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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Augmentation de capital par incorporation du compte courant d'associé en SCI (2026)

Au passif d'une SCI, le compte courant d'associé et le capital social se ressemblent beaucoup : dans les deux cas, c'est de l'argent mis par les associés. Juridiquement, tout les sépare. Le compte courant est une dette de la société. L'associé peut en réclamer le remboursement demain matin, sans formalité, sans préavis, sans avoir à motiver quoi que ce soit. Le capital social, lui, est un engagement définitif : il ne ressort que par une réduction de capital ou lors de la liquidation, et encore, une fois tous les créanciers payés.

Faire passer l'argent de la première ligne à la seconde, c'est donc échanger une créance disponible contre une part de propriété qui ne l'est pas. Les bénéfices sont réels : des capitaux propres négatifs redeviennent positifs, du passif exigible disparaît, et une banque qui bloquait un dossier sur un bilan décapitalisé accepte de le rouvrir. Mais deux conséquences ne sont presque jamais écrites noir sur blanc. L'opération ne se défait pas, en pratique. Et elle rebat les cartes du pouvoir — parfois brutalement, quand un seul associé convertit 80 000 € dans une SCI au capital de 1 000 €.

Le sujet de ce guide, c'est l'opération elle-même : ce qu'elle est juridiquement, les six étapes dans le bon ordre, son coût exact en 2026 (bien inférieur à ce qu'on lit encore un peu partout), les écritures, et la façon de la mener sans écraser un coassocié. Le cas chiffré de la section 8 est traité deux fois, avec les mêmes chiffres : une fois comme on le fait spontanément, une fois comme il faut le faire. L'écart pour l'associée diluée est de 19 556 €.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, décret n° 78-704 du 3 juillet 1978, CGI, BOFiP, plan comptable général). Mis à jour le 31 juillet 2026.


1. Dette exigible ou capitaux propres : ce que l'incorporation change vraiment

Tout se joue au passif du bilan. D'un côté les capitaux propres : capital social, réserves, report à nouveau, résultat de l'exercice. De l'autre les dettes : l'emprunt bancaire, les fournisseurs, les dépôts de garantie, et le compte courant d'associé. L'incorporation fait passer un montant de la seconde colonne à la première. C'est tout. Le total du bilan ne bouge pas d'un centime, aucune trésorerie n'entre, aucune ne sort. Seule la nature juridique de la somme a changé.

Sauf que cette nature juridique, elle, change à peu près tout le reste.

Critère Compte courant d'associé Capital social
NatureDette de la société envers l'associéFonds propres, apport définitif
RécupérationÀ vue, sur simple demandeRéduction de capital ou liquidation
RémunérationIntérêts possibles, déductibles sous plafondDividendes, si résultat distribuable
Rang en cas de liquidationCréancier chirographaire, payé avant les associésDernier rang, boni résiduel seulement
Droit de vote attachéAucunOui, selon les statuts
Part du résultatAucuneProportionnelle aux parts (art. 1844-1 C. civ.)
Lecture bancaireDette (sauf convention de blocage)Fonds propres purs
Formalisme pour bougerAucunAGE, statuts, annonce légale, INPI

La ligne qui saute aux yeux d'un banquier

Un analyste bancaire regarde deux chiffres au passif d'une SCI : le niveau des capitaux propres et le gearing, c'est-à-dire les dettes financières rapportées aux fonds propres. Prenez une SCI créée avec 1 000 € de capital, qui a acheté 400 000 € d'immeuble avec un emprunt et 80 000 € de compte courant. Cinq ou six exercices plus tard, les amortissements ont creusé le report à nouveau et les capitaux propres sont passés sous zéro. Sur le papier, la société paraît exsangue. Elle ne l'est pas du tout : les associés ont sorti 80 000 € de leur poche et la trésorerie est saine. Simplement, le bilan ne le raconte pas.

L'incorporation remet les comptes en phase avec la réalité économique. Les 80 000 € quittent la case « dette » pour la case « fonds propres » : le capital social passe de 1 000 € à 81 000 €, les capitaux propres augmentent de 80 000 € — ce qui les fait repasser largement en positif malgré le report à nouveau débiteur —, les dettes reculent d'autant et le gearing s'assainit sans qu'un euro ait bougé. Quand un dossier de prêt bancaire en SCI a été refusé au seul motif d'un bilan décapitalisé, c'est régulièrement le geste qui débloque tout.

Ce que l'associé abandonne en échange

Autant l'écrire aussi crûment que le bénéfice : l'associé qui incorpore perd trois choses, et aucune ne se récupère.

  • La disponibilité. Un compte courant se rembourse par un virement, quand la trésorerie le permet et sans autre décision qu'un accord entre le gérant et l'associé. Le capital ne se rembourse que par une réduction de capital — décision collective modifiant les statuts, annonce légale, nouveau dépôt au guichet unique — ou lors de la liquidation. Précision utile : le droit d'opposition des créanciers organisé pour les sociétés commerciales par les articles L. 223-34 et L. 225-205 du Code de commerce n'a pas d'équivalent légal en société civile ; la protection des créanciers y passe par la responsabilité indéfinie des associés de l'article 1857 du Code civil.
  • Le rang. Tant que la somme est en compte courant, l'associé est créancier de la SCI. Si la société est liquidée, il est payé avant tout partage entre associés ; si elle fait l'objet d'une procédure collective, il déclare sa créance comme n'importe quel créancier chirographaire. Une fois le montant incorporé, il ne récupérera rien tant que le dernier créancier n'aura pas été désintéressé.
  • Les intérêts. Si la convention de compte courant prévoyait une rémunération, elle s'éteint avec la créance. L'associé échange un flux d'intérêts contractuel contre une espérance de dividendes, qui suppose un résultat distribuable et une décision d'assemblée.

La phrase à garder en tête avant tout le reste : à l'échelle de la vie normale d'une SCI, l'incorporation est un aller sans retour. Ne convertissez jamais un compte courant dont vous pourriez avoir besoin, personnellement, dans les cinq ans. Sur le fonctionnement, la rémunération et le remboursement du compte courant lui-même, tout est détaillé dans le guide compte courant d'associé en SCI.


2. Pourquoi incorporer son compte courant — et pourquoi s'en abstenir

L'opération n'est bonne ni mauvaise en soi. Elle dépend de deux choses seulement : le besoin réel, et l'usage que vous comptez faire de cet argent dans les dix ans. Les deux colonnes, sans complaisance ni dans un sens ni dans l'autre.

Les cinq bonnes raisons

1. Des capitaux propres négatifs. Le cas de loin le plus fréquent en SCI à l'impôt sur les sociétés. Les amortissements de l'immeuble creusent un résultat comptable négatif année après année, alors même que la trésorerie se porte bien. Cinq ou six exercices plus tard, le report à nouveau débiteur a mangé le capital et les capitaux propres passent sous zéro. Aucune sanction n'est prévue pour une société civile : la procédure d'alerte des capitaux propres inférieurs à la moitié du capital ne concerne que les sociétés commerciales. Mais l'image, elle, existe bel et bien — devant un banquier comme devant un candidat au rachat de vos parts.

2. Une banque qui en fait une condition. Au deuxième ou au troisième financement, l'accord est souvent subordonné à un renforcement des fonds propres. L'incorporation coche exactement cette case, et elle a un mérite rare : elle ne demande pas un euro de trésorerie supplémentaire aux associés.

3. Un compte courant devenu illisible. Quinze ans d'avances jamais formalisées, des travaux réglés depuis le compte personnel d'un associé, deux ou trois loyers encaissés à côté : le compte 455 finit en fourre-tout dont plus personne ne sait justifier la composition. Reconstituer le solde, le faire valider par tous, puis l'incorporer, remet les compteurs à zéro une bonne fois. Si plusieurs associés sont concernés, commencez par le suivi de plusieurs comptes courants d'associés, sinon vous allez arrêter un solde global au lieu de trois soldes individuels.

4. Préparer une transmission. Un compte courant se transmet mal. Il entre dans la succession comme une créance ordinaire, à sa valeur nominale, sans décote d'aucune sorte, et il ne peut pas figurer dans une donation-partage de parts. Le capital, lui, se transmet en parts, avec les abattements de droit commun et le démembrement. Incorporer avant d'organiser une donation de parts, c'est faire porter la transmission sur toute la valeur au lieu d'une poignée d'euros de capital nominal.

5. Éteindre un argument de requalification. Un compte courant énorme en face d'un capital symbolique, c'est un signal que l'administration lit très bien. Financer une SCI par compte courant n'a évidemment rien d'illégal — c'est la norme —, mais 100 € de capital contre 300 000 € de compte courant, dans une SCI sans la moindre vie sociale, alimente le raisonnement de la société fictive. Remettre le capital à un niveau cohérent fait tomber l'argument.

Les quatre bonnes raisons de s'abstenir

1. Vous aurez besoin de cet argent. Un associé de 62 ans qui approche de la retraite, une famille qui vise l'achat d'une résidence principale, un chef d'entreprise dont la trésorerie personnelle peut se tendre du jour au lendemain : dans ces trois situations, la souplesse du compte courant vaut infiniment plus que l'esthétique d'un bilan. Se faire rembourser un compte courant, c'est un virement. Sortir du capital, c'est une procédure.

2. Le compte courant est rémunéré et cette rémunération compte pour vous. En SCI à l'IS, les intérêts servis à l'associé sont déductibles du résultat dans la limite du taux de l'article 39, 1, 3° du CGI, et imposés chez lui comme des revenus de créances. Pour un associé déjà lourdement imposé sur ses revenus fonciers, ce flux a parfois un vrai sens patrimonial. L'incorporation l'éteint.

3. Vous n'êtes pas seul et le calcul n'a pas été fait. Le meilleur motif de reporter l'assemblée de trois semaines. Tant que la répartition d'après incorporation n'a pas été modélisée, avec et sans prime d'émission, vous ne savez tout simplement pas ce que vous vous apprêtez à voter. Section 8 : une associée passe de 20 % à 0,25 % du capital en une réunion d'une demi-heure.

4. Une convention de blocage ferait l'affaire. Si l'unique objectif est de rassurer un prêteur, un engagement écrit de ne pas retirer le compte courant pendant la durée du crédit produit souvent le même effet, sans irréversibilité, sans formalité, sans un euro de frais. J'y reviens en section 10 ; le modèle de convention de compte courant d'associé contient la clause prête à adapter.

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Solde de chaque compte courant associé par associé, arrêté de compte daté, procès-verbal d'assemblée générale extraordinaire et statuts mis à jour : tout est produit depuis vos écritures, sans ressaisie.


3. Le mécanisme juridique : une augmentation de capital par compensation

Ce n'est pas un apport en numéraire nouveau

Ici, le vocabulaire n'est pas de la coquetterie : c'est lui qui commande les formalités. L'opération n'est pas un apport d'argent frais. Pas de virement, pas de dépôt de fonds sur un compte bloqué, pas d'attestation de dépôt à produire. Ce que fait l'associé tient en deux verbes : il souscrit l'augmentation de capital, puis il libère sa souscription par compensation avec la créance qu'il détient déjà sur la société.

Deux dettes réciproques s'annulent, tout simplement. La société doit 80 000 € à l'associé au titre du compte courant ; l'associé doit 80 000 € à la société au titre de sa souscription. L'article 1347 du Code civil organise cette extinction et l'article 1347-1 en fixe la condition : les deux obligations doivent être fongibles, certaines, liquides et exigibles. Toute la solidité de l'opération se joue sur ces quatre adjectifs.

Les trois qualités que la créance doit réunir

  • Certaine — son existence n'est pas discutée. Elle repose sur des écritures comptables régulières, adossées à des justificatifs : relevés bancaires des apports, factures payées par l'associé pour le compte de la SCI, décisions d'assemblée. Un compte courant reconstitué à la louche n'est pas une créance certaine.
  • Liquide — son montant est déterminé, au centime. D'où l'importance de l'arrêté de compte : il fige le solde à une date donnée, intérêts courus inclus ou exclus, et il est signé.
  • Exigible — elle est due immédiatement. C'est le cas par nature d'un compte courant, sauf s'il est bloqué par une convention. Attention : si une convention de blocage est en vigueur au profit d'une banque, la créance n'est plus exigible ; il faut soit obtenir la mainlevée, soit prévoir que la convention prend fin par l'incorporation elle-même.

Un apport en numéraire, pas un apport en nature

Voilà le point que l'on m'oppose le plus souvent, et il est faux. Non, il ne s'agit pas d'un apport en nature : la libération par compensation avec une créance liquide et exigible est traitée comme un apport en numéraire. Deux conséquences très concrètes. Aucun commissaire aux apports à désigner — la société civile ignore de toute façon cette institution, réservée aux sociétés commerciales. Et aucune évaluation à faire valider par un tiers : la créance vaut son montant nominal, l'arrêté de compte en fait foi.

Corollaire comptable : si les parts sont émises au-dessus du nominal, le supplément est une prime d'émission (compte 1041), et non une prime d'apport, réservée aux apports en nature.

Le cas du compte courant débiteur : impossible

La question revient assez souvent pour mériter une réponse écrite. Un compte courant débiteur, c'est l'associé qui doit de l'argent à la SCI, et non l'inverse. Il n'y a donc aucune créance à convertir en parts : la compensation jouerait à l'envers, ce qui ne veut rien dire. C'est un tout autre problème, avec ses propres risques, traité en détail dans le guide compte courant d'associé débiteur en SCI.

Le préalable absolu : une comptabilité à jour

On n'arrête pas un compte courant qu'on ne sait pas calculer. Les écritures doivent être complètes, lettrées, cohérentes : chaque avance identifiée, chaque remboursement pointé, chaque facture payée par l'associé rattachée à son justificatif. Rien d'insurmontable, mais rien qui s'improvise la veille de l'assemblée — la méthode est décrite dans les écritures comptables du compte courant d'associé. Si vous avez deux ou trois exercices de retard, passez par un rattrapage comptable avant de convoquer. Cela coûte toujours moins cher que la contestation du solde par un coassocié dix-huit mois plus tard.


4. La procédure d'incorporation en six étapes

L'ordre compte, et il ne se rattrape pas. Une annonce légale publiée avant l'assemblée est bonne à jeter — et à repayer. Des statuts déposés sans procès-verbal reviennent en rejet. L'enchaînement correct, le voici.

Étape Acte Délai indicatif
1Arrêté de compte courant signé, à date certaineJ - 30
2Vérification de la règle de majorité aux statuts, puis convocation de l'AGEJ - 15
3Assemblée générale extraordinaire : vote de l'augmentation et de la modification statutaireJ
4Procès-verbal signé et statuts mis à jourJ à J + 3
5Publication de l'avis de modification dans un support d'annonces légalesJ + 3 à J + 10
6Dépôt du dossier au guichet unique de l'INPIJ + 10, au plus tard J + 30

Étape 1 — L'arrêté de compte courant

La pièce fondatrice de tout le dossier. C'est aussi celle qu'on expédie en trois lignes, neuf fois sur dix. L'arrêté de compte est pourtant un document simple : une page, signée par le gérant d'un côté et par l'associé titulaire du compte de l'autre, qui constate le solde à une date déterminée. Ce qu'il doit contenir :

  • l'identité complète de l'associé et le rappel de sa qualité ;
  • la date d'arrêté, qui doit être proche de l'assemblée — quelques semaines au maximum ;
  • le solde créditeur en principal, en chiffres et en lettres ;
  • le sort des intérêts courus : inclus dans le montant arrêté, ou laissés en compte ? Les deux sont possibles, mais le choix doit être écrit ;
  • la mention expresse que la créance est certaine, liquide et exigible, et qu'elle n'est grevée d'aucune convention de blocage ni d'aucun nantissement ;
  • l'accord de l'associé pour qu'elle soit affectée à la libération de sa souscription.

Agrafez-y le grand livre du compte 455 édité à la même date : la pièce devient très difficile à contester, y compris deux ans plus tard devant un juge ou un vérificateur. C'est exactement ce que sort en un clic un logiciel de comptabilité de SCI tenu à jour.

Étape 2 — Vérifier la majorité, puis convoquer

Avant d'envoyer la moindre convocation, ouvrez les statuts de la SCI et relisez la clause de modification statutaire. L'article 1836 du Code civil donne la règle par défaut : « Les statuts ne peuvent être modifiés, à défaut de clause contraire, que par accord unanime des associés. » Sans clause, donc, unanimité. Beaucoup de statuts de SCI aménagent le point et retiennent les deux tiers, les trois quarts, parfois la majorité simple des parts. Ce qui s'applique chez vous, c'est ce que disent vos statuts — pas un modèle glané sur un forum.

Deuxième garde-fou, celui-là presque toujours oublié : le second alinéa du même article 1836, aux termes duquel « en aucun cas, les engagements d'un associé ne peuvent être augmentés sans le consentement de celui-ci ». Règle d'ordre public, qu'aucune clause statutaire ne contourne. En clair : personne ne peut être forcé de souscrire l'augmentation. Chacun souscrit s'il le veut, pour le montant qu'il veut.

La convocation, elle, ne se négocie pas. L'article 40 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 impose, à peine de nullité en cas de grief, un envoi par lettre recommandée, quinze jours au moins avant la réunion — le délai se comptant de la date d'expédition et non de réception (Cass. ch. mixte, 16 décembre 2005, n° 04-10.986, qui a fixé le point de départ du délai à la date d'expédition de la lettre recommandée, le jour de l'envoi ne comptant pas). Contrairement à d'autres dispositions du décret, l'article 40 ne réserve aucune « clause contraire » : traitez le délai de quinze jours et la lettre recommandée comme un minimum, que les statuts peuvent allonger ou renforcer, jamais abaisser. Seule exception prévue par le texte : l'article 43 du même décret écarte l'application des articles 40 à 42 lorsque tous les associés sont gérants. Le texte exige en outre un ordre du jour rédigé « de telle sorte que le contenu et la portée des questions qui y sont inscrites apparaissent clairement sans qu'il y ait lieu de se reporter à d'autres documents ». Écrivez donc « augmentation du capital social par incorporation de compte courant d'associé et modification corrélative des statuts ». Pas « questions diverses » : une résolution votée hors ordre du jour ne tient pas. Les formes de convocation et de tenue sont reprises en détail dans l'assemblée générale de SCI.

L'alinéa 2 du même article 40 ajoute une obligation qu'on néglige : dès la convocation, le texte des résolutions proposées et tout document utile à l'information des associés doivent être tenus à leur disposition au siège, chaque associé pouvant en réclamer l'envoi. Le plus simple reste de tout joindre à la convocation — résolutions, arrêté de compte, projet de statuts modifiés. C'est le prolongement direct du droit d'information de l'associé, et c'est aussi du pur bon sens procédural. Un coassocié qui découvre en séance qu'il va tomber de 20 % à 0,25 % du capital repartira avec de très bons arguments pour attaquer la délibération.

Étape 3 — L'assemblée générale extraordinaire

Quatre résolutions distinctes, votées dans cet ordre. Ne les fusionnez pas en une seule : chacune sert à prouver quelque chose de différent.

  1. Constatation de la créance : l'assemblée prend acte de l'arrêté de compte et constate que la créance de M. X sur la société s'élève à tel montant, et qu'elle est certaine, liquide et exigible.
  2. Augmentation de capital : décision d'augmenter le capital d'un montant déterminé, par création d'un nombre déterminé de parts nouvelles d'une valeur nominale déterminée, assorties le cas échéant d'une prime d'émission d'un montant unitaire déterminé.
  3. Souscription et libération : constatation que M. X souscrit l'intégralité des parts nouvelles et les libère intégralement par compensation avec sa créance, dont l'extinction est constatée à due concurrence.
  4. Modification statutaire et pouvoirs : modification des articles des statuts relatifs au capital et à la répartition des parts, et pouvoirs donnés au gérant (ou au porteur d'un original) pour accomplir les formalités.

Étape 4 — Le procès-verbal et les statuts mis à jour

Le procès-verbal, c'est la pièce que liront le greffe aujourd'hui, un vérificateur dans quatre ans et un acquéreur de parts dans dix. Dix mentions, aucune facultative :

Mention Pourquoi elle est indispensable
Date, lieu, mode de convocationRégularité formelle de l'assemblée
Identité des associés présents ou représentés, nombre de parts détenuesVérification du quorum et de la majorité statutaire
Montant exact incorporéAssiette de l'opération, doit coïncider avec l'arrêté de compte
Nombre de parts nouvelles crééesDétermine la nouvelle répartition et la mise à jour des statuts
Valeur nominale des parts et prime d'émission unitaireBase des écritures 101 et 1041
Ancien et nouveau capital socialReproduit tel quel dans l'annonce légale et au registre
Nouvelle répartition des parts entre tous les associésOpposabilité, calcul du résultat, droits de vote
Constatation de l'extinction de la créance par compensationPreuve de la libération intégrale des parts
Résultat des votes, résolution par résolutionPreuve du respect de la règle de majorité
Pouvoirs au gérant pour les formalitésÉvite un second acte pour déposer le dossier

Restent les statuts, à refondre sur trois articles : celui des apports, qui mentionne l'apport nouveau libéré par compensation ; celui du capital, qui porte le nouveau montant et le nouveau nombre de parts ; et l'article ou l'annexe de répartition, à réécrire intégralement. Rien de spécifique à cette opération : la mécanique générale figure dans modifier les statuts d'une SCI.

Étape 5 — L'annonce légale

Le changement de capital se publie dans un support habilité à recevoir des annonces légales du département du siège, et il se publie avant le dépôt de la formalité, jamais après. L'avis reprend la dénomination, la forme, le capital ancien et nouveau, le siège, le numéro unique d'identification, l'organe qui a décidé et la date de la décision. Pour la rédaction mot à mot et le choix du support, direction l'annonce légale de SCI.

Étape 6 — Le dépôt au guichet unique de l'INPI

Toutes les modifications passent désormais par le guichet unique de l'INPI. Quatre pièces : le formulaire renseigné en ligne, le procès-verbal d'AGE, les statuts mis à jour certifiés conformes par le gérant, l'attestation de parution de l'annonce légale. L'article R. 123-66 du Code de commerce vous laisse un mois à compter de la décision pour demander l'inscription modificative. Formalité validée, le nouveau capital apparaît sur l'extrait d'immatriculation.

Ce qu'on oublie une fois sur deux : mettre à jour le registre des mouvements de parts et le tableau de répartition interne. Des statuts justes et un suivi de gestion faux, et vous appliquez deux ans plus tard une clé de répartition du résultat périmée sur vos déclarations — avec autant de rectificatives à la clé. Le modèle de suivi des parts de SCI règle la question en cinq minutes.


5. Le coût réel d'une augmentation de capital en 2026

Les droits d'enregistrement sont nuls

Bonne nouvelle, et information étonnamment mal relayée. Depuis l'article 26 de la loi de finances pour 2019 (loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018), l'article 810, I du CGI prévoit que les apports sont enregistrés gratuitement. Les droits fixes de 375 €, portés à 500 € pour les sociétés au capital d'au moins 225 000 €, que prévoyait l'ancien article 810, I ? Remplacés par la gratuité par cette même réforme.

Conclusion pratique : si un article, un devis ou un prestataire vous annonce encore « 375 € de droit fixe », ou « 500 € au-delà de 225 000 € de capital », l'information a sept ans de retard. Vous ne devez rien à ce titre. Et il y a mieux. Depuis le 1er janvier 2021, l'acte constatant une augmentation de capital en numéraire n'a même plus à être présenté à la formalité obligatoire de l'enregistrement : l'article 67 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 a réécrit l'article 635, 1, 5° du CGI en ce sens. Comme la libération par compensation d'une créance liquide et exigible est assimilée à un apport en numéraire, elle profite de la dispense — vous déposez directement au guichet unique. Seuls les apports en nature restent soumis à l'enregistrement obligatoire.

Attention à ne pas transposer à l'apport d'un immeuble. La gratuité vise l'apport pur et simple. L'apport à titre onéreux — typiquement l'immeuble apporté avec l'emprunt qui le finance — est soumis, pour sa fraction onéreuse, au régime des mutations à titre onéreux d'après la nature des biens apportés (BOI-ENR-AVS-10-20). Et même en apport pur et simple, l'article 809, I, 3° du CGI assimile à une mutation à titre onéreux l'apport d'un immeuble ou de droits immobiliers fait à une personne morale passible de l'IS par une personne qui ne l'est pas. On sort du sujet : tout est dans l'apport d'immeuble à une SCI.

Ce que vous paierez réellement

Poste Montant indicatif Remarque
Droits d'enregistrement0 €Art. 810, I du CGI — enregistrement gratuit
Annonce légale « modification du capital social »136 € HTForfait 2026 en métropole (158 € HT à La Réunion et à Mayotte)
Formalité de modification avec dépôt d'actes (greffe / BODACC / INPI)185,77 € TTCTarif réglementé société civile : 116 € de taxe BODACC, 5,90 € de redevance INPI, et les émoluments du greffe majorés de la TVA, dépôt d'actes compris (13,16 €). Tarif à revérifier au jour du dépôt, les émoluments étant révisés par arrêté
Rédaction des actes en autonomie0 €PV et statuts générés depuis votre outil de gestion
Honoraires d'un professionnel (option)400 à 1 200 € HTAvocat, notaire ou expert-comptable, selon la complexité
Total en autonomieenviron 350 € TTC163,20 € TTC d'annonce légale + 185,77 € de formalité, hors honoraires facultatifs

Une précision sur l'annonce légale, parce que le chiffre circule de travers. Le forfait de 191 € HT qu'on lit partout, c'est celui de la constitution d'une SCI en métropole. Il ne s'applique pas ici. Les avis de modification ont leurs propres forfaits, fixés par l'arrêté du 19 novembre 2021 relatif à la tarification et aux modalités de publication des annonces judiciaires et légales, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 19 novembre 2025 en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Pour une modification du montant du capital social : 136 € HT en métropole, 158 € HT à La Réunion et à Mayotte. Une réserve, et elle a un coût. Le forfait suppose un avis portant sur cette seule modification. Regroupez capital et siège, ou capital et changement de gérant, et la tarification bascule au caractère — de 0,189 à 0,239 € HT selon le département. C'est une raison de plus pour ne pas empiler les sujets dans une même assemblée.

Faut-il un notaire ? Non. Une augmentation de capital de société civile par compensation de créance se constate par acte sous signature privée, point. La différence avec la cession de parts de SCI est majeure : depuis le 27 juin 2026, l'article 1865-1 du Code civil, créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, exige que la cession de parts d'une personne morale à prépondérance immobilière soit constatée par acte notarié, par acte d'avocat contresigné ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par acte sous seing privé rédigé par un expert-comptable — à peine de nullité. Une augmentation de capital n'est pas une cession : elle crée des parts nouvelles, elle n'en transfère aucune, et le texte ne la vise pas. Réserve d'usage : si votre opération s'insère dans une réorganisation plus large qui déplace aussi des parts existantes, faites relire le montage. Ces mouvements-là, eux, tombent en plein dans l'article 1865-1.


6. Les écritures comptables de l'incorporation et l'impact sur la liasse

Après tout ce formalisme, la partie comptable va vous paraître dérisoire : une écriture, un débit, un ou deux crédits. Voici comment la passer, puis ce qu'elle déplace, état par état, sur la liasse fiscale.

L'écriture de base

Date de comptabilisation : celle de l'assemblée générale extraordinaire. C'est ce jour-là que la compensation opère et que les parts sont réputées libérées — pas à la date du dépôt INPI, ni à celle de l'arrêté de compte.

Compte Libellé Débit Crédit
455Associés – comptes courants (sous-compte de l'associé)80 000,00
101Capital social80 000,00
Incorporation du compte courant de M. X au capital – AGE du 15 septembre 2026

Et c'est fini. Pas un compte de charge, pas un compte de produit : le compte de résultat n'est pas touché. Un virement interne au passif, rien d'autre. Le total du bilan est rigoureusement le même avant et après.

La variante avec prime d'émission

Quand les parts sont émises au-dessus du nominal — la section 8 explique pourquoi c'est presque toujours ce qu'il faut faire —, la contrepartie se ventile sur deux comptes au lieu d'un.

Compte Libellé Débit Crédit
455Associés – comptes courants80 000,00
101Capital social (80 parts × 10 € de nominal)800,00
1041Primes d'émission (80 parts × 990 €)79 200,00
Incorporation du compte courant de M. X, parts émises à 1 000 € l'unité

La prime d'émission loge dans les capitaux propres sans être du capital social au sens strict. Elle n'apparaît ni au registre, ni dans l'annonce légale comme capital ; elle pourra plus tard être incorporée au capital ou distribuée selon les règles des réserves. Pour un banquier, en revanche, la distinction est sans objet : prime ou capital, c'est du fonds propre, et le ratio s'améliore de la même façon.

Le sort des intérêts courus

Votre convention de compte courant prévoit des intérêts ? Alors il faut trancher, au moment de l'arrêté, entre deux options.

  • Les intérêts sont inclus dans le montant incorporé. Ils ont alors été comptabilisés en charge (compte 6615) et portés au crédit du compte 455 avant l'incorporation. Ils suivent le sort du principal. Attention : ils restent imposables entre les mains de l'associé au titre de l'année de leur inscription en compte, l'incorporation n'y change rien.
  • Les intérêts sont exclus et laissés en compte. Le compte 455 conserve alors un solde résiduel après l'opération, ce qui est parfaitement admissible. Il faut simplement que l'arrêté de compte et le procès-verbal le disent clairement, pour éviter que le solde résiduel soit un jour interprété comme une erreur d'écriture.

Un rappel qui a sa place ici. En SCI à l'IS, la déduction des intérêts de compte courant est plafonnée par l'article 39, 1, 3° du CGI : taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises d'une durée initiale supérieure à deux ans, publié trimestriellement au BOFiP (BOI-BIC-CHG-50-50-30). Pour un exercice de douze mois clos le 31 décembre 2025, le plafond ressort à 4,55 % ; pour les clôtures du 31 mai au 29 juin 2026, à 4,34 %. Pour les périodes suivantes, prenez le dernier taux effectivement publié — ne recalculez pas votre propre moyenne, elle ne vous protégera de rien. Et le plafond s'apprécie compte par compte : pas de compensation entre associés. En SCI à l'IR, on change de logique : article 31, I, 1°, d du CGI et condition d'emploi des fonds, détaillés dans les charges déductibles en SCI.

L'impact sur la liasse fiscale

Pour une SCI à l'IS, l'opération se lit sur plusieurs états de la liasse fiscale 2033 :

État Ce qui change
2033-A (bilan simplifié)Le capital social augmente, la prime d'émission apparaît en capitaux propres, les dettes diminuent du même montant. Total du passif inchangé.
2033-B (compte de résultat)Aucun impact — l'opération ne passe pas par le résultat. Seule la disparition des intérêts de compte courant se lira sur les exercices suivants.
2033-FComposition du capital social : nouvelle répartition entre associés, nouveau nombre de parts, nouvelle valeur nominale le cas échéant.
2033-DAucun rapport. Le 2033-D est le relevé des provisions, amortissements dérogatoires et déficits reportables — il ne contient pas les comptes courants.
2057-SD (réel normal)État des échéances des créances et des dettes : la ligne « Groupe et associés » se vide à hauteur du montant incorporé.

En SCI à l'IR, l'incorporation ne change rien à la déclaration 2072 de l'exercice : le résultat foncier est identique au centime près. En revanche elle modifie la clé de répartition entre associés à compter du jour de l'assemblée, et c'est là que les erreurs se logent. Suite dans la section 7, et pour le mécanisme complet, la répartition du résultat entre associés.


7. Le vrai piège : la redistribution du pouvoir

La section que personne ne lit avant l'assemblée et que tout le monde relit après. Une incorporation de compte courant n'est pas une écriture neutre : quand un seul associé détient un compte courant, c'est une émission de parts nouvelles à son seul profit. Sa quote-part monte, celle des autres descend. Sans qu'aucun d'eux n'ait vendu quoi que ce soit.

Pourquoi l'effet est brutal en SCI, et pas ailleurs

Faites le test dans une SARL au capital de 50 000 € : incorporer 30 000 € fait passer un associé de 50 % à 68,75 %. Significatif, mais on discute. Maintenant faites-le dans une SCI au capital de 1 000 € — un capital symbolique, ce qui est la norme et rarement une erreur, comme l'explique le capital social d'une SCI. Incorporer 80 000 € y multiplie le capital par 81. Celui qui incorpore ressort avec 98,8 % du capital : 8 000 parts sur 8 100. Les autres ne pèsent plus rien. Le fondement est l'article 1843-2 du Code civil : les droits de chaque associé dans le capital sont proportionnels à ses apports, y compris lors d'une augmentation. Et puisque la proportionnalité se calcule sur les apports, c'est la valeur d'émission retenue qui décide de tout.

Rien d'accidentel là-dedans. C'est la conséquence arithmétique d'un choix parfaitement rationnel à la création : un capital minuscule, un financement par comptes courants. Sauf que ce choix transforme, dix ans plus tard, une opération présentée comme « technique » en prise de contrôle — le plus souvent sans que personne ne l'ait voulu.

Ce que la dilution emporte concrètement

  • La répartition du résultat. L'article 1844-1 du Code civil rend la part de chaque associé dans les bénéfices et dans les pertes proportionnelle à sa part dans le capital social, sauf clause contraire — étant précisé que les clauses léonines, qui attribuent à un associé la totalité du profit ou l'exonèrent de toute contribution aux pertes, sont réputées non écrites. Diluer un associé, c'est donc réduire sa quote-part de revenus fonciers ou de dividendes.
  • Le droit de vote. Attention à une idée reçue : en société civile, le droit de vote n'est pas légalement proportionnel aux parts. L'article 1852 du Code civil renvoie aux statuts et, à défaut de stipulation, à l'unanimité. En pratique, la quasi-totalité des statuts de SCI attribuent une voix à chaque part : c'est là que la dilution mord. Vérifiez ce que disent vos statuts.
  • La valeur des parts. Chaque part existante représente désormais une fraction beaucoup plus faible de l'actif net. C'est arithmétique, et c'est le cœur du préjudice quand aucune prime d'émission n'a été prévue.
  • La responsabilité aux dettes. L'article 1857 du Code civil rend les associés d'une SCI indéfiniment responsables des dettes sociales, à proportion de leur part dans le capital — responsabilité conjointe et non solidaire, et subsidiaire au sens de l'article 1858, le créancier devant d'abord poursuivre vainement la société. Celui qui incorpore monte donc sa part de risque personnel en même temps que sa part de capital. Le mécanisme complet est détaillé dans la responsabilité des associés de SCI.
  • Les seuils statutaires. Franchir la barre des deux tiers ou des trois quarts change la nature du pouvoir : celui qui les atteint peut désormais modifier seul les statuts, si les statuts prévoient une majorité qualifiée. C'est un point à modéliser avant l'assemblée.

Les limites juridiques : jusqu'où peut-on aller ?

Diluer n'est pas illicite : une augmentation de capital régulièrement votée reste valable même si elle écrase un minoritaire. Deux garde-fous, tout de même.

L'abus de majorité. Est abusive la délibération prise contrairement à l'intérêt social et dans l'unique dessein de favoriser les majoritaires au détriment des minoritaires. Une augmentation massive, sans prime d'émission, votée alors que la société n'a aucun besoin de fonds propres et dans le seul but de neutraliser un associé encombrant : on est exactement dans la définition. Le contentieux et ses issues sont décrits dans l'abus de majorité et de minorité en SCI.

L'exigence d'unanimité. À ne pas perdre de vue : sans clause statutaire contraire, l'article 1836 du Code civil impose l'accord unanime pour modifier les statuts. Autrement dit, dans beaucoup de SCI, le minoritaire dispose d'un veto pur et simple. Le conflit glisse alors sur le terrain de l'abus de minorité, et je n'ai jamais vu ce terrain-là produire une issue rapide. Anticipez : la prime d'émission se négocie autour d'un café avant l'assemblée, pas au milieu du vote.

Les quatre parades

  • L'incorporation proportionnelle. Quand tous les associés disposent d'un compte courant, chacun incorpore à hauteur de sa quote-part de capital. La répartition reste rigoureusement identique. C'est la solution la plus simple — et la moins souvent possible, parce que les comptes courants ne sont presque jamais proportionnels.
  • La prime d'émission. La parade universelle. On valorise la part à sa valeur réelle (actif net réévalué divisé par le nombre de parts), on émet les parts nouvelles à ce prix, et le surplus par rapport au nominal va en prime. L'associé reçoit exactement la valeur qu'il apporte : les autres ne perdent rien économiquement. Démonstration chiffrée en section 8.
  • L'incorporation partielle. On n'incorpore que le montant nécessaire à l'objectif poursuivi — rétablir des fonds propres positifs, atteindre le ratio demandé par la banque — et on laisse le solde en compte courant. Souvent, 20 000 € suffisent là où l'on s'apprêtait à en convertir 80 000.
  • La clause statutaire préventive. Rien n'interdit d'inscrire aux statuts que toute augmentation de capital par compensation devra être assortie d'une prime d'émission fondée sur la valeur réelle des parts, ou d'un droit préférentiel de souscription au profit des associés existants. À défaut, un pacte d'associés peut porter le même engagement.

8. Cas chiffré complet : trois associés, deux scénarios

La situation de départ

SCI Lauriers, à l'impôt sur les sociétés, trois associés, un immeuble. Rien d'exotique : c'est le profil le plus banal qui soit.

Élément Montant
Immeuble (valeur vénale)400 000 €
Emprunt bancaire restant dû− 220 000 €
Comptes courants d'associés− 80 000 €
Actif net revenant aux associés au titre du capital100 000 €
Capital social : 100 parts de 10 €1 000 €
Associé Parts % du capital Compte courant Valeur de ses parts
Alice5050 %60 000 €50 000 €
Bruno3030 %20 000 €30 000 €
Claire2020 %0 €20 000 €
Total100100 %80 000 €100 000 €

La banque exige un renforcement des fonds propres avant d'instruire le financement d'un second bien. Alice et Bruno décident donc d'incorporer la totalité de leurs comptes courants. Claire n'a jamais rien avancé : elle n'incorpore rien. Tout le monde est de bonne foi et personne ne cherche à léser personne. Regardons ce qui se passe.

Scénario 1 — Émission à la valeur nominale (la méthode spontanée)

L'assemblée crée les parts nouvelles à la valeur nominale historique : 10 € la part. C'est le réflexe de tout le monde — « nos parts font 10 €, on continue à 10 € ». Calcul : 80 000 € / 10 € = 8 000 parts nouvelles, 6 000 pour Alice et 2 000 pour Bruno.

Associé Parts avant Parts créées Parts après % avant % après
Alice506 0006 05050,00 %74,69 %
Bruno302 0002 03030,00 %25,06 %
Claire2002020,00 %0,25 %
Total1008 0008 100100 %100 %

Capital social après opération : 8 100 × 10 € = 81 000 €. Écriture : débit 455 pour 80 000 €, crédit 101 pour 80 000 €.

Maintenant, chiffrons ce que ça coûte à Claire. Après l'opération, l'actif net de la SCI vaut 400 000 − 220 000 = 180 000 €, puisque les comptes courants ont quitté le passif. Divisé par 8 100 parts : 22,22 € la part. Claire en détient 20, soit 444 €. La veille, ces mêmes 20 parts valaient 20 000 €.

Claire a perdu 19 556 € en une réunion

Elle n'a rien vendu, rien cédé, rien signé d'autre qu'un procès-verbal auquel elle n'a probablement pas prêté attention. Son patrimoine est passé chez Alice et Bruno. Ce n'est pas un scénario tordu monté pour l'exemple : c'est le résultat arithmétique obligatoire d'une émission au nominal quand la part vaut cent fois son nominal. Et c'est, mot pour mot, la définition du terrain sur lequel prospère l'abus de majorité.

Scénario 2 — Émission avec prime (la méthode qui tient)

Cette fois, l'assemblée commence par valoriser la part. Actif net revenant au capital avant opération : 100 000 € pour 100 parts, soit 1 000 € la part. Les parts nouvelles sont donc émises à 1 000 € : 10 € de nominal, 990 € de prime d'émission.

Alice souscrit 60 000 / 1 000 = 60 parts. Bruno souscrit 20 000 / 1 000 = 20 parts. Au total 80 parts nouvelles.

Associé Parts avant Parts créées Parts après % après Valeur après
Alice506011061,11 %110 000 €
Bruno30205027,78 %50 000 €
Claire2002011,11 %20 000 €
Total10080180100 %180 000 €

Capital social après opération : 180 × 10 € = 1 800 €. Prime d'émission : 80 × 990 € = 79 200 €. Total incorporé : 80 000 €, comme dans le scénario 1.

Claire n'a rien perdu : ses 20 parts valent toujours 20 000 €

Sa quote-part de capital, elle, est bien tombée de 20 % à 11,11 %. C'est normal et c'est même juste : la société a reçu 80 000 € auxquels Claire n'a pas mis un euro. Mais la valeur de sa participation n'a pas bougé — 20 parts × 1 000 € = 20 000 €. La prime d'émission a fait précisément ce qu'on lui demande : déplacer le pouvoir relatif sans déplacer le patrimoine.

Les deux scénarios côte à côte

Indicateur Scénario 1 (nominal) Scénario 2 (prime)
Montant incorporé80 000 €80 000 €
Parts nouvelles créées8 00080
Capital social après81 000 €1 800 €
Prime d'émission0 €79 200 €
Capitaux propres apportés+ 80 000 €+ 80 000 €
% de Claire après0,25 %11,11 %
Valeur des parts de Claire444 €20 000 €
Risque d'abus de majoritéÉlevéFaible

Ce qu'il faut en retenir. Les deux scénarios injectent exactement les mêmes 80 000 € de fonds propres. La banque est aussi satisfaite dans un cas que dans l'autre. Le seul écart, c'est la répartition — et 19 556 € qui changent de mains. Prendre le scénario 1 quand le scénario 2 était à portée de main, c'est s'exposer à un contentieux d'associés pour strictement aucun gain.

Valoriser la part sans payer une expertise ? Actif net réévalué = valeur vénale des immeubles (avis de valeur d'agence, comparables notariés) − dettes financières restant dues − comptes courants − autres dettes. Vous divisez par le nombre de parts, et c'est réglé. Pour une SCI patrimoniale classique, cette approche suffit — à une condition : datez la valeur retenue et justifiez-la dans le procès-verbal. Les méthodes plus fines sont développées à propos du rachat de parts par la SCI, où l'article 1843-4 du Code civil ouvre en outre le recours à un expert en cas de désaccord.


9. La fiscalité de l'associé et de la société

Après trois sections de mises en garde, en voici une qui rassure : fiscalement, l'incorporation ne coûte rien. Ni à l'associé, ni à la société. Encore faut-il comprendre pourquoi, et surtout ne pas rater le seul effet différé qui compte — la majoration du prix de revient des parts, qui se manifestera dix ans plus tard.

Pour l'associé personne physique : aucun revenu imposable

Une incorporation n'est pas un revenu. Avant, l'associé détenait une créance de 60 000 €. Après, il détient des parts pour la même valeur. Il n'a rien encaissé, son patrimoine n'a pas grossi d'un euro, il n'y a aucun enrichissement à imposer. Ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux.

Une seule réserve, sur les intérêts. Inscrits en compte courant, ils sont des revenus de créances imposables au titre de l'année de leur inscription, que vous les incorporiez ensuite ou non. Ce n'est pas l'incorporation qui déclenche l'impôt : il était déjà dû.

L'effet différé : votre prix de revient augmente

Le point à noter quelque part et à ne jamais perdre, parce qu'il ne servira que dans très longtemps. Le prix de revient fiscal des parts est majoré du montant incorporé. Reprenons Alice : ses 50 parts d'origine avaient un prix de revient de 500 €. Après incorporation de ses 60 000 €, ses 110 parts affichent un prix de revient global de 60 500 €.

À la revente, la plus-value se calculera sur cette base majorée. Faisons la comparaison honnêtement : sans incorporation, Alice aurait cédé des parts à prix de revient quasi nul (500 €) tout en récupérant à côté 60 000 € de compte courant, en franchise totale d'impôt. Avec incorporation, les 60 000 € se retrouvent dans le prix de cession, mais son prix de revient les absorbe. Au bout du compte, l'addition fiscale est en principe la même.

Situation Régime de la plus-value de cession des parts
SCI à l'IR (relevant de l'art. 8 du CGI)Plus-value immobilière des particuliers : art. 150 UB et 150 U du CGI, abattements pour durée de détention, exonération totale d'impôt sur le revenu à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans.
SCI à l'ISPlus-value sur droits sociaux : art. 150-0 A du CGI, imposition au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option globale, au barème progressif.

Chaque régime est développé à part, du côté de la plus-value en SCI et de la plus-value en SCI à l'IS. La consigne opérationnelle, elle, tient en une ligne : archivez le procès-verbal avec le montant incorporé et sa date. C'est cette feuille de papier qui justifiera votre prix de revient dans dix ans, quand plus personne ne se souviendra de l'opération.

Pour la SCI : aucun produit imposable

La comparaison qui compte est celle avec l'abandon de créance. L'abandon est un produit, qui gonfle le résultat imposable d'une SCI à l'IS. L'incorporation, non : l'écriture reste cantonnée entre le compte 455 et les comptes 101 et 1041, aucun compte de produit n'est mouvementé. C'est d'ailleurs l'argument décisif quand un associé veut laisser son argent définitivement dans la société. Renoncer à sa créance lui coûte de l'impôt sur les sociétés. L'incorporer ne lui coûte rien.

Le cas de l'associé personne morale

Quand le compte courant appartient à une société — une holding, typiquement, comme dans les guides holding immobilière et parts de SCI détenues par une holding à l'IS —, deux points méritent un coup d'œil :

  • La sortie d'actif de la créance. Chez l'associé personne morale, la créance sort de l'actif et des titres de participation y entrent pour la même valeur. L'opération est en principe neutre. Elle ne l'est plus si la créance avait fait l'objet d'une dépréciation : la reprise de provision est alors un produit imposable chez l'associé.
  • La qualification des titres reçus. Les parts nouvelles s'inscrivent selon leur destination, en titres de participation ou en titres de placement, avec les conséquences que l'on sait sur les plus-values et l'imputation. Autre chantier connexe : la quote-part de résultat d'une SCI à l'IR détenue par une personne morale relève de l'article 238 bis K du CGI — sujet traité dans la SCI avec un associé personne morale.

Le point de vigilance : l'aller-retour capital / compte courant

Incorporer en mars pour réduire le capital en octobre, sans pertes à absorber, ressemble beaucoup à un montage artificiel — surtout si le seul intérêt de la séquence est fiscal, ou destiné à faire bonne figure devant un prêteur le temps d'un dossier. L'administration a la procédure de l'abus de droit pour ça, décrite dans l'abus de droit en SCI. Ma règle est simple : si vous incorporez, incorporez pour de bon.


10. Les alternatives à l'incorporation du compte courant

Une modification statutaire irréversible mérite qu'on vérifie d'abord si quelque chose de plus léger ne ferait pas le même travail. Trois fois sur dix, la réponse est oui.

Solution Effet Réversible ? Coût
Incorporation au capitalFonds propres purs, dette suppriméeNonenviron 350 €
Convention de blocage du compte courantQuasi-fonds propres aux yeux de la banque, dette non exigibleOui, au terme0 €
Incorporation partielleFonds propres suffisants, souplesse conservée sur le soldePartiellementenviron 350 €
Apport en numéraire nouveauFonds propres et trésorerie nouvelleNonenviron 350 € + l'apport
Abandon de créanceFonds propres via un produit exceptionnelNonIS sur le produit

La convention de blocage, souvent suffisante

De loin la piste la plus négligée. L'associé s'engage par écrit — envers la société, et souvent directement envers la banque — à ne réclamer aucun remboursement de son compte courant pendant une durée déterminée, en général celle du prêt. La créance existe toujours, mais elle n'est plus exigible. Résultat : la plupart des analystes bancaires la retraitent en quasi-fonds propres dans leurs ratios.

Le bilan est flatteur : zéro euro, zéro formalité, réversible au terme, aucun effet sur la répartition du capital. Le défaut tient en une phrase : le retraitement dépend de la politique de l'établissement, et rien n'oblige une banque à s'en contenter. D'où le réflexe à avoir avant de lancer la machine lourde — un mail à votre conseiller, une réponse en deux jours, et vous savez. Le modèle de convention de compte courant d'associé contient la clause de blocage prête à adapter.

La fausse bonne idée : l'abandon de créance « pour faire simple »

Renoncer purement et simplement à son compte courant a l'air plus rapide qu'une modification statutaire. C'est en réalité la voie la plus chère du lot. Dans une SCI à l'IS, l'abandon est un produit imposable : abandonner 80 000 €, c'est créer 80 000 € de résultat imposable et payer l'IS correspondant — sur une opération qui n'a rapporté aucune trésorerie à personne. L'incorporation atteint exactement le même objectif de fonds propres, pour zéro impôt. Le choix ne se discute pas longtemps.


11. Checklist et six erreurs fréquentes

Tout ce qui précède, ramené à deux listes à cocher. Puis les six erreurs que je vois revenir le plus souvent : toutes se règlent avant l'assemblée, aucune ne se rattrape après.

La checklist complète

Avant l'assemblée

  • Comptabilité à jour et compte 455 lettré, associé par associé
  • Clause de modification statutaire relue : unanimité ou majorité qualifiée ?
  • Absence de convention de blocage ou de nantissement grevant la créance
  • Valeur réelle de la part calculée et documentée (actif net réévalué / nombre de parts)
  • Simulation de la répartition après opération, avec et sans prime d'émission
  • Montant à incorporer arbitré : totalité ou fraction ?
  • Arrêté de compte signé par le gérant et l'associé, grand livre annexé
  • Accord de la banque sur l'effet attendu, si l'opération est faite pour elle
  • Convocation dans les formes statutaires, ordre du jour explicite, projets de résolutions joints

Après l'assemblée

  • Procès-verbal signé, comportant les dix mentions du tableau de la section 4
  • Statuts refondus et certifiés conformes par le gérant
  • Annonce légale publiée, attestation de parution conservée
  • Dossier déposé au guichet unique de l'INPI dans le mois
  • Écriture comptable passée à la date de l'AGE (455 / 101 et 1041)
  • Registre des mouvements de parts et tableau de répartition mis à jour
  • Clé de répartition du résultat actualisée pour la prochaine déclaration
  • Nouvelle répartition reportée sur l'état 2033-F de la prochaine liasse
  • Copie de l'ensemble archivée avec la mention du prix de revient majoré des parts

Erreur 1 — Incorporer sans arrêté de compte

Le procès-verbal indique « le compte courant de M. X, soit environ 80 000 € ». Ce mot « environ » vous poursuivra. Deux ans après, un coassocié conteste le chiffre, ou un vérificateur demande la justification de la créance. Sans arrêté daté, signé et adossé au grand livre, la libération des parts n'est tout bonnement pas prouvée. Coût du remède : dix minutes et deux signatures, avant l'assemblée.

Erreur 2 — Créer les parts à la valeur nominale

La plus onéreuse de toutes, et pratiquement toujours commise de bonne foi. Émettre à 10 € des parts qui en valent 1 000, c'est transférer gratuitement du patrimoine des non-souscripteurs vers les souscripteurs. Entre membres d'une même famille pleinement d'accord, la discussion est ouverte — à condition d'avoir en tête que ce transfert de valeur peut s'analyser en libéralité, avec ce que cela emporte. Partout ailleurs : prime d'émission, sans exception.

Erreur 3 — Convoquer sans avoir relu la clause de majorité

On convoque, on vote à la majorité des parts, on dépose. Le greffe rejette — ou pire, il ne rejette pas, et la délibération reste attaquable pendant des années. L'article 1836 du Code civil impose l'unanimité à défaut de clause contraire. Relire vos statuts : deux minutes. Un contentieux entre associés : deux ans.

Erreur 4 — Ne pas répercuter l'opération sur le suivi des parts

Statuts corrects, dépôt INPI validé, dossier impeccable. Mais le tableau interne de répartition et le registre des mouvements n'ont pas bougé d'une ligne. L'exercice suivant, la clé de répartition appliquée sur la déclaration est encore celle d'avant l'opération : chaque associé se retrouve imposé sur une quote-part fausse, et il faut sortir les rectificatives. Le suivi annuel et l'approbation des comptes sont l'endroit où ce contrôle se fait.

Erreur 5 — Incorporer un compte courant dont on aura besoin

Aucune règle de droit n'est violée, et c'est pourtant celle qui fait le plus mal. L'argent au capital n'en sort plus. Une réduction de capital non motivée par des pertes, c'est une décision collective modifiant les statuts — donc l'unanimité si vos statuts n'ont rien aménagé —, une annonce légale, un nouveau dépôt au guichet unique. Et si un crédit est en cours, la banque n'a certes aucun droit d'opposition légal en société civile, mais sa convention peut parfaitement faire de la réduction de capital un cas d'exigibilité anticipée. Une seule question à se poser avant de signer : ai-je besoin de cette somme dans les cinq ans ?

Erreur 6 — Confondre incorporation et abandon de créance

Les deux font disparaître le compte courant du passif. Une seule est fiscalement neutre. En SCI à l'IS, l'abandon crée un produit imposable à hauteur de la somme abandonnée. Le raccourci « je renonce à mon compte courant, ça revient au même » coûte, sur 80 000 €, plusieurs milliers d'euros d'IS qui n'avaient aucune raison d'être payés.


12. FAQ — Incorporation du compte courant au capital d'une SCI

Faut-il l'accord de la banque pour incorporer un compte courant au capital ?

Juridiquement, non : l'augmentation de capital est une décision des associés. En pratique, si un prêt est en cours, lisez la convention de crédit : certaines comportent des clauses de maintien de la structure financière ou d'information préalable du prêteur. Et si l'opération est justement faite pour satisfaire la banque, faites-lui valider par écrit qu'elle produira l'effet attendu — avant de payer l'annonce légale.

Peut-on incorporer le compte courant d'un associé qui vient d'entrer dans la SCI ?

Rien ne s'y oppose, tant que la créance est réelle et justifiée. Mais un versement en compte courant fait la veille de l'assemblée et incorporé le lendemain sera lu pour ce qu'il est : un apport en numéraire déguisé. Ce n'est pas illégal, c'est simplement inutilement compliqué — autant faire un apport en numéraire classique, bien plus facile à documenter. Sur l'entrée elle-même, voyez l'arrivée d'un nouvel associé en SCI.

La clause d'agrément s'applique-t-elle à une augmentation de capital ?

La clause d'agrément vise les cessions de parts, c'est-à-dire le transfert de parts existantes. Une augmentation de capital crée des parts nouvelles et ne transfère rien : la clause d'agrément ne joue donc pas, sauf si vos statuts l'ont expressément étendue à la souscription de parts nouvelles par un tiers. Les rédactions possibles sont passées en revue dans la clause d'agrément en SCI.

Que se passe-t-il si le compte courant a été nanti au profit d'un créancier ?

La créance n'est plus librement disponible : l'incorporer sans mainlevée revient à disposer d'un bien grevé d'une sûreté, ce qui expose le gérant. Il faut obtenir l'accord écrit du bénéficiaire du nantissement, quitte à reporter la sûreté sur les parts nouvelles. Le même raisonnement vaut pour une créance saisie par un créancier personnel de l'associé.

Peut-on incorporer les comptes courants de plusieurs associés dans la même assemblée ?

Non seulement c'est possible, mais c'est préférable : une assemblée, un procès-verbal, une annonce légale, un dépôt INPI. Vous divisez la facture par le nombre d'associés concernés. Chacun fait l'objet d'un arrêté de compte distinct et le procès-verbal détaille sa souscription. C'est aussi le moment de remettre les proportions d'aplomb : si chacun incorpore à hauteur de sa quote-part, la répartition ne bouge pas d'un point.

L'incorporation peut-elle servir à préparer une donation de parts ?

C'est même un grand classique patrimonial. Tant que la valeur dort dans un compte courant, elle ne se transmet pas en parts et échappe à tout démembrement. Incorporée, elle intègre la valeur des parts, que l'on peut alors donner en nue-propriété avec réserve d'usufruit. Une réserve à ne pas oublier : la donation de parts relève de l'article 931 du Code civil et suppose un acte notarié.

Faut-il modifier la valeur nominale des parts existantes ?

Non, ce n'est ni nécessaire ni souhaitable dans la plupart des cas. On conserve la valeur nominale historique et on ajuste le nombre de parts créées via la prime d'émission. Modifier la valeur nominale des parts existantes suppose une opération distincte, plus lourde, qui n'apporte rien ici.

L'opération est-elle possible dans une SCI en sommeil ou déficitaire ?

C'est souvent là qu'elle sert le plus. Une SCI déficitaire aux capitaux propres négatifs retrouve d'un coup un bilan lisible. Une SCI mise en sommeil peut aussi le faire : ses organes sociaux restent en fonction, l'assemblée se tient normalement. Le seul vrai contrôle porte sur la créance — elle doit rester justifiée par une comptabilité tenue.

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Un compte courant par associé, un solde juste à tout moment, un arrêté de compte imprimable et un procès-verbal d'assemblée générale extraordinaire prêt à signer. Les écritures d'incorporation sont proposées automatiquement, la nouvelle répartition est reprise sur la liasse. IR ou IS, dès 229 € par an.

Sources officielles

  • Articles 1347 et 1347-1 du Code civil (compensation : obligations fongibles, certaines, liquides et exigibles)
  • Article 1836 du Code civil (modification des statuts : accord unanime des associés à défaut de clause contraire ; alinéa 2 : les engagements d'un associé ne peuvent en aucun cas être augmentés sans son consentement)
  • Article 1865-1 du Code civil, créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (formalisme, à peine de nullité, des cessions de parts de personnes morales à prépondérance immobilière — texte visant la cession, non l'augmentation de capital)
  • Articles 1843-2, 1844, 1844-1 et 1852 du Code civil (droits proportionnels aux apports, participation aux décisions, répartition des bénéfices et des pertes, clauses léonines, majorité statutaire)
  • Articles 1857 et 1858 du Code civil (responsabilité indéfinie, conjointe et proportionnelle aux parts, subsidiaire par rapport à la poursuite de la société)
  • Article 1855 du Code civil et article 48 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 (droit d'information de l'associé)
  • Article 40 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 (convocation des associés quinze jours au moins avant la réunion, par lettre recommandée ; ordre du jour intelligible sans renvoi à d'autres documents ; mise à disposition du texte des résolutions dès la convocation)
  • Cour de cassation, chambre mixte, 16 décembre 2005, n° 04-10.986 (article 40 du décret du 3 juillet 1978 : convocation à peine de nullité en cas de grief, délai apprécié à la date d'expédition)
  • Article R. 123-66 du Code de commerce (demande d'inscription modificative dans le mois de l'événement, via le guichet unique)
  • Articles L. 223-34 et L. 225-205 du Code de commerce (droit d'opposition des créanciers en cas de réduction de capital — dispositifs propres aux sociétés commerciales, sans équivalent légal en société civile)
  • Article 931 du Code civil (donation de parts par acte notarié)
  • Article 810, I du CGI, dans sa rédaction issue de l'article 26 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 (apports enregistrés gratuitement ; remplacement par la gratuité des droits fixes de 375 € et 500 € que prévoyait l'ancien article 810, I)
  • Article 809, I, 3° du CGI et BOI-ENR-AVS-10-20 (apports d'immeubles assimilés à des mutations à titre onéreux et régime des apports à titre onéreux — régimes distincts, non applicables à l'incorporation d'une créance)
  • Article 635, 1, 5° du CGI, dans sa rédaction issue de l'article 67 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020 de finances pour 2021 (suppression, depuis le 1er janvier 2021, de la formalité obligatoire d'enregistrement des actes constatant une augmentation de capital en numéraire)
  • Article 39, 1, 3° du CGI (plafond de déduction des intérêts de comptes courants d'associés en régime d'impôt sur les sociétés) ; BOI-BIC-CHG-50-50-30 — 4,55 % pour un exercice de douze mois clos le 31 décembre 2025, 4,34 % pour les clôtures du 31 mai au 29 juin 2026
  • Article 31, I, 1°, d du CGI (déduction des intérêts d'emprunt en revenus fonciers)
  • Articles 150 U, 150 UB et 150-0 A du CGI (plus-values de cession de parts selon le régime fiscal de la société)
  • Article 238 bis K du CGI (détermination de la quote-part de résultat revenant à un associé personne morale)
  • Article L. 64 du LPF (procédure de l'abus de droit fiscal)
  • Arrêté du 19 novembre 2021 relatif à la tarification et aux modalités de publication des annonces judiciaires et légales, modifié par l'arrêté du 19 novembre 2025 applicable au 1er janvier 2026 (forfait de 136 € HT en métropole pour l'avis de modification du capital social ; 191 € HT pour la constitution d'une SCI ; tarif au caractère de 0,189 à 0,239 € HT à défaut de forfait)
  • Tarif réglementé des formalités : augmentation de capital d'une société civile avec dépôt d'actes, 185,77 € TTC (émoluments du greffe et TVA, dépôt d'actes de 13,16 € compris, taxe BODACC de 116 € et redevance INPI de 5,90 €) — barème à revérifier au jour du dépôt
  • Plan comptable général, règlement ANC n° 2014-03 : comptes 101 « Capital social », 1041 « Primes d'émission », 455 « Associés – comptes courants », 6615 « Intérêts des comptes courants et des dépôts créditeurs »
  • Formulaires 2033-A, 2033-B, 2033-F et 2057-SD (bilan simplifié, compte de résultat, composition du capital social, état des échéances des créances et des dettes)

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Le régime applicable dépend de la rédaction de vos statuts, du régime fiscal de la société et de la situation de chaque associé.

FAQ

Questions fréquentes

Oui, c'est même une opération courante. Techniquement, l'associé souscrit une augmentation de capital et la libère par compensation avec la créance qu'il détient sur la société. Cette créance doit être certaine, liquide et exigible au sens de l'article 1347-1 du Code civil. En échange, il reçoit des parts sociales nouvelles et sa créance disparaît.
L'augmentation de capital modifie les statuts. L'article 1836 du Code civil pose que les statuts ne peuvent être modifiés, à défaut de clause contraire, que par accord unanime des associés. Beaucoup de statuts de SCI prévoient une majorité allégée (les deux tiers, la majorité des parts) : c'est la première chose à vérifier, avant même de convoquer l'assemblée. Sans clause, un seul associé opposé bloque l'opération.
Non, pas dans les mêmes conditions. Un compte courant se rembourse à vue, sur simple demande, sans formalité. Une fois incorporé, l'argent est du capital social : il ne ressort que par une réduction de capital (décision collective modifiant les statuts, annonce légale, nouveau dépôt au guichet unique) ou lors de la liquidation, après désintéressement de tous les créanciers. C'est le vrai prix de l'opération.
Les droits d'enregistrement sont nuls : depuis l'article 26 de la loi de finances pour 2019, l'article 810, I du CGI prévoit que les apports sont enregistrés gratuitement. Restent l'annonce légale de modification du capital social, au forfait de 136 € HT en métropole en 2026, et la formalité de modification avec dépôt d'actes, facturée 185,77 € TTC pour une société civile. Soit environ 350 € tout compris si vous rédigez vous-même le procès-verbal et les statuts, hors honoraires facultatifs.
Jamais, et pour deux raisons cumulatives. La libération par compensation avec une créance liquide et exigible est juridiquement un apport en numéraire, pas un apport en nature. Et de toute façon, la société civile ignore la procédure du commissaire aux apports, réservée aux sociétés commerciales. Un arrêté de compte signé par le gérant et par l'associé suffit — c'est la seule pièce à ne pas bâcler.
Non. L'associé échange une créance de 60 000 € contre des parts de même valeur : il n'encaisse rien et ne s'enrichit pas. Aucun revenu n'est constaté. En revanche, les intérêts éventuellement courus sur le compte courant et inscrits dans l'arrêté de compte restent, eux, des revenus de créances imposables à leur date d'inscription — l'incorporation ne les efface pas.
Aucun produit, et c'est toute la différence avec l'abandon de créance. Abandonner un compte courant génère un produit qui augmente le résultat imposable d'une SCI à l'IS. L'incorporation, elle, reste un mouvement interne au passif : on débite le 455, on crédite le 101, le compte de résultat n'est pas touché. Zéro impôt sur les sociétés à la clé.
C'est impossible par construction. Un compte courant débiteur, cela veut dire que l'associé doit de l'argent à la SCI et non l'inverse : il n'existe donc aucune créance à convertir en parts. C'est un tout autre problème, qui appelle un remboursement rapide et soulève, selon les configurations, des questions de responsabilité du gérant.
À la date de l'assemblée générale extraordinaire : débit du compte 455 « Associés – comptes courants » pour le montant incorporé, crédit du compte 101 « Capital social » pour la valeur nominale des parts créées et, s'il y a lieu, crédit du compte 1041 « Primes d'émission » pour le surplus. Le total du bilan ne bouge pas : seule la structure du passif change, une dette devenant des capitaux propres.
À ce que l'associé qui incorpore reçoive un nombre de parts correspondant à la valeur réelle de la société, et non à la valeur nominale historique. Sans prime, un associé qui incorpore 80 000 € dans une SCI au capital de 1 000 € obtient 8 000 parts nouvelles et écrase mécaniquement les autres. Avec une prime calculée sur l'actif net réévalué, il obtient le nombre de parts qui correspond réellement à son apport.
Trois leviers, cumulables. Faire incorporer chacun à proportion de ses parts, quand tous ont un compte courant. Émettre les parts nouvelles avec une prime d'émission fondée sur la valeur réelle des parts. Ou n'incorporer qu'une fraction du compte courant, calibrée pour atteindre le niveau de fonds propres visé sans franchir un seuil de majorité. Le calcul se fait avant l'assemblée, jamais après.
Oui. Toute modification statutaire d'une SCI donne lieu à un avis dans un support habilité à recevoir des annonces légales du département du siège, publié avant le dépôt de la formalité. L'avis mentionne la dénomination, le siège, le numéro d'identification, l'ancien et le nouveau capital, et l'organe qui a décidé la modification. Il est facturé au forfait, 136 € HT en métropole en 2026, à condition de ne porter que sur cette seule modification. L'attestation de parution est jointe au dossier INPI.
Elle améliore réellement les ratios : les fonds propres augmentent, l'endettement apparent diminue, le gearing s'améliore. Pour une SCI dont les capitaux propres sont négatifs, c'est parfois la condition posée par la banque pour instruire un nouveau financement. Mais beaucoup d'analystes bancaires retraitent déjà les comptes courants bloqués en quasi-fonds propres : une convention de blocage bien rédigée produit souvent 80 % de l'effet pour 0 € et sans irréversibilité.
Ils cessent, puisque la créance disparaît. L'associé qui percevait des intérêts déductibles pour la SCI et imposables entre ses mains échange ce flux contre une espérance de dividendes ou de boni de liquidation, dont la fiscalité et la disponibilité n'ont rien à voir. Pour un associé qui utilisait son compte courant comme un placement rémunéré, c'est un vrai renoncement à chiffrer avant de décider.
Elle en déplace la répartition. L'article 1857 du Code civil rend les associés d'une SCI indéfiniment responsables des dettes sociales, à proportion de leur part dans le capital — responsabilité conjointe, non solidaire, et subsidiaire au sens de l'article 1858. En augmentant sa quote-part de capital, l'associé qui incorpore augmente donc sa part de risque. En sens inverse, la dette de compte courant disparaît du passif, ce qui réduit le passif total exigible.
Oui, et c'est fréquemment la meilleure façon de procéder. Rien n'oblige à convertir la totalité : l'assemblée fixe librement le montant incorporé, le solde restant en compte courant, donc remboursable. Incorporer le strict nécessaire pour repasser en fonds propres positifs, ou pour atteindre le ratio réclamé par la banque, vous laisse toute la souplesse sur le reste.