en cessation des paiements. Une convention prévoyant un préavis (6 ou 12 mois) ou un blocage temporaire est la seule protection — et c'est souvent la banque qui l'exige au moment du prêt.
- La qualification. Sans convention, un versement peut être requalifié en apport en capital (donc non remboursable), ou pire, en donation indirecte lorsqu'il émane d'un parent au profit d'une SCI détenue par ses enfants. Les droits de mutation à titre gratuit deviennent alors exigibles.
- La preuve. En cas de mésentente entre associés ou de décès, l'héritier qui réclame le remboursement d'un compte courant non documenté se heurte à une contestation quasi systématique.
Le contenu type d'une convention de compte courant
| Clause | Ce qu'elle doit préciser |
|---|---|
| Objet | Avances de trésorerie consenties par l'associé à la société, en sus de sa participation au capital |
| Plafond | Montant maximal des avances (ex. 150 000 €), révisable par décision collective |
| Rémunération | Compte rémunéré ou non ; si rémunéré, taux, base de calcul, date d'arrêté des intérêts |
| Remboursement | Préavis (ex. 6 mois), conditions de trésorerie, ordre de priorité entre associés |
| Blocage | Engagement de blocage éventuel exigé par l'établissement prêteur, durée et conditions de levée |
| Interdiction de découvert | Clause interdisant expressément que le compte devienne débiteur |
| Autorisation | Renvoi à la décision collective ayant autorisé la convention et sa date |
Les intérêts : deux conditions cumulatives
Rémunérer un compte courant est possible et parfois pertinent (l'associé perçoit un revenu, la SCI à l'IS déduit une charge). Deux conditions posées par l'article 39-1-3° du CGI doivent être réunies :
- Le capital social doit être intégralement libéré. Une SCI constituée avec 1 000 € de capital dont seuls 200 € ont été versés ne peut déduire aucun intérêt de compte courant. C'est un motif de rejet fréquent et facile à vérifier pour le vérificateur.
- Le taux ne doit pas excéder le plafond légal : la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises d'une durée initiale supérieure à deux ans. Pour un exercice de douze mois clos le 31 décembre 2025, ce plafond ressort à 4,55 %. Le taux est publié trimestriellement et évolue : vérifiez-le à chaque clôture au BOFiP (BOI-BIC-CHG-50-50-30).
Exemple chiffré — le taux trop généreux
La SCI Vauban, à l'IS, clôture au 31 décembre 2025. Un associé a laissé 150 000 € en compte courant, rémunérés à 7 % par une convention écrite : 10 500 € d'intérêts comptabilisés.
- Plafond déductible : 150 000 × 4,55 % = 6 825 €.
- Fraction non déductible : 10 500 − 6 825 = 3 675 €, réintégrée au résultat. À 15 % d'IS : 551 € d'impôt supplémentaire.
- Chez l'associé : les 10 500 € restent imposables comme revenus de capitaux mobiliers au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), soit 3 297 € — et la fraction excédentaire de 3 675 € est en outre susceptible d'être traitée comme un revenu distribué.
Moralité : au-delà du plafond, l'excédent est taxé deux fois. Fixez le taux par référence au plafond légal (« taux plafond de l'article 39-1-3° du CGI ») plutôt qu'en valeur absolue dans la convention : elle reste ainsi automatiquement conforme d'une année sur l'autre.
Le compte courant débiteur : la faute à ne jamais commettre
Un compte courant débiteur signifie que l'associé a prélevé plus qu'il n'a versé : c'est la SCI qui lui prête de l'argent. L'article 111 a du CGI répute alors distribuées « les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes », sauf preuve contraire apportée par le contribuable. Le solde débiteur est donc imposé comme une distribution, avec les prélèvements sociaux à 18,6 % et l'impôt sur le revenu correspondant.
En SCI à l'IR, où l'article 111 a ne trouve pas à s'appliquer directement, la conséquence est différente mais tout aussi sérieuse : le compte courant débiteur est l'un des indices les plus lourds de confusion de patrimoines et alimente directement l'argumentation de la SCI fictive. Dans les deux cas, la règle est simple : le compte courant d'un associé ne doit jamais être débiteur. Si un prélèvement doit intervenir, il faut soit un remboursement de compte courant créditeur, soit une distribution formalisée, soit un prêt écrit avec intérêts et échéancier.
7. La rémunération du gérant associé
La rémunération du gérant est une convention entre la société et son dirigeant : conflit d'intérêts par construction. C'est aussi le seul cas où l'informalisme saute aux yeux dès l'ouverture du grand livre — une ligne de charge, et rien derrière.
D'où vient le droit à rémunération ?
Les fonctions de gérant de SCI sont gratuites par principe si rien n'est prévu. La rémunération doit donc résulter :
- soit d'une clause statutaire fixant son principe et son mode de détermination (la modification du montant supposera alors éventuellement une modification statutaire — d'où l'intérêt de renvoyer à une décision collective) ;
- soit, plus souplement, d'une décision collective des associés, renouvelée chaque année lors de l'assemblée d'approbation des comptes.
Un gérant qui se verse une rémunération sans décision s'expose à une action en restitution des associés et à un redressement. La règle de vote elle-même est un point technique : la jurisprudence considère généralement que le gérant associé peut prendre part au vote sur sa propre rémunération en l'absence de clause contraire, mais l'abstention volontaire reste la pratique la plus sûre — et la plus lisible en cas de litige.
Le régime fiscal, radicalement différent selon le régime de la SCI
| Situation | Déductible pour la SCI ? | Imposition chez le gérant |
|---|---|---|
| SCI à l'IR — gérant associé | Non | Catégorie de l'activité sociale, soit les revenus fonciers |
| SCI à l'IR — gérant non associé | Oui | Frais de gestion versés à un tiers (art. 31-I-1°-e du CGI) ; imposé chez lui selon sa situation |
| SCI à l'IS — gérant associé | Oui, si travail effectif et montant non excessif | Régime de l'article 62 du CGI |
| SCI à l'IS — gérant non associé | Oui | Traitements et salaires |
Le premier cas est un piège pur : en SCI à l'IR, le gérant associé qui se rémunère ne déduit rien et s'impose sur ce qu'il perçoit. L'opération est fiscalement neutre au mieux, coûteuse au pire. Notre guide rémunération du gérant de SCI détaille les arbitrages et le volet social ; l'arbitrage de régime lui-même est traité dans SCI à l'IS ou à l'IR.
Le seuil du « raisonnable »
En SCI à l'IS, la rémunération n'est déductible que si elle correspond à un travail effectif et n'est pas excessive au regard du service rendu (art. 39-1-1° du CGI). La fraction excessive est réintégrée au résultat et imposée chez le bénéficiaire comme revenu distribué au titre de l'article 111 d du CGI : double imposition, là encore.
Exemple chiffré — la rémunération excessive
La SCI Montparnasse, à l'IS, détient deux appartements générant 30 000 € de loyers annuels. Le gérant associé se verse 24 000 € de rémunération pour « la gestion locative et administrative ».
Référence de marché : un administrateur de biens facture une gestion locative de l'ordre de 6 à 8 % des loyers encaissés, soit 1 800 à 2 400 € par an pour ce portefeuille. Même en valorisant généreusement le suivi comptable et les assemblées, une rémunération défendable se situerait autour de 4 000 à 6 000 €.
Redressement probable : réintégration d'environ 18 000 €, soit 2 700 € d'IS supplémentaire au taux de 15 %, majoration de 40 %, et imposition de 18 000 € comme revenus distribués chez le gérant (prélèvements sociaux à 18,6 % = 3 348 €, plus l'impôt sur le revenu).
La parade documentaire : une décision collective annuelle motivée, décrivant les missions du gérant (encaissement des loyers, relances, suivi des travaux, tenue de la comptabilité, préparation de l'assemblée), et une comparaison écrite avec le coût d'externalisation de ces mêmes missions.
8. Prestations, ventes, cautions : les autres conventions
La prestation facturée par un associé à la SCI
Un associé artisan qui refait la toiture de l'immeuble, un associé architecte qui conçoit une extension, un associé consultant qui « suit le chantier » : ces conventions sont licites, à trois conditions.
- Une réalité vérifiable. Un contrat écrit, une facture régulière (mentions de l'article L441-9 du Code de commerce), et des preuves d'exécution : devis, photos, comptes rendus, correspondances.
- Un prix de marché. Conservez un ou deux devis concurrents. Une facture d'associé nettement supérieure au marché est un avantage occulte ; nettement inférieure, elle peut être analysée comme un apport en industrie déguisé ou une libéralité.
- Un cadre professionnel. L'associé doit facturer en tant que professionnel immatriculé, avec la TVA le cas échéant. Une « facture » émise par un particulier non immatriculé pour une prestation habituelle relève du travail dissimulé.
Enfin, un point d'attention comptable : ces prestations doivent être correctement qualifiées. Des travaux d'amélioration facturés par un associé ne se déduisent pas comme des charges d'entretien — la frontière est traitée dans notre guide sur les charges déductibles en SCI.
La vente d'un bien entre la SCI et un associé
C'est la convention la plus lourde de conséquences, et celle qui exige le formalisme le plus strict. Deux directions :
- L'associé apporte ou vend un bien à la SCI. Un prix surévalué appauvrit la société au profit de l'associé ; il sera analysé comme une distribution en SCI à l'IS et fragilise l'ensemble du montage. L'opération relève de l'acte notarié et d'une décision collective. Voyez notre guide sur l'apport d'un immeuble à une SCI.
- La SCI vend un bien à un associé. Un prix minoré est doublement sanctionné : redressement de la plus-value côté SCI (insuffisance de prix), et avantage occulte côté acquéreur. Sans compter le rappel de droits d'enregistrement sur la valeur vénale réelle. Une expertise de valeur indépendante n'est pas un luxe : c'est le prix de la sécurité. Les mécanismes de plus-value sont détaillés dans notre guide plus-value en SCI à l'IS.
Les conventions de trésorerie entre sociétés liées
Faire remonter ou descendre de la trésorerie entre une SCI et une société d'exploitation détenue par les mêmes personnes soulève une question préalable : le monopole bancaire. L'article L511-7-I-3° du Code monétaire et financier n'autorise les opérations de trésorerie qu'entre sociétés ayant, directement ou indirectement, des liens de capital conférant à l'une un pouvoir de contrôle effectif sur l'autre. Une détention simplement parallèle par la même personne physique ne suffit pas toujours. Notre guide convention de trésorerie entre une SASU et une SCI détaille les conditions et les rédactions acceptables.
La caution donnée par la SCI
Une SCI qui se porte caution des dettes personnelles d'un associé ou de sa société d'exploitation prend un risque majeur. Le cautionnement n'est valable que s'il entre dans l'objet social (art. 1849 C. civ.) et s'il n'est pas contraire à l'intérêt social — la jurisprudence annule régulièrement des cautionnements donnés par des sociétés civiles pour des dettes étrangères à leur activité, même lorsqu'une clause statutaire large semblait les autoriser. Décision unanime des associés, clause d'objet social explicite, et intérêt propre de la SCI démontré : les trois sont nécessaires.
Un réflexe qui vaut pour toutes ces conventions. Posez-vous la question du tiers : « aurais-je conclu ce contrat, à ces conditions, avec quelqu'un qui n'est pas de ma famille et ne détient aucune part de la société ? ». Si la réponse est non, la convention est anormale — et il faut soit la corriger, soit l'assumer et en documenter la justification. Besoin d'un avis sur une situation précise ? Réservez un rendez-vous.
9. Comment formaliser : convention, PV, approbation, registre
Voici la procédure que je recommande d'appliquer sans exception. Aucun texte ne l'impose : c'est exactement pour cette raison qu'elle vous distingue le jour d'un contrôle. Comptez une heure la première fois, vingt minutes ensuite.
| Étape | Ce qu'il faut faire | Preuve produite |
|---|---|---|
| 1. Vérifier les statuts | Identifier si la convention excède les pouvoirs du gérant et quelle majorité s'applique | Extrait des statuts visé dans le PV |
| 2. Documenter les conditions de marché | Annonces comparables, avis de valeur, devis concurrents, taux plafond en vigueur | Dossier annexé au PV |
| 3. Convoquer et autoriser | Assemblée (ou acte unanime écrit, art. 1854 C. civ.) autorisant la convention avant sa signature | Convocation + PV de décision collective |
| 4. Signer la convention | Contrat écrit, daté, en autant d'originaux que de parties ; signataire non intéressé côté SCI si possible | Convention signée |
| 5. Consigner au registre | Report du PV au registre spécial tenu au siège social, coté et paraphé, dans l'ordre chronologique (art. 44 et 45 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 ; tenue électronique admise avec signature électronique avancée et horodatage) | Registre des décisions |
| 6. Comptabiliser fidèlement | Comptes dédiés (455 comptes courants, 706/752 loyers, 641/644 rémunérations) et flux bancaires réels | Grand livre, relevés bancaires |
| 7. Informer chaque année | Mentionner les conventions en cours dans le rapport de gestion présenté à l'assemblée d'approbation | Rapport de gestion + PV d'AG |
| 8. Conserver | Archivage de l'ensemble pendant toute la vie de la SCI (les PV et statuts) ; six ans au minimum pour les pièces comptables (art. L102 B du LPF), dix ans par prudence | Dossier permanent |
Le procès-verbal : la rédaction qui protège
Un PV utile ne se contente pas d'énoncer « l'assemblée autorise le bail ». Il doit permettre à un tiers de comprendre, dix ans plus tard, pourquoi la décision était dans l'intérêt de la société. Les six éléments à ne pas omettre :
- date, lieu, identité des associés présents et représentés, nombre de parts détenues ;
- exposé du conflit d'intérêts : « M. X, gérant et associé à 40 %, est également le preneur pressenti » ;
- description complète de la convention : parties, objet, durée, prix, conditions particulières ;
- motivation économique : pourquoi la SCI y a intérêt (occupation immédiate, absence de vacance locative, absence de frais d'agence, garanties de paiement) ;
- éléments de comparaison : références de valeur locative ou de prix retenues, annexées au PV ;
- résultat du vote, en précisant l'abstention de l'associé intéressé.
Ce PV rejoint ensuite le registre des décisions, dont la tenue est détaillée dans nos guides assemblée générale de SCI et registres comptables obligatoires en SCI.
Faut-il un rapport spécial ?
Non, aucun texte ne l'impose à une SCI de droit commun. Mais rien n'interdit — et je le recommande dès qu'il existe plus de deux associés ou un associé non gérant — d'insérer dans le rapport de gestion annuel un paragraphe « Conventions conclues avec les associés et le gérant » listant, pour chaque convention en cours : sa nature, les parties, sa date, les montants de l'exercice, et la référence de la décision qui l'a autorisée. Trois lignes par convention. C'est ce qui transforme, aux yeux d'un juge ou d'un vérificateur, une pratique en gouvernance.
La date certaine : un réflexe sous-estimé
Un acte sous signature privée ne prouve pas sa propre date à l'égard des tiers. L'article 1377 du Code civil est limitatif : il n'acquiert date certaine que du jour de son enregistrement, du jour de la mort d'un signataire, ou du jour où sa substance est constatée dans un acte authentique. En pratique, un seul de ces trois cas est actionnable : l'enregistrement volontaire auprès du service des impôts (formalité facultative pour un bail d'habitation ou une convention de compte courant ; l'acte présenté volontairement supporte alors le droit fixe des actes innommés de 125 € prévu à l'article 680 du CGI).
Les deux autres réflexes souvent cités n'ont pas la même portée. L'horodatage électronique qualifié bénéficie d'une présomption d'exactitude de la date qu'il indique (règlement (UE) n° 910/2014 dit eIDAS, art. 41) : c'est une preuve solide, mais elle ne relève pas des trois cas de l'article 1377. Quant à l'envoi à soi-même d'un pli recommandé non ouvert, ce n'est qu'un simple indice, sans valeur de date certaine et de faible poids face à l'administration. Pour les conventions les plus sensibles — celles conclues entre la SCI et son gérant — l'enregistrement reste la seule voie réellement robuste.
Un doute sur une convention en cours ?
Bail à un associé jamais écrit, compte courant sans convention, rémunération versée sans décision : ces situations se régularisent, mais mieux vaut le faire avant le contrôle qu'après. Nos experts-comptables partenaires auditent votre dossier.
10. Le risque fiscal d'une convention non formalisée
Voilà le vrai sujet. En droit civil, une convention informelle survit tant que personne ne la conteste — et souvent personne ne la conteste jamais. En droit fiscal, elle est passée au crible à chaque contrôle, sur trois exercices au minimum, par quelqu'un dont c'est précisément le métier.
Les quatre qualifications de l'administration
| Qualification | Fondement | Effet |
|---|---|---|
| Acte anormal de gestion | Jurisprudence du Conseil d'État (sociétés à l'IS) | Réintégration au résultat du manque à gagner ou de la charge injustifiée |
| Revenus distribués | Art. 109 à 111 du CGI | Imposition de l'avantage chez l'associé bénéficiaire, en RCM |
| Charges non déductibles | Art. 15-II, art. 31 et art. 39-1 du CGI | Rejet de la déduction, augmentation du revenu foncier ou du résultat |
| Fictivité / abus de droit | Art. L64 et L64 A du LPF | Inopposabilité du montage ; majoration de 80 % de l'art. 1729 b du CGI en cas d'abus de droit de l'art. L64 — pour le « mini-abus de droit » de l'art. L64 A, ce sont les majorations de droit commun (40 % ou 80 %) qui s'appliquent |
Le barème des majorations
Les majorations s'ajoutent aux droits rappelés et aux intérêts de retard de 0,20 % par mois (2,4 % par an, art. 1727 du CGI) :
- 10 % — défaut ou retard de déclaration en l'absence de mise en demeure, ou dépôt de la déclaration dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure (art. 1728-1-a du CGI) ;
- 40 % — manquement délibéré (art. 1729 a du CGI), ou défaut de dépôt de la déclaration dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure (art. 1728-1-b du CGI) ;
- 80 % — manœuvres frauduleuses ou dissimulation de prix (art. 1729 c du CGI), abus de droit lorsque le contribuable en est l'initiateur principal ou le principal bénéficiaire (art. 1729 b du CGI, majoration ramenée à 40 % dans le cas contraire), et découverte d'une activité occulte (art. 1728-1-c du CGI).
Le délai de reprise est de N+3 en matière d'impôt sur le revenu et d'impôt sur les sociétés (art. L169 du LPF). Il est porté à N+10 lorsque le contribuable exerce une activité occulte (art. L169, alinéa 2 du LPF), et le délai de droit commun de l'article L186 du LPF — six ans — s'applique aux impositions qui ne sont soumises à aucun délai spécial, notamment les droits d'enregistrement en l'absence de déclaration. S'y ajoutent deux années supplémentaires lorsque l'administration, ayant découvert des agissements frauduleux, a déposé plainte (art. L187 du LPF) ; et lorsque cette plainte a abouti à l'ouverture d'une enquête judiciaire pour fraude fiscale, les omissions peuvent être réparées jusqu'à la fin de l'année qui suit la décision mettant fin à la procédure et, au plus tard, jusqu'à la fin de la dixième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due (art. L188 B du LPF). Autrement dit, une convention informelle conclue il y a six ans reste attaquable si les déclarations correspondantes n'ont jamais été déposées. Notre guide contrôle fiscal d'une SCI détaille le déroulement de la procédure.
Le seuil critique : quand l'informalisme devient fictivité
L'administration ne remet pas en cause une SCI parce qu'un bail n'a pas été écrit. Elle le fait lorsque plusieurs indices convergent :
- aucune assemblée générale depuis la création, aucun procès-verbal ;
- aucune comptabilité, ou une comptabilité reconstituée après coup ;
- les biens sont occupés gratuitement par les associés ;
- les comptes courants sont débiteurs, les dépenses personnelles passent par le compte de la SCI ;
- aucune convention écrite, aucun bail, aucune décision de rémunération ;
- les loyers, quand ils existent, ne suivent aucune périodicité.
Ce faisceau permet de soutenir que la société n'a pas de vie sociale réelle et n'a été constituée qu'à des fins fiscales. Les conséquences dépassent de très loin un rappel de loyer : remise en cause de l'ensemble des économies d'impôt, requalification des transmissions de parts, majoration de 80 %. C'est précisément ce que documentent nos guides SCI fictive et abus de droit en SCI.
Régulariser avant le contrôle. Une convention absente peut être écrite aujourd'hui, avec effet pour l'avenir, et accompagnée d'une décision collective de ratification pour le passé. Si des déclarations doivent être rectifiées, l'article L62 du LPF permet une régularisation spontanée en cours de contrôle avec un intérêt de retard réduit, et l'article L247 du LPF ouvre la voie à une remise gracieuse des pénalités. Dans tous les cas, une régularisation à l'initiative du contribuable est traitée bien plus favorablement qu'une découverte par le vérificateur.
11. La responsabilité du gérant et des associés
Le gérant : article 1850 du Code civil
L'article 1850 du Code civil pose que « chaque gérant est responsable individuellement envers la société et envers les tiers, soit des infractions aux lois et règlements, soit de la violation des statuts, soit des fautes commises dans sa gestion ». Si plusieurs gérants ont participé aux mêmes faits, leur responsabilité est solidaire à l'égard des tiers et des associés ; dans leurs rapports entre eux, le tribunal détermine la part contributive de chacun à la réparation du dommage.
Une convention conclue au détriment de la société coche les trois cases : elle peut violer les statuts (absence d'autorisation requise), constituer une faute de gestion (conditions défavorables), et générer un préjudice chiffrable (loyer non perçu, charge indue). L'action peut être exercée par la société elle-même, ou par un associé agissant ut singuli pour le compte de la société.
Le quitus ne suffit pas
Beaucoup de gérants croient être protégés par le quitus voté chaque année en assemblée. C'est une protection très partielle : le quitus n'approuve la gestion que sur la base des informations effectivement communiquées. Une convention non révélée aux associés n'est pas couverte — et le vote d'approbation des comptes ne vaut pas ratification d'un acte dissimulé. C'est un argument de plus en faveur de la transparence : une convention déclarée et approuvée en connaissance de cause devient très difficile à attaquer par la suite.
Le levier des associés : l'article 1855 du Code civil
Un associé minoritaire dispose d'une arme redoutable : le droit d'obtenir, au moins une fois par an, communication des livres et documents sociaux, et de poser par écrit des questions sur la gestion sociale, auxquelles il doit être répondu par écrit dans le délai d'un mois. C'est par ce canal que remontent la plupart des contentieux : l'associé demande les baux, découvre que son co-associé occupe un bien à 60 % de sa valeur locative, et l'affaire commence. Prévoir les conventions à l'avance neutralise ce risque à la racine — voyez aussi l'intérêt d'un pacte d'associés en SCI.
Ce que la SCI ne risque pas : l'abus de biens sociaux
Point souvent mal compris. Le délit d'abus de biens sociaux est réservé par le Code de commerce à des formes sociales limitativement énumérées — SARL (art. L241-3) et sociétés par actions (art. L242-6) notamment. Il ne s'applique pas aux sociétés civiles. Cela ne signifie pas l'impunité : le détournement de fonds sociaux par un gérant de SCI est poursuivi sous la qualification d'abus de confiance (art. 314-1 du Code pénal, puni de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende), à laquelle peuvent s'ajouter le faux et l'usage de faux ou la fraude fiscale.
Et les associés ?
Une convention défavorable appauvrit la société, donc indirectement le patrimoine de tous les associés. Et la règle propre à la SCI mérite d'être rappelée ici : les associés répondent des dettes sociales indéfiniment et à proportion de leurs parts, mais non solidairement (art. 1857 du Code civil), et seulement après que le créancier a vainement poursuivi la société (art. 1858 du Code civil). Un redressement fiscal qui excède la trésorerie de la SCI peut donc, au terme de cette procédure, être réclamé à chaque associé pour sa quote-part.
12. Checklist et erreurs fréquentes
Checklist de conformité — à passer une fois par an
| Point de contrôle | Document attendu |
|---|---|
| Chaque occupant d'un bien de la SCI a-t-il un titre écrit ? | Bail ou convention de mise à disposition |
| Chaque loyer est-il cohérent avec le marché local ? | Comparables datés de moins de 2 ans |
| Les loyers sont-ils encaissés mensuellement sur le compte de la SCI ? | Relevés bancaires |
| Chaque compte courant fait-il l'objet d'une convention ? | Convention de compte courant signée |
| Aucun compte courant n'est-il débiteur à la clôture ? | Balance des comptes 455 |
| Le taux des intérêts respecte-t-il le plafond de l'exercice ? | Calcul annexé + référence BOFiP |
| Le capital est-il intégralement libéré ? | Statuts + attestation de dépôt |
| La rémunération du gérant est-elle décidée par écrit ? | Clause statutaire ou PV annuel |
| Les prestations facturées par des associés sont-elles justifiées ? | Contrat, factures, preuves d'exécution |
| La reddition de compte annuelle du gérant a-t-elle eu lieu (art. 1856 C. civ.), dans le délai prévu par les statuts — souvent six mois après la clôture ? | PV d'approbation des comptes |
| Toutes les conventions en cours figurent-elles au rapport de gestion ? | Rapport de gestion annuel |
Erreur 1 — Croire qu'il existe un régime de conventions réglementées en SCI
Le réflexe « on verra ça au rapport spécial » n'a pas d'objet : il n'y a pas de rapport spécial. Attendre l'assemblée annuelle pour « faire approuver » une convention conclue neuf mois plus tôt ne répare rien. L'autorisation doit être préalable, sur le fondement des statuts et de l'article 1852 du Code civil.
Erreur 2 — Le bail verbal entre proches
« C'est mon frère, on s'entend bien, on n'a pas fait de bail. » Le bail verbal est licite en droit civil mais indéfendable en pratique : ni durée, ni montant, ni date d'entrée dans les lieux, ni preuve du caractère normal du loyer. Le premier désaccord familial ou le premier contrôle transforme cette confiance en contentieux.
Erreur 3 — Compenser le loyer avec le compte courant
L'associé locataire « ne paie pas » son loyer, on le passe en diminution de son compte courant créditeur. La compensation est juridiquement possible, mais elle détruit toute traçabilité bancaire, alimente l'argument de la confusion des patrimoines et, si le compte courant devient débiteur, déclenche l'application de l'article 111 a du CGI. Faites circuler l'argent : virement du loyer, puis virement de remboursement de compte courant si nécessaire.
Erreur 4 — Fixer un taux d'intérêt « une fois pour toutes »
Une convention de compte courant signée en 2019 à 3 % était conforme à l'époque, ne l'était plus certaines années, et le plafond continue d'évoluer. Rédigez la clause par renvoi : « au taux maximal déductible visé à l'article 39-1-3° du CGI applicable à l'exercice considéré ». La convention devient auto-actualisante.
Erreur 5 — Confondre approbation des comptes et autorisation de convention
Approuver les comptes annuels ne vaut pas autorisation des conventions qui s'y reflètent. Ce sont deux résolutions distinctes, avec deux objets distincts. Un PV qui se contente d'approuver les comptes ne prouve rien sur la régularité d'un bail ou d'une rémunération. Intégrez la revue des conventions à votre checklist de clôture annuelle, au même titre que l'arrêté des comptes.
Erreur 6 — Rédiger les conventions après le contrôle
Antidater une convention est une falsification, qui expose à la majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses et à des poursuites pénales. Si une convention manque, écrivez-la aujourd'hui, à la date d'aujourd'hui, avec une clause décrivant honnêtement la situation antérieure et une décision collective de ratification. C'est infiniment plus solide qu'un faux.
Erreur 7 — Oublier que la SCI doit avoir un intérêt propre
Le fil conducteur de tout ce guide : une SCI n'est pas un patrimoine personnel avec un numéro SIREN. Chaque convention doit servir un intérêt de la société, distinct de celui de ses associés. Quand ce n'est plus le cas, tout le reste — fiscalité, transmission, protection — devient fragile. Nos guides avantages et inconvénients de la SCI et SCI familiale reviennent sur cet équilibre.
13. FAQ — Conventions et formalisme en SCI
Ma SCI doit-elle établir un rapport sur les conventions réglementées ?
Non. Aucun texte du Code civil applicable aux sociétés civiles n'impose ce rapport, contrairement à l'article L223-19 du Code de commerce pour la SARL ou à l'article L227-10 pour la SAS. L'article L612-5 du Code de commerce vise les personnes morales de droit privé non commerçantes « ayant une activité économique » — sans aucun seuil de taille, les seuils de l'article R612-1 (50 salariés, 3 100 000 € de ressources, 1 550 000 € de bilan) ne conditionnant que l'article L612-1, relatif aux comptes annuels et au commissaire aux comptes. La notion d'activité économique n'est pas définie par la loi et n'a pas été tranchée pour les sociétés civiles patrimoniales ; la CNCC y range en revanche les SCCV, SCI de construction-vente et SCI d'attribution. Pour une SCI de gestion locative, le formalisme reste volontaire — et c'est justement pour cela qu'il faut l'organiser soi-même dans les statuts.
Quelle majorité pour autoriser une convention avec un associé ?
Celle que prévoient vos statuts. À défaut de clause, l'article 1852 du Code civil impose l'unanimité pour les décisions excédant les pouvoirs du gérant — et la Cour de cassation a jugé cette règle impérative (Cass. 3e civ., 5 janvier 2022, n° 20-17.428), sa violation étant sanctionnée par la nullité au visa de l'article 1844-10. L'unanimité s'entend de tous les associés, pas seulement de ceux présents ou représentés. D'où l'intérêt de prévoir statutairement une majorité qualifiée réaliste (trois quarts des parts, par exemple).
Un bail conclu sans l'autorisation prévue par les statuts est-il nul ?
Pas à l'égard du locataire. L'article 1849 du Code civil rend les clauses statutaires limitant les pouvoirs du gérant inopposables aux tiers : le bail produit ses effets dès lors qu'il entre dans l'objet social. En revanche, le gérant engage sa responsabilité personnelle envers la société et les associés (art. 1850). Le raisonnement est différent lorsque le preneur est lui-même le gérant ou un associé : il connaît les statuts, ne peut se prévaloir de sa bonne foi de tiers, et l'acte devient beaucoup plus fragile.
Peut-on régulariser des conventions anciennes jamais écrites ?
Oui, et il faut le faire — mais sans antidater. La méthode : rédiger aujourd'hui une convention à la date du jour, décrivant loyalement la situation existante depuis telle date ; réunir une assemblée qui autorise la convention pour l'avenir et ratifie expressément la période écoulée ; corriger le cas échéant les conditions financières (loyer remis au niveau du marché, taux d'intérêt ramené sous le plafond) ; et, si les déclarations fiscales sont concernées, déposer des déclarations rectificatives. La régularisation spontanée bénéficie d'un intérêt de retard réduit (art. L62 du LPF) et d'une bienveillance sensiblement supérieure à celle réservée aux dossiers découverts en contrôle.
Comment prouver que le loyer est « normal » ?
Par un faisceau de références, constituées au moment de la conclusion du bail et non après : trois à cinq annonces locatives comparables (même commune, surface, nombre de pièces, état, avec les captures datées), un avis de valeur locative d'agence, les observatoires locaux des loyers lorsqu'ils existent, et les données de l'ANIL. Un écart de 5 à 10 % en dessous du marché se justifie sans difficulté (absence de frais d'agence, absence de vacance, locataire de confiance) ; un écart de 40 % ne se justifie pas.
Un associé peut-il refuser une convention qui l'exclut ?
Il peut la contester si elle a été prise en violation des statuts ou de l'article 1852, ou si elle est contraire à l'intérêt social. Il dispose pour cela du droit d'information de l'article 1855 (communication annuelle des livres et documents, questions écrites sur la gestion), de l'action en responsabilité contre le gérant (art. 1850) et de la demande de révocation pour cause légitime (art. 1851). Un pacte d'associés bien rédigé permet d'anticiper ces situations plutôt que de les subir.
Les conventions doivent-elles figurer dans la comptabilité ?
Leurs effets, oui, et de façon lisible : compte 455 par associé pour les comptes courants, comptes de loyers distincts par bien, compte de rémunération du gérant. Une SCI à l'IS, qui relève de l'article 53 A du CGI, doit par ailleurs produire une liasse complète, tableaux annexes compris : c'est l'endroit naturel pour mentionner les engagements pris envers les associés (comptes courants bloqués, cautions, engagements de rémunération). Voyez notre guide comptabilité SCI pour le détail des obligations par régime.
Combien de temps conserver ces documents ?
Les statuts et les procès-verbaux de décisions collectives : pendant toute la durée de vie de la SCI, et bien au-delà en pratique (une cession de parts ou une succession peut faire ressurgir une convention de 1998). Les pièces comptables et justificatifs : six ans au titre de l'article L102 B du LPF — c'est l'obligation réellement opposable à une SCI — et dix ans en pratique, par alignement prudent sur l'article L123-22 du Code de commerce, qui vise les commerçants et ne s'applique donc pas de plein droit à une société civile. Notre guide documents à conserver en SCI donne le détail par catégorie.
Formalisez vos conventions dans SCI-AI
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Ce contenu est pédagogique et à jour au 20 juillet 2026. Il ne remplace pas un conseil personnalisé : la rédaction d'une convention entre une SCI et ses associés dépend de vos statuts, de votre régime fiscal et de votre situation familiale. Sources : Code civil (art. 1161, 1377, 1844, 1844-10, 1845 à 1870-1) et décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 (art. 44 et 45), Code de commerce (art. L223-19, L227-10, L612-1 à L612-5, R612-1, L123-22), Code monétaire et financier (art. L214-106, L511-7), CGI (art. 15-II, 31, 39, 53 A, 62, 109 à 111, 158-7-2°, 219, 680, 1727 à 1729), LPF (art. L62, L64, L64 A, L102 B, L169, L186, L187, L188 B, L247), règlement (UE) n° 910/2014 dit eIDAS (art. 41), BOFiP (BOI-BIC-CHG-50-50-30, BOI-CF-INF-10-10-20, BOI-CF-INF-10-20, BOI-CF-PGR-10-50), Cass. 3e civ., 5 janvier 2022, n° 20-17.428 et Cass. com., 9 février 1999, n° 96-17.661.
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