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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Prêt bancaire SCI 2026 Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Guide SCI Familiale 2026 SCI familiale avec enfants mineurs SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Capital social SCI : montant et apports Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et location meublée : risques Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Comptabilité SCI : obligations IR/IS Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités CRL : la contribution sur les loyers Donation parts SCI : réduire les droits SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Indemnité d'éviction : refuser le renouvellement du bail commercial en SCI (2026)

Refuser le renouvellement d'un bail commercial a un prix. Ce prix — l'indemnité d'éviction — dépasse souvent dix ans de loyer. Le statut des baux commerciaux ne donne pas au bailleur le droit de reprendre son local à l'échéance. Il lui donne le droit de le racheter au locataire, en réparant intégralement le préjudice causé par le non-renouvellement (article L. 145-14 du code de commerce). La nuance a l'air théorique ; elle vaut des centaines de milliers d'euros. Pour une SCI propriétaire d'un local commercial, la vraie question n'est donc jamais « ai-je le droit de donner congé ? » — vous l'avez — mais « combien ça coûte, et est-ce que la société peut le payer ? ».

J'ai vu des associés délivrer un congé un vendredi soir, convaincus de récupérer leurs murs six mois plus tard, et découvrir trois ans après qu'ils devaient 400 000 € avant d'obtenir la moindre clé. Ce guide prend le sujet par le seul bout utile — celui du bailleur SCI — et répond dans l'ordre : quand l'indemnité n'est pas due, comment elle se chiffre, ce qui reste déductible une fois payée. Le mécanisme du 3-6-9, les échéances triennales, l'architecture générale du statut : tout cela est déjà traité dans notre guide du bail commercial en SCI. Ici, on entre directement dans le refus de renouvellement et dans son chiffrage.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (code de commerce, CGI, BOFiP, Légifrance). Mis à jour le 28 juillet 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.

Point de mise à jour 2026. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a réformé le statut des baux commerciaux sur plusieurs points — mensualisation du loyer à la demande du preneur (nouvel art. L. 145-32-1), clauses « tunnel » d'encadrement des variations d'indice (nouvel art. L. 145-38-1), plafonnement et restitution du dépôt de garantie (art. L. 145-40), suspension judiciaire de la clause résolutoire (art. L. 145-41), recentrage du droit de préférence (art. L. 145-46-1). En revanche, elle n'a modifié ni le régime du congé (art. L. 145-9), ni celui du refus de renouvellement et de l'indemnité d'éviction (art. L. 145-14 à L. 145-30), ni le droit d'option et le repentir (art. L. 145-57 à L. 145-59), ni la prescription biennale (art. L. 145-60). Tout ce qui suit reste donc applicable en l'état.


1. Le droit au renouvellement du preneur : la propriété commerciale

Le statut des baux commerciaux, codifié aux articles L. 145-1 et suivants du code de commerce, tient dans une idée simple et redoutable : le locataire qui a créé une clientèle attachée à un emplacement est propriétaire d'une valeur. Cette valeur, c'est le fonds de commerce, et il ne se déplace pas comme un carton. Retirer le local, c'est souvent retirer le fonds. D'où le nom que la pratique a donné à ce droit : la propriété commerciale.

Pour un bailleur SCI, cette logique retourne l'économie de l'opération. Quand vous achetez un local commercial loué, vous n'achetez pas un bien libre dont vous disposerez à l'échéance. Vous achetez un bien grevé d'un droit au renouvellement quasi perpétuel, dont la sortie a un prix — un prix que vous ne fixez pas. Ce coût latent devrait figurer dans le calcul de rendement dès la signature chez le notaire, au même titre que la taxe foncière. Il n'y figure presque jamais. Nous le détaillons dans le guide acheter un local commercial en SCI.

Les conditions d'application du statut

Le statut ne s'applique pas à tous les baux portant sur un local professionnel. Il suppose la réunion de conditions cumulatives posées par l'article L. 145-1 du code de commerce :

Condition Contenu Enjeu pour la SCI bailleresse
Un localImmeuble ou local stable et permanent, pas un simple emplacement précaireUn corner ou un stand mobile échappe souvent au statut
Un fonds exploitéFonds de commerce ou artisanal effectivement exploité dans les lieuxUn local fermé depuis des mois fragilise le droit au renouvellement
Une immatriculationPreneur immatriculé au RCS ou, pour l'artisanat, au registre national des entreprises (art. L. 145-1)Le défaut d'immatriculation prive du droit au renouvellement
Une clientèle propreClientèle attachée au preneur, autonome par rapport à celle du bailleurPoint sensible en centre commercial ou en galerie

À ces conditions légales s'ajoute une porte d'entrée volontaire : un bail professionnel ou un bail de droit commun peut être soumis conventionnellement au statut des baux commerciaux. Le preneur récupère alors tout le paquet — droit au renouvellement et indemnité d'éviction compris. C'est une clause qu'on recopie souvent d'un modèle trouvé en ligne, sans y prêter attention. Elle se paie dix ans plus tard, en centaines de milliers d'euros.

Le droit au renouvellement, et à qui il appartient

L'article L. 145-8 réserve le droit au renouvellement au propriétaire du fonds qui est exploité dans les lieux. Ce n'est pas un droit attaché au contrat, c'est un droit attaché à l'exploitation. Retenez la nuance, elle commande trois situations très concrètes :

  • Le sous-locataire n'a de droit au renouvellement contre le bailleur principal que dans les cas et limites prévus par le statut, ce qui suppose notamment une sous-location régulièrement autorisée.
  • Le preneur qui a cessé d'exploiter — local fermé, activité mise en sommeil sans motif légitime — se met en difficulté au moment du renouvellement.
  • Le preneur radié du RCS à la date du congé ou de la demande de renouvellement perd son droit au renouvellement, donc son droit à indemnité.

Le réflexe à avoir douze mois avant l'échéance : commandez un extrait d'immatriculation à jour du preneur, et faites constater par commissaire de justice l'état réel d'exploitation du local. Deux pièces, quelques centaines d'euros. Elles conditionnent l'existence même du droit à indemnité, et elles se collectent à froid — jamais dans la panique du congé, quand le preneur a déjà régularisé sa situation.

Pourquoi une SCI n'est jamais « chez elle » à l'échéance

La plupart des associés découvrent le statut le jour où ils veulent récupérer les murs. Les motifs reviennent toujours : loger l'activité d'une société du groupe, vendre l'immeuble libre, relouer nettement plus cher. Excellents motifs de gestion. Zéro effet juridique : l'indemnité reste due, intégralement, dans les trois cas. Si vous détenez les murs de votre propre entreprise, la partie se joue ailleurs — dès la rédaction du bail — et notre guide sur les murs d'entreprise détenus en SCI détaille comment.


2. Le congé avec refus de renouvellement : forme, délai, mentions

Un bail commercial ne s'arrête jamais tout seul. Il faut un congé ou une demande de renouvellement pour y mettre fin (art. L. 145-9, alinéa 1). Sans acte, le bail écrit se prolonge tacitement au-delà du terme, parfois pendant dix ans, sans que personne ne s'en émeuve. Gardez ce point en tête : cette tacite prolongation, qu'on présente souvent comme un oubli de gestion, est en réalité l'arme la plus rentable du bailleur. J'y reviens au chapitre 9.

Qui prend l'initiative : congé du bailleur ou demande du preneur

Initiative Texte Forme Délai clé
Congé du bailleurArt. L. 145-9Acte extrajudiciaire obligatoire6 mois avant l'échéance
Congé pendant la tacite prolongationArt. L. 145-9Acte extrajudiciaire obligatoire6 mois, pour le dernier jour d'un trimestre civil
Demande de renouvellement du preneurArt. L. 145-10Acte extrajudiciaire ou LRARDans les 6 mois précédant le terme, ou à tout moment pendant la prolongation
Réponse du bailleur à la demandeArt. L. 145-10Acte extrajudiciaire obligatoire3 mois — silence = acceptation

Relisez la dernière ligne du tableau. C'est celle qui fait le plus de dégâts. Quand le preneur signifie une demande de renouvellement, le bailleur a trois mois pour répondre, par acte extrajudiciaire, en motivant son refus. Passé ce délai, il est réputé avoir accepté le principe du renouvellement. Une réponse par recommandé ne le sauve pas davantage qu'un silence. Ici, ne rien faire, c'est signer. Le délai court à compter de la signification de la demande : une demande signifiée le 20 juillet doit être refusée, par acte extrajudiciaire, au plus tard le 20 octobre. Un pli reçu au siège social de la SCI le 20 juillet et ouvert le 10 novembre, c'est neuf ans de bail de plus et l'option de l'éviction refermée. J'en vois deux ou trois par an.

La forme : acte de commissaire de justice, à peine de nullité

L'article L. 145-9 est sans ambiguïté : « Le congé doit être donné par acte extrajudiciaire. » Autrement dit par commissaire de justice. Contrairement au congé triennal du preneur, qui peut depuis la loi Pinel du 18 juin 2014 emprunter la voie de la lettre recommandée avec demande d'avis de réception (art. L. 145-4), le congé du bailleur ne supporte aucune alternative. Une lettre recommandée avec accusé de réception, même parfaitement motivée et adressée dans les délais, est inefficace.

Un peu plus de mille euros d'économisés sur l'acte, une échéance entière perdue : le congé ne produit aucun effet, le bail se prolonge, et il faut attendre. Le rapport coût/risque est difficile à battre en matière d'idée fausse. L'acte est signé par le gérant agissant au nom de la société — sur la question de savoir qui engage valablement la SCI dans les actes relatifs aux baux, voyez qui signe le bail dans une SCI et notre guide sur les pouvoirs du gérant de SCI.

Les mentions obligatoires à peine de nullité

Toujours à l'article L. 145-9, le congé doit, à peine de nullité :

  • préciser les motifs pour lesquels il est donné — un congé « pour convenance » ou non motivé est nul ;
  • indiquer que le locataire qui entend soit contester le congé, soit demander le paiement d'une indemnité d'éviction, doit saisir le tribunal avant l'expiration d'un délai de deux ans à compter de la date pour laquelle le congé a été donné.

Le premier point est celui qu'on néglige. Si vous donnez congé sans offre d'indemnité en invoquant un motif grave et légitime, ce motif doit figurer noir sur blanc dans l'acte. Impossible d'en changer en cours d'instance, ni d'en ajouter un meilleur trouvé entre-temps par votre avocat. À l'inverse, le congé délivré avec offre d'indemnité reconnaît le droit du preneur : il ne reste plus qu'à se battre sur le montant, ce qui est déjà un autre débat — et un autre budget.

Type de congé Effet immédiat Débat judiciaire probable
Congé avec offre de renouvellementNouveau bail de 9 ansFixation du loyer renouvelé (plafonné ou non)
Congé avec refus et offre d'indemnitéLe principe de l'indemnité est acquisMontant de l'indemnité + indemnité d'occupation
Congé avec refus sans indemnitéLe bailleur invoque un motif d'exonérationValidité du motif, puis à défaut montant de l'indemnité

Le droit d'option du bailleur (art. L. 145-57)

Le statut ménage au bailleur une sortie tardive. Lorsqu'une instance a été engagée sur le prix du bail renouvelé, le dernier alinéa de l'article L. 145-57 prévoit que dans le mois qui suit la signification de la décision définitive, les parties dressent un nouveau bail aux conditions fixées judiciairement — à moins que le locataire renonce au renouvellement ou que le bailleur le refuse, la partie qui manifeste son désaccord supportant les frais. Pendant toute l'instance, le locataire reste tenu de verser le loyer au prix ancien ou au prix provisoirement fixé, sauf compte à faire entre les parties après fixation définitive.

C'est le fameux droit d'option. Un exemple vaut mieux qu'une définition. Vous offrez le renouvellement en visant un loyer déplafonné à 45 000 €. Le juge des loyers commerciaux en retient 31 000 €. À ce niveau-là, repartir pour neuf ans avec ce preneur ne vous intéresse plus. Vous avez un mois — pas deux — pour basculer vers le refus de renouvellement, donc vers l'indemnité d'éviction. Et l'article L. 145-59 vous prévient : c'est irrévocable.

Le droit de repentir (art. L. 145-58)

Le mécanisme symétrique existe. Le bailleur qui a refusé le renouvellement peut se soustraire au paiement de l'indemnité en consentant finalement au renouvellement, jusqu'à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la décision passée en force de chose jugée, à charge de supporter les frais de l'instance. Deux limites strictes encadrent ce repentir :

  • il ne peut être exercé que tant que le locataire est encore dans les lieux ;
  • il est fermé dès lors que le locataire a déjà loué ou acheté un autre immeuble destiné à sa réinstallation.

Le repentir sauve le bailleur mal conseillé : quand l'expertise sort une indemnité au double de l'estimation initiale, il permet de faire machine arrière et de renouveler. Sauf qu'il se joue en quinze jours, à un moment où le preneur a en général déjà visité, négocié et signé ailleurs. Autant le dire clairement : le repentir est un airbag, pas un itinéraire. Personne ne conduit en comptant dessus.

Le calendrier réel du refus de renouvellement

Étape Délai Base
Délivrance du congé6 mois avant la date d'effetArt. L. 145-9
Saisine du tribunal par le preneur2 ans à compter de la date d'effet du congéArt. L. 145-9 et L. 145-60
Expertise judiciaireGénéralement 9 à 18 moisPratique judiciaire
Droit de repentir du bailleur15 jours après la décision passée en force de chose jugéeArt. L. 145-58
Paiement de l'indemnité3 mois à compter du commandement par acte extrajudiciaireArt. L. 145-30
Libération des lieuxAprès paiement effectifArt. L. 145-28

Entre le congé et la remise des clés, comptez deux à quatre ans. C'est long, et c'est à double tranchant. Ce délai vous donne le temps de constituer la trésorerie — c'est la bonne nouvelle. Il rend aussi parfaitement suicidaire toute promesse de vente signée avec un acquéreur pressé et une clause de livraison libre.

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3. Les cas où l'indemnité d'éviction n'est pas due

Voilà le chapitre que tout le monde vient chercher. Posons le cadre : l'indemnité est le principe, les exonérations sont l'exception, et elles s'interprètent strictement. Pire — la plupart supposent un formalisme accompli avant le congé. Ce qui n'a pas été fait à temps ne se rattrape pas.

Le motif grave et légitime (art. L. 145-17, 1°)

Le bailleur peut refuser le renouvellement sans rien payer s'il justifie d'un motif grave et légitime contre le locataire sortant. Le texte ajoute aussitôt un garde-fou que beaucoup découvrent trop tard : quand le motif tient à l'inexécution d'une obligation ou à la cessation sans raison sérieuse et légitime de l'exploitation du fonds, l'infraction n'est invocable que si elle s'est poursuivie ou renouvelée plus d'un mois après une mise en demeure du bailleur d'avoir à la faire cesser.

Et cette mise en demeure obéit elle-même, à peine de nullité, à trois exigences : acte extrajudiciaire, énoncé du motif invoqué, reproduction des termes de la disposition. Trois exigences, trois façons de tout perdre. Le scénario classique — une lettre recommandée de rappel à l'ordre en janvier, un congé sans indemnité en juillet « pour manquements répétés » — ne passe jamais. Jamais.

Situation invoquée Mise en demeure préalable ? Solidité
Impayés de loyers persistantsOui, indispensableBonne si les impayés se poursuivent après le délai d'un mois
Sous-location non autoriséeOuiBonne si la situation perdure après mise en demeure
Défaut d'entretien, dégradationsOuiVariable : la gravité s'apprécie in concreto
Cessation d'exploitation du fondsOuiBonne si la fermeture est durable et sans raison légitime
Activité exercée en violation de la destinationOuiDépend de la clause et d'une éventuelle déspécialisation régulière
Comportement fautif ponctuel et régulariséSans objetFaible : l'infraction cessée ne peut plus être invoquée

La règle à graver : une faute réparée dans le mois de la mise en demeure ne fonde plus rien. Le motif grave et légitime ne sanctionne pas le passé, il constate une situation qui dure. Conséquence paradoxale : le bailleur patient, celui qui a supporté trois ans d'impayés sans jamais faire délivrer d'acte, est précisément celui qui n'a plus d'arguments. Si c'est votre cas, commencez par notre guide sur les impayés de loyer en SCI.

L'immeuble insalubre ou devant être démoli (art. L. 145-17, 2°)

Le refus est également possible sans indemnité si l'immeuble doit être totalement ou partiellement démoli comme étant en état d'insalubrité reconnue par l'autorité administrative, ou s'il ne peut plus être occupé sans danger en raison de son état. Deux points d'attention :

  • L'insalubrité doit être reconnue par l'autorité administrative : un rapport d'expert privé commandé par la SCI ne suffit pas. Il faut un acte administratif.
  • Si le bailleur reconstruit ensuite un immeuble comprenant des locaux commerciaux, l'ancien locataire bénéficie d'un droit de priorité pour louer dans l'immeuble reconstruit, dans les conditions des articles L. 145-19 et L. 145-20. Le locataire doit, en quittant les lieux ou au plus tard dans les trois mois qui suivent, notifier au bailleur sa volonté d'user de ce droit en indiquant son nouveau domicile (art. L. 145-19) ; le propriétaire doit ensuite l'aviser des locaux disponibles avant de louer à un tiers, l'article L. 145-20 réglant les cas de concurrence entre plusieurs anciens locataires.

Traduction : l'insalubrité n'est pas un blanc-seing pour transformer un immeuble fatigué en programme neuf sans contrepartie. Le prix existe, il est simplement différé — et il prend la forme d'un preneur qui revient s'installer dans votre immeuble reconstruit.

Le défaut d'immatriculation et l'absence d'exploitation

Attention au vocabulaire : ce ne sont pas des exonérations. Ce sont des hypothèses où le droit au renouvellement n'a jamais existé, donc où l'indemnité n'a rien sur quoi se fonder. La distinction n'est pas académique : elle change la charge de la preuve et le raisonnement du juge.

  • Défaut d'immatriculation : l'article L. 145-1 vise le commerçant ou l'industriel immatriculé au registre du commerce et des sociétés et le chef d'une entreprise du secteur des métiers et de l'artisanat immatriculée au registre national des entreprises — le « répertoire des métiers » a disparu au 1er janvier 2023 et ne doit plus être visé dans les actes. La date d'appréciation est celle du congé ou de la demande de renouvellement.
  • Absence de fonds exploité : un local vide, une activité arrêtée, une société en sommeil sans reprise, une enseigne déposée mais aucune clientèle réelle. L'article L. 145-8 exige, sauf motifs légitimes, que le fonds ait été effectivement exploité au cours des trois années qui ont précédé la date d'expiration du bail ou de sa prolongation. Le constat par commissaire de justice est ici la pièce maîtresse.
  • Absence de clientèle propre : hypothèse plus rare, mais réelle dans les configurations où l'exploitant dépend entièrement de l'activité du bailleur ou d'un donneur d'ordre.

La reprise des locaux d'habitation (art. L. 145-22 et L. 145-23-1)

Deux dispositifs distincts permettent au bailleur de récupérer, sans indemnité d'éviction, des locaux à usage d'habitation compris dans un bail commercial mixte :

Art. L. 145-22 — reprise pour habiter Art. L. 145-23-1 — reprise de locaux détournés
ObjetLocaux d'habitation accessoires des locaux commerciauxLocaux d'habitation loués accessoirement aux locaux commerciaux mais qui ne sont pas affectés à cet usage d'habitation
MomentRefus partiel de renouvellementÀ l'expiration d'une période triennale, congé dans les formes de l'art. L. 145-9 et au moins 6 mois à l'avance
BénéficiaireLe bailleur lui-même, son conjoint, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint, à condition qu'il ne dispose pas déjà d'une habitation correspondant à ses besoinsSans objet : il s'agit de rendre les locaux à l'habitation
Ancienneté de propriétéUniquement si l'immeuble a été acquis à titre onéreux : l'acte d'acquisition doit avoir date certaine plus de six ans avant le refus de renouvellement. Une transmission à titre gratuit (donation, succession) échappe à ce délaiNon exigée
Condition d'occupationOccupation personnelle dans les 6 mois, pendant 6 ans au moinsAffectation effective à l'habitation
Limite majeureExclue si les locaux forment un tout indivisible avec le commerce, s'ils servent à l'exploitation (hôtel, location meublée, usage hospitalier ou d'enseignement) ou si la privation apporte un trouble grave à l'exploitationMêmes exclusions ; le loyer du bail est diminué à proportion, sans que la reprise constitue par elle-même une modification notable des éléments de l'art. L. 145-33
Portée pour une SCIUne personne morale ne peut pas « occuper personnellement » un logement : la reprise de l'article L. 145-22 suppose un bénéficiaire personne physique répondant aux conditions du texte

Cette dernière ligne mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle est mal comprise neuf fois sur dix. La reprise pour habiter a été écrite pour des personnes physiques : une société ne dort nulle part. Une SCI ne peut donc pas s'en prévaloir pour son propre compte. C'est exactement le raisonnement du congé pour reprise en bail d'habitation, où seule une SCI familiale peut reprendre, et au seul profit d'un associé.

Reconstruction et surélévation : l'indemnité change de nature

Deux régimes voisins méritent d'être distingués de l'exonération pure :

  • Construction ou reconstruction (art. L. 145-18) : le bailleur peut refuser le renouvellement pour construire ou reconstruire l'immeuble existant, mais il doit l'indemnité d'éviction. Il peut s'en soustraire en offrant au locataire un local de remplacement correspondant à ses besoins et possibilités et situé à un emplacement équivalent ; le locataire dispose alors de trois mois pour notifier son acceptation ou saisir la juridiction compétente. Dans ce cas, il ne reçoit plus qu'une indemnité compensatrice de sa privation temporaire de jouissance et de la moins-value de son fonds, augmentée du remboursement des frais normaux de déménagement et d'emménagement. Attention : contrairement à ce que l'on lit souvent, l'article L. 145-18 ne comporte aucun plafond de trois ans de loyer — ce plafond n'existe que pour la surélévation de l'article L. 145-21.
  • Surélévation (art. L. 145-21) : lorsque la surélévation rend nécessaire l'éviction temporaire du locataire, le propriétaire peut différer le renouvellement pendant une durée maximale de trois ans ; le locataire a droit à une indemnité égale au préjudice subi, sans pouvoir excéder trois ans de loyer. Le texte vise la seule surélévation de l'immeuble loué et ne s'applique pas à sa démolition suivie de reconstruction.

Pour une SCI patrimoniale qui veut restructurer un actif, ces deux régimes sont souvent les seules portes réellement praticables. Ils ne suppriment pas l'indemnité — ils en changent l'assiette. Une simple indemnité de privation temporaire de jouissance quand un local de remplacement est offert (art. L. 145-18) ; une indemnité plafonnée à trois ans de loyer en cas de surélévation (art. L. 145-21). Quand le fonds du preneur vaut 400 000 €, l'écart est colossal. Le prix d'entrée, en revanche, est élevé : il faut un projet réel, financé, autorisé. Un permis dans le dossier, pas une intention dans un procès-verbal. Si votre opération embarque des travaux lourds, croisez ce point avec notre guide travaux en SCI.

Ce qui ne marche jamais

Motif invoqué par le bailleur Indemnité due ?
Vendre l'immeuble libre d'occupation, à meilleur prixOui, intégralement
Relouer plus cher à un autre commerçantOui, intégralement
Installer l'activité d'une société détenue par les associésOui, intégralement
Transformer le local commercial en logementsOui, et l'indemnité est en principe non déductible
Mésentente personnelle avec le preneurOui
Immeuble simplement vétuste, sans arrêté d'insalubritéOui

Dans la grande majorité des dossiers que je vois passer, aucun cas d'exonération ne s'applique. Reste alors une seule question, et elle est arithmétique : combien ? Les deux chapitres qui suivent y répondent — d'abord l'indemnité principale, qui pèse 80 % de la facture, puis les accessoires, qu'on oublie systématiquement de budgéter.


4. Calculer l'indemnité d'éviction : l'indemnité principale (art. L. 145-14)

L'article L. 145-14 pose le principe suivant : le bailleur qui refuse le renouvellement doit payer au locataire évincé une indemnité dite d'éviction égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement. Le texte ajoute que cette indemnité comprend notamment la valeur marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la profession, augmentée éventuellement des frais normaux de déménagement et de réinstallation ainsi que des frais et droits de mutation à payer pour un fonds de même valeur — sauf dans le cas où le propriétaire fait la preuve que le préjudice est moindre.

Il faut lire cette phrase mot à mot, parce que chacun porte. « Égale au préjudice » : réparation intégrale, ni punition ni cadeau. « Notamment » : la liste n'est pas fermée, le preneur peut ajouter des postes. « Suivant les usages de la profession » : des pratiques d'évaluation, pas un barème opposable. Quant à la réserve finale — la preuve d'un préjudice moindre —, c'est le seul levier de réduction que la loi laisse au bailleur. Un seul. Autant s'en servir.

Perte du fonds ou simple déplacement : la question qui décide de tout

Tout le dossier tient à une question, et une seule : l'éviction fait-elle disparaître le fonds, ou le preneur peut-il le transférer ailleurs sans perdre l'essentiel de sa clientèle ? Selon la réponse, l'écart de facture va de un à cinq.

Indemnité de remplacement (perte du fonds) Indemnité de déplacement (transfert possible)
HypothèseClientèle indissociable de l'emplacementClientèle qui suit l'exploitant
Exemples typiquesCommerce de flux, boulangerie de quartier, tabac-presse, restauration de passageProfession de services sur rendez-vous, grossiste, atelier, activité de bureau
Base principaleValeur marchande du fondsValeur du droit au bail
Charge de la preuvePrincipe légalSur le bailleur (preuve d'un préjudice moindre)
Écart de montant fréquentRapport de 2 à 5 entre les deux hypothèses sur un même local

En pratique, l'expert calcule les deux valeurs et retient la plus élevée. Le droit au bail fait office de plancher : le preneur ne sera jamais indemnisé moins que ce que vaut sur le marché le droit d'occuper ce local à ce loyer. Prenez une seconde pour mesurer ce que cela implique. Plus votre loyer est bas par rapport au marché, plus l'indemnité grimpe. Vingt ans de gentillesse sur le loyer, c'est vingt ans de valeur accumulée dans le patrimoine du locataire — et que vous lui rachèterez au prix fort le jour où vous voudrez le voir partir.

Évaluer la valeur marchande du fonds

Les usages professionnels privilégient trois approches, souvent combinées et pondérées par l'expert :

  • Méthode par le chiffre d'affaires. On applique au chiffre d'affaires annuel TTC moyen des trois derniers exercices un coefficient propre à la profession. Ces coefficients, publiés par les barèmes professionnels et l'administration en matière d'évaluation, varient très fortement d'une activité à l'autre. Ils constituent des références indicatives, jamais un droit.
  • Méthode par la rentabilité. On capitalise l'excédent brut d'exploitation ou le résultat retraité, après réintégration de la rémunération normale de l'exploitant. Cette méthode est privilégiée quand la marge diverge fortement des standards du secteur.
  • Méthode par comparaison. On s'appuie sur des cessions de fonds comparables dans le même secteur géographique et le même créneau d'activité. C'est la plus solide quand des références existent, la plus contestable quand elles sont rares.

Aucun barème n'est opposable. Ni au bailleur, ni au preneur, ni au juge. Les fourchettes qui circulent partout — « 2 à 3 ans de loyer », « un an de chiffre d'affaires » — sont des raccourcis de dîner en ville. L'article L. 145-14 exige la réparation du préjudice réel, appréciée par le juge sur rapport d'expert. Dans notre cas chiffré du chapitre 7, le « barème » de trois ans de loyer donnerait 54 000 € ; l'expert en retient 340 000 €. Voilà ce que coûte une décision prise sur un ordre de grandeur entendu quelque part.

Évaluer la valeur du droit au bail

Le droit au bail vaut d'autant plus que l'écart entre le loyer payé et la valeur locative de marché est important et durable. Deux méthodes dominent :

  • La capitalisation du différentiel de loyer. On calcule l'économie annuelle procurée au preneur — valeur locative de marché moins loyer contractuel — et on la capitalise sur un nombre d'années reflétant la durée pendant laquelle cet avantage se serait maintenu, en tenant compte des perspectives de déplafonnement. C'est la méthode la plus utilisée.
  • La comparaison directe. On se réfère aux prix constatés lors de cessions de droit au bail dans le même environnement commercial. Ces transactions existent sur les artères marchandes et sont alors très parlantes.

D'où cette conclusion, qui n'a rien d'évident quand on la découvre : le meilleur outil de prévention de l'indemnité d'éviction, c'est la révision du loyer. Chaque indexation appliquée, chaque révision obtenue rapproche le loyer de la valeur locative et grignote d'autant la valeur du droit au bail — donc le plancher de l'indemnité. Ce n'est pas de la mesquinerie de bailleur, c'est de la gestion de risque. Voyez notre guide sur la révision du loyer en SCI.

Le rôle de l'expertise judiciaire

Dans presque tous les dossiers contentieux, le tribunal ordonne une expertise judiciaire avant de statuer. L'expert visite, épluche les comptes du preneur, réunit des références de marché, écoute les parties, dépose son rapport. Le juge n'est pas lié par ce document. Dans les faits, il s'en écarte rarement, et jamais beaucoup.

Ce que cela veut dire pour la SCI, en trois points concrets :

  • Le dire technique se paie, et il rapporte. Un bailleur qui arrive avec des cessions de fonds comparables, des relevés de loyers du quartier et une démonstration sérieuse de la transférabilité de la clientèle fait bouger l'évaluation. Celui qui se contente de contester « le montant paraît excessif » ne fait rien bouger du tout.
  • La procédure a son propre budget. Consignation, honoraires d'expert, avocat : sur un dossier moyen, plusieurs dizaines de milliers d'euros. Cette ligne ne figure jamais dans les prévisionnels que je vois arriver.
  • Le temps travaille sur la trésorerie. Pendant toute l'instance, la SCI n'encaisse plus un loyer mais une indemnité d'occupation — et ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle, comme on le verra au chapitre 6.

5. Les indemnités accessoires : remploi, trouble commercial, licenciements

L'indemnité principale n'est jamais le chiffre final. C'est le socle sur lequel on empile. L'article L. 145-14 vise déjà les frais normaux de déménagement et de réinstallation, ainsi que les frais et droits de mutation nécessaires pour racheter un fonds de même valeur ; et son « notamment » ouvre la porte à tout autre préjudice que le preneur démontrera. Sur un dossier moyen, ces accessoires pèsent 15 à 30 % de l'indemnité principale. Sur 300 000 €, cela fait 45 000 à 90 000 € que personne n'avait provisionnés.

Les postes indemnisables, un par un

Poste Ce qu'il couvre Ordre de grandeur constaté (indicatif)
Indemnité de remploiFrais et droits de mutation pour racheter un fonds équivalent, honoraires d'intermédiaireSouvent autour de 10 % de l'indemnité principale
Déménagement et réinstallationTransport, dépose et repose du matériel, remise en état, agencements du nouveau localSur devis, très variable selon l'activité
Trouble commercialPerte d'exploitation liée à la période de transition et à la perturbation de l'activitéFréquemment quelques mois de résultat
LicenciementsIndemnités de rupture du personnel qui ne peut être conservéSur pièces, selon effectif et ancienneté
Double loyerPériode de chevauchement entre l'ancien et le nouveau localQuelques mois de loyer du local de remplacement
Perte sur agencements et stocksValeur résiduelle non récupérable des installations spécifiquesSur inventaire et amortissements résiduels
Frais diversCommunication du transfert, réédition des supports, frais administratifsMontants modestes mais systématiquement réclamés

Ce que le bailleur peut réellement discuter

Ces ordres de grandeur ne sont pas des droits. Ils décrivent ce qu'on lit dans les rapports d'expertise, rien de plus. Chaque poste doit être prouvé par le preneur, et chaque poste se discute. C'est même là que la contradiction technique du bailleur rapporte le plus : un trouble commercial calculé sur un résultat opportunément gonflé, des licenciements qui étaient de toute façon programmés, des agencements amortis depuis six ans et pourtant valorisés à neuf. Ligne par ligne, il y a du gras.

Le poste que les bailleurs sous-estiment presque toujours, en revanche, c'est l'indemnité de remploi. Elle se calcule sur l'indemnité principale : plus vous perdez le débat sur le fonds, plus le remploi enfle mécaniquement. Sur une principale de 340 000 €, 10 % de remploi font 34 000 € de plus — soit près de deux ans du loyer que vous encaissiez.


6. Maintien dans les lieux et indemnité d'occupation (art. L. 145-28)

S'il ne fallait retenir qu'un article de ce guide, ce serait celui-là. C'est la disposition que les bailleurs découvrent en dernier, et celle qui fait s'effondrer le plus de montages. L'article L. 145-28 tient en une phrase : « Aucun locataire pouvant prétendre à une indemnité d'éviction ne peut être obligé de quitter les lieux avant de l'avoir reçue. » Jusqu'au paiement, il reste dans les lieux aux conditions et clauses du bail expiré. Pas d'exception pour bonne foi, pas d'exception pour urgence bancaire.

Ce que cela signifie concrètement

  • Aucune expulsion possible tant que l'indemnité n'a pas été effectivement versée — ou consignée entre les mains d'un séquestre. Le texte ne prévoit qu'une seule exception, et elle est étroite : le « seul cas prévu au deuxième alinéa de l'article L. 145-18 », c'est-à-dire les travaux qui nécessitent l'évacuation des lieux et sont compris dans un secteur ou périmètre des articles L. 313-4 et L. 313-4-2 du code de l'urbanisme — les opérations de restauration immobilière. Le locataire doit alors partir contre versement d'une indemnité provisionnelle fixée par le président du tribunal judiciaire après expertise. Attention au contresens : la démolition-reconstruction ordinaire du premier alinéa de l'article L. 145-18 n'ouvre aucune dérogation. Une SCI porteuse d'un projet de reconstruction ne récupère son local qu'après paiement intégral de l'indemnité, comme tout le monde.
  • Le bail expiré continue de régir la relation : mêmes obligations d'entretien, même répartition des charges, mêmes clauses.
  • Le bailleur ne peut pas relouer, ni livrer un immeuble libre à un acquéreur, ni engager de travaux incompatibles avec l'occupation.

Résumons brutalement : une SCI sans trésorerie ne récupère jamais son local. Peu importe la qualité de son congé, la solidité de son avocat ou la justesse de son projet. Ce n'est pas le droit qui décide de la faisabilité d'une éviction, c'est le solde du compte bancaire de la société.

L'indemnité d'occupation

Pendant cette période, le locataire n'est plus tenu au loyer contractuel mais à une indemnité d'occupation, déterminée conformément aux dispositions des sections 6 et 7 du chapitre — les règles de fixation du loyer — et compte tenu de tous éléments d'appréciation (art. L. 145-28). Les experts partent de la valeur locative de marché et appliquent un abattement de précarité destiné à tenir compte de la situation instable de l'occupant, fréquemment situé entre 10 et 20 % selon les circonstances.

Et là, surprise : la mécanique joue en faveur du bailleur. Quand le loyer du bail expiré est très en dessous du marché — c'est-à-dire dans la situation même qui pousse à évincer —, l'indemnité d'occupation dépasse l'ancien loyer. La SCI encaisse plus pendant le procès qu'avant le congé. C'est l'un des rares endroits du statut où le temps ne coûte pas d'argent au propriétaire.

Situation Loyer du bail expiré Valeur locative Indemnité d'occupation (abattement 15 %) Effet pour la SCI
Loyer très en dessous du marché18 000 €30 000 €25 500 €+ 7 500 €/an
Loyer proche du marché28 000 €30 000 €25 500 €− 2 500 €/an
Loyer au-dessus du marché34 000 €30 000 €25 500 €− 8 500 €/an

Le délai de paiement et la sortie effective

Une fois la décision définitive rendue et le délai de repentir de quinze jours expiré sans que le bailleur l'ait exercé, l'article L. 145-30 impose que l'indemnité d'éviction soit versée au locataire ou, éventuellement, à un séquestre, dans un délai de trois mois à compter de la date d'un commandement fait par acte extrajudiciaire, cet acte devant reproduire l'alinéa à peine de nullité. Le même texte prévoit qu'en cas de non-remise des clés à la date fixée et après mise en demeure, le séquestre retient 1 % par jour de retard sur le montant de l'indemnité et restitue cette retenue au bailleur sur sa seule quittance.

Le séquestre est le mécanisme qui sécurise la sortie, et c'est presque toujours la voie retenue : le bailleur consigne, le locataire libère, les fonds partent contre remise des clés. Personne ne fait confiance à personne, et c'est très bien ainsi.

Financer l'indemnité : le vrai sujet de gestion

Trois leviers, qu'on combine le plus souvent :

  • Le compte courant d'associé. Le plus rapide et le plus souple, à condition que les associés disposent des liquidités. Les modalités, la rémunération éventuelle et le remboursement obéissent à des règles précises : voyez le guide compte courant d'associé en SCI.
  • Le crédit bancaire. Les banques financent volontiers une éviction lorsque le dossier démontre la revalorisation attendue du bien libéré. Le nantissement ou l'hypothèque sur l'immeuble sert de garantie : voyez obtenir un prêt bancaire en SCI.
  • La négociation amiable. Un protocole prévoyant un départ anticipé contre une indemnité inférieure mais payée rapidement, ou étalée, satisfait souvent les deux parties.

Dans tous les cas, le pilotage de la trésorerie prévisionnelle est la clé — c'est exactement l'exercice décrit dans nos guides cash-flow d'une SCI et indicateurs de pilotage.


7. Cas chiffré : combien coûte une indemnité d'éviction en SCI ?

Assez de principes. Déroulons un dossier complet, chiffre après chiffre. Précision utile avant de commencer : les montants ci-dessous sont des hypothèses de travail. Elles servent à montrer la structure du calcul et le poids relatif de chaque masse, pas à prédire ce qu'un expert retiendrait chez vous.

Les données de départ

Élément Valeur
BailleurSCI Les Tilleuls, à l'IS, 2 associés
Local120 m² en pied d'immeuble, centre-ville d'une agglomération moyenne
PreneurRestaurant, exploitant immatriculé au RCS, en place depuis 2010
Bail9 ans conclu au 1er janvier 2017, en tacite prolongation depuis le 1er janvier 2026
Loyer annuel HT/HC18 000 € (150 €/m²)
Valeur locative de marché30 000 € (250 €/m²)
Chiffre d'affaires TTC moyen (3 derniers exercices)420 000 €
Résultat d'exploitation retraité48 000 €/an
Effectif2 salariés, ancienneté 6 et 9 ans

Le projet des associés : récupérer le local pour le relouer à une enseigne nationale, à 32 000 €/an. Économiquement, on ne peut pas leur donner tort — 14 000 € de loyer supplémentaire par an, un preneur solide, un bail neuf. Juridiquement, cela ne pèse rien : l'indemnité sera due en totalité.

Étape 1 — l'indemnité principale

Approche Calcul Résultat
Valeur du fonds — méthode CA420 000 € × coefficient d'usage retenu par l'expert (fourchette basse à haute)290 000 à 380 000 €
Valeur du fonds — méthode rentabilité48 000 € × multiple retenu290 000 à 340 000 €
Valeur du droit au bail(30 000 − 18 000) = 12 000 €/an capitalisés sur environ 8 ans≈ 96 000 €
Valeur retenue par l'expertPerte du fonds établie : clientèle de flux, transfert impossible dans le secteur340 000 €

Regardez bien l'écart entre les deux dernières lignes. Si le bailleur avait réussi à démontrer que l'activité se transférait sans perte de clientèle — un traiteur travaillant sur commande plutôt qu'un restaurant de passage —, l'indemnité serait retombée à la valeur du droit au bail : 96 000 €. Le débat sur la transférabilité du fonds vaut 244 000 € dans ce dossier. Tout le reste est du détail. C'est là, et nulle part ailleurs, qu'il faut mettre l'argent de l'expertise technique.

Étape 2 — les indemnités accessoires

Poste Base retenue Montant
Indemnité de remploi10 % de 340 000 €34 000 €
Trouble commercial3 mois de résultat retraité12 000 €
Licenciements2 salariés, sur pièces18 000 €
Déménagement et matérielDevis, dépose de la cuisine professionnelle15 000 €
Frais diversCommunication, formalités3 000 €
Total accessoires82 000 €

Étape 3 — le coût complet pour la SCI

Poste Montant
Indemnité principale340 000 €
Indemnités accessoires82 000 €
Audit préalable (extrait RCS, constat d'exploitation, estimation d'expert amiable)4 000 €
Commissaire de justice (congé, mises en demeure, sommations)2 500 €
Expertise judiciaire (consignation et compléments)12 000 €
Honoraires d'avocat (première instance)18 000 €
Coût brut total458 500 €
À ajouter : vacance locative entre la remise des clés (octobre 2029) et le nouveau bail (janvier 2030), soit 3 mois au rythme de 25 500 €/an+ 6 375 €
À déduire : sur-recette d'indemnité d'occupation (33 mois, de janvier 2027 à octobre 2029, × 7 500 €/an)− 20 625 €
Coût net avant impôt444 250 €

Ce chiffre est encore un plancher. Il n'intègre pas les travaux de remise en état du local avant relocation — dépose d'une cuisine professionnelle, reprise des sols et des réseaux, mise aux normes de l'enseigne entrante —, dont le montant dépend entièrement de l'état des lieux de sortie et du preneur suivant. Sur un restaurant de 120 m², la fourchette va de quelques milliers d'euros à plusieurs dizaines de milliers. Ajoutez-la à votre prévisionnel dès l'audit, pas au moment du devis.

Étape 4 — l'échéancier réel

Date Événement Impact trésorerie
Mars 2026Audit du dossier : extrait RCS, constat d'exploitation, estimation d'expert amiable− 4 000 €
30 juin 2026Congé par commissaire de justice, avec refus de renouvellement et offre d'indemnité, pour le 31 décembre 2026− 1 200 €
1er janvier 2027Fin du bail. Le preneur se maintient dans les lieux (art. L. 145-28) et verse une indemnité d'occupation+ 25 500 €/an
Avril 2027Assignation du preneur en fixation de l'indemnité (délai de 2 ans, art. L. 145-9 et L. 145-60)
Sept. 2027 – déc. 2028Expertise judiciaire : visites, dires, rapport− 12 000 €
Mai 2029Jugement fixant l'indemnité à 422 000 €− 18 000 € (avocat)
Juin 2029Décision passée en force de chose jugée. Fenêtre de repentir de 15 jours (art. L. 145-58) : la SCI arbitre définitivementDécision irrévocable
Juillet 2029Commandement de payer par acte extrajudiciaire, reproduisant l'alinéa à peine de nullité : délai de 3 mois (art. L. 145-30)
Octobre 2029Consignation entre les mains du séquestre, remise des clés− 422 000 €
Janvier 2030Nouveau bail à 32 000 €/an après remise en état+ 32 000 €/an

Le verdict, sans fard. Environ 444 000 € décaissés, hors travaux de remise en état, pour transformer un loyer de 18 000 € en un loyer de 32 000 €. Comparé au loyer actuel, le gain est de 14 000 € par an avant impôt : trente-deux ans de flux pour rembourser l'opération. Sauf que ce n'est même pas la bonne comparaison. Le vrai point de référence, ce n'est pas le loyer d'aujourd'hui — c'est ce que la SCI encaisserait sans rien débourser, en laissant courir la tacite prolongation jusqu'au déplafonnement du chapitre 9 : 30 000 €. Face à ce contrefactuel-là, l'éviction ne rapporte que 2 000 € de plus par an. Le rapport devient absurde.

L'opération ne tient donc debout que si l'on intègre la revalorisation du bien lui-même — un local libre, reloué 32 000 € à une enseigne nationale avec un bail neuf, vaut à taux de capitalisation constant nettement plus qu'un local occupé par un preneur installé depuis 2010, dont le droit au bail est valorisé dans son patrimoine et dont chaque renouvellement sera un contentieux. C'est ce raisonnement-là qu'il faut poser noir sur blanc, chiffres à l'appui, avant de faire délivrer le congé. Pas après. Croisez-le avec notre guide calculer le rendement d'une SCI.

Comparatif des trois stratégies possibles

Stratégie Décaissement Loyer à l'arrivée Délai Risque
Éviction≈ 444 000 € (hors remise en état)32 000 €3 à 4 ansMontant incertain jusqu'au rapport d'expertise
Renouvellement avec déplafonnement≈ 15 000 € de frais30 000 €, en une seule foisImmédiat à la prise d'effet du renouvellementLe juge peut retenir une valeur locative inférieure
Rachat amiable du bailNégocié, souvent 40 à 70 % d'une indemnité judiciaire32 000 €6 à 18 moisSuppose un preneur volontaire

Sur un dossier de ce profil, le déplafonnement bat l'éviction neuf fois sur dix. Le chapitre 9 explique comment le déclencher.


8. Déductibilité de l'indemnité d'éviction en SCI à l'IR et à l'IS

Le chèque est parti, le local est libre, et c'est à ce moment-là que la question tombe : « c'est déductible, au moins ? » Trop tard. Le sort fiscal de l'indemnité ne dépend pas de sa nature juridique, qui ne varie jamais. Il dépend du motif pour lequel vous avez évincé. Ce qui veut dire que la déductibilité s'est jouée le jour du congé, pas le jour du paiement.

SCI à l'IR : la règle du BOI-RFPI-BASE-20-20

Dans une SCI aux revenus fonciers, les charges déductibles sont énumérées limitativement par l'article 31 du CGI. Cherchez l'indemnité d'éviction dans cette liste : vous ne la trouverez pas. Sa déductibilité vient d'ailleurs — de la jurisprudence du Conseil d'État et de la doctrine administrative, rassemblées au BOI-RFPI-BASE-20-20, « Charges déductibles — Indemnité d'éviction et frais de relogement ». C'est ce document qu'il faut avoir sous les yeux avant de signer le congé.

Le principe, posé au § 1 de ce document, est le suivant : l'indemnité d'éviction est admise en déduction lorsqu'elle constitue une charge engagée en vue de la perception du revenu. Il en est ainsi, notamment, lorsque la somme versée au locataire sortant a pour objet de libérer les locaux en vue de les relouer dans de meilleures conditions — c'est-à-dire d'augmenter le revenu tiré de l'immeuble. L'administration précise au passage que le caractère déductible de l'indemnité n'est pas conditionné par le caractère déductible des travaux dont l'éviction est le préalable.

À l'inverse, le § 10 exclut la déduction lorsque l'indemnité présente le caractère d'une dépense personnelle ou d'une dépense engagée en vue de la réalisation d'un gain en capital : reprise pour usage personnel, vente des locaux libérés, démolition, transformation de locaux commerciaux en logements. Le Conseil d'État retient dans ces hypothèses que l'indemnité ne constitue pas le remboursement d'un loyer et qu'elle trouve sa contrepartie dans la libération de l'immeuble loué et dans l'accroissement du capital immobilier qui en résulte : elle ne peut alors être regardée comme une dépense effectuée en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu.

Une nuance utile, elle aussi issue de la doctrine, et qui sauve pas mal de dossiers : quand les locaux libérés ne sont reloués que pour partie dans des conditions améliorant le revenu, l'indemnité reste déductible à proportion de la surface donnée en location. Un immeuble mixte ne se traite donc pas en tout ou rien, mais au prorata. Encore faut-il avoir les surfaces documentées le jour où on vous les demande.

Motif de l'éviction SCI à l'IR (revenus fonciers) SCI à l'IS
Relouer immédiatement dans de meilleures conditionsDéductibleCharge de l'exercice
Vendre l'immeuble libre d'occupationNon déductible (gain en capital)À immobiliser / rattacher au coût de cession
Reprise pour usage personnel d'un associéNon déductible (dépense personnelle)Non déductible, risque d'acte anormal de gestion
Démolir ou restructurer lourdementNon déductibleS'incorpore au coût de l'opération
Transformer les locaux commerciaux en logementsNon déductibleS'incorpore au coût de l'opération

Traduction opérationnelle : si vous évincez pour relouer, dites-le, écrivez-le, prouvez-le. Le motif du congé, le mandat de commercialisation signé avec un agent, le projet de bail préparé en amont : c'est ce faisceau qui fera tenir la déduction devant un vérificateur. À l'inverse, la SCI qui évince « pour voir » et revend dix-huit mois plus tard perdra sa déduction, et elle l'aura cherché. Pour le cadre général des charges admises, voyez notre guide charges déductibles en SCI.

SCI à l'IS : charge de l'exercice ou élément du coût de l'actif

À l'IS, la question devient d'abord comptable avant d'être fiscale. Le raisonnement de fond ne change pas — c'est celui du Conseil d'État en revenus fonciers — mais il s'exprime dans le vocabulaire de la distinction charge / immobilisation :

  • Charge de l'exercice lorsque l'indemnité est versée pour préserver ou améliorer le revenu locatif d'un immeuble que la société conserve et reloue. Elle est alors déductible du résultat imposable au titre de l'exercice au cours duquel elle est engagée, dans les conditions de droit commun de l'article 39 du CGI.
  • Élément du coût de l'actif lorsqu'elle est la contrepartie d'un accroissement de la valeur du bien : éviction préalable à une vente libre d'occupation, à une démolition-reconstruction, à une restructuration lourde changeant la destination de l'immeuble. Elle est alors immobilisée et ne se déduit qu'à travers l'amortissement des composants concernés, ou lors du calcul de la plus-value de cession.

Un point qu'on oublie sur cette seconde branche : l'indemnité immobilisée majore la valeur nette comptable et réduit donc la plus-value taxable le jour de la revente. Ce n'est pas de l'argent perdu, c'est de l'argent décalé. Mais le décalage se compte parfois en décennies, et il faut le financer entre-temps sans aucune contrepartie fiscale immédiate. Les mécanismes de plus-value professionnelle sont détaillés dans notre guide plus-value d'une SCI à l'IS.

Un dernier mot sur le classement : il doit être arbitré, documenté, et surtout cohérent avec le reste du dossier — procès-verbal d'assemblée autorisant l'opération, motif énoncé dans le congé, projet de relocation ou promesse de vente. Une charge démentie par les faits, c'est le redressement le plus facile à établir qui soit. Le vérificateur n'a même pas besoin de discuter le droit : il compare vos écritures à vos actes.

Peut-on provisionner ?

Seulement à l'IS. Une SCI à l'IR est imposée sur une base de trésorerie en revenus fonciers : elle ne déduit rien tant que l'indemnité n'est pas sortie du compte, provision ou pas. C'est l'un des écarts les plus structurants entre les deux régimes, détaillé dans comptabilité de trésorerie ou d'engagement et dans SCI à l'IS ou à l'IR.

À l'IS, en revanche, la comptabilité d'engagement ouvre la porte à la provision — sous trois conditions classiques : une obligation née à la clôture, un événement rendant la sortie de ressources probable, une évaluation suffisamment fiable. Traduit en situations réelles, cela donne ceci :

Situation à la clôture Provision envisageable ?
Simple réflexion sur une éventuelle évictionNon — aucune obligation née
Congé délivré avec refus de renouvellement et offre d'indemnitéOui, si le montant peut être évalué de façon fiable
Instance engagée, rapport d'expertise déposéOui — évaluation la plus solide
Éviction destinée à une vente libre ou à une démolitionNon — la dépense a la nature d'un coût d'immobilisation

Une provision dotée puis reprise l'année suivante sans explication attire l'œil en contrôle : elle raconte qu'on a voulu réduire un résultat, pas couvrir un risque. Mieux vaut une provision tardive et documentée qu'une provision précoce et bancale. Le mécanisme général des provisions en SCI est traité dans notre guide provisions pour gros entretien — la logique de constitution y est la même.

TVA : hors champ en principe, sauf montage particulier

L'indemnité d'éviction versée en application du statut répare un préjudice ; elle ne rémunère aucune prestation individualisable rendue par le preneur au bailleur. À ce titre, elle se situe en principe hors du champ de la TVA, et ce quel que soit le régime du bail — y compris lorsque la SCI a opté pour la TVA sur les loyers de locaux professionnels au titre de l'article 260, 2° du CGI. L'administration cite d'ailleurs expressément l'indemnité d'éviction de l'article L. 145-14 du code de commerce parmi les sommes qui, ayant pour seul objet de réparer un dommage, ne sont pas soumises à la TVA (BOI-TVA-BASE-10-10-50).

Tout bascule, en revanche, quand la somme devient la contrepartie d'un engagement du preneur. Le cas d'école : un protocole de résiliation amiable anticipée où le locataire s'oblige à libérer les lieux à une date convenue moyennant un versement. Là, on n'est plus dans la réparation d'un dommage mais potentiellement dans le prix d'un service — avec la TVA et la facturation qui vont avec. La frontière est mince et elle se joue entièrement dans la rédaction du protocole. Faites relire ce document avant de le signer ; après, il n'y a plus rien à négocier. Pour le cadre général, voyez notre guide SCI et TVA ainsi que celui sur la déclaration de TVA.

Les écritures dans une SCI à l'IS

Schématiquement, deux traitements possibles selon le classement retenu :

Étape Classement en charge Classement en immobilisation
À la clôture suivant le congéDotation à une provision pour risque, en contrepartie d'un compte de provisionsPas de provision : la dépense a la nature d'un coût d'actif
Au paiementCharge de l'exercice, reprise de la provision antérieureIncorporation au coût de l'immeuble ou du projet
EnsuiteEffet immédiat sur le résultat imposableAmortissement du composant concerné, ou effet à la cession

Le passage du résultat comptable au résultat fiscal — retraitements, réintégrations, provisions non déductibles — est un exercice à part entière : notre guide du résultat comptable au résultat fiscal détaille la mécanique, et le guide écritures de travaux en SCI montre la même logique charge / immobilisation appliquée aux travaux.

Chez sci-ai.app, vous suivez vos baux, vos échéances, vos provisions et votre trésorerie prévisionnelle au même endroit, et la liasse fiscale est générée automatiquement à partir de vos écritures. C'est ce que couvre notre offre Autonomie à 229 €/an. Pour un dossier d'éviction, l'accompagnement par un expert-comptable dédié se justifie pleinement : c'est l'offre à 349 €/an.


9. Les alternatives à l'éviction : déplafonnement, déspécialisation, rachat amiable

Disons-le franchement : l'éviction est rarement la bonne décision. Dans la plupart des dossiers, l'objectif réel du bailleur n'est pas de voir partir son locataire — c'est de capter la valeur locative réelle de son bien. Or il existe au moins trois façons d'y arriver pour une fraction du prix.

Le déplafonnement du loyer renouvelé (art. L. 145-34)

Pour les baux d'une durée n'excédant pas neuf ans, le loyer du bail renouvelé est en principe plafonné : sa variation ne peut excéder celle de l'indice trimestriel des loyers commerciaux ou des loyers des activités tertiaires intervenue depuis la fixation initiale du loyer du bail expiré. Mais ce plafonnement tombe dans plusieurs hypothèses :

  • Modification notable des éléments de la valeur locative visés aux 1° à 4° de l'article L. 145-33 : caractéristiques du local, destination des lieux, obligations des parties, facteurs locaux de commercialité.
  • Durée effective du bail supérieure à douze ans, ce qui survient mécaniquement après trois ans de tacite prolongation d'un bail de neuf ans. C'est la situation de très nombreux baux anciens, et elle est extraordinairement favorable au bailleur. Corollaire tactique pour la SCI Les Tilleuls, dont le bail conclu au 1er janvier 2017 n'atteint douze ans qu'au 1er janvier 2029 : il faut laisser courir la tacite prolongation jusque-là avant de donner congé avec offre de renouvellement, faute de quoi le déplafonnement devra être fondé sur une modification notable des éléments de l'article L. 145-33, beaucoup plus discutée.
  • Déspécialisation plénière intervenue en cours de bail.

Le loyer est alors fixé à la valeur locative. Reste une question que presque tous les articles traitent de travers : celle du lissage à 10 %. Le dernier alinéa de l'article L. 145-34 prévoit bien que la variation de loyer « ne peut conduire à des augmentations supérieures, pour une année, à 10 % du loyer acquitté au cours de l'année précédente » — mais seulement dans deux hypothèses, limitativement énoncées par le texte : en cas de modification notable des éléments mentionnés aux 1° à 4° de l'article L. 145-33, ou lorsqu'il est fait exception au plafonnement « par suite d'une clause du contrat relative à la durée du bail », c'est-à-dire pour un bail conclu contractuellement pour plus de neuf ans.

Le déplafonnement par tacite prolongation au-delà de douze ans échappe donc au lissage. Il ne résulte pas d'une clause du contrat, mais de la loi. La Cour de cassation l'a jugé expressément : le dernier alinéa de l'article L. 145-34 « ne s'applique que dans le cas d'une modification notable des quatre premiers éléments composant la valeur locative ou lorsque la durée du bail est contractuellement supérieure à neuf ans, et non aux baux de neuf ans qui se sont poursuivis, par l'effet de la tacite prolongation, pendant plus de douze ans » (Cass. 3e civ., 16 octobre 2025, n° 23-23.834, publié au Bulletin). Dans cette hypothèse, le loyer rejoint la valeur locative en une seule fois. Précision utile, qui ne vient pas de cet arrêt mais du texte : l'article L. 145-34 ne figure pas dans la liste des dispositions réputées non écrites par l'article L. 145-15, il n'est donc pas d'ordre public. Le lissage est supplétif, et cela joue dans les deux sens — les parties peuvent l'écarter, mais aussi l'étendre par une clause du bail aux cas que la loi ne couvre pas, y compris la tacite prolongation au-delà de douze ans. Relisez votre bail avant de compter sur un rattrapage en une fois.

Retour aux Tilleuls : 18 000 € de loyer, 30 000 € de valeur locative. Le bail a été conclu pour neuf ans, sa durée n'excède douze ans que par l'effet de la tacite prolongation : le lissage ne joue pas. À la prise d'effet du renouvellement, le loyer passe directement de 18 000 € à 30 000 €. Comparé à une relocation à 32 000 € après éviction, le manque à gagner se réduit à 2 000 € par an — et il est obtenu sans avancer un euro d'indemnité, sans trois ans de procédure et sans risque d'expertise. Face aux quelque 444 000 € de l'éviction, la comparaison ne se discute même pas. Notre guide sur les valeurs locatives détaille les paramètres que les experts retiennent.

La déspécialisation : une opportunité déguisée

Quand le preneur veut changer d'activité, il doit passer par les articles L. 145-47 à L. 145-55 : déspécialisation partielle pour adjoindre des activités connexes ou complémentaires, plénière pour basculer sur une activité différente. Le réflexe du bailleur, c'est de dire non. Le réflexe est souvent mauvais :

  • La déspécialisation partielle (art. L. 145-47) suppose une notification par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée avec avis de réception ; le bailleur dispose de deux mois, à peine de déchéance, pour contester le caractère connexe ou complémentaire des activités.
  • La déspécialisation plénière (art. L. 145-48 et L. 145-49) suppose une demande formelle du preneur, justifiée par la conjoncture économique ou les nécessités de l'organisation rationnelle de la distribution ; le bailleur dispose de trois mois pour répondre et son silence vaut acquiescement.
  • Elle peut ouvrir droit, au profit du bailleur, au paiement d'une indemnité égale au montant du préjudice dont il établirait l'existence (art. L. 145-50).
  • Elle constitue surtout un motif classique de déplafonnement lors du renouvellement suivant, puisqu'elle modifie la destination des lieux.

Autrement dit, un refus réflexe peut vous coûter plus cher qu'un oui réfléchi : la déspécialisation acceptée aujourd'hui, c'est le déplafonnement obtenu au renouvellement suivant.

Le rachat amiable du bail

La voie la plus rapide, et souvent la plus rentable. Le principe est simple : on négocie le départ du preneur contre une somme convenue, actée dans un protocole transactionnel. Ce qui se met sur la table :

Levier Ce qu'il apporte au preneur Ce qu'il coûte au bailleur
Paiement rapide et certainÉvite trois ans de procédure et l'aléa judiciaireMobilisation immédiate de trésorerie
Délai de départ allongéTemps de retrouver un local et d'organiser le transfertDécalage de la relocation
Prise en charge du déménagementCoût réel suppriméPoste chiffrable et plafonnable
Franchise de loyer sur les derniers moisTrésorerie immédiateManque à gagner limité
Autorisation de céder le droit au bail à un tiersLe preneur monétise lui-même son fondsSouvent le levier le moins coûteux

Arrêtez-vous sur la dernière ligne, c'est la plus élégante des solutions. Autoriser le preneur à céder son droit au bail à un repreneur que vous avez choisi, avec un bail neuf au loyer de marché, permet parfois d'atteindre l'objectif sans sortir un euro. Le sortant monétise son fonds auprès du cessionnaire, la SCI encaisse un loyer revalorisé, et personne n'a mis les pieds au tribunal. Quand c'est jouable, c'est presque toujours la meilleure sortie.

Vendre l'immeuble occupé

Reste une option qu'on écarte trop vite : vendre le bien avec son locataire dedans. Oui, la décote d'occupation est réelle. Elle est aussi presque toujours inférieure au coût d'une éviction, et surtout elle est encaissable dans l'année, pas dans quatre ans. La décision appartient aux associés réunis en assemblée : voyez nos guides assemblée générale de SCI et le gérant peut-il vendre un bien de la SCI.

Le sort fiscal de la plus-value dépend alors du régime : plus-value des particuliers pour une SCI à l'IR, plus-value professionnelle avec réintégration des amortissements pour une SCI à l'IS.


10. Prescription biennale (art. L. 145-60) et erreurs à ne pas commettre

La prescription de deux ans (art. L. 145-60)

L'article L. 145-60 est d'une brièveté redoutable : « Toutes les actions exercées en vertu du présent chapitre se prescrivent par deux ans. » Ce délai gouverne l'essentiel du contentieux du bail commercial, et notamment :

  • l'action du preneur en contestation du congé ou en paiement de l'indemnité d'éviction, qui doit être engagée dans les deux ans de la date pour laquelle le congé a été donné — c'est précisément ce que l'acte de congé doit lui rappeler à peine de nullité ;
  • l'action du preneur qui conteste un refus de renouvellement opposé à sa demande, dans les deux ans de la signification de ce refus ;
  • les actions relatives à la fixation du loyer, à l'indemnité d'occupation, aux clauses du bail.

Pour une fois, le délai joue pour le bailleur. Un congé régulier, motivé, portant toutes ses mentions, devient définitif si le preneur ne bouge pas dans les deux ans. La SCI qui a délivré un congé sans indemnité pour motif grave et légitime et qui n'a jamais été assignée ne doit plus rien. Le silence du locataire vaut alors abandon — c'est la seule fois où le statut fonctionne dans ce sens.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Ce qui suit n'est pas une liste théorique. Ce sont les huit fautes que je retrouve, presque toujours les mêmes, dans les dossiers d'éviction qui tournent mal.

Erreur 1 — Donner congé par lettre recommandée

Nul. Sans discussion : le congé du bailleur passe par acte extrajudiciaire (art. L. 145-9), point final. Un peu plus de mille euros économisés — le coût de l'acte dans notre cas chiffré —, une échéance entière perdue, et une fenêtre stratégique qui se rouvrira dans neuf ans.

Erreur 2 — Ne pas répondre à une demande de renouvellement

Trois mois de silence et le renouvellement est acquis dans son principe (art. L. 145-10). C'est l'erreur la plus fréquente, et la seule qui soit totalement irrattrapable. Une SCI dont le courrier atterrit chez un associé en déplacement est structurellement exposée. Réglez ce point une bonne fois : adresse de réception fiable, et quelqu'un qui ouvre le courrier chaque semaine.

Erreur 3 — Invoquer un motif grave sans mise en demeure préalable

La mise en demeure de l'article L. 145-17 exige trois choses à peine de nullité : acte extrajudiciaire, motif précisé, termes du texte reproduits. Le mail sec du mois de mars et le recommandé du mois de juin n'en cochent aucune.

Erreur 4 — Signer une promesse de vente d'un bien libre avant d'avoir payé

Tant que l'indemnité n'est pas versée, le preneur reste (art. L. 145-28). Promettre une livraison libre à date fixe, c'est s'engager sur un événement dont vous n'avez pas la maîtrise — et financer les pénalités qui vont avec.

Erreur 5 — Se fier à un barème

« Deux ans de loyer » ne veut rien dire. L'indemnité répare un préjudice réel et se mesure d'abord à la valeur d'un fonds de commerce. Décider sur un barème, c'est décider sans information — et découvrir le vrai chiffre trois ans plus tard, quand il est trop tard pour changer d'avis.

Erreur 6 — Laisser le loyer dériver pendant quinze ans

Chaque année de loyer sous-évalué gonfle la valeur du droit au bail, donc le plancher de votre future indemnité. Indexer et réviser n'est pas une manie de propriétaire tatillon : c'est le seul moyen d'éviter de racheter un jour, très cher, l'avantage qu'on a offert gratuitement pendant quinze ans.

Erreur 7 — Ne pas anticiper le traitement fiscal

La déductibilité se joue au congé, à travers le motif énoncé et les preuves d'intention de relouer. Un dossier reconstitué après le paiement ne convainc personne, et surtout pas un vérificateur. Traitez la question avec votre conseil pendant la phase d'audit, en même temps que le chiffrage.

Erreur 8 — Sous-estimer le temps

Deux à quatre ans entre le congé et les clés : c'est la norme, pas le pire scénario. Toute planification patrimoniale bâtie sur un calendrier plus court — donation, cession de parts, restructuration, apport — viendra buter sur l'article L. 145-28.

Une dernière chose sur la gouvernance. Un gérant qui engage seul une procédure de cette ampleur, sans mandat des associés, prend un risque personnel réel : voyez nos guides litige avec le gérant et mésentente entre associés. Et si votre preneur part en redressement judiciaire en cours de route, toutes les règles changent : voyez SCI et procédure collective.


11. FAQ — Indemnité d'éviction et refus de renouvellement

Existe-t-il un barème de l'indemnité d'éviction ?

Non, et c'est le premier réflexe à désapprendre. L'article L. 145-14 impose la réparation du préjudice réel, appréciée dossier par dossier sur rapport d'expert. Les fourchettes qui circulent — « deux à trois ans de loyer » — n'ont aucune valeur juridique et s'effondrent dès que la perte du fonds est établie : on passe alors d'un ordre de grandeur en dizaines de milliers d'euros à un ordre de grandeur en centaines de milliers.

Le gérant peut-il donner congé seul, sans consulter les associés ?

Cela dépend des statuts et de l'ampleur de l'engagement. Un congé qui expose la SCI à une indemnité de plusieurs centaines de milliers d'euros dépasse en général la gestion courante et mérite une décision d'assemblée, ne serait-ce que pour protéger le gérant. Faites-le figurer à l'ordre du jour et conservez le procès-verbal : c'est aussi une pièce utile au dossier fiscal.

Peut-on donner congé à l'échéance d'une période triennale ?

La faculté de résiliation triennale est en principe ouverte au preneur, non au bailleur, sauf cas particuliers prévus par les textes — notamment la reprise pour construire ou reconstruire dans les conditions de l'article L. 145-18. Le bailleur qui souhaite mettre fin au bail doit normalement attendre l'échéance contractuelle et respecter le préavis de six mois.

Que se passe-t-il si le preneur ne conteste pas le congé ?

Passé le délai de deux ans de l'article L. 145-60, l'action est prescrite : le refus de renouvellement devient définitif et, si le congé était donné sans offre d'indemnité, aucune somme n'est due. C'est la raison pour laquelle l'acte doit obligatoirement informer le preneur de ce délai — l'omission entraîne la nullité du congé.

Faut-il indemniser un preneur qui n'exploite plus ?

Le droit au renouvellement suppose un fonds effectivement exploité dans les lieux par un preneur immatriculé (art. L. 145-1 et L. 145-8). Une cessation d'exploitation durable et sans raison légitime prive donc le preneur de son droit — mais la preuve doit être établie, idéalement par constat de commissaire de justice répété dans le temps, et non par simple affirmation.

L'indemnité d'éviction est-elle imposable chez le locataire ?

Chez le preneur, la fraction correspondant à la perte d'éléments de l'actif immobilisé — notamment le droit au bail ou le fonds — relève du régime des plus-values professionnelles, tandis que les fractions réparant des charges ou un manque à gagner suivent le régime des produits d'exploitation. C'est un sujet à traiter par son propre conseil ; il influe fortement sur le montant qu'il acceptera en transaction.

Le nouveau propriétaire est-il tenu par le congé délivré par le vendeur ?

L'acquéreur d'un immeuble loué reprend la situation locative telle quelle, congé compris. Un congé régulier produit donc ses effets au profit du nouveau bailleur — qui héritera aussi de l'indemnité à payer. À traiter explicitement dans l'acte de vente et dans le prix : acheter un local sous congé, c'est acheter une dette dont personne ne connaît encore le montant.

Peut-on négocier l'indemnité après le jugement ?

Rien ne l'interdit : les parties restent libres de transiger tant que la somme n'est pas versée, par exemple sur un échéancier ou sur une date de sortie. Mais la position de négociation du bailleur est alors très faible, puisque le montant est fixé et que le preneur bénéficie du maintien dans les lieux. La négociation utile se mène avant le jugement, idéalement avant l'expertise.

Provisionnez et suivez l'impact d'une éviction dans votre SCI

Baux, loyers, échéances, trésorerie prévisionnelle, provisions, liasse fiscale ou déclaration annuelle : tout est au même endroit. Vous savez à tout moment ce qu'une éviction coûterait à votre société, et si elle a les moyens de l'assumer.

FAQ

Questions fréquentes

Il n'y a ni moyenne opposable, ni barème légal. L'article L. 145-14 du code de commerce pose un principe — l'indemnité égale le préjudice causé par le défaut de renouvellement — et renvoie le chiffrage à l'expertise. Sur un commerce de détail, l'indemnité principale se rapproche souvent d'une fraction du chiffre d'affaires annuel TTC selon les usages de la profession, majorée de 15 à 30 % d'accessoires. Le fameux « 2 à 3 ans de loyer » qui circule partout n'est qu'un raccourci, et il sous-estime la facture dans la plupart des dossiers.
Oui, mais seulement dans les cas prévus par la loi : motif grave et légitime après mise en demeure restée sans effet pendant un mois (art. L. 145-17, 1°), immeuble insalubre devant être démoli ou ne pouvant être occupé sans danger (art. L. 145-17, 2°), absence de droit au renouvellement du preneur (défaut d'immatriculation, absence d'exploitation effective du fonds, art. L. 145-1 et L. 145-8), reprise des locaux d'habitation accessoires (art. L. 145-22). Vouloir vendre l'immeuble libre ou relouer plus cher ne fait jamais partie de ces cas.
Par acte extrajudiciaire, c'est-à-dire par commissaire de justice (art. L. 145-9, dernier alinéa). Une lettre recommandée du bailleur est nulle. L'acte doit être délivré six mois à l'avance et, pendant la tacite prolongation, pour le dernier jour d'un trimestre civil. À peine de nullité, il précise les motifs du congé et indique que le locataire qui entend le contester ou demander une indemnité d'éviction doit saisir le tribunal dans les deux ans de la date pour laquelle le congé a été donné.
Ne rien faire, c'est accepter. Quand le locataire signifie sa demande de renouvellement, le bailleur a trois mois pour opposer son refus et le motiver, obligatoirement par acte extrajudiciaire (art. L. 145-10). Sans réponse dans ce délai, le principe du renouvellement est acquis. C'est l'erreur la plus chère qu'un gérant de SCI puisse commettre : classer le pli en se disant qu'il verra ça à la rentrée.
Oui, et c'est une règle d'ordre public. L'article L. 145-28 dispose qu'aucun locataire pouvant prétendre à une indemnité d'éviction ne peut être obligé de quitter les lieux avant de l'avoir reçue. Jusqu'au paiement, il se maintient aux clauses et conditions du bail expiré, en versant une indemnité d'occupation déterminée selon la valeur locative. Une SCI qui n'a pas la trésorerie pour payer ne récupère donc jamais son local.
Elle est déterminée conformément aux dispositions des sections 6 et 7 du chapitre — c'est-à-dire aux règles de fixation du loyer —, compte tenu de tous éléments d'appréciation (art. L. 145-28). Les experts partent de la valeur locative de marché et appliquent un abattement dit de précarité, souvent situé entre 10 et 20 %, pour tenir compte de la situation instable de l'occupant. Quand le loyer du bail expiré est très inférieur au marché, l'indemnité d'occupation représente une recette supérieure à l'ancien loyer pour la SCI.
C'est la faculté, ouverte par le dernier alinéa de l'article L. 145-57, de refuser finalement le renouvellement — donc de basculer vers l'indemnité d'éviction — dans le mois qui suit la signification de la décision définitive fixant le loyer du bail renouvelé. Un bailleur qui découvre que le loyer judiciaire est très inférieur à ses attentes peut ainsi changer de stratégie. Cette décision est irrévocable (art. L. 145-59).
Le droit de repentir (art. L. 145-58) permet au bailleur de se soustraire au paiement de l'indemnité d'éviction en consentant finalement au renouvellement, jusqu'à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la décision passée en force de chose jugée, et à charge de supporter les frais de l'instance. Il ne peut plus être exercé si le locataire a déjà quitté les lieux ou a loué ou acheté un autre immeuble destiné à sa réinstallation. La décision de se repentir est elle aussi irrévocable.
Une fois le délai de repentir de quinze jours expiré sans que le bailleur l'ait exercé, l'indemnité d'éviction doit être versée au locataire ou, le cas échéant, à un séquestre, dans un délai de trois mois à compter de la date d'un commandement fait par acte extrajudiciaire, cet acte devant reproduire l'alinéa à peine de nullité (art. L. 145-30). Ce délai de trois mois est le seul horizon de trésorerie réellement contraint pour la SCI.
Elle l'est lorsqu'elle constitue une charge engagée en vue de la perception du revenu, notamment quand elle a pour objet de libérer les locaux afin de les relouer immédiatement dans de meilleures conditions (BOI-RFPI-BASE-20-20). Elle ne l'est pas lorsqu'elle présente le caractère d'une dépense personnelle ou d'une dépense engagée en vue de la réalisation d'un gain en capital : reprise pour usage personnel, vente de l'immeuble libre d'occupation, démolition ou transformation. Le motif du congé commande donc le sort fiscal de la dépense.
Le raisonnement est comparable mais s'exprime en termes de charge ou d'immobilisation. L'indemnité versée pour préserver ou améliorer le revenu locatif d'un immeuble conservé constitue une charge de l'exercice. Celle qui est la contrepartie d'un accroissement de la valeur du bien — vente libre d'occupation, restructuration lourde, démolition-reconstruction — s'incorpore au coût de l'actif et ne se déduit qu'à travers l'amortissement ou lors de la cession. Le classement doit être documenté dès le congé, car il sera examiné en cas de contrôle.
Seulement dans une SCI à l'IS, qui tient une comptabilité d'engagement. La provision suppose une obligation née à la clôture — congé délivré avec offre d'indemnité, ou action engagée par le preneur —, un événement rendant la sortie de ressources probable et une évaluation suffisamment fiable. Une SCI à l'IR, imposée sur une base de trésorerie en revenus fonciers, ne déduit rien tant que l'indemnité n'est pas effectivement payée.
L'indemnité versée en application du statut, qui répare un préjudice et ne rémunère aucune prestation, est en principe hors du champ de la TVA : le BOI-TVA-BASE-10-10-50 cite expressément l'indemnité d'éviction de l'article L. 145-14 du code de commerce parmi les sommes non soumises à la taxe. La qualification change lorsque la somme est la contrepartie d'un engagement du preneur, typiquement une résiliation amiable anticipée négociée où le locataire s'oblige à libérer par anticipation : la somme peut alors être analysée comme le prix d'un service. La rédaction du protocole est déterminante et mérite un avis avant signature.
Très souvent, oui. Lorsque la durée effective du bail dépasse douze ans du fait de la tacite prolongation, ou en cas de modification notable des éléments de l'article L. 145-33, le loyer du bail renouvelé peut être fixé à la valeur locative sans plafonnement (art. L. 145-34). Attention au lissage de 10 % du dernier alinéa : il ne joue qu'en cas de modification notable ou lorsque la durée du bail est contractuellement supérieure à neuf ans, et non pour un bail de neuf ans prolongé tacitement au-delà de douze ans (Cass. 3e civ., 16 octobre 2025, n° 23-23.834). Dans ce dernier cas, le loyer rejoint la valeur locative en une seule fois — sans qu'aucune indemnité soit due.
Toutes les actions exercées en vertu du statut se prescrivent par deux ans (art. L. 145-60). Le locataire qui entend contester le congé ou réclamer une indemnité d'éviction doit saisir le tribunal dans les deux ans de la date pour laquelle le congé a été donné, ce que l'acte doit lui rappeler. Passé ce délai, le refus de renouvellement devient définitif et aucune indemnité n'est due.
Trois leviers, souvent combinés : l'apport en compte courant d'associé, le crédit bancaire adossé à la valeur du bien libéré, ou une négociation amiable qui étale le paiement contre un départ anticipé. Le vrai sujet est le calendrier. Une fois le commandement délivré, il ne reste que trois mois pour payer — mais la procédure qui précède dure deux à trois ans. C'est largement suffisant pour constituer la somme, à condition d'avoir commencé dès le congé et non à la lecture du jugement.