Acheter un local d'activité ou un entrepôt en SCI : bail, TVA, ICPE et amortissement (2026)
Le local d'activité et l'entrepôt restent les grands oubliés de l'investissement en SCI. À tort. Personne ne se vante en dîner d'avoir acheté un hangar en zone industrielle. Pourtant, pendant qu'on se dispute des studios à 3 % de rendement, ces bâtiments de tôle et de béton tournent à 7, 8, parfois 9 %, avec un seul locataire et un bail de neuf ans. Le revers ? Rien n'est standard. Le bail dépend de ce que fait le preneur, la TVA se joue sur une option qu'on oublie une fois sur deux, et sous vos pieds dort peut-être un sol pollué qui vaut plus cher à dépolluer qu'à acheter. Ce guide passe tout au crible : bail, TVA, ICPE, amortissement, rendement réel, revente.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code de commerce, CGI, Code de l'environnement, BOFiP). Mis à jour le 24 juillet 2026.
Sommaire
- Local d'activité, entrepôt, atelier : de quoi parle-t-on ?
- Quel bail signer ? Commercial, dérogatoire, professionnel ou droit commun
- La TVA : l'option qui change tout
- ICPE et pollution des sols : le risque à ne pas ignorer
- L'amortissement par composants (SCI à l'IS)
- Rendement, mono-locataire et vacance : le vrai calcul
- Assurances et charges refacturables
- Revente : un marché spécifique
- FAQ
1. Local d'activité, entrepôt, atelier : de quoi parle-t-on ?
On met tout dans le même sac, et c'est une erreur. Derrière l'étiquette « immobilier d'activité » se cachent des bâtiments qui n'ont pas grand-chose en commun, sinon leur adresse : un parc d'activités, une zone industrielle, une plateforme logistique en sortie d'autoroute. Un atelier de 300 m² loué à un menuisier et un entrepôt de 20 000 m² loué à un logisticien, ce ne sont pas le même métier.
| Type d'actif | Caractéristiques | Locataire type |
|---|---|---|
| Local d'activité mixte | Partie atelier/stockage + bureaux, 200 à 2 000 m², hauteur modérée | PME, artisan, TPE industrielle |
| Entrepôt logistique | Grande surface, hauteur > 7 m, quais de chargement, dalle porteuse | Logisticien, e-commerce, distributeur |
| Atelier / local artisanal | Production, réparation, transformation, forte puissance électrique | Artisan, petite industrie |
| Local de messagerie | Cross-dock, nombreux quais, rotation rapide | Transporteur, messagerie express |
La grande différence avec un logement ou même un bureau tient en une phrase : ici, c'est le locataire qui décide de tout. Le bâti compte moins que l'emplacement (une dalle et des murs, ça se reconstruit ; une position à cinq minutes de l'A6, non), le bail est long, et surtout l'activité exercée par le preneur commande le régime du bail, l'exposition ICPE et parfois même l'impôt. La frontière avec l'achat de murs d'entreprise classiques (bureaux, boutiques) est mince ; ici, on parle strictement d'actif industriel et logistique.
Un dernier mot pour lever un malentendu fréquent : le bail commercial n'est pas l'actif. Le bail, c'est le contrat ; l'actif, c'est le bâtiment. Le même entrepôt peut passer d'un bail commercial à un bail de droit commun selon que le preneur y tient un fonds ou se contente d'y stocker des palettes.
2. Quel bail signer ? Commercial, dérogatoire, professionnel ou droit commun
C'est la première question, et de loin la plus lourde de conséquences. Le bail fixe la durée pendant laquelle vous tenez votre locataire, son droit de rester chez vous — la fameuse propriété commerciale — et l'indemnité que vous devrez lui verser le jour où vous voudrez le mettre dehors. Quatre régimes se partagent le terrain.
Le bail commercial (le plus fréquent)
Régi par les articles L145-1 et suivants du Code de commerce, le bail commercial s'applique de plein droit lorsque le locataire y exerce une activité commerciale, artisanale ou industrielle avec un fonds immatriculé (RCS ou registre national des entreprises pour les artisans). C'est le cas de la quasi-totalité des locations à une PME industrielle ou à un logisticien.
- Durée : 9 ans minimum, avec faculté de résiliation triennale pour le preneur (le fameux « 3-6-9 »). Pour un entrepôt logistique, des baux fermes de 6, 9 ou 12 ans sont fréquents.
- Droit au renouvellement : le locataire bénéficie de la propriété commerciale ; à défaut de renouvellement, le bailleur doit verser une indemnité d'éviction.
- Répartition des charges : encadrée par la loi Pinel (article L145-40-2 du Code de commerce) — inventaire précis, certaines charges ne peuvent être mises à la charge du locataire (gros travaux de l'article 606 du Code civil).
Le bail dérogatoire de courte durée (3 ans max)
Prévu par l'article L145-5 du Code de commerce, il échappe au statut des baux commerciaux, mais pour 3 ans maximum, renouvellements compris. Pratique pour tester un preneur ou une occupation de transition. Et voici le piège que je vois se refermer régulièrement : le preneur reste un jour de plus que le terme, le bailleur ne dit rien, et un 3-6-9 se forme tout seul, avec droit au renouvellement et indemnité d'éviction à la clé. Trois ans et un jour, et vous voilà engagé pour neuf ans. Le calendrier, ici, se surveille à la semaine près.
Le bail professionnel
Réservé aux professions libérales (loi du 23 décembre 1986, article 57 A). Il est rarement adapté à un local d'activité ou un entrepôt, sauf partie bureaux occupée par un professionnel libéral. Durée de 6 ans, résiliation possible à tout moment par le locataire.
Le bail de droit commun (pur stockage)
Pour du pur stockage sans exploitation immatriculée sur place (l'entrepôt sert seulement à entreposer, sans clientèle ni fonds sur site), un bail de droit commun régi par le Code civil peut suffire. Il offre une grande liberté contractuelle mais aucune propriété commerciale au preneur. À manier avec prudence : la qualification dépend de la réalité de l'occupation, pas de l'intitulé du contrat.
| Bail | Durée | Droit au renouvellement | Cas d'usage |
|---|---|---|---|
| Commercial (L145-1 s.) | 9 ans (3-6-9) | Oui + indemnité d'éviction | Activité commerciale/artisanale/industrielle |
| Dérogatoire (L145-5) | 3 ans max total | Non | Test, occupation transitoire |
| Professionnel | 6 ans | Non (statut propre) | Profession libérale |
| Droit commun (C. civ.) | Libre | Non | Pur stockage sans fonds sur place |
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3. La TVA : l'option qui change tout
Sur l'immobilier d'entreprise, la TVA fait toute la différence entre une bonne et une mauvaise opération. Bien jouée, elle vous rend 20 % du prix des travaux, et souvent 20 % du prix d'achat. Ratée — une case oubliée, une option non levée dans les délais — elle se transforme en un chèque de plusieurs dizaines de milliers d'euros que vous ne reverrez jamais. Sur un entrepôt à 800 000 €, on parle de 160 000 € qui basculent d'un côté ou de l'autre. Ça mérite qu'on s'y arrête.
Le principe : exonération, avec option possible
Par défaut, louer un local nu à usage professionnel est exonéré de TVA (article 261 D du CGI). Autrement dit, sans rien faire, vous ne facturez pas de TVA... mais vous n'en récupérez aucune non plus. Le bailleur a heureusement le droit d'opter pour la TVA (article 260-2° du CGI). Sur un local d'activité loué à un locataire assujetti, cette option se prend quasi systématiquement — et ne pas la prendre relève presque toujours de l'oubli plutôt que du choix.
Deux effets majeurs de l'option :
- Récupération de la TVA en amont : la SCI qui opte peut déduire la TVA sur les travaux, l'entretien, les honoraires, et sur le prix d'acquisition lorsque la vente lui a été facturée avec TVA (immeuble neuf achevé depuis moins de 5 ans au sens de l'article 257, I-2-2° du CGI, ou immeuble ancien pour lequel le vendeur a lui-même opté).
- Neutralité pour le locataire assujetti : celui-ci récupère à son tour la TVA sur ses loyers ; l'option ne lui coûte donc rien et facilite la négociation.
Pour le détail des mécanismes (option, régularisations, franchise), voyez notre guide dédié SCI et TVA ainsi que la page déclaration de TVA en SCI.
Attention à la régularisation en cas de revente ou de changement d'usage
La TVA récupérée sur un immeuble n'est jamais acquise pour toujours : le fisc la surveille pendant 20 ans (régularisations de l'article 207 de l'annexe II au CGI). Concrètement, si la SCI arrête de soumettre le bien à la TVA avant l'échéance — vente exonérée, fin de l'option, changement d'usage —, elle doit en rembourser une part, un vingtième par année restante. Vous déduisez 160 000 € puis revendez sans TVA au bout de 8 ans ? Préparez-vous à en rendre 96 000. C'est le genre de détail qui se règle sur un coin de table à l'achat, ou qui coûte très cher à la sortie.
| Situation | TVA sur le loyer | TVA déductible en amont ? |
|---|---|---|
| Location nue pro, sans option | Exonérée | Non (coût définitif) |
| Location nue pro, avec option (260-2°) | 20 % | Oui (travaux, prix si facturé TVA) |
| Location équipée / prestations | 20 % (obligatoire) | Oui, mais activité commerciale → IS |
Chez sci-ai.app, la gestion de la TVA sur option est intégrée : collecte sur les loyers, déduction sur les travaux et charges, préparation des déclarations CA3/CA12 et suivi des régularisations. Découvrez notre offre Autonomie à 229 €/an.
4. ICPE et pollution des sols : le risque à ne pas ignorer
Voilà le chapitre qu'on saute quand on vient de l'habitation, et celui qui peut ruiner une opération. Un entrepôt, un atelier, un local industriel : dès qu'une activité un peu sérieuse s'y installe, on entre dans le monde des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Et même si c'est votre locataire qui exploite, c'est vous, propriétaire, qui héritez du terrain — et de ce qu'il y a dessous — quand il s'en va.
Les trois régimes ICPE
Selon la nature et le volume de l'activité (article L511-1 du Code de l'environnement et nomenclature des installations classées), une installation relève de l'un des trois régimes, du moins au plus contraignant :
- Déclaration (D) : simple déclaration en préfecture pour les activités à risque modéré.
- Enregistrement (E) : régime intermédiaire, avec prescriptions générales — c'est fréquemment le cas des grands entrepôts (rubrique 1510).
- Autorisation (A) : pour les activités les plus à risque, avec étude d'impact, enquête publique et arrêté préfectoral.
Le point à retenir : l'obligation ICPE pèse sur l'exploitant, c'est-à-dire le locataire, pas sur la SCI. Bonne nouvelle en apparence. Sauf que le jour où le preneur cesse son activité ou fait faillite, l'obligation de remise en état peut, par ricochet et faute d'exploitant solvable, se retourner vers le propriétaire du foncier. C'est pour ça qu'une SCI qui achète un site classé sans en connaître le statut ICPE achète un peu à l'aveugle : ce statut commande la valeur du bien, sa revente, et l'ardoise de dépollution qui l'attend peut-être.
L'obligation d'information sur la pollution des sols
L'article L514-20 du Code de l'environnement impose au vendeur d'un terrain qui a supporté une installation classée soumise à autorisation ou à enregistrement d'informer par écrit l'acquéreur de cette exploitation et, s'il les connaît, des dangers ou inconvénients qui en résultent. À défaut, l'acquéreur peut demander la résolution de la vente, une réduction du prix ou la remise en état aux frais du vendeur.
S'y ajoute, depuis la loi ALUR, l'information via les Secteurs d'Information sur les Sols (SIS) (article L125-6 du Code de l'environnement) et l'état des risques annexé à toute promesse ou acte. Avant d'acheter, consultez systématiquement :
- Georisques (georisques.gouv.fr) : SIS, anciens sites industriels.
- BASOL / BASIAS : bases des sites pollués ou potentiellement pollués.
- Le cas échéant, un audit environnemental de phase I / II commandé à un bureau d'études.
5. L'amortissement par composants (SCI à l'IS)
Si votre SCI est à l'IS — par option ou parce qu'elle y a basculé —, elle amortit le bâtiment. Et c'est là que se cache le vrai moteur fiscal de l'immobilier professionnel : chaque année, une part du prix du bâti vient s'imputer sur le résultat, année après année, jusqu'à effacer l'impôt pendant une décennie ou plus. L'amortissement se calcule par composants (article 15 bis de l'annexe II au CGI, règlement comptable ANC) : on ne traite pas l'immeuble comme un bloc, on découpe la structure, la toiture, les installations, chacune amortie sur sa durée de vie propre.
Et là, l'immobilier d'activité a un avantage que le logement n'a pas : ses composants s'usent vite. Une charpente métallique, un bardage, une couverture d'entrepôt, ça ne dure pas cent ans comme une pierre de taille haussmannienne. Durées plus courtes, donc amortissement annuel plus élevé, donc impôt écrasé plus longtemps.
| Composant | Quote-part indicative | Durée usuelle (entrepôt/activité) |
|---|---|---|
| Terrain | 15 – 30 % | Non amortissable |
| Structure / gros œuvre | 40 – 55 % | 30 à 40 ans |
| Toiture / étanchéité | 10 – 15 % | 15 à 25 ans |
| Installations techniques (élec., ventilation, quais) | 10 – 20 % | 10 à 20 ans |
| Agencements / aménagements | 5 – 10 % | 8 à 15 ans |
Durées et quotes-parts indicatives, à ajuster selon l'expertise du bâti et le plan d'amortissement retenu. Le terrain doit être valorisé et isolé du bâti car il n'est jamais amortissable.
Cas chiffré
Entrepôt acheté 800 000 € par une SCI à l'IS (hors frais)
Ventilation : terrain 200 000 € (non amortissable) ; bâti 600 000 €, réparti en structure 330 000 € (35 ans), toiture/étanchéité 90 000 € (20 ans), installations techniques 120 000 € (15 ans), agencements 60 000 € (10 ans).
Amortissement annuel approximatif : 330 000/35 + 90 000/20 + 120 000/15 + 60 000/10 = 9 429 + 4 500 + 8 000 + 6 000 ≈ 27 900 €/an.
Avec un loyer annuel de 56 000 € (rendement brut 7 %), l'amortissement absorbe à lui seul la moitié du loyer et, ajouté aux intérêts d'emprunt et aux charges, ramène souvent le résultat fiscal proche de zéro les premières années.
Pour construire ce tableau proprement, appuyez-vous sur nos guides amortissement en SCI et plan d'amortissement. Rappel important : à l'IS, les amortissements pratiqués sont réintégrés dans la plus-value professionnelle lors de la revente (article 39 duodecies et suivants du CGI), ce qui peut alourdir fortement l'imposition de sortie — voir notre guide plus-value d'une SCI à l'IS.
6. Rendement, mono-locataire et vacance : le vrai calcul
On y vient : le rendement, l'argument qui fait vendre. Entre 6 % et 9 % de brut sur un local d'activité, quand un bon appartement plafonne à 3-5 %. Sur le papier, il n'y a pas match. Sauf qu'un rendement affiché sur une annonce et un rendement qui atterrit sur le compte de la SCI, ce sont deux chiffres différents. Trois risques creusent l'écart.
- Le risque mono-locataire. Un entrepôt loué à une seule entreprise concentre tout le risque sur ce locataire. Son départ, sa défaillance ou une résiliation triennale font tomber les revenus à zéro. La qualité de signature du preneur (solidité financière, durée ferme du bail) est déterminante.
- La vacance. Le marché de la relocation est plus étroit que pour l'habitation. Une vacance de 6 à 18 mois n'est pas exceptionnelle sur un local mal placé ou obsolète. Chaque mois de vacance ampute directement le rendement.
- Le coût de la relocation et de la remise aux normes. Adapter un local à un nouveau preneur (aménagements, mise aux normes ICPE, sécurité incendie) peut représenter une dépense lourde entre deux baux.
Deux entrepôts affichent 8 %. Le premier est bien placé, loué à un groupe solide sur un bail ferme de neuf ans : excellent actif. Le second vieillit en zone secondaire avec un locataire à la trésorerie tendue : c'est un piège à 8 % qui deviendra 0 % le jour où le preneur plie bagage. Le taux, seul, ne dit rien. Ce qui compte, c'est la qualité de la signature et l'emplacement — la localisation logistique, proximité des grands axes, des ports, d'un bassin de main-d'œuvre, prime à peu près tout le reste.
Côté fiscalité locale, n'oubliez pas la taxe foncière, généralement refacturée au locataire en bail commercial, et les charges déductibles propres à ce type d'actif.
7. Assurances et charges refacturables
L'assurance de la SCI propriétaire
La base, c'est l'assurance propriétaire non-occupant (PNO) : elle couvre les murs, la responsabilité civile de la SCI et les gros risques (incendie, dégât des eaux, tempête, catastrophes naturelles). Sur un entrepôt, l'assureur ne signe pas les yeux fermés : il réclame souvent du compartimentage, du désenfumage, des sprinklers, une distance aux voisins. Un grand entrepôt qui stocke des matières combustibles est un dossier redouté des assureurs — sur certains sites, trouver une couverture à un prix supportable relève du parcours du combattant.
La répartition avec le locataire
Le bail commercial impose au preneur d'assurer son activité et le contenu (marchandises, matériel), et de justifier de sa police chaque année. Le bail peut refacturer au locataire la prime PNO et la taxe foncière, dans les limites de la loi Pinel (inventaire précis, exclusion des gros travaux de l'article 606 du Code civil). Voir aussi notre guide assurance PNO et GLI en SCI.
| Poste | Qui paie ? | Refacturable au locataire ? |
|---|---|---|
| Assurance PNO (murs) | SCI | Oui (clause bail) |
| Assurance activité / contenu | Locataire | — |
| Taxe foncière | SCI (redevable) | Oui (très fréquent) |
| Gros travaux (art. 606 C. civ.) | SCI | Non (interdit loi Pinel) |
| Entretien courant, sécurité incendie | Selon bail | Souvent oui |
8. Revente : un marché spécifique
On achète toujours en pensant au rendement, rarement à la sortie. C'est une erreur, parce que la revente d'un local d'activité ne ressemble en rien à celle d'un appartement — et les règles du jeu se décident dès la signature de l'achat, pas dix ans plus tard.
- Un marché plus étroit. Les acquéreurs sont moins nombreux (investisseurs spécialisés, foncières, utilisateurs). La revente est plus longue et le prix plus dépendant de l'emplacement logistique et de l'état ICPE que pour un logement.
- La TVA sur la vente. La cession peut être soumise à la TVA (immeuble neuf de moins de 5 ans, ou option du vendeur), et peut déclencher des régularisations de TVA si l'option a été exercée à l'achat (période de 20 ans).
- La plus-value. En SCI à l'IR, c'est le régime des plus-values des particuliers (article 150 U du CGI), avec abattements pour durée de détention (exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans). En SCI à l'IS, c'est une plus-value professionnelle avec réintégration des amortissements, souvent nettement plus lourde. C'est le grand arbitrage de l'immobilier d'entreprise en société — à trancher en amont via notre guide SCI à l'IS ou à l'IR.
- L'information environnementale. L'obligation de l'article L514-20 du Code de l'environnement s'applique de nouveau à la revente : c'est vous, cette fois, qui devrez informer l'acquéreur de l'historique ICPE et de l'état des sols.
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FAQ — Local d'activité et entrepôt en SCI
Quelle est la différence entre un local d'activité et un entrepôt ?
Un local d'activité (ou local mixte) associe une partie atelier/stockage et une partie bureaux, souvent dans un parc d'activités. Un entrepôt est un bâtiment dédié au stockage et à la logistique, généralement de grande hauteur, avec quais de chargement. Fiscalement et juridiquement, les deux relèvent des mêmes règles (bail commercial, TVA sur option, amortissement par composants), mais l'entrepôt logistique peut relever de la réglementation ICPE selon les volumes stockés.
Une SCI peut-elle acheter un local d'activité ou un entrepôt ?
Oui, sans restriction. L'objet social de la SCI doit mentionner l'acquisition et la gestion d'immeubles à usage professionnel ou industriel. La SCI reste une société civile : elle se contente de détenir et louer les murs, elle n'exploite pas l'activité logistique elle-même (ce qui serait commercial et la basculerait à l'IS de plein droit au titre de l'article 206-2 du CGI).
Quel bail signer pour un local d'activité loué à une entreprise ?
Le plus souvent un bail commercial (articles L145-1 et suivants du Code de commerce) si le locataire y exerce une activité commerciale, artisanale ou industrielle immatriculée. Pour du pur stockage sans exploitation immatriculée sur place, un bail de droit commun peut suffire. Un bail dérogatoire de courte durée (3 ans maximum) est possible pour tester la relation avant un bail 3-6-9.
Le loyer d'un local d'activité est-il soumis à la TVA ?
La location d'un local nu à usage professionnel est exonérée de TVA par principe (article 261 D du CGI), mais le bailleur peut opter pour la TVA (article 260-2° du CGI). L'option est presque toujours retenue pour l'immobilier d'entreprise : elle permet de récupérer la TVA sur le prix d'acquisition (si le vendeur la facture) et sur les travaux, et le locataire assujetti la récupère de son côté.
Peut-on récupérer la TVA sur l'achat d'un entrepôt en SCI ?
Oui, si trois conditions sont réunies : l'acquisition est soumise à la TVA (immeuble neuf, ou ancien avec option du vendeur), la SCI opte pour la TVA sur ses loyers (article 260-2° CGI), et elle est immatriculée à la TVA. La TVA sur le prix et sur les travaux devient alors déductible. À défaut d'option, la TVA d'acquisition reste un coût définitif.
Qu'est-ce qu'une installation classée ICPE et ma SCI est-elle concernée ?
Une ICPE (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement) est une activité présentant des risques ou nuisances, soumise à déclaration, enregistrement ou autorisation selon sa dangerosité (article L511-1 du Code de l'environnement). C'est l'exploitant (le locataire) qui porte l'obligation ICPE, pas la SCI bailleresse. Mais la SCI, en tant que propriétaire, doit connaître le statut ICPE du site car il conditionne la remise en état en fin d'exploitation et l'information de l'acquéreur en cas de revente.
Quelle est l'obligation d'information sur la pollution des sols en cas de vente ?
L'article L514-20 du Code de l'environnement impose au vendeur d'un terrain ayant supporté une installation classée soumise à autorisation ou enregistrement d'informer par écrit l'acquéreur de cette exploitation et, s'il les connaît, des dangers ou inconvénients résultant de l'activité. Un état des risques (dont la pollution potentielle des sols via les SIS et Georisques) doit être annexé à l'acte. Un défaut d'information peut entraîner la résolution de la vente ou une réduction du prix.
Sur quelles durées amortit-on un entrepôt en SCI à l'IS ?
L'amortissement se fait par composants (article 15 bis de l'annexe II au CGI). Pour un local d'activité ou un entrepôt, les durées sont souvent plus courtes qu'en habitation : structure/gros œuvre 30 à 40 ans, couverture/étanchéité 15 à 25 ans, installations techniques (électricité, ventilation, quais) 10 à 20 ans, agencements 8 à 15 ans. Le terrain n'est jamais amortissable.
Un local d'activité offre-t-il un meilleur rendement qu'un logement ?
En général oui : les rendements bruts des locaux d'activité et entrepôts se situent souvent entre 6 % et 9 %, contre 3 % à 5 % pour l'habitation. En contrepartie, le risque locatif est concentré sur un mono-locataire, la vacance peut être longue (marché plus étroit), la relocation coûteuse, et la valeur dépend fortement de l'emplacement logistique et de l'état du bâti.
Qui paie la taxe foncière sur un local d'activité loué en bail commercial ?
La taxe foncière est due par le propriétaire (la SCI). En bail commercial, elle est très fréquemment refacturée au locataire par une clause du bail, ce qui est autorisé depuis la loi Pinel de 2014 sous réserve d'un inventaire précis des charges (article L145-40-2 du Code de commerce). Pour une SCI à l'IS, la taxe foncière non refacturée est une charge déductible.
Quelle assurance pour un entrepôt détenu en SCI ?
La SCI souscrit au minimum une assurance propriétaire non-occupant (PNO) couvrant les murs, la responsabilité civile du propriétaire et les risques spéciaux (incendie, dégât des eaux, catastrophes naturelles). Pour un entrepôt, l'assureur exige souvent des mesures de prévention incendie (compartimentage, sprinklers, désenfumage). Le bail commercial impose par ailleurs au locataire d'assurer son activité et son contenu.
Le bail dérogatoire de 3 ans est-il adapté à un local d'activité ?
Il peut l'être pour une phase de test ou une occupation transitoire. Le bail dérogatoire (article L145-5 du Code de commerce) échappe au statut des baux commerciaux pour une durée totale de 3 ans maximum, tous renouvellements confondus. Attention : si le locataire reste en place au-delà sans opposition, un bail commercial 3-6-9 se forme automatiquement, avec droit au renouvellement et à l'indemnité d'éviction.
La SCI qui loue un entrepôt doit-elle passer à l'IS ?
Non si elle se limite à la location nue des murs : c'est une activité civile relevant des revenus fonciers (IR). L'option pour l'IS reste possible et souvent pertinente pour amortir le bâti. En revanche, si la SCI exploite elle-même une activité (logistique, revente, prestations), elle devient commerciale et bascule de plein droit à l'IS (article 206-2 du CGI), sauf tolérance administrative lorsque les recettes commerciales n'excèdent pas 10 % des recettes totales, appréciée année par année, un dépassement occasionnel restant toléré si la moyenne sur quatre ans reste sous ce seuil (BOI-IS-CHAMP-10-30 § 320 et 330).
Peut-on louer un local d'activité en meublé ou équipé via une SCI ?
Louer un local équipé (matériel, mobilier professionnel) ou aménagé pour une exploitation clé en main est en principe une activité commerciale, incompatible avec une SCI à l'IR : elle basculerait à l'IS. Pour rester dans un cadre civil, la SCI loue les murs nus et laisse le locataire installer ses propres équipements. En cas de doute, un accompagnement est indispensable pour ne pas déclencher une requalification.
Comment revendre un local d'activité détenu en SCI ?
Le marché des locaux d'activité et entrepôts est plus étroit que celui du logement : la revente est plus longue et dépend fortement de l'emplacement et de l'état ICPE du site. La vente peut être soumise à la TVA (immeuble récent ou option) et déclenche une plus-value : plus-value des particuliers en SCI à l'IR (article 150 U CGI), plus-value professionnelle avec réintégration des amortissements en SCI à l'IS (article 39 duodecies et suivants du CGI).
Faut-il un diagnostic de pollution des sols avant d'acheter un entrepôt ?
Ce n'est pas systématiquement obligatoire, mais fortement recommandé dès qu'une activité industrielle ou classée a été exercée sur le site. Consultez les bases Georisques, BASOL/BASIAS et les Secteurs d'Information sur les Sols (SIS). Un audit environnemental préalable protège l'acheteur : la dépollution d'un terrain industriel peut coûter très cher et la responsabilité peut, dans certains cas, remonter au propriétaire.
Pour aller plus loin