Taxe sur les bureaux en SCI : qui paie, combien, et comment la déclarer
Aucun avis d'imposition ne vous sera adressé, et pourtant votre société civile immobilière (SCI) doit peut-être payer avant le 1er mars. La taxe sur les bureaux frappe la détention de locaux professionnels au mètre carré, dans deux zones seulement : l'Île-de-France et trois départements du Sud. Elle se calcule seule, se déclare seule, se paie seule — et elle ne se déduit d'aucun impôt. Un plateau parisien de 300 m² coûte 7 833 € par an, sans le moindre retour fiscal. Cette page vous dit si vous êtes redevable, combien exactement, sur quel formulaire, et où sont les cinq erreurs qui reviennent le plus souvent.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app. Tarifs et textes relevés sur Legifrance, au BOFiP et sur impots.gouv.fr le 24 août 2026. Mis à jour le 24 août 2026.
Sommaire
- Votre SCI est-elle redevable ? Le test en quatre questions
- Où la taxe sur les bureaux s'applique — et où elle ne s'applique pas
- Quatre catégories de locaux, et un classement qui change tout
- Les seuils : un couperet, pas une franchise
- Tarifs 2026 en Île-de-France : de 26,11 € à 0,85 €/m² selon la circonscription
- Tarifs 2026 en PACA : le même impôt, vingt-six fois moins cher sur les bureaux
- Parkings : attention, il y a deux taxes et non une
- La taxe sur les bureaux n'est pas déductible : ce que cela coûte vraiment
- Refacturer la taxe au locataire : ce que le bail permet, et le piège
- Déclarer et payer : 6705-B, avant le 1er mars
- Comptabiliser et retraiter la taxe, à l'impôt sur le revenu comme à l'impôt sur les sociétés
- Cinq erreurs qui coûtent cher, et leur prix exact
- Pour aller plus loin
- Questions fréquentes sur la taxe sur les bureaux
1. Votre SCI est-elle redevable ? Le test en quatre questions
Quatre conditions doivent être réunies en même temps. S'il en manque une seule, vous n'avez rien à déclarer.
| Question | Vous êtes concerné si… |
|---|---|
| 1. Quand ? | La SCI était propriétaire, ou titulaire d'un droit réel sur le local, au 1er janvier de l'année. Un achat en cours d'année ne déclenche rien avant le 1er janvier suivant. |
| 2. Où ? | Le local est situé en Île-de-France, ou dans les Bouches-du-Rhône, le Var ou les Alpes-Maritimes. Ailleurs en France, la taxe n'existe pas. |
| 3. Quoi ? | C'est un bureau, un local commercial, un local de stockage ou une surface de stationnement. L'habitation, l'industrie de production et l'agriculture sont hors champ. |
| 4. Combien de m² ? | La surface de la catégorie atteint 100 m² (bureaux et locaux professionnels), 2 500 m² (commerces), 5 000 m² (stockage) ou 500 m² (stationnement). |
Le calcul, lui, tient en une ligne : surface taxable × tarif au mètre carré de la catégorie et de la zone. Ni valeur du bien, ni loyer, ni valeur locative cadastrale (la base théorique servant à la taxe foncière) n'entrent dans l'équation. Un plateau vide et un plateau loué au prix fort paient exactement la même chose.
Le point que tout le monde découvre trop tard : c'est un impôt auto-liquidé. Aucun avis d'imposition n'est émis : la SCI calcule, déclare et paie d'elle-même avant le 1er mars. L'administration adresse en général un imprimé 6705-B pré-identifié aux redevables qu'elle connaît déjà, mais ce n'est pas un avis, et son absence — cas de toutes les premières années — ne dispense de rien.
2. Où la taxe sur les bureaux s'applique — et où elle ne s'applique pas
Deux régimes coexistent, portés par deux articles du code général des impôts (CGI), le recueil des textes fiscaux français.
L'Île-de-France (article 231 ter du CGI)
C'est le régime historique. Il a été créé par l'article 40 de la loi de finances rectificative pour 1989 (loi n° 89-936 du 29 décembre 1989) et la taxe est perçue depuis le 1er janvier 1990. Elle couvre Paris et les sept départements franciliens : Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne et Val-d'Oise. C'est aussi, de très loin, le régime le plus lourd : jusqu'à 26,11 €/m² en 2026 pour un bureau situé dans la circonscription la plus chère.
Les trois départements du Sud (article 231 quater du CGI)
Une taxe jumelle frappe les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes depuis le 1er janvier 2023. Elle est née de l'article 75 de la loi de finances pour 2023 (loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022), et son produit finance la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d'Azur (X de l'article 231 quater). Le mécanisme est le même à l'identique : mêmes catégories, mêmes seuils, même échéance du 1er mars, même absence de déductibilité. Les tarifs, eux, n'ont rien à voir. Vous verrez l'écart au chapitre 6.
Méfiez-vous du raccourci d'usage. On dit « taxe PACA », mais seuls trois des six départements de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur sont dans le champ. Le Vaucluse, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence n'y sont pas : une SCI qui détient 3 000 m² de bureaux à Avignon ne doit rien. Onze départements au total, les deux régimes réunis. C'est tout ce que couvre cette taxe en France.
Nulle part ailleurs. Lyon, Bordeaux, Lille, Nantes, Toulouse, Strasbourg : aucune de ces métropoles ne connaît la taxe sur les bureaux. Le poste de comparaison est très concret : 300 m² de bureaux coûtent 7 833 € de taxe par an dans le 8e arrondissement de Paris, et exactement 0 € à Lyon ou à Bordeaux. Sur la durée d'un crédit de quinze ans, 117 495 € à tarif constant — près de 129 000 € en tenant compte de l'indexation annuelle.
3. Quatre catégories de locaux, et un classement qui change tout
Chaque catégorie a son tarif et son seuil. Entre un mètre carré de bureau et un mètre carré d'entrepôt, dans la même rue, le rapport est de un à plus de cinq. La ventilation des surfaces n'est donc pas une formalité : c'est là que se joue le montant.
| Catégorie | Ce qu'elle recouvre |
|---|---|
| Bureaux | Les bureaux proprement dits et leurs dépendances immédiates et indispensables (salles de réunion, archives, sanitaires). Les locaux professionnels des activités libérales entrent dans cette catégorie, ainsi que ceux utilisés par des associations et organismes privés. Catégorie la plus chère. |
| Locaux commerciaux | Locaux destinés au commerce de détail ou de gros et aux prestations de services à caractère commercial ou artisanal (magasins, boutiques, salles d'exposition), avec leurs réserves attenantes. |
| Locaux de stockage | Locaux ou aires couvertes servant à l'entreposage de produits, marchandises ou biens, et qui ne sont pas intégrés topographiquement à un établissement de production. Entrepôts et plateformes logistiques. Le VI bis y assimile aussi les parcs d'exposition et les locaux à usage principal de congrès. |
| Surfaces de stationnement | Locaux ou aires, couverts ou non, destinés au stationnement de véhicules, exploités commercialement ou annexés aux trois catégories précédentes. Le parking lié à un logement reste hors champ. |
Sur quoi se fonde le classement ? Pas sur ce qu'indique le bail, ni sur ce que prévoyait le permis de construire. Le Conseil d'État a jugé que seule compte l'utilisation effective du local au 1er janvier de l'année d'imposition (CE, 3e et 8e chambres réunies, 24 avril 2019, n° 417792, repris au BOFiP). Dans cette affaire, l'administration avait taxé 1 400 m² de salles de séminaires et de conférences louées à un exploitant. Le Conseil d'État a jugé qu'elles n'étaient ni des bureaux ni des locaux commerciaux et a déchargé le propriétaire de la totalité de l'imposition — le bureau de 83 m² du même immeuble restant exonéré, sous les 100 m². Depuis, le VI bis de l'article 231 ter a tranché pour l'avenir : les parcs d'exposition et les locaux principalement affectés aux congrès sont assimilés à des locaux de stockage, donc exonérés sous 5 000 m². La règle joue dans les deux sens : elle peut vous sauver, elle peut vous valoir un rappel. Ce qui se passe réellement dans le local décide. Encore faut-il pouvoir le prouver.
Cas chiffré n° 1 — le cabinet libéral qu'on croyait hors champ
Une SCI familiale détient un cabinet d'avocats de 140 m² dans le 8e arrondissement de Paris, loué à la structure d'exercice des associés. Le gérant pensait la taxe réservée aux immeubles de bureaux. Elle vise pourtant expressément les locaux professionnels des activités libérales, classés parmi les bureaux : 140 × 26,11 = 3 655,40 € par an. Sur dix ans, plus de 36 000 € qui n'ont jamais été budgétés. Le sujet est traité plus largement dans notre guide SCI et profession libérale.
4. Les seuils : un couperet, pas une franchise
Sous le seuil de sa catégorie, un local est exonéré. Au seuil, il devient taxable dès le premier mètre carré. Il n'existe aucune franchise : le seuil sert uniquement à savoir si l'exonération joue, jamais à retrancher une surface du calcul.
| Catégorie | Exonéré si la surface est… | Surface taxée si le seuil est atteint |
|---|---|---|
| Bureaux et locaux professionnels | inférieure à 100 m² | la totalité |
| Locaux commerciaux | inférieure à 2 500 m² | la totalité |
| Locaux de stockage | inférieure à 5 000 m² | la totalité |
| Surfaces de stationnement | inférieure à 500 m² | la totalité |
Le piège de l'addition
Le seuil ne s'apprécie pas local par local. La doctrine administrative impose d'additionner « l'ensemble des biens de même nature qu'une personne privée ou publique possède à une même adresse ou, en cas d'adresses multiples, dans un même groupement topographique ». Traduction : des constructions qui forment un ensemble homogène par leur disposition. Un immeuble d'angle à deux adresses, un bâtiment à plusieurs entrées, plusieurs lots d'un même ensemble immobilier (BOI-IF-AUT-50-20, § 102, mis à jour le 6 mai 2026). Deux petits plateaux qui se croient chacun sous le seuil peuvent donc être taxés ensemble.
Cas chiffré n° 2 — deux petits plateaux valent un grand
Une SCI détient à Levallois-Perret deux plateaux de bureaux dans le même immeuble : 60 m² et 55 m², loués à deux locataires différents. Pris isolément, chacun est sous le seuil de 100 m². Additionnés, ils font 115 m² à la même adresse : l'exonération tombe, et la taxe porte sur les 115 m², pas sur les 15 m² excédentaires. Levallois-Perret relevant de la première circonscription : 115 × 26,11 = 3 002,65 €. Le gérant attendait zéro.
Les autres exonérations
Au-delà des seuils, le V de l'article 231 ter exonère aussi certains locaux, en raison de ce qu'on y fait :
- les locaux et les surfaces de stationnement appartenant à des fondations ou à des associations reconnues d'utilité publique, et dans lesquels elles exercent elles-mêmes leur activité ;
- les locaux spécialement aménagés pour l'archivage administratif et pour les activités de recherche ou à caractère sanitaire, social, éducatif ou culturel ;
- les locaux administratifs et les surfaces de stationnement des établissements d'enseignement du premier et du second degré, publics comme privés sous contrat avec l'État ;
- les locaux de stockage des coopératives agricoles ;
- les parcs relais des réseaux de transport en commun ;
- les emplacements sportifs attenants à un local commercial.
Une SCI de rapport ordinaire n'entre dans aucun de ces cas. Inutile d'espérer.
Un dispositif la concerne en revanche directement, et il est récent. Le local vacant au 1er janvier que le propriétaire s'engage à transformer en logements est exonéré. C'est le V bis de l'article 231 ter, issu de l'article 111 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025). Trois conditions se cumulent :
- le local est vacant au 1er janvier de l'année d'imposition ;
- les travaux sont achevés dans un délai de quatre ans à compter de la délivrance de l'autorisation d'urbanisme ;
- la déclaration préalable ou la demande de permis de construire a été déposée au cours de l'année civile qui précède la déclaration de la taxe.
La démolition suivie d'une reconstruction en logements est admise. Les surfaces de stationnement, elles, en sont exclues. Ces conditions sont détaillées au BOI-IF-AUT-50-10-20, § 210 à 230, mis à jour le 6 mai 2026. Sur un plateau parisien de 300 m² vide, c'est 7 833 € économisés par année de travaux.
Mais l'engagement se paie s'il n'est pas tenu. Le C du V bis rend alors la taxe exigible rétroactivement et y ajoute la majoration de 25 % du V de l'article 1764 du CGI. Trois années exonérées non rattrapées dans les quatre ans, c'est 23 499 € de taxe et 5 875 € de majoration, soit 29 374 € à sortir d'un coup — sauf circonstance exceptionnelle indépendante de votre volonté. Dans ce cas, ne faites pas ça : ne demandez pas l'exonération tant que le permis n'est pas réellement engagé.
À noter pour 2027. Certains locaux situés en zone franche urbaine — territoire entrepreneur (ZFU-TE), un dispositif de soutien aux quartiers prioritaires, échappaient à la taxe. Cette exonération est supprimée par le I, G et H de l'article 42 de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), en Île-de-France comme dans les trois départements du Sud. Elle est maintenue pour l'année 2026 et disparaît à compter des impositions établies au titre de 2027 (actualité BOFiP du 6 mai 2026). Si votre SCI détient un local en ZFU-TE, la première déclaration à préparer est celle de mars 2027.
5. Tarifs 2026 en Île-de-France : de 26,11 € à 0,85 €/m² selon la circonscription
Le territoire francilien est découpé en quatre circonscriptions tarifaires, de la plus chère à la moins chère :
- 1re circonscription : les 1er, 2e, 7e, 8e, 9e, 10e, 15e, 16e et 17e arrondissements de Paris, ainsi que Boulogne-Billancourt, Courbevoie, Issy-les-Moulineaux, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine et Puteaux.
- 2e circonscription : les autres arrondissements de Paris et les autres communes des Hauts-de-Seine.
- 3e circonscription : les autres communes de l'unité urbaine de Paris, périmètre statistique fixé par arrêté.
- 4e circonscription : le reste de la région Île-de-France.
Barème 2026 (€/m²)
| Catégorie | 1re circ. | 2e circ. | 3e circ. | 4e circ. |
|---|---|---|---|---|
| Bureaux — tarif normal | 26,11 € | 21,99 € | 12,03 € | 5,82 € |
| Bureaux — tarif réduit | 12,98 € | 10,94 € | 7,25 € | 5,26 € |
| Locaux commerciaux | 8,96 € | 8,96 € | 4,66 € | 2,39 € |
| Locaux de stockage | 4,69 € | 4,69 € | 2,39 € | 1,23 € |
| Surfaces de stationnement | 2,96 € | 2,96 € | 1,61 € | 0,85 € |
Tarifs applicables aux impositions établies au titre de 2026. Relevés le 24 août 2026 sur le texte consolidé de l'article 231 ter du CGI (version en vigueur depuis le 20 août 2026) et confirmés par l'actualité BOFiP du 4 février 2026. Le e du 2 du VI les revalorise au 1er janvier de chaque année, sur la prévision d'indice des prix à la consommation hors tabac retenue au projet de loi de finances : + 1,3 % pour 2026, arrondi au centime supérieur. Les barèmes 2024 et 2025 qui circulent encore ne sont plus applicables. La dernière retouche du texte date du 18 août 2026. Elle étend le tarif réduit à l'établissement public créé par l'article 1er de la loi n° 2026-795 du 18 août 2026 sur le patrimoine immobilier de l'État, ainsi qu'aux sociétés dont il détient l'intégralité du capital. Elle ne change rien pour une SCI privée.
Deux nuances qui font baisser la note
Le tarif réduit sur les bureaux n'est pas ouvert à tous. Le a du 1 du VI le réserve à quatre familles de propriétaires :
- l'État et les collectivités territoriales ;
- les organismes ou établissements publics sans caractère industriel ou commercial ;
- les organismes professionnels ;
- les associations ou organismes privés sans but lucratif à caractère sanitaire, social, éducatif, sportif ou culturel.
Le texte ajoute une condition : ces locaux doivent être ceux « dans lesquels ils exercent leur activité ». Le tarif réduit suit donc le propriétaire, jamais l'occupant. Une SCI privée n'y a pas droit, même si son locataire est une association.
Deux correctifs existent, et ils bénéficient aux mêmes communes. Il faut que la commune ait été éligible, l'année précédant celle de l'imposition, à la dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale (art. L2334-15 du code général des collectivités territoriales). Et, la même année, au fonds de solidarité des communes de la région Île-de-France (art. L2531-12). Dans la 2e circonscription, ces communes bénéficient d'une réduction de tarif de 10 %. Dans la 3e, elles sont purement et simplement classées dans la 4e pour le calcul de la taxe : le bureau y passe de 12,03 à 5,82 €/m², soit 6 210 € d'économie par an sur 1 000 m². Le barème 2026 applicable à ces communes :
| Circonscription et catégorie | Vous payez si la commune n'est pas éligible | Vous payez si elle l'est | Économie sur 1 000 m² |
|---|---|---|---|
| 2e circ. — bureaux, tarif normal | 21,99 €/m² | 19,80 €/m² | 2 190 € |
| 2e circ. — locaux commerciaux | 8,96 €/m² | 8,07 €/m² | 890 € |
| 2e circ. — locaux de stockage | 4,69 €/m² | 4,23 €/m² | 460 € |
| 2e circ. — surfaces de stationnement | 2,96 €/m² | 2,67 €/m² | 290 € |
| 3e circ. — bureaux, tarif normal (commune classée en 4e circ.) | 12,03 €/m² | 5,82 €/m² | 6 210 € |
Le reclassement de la 3e circonscription vaut pour toutes les catégories de la commune, pas seulement les bureaux : un entrepôt y passe de 2,39 à 1,23 €/m². La liste de ces communes est republiée chaque année au BOFiP : vérifiez-la avant de remplir le 6705-B, elle bouge d'une année sur l'autre.
Cas chiffré n° 3 — le même plateau, deux adresses
Une SCI à l'impôt sur les sociétés détient un plateau de bureaux de 300 m² loué à une société d'exploitation. Dans le 8e arrondissement de Paris : 300 × 26,11 = 7 833 €. Le même plateau à Melun, en 4e circonscription : 300 × 5,82 = 1 746 €. Écart annuel : 6 087 €, soit 60 870 € sur la durée d'un crédit de dix ans, à tarif constant. À rendement locatif égal, c'est un point d'arbitrage aussi lourd que la moitié d'un mois de loyer.
6. Tarifs 2026 en PACA : le même impôt, vingt-six fois moins cher sur les bureaux
Dans les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes, l'article 231 quater du CGI applique un tarif unique par catégorie, sans découpage en circonscriptions.
| Catégorie | Tarif 2026 (€/m²) | Seuil d'exonération | Rapport avec la 1re circ. francilienne |
|---|---|---|---|
| Bureaux | 1,01 € | 100 m² | 1 pour 26 |
| Locaux commerciaux | 0,42 € | 2 500 m² | 1 pour 21 |
| Locaux de stockage | 0,23 € | 5 000 m² | 1 pour 20 |
| Surfaces de stationnement | 0,16 € | 500 m² | 1 pour 18,5 |
Tarifs 2026 relevés le 24 août 2026 sur le texte consolidé de l'article 231 quater du CGI, version en vigueur du 1er juillet 2026 au 1er janvier 2027. Comme en Île-de-France, ils sont revalorisés au 1er janvier de chaque année sur la prévision d'indice des prix à la consommation hors tabac. Il n'existe en revanche aucun tarif réduit dans ce régime.
Cas chiffré n° 4 — l'entrepôt logistique de 6 000 m²
Une SCI détient une plateforme logistique de 6 000 m² louée à un transporteur. Le seuil de 5 000 m² est franchi, la taxe est due sur la totalité. Dans le Var : 6 000 × 0,23 = 1 380 €. En grande couronne francilienne (4e circonscription) : 6 000 × 1,23 = 7 380 €. Dans l'unité urbaine de Paris (3e circonscription) : 6 000 × 2,39 = 14 340 €. Le même bâtiment, la même activité, et un écart de 12 960 € par an entre le Var et l'unité urbaine de Paris.
Faut-il pour autant faire de cet écart un critère d'implantation ? Non, pas à lui seul. Sur 300 m² de bureaux, la taxe coûte 7 833 € dans le 8e arrondissement et 303 € dans le Var : 7 530 € d'écart annuel. Le chiffre est réel. Mais un plateau parisien se reloue et se revend dans des conditions qu'une zone d'activité varoise n'offre pas. Et une vacance de six mois efface l'économie : sur 300 m² loués 320 €/m²/an dans le 8e, six mois de vide, c'est 48 000 € de loyer perdu, plus de six fois l'écart de taxe. La taxe mérite une ligne dans le tableau de décision. Elle n'en est pas la conclusion.
7. Parkings : attention, il y a deux taxes et non une
C'est l'angle mort le plus fréquent. En Île-de-France, une surface de stationnement de 500 m² ou plus supporte deux prélèvements distincts :
- la taxe sur les bureaux elle-même, catégorie « surfaces de stationnement » de l'article 231 ter, au tarif de 2,96 € à 0,85 €/m² selon la circonscription (barème du chapitre 5) ;
- la taxe annuelle sur les surfaces de stationnement de l'article 1599 quater C du CGI, perçue au profit de la région Île-de-France pour financer ses investissements de transport. Elle a son propre découpage, en trois circonscriptions et non quatre. Tarifs 2026, relevés le 24 août 2026 : 5,05 €/m² à Paris et dans les Hauts-de-Seine, 2,93 €/m² dans le reste de l'unité urbaine de Paris, 1,49 €/m² ailleurs en Île-de-France.
Une précision qui fait gagner de l'argent : pour la taxe sur les bureaux, le seuil de 500 m² du stationnement s'apprécie indépendamment de celui des locaux auxquels le parking est annexé. Un parking de 450 m² adossé à 1 000 m² de bureaux taxés reste exonéré ; à l'inverse, un parking de 600 m² annexé à un local commercial de 2 400 m², lui-même exonéré, est taxé (BOI-IF-AUT-50-10-20, § 200).
Cas chiffré n° 5 — le parking commercial de Boulogne
Une SCI exploite un parking couvert de 1 200 m² à Boulogne-Billancourt. Taxe sur les bureaux, catégorie stationnement : 1 200 × 2,96 = 3 552 €. Taxe sur les surfaces de stationnement : 1 200 × 5,05 = 6 060 €. Total : 9 612 € par an, soit près du triple de ce que le gérant avait provisionné en ne regardant qu'un seul barème. Et les deux taxes ne se traitent pas pareil : la seconde est déductible du résultat, la première ne l'est pas.
Le seuil de 500 m² joue pour l'une comme pour l'autre, et le parking annexé à un logement reste hors champ dans les deux cas. La différence tient au traitement fiscal. L'administration admet la déduction de la taxe sur les surfaces de stationnement du résultat imposable, « dès lors que le législateur ne l'a pas expressément exclue des impôts et taxes déductibles » (BOI-IF-AUT-140). Pour la taxe sur les bureaux, il l'a fait. Sur les emplacements détenus isolément par une société civile, notre guide parkings et box en SCI reprend le sujet en entier.
8. La taxe sur les bureaux n'est pas déductible : ce que cela coûte vraiment
C'est le point qui distingue cette taxe de presque toutes les autres charges d'une SCI, et celui que l'on corrige le plus souvent en reprise de dossier. La taxe sur les bureaux n'est déductible ni de l'impôt sur le revenu (IR), ni de l'impôt sur les sociétés (IS).
Les textes, et une seule conclusion
- Le principe figure au IX de l'article 231 ter du CGI : « La taxe n'est pas déductible de l'assiette de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés. » Il a été introduit par l'article 26 de la loi de finances rectificative pour 2014 (loi n° 2014-1655 du 29 décembre 2014) et s'applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2015.
- Pour une SCI à l'IS, l'exclusion est reprise au 4° du 1 de l'article 39 du CGI, dont le texte en vigueur depuis le 21 février 2026 vise nommément « les taxes prévues aux articles 231 ter, 231 quater ».
- Pour une SCI à l'IR, elle est reprise au c du 1° du I de l'article 31 du CGI, qui écarte ces deux taxes de la liste limitative des charges déductibles des revenus fonciers.
- Les trois départements du Sud sont logés à la même enseigne. On lit parfois que l'article 231 quater, dépourvu de clause de non-déductibilité, laisserait la porte ouverte. C'est faux : ce n'est pas une tolérance administrative, c'est la loi — les articles 39 et 31 le citent expressément, et le BOFiP précise que ses commentaires valent pour les deux taxes.
Source : BOI-IF-AUT-50, § 30 et 40, dans sa version du 14 juin 2023. Les articles 39 et 31 du CGI ont été réécrits depuis, en dernier lieu le 21 février 2026, mais sans rien changer au sort des taxes des articles 231 ter et 231 quater.
Traduire en euros
Faisons la conversion, elle est parlante. À l'impôt sur les sociétés, une charge déductible ne coûte réellement que 75 % de son montant au taux normal de 25 % (15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice). Une charge non déductible coûte 100 %. Donc : les 7 833 € de taxe du plateau parisien pèsent exactement autant qu'une taxe foncière de 10 444 €, laquelle ne laisse après impôt que 7 833 € de coût réel. Quand vous comparez deux immeubles, c'est ce montant majoré qu'il faut porter en face de la taxe sur les bureaux. Jamais son montant facial.
À l'impôt sur le revenu, l'addition est plus lourde encore. Pour un associé imposé dans la tranche à 30 % — le taux qui frappe son dernier euro de revenu —, une charge déductible de revenu foncier lui rend 30 % d'impôt. Elle lui rend aussi 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 47,2 % en tout. Les 7 833 € de taxe sur les bureaux, eux, ne rendent rien : la non-déductibilité lui coûte 3 697 € par an de plus qu'une taxe foncière du même montant. Dit autrement, pour peser aussi lourd sur sa trésorerie, une charge déductible devrait atteindre 14 835 €.
La conséquence pratique dépend du régime. À l'impôt sur les sociétés, la taxe est bien comptabilisée en charge. Mais elle doit ensuite être réintégrée, c'est-à-dire rajoutée au bénéfice comptable pour retrouver le bénéfice imposable. Cela se fait sur le tableau de passage de la liasse fiscale — la déclaration de résultat de la société et ses annexes. À l'impôt sur le revenu, c'est plus simple : elle ne figure pas du tout parmi les charges portées sur la déclaration de résultat. Le panorama complet est dans notre guide charges déductibles en SCI.
9. Refacturer la taxe au locataire : ce que le bail permet, et le piège
Le redevable légal est la SCI, sans discussion possible. Rien n'interdit en revanche de faire supporter la charge au locataire. Le cadre tient dans l'article R. 145-35 du code de commerce, issu du décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 pris pour l'application de la loi Pinel. Il ferme d'abord la porte : les impôts dont le bailleur est le redevable légal ne se refacturent pas. Puis il la rouvre pour deux catégories, la taxe foncière et les impôts liés à l'usage du local ou de l'immeuble. La taxe sur les bureaux est très généralement rattachée à la seconde — la taxe est due à raison de l'usage effectif du local. Elle peut donc être mise à la charge du locataire, sous deux conditions : que le bail le prévoie expressément, et que la charge figure à l'inventaire annexé au contrat (article L. 145-40-2 du même code). Mais aucune décision publiée n'a tranché ce rattachement pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 5 novembre 2014. Tant que le point n'est pas jugé, ne comptez sur la refacturation que si le bail la stipule nommément.
Une clause vague du type « le preneur supporte tous impôts et taxes » ne suffit plus. Et surveillez la date : ces règles ne valent que pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 5 novembre 2014. Un bail plus ancien reste régi par ses propres stipulations — relisez-le avant de promettre quoi que ce soit à qui que ce soit. La mécanique complète des charges refacturables est traitée dans notre guide charges du bail commercial en SCI : qui paie quoi.
Cas chiffré n° 6 — pourquoi une refacturation à l'euro près ne vous rend pas votre argent
Reprenons le plateau parisien : 7 833 € de taxe, SCI à l'IS. Le gérant refacture exactement 7 833 € au locataire et se croit à l'équilibre. Il ne l'est pas. Ces 7 833 € sont un produit imposable de plus, alors que la taxe reste une charge non déductible. La SCI acquitte donc 25 % × 7 833 = 1 958 € d'impôt supplémentaire et n'encaisse réellement que 5 875 €. Le coût résiduel est de 1 958 € par an. Pour être neutre, il faudrait refacturer 10 444 € — ce que le marché locatif n'acceptera pas toujours.
Dans ce cas, ne faites pas ça : ne bâtissez pas votre plan de financement sur l'hypothèse que la taxe sera intégralement récupérée. Elle ne l'est jamais tout à fait à l'IS, et pas du tout si le bail est muet. Elle ne l'est plus non plus dès que le local est vacant — or c'est justement quand le local est vide que la taxe fait le plus mal. Provisionnez-la comme un coût propriétaire, quitte à être agréablement surpris.
10. Déclarer et payer : 6705-B, avant le 1er mars
| Point | Ce qu'il faut faire |
|---|---|
| Formulaire | Déclaration n° 6705-B (cerfa n° 11213), utilisée aussi bien pour l'Île-de-France que pour les trois départements du Sud. Les entreprises relevant de la Direction des grandes entreprises utilisent le n° 6705-RK. |
| Qui déclenche | Personne. L'administration adresse le plus souvent un imprimé pré-identifié aux redevables déjà connus, mais la taxe est auto-liquidée : ne rien recevoir n'exonère de rien, et il faut alors se procurer le formulaire soi-même. |
| Parkings franciliens | Déclaration n° 6705-TS-SD en plus, pour la taxe régionale sur les surfaces de stationnement. |
| Échéance | Avant le 1er mars de l'année d'imposition, déclaration et paiement en même temps. |
| Destinataire | Le comptable public compétent, c'est-à-dire le service des impôts du lieu de situation des locaux — ou la Direction des grandes entreprises pour les sociétés qui en relèvent. |
| Plusieurs biens | Une seule déclaration récapitulative et un paiement global par ressort de comptable. |
| Retard | Intérêt de retard de 0,20 % par mois (article 1727 du CGI) et majoration de 10 %, portée à 40 % si la déclaration n'est pas déposée dans les trente jours d'une mise en demeure (article 1728 du CGI). |
| Contrôle | En Île-de-France, le VIII de l'article 231 ter renvoie aux règles applicables en matière de taxe sur les salaires dans leur rédaction en vigueur jusqu'au 31 décembre 2003 ; dans les trois départements du Sud, le IX de l'article 231 quater renvoie aux taxes sur le chiffre d'affaires. Dans les deux cas, l'administration peut remonter trois ans. |
Un exemple pour mesurer le coût d'un oubli. Une taxe de 7 833 € régularisée avec quatorze mois de retard supporte 219 € d'intérêt de retard et 783 € de majoration. Total à payer : 8 835 € au lieu de 7 833 €. La sanction reste mesurée tant qu'on régularise spontanément. Elle change d'échelle après une mise en demeure restée sans réponse trente jours : la majoration passe de 10 à 40 %, soit 3 133 € au lieu de 783 €. Ajoutez l'échéance du 1er mars à votre calendrier fiscal de SCI et vérifiez que votre espace professionnel impots.gouv est bien actif pour le reste de vos obligations.
Ne manquez plus une échéance fiscale
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11. Comptabiliser et retraiter la taxe, à l'impôt sur le revenu comme à l'impôt sur les sociétés
L'écriture est la même dans les deux régimes ; c'est le traitement fiscal qui diverge.
| Opération | Compte débité | Compte crédité |
|---|---|---|
| Constatation de la taxe | 6358 — Autres droits, impôts et taxes | 447 — État, autres impôts et taxes |
| Paiement | 447 — État, autres impôts et taxes | 512 — Banque |
Schéma à adapter au plan de comptes de votre SCI : voir notre plan comptable SCI.
- SCI à l'impôt sur les sociétés : la charge est comptabilisée, puis réintégrée au tableau de détermination du résultat fiscal de la liasse fiscale. Sur 7 833 €, oublier cette réintégration minore le bénéfice imposable d'autant et expose à un rappel de 1 958 €, majoré de l'intérêt de retard.
- SCI à l'impôt sur le revenu : la taxe est suivie en comptabilité, mais elle n'est pas reportée en charge sur la déclaration 2072. Elle sort de la trésorerie sans réduire d'un euro le revenu foncier imposable de chaque associé.
Un conseil de méthode, tiré des dossiers que nous reprenons : ouvrez un sous-compte dédié plutôt que de loger la taxe dans le 6358 général avec la CFE et les droits d'enregistrement. En fin d'exercice, la réintégration se lit alors d'un coup d'œil sur la balance. Sans ce sous-compte, il faut rouvrir les pièces une par une — et c'est exactement là que la ligne se perd.
12. Cinq erreurs qui coûtent cher, et leur prix exact
| L'erreur | Coût, sur nos exemples |
|---|---|
| Déduire la taxe du résultat, par assimilation à la taxe foncière. | 1 958 € de rappel d'IS sur 7 833 € déduits à tort, plus l'intérêt de retard. |
| Ne pas déclarer, faute d'avoir reçu un avis. | 1 002 € de pénalités après quatorze mois, sur une taxe de 7 833 €. |
| Prendre le seuil pour une franchise, ou oublier d'additionner deux locaux voisins. | 3 002,65 € sur 115 m² à Levallois, quand le gérant attendait zéro. |
| Classer en stockage une surface qui est du bureau. | 7 833 € de rappel par année reprise, soit 23 499 € sur trois ans — 300 m² déclarés en stockage sont sous le seuil de 5 000 m² : la SCI n'avait rien payé du tout. |
| Refacturer à l'euro près au locataire en se croyant à l'équilibre. | 1 958 € par an restant à la charge de la SCI à l'IS. |
Deux d'entre elles se règlent en une heure : relire le classement des surfaces sur le plan de l'immeuble, et poser le 1er mars dans l'agenda. Les trois autres se règlent au moment de l'acquisition, pas après. Si votre SCI arbitre entre plusieurs adresses, la taxe sur les bureaux mérite une ligne dans le tableau de comparaison, au même titre que la taxe foncière — voir notre guide acheter un local commercial en SCI.
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13. Pour aller plus loin
Les pages ci-dessous prolongent celle-ci sans la répéter.
- Comptabilité SCI — la page mère : ce qu'une SCI doit tenir et déclarer, selon qu'elle est à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés.
- Taxe foncière en SCI — l'autre impôt du propriétaire, celui-là déductible, avec les règles de refacturation au locataire.
- CFE et SCI — dans quels cas une SCI, et non son locataire, devient elle-même redevable de la cotisation foncière des entreprises.
- Charges déductibles en SCI — la liste complète de ce qui passe et de ce qui ne passe pas, régime par régime.
- SCI et bail commercial — rédiger et faire vivre un bail commercial quand les murs sont détenus par une société civile.
- Charges du bail commercial en SCI — l'inventaire des charges refacturables et les clauses qui ne tiennent plus depuis 2014.
- Détenir les murs de son entreprise en SCI — le montage société d'exploitation et société immobilière, ses avantages et ses limites.
- SCI et profession libérale — détenir les murs de son cabinet, avec le sort du local professionnel au regard de cette taxe.
- Bail professionnel en SCI — le contrat adapté aux professions libérales, plus souple que le bail commercial.
- Acheter un local commercial en SCI — l'arbitrage entre détention directe, SCI et société d'exploitation.
- Local d'activité en SCI — le régime des locaux mixtes activité et stockage, souvent mal classés.
- Parkings et box en SCI — le traitement fiscal et comptable des emplacements détenus par une société civile.
- TASCOM et SCI — la taxe sur les surfaces commerciales, due par l'exploitant et non par la SCI bailleresse.
- Taxe de 3 % sur les immeubles des sociétés — l'obligation déclarative annuelle qui frappe surtout les structures à associés étrangers.
- Calendrier fiscal de la SCI — toutes les échéances de l'année, dont le 1er mars de cette taxe.
- Espace professionnel impots.gouv pour une SCI — créer et activer le compte qui sert à tout le reste des déclarations.
14. Questions fréquentes sur la taxe sur les bureaux en SCI
Ma SCI a acheté ses bureaux en avril : doit-elle déclarer la taxe cette année ?
Non. La taxe est due par celui qui était propriétaire au 1er janvier de l'année d'imposition. Une société civile immobilière (SCI) qui achète un plateau de bureaux en avril 2026 n'est pas redevable au titre de 2026 : c'est le vendeur, propriétaire au 1er janvier, qui devait déclarer et payer avant le 1er mars 2026. Votre première déclaration sera celle de 2027, à déposer avant le 1er mars 2027. Pensez-y dès la signature : c'est un poste annuel qui démarre l'année suivante et que personne ne vous rappellera.
Ma SCI a vendu l'immeuble en juin : doit-elle rembourser une partie de la taxe ?
Fiscalement, non : la taxe est annuelle et indivisible, sans réduction pour la période postérieure à la vente. La SCI propriétaire au 1er janvier reste redevable de la totalité, même si elle vend six mois plus tard. Rien n'interdit en revanche de prévoir dans l'acte de vente une répartition entre vendeur et acquéreur au prorata des jours de détention, comme cela se pratique couramment pour la taxe foncière. C'est un point à soulever chez le notaire, pas après.
Mes bureaux sont vides depuis dix-huit mois : suis-je exonéré ?
Non. La taxe frappe la détention du local, pas son exploitation : un plateau vide est taxé comme un plateau loué. Une seule porte de sortie existe, ouverte par la loi de finances pour 2025 : le local vacant au 1er janvier qui fait l'objet d'un engagement de transformation en logements. Il faut alors avoir déposé la déclaration préalable ou la demande de permis de construire au cours de l'année civile précédente, et achever les travaux dans les quatre ans de la délivrance de l'autorisation d'urbanisme. Hors de ce cas précis, la vacance ne dispense de rien. C'est ce qui rend la taxe redoutable en période de suroffre de bureaux.
Ma SCI ne détient que l'usufruit des locaux : qui paie ?
L'usufruitier. Le texte vise cinq qualités : le propriétaire, l'usufruitier, le preneur à bail à construction, l'emphytéote (titulaire d'un bail de très longue durée) et le titulaire d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public constitutive d'un droit réel. Dans une SCI démembrée où une société détient l'usufruit temporaire des murs, c'est l'usufruitier qui déclare et paie, pas le nu-propriétaire. Le nu-propriétaire, lui, ne doit rien au titre de cette taxe.
Mon local est à la fois habitation et bureau : comment le traiter ?
Seule la fraction affectée à l'usage de bureaux entre dans le champ de la taxe ; la partie habitation en est exclue. Il faut donc ventiler les surfaces pièce par pièce, et conserver le plan qui justifie cette ventilation. Attention au cas fréquent du logement dont une partie sert de bureau professionnel. Si la surface de bureau reste sous 100 mètres carrés, et qu'aucune autre surface de même nature n'existe à la même adresse, il n'y a rien à déclarer.
Ma SCI est à l'impôt sur le revenu : les associés peuvent-ils déduire leur part de la taxe ?
Non. La non-déductibilité joue au niveau du revenu foncier lui-même, avant répartition entre les associés. La taxe n'est pas admise en charge sur la déclaration 2072 de la société : la part de résultat transmise à chaque associé n'en tient déjà plus compte. Aucun associé ne peut la reprendre en déduction sur sa déclaration personnelle. Le fondement est le c du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts.
Comment déclarer si les locaux sont répartis sur plusieurs départements ?
La déclaration se dépose auprès du comptable public du lieu de situation des locaux. Lorsqu'une même SCI détient plusieurs biens taxables relevant d'un même comptable, elle dépose une seule déclaration récapitulative accompagnée d'un paiement global. Si les biens relèvent de comptables différents, il faut autant de déclarations que de ressorts concernés, chacune avec son paiement. Les entreprises rattachées à la Direction des grandes entreprises déposent auprès de celle-ci.
La taxe se paie-t-elle en ligne depuis l'espace professionnel ?
Non. La taxe sur les bureaux reste une déclaration papier accompagnée de son paiement : elle ne se télétransmet pas comme une déclaration de TVA. En pratique, l'administration adresse un imprimé 6705-B pré-identifié aux redevables qu'elle connaît ; à défaut, on se procure le formulaire, on l'adresse au service dont dépend le lieu de situation des locaux et on règle selon les indications du service. Les entreprises relevant de la Direction des grandes entreprises utilisent le 6705-RK. L'espace professionnel impots.gouv.fr reste utile pour le reste de la vie fiscale de la SCI : liasse, TVA, avis de CFE, paiement des acomptes.
Ma SCI loue à une association : bénéficie-t-elle du tarif réduit ?
Non, et c'est un contresens fréquent. Le tarif réduit sur les bureaux ne vise que quatre familles de propriétaires. L'État et les collectivités territoriales ; les établissements publics sans caractère industriel ou commercial ; les organismes professionnels ; les associations sans but lucratif à caractère sanitaire, social, éducatif, sportif ou culturel. Encore faut-il, dit le texte, qu'ils exercent eux-mêmes leur activité dans ces locaux. Le tarif réduit s'apprécie donc sur le propriétaire, pas sur l'occupant : une SCI privée qui loue à une association reste au tarif normal.
Je me suis trompé de catégorie l'an dernier : que faire ?
Déposez une déclaration rectificative sans attendre. En Île-de-France, le contrôle et le recouvrement suivent les règles applicables en matière de taxe sur les salaires ; dans les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes, celles des taxes sur le chiffre d'affaires. Dans les deux cas, l'administration peut reprendre trois années. Régulariser spontanément limite la note à l'intérêt de retard ; attendre le contrôle y ajoute une majoration. Sur 300 mètres carrés parisiens déclarés en stockage au lieu de bureaux, la SCI n'a rien payé : 300 m² sont très en dessous du seuil de 5 000 m² du stockage. Le rappel porte donc sur la totalité, 7 833 euros par année reprise, 23 499 euros sur trois ans, plus l'intérêt de retard.
Ma SCI paie déjà la taxe foncière et son locataire la CFE : la taxe sur les bureaux s'ajoute-t-elle ?
Oui, les trois se cumulent sans se compenser. La taxe foncière est due par la SCI propriétaire sur la valeur locative cadastrale, partout en France, et elle est déductible. La cotisation foncière des entreprises est due par l'occupant qui exerce l'activité, et elle est déductible chez lui. La taxe sur les bureaux est due par la SCI propriétaire, sur la surface, dans deux zones seulement, et elle n'est pas déductible. Un même plateau parisien supporte donc bien les trois.
Une taxe équivalente existe-t-elle à Lyon, Bordeaux ou Lille ?
Non. À ce jour, seules l'Île-de-France et les trois départements des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-Maritimes connaissent cette taxe. Une SCI qui détient un immeuble de bureaux à Lyon, Bordeaux, Lille, Nantes ou Toulouse ne la paie pas, quelle que soit la surface. Elle reste évidemment redevable de la taxe foncière. Ce point mérite d'entrer dans un arbitrage d'implantation : sur 2 000 mètres carrés de bureaux dans le 8e arrondissement de Paris, la taxe coûte 2 000 × 26,11 = 52 220 euros par an, contre zéro à Lyon ou à Bordeaux.
Comment savoir dans quelle circonscription se trouve mon immeuble ?
La première circonscription est nommément définie : neuf arrondissements de Paris et six communes des Hauts-de-Seine. La deuxième couvre le reste de Paris et le reste des Hauts-de-Seine. La troisième correspond aux autres communes de l'unité urbaine de Paris, notion statistique de l'INSEE fixée par arrêté. La quatrième prend tout le reste de la région. En cas de doute sur l'appartenance d'une commune à l'unité urbaine, c'est l'arrêté en vigueur qui tranche, pas l'intuition géographique.
Combien coûte la gestion comptable d'une SCI qui détient des locaux professionnels ?
Une SCI détenant des bureaux ou des commerces est le plus souvent à l'impôt sur les sociétés. Elle tient donc une comptabilité d'engagement complète : bilan, compte de résultat, liasse fiscale, fichier des écritures comptables, suivi des impôts locaux et retraitement des taxes non déductibles. Un cabinet traditionnel facture souvent 800 à 2 000 euros par an pour ce type de dossier. Avec sci-ai.app, la comptabilité, la liasse et le traitement de la taxe sur les bureaux sont automatisés à partir de 229 euros par an, ou 349 euros par an avec un expert-comptable dédié.
Sources primaires consultées le 24 août 2026. Sur Legifrance : article 231 ter du CGI, version en vigueur depuis le 20 août 2026. Article 231 quater du CGI, version du 1er juillet 2026. Article 1599 quater C du CGI. Article 39, 1, 4° du CGI, version en vigueur depuis le 21 février 2026. Article R. 145-35 du code de commerce. Au BOFiP : tarifs 2026, actualité du 4 février 2026. Suppression de l'exonération ZFU-TE, actualité du 6 mai 2026. BOI-IF-AUT-50-10-20 et BOI-IF-AUT-50-20, mis à jour le 6 mai 2026. BOI-IF-AUT-140, sur la taxe régionale de stationnement. Ailleurs : fiche service-public.fr Île-de-France, mise à jour le 12 février 2026, et fiche service-public.fr région PACA. Jurisprudence : CE, 3e et 8e chambres réunies, 24 avril 2019, n° 417792.