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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Usufruit locatif social et SCI : le montage ULS expliqué (2026)

L'usufruit locatif social achète la paix. Pendant quinze à vingt ans, un bailleur social détient l'usufruit d'un logement : il encaisse les loyers, choisit et gère les locataires, supporte l'entretien et porte le risque d'impayé. Votre SCI, elle, n'achète que la nue-propriété — à 55 ou 65 % du prix d'un bien comparable — ne touche aucun loyer, ne déclare aucun revenu foncier au titre de ce logement, et récupère au terme un bien libre d'occupant, sans acte, sans droits et sans impôt.

Le montage est sérieux : il est encadré depuis 2006 par les articles L253-1 à L253-8 du Code de la construction et de l'habitation. Il est aussi illiquide, sans revenu et sans effet de levier locatif. Traduction : rien ne rembourse le crédit à votre place, pendant seize ans. Ce guide prend le mécanisme article par article, chiffre la décote et la fiscalité réelle sur un cas complet, détaille ce qui se passe au terme — et dit franchement à qui l'ULS ne convient pas.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code de la construction et de l'habitation, CGI, BOFiP, Legifrance). Mis à jour le 3 août 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.

L'essentiel en 30 secondes

  • L'usufruit locatif social est un démembrement conventionnel des articles L253-1 à L253-8 du CCH : l'usufruit d'un logement est cédé à une personne morale pour quinze ans au minimum, en vue de la location.
  • La SCI n'achète que la nue-propriété, avec une décote couramment comprise entre 30 et 45 % selon la durée retenue.
  • Pendant l'usufruit : aucun loyer, aucun revenu foncier à déclarer, pas de taxe foncière (art. 1400, II du CGI), pas de gestion, pas d'impayé — et un logement hors assiette de l'IFI (art. 968 du CGI).
  • Les intérêts d'emprunt restent déductibles si l'usufruitier est un bailleur social qualifié (art. 31, I, 1°, d du CGI) : c'est l'avantage propre à l'ULS, absent d'une nue-propriété classique.
  • Au terme, la pleine propriété se reconstitue sans acte, sans droits et sans impôt (art. 1133 du CGI), le bail prenant fin de plein droit (art. L253-4 du CCH).
  • Contreparties assumées : aucun revenu pour rembourser le crédit et une illiquidité forte pendant toute la durée du démembrement.

1. Le mécanisme de l'usufruit locatif social : ce que dit le CCH

L'usufruit locatif social — l'ULS dans le jargon des promoteurs — n'est pas un produit financier mais l'application d'un régime légal précis. Il repose sur un chapitre entier du Code de la construction et de l'habitation, intitulé « Bail dans le cadre d'une convention d'usufruit », composé des articles L253-1, L253-1-1 et L253-2 à L253-8. Le socle est issu de l'article 42 de la loi ENL n° 2006-872 du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement ; l'article L253-1-1, qui règle les charges de copropriété et le droit de vote, a été créé plus tard par l'article 171 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (loi Climat et résilience) et est en vigueur depuis le 25 août 2021. C'est l'article que les plaquettes oublient le plus souvent, et c'est pourtant celui qui protège le mieux le nu-propriétaire (chapitre 3).

La dissociation : article L253-1 du CCH

Le texte fondateur tient en une phrase. L'article L253-1 du CCH dispose que « l'usufruit d'un logement ou d'un ensemble de logements peut être établi par convention au profit d'une personne morale, pour une durée minimale de quinze années, en vue de la location de ce ou ces logements ».

Chaque groupe de mots compte, et les plaquettes commerciales en déforment au moins un sur deux :

  • « Par convention » : l'usufruit ne résulte ni de la loi ni d'un testament. C'est un usufruit conventionnel, créé par un acte notarié publié au service de la publicité foncière, comme tout démembrement portant sur un immeuble. Cette qualification n'est pas anecdotique : elle commande le traitement IFI que nous détaillons plus bas.
  • « Au profit d'une personne morale » : le texte n'exige pas, en lui-même, que l'usufruitier soit un organisme agréé de logement social. Il exige seulement une personne morale. C'est la pratique — et surtout la fiscalité — qui impose de fait le bailleur social.
  • « Pour une durée minimale de quinze années » : quinze ans est un plancher, jamais un maximum. Les programmes commercialisés retiennent le plus souvent quinze, seize, dix-huit ou vingt ans. Personne ne vous vendra un ULS de dix ans : ce serait illégal.

Quand le régime est-il d'ordre public ? Article L253-8

L'article L253-8 du CCH, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 (loi ELAN), précise que « les dispositions du présent chapitre sont d'ordre public, dès lors que les logements concernés sont soit des logements locatifs sociaux définis à l'article L. 302-5, soit des logements locatifs intermédiaires tels que définis à l'article L. 302-16 ».

La conséquence est directe. La protection du locataire et le calendrier de fin d'usufruit ne deviennent impératifs que si les logements relèvent du logement social ou du logement locatif intermédiaire. Ailleurs, le chapitre s'applique toujours, mais les parties gardent une marge contractuelle plus large. Pour un investisseur, cela veut dire une chose : identifiez la nature exacte du logement financé, pas seulement la qualité de l'usufruitier. Ce sont deux vérifications différentes, et la seconde ne dispense pas de la première.

Le financement et le conventionnement : article L253-2

Comment le bailleur social finance-t-il son usufruit ? Le CCH y répond à son article L253-2 : les logements dont l'usufruit est détenu par les bailleurs visés à l'article L253-1 « peuvent être financés par des prêts aidés dans des conditions définies par décret » et « peuvent faire l'objet d'une convention mentionnée à l'article L. 831-1, conclue pour une durée identique à celle de l'usufruit ». C'est ce conventionnement APL, calé sur la durée de l'usufruit, qui rend l'opération viable pour le bailleur social : il finance l'achat de l'usufruit par des prêts aidés et par les loyers plafonnés qu'il percevra pendant toute la période. Le même article ajoute que, lorsque cette convention est conclue, les articles L353-7 et L353-16 du CCH sont applicables aux locataires et occupants présents au jour de sa conclusion — le législateur a donc prévu le cas d'un immeuble déjà occupé.

Retenez la symétrie, elle explique tout le reste : l'usufruitier ne vous fait aucune faveur. Il achète un flux de loyers sur quinze à vingt ans, à un prix qui reflète ce flux. La décote que vous obtenez sur la nue-propriété, c'est le chèque qu'il a signé pour ces loyers. Ni plus, ni moins.

Le bail : articles L253-3 et L253-4

Le bail signé par le locataire n'est pas un bail de droit commun. L'article L253-3 du CCH impose qu'il « doit expressément indiquer, de manière apparente, le statut juridique du logement, préciser le terme ultime du contrat tel que prévu à l'article L. 253-4 et reproduire les termes des articles L. 253-5 à L. 253-7 ».

Et l'article L253-4 fixe la règle qui fait tout le montage : « Le bail conclu dans le cadre d'un usufruit prend fin de plein droit au plus tard à la date de l'extinction des droits d'usufruit sur le bien loué. » Son second alinéa écarte expressément les deuxième à quatrième alinéas de l'article 595 du Code civil. Attention à ne pas se tromper sur la portée de cette exclusion, souvent mal restituée : le pouvoir de l'usufruitier de louer seul un logement découle du premier alinéa de l'article 595 (« l'usufruitier peut jouir par lui-même, donner à bail à un autre… »), qui n'est pas écarté et n'a jamais exigé le concours du nu-propriétaire pour un bail d'habitation — l'alinéa 4 ne vise que les baux ruraux et les immeubles à usage commercial, industriel ou artisanal. Ce que L253-4 neutralise réellement, ce sont les règles d'opposabilité et de durée des baux au nu-propriétaire : l'alinéa 2 (baux de plus de neuf ans opposables dans des limites strictes) et l'alinéa 3 (nullité des renouvellements anticipés). La cohérence est évidente avec le terme couperet posé à l'alinéa 1er de L253-4 : aucun bail ne peut survivre à l'usufruit. Le locataire est donc informé dès la signature que son bail a un terme couperet. C'est ce qui distingue radicalement l'ULS d'un investissement locatif classique où, en présence d'une personne morale bailleresse, le bail d'habitation est reconduit par périodes de six ans et où la reprise est fermée à une SCI non familiale.

Le point que personne ne dit clairement : l'ULS est le seul montage qui permette à une SCI ordinaire de récupérer un logement libre d'occupant à une date connue d'avance. En location nue classique, une SCI non familiale ne peut pas donner congé pour reprise : l'article 15-I de la loi du 6 juillet 1989 définit le congé pour reprise et ses bénéficiaires, et c'est l'article 13 de la même loi qui réserve ce droit, pour un bailleur personne morale, à la société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus (au profit d'un associé) ou à l'indivision (au profit d'un indivisaire). En ULS, la sortie du locataire est organisée par la loi elle-même. C'est un avantage juridique, pas seulement fiscal.

Qui sont les usufruitiers en pratique

L'article L253-1 se contente d'une « personne morale ». Mais la fiscalité du nu-propriétaire — le vrai moteur du montage — referme la porte : seules les catégories d'usufruitiers visées par le d du 1° du I de l'article 31 du CGI ouvrent droit à la déduction des intérêts. Il y en a trois.

  • les organismes d'habitations à loyer modéré mentionnés à l'article L411-2 du CCH (offices publics de l'habitat, sociétés anonymes d'HLM, sociétés anonymes coopératives de production, sociétés anonymes coopératives d'intérêt collectif d'HLM, fondations d'HLM) ;
  • les sociétés d'économie mixte réalisant des opérations au titre du service d'intérêt général défini à l'article L411-2 du CCH et soumises aux articles L481-1 à L481-7 du même code ;
  • les organismes disposant de l'agrément prévu à l'article L365-1 du CCH (maîtrise d'ouvrage d'insertion, ingénierie sociale, intermédiation locative).

Précision de référence. Le texte du d du 1° du I de l'article 31 du CGI vise « un organisme disposant de l'agrément prévu à l'article L. 365-1 » du CCH ; la doctrine administrative, au § 175 du BOI-RFPI-BASE-20-80, renvoie pour sa part à l'organisme agréé de l'article L365-2 (agrément de maîtrise d'ouvrage). Les organismes proposés dans les programmes structurés relèvent généralement des deux lectures, ce qui règle la question dans les faits. En cas de doute, une demande suffit : exigez du promoteur la copie de l'arrêté d'agrément de l'usufruitier.

Un usufruitier hors de cette liste ? Le montage reste juridiquement valable, mais la déduction des intérêts d'emprunt saute. Sur un ULS financé à crédit, cela représente plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie d'impôt évaporés. C'est la première ligne à vérifier dans une plaquette — avant même de regarder la décote annoncée en gros caractères sur la couverture.


2. Le prix de la nue-propriété : d'où vient la décote de 30 à 45 %

Le cadre juridique est posé. Reste la question qui décide de tout : combien coûte la nue-propriété, et pourquoi ce prix-là plutôt qu'un autre.

La logique économique, en une ligne

Vous n'achetez pas un bien avec une remise. Vous achetez la valeur actuelle d'un bien que vous recevrez dans quinze à vingt ans. Nuance capitale : une remise, c'est un cadeau du vendeur ; une décote de nue-propriété, c'est le prix du temps. Le vendeur, lui, ne perd rien — il encaisse le même jour votre chèque et celui du bailleur social. Il vend la totalité du bien, simplement à deux acheteurs au lieu d'un.

La décote mesure donc ce que vaut aujourd'hui la privation de jouissance pendant la durée du démembrement. Deux curseurs la font bouger : la durée, d'abord — plus elle est longue, plus la décote est forte ; le niveau des loyers ensuite, car un usufruit sur un logement bien loué vaut cher, et ce qui est cher d'un côté est décoté de l'autre.

Les décotes observées, présentées pour ce qu'elles sont

Un avertissement avant de lire le tableau : il est indicatif. Aucun barème légal ne fixe ces niveaux, aucune garantie ne les accompagne. Le prix d'une nue-propriété se négocie, programme par programme, et dépend de la ville comme du bailleur social retenu.

Durée de l'usufruit Décote courante (indicative) Prix de la nue-propriété Rendement implicite si la valeur est stable
15 ans (plancher légal)30 à 38 %62 à 70 % de la pleine propriété2,4 à 3,2 % / an
16 ans33 à 40 %60 à 67 % de la pleine propriété2,5 à 3,3 % / an
18 ans36 à 43 %57 à 64 % de la pleine propriété2,5 à 3,2 % / an
20 ans40 à 45 %55 à 60 % de la pleine propriété2,6 à 3,0 % / an

Arrêtons-nous sur la dernière colonne, parce que c'est là que la plupart des investisseurs se trompent de comparaison. 2,5 à 3,3 % par an, ça paraît médiocre à côté d'une annonce de rendement locatif à 5 %. Sauf qu'il s'agit d'un rendement net d'impôt sur le revenu, net de prélèvements sociaux, net de charges, net de vacance et net de gestion. Prenez le locatif ordinaire à 4,5 % brut : retirez un mois de vacance moyenne, 20 % de charges, puis 41 % de tranche marginale et 17,2 % de prélèvements sociaux sur le revenu net — il reste environ 1,4 % net par an, pas 3 %. La vraie question n'est donc pas « 3 % ou 4,5 % ». Elle est : « environ 3 % net sans rien faire, ou environ 1,4 % net avec des locataires à gérer ». Le chapitre 7 le chiffre ligne à ligne, et compare bien deux grandeurs de même nature : un taux de rendement interne dans les deux cas, capital final inclus.

Ne confondez jamais le prix et le barème de l'article 669 du CGI

C'est le réflexe que je vois le plus souvent chez les investisseurs qui découvrent le démembrement : sortir le barème fiscal de l'article 669 du CGI pour juger si le prix proposé est correct. Le II de cet article estime l'usufruit à durée fixe à 23 % de la valeur de la propriété entière par période de dix ans, sans fraction, sans égard à l'âge de l'usufruitier, et sans jamais dépasser la valeur d'un usufruit viager.

Durée de l'usufruit Valeur fiscale de l'usufruit (art. 669 II CGI) Valeur fiscale de la nue-propriété
10 ans23 %77 %
20 ans46 %54 %
30 ans69 %31 %

Que faire des durées qui ne tombent pas juste ? C'est la mention « sans fraction » qui tranche : toute période de dix ans commencée compte pour une période entière (BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50). Quinze ans et seize ans donnent donc le même résultat, 46 % pour l'usufruit et 54 % pour la nue-propriété. Le texte ajoute un garde-fou : ce calcul ne peut jamais valoriser un usufruit à durée fixe au-delà d'un usufruit viager.

À retenir : ce barème sert à liquider les droits de mutation à titre gratuit (donation, succession) et à répartir l'assiette IFI dans les cas où la loi le prévoit. Il ne fixe pas le prix d'une vente. Dans une acquisition en usufruit locatif social, la base des droits d'enregistrement est le prix réellement stipulé dans l'acte, sous réserve du droit de contrôle de l'administration en cas d'insuffisance manifeste. Un écart entre le prix négocié et le barème 669 n'est donc ni anormal ni suspect en soi.

Les frais d'acquisition

Neuf ou ancien : l'écart sur la note de frais est considérable.

  • Programme neuf (VEFA) — c'est le cas le plus fréquent en ULS. La vente relève de la TVA immobilière, le prix est TTC et les frais d'acte sont réduits : comptez de l'ordre de 2 à 3 % du prix de la nue-propriété.
  • Immeuble ancien — la vente supporte les droits de mutation à titre onéreux de droit commun, dont le taux global atteint environ 6,32 % dans la grande majorité des départements depuis l'exercice par ceux-ci de la faculté de majoration ouverte par l'article 116 de la loi de finances pour 2025 ; il reste à 5,81 % dans une minorité de départements. Frais d'acte complets : de l'ordre de 7 à 8 %.

Détail qui ne saute pas aux yeux : ces frais se calculent sur le prix de la nue-propriété, donc sur une base déjà amputée de 30 à 45 %. Sur un logement ancien valant 300 000 € en pleine propriété acheté 180 000 € en nue-propriété, l'économie de droits dépasse 7 000 €. Ce n'est pas la raison d'être du montage, mais ça paye le déménagement.


3. Ce que la SCI ne supporte pas (et ce qu'elle supporte quand même)

« Zéro souci, zéro charge, zéro gestion » : voilà la promesse ULS telle qu'on la lit dans les brochures. Elle est largement vraie. Largement, pas totalement. Faisons le tri.

Ce que la SCI ne supporte réellement pas

Poste Qui le supporte Fondement
Loyers, quittances, révisionsUsufruitierArt. 578, 582 et 584 C. civ. (les loyers sont des fruits civils)
Choix du locataire, bail, état des lieuxUsufruitierArt. 595 al. 1er C. civ. (l'usufruitier donne à bail seul) ; art. L253-4 al. 2 CCH (al. 2 à 4 de l'art. 595 écartés : opposabilité et durée) ; mentions imposées par l'art. L253-3 CCH
Impayés de loyer, contentieux, expulsionUsufruitierQualité de bailleur
Vacance locativeUsufruitierRisque économique de l'usufruit
Taxe foncièreUsufruitierArt. 1400, II du CGI
Charges courantes et entretienUsufruitierArt. 605 C. civ. + convention
Provisions de copropriété : budget prévisionnel et fonds de travauxUsufruitierArt. L253-1-1, I CCH (provisions des art. 14-1 et 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965) — règle légale
Vote en assemblée générale de copropriétéUsufruitierArt. L253-1-1, II CCH : mandataire commun de droit, avec délégation de vote sur les art. 24, 25 (sauf n) et 26 c de la loi de 1965
Assurance propriétaire non occupantUsufruitierConvention d'usufruit (à vérifier)
Grosses réparations de l'art. 606 C. civ. non financées par le fonds de travauxUsufruitier si la convention le prévoitArt. 606 C. civ., supplétif (résiduel en copropriété, où le fonds de travaux relève de l'art. L253-1-1, I CCH)

Le vrai point de vigilance : la clause travaux

Le droit commun de l'usufruit est clair et il n'est pas favorable au nu-propriétaire : l'article 605 du Code civil ne met à la charge de l'usufruitier que les réparations d'entretien, tandis que l'article 606 laisse les grosses réparations — gros murs et voûtes, rétablissement des poutres et des couvertures entières, digues, murs de soutènement et de clôture — à la charge du propriétaire, sauf lorsqu'elles ont été occasionnées par un défaut d'entretien depuis l'ouverture de l'usufruit.

Sauf que le CCH ne laisse pas ce droit commun s'appliquer tel quel, et c'est le point que la quasi-totalité des présentations commerciales manque. L'article L253-1-1 du CCH, créé par l'article 171 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, pose trois règles légales — pas contractuelles :

  • I. La convention d'usufruit précise la répartition des dépenses de l'immeuble entre nu-propriétaire et usufruitier ; et « l'usufruitier supporte seul, pendant la durée de la convention, le paiement des provisions prévues aux articles 14-1 et 14-2-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ». Traduction : le budget prévisionnel de copropriété (art. 14-1) et le fonds de travaux (art. 14-2-1) — celui-là même qui finance les grosses réparations en copropriété — sont légalement à la charge du bailleur social.
  • II. Par dérogation à l'article 23 de la loi de 1965, l'usufruitier est de droit le mandataire commun lorsque la convention porte sur des lots de copropriété, avec délégation de vote pour les décisions des articles 24, 25 (à l'exclusion du n) et 26 c dont il assume la charge financière définitive. La question « qui vote en assemblée générale ? » est donc tranchée par la loi.
  • III. La convention doit préciser la répartition des charges à son expiration, le sort des avances et provisions appelées pendant son cours et les régularisations postérieures à l'extinction — ces clauses étant inopposables au syndicat des copropriétaires.

Or les programmes ULS sont presque toujours des lots de copropriété, souvent acquis en VEFA. L'essentiel du sujet « travaux » y est donc réglé par la loi, et non par la seule convention. Ce qui reste au droit commun des articles 605 et 606 est résiduel : les travaux sur parties privatives, et les dépenses de copropriété qui échapperaient aux provisions des articles 14-1 et 14-2-1. Sur ce résidu, le partage relève effectivement de la convention d'usufruit, et dans les programmes structurés elle transfère presque toujours l'ensemble des travaux à l'usufruitier, article 606 compris, avec restitution en bon état d'usage. « Presque toujours » n'est pas « toujours » — et pour une maison individuelle hors copropriété, l'article L253-1-1 ne joue pas du tout. D'où la règle : on lit la convention avant de signer le compromis, pas après.

Les cinq clauses à lire avant de signer

  1. Charge des travaux privatifs et hors provisions : l'article 606 est-il expressément transféré à l'usufruitier pour tout ce qui échappe aux provisions de copropriété ? Sans quoi votre SCI peut recevoir un appel de fonds pour une toiture — c'est le seul cas de figure en maison individuelle, où l'article L253-1-1 ne s'applique pas.
  2. État de restitution : le bien est-il restitué « en bon état d'usage et de réparations locatives », après remise en état documentée ? Y a-t-il un budget de remise en état provisionné ?
  3. Travaux de copropriété : vérifiez que la convention respecte l'article L253-1-1 (provisions des art. 14-1 et 14-2-1 à l'usufruitier, mandat commun de droit) et, comme son III l'impose, qu'elle règle la répartition des charges à l'expiration, le sort des avances et provisions et les régularisations postérieures.
  4. Assurance : qui assure, pour quels risques, et qui perçoit l'indemnité en cas de sinistre affectant la structure ?
  5. Prorogation : dans quelles conditions l'usufruitier peut-il demander une prolongation, et à quel prix ? Une prorogation subie transformerait votre horizon de sortie.

Ce que la SCI supporte, quoi qu'il arrive

Voilà ce que les présentations « zéro contrainte » oublient de mentionner. Une SCI qui détient une nue-propriété reste une société, avec un gérant, des associés et un fisc en face. Elle doit donc :

  • Tenir sa comptabilité et faire vivre sa vie sociale : le gérant rend compte de sa gestion aux associés au moins une fois par an (art. 1856 du Code civil), avec assemblée générale annuelle et procès-verbal. Une SCI sans revenu n'est pas une SCI sans obligations — voir notre guide de la comptabilité de SCI.
  • Déposer sa déclaration 2072 chaque année, même à zéro ou en déficit. C'est par elle que remonte aux associés la quote-part d'intérêts déductibles ; notre guide de la déclaration 2072 détaille les cases à servir.
  • Rembourser son crédit, sans le moindre loyer pour y contribuer. C'est la contrainte structurante du montage, développée au chapitre 6.
  • Payer les frais bancaires, l'assurance emprunteur et les frais de tenue : ce sont de vraies sorties de trésorerie, à budgéter dans un plan de trésorerie sur toute la durée — étant précisé que les frais d'emprunt et la prime d'assurance-décès qui garantit le prêt suivent le sort des intérêts et sont donc déductibles (BOI-RFPI-BASE-20-80, § 190 et 200 : voir chapitre 4).
  • Redevenir redevable de la taxe foncière le 1er janvier suivant la reconstitution de la pleine propriété — après seize ans sans avis d'imposition, la ligne budgétaire réapparaît d'un coup (notre guide taxe foncière et SCI chiffre l'ordre de grandeur), en même temps qu'il faut assumer la remise en location ou la revente.

Structurez et suivez votre démembrement dans SCI-AI

Une SCI nu-propriétaire n'a pas de loyers, mais elle a des intérêts à ventiler, un capital à suivre et une 2072 à déposer chaque année. sci-ai.app tient la comptabilité, calcule la quote-part de chaque associé et télétransmet la déclaration.


4. La fiscalité de la SCI nu-propriétaire, point par point

Nous entrons dans la partie qui distingue l'usufruit locatif social de tous les autres démembrements. Prenons les questions dans l'ordre où elles se posent à un investisseur : impôt sur le revenu, intérêts d'emprunt, sort du déficit, IFI, plus-value, extinction — et pour finir, le cas de la SCI à l'IS, qu'on me soumet plus souvent qu'il ne le faudrait.

4.1. Impôt sur le revenu : rien à déclarer… sauf les intérêts

Pendant toute la durée de l'usufruit, la SCI ne perçoit aucun loyer. Il n'y a donc aucun revenu foncier imposable au titre du logement, ni pour la société ni pour les associés. Aucun prélèvement social non plus, puisqu'il n'y a pas d'assiette. Pour une SCI translucide relevant de l'article 8 du CGI, chaque associé n'a rien à porter sur sa 2044 au titre de ce bien — voir notre guide de la translucidité fiscale et celui de la quote-part sur la 2044.

Une case vide sur la 2044, donc. Sauf que l'histoire ne s'arrête pas là — et c'est tout l'intérêt du montage.

4.2. La déduction des intérêts d'emprunt : l'article 31, I, 1°, d du CGI

Aucun sujet n'est plus mal expliqué sur le marché de la nue-propriété, alors énonçons-le au mot près. Le d du 1° du I de l'article 31 du CGI range parmi les charges déductibles du revenu foncier « les intérêts de dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés, y compris celles dont le contribuable est nu-propriétaire et dont l'usufruit appartient temporairement » à :

  • un organisme d'HLM mentionné à l'article L411-2 du CCH ;
  • une société d'économie mixte ;
  • un organisme disposant de l'agrément prévu à l'article L365-1 du CCH.

Lisez la formulation au plus près : le texte parle d'intérêts de dettes, contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration. La reconstruction n'y figure pas. Et il pose une condition de qualité de l'usufruitier. Le § 175 du BOFiP reprend ces catégories, en visant pour la dernière l'organisme agréé de l'article L365-2 du CCH.

Ne laissez pas les frais d'emprunt de côté. « Intérêts de dettes » ne veut pas dire « intérêts seulement ». Le § 190 du BOI-RFPI-BASE-20-80 énonce que « les frais d'emprunt doivent être regardés comme ayant le caractère de charges déductibles au même titre que le montant des intérêts de l'emprunt dont ils découlent », et admet expressément les frais de constitution de dossier, les frais d'inscription hypothécaire ou en privilège, les frais de mainlevée, les contributions à un fonds mutuel de garantie, les agios et commissions bancaires, ainsi que les primes d'assurance-décès souscrites pour garantir le remboursement de l'emprunt (§ 200). Sur un ULS financé sur seize ans, la seule assurance emprunteur représente plusieurs milliers d'euros de charge foncière : elle se déduit dans les mêmes conditions que les intérêts, et il serait absurde de l'oublier sur la 2072.

L'administration commente le dispositif aux paragraphes 171 à 179 du BOI-RFPI-BASE-20-80. On y trouve trois précisions qui changent tout pour un investisseur en SCI :

  • le principe posé au § 171 reste que, lorsque les revenus de l'immeuble démembré ne sont pas imposés entre les mains de l'usufruitier dans la catégorie des revenus fonciers — ce qui est le cas d'un bailleur social —, les charges du nu-propriétaire ne sont pas déductibles. Le d du 1° du I de l'article 31 est une exception à cette règle (§ 172) ;
  • la nue-propriété peut être détenue directement par une personne physique ou par l'intermédiaire d'une société civile non soumise à l'impôt sur les sociétés, le BOFiP citant expressément la société civile immobilière et la société civile de placement immobilier (§ 172) ;
  • les conventions visées sont celles conclues en général pour une durée d'au moins quinze ans (§ 174), ce qui recoupe exactement le plancher de l'article L253-1 du CCH. Le même paragraphe admet la déduction aussi bien pour le plein propriétaire qui cède temporairement l'usufruit d'un logement acquis par emprunt que pour celui qui emprunte pour rénover un logement ancien avant d'en céder l'usufruit.

Résumons. Votre SCI à l'IR ne perçoit pas un euro de loyer et dégage pourtant, chaque année, une charge foncière égale aux intérêts payés. Cette charge remonte aux associés au prorata de leurs parts. Sur notre cas chiffré du chapitre 7, cela représente 39 500 € de charge sur seize ans, pour une société qui n'a jamais émis une quittance.

Attention à la condition de qualité de l'usufruitier. Cette déduction est une dérogation ciblée. Elle ne s'applique pas à une nue-propriété achetée auprès d'un particulier, à un démembrement familial, ni à un usufruit cédé à une société civile ou commerciale ordinaire. Dans ces cas, les intérêts d'un nu-propriétaire sans recette ne sont pas déductibles. C'est la différence économique majeure entre l'ULS et la nue-propriété « classique ».

4.3. Le sort du déficit : article 156 du CGI

Une SCI en ULS financée à crédit produit, par construction, un déficit foncier composé à 100 % d'intérêts d'emprunt. Rien d'autre : pas de travaux, pas de taxe foncière, pas d'assurance. Ce déficit obéit à deux règles, et l'ordre compte.

  1. Les intérêts s'imputent d'abord sur les revenus fonciers de l'année. Si les associés détiennent par ailleurs des immeubles loués nus — en direct ou via d'autres SCI —, les intérêts de l'ULS viennent réduire, euro pour euro, ce revenu foncier positif. L'économie d'impôt est alors immédiate et se mesure au taux marginal d'imposition majoré de 17,2 % de prélèvements sociaux.
  2. L'excédent n'est pas imputable sur le revenu global. Le 3° du I de l'article 156 du CGI réserve la fraction de déficit qui résulte des intérêts d'emprunt aux revenus fonciers des dix années suivantes. Le plafond de 10 700 € d'imputation sur le revenu global ne joue jamais pour des intérêts.

Retenez cette phrase avant toute simulation : l'ULS financé à crédit n'a d'intérêt fiscal immédiat que pour un investisseur qui a déjà des revenus fonciers. Un primo-investisseur sans autre immeuble conserve la déduction, mais elle dort en report — et se périme au bout de dix ans si aucun revenu foncier n'est apparu entre-temps. Le mécanisme d'imputation est détaillé dans notre guide du déficit foncier en SCI.

Le régime dérogatoire des grosses réparations n'existe plus. L'article 156, II, 2° quater du CGI permettait aux nus-propriétaires de déduire du revenu global certaines dépenses de grosses réparations, dans la limite de 25 000 € par an. Ce régime a été supprimé par la loi de finances pour 2017 pour les dépenses supportées à compter du 1er janvier 2017, et il était de toute façon réservé aux démembrements issus d'une succession ou d'une donation entre parents jusqu'au 4e degré — jamais à une acquisition à titre onéreux. Aucune plaquette ne devrait le mentionner.

4.4. L'IFI : l'atout le plus sous-estimé

Partons de la règle générale, posée par l'article 968 du CGI : les actifs grevés d'un usufruit sont compris, pour leur valeur en pleine propriété, dans le patrimoine de l'usufruitier. Le même article ouvre ensuite trois dérogations limitatives, qui répartissent l'assiette entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème de l'article 669, et seulement à condition que le droit d'usufruit n'ait été ni vendu ni cédé à titre gratuit par son titulaire :

  • l'usufruit résultant de l'article 757 du Code civil (conjoint survivant), de l'ancien article 767, de l'ancien article 1094 ou de l'article 1098 — le texte excluant expressément les démembrements issus d'autres dispositions, notamment de l'article 1094-1 ;
  • le démembrement résultant de la vente d'un bien dont le vendeur s'est réservé l'usufruit, lorsque l'acquéreur n'est pas l'une des personnes mentionnées à l'article 751 du CGI ;
  • l'usufruit réservé par le donateur d'un bien donné ou légué à l'État, à un département, à une commune, à un établissement public national administratif ou à une association reconnue d'utilité publique.

Passez l'ULS au crible de ces trois cas : il n'entre dans aucun. L'usufruit y est constitué par convention et cédé à titre onéreux au bailleur social. Ce qui donne :

  • le logement est en principe rattaché au patrimoine de l'usufruitier — qui est une personne morale non redevable de l'IFI ;
  • la SCI nu-propriétaire, et donc ses associés personnes physiques, ne déclarent pas ce bien à l'IFI pendant toute la durée du démembrement ;
  • en contrepartie, l'emprunt souscrit pour acquérir la nue-propriété n'est pas déductible d'une assiette dont l'actif est absent : on ne peut pas retirer une dette au titre d'un bien qu'on ne déclare pas.

Pour un redevable de l'IFI, faites le calcul : seize ans de constitution de patrimoine immobilier entièrement hors assiette, avec retour dans l'assiette seulement à l'extinction. Sur un logement de 300 000 € et un taux marginal d'IFI de 0,7 % — la tranche de 1,3 à 2,57 M€ du barème de l'article 977 du CGI, le taux moyen à ce niveau de patrimoine étant bien plus bas, de l'ordre de 0,30 à 0,45 % —, l'économie cumulée sur seize ans approche 33 000 €. Comparaison honnête : face à une acquisition en pleine propriété financée par le même emprunt, dont la dette viendrait en déduction de l'assiette, l'écart se resserre à environ 27 000 €. Dans les deux cas, l'avantage est acquis sans aucune décote de valorisation à défendre devant un vérificateur. C'est un levier bien plus solide que les abattements de valorisation qu'on voit fleurir dans certains montages. Notre guide SCI et IFI détaille les règles d'assiette et de valorisation des parts.

4.5. La plus-value à la revente

On ne sort pas d'un ULS de la même façon selon le moment choisi. Trois portes, trois régimes.

Scénario A — revente après l'extinction, en pleine propriété. C'est le cas normal. Le BOFiP tranche la question du prix d'acquisition au paragraphe 220 du BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 : lorsque la nue-propriété a été acquise à titre onéreux et l'usufruit recueilli par extinction, le prix d'acquisition de l'usufruit est en principe nul, mais il est admis de retenir, pour le calcul de la plus-value imposable, la valeur vénale de chacun des droits — donc la valeur de la pleine propriété — à la date d'entrée de la nue-propriété dans le patrimoine du cédant. Cette tolérance est très favorable : elle permet de retenir comme base la valeur du bien entier au jour de l'achat, et non le seul prix décoté payé.

La durée de détention, elle, se décompte depuis l'acquisition de la nue-propriété, pas depuis l'extinction. Quinze à vingt ans d'usufruit vous placent donc déjà très près, voire au-delà, des seuils d'exonération par la durée de détention. Attention à citer le bon texte : l'article 150 U du CGI définit le champ des plus-values immobilières des particuliers, mais la grille d'abattement se trouve ailleurs. Pour l'impôt sur le revenu, c'est l'article 150 VC du CGI (6 % par an de la 6e à la 21e année, 4 % la 22e) : exonération totale à 22 ans. Pour les prélèvements sociaux, c'est le 2 du VI de l'article L136-7 du code de la sécurité sociale (1,65 % par an de la 6e à la 21e, 1,60 % la 22e, puis 9 % par an de la 23e à la 30e) : exonération totale à 30 ans. Un ULS de vingt ans revendu deux ans après l'extinction est intégralement exonéré d'impôt sur le revenu au titre de la plus-value.

Scénario B — cession de la nue-propriété avant le terme. La plus-value est calculée sur le seul droit cédé : prix de cession de la nue-propriété moins prix d'acquisition de la nue-propriété, avec la même durée de détention. La mécanique est classique, le sujet est ailleurs — c'est un problème de liquidité, pas de fiscalité (voir chapitre 8).

Scénario C — cession des parts de la SCI. On sort du régime immobilier stricto sensu pour entrer dans celui des cessions de parts de sociétés à prépondérance immobilière, avec un formalisme désormais alourdi (voir chapitre 6). Notre guide plus-value en SCI détaille les deux régimes et notre guide cession de parts de SCI le formalisme applicable.

Rappel de la surtaxe. Au-delà de 50 000 € de plus-value nette imposable, la taxe de l'article 1609 nonies G du CGI s'applique. Pour une SCI translucide, elle s'apprécie au niveau de la société et non associé par associé (BOI-RFPI-TPVIE-20, § 60). Sur un ULS revendu en plus-value après vingt ans, l'abattement pour durée de détention l'éteint généralement, mais le calcul doit être fait.

4.6. L'extinction : aucun impôt

C'est la clé de voûte du montage et elle tient à un seul article. L'article 1133 du CGI prévoit que, sous réserve des dispositions de l'article 1020, la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ni taxe lorsqu'elle résulte du décès de l'usufruitier ou de l'expiration du temps fixé pour la durée de l'usufruit.

Au jour prévu par la convention, la SCI redevient pleine propriétaire :

  • sans acte de vente ni nouvel acte de mutation ;
  • sans droits d'enregistrement — la seule réserve étant la taxe de publicité foncière fixe de l'article 1020 du CGI si les parties choisissent de publier un acte constatant la réunion ;
  • sans imposition d'un quelconque profit, alors même que la valeur de son actif a mécaniquement augmenté de 43 % à 82 % selon la décote initiale — car une décote de 30 % (prix payé : 70 % de la pleine propriété) correspond à une progression de 43 %, et une décote de 45 % (prix payé : 55 %) à une progression de 82 %. Dans notre cas de référence du chapitre 7, 180 000 € deviennent 300 000 € : + 66,7 %. Ne confondez jamais les points de décote, exprimés en pourcentage de la pleine propriété, et le gain, exprimé en pourcentage du prix payé.

Pas de revenu perçu, pas d'impôt payé, et une valeur qui s'est reconstituée toute seule. On appelle cela un enrichissement non taxé — parfaitement légal, et voulu par le législateur lui-même. Vous n'êtes pas en train de contourner quoi que ce soit : vous appliquez un texte de 2006 conçu pour financer du logement social avec de l'épargne privée.

4.7. Et si la SCI est à l'IS ?

La question revient à chaque fois, souvent parce qu'on a lu quelque part que « l'IS permet d'amortir ». Ici, c'est une mauvaise idée dans l'immense majorité des cas. Trois raisons, qui se cumulent :

  • la déduction du d du 1° du I de l'article 31 du CGI relève des revenus fonciers ; le BOFiP vise expressément une société civile non soumise à l'IS. Passer à l'IS, c'est renoncer au mécanisme qui justifie le montage ;
  • la nue-propriété n'est en principe pas amortissable tant que dure l'usufruit : elle ne se déprécie pas, elle s'apprécie à mesure que le terme approche. L'amortissement ne peut démarrer qu'à la reconstitution de la pleine propriété, et seulement sur le prix de revient de la nue-propriété. L'IS ne procure donc pas ici son avantage habituel (voir amortissement en SCI) ;
  • surtout, la revente après extinction fait ressortir une plus-value professionnelle calculée sur une valeur nette comptable restée au niveau du prix payé pour la nue-propriété. Tout l'écart de reconstitution — c'est-à-dire précisément le gain recherché — est alors taxé à l'IS, puis une seconde fois lors de la distribution aux associés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS pour 2026). Deux impositions successives, là où l'IR n'en prévoit aucune : nos guides plus-value d'une SCI à l'IS et PFU sur les dividendes font le calcul complet.

Notre comparatif SCI à l'IR ou à l'IS pose les critères généraux. Mais pour un usufruit locatif social, je n'ai pas encore rencontré de dossier où l'IS l'emportait.


5. La fin de l'usufruit locatif social : le calendrier légal

Seize ans après la signature, on découvre si le montage tenait la route. Bonne nouvelle : le CCH ne laisse pas cette échéance à l'improvisation. Il impose un calendrier à trois dates, que la convention ne peut pas contourner dès lors que les logements relèvent du logement social ou intermédiaire (art. L253-8).

Échéance Qui agit Ce qui doit se passer Texte
1 an avant l'extinctionL'usufruitier bailleurIl rappelle au nu-propriétaire et au locataire les dispositions de l'article L253-5.Art. L253-6, I CCH
6 mois avant l'extinctionLe nu-propriétairePar LRAR, il peut : informer l'usufruitier de son intention de renouveler la convention (s'il est occupant) ; proposer au locataire un nouveau bail loi de 1989 prenant effet au terme ; ou donner congé pour vendre ou pour occuper selon l'article 15 de la loi de 1989, avec effet au terme.Art. L253-5 CCH
3 mois avant l'extinctionL'usufruitier bailleurIl propose un relogement correspondant à ses besoins et à ses possibilités au locataire qui n'a pas conclu de nouveau bail avec le nu-propriétaire et qui remplit les conditions de ressources fixées par décret.Art. L253-6, II CCH
Au termeDe plein droitLe bail prend fin. Le locataire qui n'a accepté ni le bail proposé par le nu-propriétaire ni l'offre de relogement de l'usufruitier est déchu de tout titre d'occupation.Art. L253-4 et L253-7 CCH

Ce que le nu-propriétaire doit décider six mois avant

L'article L253-5 ouvre au nu-propriétaire une faculté — le texte dit qu'il « peut » — et lui donne un pouvoir que ne connaît aucun bailleur de droit commun : « Le congé est valablement donné par le seul nu-propriétaire au locataire. » Votre SCI n'a donc pas besoin du concours de l'usufruitier pour reprendre ou vendre le logement au terme. La notification doit reproduire les termes du II de l'article L253-6 et de l'article L253-7.

Restent à choisir la porte de sortie. Il y en a trois.

  • Proposer un nouveau bail conforme à la loi du 6 juillet 1989, prenant effet au terme de l'usufruit. Vous conservez le locataire, mais vous entrez dans le droit commun : bail de six ans puisque le bailleur est une personne morale (art. 10 de la loi de 1989), loyer libre si le logement n'est pas en zone tendue, et reprise ultérieure fermée sauf SCI familiale.
  • Donner congé pour vendre selon l'article 15-II : le locataire bénéficie alors d'un droit de préemption sur l'offre de vente, avec les délais que détaille notre guide congé pour vendre en SCI.
  • Donner congé pour occuper selon les articles 13 et 15-I de la loi du 6 juillet 1989. Prudence ici, car le droit commun reprend la main : l'article 15-I organise le congé pour reprise et sa liste de bénéficiaires, et l'article 13 réserve ce droit, pour un bailleur personne morale, à la société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus — une SCI familiale, donc, et au seul bénéfice d'un associé. Une SCI entre amis n'aura pas cette option — les conditions sont détaillées dans congé pour reprise en SCI.

Le délai de six mois est un délai couperet. Une SCI qui laisse passer cette échéance ne perd pas son bien, mais perd la maîtrise de sa sortie : sans notification, elle se retrouve au terme face à une situation qu'elle n'a pas choisie et devra composer avec un locataire dont la situation n'a pas été traitée. Mettez cette échéance dans l'agenda de la SCI dès la signature de l'acte, quinze ans à l'avance.

L'état du bien restitué

Aucun texte du chapitre L253 ne définit l'état dans lequel le logement doit être restitué. On retombe donc sur le droit commun de l'usufruit : l'usufruitier jouit du bien à la charge d'en conserver la substance (art. 578 du Code civil) et doit en jouir raisonnablement — formule substituée à celle de « bon père de famille » par la loi n° 2014-873 du 4 août 2014 (art. 601 du Code civil) ; il répond des dégradations résultant de son fait ou d'un défaut d'entretien. Mais quinze à vingt ans de location sociale, c'est une usure normale bien réelle : peintures, sols, équipements de cuisine et de salle de bains, menuiseries, système de chauffage.

Les conventions bien rédigées prévoient une remise en état documentée avant restitution : budget de travaux provisionné, état des lieux contradictoire, liste des postes concernés. C'est, à mon sens, le principal marqueur entre un programme sérieux et un programme bâclé — plus révélateur encore que la décote affichée. Budgétez de toute façon votre propre enveloppe. Et posez la question de la performance énergétique attendue au terme : en seize ans, les seuils de décence énergétique auront bougé plusieurs fois, et un logement conforme en 2026 ne le sera pas nécessairement en 2042 (nos guides SCI et passoires énergétiques et audit énergétique font le point).


6. Pourquoi passer par une SCI — et à quelles conditions

Disons-le d'emblée : l'ULS se pratique très bien en nom propre, et la SCI n'apporte rien par magie. Elle ne se justifie que si elle répond à un besoin identifié. J'en vois trois qui tiennent vraiment — puis une série de contraintes qu'il vaut mieux connaître avant qu'après.

6.1. Mutualiser l'apport

1 266 € par mois pendant seize ans, sans un euro de loyer en face : c'est ce qu'exige une nue-propriété de 180 000 € (184 500 € frais compris) portée seul et financée intégralement à 3,60 %. Peu de foyers l'absorbent sereinement. À trois ou quatre associés, la mensualité redevient supportable. La SCI sert alors à réunir des apports inégaux sans perdre en lisibilité : le capital porte la quote-part de propriété, les comptes courants d'associés portent les avances remboursables. L'arbitrage entre les deux est développé dans notre guide apport personnel en SCI.

6.2. Transmettre pendant le démembrement : la double décote

C'est l'argument patrimonial le plus fort, et il est authentique. Pendant l'usufruit, les parts de la SCI valent peu :

  • l'actif est une nue-propriété, donc déjà décoté par rapport à la valeur du bien entier ;
  • le passif — emprunt bancaire restant dû, comptes courants d'associés — vient en déduction ;
  • la valeur des parts est donc, en début d'opération, extrêmement faible.

Donner ces parts à ce moment-là fait porter les droits de donation sur une base minimale, alors même que la valeur reviendra intégralement au donataire à l'extinction. Avec l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans (art. 779, I et 784 du CGI), on transmet ainsi une valeur en pleine propriété très supérieure. Voir notre guide donation de parts de SCI.

Certains vont plus loin et démembrent à leur tour les parts données. C'est possible. C'est aussi le moment où l'on commence à empiler des décotes que plus personne ne sait justifier économiquement — et l'administration, elle, contrôle les valorisations. L'abus de droit guette précisément les montages dont le seul objet est fiscal. Notre guide démembrement en SCI pose la logique, et le comparatif SCI ou nue-propriété aide à choisir la structure.

Formalisme des cessions de parts : la règle a changé. L'article 1865-1 du Code civil, créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, impose depuis le 27 juin 2026 que la cession de parts d'une personne morale à prépondérance immobilière soit constatée par acte notarié, par acte d'avocat contresigné (art. 1374 C. civ.) ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par acte sous seing privé rédigé par un expert-comptable — à peine de nullité. L'acte sous seing privé « fait maison » entre associés n'est plus valable pour une SCI. Une donation de parts relève, elle, de l'article 931 du Code civil et requiert de toute façon un acte notarié.

6.3. Organiser la sortie et éviter l'indivision

Imaginez la scène en 2042 : l'usufruit s'éteint, le logement redevient libre, et il appartient en indivision à quatre héritiers qui ne s'entendent sur rien. Chacun peut provoquer le partage, aucun ne peut décider seul. Une SCI règle la question seize ans plus tôt, dans ses statuts : qui décide de vendre, à quelle majorité, avec quelle clause d'agrément, selon quelle procédure de sortie. Trois guides pour aller au bout du sujet : indivision ou SCI, la clause d'agrément et la rédaction des statuts.

Un rappel qu'on ne fait jamais assez, parce que la confusion est partout : les associés d'une SCI répondent des dettes sociales de manière indéfinie, conjointe et proportionnelle à leurs parts (art. 1857 du Code civil), et seulement à titre subsidiaire, le créancier devant d'abord avoir vainement poursuivi la société (art. 1858). Conjointe, pas solidaire : un associé détenant 25 % des parts répond de 25 % de la dette, pas de la totalité. Le détail dans la responsabilité des associés de SCI.

6.4. Les limites, qu'il faut regarder en face

Le financement bancaire d'une nue-propriété est plus difficile. Mettez-vous à la place du banquier : on lui demande de prêter sur un actif qui ne produira rien pendant seize ans et dont la valeur de gage est celle d'un droit démembré. Le dossier n'a rien d'ordinaire, et cela se voit à quatre endroits :

  • l'endettement est apprécié sur les seuls revenus des associés, sans revenu locatif à ajouter : la mensualité pèse à 100 % dans le taux d'effort ;
  • certaines banques refusent purement et simplement de financer une nue-propriété, d'autres exigent un apport renforcé ;
  • l'hypothèque porte sur la nue-propriété seule, ce qui réduit la valeur de la garantie ;
  • le montage consomme votre capacité d'emprunt personnelle sans rien produire pour la reconstituer (voir SCI et capacité d'emprunt personnelle et le prêt bancaire en SCI).

Aucun revenu ne rembourse le crédit. C'est la contrainte structurante. Un crédit amortissable de 125 000 € sur seize ans au taux de 3,60 % coûte environ 857 € par mois, à sortir de votre poche chaque mois pendant seize ans. Un prêt in fine peut alléger l'effort courant mais suppose un capital nanti et un remboursement d'un bloc au terme, souvent financé par la revente du bien lui-même — ce qui ruine l'intérêt patrimonial du montage.

Une trésorerie de sécurité est indispensable. Comptez de quoi tenir plusieurs mensualités en cas de coup dur, les frais de fonctionnement de la société, et l'enveloppe de remise en état à l'approche du terme. Souvenez-vous du point de départ : une SCI qui n'a encaissé aucune recette pendant seize ans n'a, par définition, aucune réserve. Cette réserve, il faut la créer à la main, par des apports en compte courant décidés à l'avance. C'est précisément ce que pilote un tableau de cash-flow de SCI.


7. ULS, nue-propriété classique, locatif ordinaire : le comparatif chiffré

Assez de principes. Déroulons une opération entière, de l'acte d'achat à la reconstitution de la pleine propriété, puis mettons-la face aux deux alternatives que l'on hésite généralement à lui préférer.

Le cas de référence

La SCI Les Tilleuls, à l'IR, deux associés à parts égales, tranche marginale d'imposition de 41 %, disposant déjà de 14 000 € de revenus fonciers nets annuels provenant d'un autre immeuble.

Paramètre Valeur retenue
Logement neuf (VEFA), valeur en pleine propriété300 000 €
Durée de l'usufruit cédé au bailleur social16 ans
Prix de la nue-propriété (décote 40 %)180 000 €
Frais d'acte réduits (2,5 %)4 500 €
Apport des associés en compte courant60 000 €
Emprunt amortissable, 16 ans, 3,60 % hors assurance124 500 €
Mensualité (hors assurance)≈ 854 €
Intérêts cumulés sur 16 ans≈ 39 500 €

L'économie d'impôt réellement obtenue

Les associés ayant 14 000 € de revenus fonciers positifs par ailleurs, les intérêts de la SCI viennent chaque année réduire cette base. Sur 39 500 € d'intérêts cumulés, tous absorbés (les intérêts annuels vont de 4 400 € la première année à environ 200 € la dernière, toujours inférieurs aux 14 000 € disponibles), on est tenté d'additionner 41 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 58,2 %. Ce serait surestimer l'économie. Le II de l'article 154 quinquies du CGI rend en effet 6,8 des 17,2 points de CSG déductibles du revenu global de l'année suivante : réduire d'un euro le revenu foncier fait donc perdre cette déduction à due concurrence. Le taux d'économie réel s'établit à 0,41 + 0,172 − (0,068 × 0,41) = 55,4 % :

Poste Montant sur 16 ans
Prix de la nue-propriété + frais184 500 €
Intérêts d'emprunt payés39 500 €
Coût brut total224 000 €
Économie d'impôt sur les intérêts (55,4 %, CSG déductible prise en compte)– 21 900 €
Coût net total≈ 202 100 €
Valeur récupérée au terme (marché stable)300 000 €

Reste à traduire cela en taux de rendement, et il faut ici être rigoureux sur la base de calcul, parce que deux montages différents cohabitent dans le même exemple. Achat comptant : 184 500 € posés le premier jour, 300 000 € seize ans plus tard, soit (300 000 / 184 500)1/16 − 1 = 3,1 % par an, net de tout impôt — mais dans ce cas il n'y a ni intérêts ni économie d'impôt, et le 3,1 % est le chiffre final. Achat à crédit, c'est-à-dire le montage réellement décrit ci-dessus (60 000 € d'apport le premier jour, puis 854 € par mois pendant 192 mois, puis 300 000 € au terme) : le taux de rendement interne des flux réels ressort à environ 2,9 % avant économie d'impôt et environ 3,9 % après. Deux jeux cohérents, à ne jamais mélanger : c'est très exactement l'erreur que commettent les simulations commerciales, qui affichent le 3,1 % du comptant puis lui ajoutent l'économie d'impôt du crédit. Zéro appel de locataire un dimanche soir. Zéro quittance à éditer. Zéro avis de taxe foncière dans la boîte aux lettres. Pendant seize ans.

Le comparatif sur seize ans

Critère ULS (usufruit au bailleur social) Nue-propriété « classique » Locatif nu ordinaire
Capital engagé180 000 €180 000 €300 000 €
Loyers encaissés0 €0 €≈ 13 500 €/an bruts
Intérêts d'emprunt déductiblesOui (art. 31, I, 1°, d CGI)NonOui
Impôt sur les revenus locatifsAucunAucun58,2 % ici (TMI 41 %), jusqu'à 62,2 % (TMI 45 %)
Taxe foncièreUsufruitierUsufruitierSCI (1 200 à 2 000 €/an)
IFIHors assiette (art. 968 CGI)Hors assietteDans l'assiette
Gestion, impayés, vacanceNulleNulleÀ votre charge
Reprise du bien libre au termeOrganisée par la loiSelon la conventionImpossible hors SCI familiale
Solidité de l'usufruitierOrganisme agréé, encadréVariable
Liquidité en cours de routeTrès faibleTrès faibleMoyenne

Lecture honnête du tableau

Contre la nue-propriété « classique » — celle où l'usufruit est cédé à un investisseur privé, à une société ordinaire ou constitué au profit d'un proche — l'ULS gagne sur deux points décisifs : la déductibilité des intérêts d'emprunt, réservée par le d du 1° du I de l'article 31 du CGI aux usufruits détenus par des bailleurs sociaux, et la solidité de l'usufruitier, qui n'est pas une variable secondaire sur un horizon de vingt ans. Si l'usufruit est donné à titre gratuit dans un cadre familial, la logique est complètement différente : voir notre guide de la donation temporaire d'usufruit en SCI, où c'est le donataire qui perçoit les revenus.

Contre le locatif nu ordinaire, l'arbitrage se joue plus serré, et je me garderai bien de trancher pour tout le monde. Le locatif produit du revenu : du cash-flow, un vrai effet de levier, une capacité de remboursement autonome. Mais ce revenu est taxé à 58,2 % au taux marginal de 41 % (jusqu'à 62,2 % à 45 %), et il vient avec des charges, de la vacance, des impayés et du temps passé. Faisons le calcul jusqu'au bout sur le même bien de 300 000 € : 13 500 € de loyers bruts, un mois de vacance moyenne, soit 12 375 € encaissés ; 20 % de charges, soit 2 700 € ; reste 9 675 € de revenu foncier net ; retirez 58,2 % d'impôt et de prélèvements sociaux et il reste 4 044 €, soit 1,35 % net par an sur les 300 000 € engagés (1,50 % sans vacance). À ce niveau d'imposition, il faudrait environ 6 % brut pour atteindre 2 % net. Autrement dit, les 2 à 3 % que l'on lit partout ne sont pas atteignables au TMI de 41 % : à hypothèses égales, l'ULS l'emporte nettement, parce que sa performance ne vient pas du loyer mais de la décote. Le locatif reprend l'avantage dans trois cas seulement : levier important, tranche marginale basse, ou marché en forte appréciation. Notre guide rendement d'une SCI donne la méthode de calcul pour trancher sur votre propre dossier.

Contre une SCPI ou un placement financier, tout se ramène au couple rendement / immobilisation — une SCPI distribue trimestriellement, un ULS ne distribue jamais. Nos guides SCI ou SCPI et placer la trésorerie d'une SCI creusent la comparaison.

À ne pas confondre avec le bail réel solidaire. Le BRS dissocie le foncier et le bâti par un bail de longue durée avec un organisme foncier solidaire ; l'ULS dissocie l'usufruit et la nue-propriété du logement entier, pour une durée déterminée. Les deux sont des outils du logement abordable, mais la logique patrimoniale n'a rien à voir : voir SCI et bail réel solidaire. Enfin, ne confondez pas non plus l'ULS avec le montage où la SCI est elle-même usufruitière d'un bien — la SCI usufruitière, qui répond à une problématique de perception de revenus et non de constitution de patrimoine.


8. Les risques réels de l'usufruit locatif social, sans enrobage

Aucun montage ne supprime le risque. L'usufruit locatif social le déplace, ce qui n'est pas la même chose. Vous troquez le risque locatif — impayés, vacance, dégradations, gestion — contre six risques d'une tout autre nature. Les voici sans enrobage, du plus certain au plus lointain.

Risque n° 1 — l'illiquidité

Celui-là est le principal, et il ne relève pas de l'hypothèse : il est certain. Pendant seize ans, votre capital dort dans un droit dont le marché secondaire tient dans un mouchoir de poche. Un acheteur de nue-propriété résiduelle exigera une décote supplémentaire, les délais de commercialisation se comptent en mois, et personne ne vous rachètera au prix payé une nue-propriété acquise huit ans plus tôt. La revente ne redevient raisonnablement fluide que dans les cinq à six dernières années, quand le terme est en vue et que la décote résiduelle devient marginale.

La règle qui en découle tient en une phrase : n'engagez dans un ULS que des fonds dont vous n'aurez pas besoin avant le terme. Ni épargne de précaution, ni complément de revenu. Un placement de constitution de patrimoine à horizon fixe, point.

Risque n° 2 — l'emplacement

Voilà le risque que tout le monde sous-estime, sans doute parce qu'il n'a rien de juridique. Vous achetez un bien que vous ne verrez pas fonctionner pendant seize ans, et que vous récupérerez dans un marché dont personne ne connaît l'état futur. Un point joue en votre faveur : les programmes ULS s'implantent par construction là où le besoin en logement social est identifié, ce qui recoupe souvent des zones tendues et bien desservies. Souvent. Pas toujours.

Les questions à poser sont celles d'un achat en pleine propriété, exactement :

  • le quartier sera-t-il encore attractif dans vingt ans ? Quel projet urbain, quelle desserte, quel bassin d'emploi ?
  • le bien serait-il revendable au prix de marché « pleine propriété » retenu pour calculer la décote ? Un prix de départ surévalué annule la décote.
  • la copropriété est-elle saine ? Quelle part de logements sociaux dans l'immeuble, quelles charges prévisionnelles ?

Faites l'exercice de valorisation vous-même, sur des transactions réellement conclues dans le secteur. Rappelez-vous d'où vient le pourcentage imprimé sur la plaquette : il se mesure par rapport à un prix de référence en pleine propriété choisi par le vendeur. Gonflez ce prix de 10 %, et une décote de 40 % n'en vaut plus que 34. Nos guides valeurs locatives et valorisation et valeur du terrain donnent les méthodes de recoupement.

Risque n° 3 — l'exécution des obligations de fin d'usufruit

Le calendrier des articles L253-5 à L253-7 est protecteur, mais il suppose que chacun joue son rôle. Que se passe-t-il si l'usufruitier ne propose pas le relogement prévu au II de l'article L253-6 ? Le texte y répond directement : « Le non-respect par l'usufruitier-bailleur de cette obligation est inopposable au nu-propriétaire. » Autrement dit, la défaillance du bailleur social ne peut pas être opposée à votre SCI, et le locataire qui n'a rien accepté est déchu de tout titre d'occupation au terme (art. L253-7).

Sur le papier, la protection est donc solide. Le risque qui subsiste est matériel : si quelqu'un occupe encore le logement au terme sans titre, il faut une procédure d'expulsion, avec ses délais, sa trêve hivernale et son concours de la force publique à obtenir. Plusieurs mois. Parfois plus d'un an. Ce scénario mérite d'être budgété comme un pire cas — et il donne une raison supplémentaire de ne pas laisser filer l'échéance des six mois.

Risque n° 4 — l'état du bien au terme

Le chapitre 5 détaille les textes ; ici, il s'agit d'argent. Le risque n'est pas de récupérer une ruine — c'est de récupérer un logement correct mais moins bien que ce que vous aviez en tête. Peintures fatiguées, cuisine d'origine, chaudière en fin de vie : 10 000 à 25 000 € de remise à niveau sur un bien de 300 000 € après seize ans de location, c'est banal. Traduit en rendement, 20 000 € non anticipés amputent d'environ 0,4 point le rendement annuel de 3 %. Significatif. Et parfaitement absorbable, à condition de l'avoir provisionné.

Risque n° 5 — le risque fiscal et réglementaire

Sur seize ans, la loi change. Ce n'est pas une hypothèse, c'est un constat : la déduction des intérêts du nu-propriétaire, l'assiette de l'IFI (qui n'existait même pas sous cette forme avant 2018), l'abattement pour durée de détention en plus-value immobilière — chacun de ces paramètres a bougé plusieurs fois depuis 2006. Aucun n'est garanti jusqu'au terme de votre opération. Ce risque-là ne se couvre pas ; il s'intègre. La bonne discipline : n'asseyez jamais la rentabilité du montage sur l'avantage fiscal seul, mais sur la décote, qui est acquise le jour de la signature et que personne ne peut vous reprendre. Notre suivi de la loi de finances 2026 pour les SCI recense les changements de l'année.

Risque n° 6 — le risque de contrepartie

Un bailleur social peut traverser des difficultés, fusionner, se faire absorber — le secteur s'est fortement concentré depuis la loi ELAN. Rassurez-vous sur le principal : l'usufruit est un droit réel, il suit l'immeuble et la convention publiée, et la disparition d'un organisme n'efface pas votre nue-propriété. Le vrai sujet est ailleurs. Un usufruitier fragilisé entretient moins bien, et c'est vous qui récupérez le bien. Examinez donc son ancienneté, la taille de son parc et son adossement, avec la même attention que vous porteriez à la signature d'un locataire commercial sur un bail de neuf ans.


9. Les 5 erreurs qui coûtent cher en usufruit locatif social

Ce sont toujours les mêmes cinq, et aucune ne relève du droit subtil. Une obligation oubliée, une clause survolée, une simulation calquée sur la situation d'un autre : voilà d'où viennent les mauvaises surprises.

Erreur 1 — Croire que la SCI n'a rien à déclarer

« Pas de loyer, donc rien à déclarer. » Je lis ce raisonnement toutes les semaines, et il est faux. Une SCI non soumise à l'IS souscrit sa déclaration 2072 chaque année, recette ou pas. Et pour cause : c'est le seul véhicule par lequel la quote-part d'intérêts déductibles remonte jusqu'à chaque associé. Ne rien déposer pendant seize ans revient donc à jeter sa seule charge déductible — tout en s'exposant aux sanctions du défaut déclaratif : amende de 150 € de l'article 1729 B du CGI pour défaut de production d'un document, et majorations de l'article 1728 du CGI (10 %, 40 % après mise en demeure) assises sur l'impôt dû par les associés. Si le mal est déjà fait, nos guides retard de déclaration en SCI et que faire en cas de retard expliquent comment régulariser.

Erreur 2 — Acheter une nue-propriété à crédit sans autre revenu foncier

La déduction existe bel et bien. Encore faut-il avoir des revenus fonciers sur lesquels l'imputer. Sans autre immeuble loué nu, le déficit part en report et se périme au bout de dix ans (art. 156, I, 3° du CGI). Résultat pour un investisseur sans revenu foncier : il paie de vrais intérêts et n'obtient aucune économie d'impôt. L'opération reste défendable — la décote, elle, ne dépend de rien — mais le tableau de rentabilité qu'on lui a présenté surestime le rendement d'environ un point par an : sur notre cas de référence, le taux de rendement interne passe de 3,9 % avec l'économie d'impôt à 2,9 % sans elle. Exigez une simulation bâtie sur votre feuille d'impôt, pas sur un cas d'école à 41 % de TMI avec 14 000 € de fonciers.

Erreur 3 — Ne pas lire la clause travaux et la clause de restitution

Souvenez-vous que les articles 605 et 606 du Code civil sont supplétifs. Tout ce que la convention ne transfère pas expressément à l'usufruitier vous reste sur les bras. Une convention muette sur l'article 606, et votre SCI peut recevoir un appel de fonds de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour une toiture — treize ans avant d'encaisser son premier loyer, avec zéro trésorerie en face. Faites relire la convention par un professionnel avant la signature de l'acte. Après, il n'y a plus rien à négocier.

Erreur 4 — Rater l'échéance des six mois de l'article L253-5

Six mois avant l'extinction, le nu-propriétaire peut notifier son intention par lettre recommandée avec avis de réception. Notez le verbe : « peut ». Une faculté, pas une obligation — et c'est très exactement pour cette raison qu'elle se rate. Personne ne vous relancera. Or c'est la seule fenêtre pendant laquelle votre SCI peut, seule et sans l'usufruitier, donner congé pour vendre ou pour occuper avec effet au terme. Fenêtre manquée, situation subie. Inscrivez cette date dans le suivi de la société le jour même de la signature de l'acte : porter une échéance seize ans en avant, d'un exercice à l'autre, c'est typiquement le travail d'un logiciel de gestion, pas d'une mémoire humaine.

Erreur 5 — Confondre le barème de l'article 669 et le prix de marché

Un vendeur qui affiche une nue-propriété à 60 % pour un usufruit de seize ans ne surfacture pas au motif que le barème de l'article 669 donnerait 54 %. Ce barème sert aux droits de mutation à titre gratuit et à l'IFI. Il n'a jamais eu vocation à valoriser une vente. L'inverse mérite en revanche votre attention : un prix suspicieusement proche du barème sur une durée longue trahit souvent un prix de référence en pleine propriété gonflé en amont. Une seule vérification compte vraiment, et elle prend une après-midi : comparer le prix de la nue-propriété au prix réel du marché local en pleine propriété, transaction par transaction.

Une SCI sans loyer reste une SCI à tenir

Écritures d'acquisition de la nue-propriété, ventilation des intérêts, suivi des comptes courants, assemblée annuelle, déclaration 2072 télétransmise : sci-ai.app gère tout, y compris les années où il ne se passe rien.


10. FAQ — Usufruit locatif social et SCI

Un ULS est-il réservé aux logements neufs ?

Non. Le chapitre L253 du CCH ne pose aucune condition d'ancienneté : il vise « un logement ou un ensemble de logements ». En pratique, l'essentiel des programmes commercialisés auprès des investisseurs porte sur du neuf en VEFA, parce que le bailleur social y trouve un parc conforme aux normes et éligible aux prêts aidés, et l'investisseur des frais d'acte réduits. Des opérations existent dans l'ancien réhabilité, avec des droits de mutation de droit commun.

Peut-on prolonger l'usufruit au-delà du terme prévu ?

Oui, mais seulement d'un commun accord. La convention peut prévoir une faculté de prorogation, et l'article L253-5 permet au nu-propriétaire occupant d'informer l'usufruitier de son intention de renouveler la convention. Aucune prorogation ne peut être imposée à la SCI nu-propriétaire contre sa volonté. Lisez toutefois attentivement la clause : certaines conventions organisent une reconduction avec un préavis de refus à respecter.

La SCI peut-elle occuper le logement au terme ou le louer à un associé ?

Une fois la pleine propriété reconstituée, la SCI redevient propriétaire ordinaire et peut louer à qui elle veut, y compris à un associé — sous réserve d'un loyer normal et d'un bail en bonne et due forme. Attention en revanche à la mise à disposition gratuite : elle prive la SCI de recettes et fragilise la déductibilité de ses charges. Nos guides louer à un associé et loger un enfant ou un parent via une SCI posent les conditions à respecter.

Un associé non-résident peut-il participer à une SCI en ULS ?

Oui, rien ne l'interdit. Sur la période du démembrement, l'absence de revenu foncier simplifie sa situation : il n'a pas de revenu de source française à déclarer au titre de ce bien. Les difficultés reviennent à la revente (prélèvement sur la plus-value des non-résidents) et côté IFI, limité aux biens situés en France. Deux guides pour cela : SCI et non-résident et IFI des non-résidents.

Comment comptabiliser l'acquisition de la nue-propriété dans une SCI ?

La nue-propriété s'inscrit à l'actif pour son prix d'acquisition, frais inclus ou en charges à répartir selon l'option retenue. À l'extinction, aucune écriture de produit n'est constatée : la valeur comptable reste au prix payé, tandis que la valeur réelle correspond désormais à la pleine propriété. Tout le montage tient dans cet écart : jamais taxé dans une SCI à l'IR, intégralement taxé dans une SCI à l'IS au moment de la revente. Le détail des passations est dans les écritures d'achat d'immeuble et le plan comptable d'une SCI.

Peut-on faire un ULS sur un logement déjà loué ?

Oui, et le législateur l'a expressément prévu : le dernier alinéa de l'article L253-2 du CCH rend les articles L353-7 et L353-16 applicables aux locataires et occupants présents au jour de la conclusion de la convention APL. Le montage est donc licite sur un immeuble occupé, mais il perd de sa lisibilité : le bail en cours n'a pas été conclu « dans le cadre d'un usufruit » et ne comporte donc pas les mentions de l'article L253-3, ce qui fragilise la mécanique du terme couperet de l'article L253-4. Voilà pourquoi les opérations commercialisées auprès des investisseurs portent presque toujours sur des logements neufs ou libres de tout occupant au jour de la constitution.

Que se passe-t-il si un associé décède pendant le démembrement ?

Ses parts entrent dans sa succession et sont évaluées à leur valeur réelle au jour du décès — c'est-à-dire une valeur encore décotée si le terme est éloigné, ce qui allège les droits. Tout dépend ensuite des statuts : héritiers associés de plein droit, ou soumis à agrément. Nos guides décès d'un associé de SCI et léguer des parts de SCI traitent les deux cas.

L'usufruitier peut-il vendre son usufruit à un autre organisme ?

L'usufruit est un droit réel cessible, sauf clause contraire de la convention. Les conventions bien rédigées encadrent cette cession : agrément du nu-propriétaire, ou limitation aux organismes remplissant les mêmes conditions d'agrément. C'est un point à vérifier, car la qualité de l'usufruitier conditionne la déductibilité de vos intérêts d'emprunt au titre du d du 1° du I de l'article 31 du CGI.

Faut-il un expert-comptable pour une SCI en usufruit locatif social ?

Ce n'est pas une obligation légale, et la comptabilité d'une SCI nu-propriétaire est simple : un actif, un emprunt, des comptes courants et des intérêts. Un logiciel spécialisé suffit dans la très grande majorité des cas. Le professionnel se justifie surtout à deux moments : à l'entrée (lecture de la convention, choix du régime fiscal) et à la sortie (revente, plus-value, remise en location). Entre les deux, il ne se passe pas grand-chose. Notre guide l'expert-comptable est-il obligatoire en SCI fait le tri.

L'ULS est-il compatible avec un pacte Dutreil ou une holding ?

Non pour le pacte Dutreil : celui-ci suppose une activité opérationnelle, ce que n'est pas la détention passive d'une nue-propriété. La holding, elle, est possible — mais généralement contre-productive : elle place la SCI dans une chaîne soumise à l'IS et fait sauter la déduction des intérêts, qui n'existe que dans les revenus fonciers. Nos guides SCI et pacte Dutreil et holding immobilière et SCI détaillent chaque cas.

Structurez et suivez votre démembrement dans SCI-AI

Nue-propriété à l'actif, emprunt à suivre sur seize ans, intérêts à ventiler entre associés, 2072 à déposer chaque année et échéance des six mois à ne pas rater : sci-ai.app tient toute la mécanique d'une SCI en usufruit locatif social, de l'acte d'achat à la reconstitution de la pleine propriété.

Sources officielles

  • Code de la construction et de l'habitation, articles L253-1, L253-1-1 et L253-2 à L253-8 (loi ENL n° 2006-872 du 13 juillet 2006, art. 42 ; loi Climat et résilience n° 2021-1104 du 22 août 2021, art. 171, pour l'art. L253-1-1 en vigueur depuis le 25 août 2021 ; loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 pour l'art. L253-8), ainsi que les articles L302-5, L302-16, L353-7, L353-16, L365-1, L365-2, L411-2, L481-1 à L481-7 et L831-1
  • Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 14-1 (budget prévisionnel), 14-2-1 (fonds de travaux), 23 (mandataire commun), 24, 25 et 26 (majorités), visés par l'article L253-1-1 du CCH
  • Code civil, articles 578, 582, 584, 595, 601, 605, 606, 757, 931, 1094-1, 1098, 1374, 1856, 1857, 1858 et 1865-1 (créé par l'art. 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026)
  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 10 (durée du bail), article 13 (droit de reprise du bailleur personne morale : société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré) et article 15 (congé pour reprise et congé pour vendre) ; loi n° 2014-873 du 4 août 2014 (suppression de la formule « bon père de famille »)
  • Code de la sécurité sociale, article L136-7, VI, 2 (abattement pour durée de détention applicable aux prélèvements sociaux)
  • CGI, article 8 (translucidité), article 31, I, 1°, d (intérêts de dettes du nu-propriétaire), article 154 quinquies, II (CSG déductible à hauteur de 6,8 points), article 156, I, 3° (imputation des déficits) et II, 2° quater (régime des grosses réparations, abrogé par la loi de finances pour 2017), article 150 U (champ des plus-values des particuliers), article 150 VC (abattement pour durée de détention à l'impôt sur le revenu), article 197 (barème de l'impôt sur le revenu), article 669, II (barème usufruit / nue-propriété à durée fixe), article 751 (présomption de propriété), article 779, I et article 784 (abattements et rappel des donations), article 968 (IFI et démembrement), article 977 (barème de l'IFI), article 1020 (taxe de publicité foncière fixe), article 1133 (réunion de l'usufruit à la nue-propriété), article 1400, II (taxe foncière), article 1609 nonies G (surtaxe sur les plus-values élevées), articles 1728 et 1729 B (sanctions du défaut déclaratif)
  • BOFiP : BOI-RFPI-BASE-20-80, § 190 et 200 (frais d'emprunt et primes d'assurance-décès déductibles au même titre que les intérêts) et § 171 à 179 (intérêts d'emprunt des nus-propriétaires — usufruit détenu temporairement par un bailleur social ; § 172 pour la détention via une société civile non soumise à l'IS ; § 174 pour la durée d'au moins quinze ans ; § 175 pour la liste des usufruitiers éligibles) ; BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10, § 220 (prix d'acquisition après réunion de la propriété) ; BOI-RFPI-TPVIE-20, § 60 (surtaxe appréciée au niveau de la société) ; BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50 (application du barème de l'article 669, II du CGI, « sans fraction ») ; BOI-PAT-IFI-20-20-30-10 (biens démembrés et IFI)
FAQ

Questions fréquentes

C'est un démembrement temporaire de propriété organisé par les articles L253-1 à L253-8 du Code de la construction et de l'habitation, issus de l'article 42 de la loi ENL n° 2006-872 du 13 juillet 2006. L'usufruit d'un logement est établi par convention au profit d'une personne morale, pour une durée minimale de quinze années, en vue de la location. L'usufruitier — en pratique un bailleur social — encaisse les loyers, gère les locataires et supporte les charges de la période ; l'investisseur n'achète que la nue-propriété, à prix décoté, et récupère la pleine propriété au terme.
Quinze années. L'article L253-1 du CCH dispose que l'usufruit « peut être établi par convention au profit d'une personne morale, pour une durée minimale de quinze années, en vue de la location de ce ou ces logements ». En pratique, les programmes proposés aux investisseurs affichent des durées de quinze à vingt ans, parfois davantage : plus la durée est longue, plus la décote consentie sur la nue-propriété est forte, mais plus l'attente est longue.
Le texte du CCH est plus large qu'on ne le croit : l'article L253-1 vise « une personne morale », sans exiger l'agrément. En revanche, l'article L253-8 ne rend le chapitre d'ordre public que si les logements sont des logements locatifs sociaux (art. L302-5 CCH) ou intermédiaires (art. L302-16 CCH). Et surtout, la déduction des intérêts d'emprunt du nu-propriétaire (art. 31, I, 1°, d du CGI) suppose que l'usufruit soit détenu par un organisme HLM de l'article L411-2 du CCH, une société d'économie mixte ou un organisme disposant de l'agrément prévu à l'article L365-1 du CCH — le BOFiP visant pour sa part, au § 175 du BOI-RFPI-BASE-20-80, l'organisme agréé de l'article L365-2. Sans cette qualité, l'avantage fiscal central du montage disparaît.
Non, aucun. Pendant toute la durée de l'usufruit, les loyers appartiennent à l'usufruitier, qui a seul le droit de jouir du bien et d'en percevoir les fruits — les loyers sont des fruits civils (art. 578, 582 et 584 du Code civil). La SCI ne facture rien, n'encaisse rien, ne déclare aucun revenu foncier au titre du logement. C'est exactement la contrepartie de la décote payée à l'achat : vous achetez du temps, pas du rendement immédiat.
Oui. L'absence de recettes ne supprime pas l'obligation déclarative d'une société immobilière non soumise à l'impôt sur les sociétés : la déclaration 2072 doit être souscrite chaque année, même à zéro ou en déficit. La seule dispense connue vise les sociétés qui se bornent à mettre un logement gratuitement à la disposition de leurs associés, dispensées de déclarer après l'année de constitution tant que rien ne change : une SCI nu-propriétaire en usufruit locatif social n'est pas dans ce cas. Elle est d'ailleurs indispensable pour faire remonter aux associés la quote-part d'intérêts d'emprunt déductibles. Une SCI en usufruit locatif social qui ne déclare rien pendant quinze ans perd le bénéfice de sa charge la plus importante et s'expose à des pénalités de défaut de déclaration.
L'usufruitier. Le II de l'article 1400 du CGI prévoit que lorsqu'un immeuble est grevé d'usufruit, la taxe foncière est établie au nom de l'usufruitier. La SCI nu-propriétaire ne reçoit donc pas d'avis de taxe foncière pour ce logement et n'a pas à la refacturer. Elle redevient redevable le 1er janvier qui suit la reconstitution de la pleine propriété.
Le droit commun de l'usufruit met les réparations d'entretien à la charge de l'usufruitier et les grosses réparations à la charge du propriétaire (art. 605 et 606 du Code civil), mais il n'est ici que résiduel. En copropriété — cas de la quasi-totalité des programmes ULS — l'article L253-1-1, I du CCH, créé par la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, met légalement à la charge du seul usufruitier les provisions des articles 14-1 et 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965, c'est-à-dire le budget prévisionnel et le fonds de travaux qui finance les grosses réparations. Au-delà de ces provisions, et hors copropriété, c'est la convention d'usufruit qui décide : faites relire sa clause travaux avant de signer.
Oui, et c'est la particularité fiscale majeure du montage. Le d du 1° du I de l'article 31 du CGI autorise le nu-propriétaire à déduire les intérêts des dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration d'un logement dont l'usufruit est temporairement détenu par un organisme HLM (art. L411-2 CCH), une société d'économie mixte ou un organisme disposant de l'agrément prévu à l'article L365-1 du CCH. Le BOFiP le commente aux paragraphes 171 à 179 du BOI-RFPI-BASE-20-80 et admet expressément, au § 172, que la nue-propriété soit détenue par une société civile non soumise à l'impôt sur les sociétés — « notamment une société civile immobilière ou une société civile de placement immobilier ».
Non. Les intérêts d'emprunt sont exclus de l'imputation sur le revenu global : le 3° du I de l'article 156 du CGI réserve la fraction de déficit qui en résulte aux revenus fonciers des dix années suivantes. Concrètement, l'économie d'impôt est immédiate si les associés disposent par ailleurs de revenus fonciers positifs, puisque les intérêts viennent alors les effacer dès l'année de paiement. Si les associés n'ont aucun autre revenu foncier, l'avantage est reporté et peut être perdu au-delà de dix ans.
En principe non. L'article 968 du CGI pose que les actifs grevés d'un usufruit sont compris dans le patrimoine de l'usufruitier pour leur valeur en pleine propriété. Les trois dérogations qui prévoient un partage selon le barème de l'article 669 sont limitatives (usufruit légal du conjoint survivant de l'article 757 du Code civil et textes assimilés ; vente d'un bien dont le vendeur s'est réservé l'usufruit à un acquéreur non visé à l'article 751 du CGI ; usufruit réservé par le donateur d'un bien donné à l'État, à une collectivité ou à une association reconnue d'utilité publique) et aucune ne correspond à un usufruit locatif social. Le nu-propriétaire n'est donc pas imposé sur le logement pendant la durée du démembrement. En contrepartie, l'emprunt souscrit pour acheter la nue-propriété n'est pas davantage déductible d'une assiette dont le bien est absent.
Les décotes observées sur le marché vont couramment de 30 % à 45 % de la valeur en pleine propriété, selon la durée de l'usufruit, la qualité de l'emplacement et le montant des loyers que l'usufruitier anticipe. Ces fourchettes sont indicatives : le prix d'une nue-propriété est un prix négocié, pas un barème. Le barème fiscal de l'article 669 du CGI, qui valorise un usufruit à durée fixe à 23 % de la pleine propriété par période de dix ans, sert à liquider les droits de mutation à titre gratuit et l'IFI, pas à fixer le prix d'une vente.
Le BOFiP règle la question au paragraphe 220 du BOI-RFPI-PVI-20-10-20-10 : lorsque la nue-propriété a été acquise à titre onéreux et l'usufruit recueilli par extinction, le prix d'acquisition de l'usufruit est en principe nul, mais il est admis de retenir la valeur vénale de chacun des droits — donc la valeur de la pleine propriété — à la date d'entrée de la nue-propriété dans le patrimoine du cédant. La durée de détention, elle, court depuis l'acquisition de la nue-propriété, pas depuis l'extinction : quinze à vingt ans d'usufruit rapprochent donc mécaniquement de l'exonération par la durée de détention — abattement de l'article 150 VC du CGI pour l'impôt sur le revenu (exonération totale à 22 ans) et du 2 du VI de l'article L136-7 du code de la sécurité sociale pour les prélèvements sociaux (exonération totale à 30 ans).
Non. L'article 1133 du CGI prévoit que, sous réserve de l'article 1020 du même code, la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe lorsqu'elle résulte du décès de l'usufruitier ou de l'expiration du temps fixé pour la durée de l'usufruit. La SCI redevient pleine propriétaire sans acte de mutation, sans droits d'enregistrement et sans imposition, à la date prévue par la convention ; seule la publication éventuelle d'un acte constatant la réunion supporterait la taxe de publicité foncière fixe de l'article 1020. C'est le ressort économique du montage : la valeur reconstituée n'est jamais taxée en tant que telle.
Le bail conclu dans le cadre d'un usufruit prend fin de plein droit au plus tard à la date d'extinction des droits d'usufruit (art. L253-4 CCH). Le calendrier de sortie est encadré : un an avant l'extinction, le bailleur rappelle au nu-propriétaire et au locataire les dispositions de l'article L253-5 (art. L253-6, I) ; six mois avant, le nu-propriétaire peut proposer un nouveau bail loi de 1989, donner congé pour vendre ou pour occuper, ou renouveler la convention (art. L253-5) ; trois mois avant, le bailleur propose un relogement au locataire remplissant les conditions de ressources (art. L253-6, II). Le locataire qui n'a accepté ni l'un ni l'autre est déchu de tout titre d'occupation à l'expiration de l'usufruit (art. L253-7).
Juridiquement oui : la nue-propriété est un droit réel cessible, et les parts d'une SCI qui la détient le sont également. Économiquement, c'est le vrai point faible du montage. Le marché secondaire de la nue-propriété est étroit, l'acquéreur exigera une décote supplémentaire et les délais sont longs. Une revente anticipée à cinq ou six ans du terme est en général possible dans des conditions correctes ; une revente à deux ou trois ans de l'acquisition se solde souvent par une perte. Considérez l'ULS comme un placement immobilisé jusqu'au terme.
À l'IR, très nettement. La déduction des intérêts prévue au d du 1° du I de l'article 31 du CGI s'inscrit dans les revenus fonciers : elle suppose une société civile non soumise à l'impôt sur les sociétés, ce que confirme le BOFiP. À l'IS, la nue-propriété n'est en principe pas amortissable, les intérêts n'alimentent qu'un déficit reportable sans contrepartie immédiate, et surtout la revente ultérieure fait ressortir une plus-value professionnelle calculée sur un prix de revient resté au niveau du prix de la nue-propriété : tout l'écart de reconstitution est alors taxé.