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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Bail professionnel en SCI : louer à une profession libérale (2026)

Un cabinet de kinésithérapie n'est pas un commerce. Le local que votre SCI loue à un médecin, à un avocat, à un psychologue ou à un consultant ne relève pas du statut des baux commerciaux et de sa soixantaine d'articles : il relève d'un texte unique, l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, qui tient en six alinéas et se lit en deux minutes. Ce contrat porte un nom : le bail professionnel. Pas de droit au renouvellement, pas d'indemnité d'éviction, pas de plafonnement du loyer, pas d'inventaire limitatif des charges, pas de procédure de despécialisation.

Sur le papier, c'est le régime rêvé du bailleur. Dans les faits, il se paie d'une contrepartie que beaucoup de gérants découvrent le jour où ils ouvrent l'enveloppe : le locataire peut partir à tout moment, sans motif, moyennant six mois de préavis. Au bout de huit mois d'occupation comme au bout de la cinquième année. Vous avez calé votre plan de financement sur vingt ans ; votre preneur, lui, raisonne à six mois. Plus souple, donc — et nettement plus fragile côté revenus.

Un seul contrat dans ce guide : celui de l'article 57 A, vu du côté de la SCI bailleresse. Le statut des baux commerciaux (neuf ans, révision triennale, déplafonnement, indemnité d'éviction) est un tout autre animal, que j'ai traité à part dans SCI et bail commercial. Un bail professionnel n'est pas un bail commercial : la confusion entre les deux alimente à elle seule une bonne part du contentieux. Et si votre question porte sur le bien plutôt que sur le contrat (bureaux, cabinet, atelier), allez plutôt lire le local d'activité en SCI.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Légifrance, code de commerce, code civil, CGI, BOFiP, jurisprudence de la Cour de cassation). Mis à jour le 3 août 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.

À retenir en 30 secondes

  • Un seul texte, six alinéas. L'article 57 A de la loi du 23 décembre 1986 : écrit obligatoire, six ans minimum, tacite reconduction pour la même durée, préavis de six mois de part et d'autre.
  • Le locataire part quand il veut. « À tout moment », dit le quatrième alinéa, avec six mois de préavis. Aucune clause ne peut lui retirer cette faculté. C'est le vrai risque du bail professionnel pour une SCI.
  • Ni renouvellement, ni éviction, ni plafonnement. Le chapitre du code de commerce consacré aux baux commerciaux ne s'applique pas : le bailleur congédie à l'échéance sans motif et sans indemnité.
  • L'option se trouve au I, 7° — pas au II. L'article L. 145-2, I, 7° du code de commerce permet d'adopter conventionnellement le statut commercial. La renonciation doit être claire et non équivoque (Cass. 3e civ., 20 oct. 2016, n° 15-20.285).
  • Tout ce qui n'est pas écrit reste au bailleur. Le régime Pinel des charges ne s'applique pas, mais l'inverse non plus : sans clause de refacturation, la taxe foncière est pour la SCI.
  • N'optez pas pour la TVA face à un médecin. Ses soins sont exonérés (art. 261, 4, 1° CGI) : les 20 % que vous ajoutez au loyer sont pour lui un coût sec, qu'il vous fera payer à la négociation.

Références mobilisées dans ce guide

Loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 : art. 57 A (bail professionnel : écrit, six ans, tacite reconduction, préavis de six mois, notification par lettre recommandée avec avis de réception ou acte d'huissier — aujourd'hui commissaire de justice)
Code de commerce : art. L. 145-1 (champ du statut des baux commerciaux), L. 145-2, I, 7° (adoption conventionnelle du statut par les parties à un bail professionnel), L. 145-4 (durée de neuf ans et faculté triennale), L. 145-9 (congé), L. 145-14 (indemnité d'éviction), L. 145-33 et L. 145-34 (valeur locative et plafonnement), L. 145-38 (révision triennale), L. 145-40-2 et R. 145-35 à R. 145-37 (inventaire limitatif des charges), L. 145-46-1 (droit de préférence), L. 145-47 et s. (despécialisation)
Code civil : art. 1103 et 1104 (force obligatoire, bonne foi), 1709 et s. (louage de choses), 1717 (sous-location et cession du bail sauf interdiction), 1719 (obligations du bailleur), 1724 (travaux en cours de bail), 1728 (obligations du preneur), 1731 (présomption de bon état à défaut d'état des lieux), 1743 (bail opposable à l'acquéreur si date certaine), 2224 (prescription quinquennale)
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : art. 2 (champ : habitation principale et usage mixte professionnel et d'habitation), art. 6 et décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 (décence), décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 modifié par le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 (contrat type, applicable aux baux conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026), art. 10 (durée de six ans lorsque le bailleur est une personne morale), art. 13 (SCI familiale et bail de trois ans), art. 15 (congé)
CGI : art. 8 (translucidité des sociétés de personnes), 14, 28, 29 et 31 (revenus fonciers et charges déductibles), 206, 2 (bascule à l'IS en cas d'activité commerciale), 234 nonies à 234 quindecies (CRL au taux de 2,5 %, immeubles achevés depuis quinze ans, redevables limités depuis 2006 aux bailleurs personnes morales des art. 234 duodecies à 234 quaterdecies, exonérations du III : 1 830 € par local, locations soumises à la TVA), 260, 2° (option TVA sur les locaux nus professionnels, mention obligatoire dans le bail si le preneur n'est pas assujetti), 261 D 2° (exonération de principe), 261, 4, 1° (exonération des soins des professions médicales et paramédicales), 1447, I et 1467 A (CFE, seuil de 100 000 € de recettes brutes hors taxes), 193 à 195 de l'annexe II (option TVA : art. 194 pour la prise d'effet et la dénonciation, art. 195 pour les obligations déclaratives) et 207 de l'annexe II (régularisation par vingtièmes des immeubles immobilisés, sur vingt ans)
Autres textes : art. L. 112-1 et L. 112-2 du code monétaire et financier (clauses d'indexation), art. 63 de la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 et décret n° 2011-2028 du 29 décembre 2011 (ILAT), art. L. 631-7 et L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation (changement d'usage, amende de 100 000 €), loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014 et décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014 (charges des baux commerciaux, non applicables ici), décret n° 87-713 du 26 août 1987 (charges récupérables en habitation)
Jurisprudence et doctrine : Cass. 3e civ., 20 octobre 2016, n° 15-20.285, publié au Bulletin, rendu sur l'article 57 A dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2008-776 du 4 août 2008, sur des alinéas restés inchangés (l'article 57 A est d'ordre public ; la renonciation doit être univoque ; le bail professionnel s'applique aux personnes morales, le caractère lucratif de l'activité étant indifférent) ; CE, 9 septembre 2020, n° 439143 et réponse ministérielle Grau, JOAN 16 novembre 2021, question n° 38389 (option TVA local par local) ; BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 (professions médicales et paramédicales) ; BOI-TVA-CHAMP-50-10 (option pour la TVA sur les locations nues) ; BOI-IF-CFE-10-20-30 (location d'immeubles nus) ; BOI-RFPI-CTRL-20 et 20-20 (champ et exonérations de CRL) ; BOI-IS-CHAMP-10-30 (tolérance de 10 % de recettes commerciales)

1. Le texte unique du bail professionnel : l'article 57 A de la loi de 1986

C'est probablement le contrat le plus court du droit des baux français. Le statut des baux commerciaux mobilise près de soixante articles législatifs et une quarantaine d'articles réglementaires. Le bail professionnel, lui, tient dans un article de six alinéas — inséré dans une loi qui, à l'origine, ne parlait pas de lui du tout : la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 tendant à favoriser l'investissement locatif, l'accession à la propriété de logements sociaux et le développement de l'offre foncière.

Lisons-le en entier. On peut rarement se le permettre ; autant en profiter.

Le texte

« Le contrat de location d'un local affecté à un usage exclusivement professionnel est conclu pour une durée au moins égale à six ans. Il est établi par écrit.

Au terme fixé par le contrat et sous réserve des dispositions du troisième alinéa du présent article, le contrat est reconduit tacitement pour la même durée.

Chaque partie peut notifier à l'autre son intention de ne pas renouveler le contrat à l'expiration de celui-ci en respectant un délai de préavis de six mois.

Le locataire peut, à tout moment, notifier au bailleur son intention de quitter les locaux en respectant un délai de préavis de six mois.

Les notifications mentionnées au présent article sont effectuées par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par acte d'huissier.

Les parties peuvent déroger au présent article dans les conditions fixées au 7° du I de l'article L. 145-2 du code de commerce. »

Article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, version en vigueur depuis le 6 août 2008

C'est tout. Six alinéas. Ce que le texte ne dit pas, c'est-à-dire à peu près tout le reste, relève du droit commun du louage des articles 1709 et suivants du code civil, et surtout de ce que vous aurez pris la peine d'écrire. Gardez cette idée en tête pendant toute la lecture : ici, le contrat n'est pas un formalisme, c'est la loi des parties. Un bail de trois pages recopié sur un modèle générique vous laisse sans refacturation des charges, sans indexation, sans agrément de cession et sans clause résolutoire. Quatre trous, un seul document.

Durée du bail professionnel : six ans minimum, et un écrit obligatoire

Six ans, c'est un plancher, pas une durée type. Vous pouvez signer pour neuf, dix ou douze ans si le preneur y consent — c'est fréquent lorsqu'il finance lui-même un aménagement lourd et souhaite l'amortir. Vous ne pouvez pas signer pour trois ans : une clause de durée inférieure est irrégulière, et le preneur pourra opposer la durée légale de six ans. À l'inverse, gardez en tête que cette durée ne l'engage pas vraiment, puisque le quatrième alinéa lui ouvre une porte de sortie permanente.

L'écrit, lui, est expressément exigé. Sans lui, l'occupation ne tombe pas dans le néant : elle devient un bail de droit commun, dont le juge reconstituera les modalités à partir des quittances, des virements et des mails échangés. Le résultat penche toujours du même côté, et ce n'est pas le vôtre — c'est au bailleur de prouver ce qu'il réclame. Pas d'écrit, donc pas de refacturation de taxe foncière, pas d'indexation, pas de dépôt de garantie, pas de clause résolutoire. Partir d'un modèle de bail adapté à une SCI et le signer proprement vous prend une heure. Ne pas le faire vous coûte des années.

La tacite reconduction pour la même durée

Le deuxième alinéa est celui qu'on oublie le plus souvent, et il fait mal. Au terme fixé par le contrat, le bail est reconduit tacitement pour la même durée — six ans, si le bail initial était de six ans. Pas pour un an, pas pour une durée indéterminée : pour six nouvelles années.

La comparaison avec le bail commercial prend beaucoup de gérants à contre-pied. En matière commerciale, l'article L. 145-9 du code de commerce prévoit qu'à défaut de congé le bail se poursuit par tacite prolongation au-delà du terme, pour une durée indéterminée : vous pouvez encore donner congé plus tard. En matière professionnelle, c'est une tacite reconduction pour une durée ferme. Vous ratez la fenêtre de préavis, vous êtes reparti pour six ans. Pas de rattrapage, sauf accord du preneur ou résiliation judiciaire pour manquement.

Le congé du bail professionnel : deux régimes très différents selon qui le donne

Attention ici : les troisième et quatrième alinéas organisent deux facultés qu'on confond tout le temps, et qui n'ont rien à voir.

Le bailleur ne peut agir qu'à l'échéance. Le troisième alinéa lui permet, comme au preneur, de notifier son intention de ne pas renouveler le contrat « à l'expiration de celui-ci », avec un préavis de six mois. La liberté est réelle : aucun motif n'est exigé, contrairement au bail d'habitation où l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 enferme le congé dans trois motifs limitatifs, et contrairement au bail commercial où le refus de renouvellement se paie d'une indemnité d'éviction. Attention en revanche à la mécanique du délai : les six mois sont un préavis minimum, à respecter au plus tard six mois avant le terme. Un congé notifié neuf ou douze mois à l'avance est parfaitement valable ; c'est la notification tardive qui est inopérante et qui déclenche la reconduction tacite pour six nouvelles années.

Le locataire peut agir n'importe quand. Le quatrième alinéa lui permet de notifier « à tout moment » son intention de quitter les locaux, avec le même préavis de six mois. Pas besoin d'attendre une échéance triennale comme en bail commercial, pas besoin de motif, pas d'indemnité. Cette faculté est protectrice du preneur et la jurisprudence la défend : la Cour de cassation range les dispositions de l'article 57 A parmi les dispositions d'ordre public (3e civ., 20 octobre 2016, n° 15-20.285, rendu sur l'article 57 A dans sa rédaction antérieure à la loi du 4 août 2008, mais sur des alinéas restés inchangés), de sorte qu'une clause qui la supprimerait, la subordonnerait au versement d'une indemnité de rupture ou porterait le préavis à douze mois sera très probablement écartée. Ne perdez pas de temps à la rédiger.

Qui Quand Préavis Motif exigé Indemnité
Le locataireÀ tout moment6 moisAucunAucune
Le bailleur (SCI)À l'échéance uniquement6 mois au minimumAucunAucune
Personne (silence)Reconduction tacite pour 6 ans

La forme de la notification

Sur la forme, le cinquième alinéa impose la lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou l'acte d'huissier — devenu acte de commissaire de justice depuis la fusion des professions d'huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire. Un courriel, un message sur une messagerie instantanée ou une lettre simple ne valent pas congé. Un recommandé non réclamé pose une difficulté classique : privilégiez l'acte de commissaire de justice dès que l'enjeu est significatif, il coûte quelques dizaines d'euros et supprime tout débat sur la date de réception.

Le réflexe à prendre le jour de la signature : inscrivez immédiatement dans votre agenda de gestion la date « terme moins sept mois ». C'est votre dernière fenêtre utile pour reprendre le local, le renégocier ou changer de locataire — vous pouvez notifier plus tôt, jamais plus tard. Dans sci-ai.app, la date de terme et l'échéance de préavis sont attachées au bail et remontent dans le calendrier de la SCI : vous êtes alerté avant, pas après.

Ce que l'article 57 A ne dit pas — et que votre bail doit dire

Ce que l'article 57 A tait est aussi instructif que ce qu'il dit. Aucune disposition ne traite :

  • du montant du loyer ni de sa révision — liberté totale, sous réserve des articles L. 112-1 et L. 112-2 du code monétaire et financier sur les clauses d'indexation ;
  • du dépôt de garantie — ni plafond, ni délai de restitution, ni intérêts ;
  • de l'état des lieux — non obligatoire, à la différence du bail commercial (art. L. 145-40-1) et du bail dérogatoire (art. L. 145-5) ;
  • de la répartition des charges, impôts et travaux — le droit commun s'applique, complété par ce que vous écrivez ;
  • de la sous-location et de la cession — l'article 1717 du code civil les autorise sauf interdiction contractuelle ;
  • de la destination des lieux — à définir précisément dans le bail, sous peine de laisser le preneur libre de son activité ;
  • de la résiliation pour impayé — pas de commandement de payer légal comme l'article L. 145-41 en matière commerciale : il faut une clause résolutoire.

La brièveté du texte a donc un prix, et c'est vous qui le payez : tout ce que le législateur n'a pas écrit, il faut l'écrire soi-même. Le chapitre 6 reprend chaque poste.


2. Qui peut signer un bail professionnel — et qui ne peut pas

L'article 57 A pose une seule condition d'entrée : le local doit être « affecté à un usage exclusivement professionnel ». Ces trois mots portent tout le champ d'application, et chacun compte.

« Professionnel » : une activité civile, ni commerciale ni artisanale

Ici, « professionnel » se définit par exclusion. Est professionnelle, au sens de ce texte, l'activité exercée à titre habituel et procurant des revenus, dès lors qu'elle n'est ni commerciale, ni artisanale, ni industrielle, et qu'elle n'entre donc pas dans le champ du statut des baux commerciaux. L'article L. 145-1, I du code de commerce réserve en effet ce statut aux baux des immeubles ou locaux dans lesquels un fonds est exploité, que ce fonds appartienne à un commerçant ou à un industriel immatriculé au registre du commerce et des sociétés, ou au chef d'une entreprise immatriculée au répertoire des métiers. Un praticien libéral ne coche aucune de ces cases.

Deux critères cumulatifs, classiquement retenus par la jurisprudence : l'exercice d'une profession ou d'une fonction dans les lieux loués, et le fait que le preneur en tire des revenus de façon habituelle. Le caractère lucratif ou non de la structure est indifférent : une association ou une mutuelle qui loue des bureaux pour les besoins de son activité peut relever du bail professionnel.

Activité du preneur Bail applicable Pourquoi
Médecin, dentiste, sage-femmeProfessionnelProfession libérale réglementée, activité civile
Kinésithérapeute, infirmier, orthophonisteProfessionnelParamédical réglementé, activité civile
Avocat, notaire, commissaire de justiceProfessionnelProfession juridique réglementée
Expert-comptable, commissaire aux comptesProfessionnelProfession réglementée du chiffre
Architecte, géomètre-expertProfessionnelProfession réglementée du cadre bâti
Consultant, formateur, traducteur, développeurProfessionnelLibéral non réglementé, activité civile
Psychologue, psychomotricien, diététicienProfessionnelActivité civile de soin ou de conseil
Agence immobilière, cabinet de courtageCommercialActes de commerce, immatriculation au RCS
Opticien, pharmacien, prothésiste vendeurCommercialVente de marchandises, fonds de commerce
Coiffeur, esthéticienne, prothésiste ongulaireArtisanal ou commercialFonds artisanal, immatriculation au répertoire des métiers
Salle de sport, centre de bien-êtreCommercialExploitation d'un fonds, clientèle commerciale

Ce tableau donne la qualification de principe. Elle se vérifie au cas par cas, à partir de l'activité réellement exercée et de l'immatriculation du preneur — pas de l'intitulé du contrat.

« Exclusivement » : le mot qui exclut le bail mixte

Si le local sert aussi d'habitation principale au preneur, l'article 57 A est écarté : on bascule dans la loi du 6 juillet 1989, dont l'article 2 vise expressément les locaux « à usage mixte professionnel et d'habitation » constituant la résidence principale du preneur. C'est un point que les bailleurs découvrent parfois trop tard, notamment quand un consultant installe son bureau dans l'appartement qu'il loue à la SCI. Nous y consacrons le chapitre 5, parce que les conséquences sont importantes : durée, congé, décence, DPE, tout change.

Les personnes morales : SEL, SCP, SCM, associations

L'article 57 A ne dit pas un mot de la qualité du preneur. Il parle du local. La Cour de cassation en a tiré la conséquence logique : le bail professionnel s'applique aux personnes morales dès lors qu'elles exercent dans les lieux loués une activité de nature civile. Sont concernées :

  • les sociétés d'exercice libéral (SELARL, SELAS, SELAFA), quelle que soit leur forme commerciale d'emprunt — ce qui compte est l'objet, qui reste l'exercice d'une profession libérale ;
  • les sociétés civiles professionnelles et les sociétés civiles de moyens, très fréquentes dans les cabinets de groupe ;
  • les associations et certaines mutuelles, lorsqu'elles occupent des bureaux pour les besoins de leur activité ;
  • plus largement toute société civile dont l'activité dans les lieux n'est ni commerciale ni artisanale.

La conséquence est très concrète pour une SCI qui loue un plateau de bureaux à une SCM regroupant plusieurs praticiens. C'est la SCM qui est preneur, et c'est elle, pas chacun des praticiens pris isolément, qui peut donner congé à tout moment. Vérifiez qui signe. Faites-vous remettre l'extrait Kbis ou l'avis de situation au répertoire SIRENE, plus la pièce établissant les pouvoirs du signataire. La question symétrique, celle de savoir qui engage valablement la société côté bailleur, est traitée ici : qui signe le bail dans une SCI.

La frontière commerciale : le piège de la vente au cabinet

C'est la zone de requalification la plus fréquente, et elle bouge au fil de la vie du cabinet. Compléments alimentaires chez un naturopathe, semelles orthopédiques chez un podologue, produits capillaires, matériel de contention, parapharmacie : un praticien qui, en plus de ses soins, vend des produits à sa clientèle accomplit des actes de commerce. Si cette vente cesse d'être marginale et qu'il s'immatricule au registre du commerce et des sociétés, le local peut basculer dans le statut des baux commerciaux, avec droit au renouvellement et indemnité d'éviction à la clé.

Rien d'automatique, cela dit : la jurisprudence recherche si l'activité commerciale est accessoire ou si elle constitue une véritable exploitation d'un fonds de commerce dans les lieux. Mais du point de vue de la SCI, le risque est asymétrique : vous ne gagnez rien à la requalification, vous perdez le droit de congédier sans indemnité. D'où deux réflexes de rédaction :

  • Une clause de destination étroite : « à usage exclusivement professionnel pour l'exercice de la profession de kinésithérapeute, à l'exclusion de toute activité commerciale, artisanale ou industrielle, et notamment de toute vente de marchandises au public ».
  • Une clause d'information obligeant le preneur à signaler toute modification de son activité, de sa forme d'exercice ou de son immatriculation.

À l'inverse, si le local est destiné à un commerçant ou à un artisan, n'essayez pas de contourner le statut avec un bail professionnel : le statut des baux commerciaux est d'ordre public, la qualification retenue par les parties ne lie pas le juge, et vous vous retrouveriez avec un bail de neuf ans assorti d'un droit au renouvellement, sans avoir négocié ni le loyer ni les charges en conséquence. Basculez alors sur SCI et bail commercial — ou, pour une occupation courte et assumée, sur le bail dérogatoire de l'article L. 145-5, auquel je consacre un guide à paraître.


3. Bail professionnel ou bail commercial : les trois différences qui comptent

On peut aligner vingt écarts entre bail professionnel et bail commercial. Trois seulement changent l'économie de l'opération pour une SCI. Et une quatrième, la contrepartie, les annule parfois toutes les trois.

Différence n° 1 : aucun droit au renouvellement

En bail commercial, le preneur immatriculé qui exploite son fonds depuis trois ans dispose d'un droit au renouvellement. Le bailleur qui le refuse doit indemniser. En bail professionnel, ce droit n'existe pas : le contrat se reconduit tacitement, certes, mais cette reconduction est un mécanisme contractuel supplétif, pas un droit acquis au preneur. Le congé de l'article 57 A, troisième alinéa, y met fin sans discussion, sans motif à justifier et sans juge à saisir.

Pour une SCI, cela change la nature de l'actif. Un local commercial occupé est un bien grevé d'un droit du locataire, qui pèse sur sa valeur de revente et sur toute stratégie de repositionnement. Un local professionnel occupé reste un bien que vous récupérez à l'échéance en écrivant une lettre. Si votre horizon est la revente à sept ou dix ans, ou la reprise du local pour un autre usage, la différence est majeure.

Différence n° 2 : aucune indemnité d'éviction

L'indemnité d'éviction de l'article L. 145-14 du code de commerce est la sanction du refus de renouvellement : elle répare le préjudice causé par le défaut de renouvellement et comprend notamment la valeur marchande du fonds, les frais de déménagement et de réinstallation, et les droits et frais de mutation à payer pour un fonds de même valeur. Ce n'est jamais un barème : c'est une évaluation d'expert, souvent judiciaire, et son montant peut représenter plusieurs années de loyer. Notre guide sur l'indemnité d'éviction en SCI détaille ce mécanisme.

En bail professionnel, il n'y a rien de tel. Le praticien qui reçoit congé six mois avant l'échéance part avec son matériel et sa patientèle, sans un euro. C'est brutal, mais c'est le régime, et c'est exactement ce que les deux parties acceptent en choisissant ce contrat plutôt que l'option de l'article L. 145-2, I, 7°.

Différence n° 3 : aucun plafonnement, une indexation entièrement libre

Plafonnement des articles L. 145-33 et L. 145-34 du code de commerce, révision triennale de l'article L. 145-38, cas de déplafonnement, lissage de la hausse : rien de tout cet appareil ne s'applique ici. Le loyer initial est libre, sa révision est celle que vous avez écrite, et le loyer du bail reconduit est celui du bail initial indexé — sauf si les parties conviennent d'autre chose.

Cette liberté a une limite : les articles L. 112-1 et L. 112-2 du code monétaire et financier. Une clause d'indexation n'est valable que si l'indice retenu est en relation directe avec l'objet de la convention ou avec l'activité de l'une des parties. C'est là que le choix de l'indice devient un sujet juridique et pas seulement économique.

Indice Champ Pour un bail professionnel
ILATLoyers des activités tertiaires autres que commerciales et artisanales (décret n° 2011-2028 du 29 décembre 2011)L'indice de référence — à retenir
ILCLoyers commerciaux (commerce de détail, artisanat)Inadapté : le preneur n'exerce pas d'activité commerciale
IRLLoyers d'habitationRéservé au logement — à écarter, sauf bail mixte
ICCCoût de la constructionÀ proscrire : lien direct discutable, contentieux fréquent

Trois précautions de rédaction, valables pour tous les baux de la SCI — le sujet est repris de bout en bout dans la révision du loyer en SCI :

  • Fixez l'indice de base par son trimestre et son millésime, pas par une formule vague comme « le dernier indice publié » : la comparaison indice à indice doit être possible douze ans plus tard.
  • Évitez la clause d'indexation à sens unique, qui ne joue qu'à la hausse : la jurisprudence la sanctionne, et la sanction peut affecter toute la clause.
  • Précisez la périodicité et la date d'effet (annuelle, à la date anniversaire), ainsi que le sort d'une année où l'indice serait indisponible.

La contrepartie du bail professionnel : une sortie permanente pour le preneur

Voilà l'écart que les tableaux comparatifs oublient toujours de mettre en face des trois précédents. En bail commercial, la faculté de résiliation du preneur est triennale (art. L. 145-4) : il sort à la fin de la troisième, de la sixième ou de la neuvième année, avec six mois de préavis, et il est tenu entre-temps. En bail professionnel, il sort quand il veut.

Traduisez-le en trésorerie. Une SCI achète 270 000 € un plateau à aménager en cabinet, finance 60 000 € de cloisonnement et de mise aux normes d'accessibilité, table sur 15 000 € de loyer annuel pour couvrir une annuité de 14 000 €. Son plan court sur vingt ans. Son preneur, lui, raisonne à six mois et peut écrire dès le dix-huitième. Un semestre plus tard, le local est vide, et il est spécifique : un cabinet médical aménagé se reloue à un autre praticien, pas à un consultant qui cherche 90 m² de bureaux. La vacance locative, voilà le vrai prix du bail professionnel.

Critère Bail professionnel Bail commercial (3-6-9)
Texte applicableArt. 57 A, loi du 23 déc. 1986Art. L. 145-1 à L. 145-60 C. com.
Preneur viséActivité civile, libéraleCommerçant ou artisan immatriculé
ÉcritObligatoireNon exigé (mais indispensable)
Durée minimale6 ans9 ans
Fin du bail sans congéReconduction tacite pour 6 ansTacite prolongation, durée indéterminée
Sortie du preneurÀ tout moment, préavis 6 moisTous les 3 ans (art. L. 145-4)
Droit au renouvellementNonOui
Indemnité d'évictionNonOui (art. L. 145-14)
Plafonnement du loyerNonOui (art. L. 145-33, L. 145-34)
Révision légaleAucune — indexation contractuelleTriennale (art. L. 145-38)
Inventaire limitatif des chargesNon applicableOui (art. L. 145-40-2, R. 145-35 s.)
État des lieux obligatoireNon (mais fortement conseillé)Oui (art. L. 145-40-1)
Despécialisation encadréeNon — la destination contractuelle s'imposeOui (art. L. 145-47 et s.)
Droit de préférence en cas de venteNonOui (art. L. 145-46-1)
Cession du bailLibre sauf clause contraire (art. 1717 C. civ.)Libre au successeur dans le fonds
ImpayésClause résolutoire contractuelle indispensableCommandement de payer (art. L. 145-41)

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Bail rattaché au bien, date de terme et fenêtre de préavis dans le calendrier, quittances éditées, dépôt de garantie au passif, loyers rattachés au bon exercice et déclaration télétransmise. Vous ne ratez plus une échéance de six mois.


4. L'option pour le statut des baux commerciaux (art. L. 145-2, I, 7°)

Le dernier alinéa de l'article 57 A ouvre une porte : « Les parties peuvent déroger au présent article dans les conditions fixées au 7° du I de l'article L. 145-2 du code de commerce. » Traduction : bailleur et preneur peuvent décider ensemble que leur bail professionnel obéira, non pas au texte de six lignes qu'on vient de lire, mais au statut complet des baux commerciaux.

Le texte

« I. — Les dispositions du présent chapitre s'appliquent également : […] 7° Par dérogation à l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 […], aux baux d'un local affecté à un usage exclusivement professionnel si les parties ont conventionnellement adopté ce régime. »

Article L. 145-2, I, 7° du code de commerce

Attention à la référence. On lit très souvent, y compris sous des plumes sérieuses, que l'option résulterait de « l'article L. 145-2 II du code de commerce ». C'est faux : le II de l'article L. 145-2 traite des autorisations d'occupation précaire accordées par l'administration sur un immeuble acquis à la suite d'une déclaration d'utilité publique, et n'a strictement rien à voir. L'option est au I, 7°. Si votre projet de bail vise le II, votre rédacteur a recopié une source erronée — faites vérifier le reste.

Une renonciation qui doit être claire et non équivoque

L'option ne se présume pas, et elle ne se déduit pas d'un vocabulaire. La Cour de cassation l'a jugé nettement le 20 octobre 2016 (3e civ., n° 15-20.285, statuant sur l'article 57 A dans sa rédaction alors applicable, antérieure à la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 qui lui a ajouté son dernier alinéa) : la qualification de « bail commercial » donnée au contrat, la mention selon laquelle le preneur bénéficiera du statut de la propriété commerciale et la référence aux règles du code de commerce ne suffisaient pas à caractériser une renonciation en connaissance de cause et dépourvue d'ambiguïté aux dispositions protectrices de l'article 57 A.

La leçon vaut dans les deux sens :

  • Vous voulez l'option ? Écrivez-la explicitement : « Les parties déclarent expressément adopter le régime des baux commerciaux, conformément au 7° du I de l'article L. 145-2 du code de commerce, et renoncer en connaissance de cause au bénéfice de l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, dont elles reconnaissent avoir pris connaissance. » Une clause qui vise les deux textes, en toutes lettres, dans une stipulation autonome — pas une mention perdue dans un préambule.
  • Vous ne la voulez pas ? Alors ne recopiez pas un modèle de bail commercial en changeant l'en-tête. Un contrat truffé de renvois au code de commerce sans clause de renonciation explicite crée une insécurité inutile : vous plaiderez peut-être et gagnerez, mais vous aurez plaidé.

Ce que l'option apporte — et ce qu'elle coûte

Effet de l'option Pour la SCI bailleresse Pour le preneur
Durée portée à 9 ansVisibilité longue sur les loyersEngagement plus long
Sortie limitée aux échéances triennalesLe gain principal : fin de la sortie permanentePerte de souplesse
Droit au renouvellementLe local n'est plus librement récupérableSécurité de l'exploitation
Indemnité d'évictionCoût potentiellement très élevéValorisation de la patientèle
Plafonnement du loyer renouveléRattrapage limité si le marché monteProtection contre la hausse
Inventaire limitatif des chargesCertaines charges deviennent non refacturablesTransparence et plafonnement
Droit de préférence en cas de ventePurge obligatoire avant toute cessionPriorité d'acquisition

Quand l'option a du sens pour une SCI

Le plus souvent, aucun. La SCI y perd sa liberté de reprise et son plafond de loyer, et n'y gagne qu'une chose : la disparition de la sortie permanente du preneur. Le calcul ne s'inverse que dans trois configurations, que je vois revenir régulièrement.

  • Un investissement lourd, spécifique et amortissable sur la durée du bail. Si la SCI finance elle-même 100 000 € de plateau technique et de mise aux normes pour un cabinet dentaire, la perspective d'un départ au dix-huitième mois est inacceptable. L'option, en verrouillant le preneur sur des périodes triennales, sécurise l'amortissement. Le raisonnement d'achat est développé dans acheter un local commercial en SCI.
  • Une négociation où le preneur paie l'option. Le statut a une valeur pour lui : un praticien qui construit sa patientèle sur un emplacement peut accepter un loyer supérieur de 10 à 15 % en contrepartie de la sécurité du renouvellement. C'est un arbitrage à faire explicitement, chiffres en main.
  • Une SCI qui détient les murs de la structure d'exercice de ses propres associés et n'a aucune intention de reprendre le local : le risque d'éviction est théorique, et le statut apporte de la lisibilité au financement. C'est le schéma classique des murs d'entreprise détenus en SCI. Surveillez alors la cohérence du loyer avec le marché : c'est tout le sujet de louer un local de sa SCI à sa société.

Une décision qu'on ne défait pas. Une fois le statut adopté, le preneur détient un droit au renouvellement et une vocation à l'indemnité d'éviction. Ces droits sont protégés, et il ne peut pas y renoncer par avance : un avenant qui prétendrait revenir sous l'article 57 A en cours de bail serait sans portée. Traitez l'option comme un engagement patrimonial de vingt ans, pas comme une case à cocher. En cas de doute, faites relire le projet. C'est typiquement le genre de question qu'on traite en rendez-vous de conseil.


5. Bail mixte professionnel et habitation : la loi du 6 juillet 1989 reprend la main

Le mot « exclusivement » de l'article 57 A fonctionne comme un interrupteur. Dès que le local sert aussi de résidence principale au preneur, on quitte le bail professionnel et l'on entre dans le champ de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dont l'article 2 s'applique « aux locations de locaux à usage d'habitation ou à usage mixte professionnel et d'habitation, et qui constituent la résidence principale du preneur ».

Deux conditions, donc : un usage mixte, et une résidence principale. La loi entend par là le logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure, par le preneur, son conjoint ou une personne à sa charge. Si le professionnel loue un appartement dont il fait son bureau mais qu'il habite ailleurs, l'usage n'est pas mixte au sens de ce texte : selon les cas, on retombe sur le bail professionnel (usage exclusivement professionnel) ou sur un bail de droit commun.

Ce que le basculement change concrètement

Tout, ou presque. Le bail mixte obéit à un régime nettement plus protecteur du locataire, et plusieurs de ses règles ont un effet direct sur une SCI bailleresse.

Point Bail professionnel (art. 57 A) Bail mixte (loi du 6 juillet 1989)
Durée quand le bailleur est une SCI6 ans minimum6 ans (art. 10 : personne morale)
Cas de la SCI familialeSans objetBail de 3 ans possible (art. 13)
Congé du bailleurLibre à l'échéance, sans motifTrois motifs limitatifs (art. 15-I)
Congé pour reprise par une SCISans objetRéservé à la SCI familiale, au profit d'un associé
Congé du locataire6 mois3 mois, réduit à 1 mois en zone tendue et dans les cas de l'art. 15-I
Décence et DPENon applicablesArt. 6 + décret n° 2002-120 : obligatoires
Contrat type imposéAucunDécret n° 2015-587 du 29 mai 2015, modifié par le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 (nouveau contrat type pour les baux conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026 ; art. 2 au 1er janvier 2027)
Dépôt de garantieLibre1 mois de loyer hors charges (logement nu)
Charges récupérablesLiberté contractuelleListe limitative (décret n° 87-713)
IndexationILAT ou indice choisiIRL uniquement

Sur ce tableau, trois lignes changent vraiment la vie d'une SCI bailleresse.

La durée passe à six ans par l'effet de la personnalité morale. L'article 10 de la loi de 1989 fixe la durée du bail à six ans lorsque le bailleur est une personne morale, contre trois ans lorsqu'il est une personne physique. Une SCI ordinaire est donc engagée pour six ans. Seule la SCI familiale, constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus, peut consentir un bail de trois ans par l'article 13. C'est l'un des rares avantages concrets de la forme familiale sur ce terrain ; les conditions exactes sont dans SCI familiale.

Le congé pour reprise devient quasi impossible. L'article 15-I limite le congé du bailleur à trois motifs : reprise, vente, ou motif légitime et sérieux. Or une SCI ne peut délivrer un congé pour reprise que si elle est familiale, et au profit d'un associé. Pas au profit de la société elle-même, ni d'un tiers. Une SCI patrimoniale classique n'a donc, en pratique, que le congé pour vendre de l'article 15-II, qui vaut offre de vente au locataire, ou le motif légitime et sérieux. Mettez cela en face de la liberté totale du bail professionnel : l'écart est saisissant. Chaque procédure est déroulée pas à pas dans congé pour reprise en SCI et congé pour vendre.

La décence et le DPE s'invitent dans le dossier. L'article 6 de la loi de 1989 et le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 imposent un logement décent, avec un critère de performance énergétique dont le calendrier a été durci par la loi Climat et résilience. Un local mixte classé passoire énergétique peut donc devenir indécent, avec les conséquences que l'on sait sur le droit au loyer. Rien de tel en bail professionnel pur. Le calendrier en vigueur est repris dans SCI et logement classé passoire.

Le sujet parallèle : le changement d'usage

Ne confondez pas la qualification du bail avec l'autorisation d'urbanisme. Transformer un logement en local exclusivement professionnel dans une commune concernée relève du régime du changement d'usage de l'article L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation, avec autorisation préalable du maire dans les communes visées. Votre bail peut être impeccable et l'opération rester irrégulière au regard du CCH — l'amende de l'article L. 651-2 a été portée à 100 000 €. J'y consacre un guide entier : changement d'usage et SCI. Dernier réflexe si l'immeuble est en copropriété : relisez le règlement, tous n'autorisent pas l'exercice d'une profession libérale dans le lot.


6. Ce que le bail professionnel doit prévoir, clause par clause

La loi ne dit presque rien ; le contrat doit donc tout dire. Voici, poste par poste, ce qu'un bail professionnel signé par une SCI doit contenir, et pourquoi. Un bail sérieux tient en huit à douze pages : si le vôtre en fait trois, il vous manque des clauses, pas de la concision.

1. La destination des lieux, rédigée étroitement

C'est la clause la plus importante du contrat, parce qu'elle porte à la fois la qualification juridique du bail et la protection contre la requalification commerciale. Nommez la profession exercée, la structure d'exercice, et excluez expressément toute activité commerciale, artisanale ou industrielle, notamment toute vente de marchandises au public.

Corollaire important : en bail professionnel, il n'existe aucune procédure de despécialisation comparable aux articles L. 145-47 et suivants du code de commerce : le preneur ne peut pas exiger d'étendre son activité à des activités connexes ou complémentaires. La destination contractuelle s'impose telle qu'elle est écrite. Cette rigidité vous protège, à condition d'avoir écrit précisément. Une destination « à usage de bureaux » ouvre bien plus large que « pour l'exercice de la profession de psychologue clinicien ».

2. Le dépôt de garantie

Aucun plafond légal. La pratique retient un à trois mois de loyer hors charges, davantage lorsque le preneur est une structure récente sans antériorité. Le contrat doit fixer le montant, préciser s'il porte ou non intérêts, énumérer les cas de retenue (loyers et charges impayés, réparations locatives, remise en état) et fixer un délai de restitution après remise des clés et état des lieux de sortie.

Comptablement, le dépôt de garantie n'est pas un produit : c'est une dette de la SCI envers le preneur, à porter au passif jusqu'à sa restitution ou son imputation. Les écritures exactes sont ici : écritures du dépôt de garantie. Une SCI qui l'enregistre en loyer affiche un résultat surévalué et cache une dette au bilan — c'est l'une des erreurs que je corrige le plus souvent en reprise de comptabilité.

3. Les charges, impôts et travaux — le régime Pinel ne s'applique pas

Disons-le sans détour, parce que c'est l'une des questions les plus mal traitées sur le sujet : l'inventaire précis et limitatif des charges de l'article L. 145-40-2 du code de commerce et des articles R. 145-35 à R. 145-37, issus de la loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014 et du décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014, ne s'applique pas au bail professionnel. Ces textes appartiennent au chapitre du code de commerce consacré aux baux commerciaux, auquel un bail professionnel n'est pas soumis. Il n'existe donc :

  • ni liste limitative des charges refacturables ;
  • ni interdiction de mettre à la charge du preneur les grosses réparations de l'article 606 du code civil ;
  • ni interdiction de lui refacturer les impôts dont le bailleur est légalement redevable ;
  • ni obligation d'inventaire annexé, ni état prévisionnel des travaux triennal, ni répartition des charges des locaux vacants entre les preneurs.

Cette liberté a un revers strictement symétrique : ce qui n'est pas écrit n'est pas dû. En l'absence de clause, le droit commun du louage s'applique : l'article 1719 du code civil met à la charge du bailleur l'entretien du bien en état de servir à l'usage prévu, l'article 1728, 1° impose au preneur d'user de la chose louée « raisonnablement, et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail » — la formule « en bon père de famille » a été supprimée de tous les codes par la loi n° 2014-873 du 4 août 2014, ne la recopiez plus dans vos clauses —, et la taxe foncière reste à la charge de son redevable légal, c'est-à-dire la SCI. Rédigez donc une clause poste par poste :

Poste Sans clause Ce qu'il faut écrire
Taxe foncièreSCIRefacturation intégrale ou au prorata des surfaces, avec envoi de l'avis
Taxe d'enlèvement des ordures ménagèresSCIRefacturable, à viser expressément (elle figure sur l'avis de taxe foncière)
Charges de copropriété courantesSCIRefacturation des charges de fonctionnement, appels et régularisation annuelle
Gros travaux (art. 606 C. civ.)SCIPeuvent être mis au preneur — mais cela se paie en loyer, arbitrez
Entretien courant, menues réparationsPreneur (art. 1754 C. civ.)Détailler pour éviter le débat sur la frontière
Mise aux normes d'accessibilitéDiscutéTrancher expressément : c'est un poste lourd en cabinet libéral
Honoraires de gestion locativeSCIRefacturables ici (interdits en bail commercial) — à viser
Fluides, télécom, nettoyageSelon compteursAbonnements au nom du preneur autant que possible

Les mécanismes d'appel, de provision et de régularisation ne changent pas d'un bail à l'autre. Refacturer les charges au locataire et charges locatives en SCI reprennent le traitement comptable et fiscal — dont cette règle que beaucoup ignorent : une charge refacturée est une recette imposable, au même titre que le loyer.

4. L'assurance

Le contrat doit imposer au preneur une assurance couvrant les risques locatifs et sa responsabilité civile professionnelle, avec remise annuelle de l'attestation — et prévoyez qui relance quand elle n'arrive pas. Côté SCI, une assurance propriétaire non occupant reste indispensable, ne serait-ce que pour couvrir les périodes de vacance : assurance PNO et GLI en SCI fait le tour de la question. Sachez enfin qu'il n'existe pas ici d'équivalent des garanties loyers impayés du logement : les assureurs proposent des produits dédiés, souvent conditionnés à un dossier locataire solide.

5. L'indexation

Reprenez le tableau du chapitre 3 : ILAT, indice de base identifié par trimestre et millésime, périodicité annuelle, clause à double sens, et sort de l'indice en cas de disparition ou de changement de base. Sans clause, le loyer reste figé pendant six ans, puis six autres après reconduction tacite. Douze ans sans indexation, c'est le scénario que l'on rencontre le plus souvent dans les baux professionnels anciens.

6. La sous-location et la cession du bail au successeur

C'est le point le plus sous-estimé du bail professionnel, et il devient central le jour où votre praticien vend sa patientèle.

Le texte

« Le preneur a le droit de sous-louer, et même de céder son bail à un autre, si cette faculté ne lui a pas été interdite. Elle peut être interdite pour le tout ou partie. Cette clause est toujours de rigueur. »

Article 1717 du code civil

Lisez bien le principe : la cession est libre par défaut. Sans clause, votre kinésithérapeute cède son bail au repreneur de son cabinet sans vous demander votre avis. Vous héritez d'un preneur que vous n'avez pas choisi et dont personne n'a regardé la solvabilité. Quant à la dernière phrase de l'article, « cette clause est toujours de rigueur », elle signifie seulement que l'interdiction, lorsqu'elle est stipulée, s'applique à la lettre.

Trois rédactions possibles, par ordre de rigueur croissante :

  • Cession libre au successeur dans la profession, avec information préalable de la SCI et communication du dossier du repreneur. C'est l'équilibre le plus courant : le praticien peut valoriser son cabinet, la SCI conserve un locataire du même profil.
  • Cession soumise à l'agrément préalable et écrit du bailleur, l'agrément ne pouvant être refusé sans motif légitime tiré de la solvabilité ou de la qualification du cessionnaire, avec garantie solidaire du cédant pendant une durée déterminée. C'est la clause que je recommande le plus souvent.
  • Interdiction pure et simple de céder et de sous-louer. Elle est licite, mais elle a un prix : elle rend le local nettement moins attractif pour un praticien qui construit un actif professionnel cessible, et se paie en loyer ou en durée de vacance.

Quelle que soit l'option retenue, prévoyez la forme de la cession (acte écrit, signification à la SCI ou intervention à l'acte), le sort du dépôt de garantie entre cédant et cessionnaire, et l'obligation de reprendre le bail dans toutes ses clauses, y compris la destination.

7. La clause résolutoire

Le bail professionnel ne connaît pas le mécanisme protecteur du commandement de payer de l'article L. 145-41 du code de commerce, ce qui laisse le droit commun s'appliquer : sans clause résolutoire, la SCI doit demander au juge la résolution du contrat pour manquement, avec l'aléa et les délais que cela suppose. Écrivez donc une clause résolutoire précise, visant les loyers, les charges, le dépôt de garantie, l'assurance et le respect de la destination, avec un délai de mise en demeure clairement chiffré et un mode de notification identifié. La marche à suivre le jour où elle sert est déroulée dans impayés de loyer en SCI.

8. L'état des lieux et la date certaine

L'état des lieux n'est pas obligatoire, contrairement au bail commercial (art. L. 145-40-1) et au bail dérogatoire (art. L. 145-5). Faites-le quand même, à l'entrée comme à la sortie : à défaut, l'article 1731 du code civil présume que le preneur a reçu les lieux en bon état de réparations locatives, et vous ne pourrez rien retenir sur le dépôt de garantie.

Quant à l'enregistrement du bail auprès du service des impôts, il n'est pas obligatoire, mais il donne date certaine. C'est utile pour l'application de l'article 1743 du code civil, qui oblige l'acquéreur de l'immeuble à respecter le bail en cours lorsqu'il a été fait par acte authentique ou a date certaine. Si la SCI envisage de vendre le local, ou si elle-même l'a acquis loué, la question mérite d'être posée avant, pas pendant. À croiser avec vendre un immeuble détenu en SCI.

Checklist du bail professionnel signé par une SCI

  • Identité complète des parties, pouvoirs du gérant, Kbis ou avis SIRENE du preneur
  • Désignation précise du local, surface, lot de copropriété, annexes et stationnement
  • Destination étroite, exclusion expresse de toute activité commerciale ou artisanale
  • Durée (six ans au moins), date de prise d'effet, date de terme, rappel des préavis
  • Loyer, périodicité, mode de paiement ; mention expresse de l'option TVA — obligatoire si le preneur n'est pas assujetti (art. 260, 2° CGI)
  • Clause d'indexation ILAT, indice de base daté, périodicité, double sens
  • Répartition des charges, impôts et travaux, poste par poste, avec régularisation annuelle
  • Dépôt de garantie : montant, retenues, délai de restitution
  • Assurances du preneur et attestation annuelle
  • Sous-location et cession : régime choisi, agrément, garantie solidaire du cédant
  • Clause résolutoire chiffrée, clause d'information sur tout changement d'activité
  • État des lieux d'entrée annexé ; enregistrement si une vente est envisagée
  • Si option pour le statut commercial : clause autonome visant l'art. L. 145-2, I, 7° et l'art. 57 A

7. Fiscalité du bail professionnel pour la SCI bailleresse

La nature du bail n'emporte par elle-même aucune conséquence fiscale : ce qui compte, c'est ce que la SCI loue et sous quel régime elle est imposée. Mais le bail professionnel pose une question que le bail d'habitation ne pose jamais — celle de la TVA. Et la réponse ne dépend ni de votre local ni de votre régime : elle dépend du métier de votre locataire.

SCI à l'IR : des revenus fonciers ordinaires

Louer un local nu à une profession libérale, c'est une location civile, point. Les loyers relèvent des revenus fonciers de l'article 14 du CGI, les recettes s'apprécient selon l'article 29, et les charges déductibles obéissent à la liste limitative de l'article 31 : intérêts d'emprunt, primes d'assurance, taxe foncière, dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration, frais de gestion, provisions pour charges de copropriété. Aucun amortissement du bâtiment. Et les frais de déplacement du gérant n'y figurent pas expressément : j'ai consacré un guide entier à ces frais de déplacement du gérant, dont la déductibilité reste franchement fragile à l'IR.

La SCI dépose une déclaration 2072 et répartit le résultat entre ses associés, qui le reportent sur leur 2044 puis leur 2042. Un déficit foncier né de travaux s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, hors intérêts d'emprunt — mécanisme décortiqué dans déficit foncier en SCI. Un mot sur les prélèvements sociaux : ceux des revenus fonciers restent à 17,2 %. Ne reprenez pas le taux des revenus mobiliers, qui a bougé en 2026 ; je démêle les deux dans prélèvements sociaux 2026.

SCI à l'IS : amortissement possible, plus-value professionnelle à la sortie

À l'IS, le local entre à l'actif et s'amortit par composants, ce qui neutralise souvent le résultat fiscal des premières années. La facture arrive à la revente : les amortissements pratiqués sont réintégrés dans la plus-value professionnelle, sans le moindre abattement pour durée de détention. C'est l'arbitrage classique, que je compare chiffres en main dans SCI à l'IR ou à l'IS et amortissement en SCI. Règle de pouce : un local bien situé, lourdement travaillé et destiné à être gardé vingt ans penche vers l'IS ; un local qu'on revendra dans dix ans, presque jamais.

Le point de vigilance : ne louez pas un local équipé. Louer les murs nus d'un cabinet est une activité civile. Livrer le local avec le matériel d'exploitation (plateau technique, fauteuil dentaire, appareillage d'imagerie, mobilier spécifique) ou fournir des services comme le secrétariat, l'accueil ou la stérilisation fait basculer l'activité dans le champ commercial et déclenche l'IS de plein droit par l'article 206, 2 du CGI, sous réserve de la tolérance administrative de 10 % de recettes commerciales accessoires (BOI-IS-CHAMP-10-30). Si les praticiens veulent des équipements, logez-les dans une structure distincte, typiquement une SCM, et laissez la SCI ne facturer que les murs. C'est plus propre et ça se défend en contrôle.

TVA : la question centrale du bail professionnel

Point de départ : la location d'un local nu est exonérée de TVA de plein droit par l'article 261 D 2° du CGI. L'article 260, 2° du CGI ouvre une option lorsque les locaux nus sont destinés à une activité professionnelle. Ses modalités figurent aux articles 193 à 195 de l'annexe II au CGI ; c'est l'article 194 qui en règle la prise d'effet et la dénonciation (l'article 195 ne traite que des obligations déclaratives). L'option prend effet le premier jour du mois au cours duquel elle est formulée auprès du service des impôts, et ne peut être dénoncée qu'à compter du 1er janvier de la neuvième année civile suivant celle de son exercice. Traduisez : selon le mois où vous l'exercez, vous vous engagez pour huit ans et un mois à neuf ans. Et si vous avez déduit la TVA de travaux immobilisés, ce n'est pas le seul horizon à regarder : celle-ci ne vous est définitivement acquise qu'au terme du délai de régularisation de vingt ans de l'article 207 de l'annexe II au CGI. Le mode d'emploi complet est dans lever l'option TVA en SCI ; le panorama général, dans SCI et TVA.

Deux précisions que beaucoup d'articles ratent, et qui pèsent lourd en bail professionnel.

  • L'option se prend désormais local par local. La doctrine administrative considérait qu'une option exercée sur un immeuble couvrait obligatoirement tous les locaux que le bailleur y détient. Le Conseil d'État a jugé le contraire le 9 septembre 2020 (n° 439143) : l'option portant sur un local nu à usage professionnel n'a pas pour effet de soumettre à la TVA les autres locaux du même immeuble. L'administration s'est ralliée à cette solution (réponse ministérielle Grau, JOAN du 16 novembre 2021, question n° 38389), à condition que la déclaration d'option désigne de manière expresse, précise et non équivoque les locaux concernés. Pour un immeuble mêlant un cabinet et des logements, c'est décisif.
  • Face à un preneur non assujetti, l'option exige une mention dans le bail. Lorsque le preneur n'est pas assujetti à la TVA, ce qui est précisément le cas du médecin ou du kinésithérapeute, l'article 260, 2° du CGI ne permet l'option que si le bail fait mention de l'option par le bailleur. Une option formulée auprès du service des impôts sans clause correspondante dans le contrat est inopposable : vous facturez une TVA que vous n'aviez pas le droit de facturer, et votre droit à déduction est fragilisé.

L'intérêt de l'option est bien connu : elle permet de déduire la TVA supportée sur l'acquisition, les travaux d'aménagement, les honoraires et les charges. Sur un chantier de cloisonnement, de plomberie et de mise aux normes à 60 000 € HT, ce sont 12 000 € récupérés. Elle fait aussi sortir le local du champ de la CRL, mais seulement pour les SCI qui y sont redevables, c'est-à-dire, en pratique, celles qui relèvent de l'IS (voir plus bas).

Son coût, en revanche, dépend entièrement de votre locataire. C'est là que le bail professionnel se sépare radicalement du bail commercial.

Le piège du locataire médical : l'article 261, 4, 1° du CGI

Les soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées sont exonérés de TVA par l'article 261, 4, 1° du CGI. Un médecin, un chirurgien-dentiste, une sage-femme, un kinésithérapeute, un infirmier, un orthophoniste : tous facturent hors TVA et, corrélativement, ne récupèrent aucune TVA d'amont. Les 20 % que vous ajouteriez à leur loyer seraient pour eux un coût sec, définitif, qu'ils intégreront évidemment à leur budget d'installation et vous répercuteront en négociant le loyer hors taxes à la baisse.

À l'inverse, un avocat, un expert-comptable, un architecte, un consultant, un formateur ou un développeur sont assujettis et récupèrent la TVA sur leur loyer : pour eux, l'option est neutre en trésorerie.

Locataire Situation TVA Récupère la TVA du loyer ? Option TVA de la SCI
Médecin, dentiste, sage-femmeExonéré (art. 261, 4, 1° CGI)NonDéconseillée
Kinésithérapeute, infirmier, orthophonisteExonéré (art. 261, 4, 1° CGI)NonDéconseillée
Avocat, notaireAssujettiOuiPertinente si travaux ou acquisition taxée
Expert-comptable, architecte, géomètreAssujettiOuiPertinente
Consultant, formateur, développeurAssujetti (sauf franchise en base)Oui, sauf s'il est en franchiseÀ vérifier avec lui avant de signer
Psychologue, psychomotricienSouvent exonéré ou en franchiseGénéralement nonDéconseillée
SCM regroupant plusieurs praticiensDépend de l'activité des membresÀ examiner cas par casPrudence : le preneur est la SCM

La règle d'or : demandez à votre futur locataire, avant de signer et avant d'opter, s'il récupère la TVA. Une option prise face à un praticien exonéré vous engage huit à neuf ans, et sa dénonciation — même à la première date légalement possible — déclenche la régularisation par vingtièmes de l'article 207 de l'annexe II au CGI sur la TVA déduite lors de l'acquisition ou des travaux : le délai est de vingt ans, de sorte qu'une sortie à neuf ans fait reverser onze vingtièmes de la TVA récupérée. Si le local doit accueillir successivement des profils différents, ce point doit être arbitré à l'achat, pas au premier bail. Si vous n'avez pas opté et que vos loyers restent exonérés, vérifiez également votre situation au regard de la franchise en base pour vos éventuelles autres recettes.

Un dernier point technique, souvent oublié dans les immeubles mixtes : si la SCI encaisse à la fois des loyers soumis à la TVA (le cabinet, avec option) et des loyers exonérés (les logements du dessus), son droit à déduction est réduit par un coefficient de taxation. Le prorata de TVA en SCI pose le calcul, et la déclaration de TVA les obligations qui suivent.

CFE, taxe foncière et CRL

La CFE. L'article 1447, I du CGI répute exercée à titre professionnel l'activité de location d'immeubles nus à usage autre que l'habitation, ce qui vise très exactement notre local professionnel. Mais le même texte n'assujettit le bailleur que si ses recettes brutes hors taxes atteignent 100 000 € au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A du CGI, montant ajusté prorata temporis si la période ne couvre pas douze mois. Une SCI qui encaisse 15 000, 40 000 ou 80 000 € de loyers professionnels n'est donc pas redevable. Le locataire, lui, l'est au titre du local qu'il occupe au 1er janvier. Les cas limites et la déclaration 1447-C sont traités dans CFE et SCI.

La taxe foncière. Elle est due par la SCI, propriétaire au 1er janvier, et n'est refacturable au preneur que si le bail le prévoit ; reportez-vous au tableau du chapitre 6, et à taxe foncière en SCI. Une subtilité à connaître : refacturée, elle devient une recette imposable tout en restant déductible. Neutre en résultat, donc, mais elle gonfle vos produits. Et ce sont vos produits qu'on regarde pour le seuil de CFE.

La CRL, et pourquoi elle ne concerne probablement pas votre SCI. La contribution annuelle sur les revenus locatifs des articles 234 nonies à 234 quindecies du CGI frappe, au taux de 2,5 % (art. 234 quindecies), les revenus tirés de la location de locaux situés dans des immeubles achevés depuis au moins quinze ans au 1er janvier de l'année d'imposition. Mais depuis 2006, elle n'est plus due que par les bailleurs personnes morales visés aux articles 234 duodecies à 234 quaterdecies : personnes morales et organismes passibles de l'impôt sur les sociétés, organismes sans but lucratif, et sociétés de personnes dont l'un au moins des associés est une personne morale passible de l'IS. Une SCI relevant de l'article 8 du CGI dont tous les associés sont des personnes physiques n'en est pas redevable. C'est le cas le plus courant, et j'ai vu plus d'une SCI provisionner une CRL qu'elle ne devait pas. Une SCI à l'IS, en revanche, ou une SCI à l'IR détenue en partie par une société soumise à l'IS, l'est bel et bien.

Lorsqu'elle est due, deux exonérations comptent ici : les revenus n'excédant pas 1 830 € par local sur la période (art. 234 nonies, III, 1°), et surtout les locations donnant lieu au paiement effectif de la TVA (art. 234 nonies, III, 2°) — l'option de l'article 260, 2° fait donc sortir le local du champ. Vérifiez votre situation avant d'inscrire quoi que ce soit dans vos charges : la CRL et la SCI reprend le périmètre exact des redevables.

Comptabilité : trois écritures qui doivent être justes

  • Le loyer se rattache à la période qu'il couvre, et non à la date d'encaissement dès lors que la SCI est à l'IS. D'où l'importance des produits à recevoir et des produits constatés d'avance en fin d'exercice. Voyez nos écritures de loyers.
  • Le dépôt de garantie va au passif, jamais en produit, et son imputation éventuelle sur des impayés doit être tracée.
  • Les charges refacturées constituent une recette et non une simple avance : elles doivent apparaître dans les produits, la charge correspondante restant déductible.

Rien de sorcier, mais tout se joue sur une comptabilité tenue correctement dès la première année. Comptabilité SCI récapitule les obligations en IR comme en IS ; quittance de loyer en SCI, les bonnes pratiques d'édition.


8. Cas chiffré : un cabinet de 90 m², avec ou sans option TVA

Prenons une opération réaliste et déroulons-la jusqu'au résultat net, en faisant varier le seul paramètre qui change tout : la qualité TVA du locataire.

Les données de départ

  • SCI à l'IR, deux associés personnes physiques, TMI de 30 %, prélèvements sociaux de 17,2 % sur les revenus fonciers.
  • Local de 90 m² en rez-de-chaussée, immeuble achevé en 1992. La SCI n'étant pas passible de l'IS et n'ayant aucun associé personne morale, elle n'est pas redevable de la CRL : aucune ligne à ce titre.
  • Prix d'acquisition : 270 000 € frais d'acte inclus ; emprunt de 200 000 € sur 20 ans.
  • Travaux d'aménagement du cabinet : 60 000 € HT, soit 12 000 € de TVA.
  • Loyer de marché : 1 250 € par mois hors taxes et hors charges, soit 15 000 € par an.
  • Taxe foncière 2 350 €, refacturée au preneur (le bail le prévoit).
  • Bail professionnel de six ans, indexé sur l'ILAT.

Étape 1 — Le résultat foncier annuel, hors TVA

Poste Montant annuel
Loyers encaissés+ 15 000 €
Taxe foncière refacturée (recette)+ 2 350 €
Total des recettes17 350 €
Intérêts d'emprunt (année 5)− 6 350 €
Taxe foncière (charge)− 2 350 €
Assurance propriétaire non occupant− 420 €
Entretien courant et petites réparations− 600 €
Comptabilité et gestion (sci-ai.app, offre Autonomie)− 229 €
Frais de gestion forfaitaires (20 € par local, art. 31, I, 1°, e du CGI)− 20 €
Résultat foncier imposable7 381 €
Impôt sur le revenu (TMI 30 %)− 2 214 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)− 1 270 €
Revenu net après impôt3 897 €

Simulation à titre pédagogique. La CSG déductible de l'année suivante et le remboursement du capital emprunté, non déductible, ne sont pas intégrés à ce tableau. Aucune CRL n'est décomptée ici : la SCI, translucide et détenue par deux personnes physiques, n'en est pas redevable. Une SCI à l'IS devrait en revanche l'ajouter : 2,5 % des recettes nettes au sens de l'article 29 du CGI, qui comprennent les dépenses incombant normalement au propriétaire et mises par convention à la charge du locataire — donc la taxe foncière refacturée. Base 17 350 €, soit 434 € par an.

Étape 2 — Faut-il opter pour la TVA ? Deux locataires, deux réponses

La SCI a engagé 60 000 € HT de travaux, soit 12 000 € de TVA déductible si elle opte. L'option ne peut être dénoncée qu'à compter du 1er janvier de la neuvième année civile suivant celle de son exercice (art. 194 de l'annexe II au CGI) : l'engagement va donc, selon le mois où l'option est formulée, de huit ans et un mois à neuf ans. Comparons deux scénarios sur cet horizon, avant impôt — nous fiscaliserons ensuite.

Sur 9 ans, avant impôt Scénario A — locataire avocat (assujetti) Scénario B — locataire kiné (exonéré)
Loyer facturé1 250 € HT + 250 € TVA = 1 500 € TTC1 250 € HT + 250 € TVA = 1 500 € TTC
Coût réel pour le preneur1 250 € (il récupère la TVA)1 500 € (TVA non récupérable)
Réaction prévisible à la négociationAucune : l'option lui est indifférenteIl négocie un loyer HT de 1 042 € pour rester à 1 250 € de coût
Loyer HT effectivement encaissé15 000 €/an12 500 €/an, soit − 2 500 €
TVA récupérée sur les travaux+ 12 000 € (une fois)+ 12 000 € (une fois)
CRL économisée (location soumise à TVA)Sans objet : SCI à l'IR entre personnes physiques, non redevableSans objet
Perte de loyer cumulée sur 9 ans (avant impôt)0 €− 22 500 €
Coût de gestion (CA3, obligations déclaratives) : 400 €/an− 3 600 €− 3 600 €
Solde de l'option sur 9 ans, avant impôt+ 8 400 €− 14 100 €
Solde après impôt (coût marginal 47,2 %)+ 10 100 €− 1 800 €
Si l'option est dénoncée à la première date utile (reversement de 11/20es)+ 3 500 €− 8 400 €

Lecture. Face à un avocat, l'option est une évidence : elle rapporte 8 400 € avant impôt sur neuf ans sans rien coûter au locataire. Face à un kinésithérapeute, elle détruit de la valeur : les 12 000 € de TVA récupérée ne compensent pas les 22 500 € de loyer que le preneur vous reprend à la négociation, parce qu'il paie la TVA sans jamais la récupérer.

Deux retraitements que la plupart des simulations oublient, et qui changent l'ordre de grandeur sans changer la conclusion.

  • Fiscalisez la perte de loyer. La créance de TVA est du cash pur, non imposable ; le loyer non encaissé, lui, ne coûte aux associés que son montant net d'impôt. Au coût marginal posé à l'étape 1 (TMI 30 % + PS 17,2 % = 47,2 %), 2 500 € de loyer perdu ne pèsent que 1 320 € par an, soit 11 880 € sur neuf ans, et les 3 600 € de frais de gestion ne pèsent que 1 901 €. Le scénario B revient donc à environ − 1 800 € après impôt : quasi neutre, et non « 11 000 € perdus ». Le scénario A, lui, s'améliore à environ + 10 100 €.
  • N'oubliez pas que la TVA des travaux n'est acquise qu'au bout de vingt ans. Le délai de régularisation des immeubles immobilisés est de vingt années, pas de neuf (art. 207, II et III de l'annexe II au CGI). Dénoncer l'option à la première date légalement possible fait cesser l'affectation à des opérations taxées et déclenche le reversement des vingtièmes restants : 12 000 × 11/20 = 6 600 €, en une fois ou par cinquièmes selon le cas. Autrement dit, l'engagement réel de l'option porte sur vingt ans pour la TVA des travaux, et seulement neuf pour l'option elle-même.

Notez enfin que, dans le scénario B, l'option ne serait même possible qu'à la condition que le bail mentionne expressément l'option du bailleur, comme l'exige l'article 260, 2° du CGI face à un preneur non assujetti. Et si la SCI était à l'IS, il faudrait ajouter aux deux colonnes l'économie de CRL : son assiette n'est pas le seul loyer mais les recettes nettes de l'article 29 du CGI, taxe foncière refacturée comprise, soit 17 350 € × 2,5 % = 434 € par an, environ 3 900 € sur neuf ans dans le scénario A. Cela renforce l'option sans renverser la conclusion du scénario B.

Et si vous ne négociez pas à la baisse ? Vous ne signez pas : à 1 500 € TTC pour 90 m², votre cabinet se loue moins vite et moins bien qu'un local voisin non optionné à 1 250 €. La vacance locative coûtera plus cher que la TVA récupérée.

Étape 3 — Ce qui n'apparaît dans aucun tableau : le risque de départ

Reprenons le scénario A, le plus favorable. La SCI encaisse 15 000 € de loyers pour une annuité d'emprunt d'environ 14 000 €. Le montage tient — tant que le local est loué.

Au dix-huitième mois, l'avocat notifie son départ par recommandé : il rejoint une structure plus grande. Six mois plus tard, il rend les clés, en parfaite conformité avec l'article 57 A. La SCI se retrouve avec un local aménagé en cabinet, à relouer sur un marché étroit. Comptez trois à neuf mois de commercialisation pour un local professionnel spécifique en ville moyenne, plus d'éventuels travaux de reconfiguration si le repreneur exerce une autre profession.

Conséquence d'un départ au 24e mois Impact
Vacance de 6 mois (loyer)− 7 500 €
Annuité d'emprunt à servir pendant la vacance− 7 000 € à financer
Taxe foncière non refacturée pendant la vacance− 1 175 €
Remise en état et reconfiguration− 4 000 € à 15 000 €
Coût du départ, hors reconfiguration lourde≈ 12 700 €

Ce chiffre est le vrai prix du bail professionnel, et il n'apparaît dans aucune plaquette. Il commande trois décisions très concrètes. Constituer, dès la signature, une réserve de trésorerie d'au moins six mois d'annuité (le calcul est posé dans cash-flow en SCI). Préférer un local reconfigurable à un plateau technique taillé sur mesure. Et regarder sérieusement l'option de l'article L. 145-2, I, 7° dès que l'investissement d'adaptation devient lourd.


9. Bail professionnel : les cinq erreurs qui coûtent le plus cher

Les cinq points qui suivent reviennent dans presque tous les dossiers de bail professionnel que je relis. Aucun ne relève d'une subtilité juridique : ce sont des oublis de rédaction, et chacun se corrige en une phrase le jour de la signature — jamais après.

Erreur 1 : partir d'un modèle de bail commercial

C'est l'erreur fondatrice, celle qui contamine tout le reste. Un modèle de 3-6-9 recopié pour un cabinet de kinésithérapie produit un contrat truffé de renvois aux articles L. 145-4, L. 145-38 et L. 145-41 du code de commerce, qui ne s'appliquent pas, mais qui, mal accompagnés, alimenteront le débat sur une éventuelle adoption conventionnelle du statut. À l'inverse, il vous laisse sans les clauses dont vous avez réellement besoin : refacturation des charges poste par poste, agrément de la cession, clause résolutoire. Vous héritez des inconvénients des deux régimes sans les avantages d'aucun.

Le bon réflexe : partir d'un modèle spécifiquement rédigé pour l'article 57 A, en visant ce texte dans le préambule, et en écartant expressément le statut des baux commerciaux si vous ne voulez pas l'option. Notre modèle de bail pour SCI et qui signe le bail couvrent la mécanique de signature côté société.

Erreur 2 : indexer sur un indice inadapté — ou ne pas indexer du tout

Deux versions du même problème. La première : reprendre l'ICC ou l'ILC parce que le modèle les mentionnait. L'ICC pose une question de lien direct au sens de l'article L. 112-2 du code monétaire et financier ; l'ILC vise des activités commerciales et artisanales que votre preneur libéral n'exerce pas. L'indice à retenir est l'ILAT, institué par le décret n° 2011-2028 du 29 décembre 2011 précisément pour les activités tertiaires autres que commerciales et artisanales.

La seconde version, plus fréquente encore : ne rien écrire. Comme il n'existe aucune révision légale en bail professionnel, l'absence de clause fige le loyer pour six ans, puis pour six ans de plus après reconduction tacite. Sur douze ans, avec une inflation même modérée, la perte de pouvoir d'achat locatif dépasse largement le coût d'une relecture par un professionnel.

Erreur 3 : opter pour la TVA face à un locataire non assujetti

Le chapitre 8 le chiffre : environ 14 100 € de valeur détruite avant impôt sur neuf ans dans notre exemple, un peu moins de 1 800 € une fois fiscalisée la perte de loyer, et jusqu'à 8 400 € si la SCI dénonce l'option à la première date utile et doit reverser les onze vingtièmes restants de la TVA des travaux. Le résultat est plus lourd sur un loyer plus élevé. L'erreur vient presque toujours du même endroit : on a raisonné sur la TVA récupérable des travaux, sans vérifier que le futur preneur, exonéré par l'article 261, 4, 1° du CGI, ne récupérerait jamais celle du loyer.

Rappelez-vous trois choses. L'option vous engage jusqu'au 1er janvier de la neuvième année civile suivant celle de son exercice, soit huit ans et un mois à neuf ans selon le mois où vous l'exercez (art. 194 de l'annexe II au CGI). Sa dénonciation, même à cette première date utile, déclenche une régularisation par vingtièmes au titre de l'article 207 de l'annexe II au CGI : la TVA des travaux immobilisés n'est définitivement acquise qu'au bout de vingt ans. Et face à un preneur non assujetti, l'option n'est valable que si le bail lui-même en fait mention (art. 260, 2° du CGI) : la clause doit être écrite dès la signature, pas ajoutée après coup. Posez la question au locataire avant de signer, par écrit, et conservez sa réponse.

Erreur 4 : oublier l'écrit — ou l'écrire trop tard

L'article 57 A exige un écrit dès son premier alinéa. Mais dans la vraie vie, ce qu'on rencontre, ce sont des situations bâtardes : un praticien entre dans les lieux en juin sur la base d'un accord verbal, le bail est signé en octobre, avec une date d'effet rétroactive et un état des lieux jamais réalisé. Quatre mois plus tard, il y a un dégât des eaux, et personne ne sait dans quel état le local a été remis.

Signez avant la remise des clés, annexez l'état des lieux d'entrée, et faites-le contradictoirement. L'article 1731 du code civil est sans pitié : à défaut d'état des lieux, le preneur est présumé avoir reçu la chose en bon état de réparations locatives, et c'est à vous de prouver le contraire.

Erreur 5 : ne rien prévoir sur la cession au successeur

C'est l'erreur la plus spécifique au bail professionnel, et la plus contre-intuitive. Parce que l'article 1717 du code civil autorise la cession par défaut, le silence du bail vaut autorisation. Le jour où votre médecin part à la retraite et vend sa patientèle, il transmet le bail au repreneur sans que vous ayez votre mot à dire. Un jeune praticien sans antériorité, peut-être installé en société, peut-être exerçant une profession voisine mais différente. Et vous n'aurez pas regardé un seul chiffre de son dossier.

Cinq lignes suffisent. La clause d'agrément avec garantie solidaire du cédant, décrite au chapitre 6, vaut plusieurs années de loyer pour dix minutes de rédaction. Meilleur rapport effort / risque évité de tout le contrat, sans hésiter.

Bonus — l'erreur de gestion

Laisser passer la fenêtre de préavis de six mois. Contrairement au bail commercial où la tacite prolongation laisse le bail à durée indéterminée et permet de donner congé plus tard, la tacite reconduction du bail professionnel vous relance pour six ans fermes. Une échéance manquée en 2026 vous engage jusqu'en 2032.


10. FAQ — Bail professionnel en SCI

Six situations qui reviennent en boucle dans les questions que je reçois sur le bail professionnel. Les seize questions les plus fréquentes sont reprises en fin de page.

Peut-on signer un bail professionnel de trois ans ?

Non. L'article 57 A fixe une durée « au moins égale à six ans » : une clause de durée inférieure est irrégulière et le preneur pourra se prévaloir de la durée légale. Si vous cherchez un engagement court sur un local destiné à un professionnel libéral, sachez que le bail dérogatoire de l'article L. 145-5 du code de commerce n'est pas la solution non plus, puisqu'il s'inscrit dans le statut des baux commerciaux dont il déroge. La voie praticable, lorsqu'une circonstance objective le justifie, est la convention d'occupation précaire — mais elle ne se choisit pas librement.

Mon locataire est parti au bout de dix-huit mois : puis-je lui réclamer quelque chose ?

Uniquement s'il n'a pas respecté le préavis de six mois ou s'il laisse des impayés ou des dégradations. La faculté de départ « à tout moment » du quatrième alinéa de l'article 57 A ne se paie d'aucune indemnité, et une clause qui en prévoirait une serait très probablement écartée. C'est la contrepartie assumée du régime : vous congédiez sans indemnité d'éviction, il part sans indemnité de rupture. Ce risque se gère en amont : réserve de trésorerie, local reconfigurable, ou option pour le statut commercial.

Puis-je refacturer la taxe foncière à mon locataire libéral ?

Oui, et avec plus de liberté qu'en bail commercial, puisque l'inventaire limitatif des charges de l'article L. 145-40-2 et des articles R. 145-35 à R. 145-37 du code de commerce ne s'applique pas ici. Mais cette liberté suppose une clause : sans stipulation expresse, la taxe foncière reste à la charge de la SCI, redevable légale. Prévoyez le poste, la clé de répartition si l'immeuble comporte plusieurs lots, le mode d'appel et l'envoi de l'avis d'imposition au preneur. Notez que la taxe refacturée devient une recette imposable, la charge restant déductible.

Mon locataire veut vendre son cabinet : puis-je m'opposer à la cession du bail ?

Seulement si le bail le prévoit. L'article 1717 du code civil autorise le preneur à céder son bail « si cette faculté ne lui a pas été interdite » : le silence du contrat vaut donc autorisation. Si votre bail comporte une clause d'agrément, vous pouvez examiner le dossier du repreneur et refuser pour un motif légitime tiré de sa solvabilité ou de sa qualification — un refus arbitraire vous exposerait, lui, à une action en responsabilité. La meilleure rédaction reste l'agrément non discrétionnaire assorti d'une garantie solidaire du cédant.

Mon cabinet médical devient un centre de soins avec vente de produits : que se passe-t-il ?

Le risque est celui d'une requalification en bail commercial, avec droit au renouvellement et indemnité d'éviction à la clé. La vente de marchandises au public est un acte de commerce ; si elle cesse d'être accessoire et que le preneur s'immatricule au registre du commerce et des sociétés, le local peut relever du statut des articles L. 145-1 et suivants. D'où l'importance d'une clause de destination étroite excluant expressément toute activité commerciale, et d'une clause d'information obligeant le preneur à signaler toute modification de son activité ou de son immatriculation.

J'ai oublié de donner congé six mois avant l'échéance : que puis-je faire ?

Pas grand-chose, et c'est ce qui rend cette échéance si importante. La tacite reconduction du deuxième alinéa de l'article 57 A relance le contrat pour la même durée, soit six ans en général, et non pour une durée indéterminée comme en bail commercial. Il vous reste la négociation amiable d'une résiliation anticipée, éventuellement contre indemnité, et la résiliation judiciaire ou par jeu de la clause résolutoire en cas de manquement du preneur. La prochaine fenêtre utile est six mois avant le nouveau terme : inscrivez-la immédiatement dans votre calendrier de gestion.

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FAQ

Bail professionnel en SCI : les 16 questions fréquentes

Six ans. L'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 dispose que « le contrat de location d'un local affecté à un usage exclusivement professionnel est conclu pour une durée au moins égale à six ans ». C'est un plancher, pas un plafond : rien n'interdit de signer pour neuf ou douze ans. En revanche, un bail professionnel de trois ans est irrégulier et le preneur pourra se prévaloir de la durée légale. Le même alinéa impose que le contrat soit établi par écrit.
Oui, et c'est l'un des rares formalismes que le texte impose expressément : « Il est établi par écrit », dit le premier alinéa de l'article 57 A. Un accord verbal n'est pas nul pour autant : il devient un bail de droit commun soumis aux articles 1709 et suivants du code civil. Mais la SCI perd toute preuve de la durée, de la destination, de l'indexation et de la répartition des charges. Et comme rien n'est écrit, rien n'est dû par le locataire au-delà du loyer nu.
Oui, à tout moment, et vous ne pouvez rien y faire. Le quatrième alinéa de l'article 57 A prévoit que « le locataire peut, à tout moment, notifier au bailleur son intention de quitter les locaux en respectant un délai de préavis de six mois ». La Cour de cassation qualifie les dispositions de l'article 57 A de dispositions d'ordre public (3e civ., 20 octobre 2016, n° 15-20.285) : une clause qui supprimerait cette faculté, la conditionnerait à une indemnité ou allongerait le préavis est donc très fragile. C'est la principale faiblesse du bail professionnel pour une SCI bailleresse, et elle doit être intégrée au plan de trésorerie dès l'acquisition.
Uniquement à l'échéance, et en s'y prenant au moins six mois à l'avance. Le troisième alinéa de l'article 57 A prévoit que « chaque partie peut notifier à l'autre son intention de ne pas renouveler le contrat à l'expiration de celui-ci en respectant un délai de préavis de six mois ». Six mois est un préavis minimum : un congé notifié plus tôt reste valable, seule la notification tardive est inopérante. Aucun motif n'est exigé — pas de reprise à justifier, pas de faute à établir — mais l'échéance ne pardonne pas : passée la date, le contrat est tacitement reconduit pour six nouvelles années. La notification se fait par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par acte de commissaire de justice.
Non, et c'est la différence la plus lourde de conséquences avec le bail commercial. L'indemnité d'éviction est organisée par l'article L. 145-14 du code de commerce, qui appartient au chapitre consacré au statut des baux commerciaux — un chapitre qui ne s'applique pas au bail professionnel. Un praticien congédié à l'échéance part sans indemnité, quelle que soit l'ancienneté de son cabinet et la patientèle qu'il y a construite. C'est précisément ce que l'option de l'article L. 145-2, I, 7° du code de commerce permet de renverser, si les parties le veulent.
Oui, dès lors que le local est affecté à un usage exclusivement professionnel et que l'activité n'est ni commerciale, ni artisanale, ni industrielle. Médecins, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, infirmiers, sages-femmes, orthophonistes, psychologues, ostéopathes : tous exercent une activité civile et entrent dans le champ de l'article 57 A. Attention en revanche à la fiscalité : les soins qu'ils dispensent sont exonérés de TVA par l'article 261, 4, 1° du CGI, ce qui rend l'option pour la TVA sur le loyer économiquement pénalisante pour eux.
Oui. L'article 57 A ne distingue pas selon que le preneur est une personne physique ou une personne morale : il vise le local et son affectation, pas la qualité du locataire. La Cour de cassation admet le bénéfice du bail professionnel aux personnes morales exerçant dans les lieux une activité de nature civile : sociétés d'exercice libéral, sociétés civiles professionnelles, sociétés civiles de moyens, et même certaines associations et mutuelles. Le caractère lucratif ou non de l'activité est indifférent ; ce qui compte, c'est qu'elle ne soit pas commerciale.
Oui, par l'article L. 145-2, I, 7° du code de commerce, qui étend le statut, « par dérogation à l'article 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 », aux baux d'un local affecté à un usage exclusivement professionnel « si les parties ont conventionnellement adopté ce régime ». Attention à la référence : c'est bien le I, 7°, et non le II de l'article L. 145-2, que beaucoup d'articles en ligne citent à tort — le II vise les autorisations d'occupation précaire accordées par l'administration. Et la renonciation doit être claire et non équivoque : la Cour de cassation a jugé le 20 octobre 2016 (3e civ., n° 15-20.285) que la qualification de « bail commercial », la mention du bénéfice de la propriété commerciale et le renvoi aux règles du code de commerce ne suffisaient pas.
En pratique, non. Une fois le statut adopté, le preneur acquiert un droit au renouvellement et une vocation à l'indemnité d'éviction de l'article L. 145-14 : ce sont des droits auxquels il ne peut pas renoncer par avance. Un avenant qui prétendrait replacer le bail sous l'article 57 A en cours d'exécution se heurterait à cette impossibilité. Pour la SCI, l'option est donc une décision patrimoniale à horizon long, qui pèse sur la valeur de revente du local : signez-la en connaissance de cause, jamais par recopie d'un modèle trouvé en ligne.
Sur celui que vous choisissez, puisque la révision triennale légale de l'article L. 145-38 du code de commerce ne s'applique pas et que le plafonnement de l'article L. 145-34 non plus. L'indexation résulte donc d'une clause du contrat, encadrée par les articles L. 112-1 et L. 112-2 du code monétaire et financier, qui exigent un indice en relation directe avec l'objet de la convention ou l'activité des parties. L'ILAT, institué par le décret n° 2011-2028 du 29 décembre 2011 et publié trimestriellement par l'INSEE, couvre les activités tertiaires autres que commerciales et artisanales : c'est l'indice à retenir. L'indice du coût de la construction, encore présent dans beaucoup de vieux modèles, est à proscrire.
Non, et c'est une bonne nouvelle pour la SCI — à condition de rédiger. L'inventaire précis et limitatif des charges de l'article L. 145-40-2 du code de commerce et des articles R. 145-35 à R. 145-37, issus de la loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014 et du décret n° 2014-1317 du 3 novembre 2014, appartient au statut des baux commerciaux : il ne concerne pas le bail professionnel. La répartition des charges, impôts et travaux relève ici de la liberté contractuelle. En contrepartie, tout ce qui n'est pas écrit reste à la charge du bailleur : sans clause, la taxe foncière ne se refacture pas.
Oui par défaut, ce qui surprend beaucoup de bailleurs. L'article 1717 du code civil pose que le preneur a le droit de sous-louer et même de céder son bail à un autre, « si cette faculté ne lui a pas été interdite ». Autrement dit, en l'absence de clause, un praticien qui vend sa patientèle transmet le bail au repreneur sans votre accord. Si vous voulez garder la main, il faut une clause expresse : interdiction pure et simple, ou cession subordonnée à votre agrément. En pratique, la solution équilibrée consiste à autoriser la cession au seul successeur exerçant la même profession, avec garantie solidaire du cédant.
Aucun texte ne le plafonne, contrairement au bail d'habitation où la loi du 6 juillet 1989 le limite à un mois de loyer hors charges pour un logement nu. En bail professionnel, la pratique se situe entre un et trois mois de loyer hors charges, parfois davantage lorsque le preneur est une structure jeune. Précisez dans le contrat le montant, l'existence ou non d'intérêts, les cas de retenue et le délai de restitution après état des lieux de sortie : rien de tout cela n'est réglé par la loi. Comptablement, le dépôt est une dette de la SCI, jamais un produit.
Cela dépend entièrement de la situation de votre locataire au regard de la TVA. La location d'un local nu est exonérée de plein droit par l'article 261 D 2° du CGI, avec une option ouverte par l'article 260, 2° du CGI. L'option est intéressante face à un avocat, un expert-comptable, un architecte ou un consultant, qui récupèrent la TVA sur leur loyer : elle vous permet de déduire la TVA sur les travaux et l'acquisition sans rien coûter au preneur. Elle est en revanche pénalisante face à un médecin ou un kinésithérapeute, dont les soins sont exonérés par l'article 261, 4, 1° du CGI : les 20 % deviennent pour lui un coût sec, qu'il vous répercutera en négociant un loyer plus bas. Face à un preneur non assujetti, l'option suppose en outre que le bail en fasse expressément mention (art. 260, 2° du CGI).
Le plus souvent non. L'article 1447, I du CGI répute exercée à titre professionnel la location d'immeubles nus à usage autre que l'habitation, mais n'assujettit le bailleur que si ses recettes brutes atteignent 100 000 € hors taxes au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A du CGI. Une SCI qui encaisse 15 000 ou 40 000 € de loyers professionnels n'est donc pas redevable. Le locataire, lui, est redevable de la CFE au titre du local qu'il occupe au 1er janvier.
Pas en raison du contrat lui-même. Un local nu loué à une profession libérale reste une location civile, imposée en revenus fonciers au titre de l'article 14 du CGI. Le basculement de l'article 206, 2 du CGI se déclenche si la SCI livre un local équipé du matériel d'exploitation (plateau technique, fauteuil dentaire, appareillage d'imagerie) ou fournit des services qui rendent l'activité commerciale, sous réserve de la tolérance administrative de 10 % de recettes commerciales accessoires. Louer les murs nus d'un cabinet médical, en revanche, ne pose aucune difficulté.