Prélèvements sociaux 2026 : ce que paient vraiment les SCI
« La SCI, c'est 17,2 % de prélèvements sociaux. » Cette phrase était vraie jusqu'en 2025. Elle ne l'est plus qu'une fois sur deux. Une société civile immobilière (SCI) ne verse elle-même aucun prélèvement social. Ce sont ses associés qui paient, et le taux dépend de ce qu'ils encaissent. Les loyers nus et les plus-values immobilières restent à 17,2 %. Les dividendes et les intérêts de compte courant d'associé — l'argent qu'un associé prête à sa société — versés depuis le 1er janvier 2026 sont passés à 18,6 %. 1,4 point de plus, mais sur certains revenus seulement. Cette page donne le taux exact revenu par revenu, et le déroule en euros.
Le régime fiscal de la société commande tout le reste. À l'impôt sur le revenu (IR), les prélèvements sociaux tombent chaque année, même sans un euro distribué. À l'impôt sur les sociétés (IS), ils n'existent qu'au moment de la distribution. Si vous n'avez pas encore tranché entre les deux, lisez d'abord notre comparatif SCI à l'IS ou à l'IR : lequel coûte le moins cher. Les chiffres qui suivent n'en sont qu'un paramètre, et rarement le plus lourd.
Mis à jour le 26 août 2026. Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app. Chaque taux et chaque fondement de cette page ont été vérifiés à cette date sur texte consolidé (code de la sécurité sociale, code général des impôts, loi de financement de la sécurité sociale pour 2026). Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.
Sommaire
- Le tableau des prélèvements sociaux, revenu par revenu
- Pourquoi deux taux au lieu d'un seul, et lequel vous concerne
- SCI à l'IR : payer 17,2 % sans avoir rien touché
- SCI à l'IS : la société ne paie rien, l'associé attend
- Compte courant d'associé : le poste qu'on oublie
- Plus-value : exonéré d'impôt à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans
- La CSG déductible : 6,8 points, pas un de plus
- Quand les prélèvements sociaux sortent vraiment de votre compte
- Non-résidents : 7,5 % au lieu de 17,2 %
- Cinq choses à ne pas faire avec vos prélèvements sociaux
- Prélèvements sociaux en SCI : questions fréquentes
1. Le tableau des prélèvements sociaux, revenu par revenu
Voici l'objet à copier. Trois contributions composent ce qu'on appelle les prélèvements sociaux. La CSG, contribution sociale généralisée, dont le taux varie. La CRDS, contribution pour le remboursement de la dette sociale, invariablement à 0,5 %. Et le prélèvement de solidarité, à 7,5 % (article 235 ter du code général des impôts, le CGI). Seule la CSG change d'un revenu à l'autre : c'est elle qui fait tout l'écart. Les renvois de la colonne Pourquoi ce taux citent le code de la sécurité sociale, en abrégé CSS.
| Revenu | Taux | Décomposition | Pourquoi ce taux | À partir de quand |
|---|---|---|---|---|
| Loyers nus encaissés par une SCI à l'IR | 17,2 % | CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | C'est un revenu foncier : la CSG y reste à 9,2 % (IV, 1° de l'art. L136-8 CSS) | Inchangé depuis 2018, revenus 2025 et 2026 compris |
| Plus-value immobilière réalisée par une SCI à l'IR | 17,2 % | CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | C'est une plus-value immobilière : la CSG y reste à 9,2 % (IV, 2° de l'art. L136-8 CSS) | Inchangé |
| Vente de parts d'une SCI à l'IR | 17,2 % | CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | Vendre les parts d'une SCI dont l'actif est principalement immobilier, c'est vendre l'immeuble : même régime que la plus-value immobilière (art. 150 UB CGI) | Inchangé |
| Dividende versé par une SCI à l'IS | 18,6 % | CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | Produit de placement absent de la liste protégée : CSG portée à 10,6 % (1° du I de l'art. L136-7 CSS ; art. 12 de la loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) | Versements à compter du 1er janvier 2026 |
| Intérêts d'un compte courant d'associé | 18,6 % | CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | Un intérêt n'est pas un loyer : produit de placement précompté par la société (chapeau du I de l'art. L136-7 CSS, art. 125 A, I du CGI) | Versements à compter du 1er janvier 2026 |
| Placements de trésorerie d'une SCI à l'IR | 18,6 % | CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | Ce ne sont pas des loyers. La société n'étant pas une personne physique, rien n'est précompté : l'associé les déclare en revenus de capitaux mobiliers (c du I de l'art. L136-6 CSS) | Imposition des revenus 2025, déclarés en 2026 |
| Vente de parts d'une SCI à l'IS | 18,6 % | CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 | Ces parts-là sont des titres, pas de l'immobilier : la liste protégée ne les vise pas (e du I de l'art. L136-6 CSS) | Imposition des revenus 2025, déclarés en 2026 |
| Bénéfice d'une SCI à l'IS mis en réserve | 0 % | — | Tant que rien n'est distribué, aucune personne physique n'a perçu de revenu | — |
| La SCI elle-même, quel que soit son régime | 0 % | — | Les prélèvements sociaux ne frappent que les personnes physiques | — |
Trois lectures de ce tableau. La première : la SCI n'est jamais redevable, ni à l'IR ni à l'IS — elle a des associés, pas de compte à la sécurité sociale. La deuxième : l'immobilier nu est le seul revenu resté à 17,2 %. Dès que l'argent prend la forme d'un dividende, d'un intérêt ou d'une plus-value sur titres, il passe à 18,6 %. La troisième est dans la dernière colonne : la hausse n'a pas la même date de départ selon le revenu. C'est l'objet de la section suivante.
2. Pourquoi deux taux au lieu d'un seul, et lequel vous concerne
Jusqu'à l'imposition des revenus 2024, la quasi-totalité des revenus du capital supportait 17,2 %. Un seul taux, aucune question à se poser. L'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a cassé cette unité (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Il porte la CSG de droit commun sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %.
Mais le législateur n'a pas voulu que la hausse touche l'immobilier locatif. Il a donc procédé à l'envers de ce qu'on attendrait. Il a d'abord relevé le taux pour tout le monde. Puis il a ajouté au même article L136-8 du code de la sécurité sociale un paragraphe IV, qui rétablit 9,2 % pour une liste fermée de revenus. C'est la « liste protégée » de la colonne Pourquoi ce taux. Elle compte cinq entrées ; deux nous concernent :
- Les revenus fonciers — visés par renvoi au a du I de l'article L136-6. Ce sont les loyers nus de votre SCI à l'IR.
- Les plus-values immobilières — visées par renvoi au 2° du I de l'article L136-7. Cela couvre la vente de l'immeuble comme la vente des parts d'une SCI à l'IR.
Les trois autres entrées visent l'épargne logement (plan et compte d'épargne logement), l'assurance-vie et le plan d'épargne populaire : rien qui touche une SCI. Tout ce qui n'est pas dans cette liste est à 10,6 % de CSG, donc à 18,6 %. C'est une règle d'exclusion, pas une règle d'inclusion — et c'est pourquoi tant de tableaux publiés depuis janvier se trompent : ils cherchent ce qui a augmenté alors qu'il faut chercher ce qui a été épargné.
Le test en une question. Le revenu figure-t-il dans le IV de l'article L136-8 ? Loyer nu ou plus-value immobilière : oui, donc 17,2 %. Tout le reste : non, donc 18,6 %. Appliquer 18,6 % à un loyer, ou 17,2 % à un dividende versé en 2026, c'est se tromper de 1,4 point dans les deux sens.
Deux dates de départ, et non une seule
Le titre de cette page porte 2026, et c'est ici que la confusion coûte de l'argent. Le II de l'article 12 de la loi du 30 décembre 2025 fixe deux dates d'entrée en vigueur, selon la voie par laquelle le prélèvement est recouvré.
- Revenus du patrimoine — ceux que l'administration calcule sur votre déclaration et met en recouvrement avec l'impôt sur le revenu (article L136-6). La hausse s'applique « à compter de l'imposition des revenus de l'année 2025 ». Pour une SCI, cela vise la plus-value de cession de parts d'une société à l'impôt sur les sociétés. Cela vise aussi les produits de la trésorerie placée par la société, encaissés par elle et imposés chez chaque associé.
- Produits de placement — ceux qu'un payeur retient à la source au moment du versement (article L136-7). La hausse ne s'applique qu'aux sommes versées « à compter du 1er janvier 2026 ». Ce sont les dividendes et les intérêts de compte courant d'associé.
Deux dates, deux conséquences opposées. Un dividende de SCI mis en paiement en octobre 2025 supporte 17,2 %, pas 18,6 % : c'est un produit de placement, et la hausse ne le rattrape pas. Le même dividende versé en janvier 2026 supporte 18,6 %. Sur 25 500 € distribués, l'écart fait 357 €. À l'inverse, une cession de parts d'une SCI à l'impôt sur les sociétés réalisée en juin 2025 supporte bien 18,6 %, sur la déclaration déposée au printemps 2026. C'est un revenu du patrimoine : la hausse le rattrape rétroactivement. On lit couramment le contraire, des deux côtés.
Retenez la règle de tri, elle tient en une ligne : ce qui est retenu à la source bascule au 1er janvier 2026, ce qui passe par votre avis d'imposition bascule dès les revenus 2025. Et tout exemple portant sur un exercice antérieur à 2025 reste à 17,2 % de bout en bout.
Trois cas voisins basculent de la même façon, dès les revenus 2025, parce qu'ils passent eux aussi par le rôle. La location meublée non professionnelle, imposée en bénéfices industriels et commerciaux (f du I de l'article L136-6). Les revenus réputés distribués et les avantages occultes de l'article 111, c du CGI, que personne ne précompte (c du I). La cession de parts d'une SCI à l'IS, déjà vue.
La loi ménage une réserve, et une seule. Une plus-value placée en report d'imposition par l'article 150-0 B ter du CGI garde le taux de son année de réalisation (II de l'article 34 de la loi n° 2016-1918 du 29 décembre 2016). Un apport de parts effectué entre 2018 et 2024 reste donc à 17,2 %, même si le report tombe en 2026.
3. SCI à l'IR : payer 17,2 % sans avoir rien touché
C'est la source d'incompréhension numéro un, et elle mérite d'être posée avant tout le reste. Une SCI à l'IR est fiscalement translucide : elle calcule un résultat, mais ne l'impose pas. Elle le répartit entre les associés au prorata de leurs parts — c'est ce qu'on appelle la quote-part — et chacun l'ajoute à ses propres revenus (article 8 du CGI). L'imposition est déclenchée par le résultat, pas par le versement. Si la société garde l'argent en banque, vous êtes imposé quand même.
Cas chiffré : 5 872 € à payer, 0 € encaissé
Une SCI familiale à l'IR, un frère et une sœur à parts égales, un petit immeuble de rapport loué nu. Exercice 2026 :
- Loyers encaissés : 42 000 €
- Charges déductibles : taxe foncière 2 400 €, assurance propriétaire non occupant 620 €, intérêts d'emprunt 9 800 €, travaux d'entretien 3 200 €, frais de gestion 1 100 € — soit 17 120 €
- Résultat foncier : 42 000 − 17 120 = 24 880 €
- Quote-part de chaque associé : 12 440 €
Pour un associé imposé dans la tranche à 30 % :
- Prélèvements sociaux : 12 440 × 17,2 % = 2 139,68 €
- Impôt sur le revenu : 12 440 × 30 % = 3 732 €
- Total : 5 871,68 €, soit 5 872 € arrondis. À deux associés, 11 744 €.
Regardons maintenant la caisse. La SCI a encaissé 42 000 €, décaissé 17 120 € de charges et remboursé 11 400 € de capital d'emprunt — un remboursement de capital qui n'est pas déductible, contrairement aux intérêts. Il reste 13 480 € sur le compte, que les associés ont décidé de conserver pour la réfection de la toiture. Distribution : zéro. Chacun reçoit pourtant un avis de 5 872 €, à régler sur ses deniers personnels.
Ce n'est ni une anomalie ni une erreur de l'administration : c'est le prix de la translucidité. Pour construire ce résultat foncier correctement, la liste des charges déductibles en SCI est déterminante — chaque euro de charge oubliée est un euro taxé à 47,2 % dans cet exemple. Le report se fait via la déclaration 2072 de la société puis la quote-part sur la 2044 de chaque associé.
4. SCI à l'IS : la société ne paie rien, l'associé attend
À l'IS, la logique s'inverse. La société est imposée en son nom sur son bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (article 219, I-b du CGI). Le taux réduit suppose trois conditions : un chiffre d'affaires sous 10 millions d'euros, un capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, et ce même capital entièrement libéré. Libéré veut dire réellement versé sur le compte de la société, pas seulement promis dans les statuts. Sur ce bénéfice, aucun prélèvement social. Jamais. Ni à 17,2 %, ni à 18,6 %. Les prélèvements sociaux n'apparaissent qu'un étage plus haut, chez l'associé, et seulement s'il reçoit quelque chose.
Cas chiffré : distribuer ou laisser en réserve
SCI à l'IS, deux associés à parts égales, personnes physiques, résultat fiscal 2026 de 30 000 €. Impôt sur les sociétés : 30 000 × 15 % = 4 500 €. Il reste 25 500 € de bénéfice net. Trois scénarios, chiffrés jusqu'au bout :
| Scénario | Impôt société | Prélèvements sociaux | Impôt associé | Total prélevé |
|---|---|---|---|---|
| IS, bénéfice mis en réserve | 4 500 € | 0 € | 0 € | 4 500 € (15,00 %) |
| IS, distribution intégrale des 25 500 € | 4 500 € | 4 743 € | 3 264 € | 12 507 € (41,69 %) |
| IR, même base, associés à 30 % | 0 € | 5 160 € | 9 000 € | 14 160 € (47,20 %) |
| IR, même base, associés à 11 % | 0 € | 5 160 € | 3 300 € | 8 460 € (28,20 %) |
Le détail de la ligne 2 : les 25 500 € distribués supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %. Prélèvements sociaux : 25 500 × 18,6 % = 4 743 €. Impôt : 25 500 × 12,8 % = 3 264 €. Net en poche : 25 500 − 8 007 = 17 493 €.
Ces totaux sont bruts. Il faut encore leur appliquer la CSG déductible de la section 7, qui ne joue qu'à l'IR : 30 000 × 6,8 % = 2 040 € retranchés du revenu global, soit 612 € d'impôt économisés à 30 % et 224,40 € à 11 %. Le coût réel de l'IR tombe donc à 13 548 € (45,16 %) et à 8 235,60 € (27,45 %). Sous le PFU, l'IS n'ouvre droit à aucune déduction : ses 12 507 € restent 12 507 €.
Ce tableau dit deux choses opposées, et il faut les tenir ensemble. Oui, mettre en réserve à l'IS coûte trois fois moins cher que l'IR : 4 500 € contre 13 548 €. Mais dès qu'on distribue tout, l'écart avec l'IR fond à 1 041 € — et il s'inverse pour un associé imposé à 11 %, où l'IR l'emporte largement (8 235,60 € contre 12 507 €).
Ce que ce calcul ne prouve pas. Il compare une base identique de 30 000 €. Dans la vraie vie, la base de l'IS est bien plus basse, parce que la société amortit l'immeuble. Sur un immeuble de 300 000 € dont 240 000 € amortissables sur 30 ans, la base baisse de 8 000 € par an, soit 1 200 € d'impôt sur les sociétés économisés à 15 %. Cet avantage se paie à la revente, où ces 240 000 € reviennent en plus-value taxable. On parle de réintégration, et cette plus-value-là ne bénéficie d'aucun abattement pour durée de détention. Les prélèvements sociaux ne sont donc qu'un des paramètres de l'arbitrage. Le comparatif complet est dans SCI à l'IS ou à l'IR, et l'effet à la revente dans plus-value en SCI à l'IS.
Ces 31,4 % ne sont pas payés l'année suivante : ils sont retenus à la source par la SCI au moment du versement. Les associés qui votent une distribution de 25 500 € se partagent 17 493 €, nets de tout. Le mécanisme complet des distributions — décision d'assemblée, report à nouveau, réserves — est traité dans dividendes d'une SCI à l'IS et affectation du résultat.
5. Compte courant d'associé : le poste de prélèvements sociaux qu'on oublie
Un compte courant d'associé, c'est l'argent qu'un associé prête à sa société — l'apport personnel qui a complété le crédit, les travaux qu'il a payés de sa poche. La société le lui doit. Elle peut aussi le rémunérer par des intérêts, si les statuts ou une convention le prévoient.
Ces intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers. Ils n'ont rien de foncier, même s'ils naissent d'une opération immobilière. Ils sont donc à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, comme un dividende. L'erreur est facile : on associe ces intérêts à l'immeuble, donc on leur applique 17,2 %. Il manque 1,4 point.
Cas chiffré : 120 000 € de compte courant rémunéré
Un associé a avancé 120 000 € à sa SCI à l'IS. La convention prévoit une rémunération au taux plafond de déduction fiscale, soit 4,55 % pour un exercice clos le 31 décembre 2025. L'article 39, 1, 3° du CGI pose deux conditions : le capital doit être entièrement libéré, et le plafond s'apprécie compte par compte, sans compensation entre associés. Les intérêts sont arrêtés à la clôture et mis en paiement en 2026 : sur un produit de placement, c'est la date de versement qui commande le taux social, donc 18,6 %. Inscrits au crédit du compte courant dès le 31 décembre 2025, les mêmes intérêts n'auraient supporté que 17,2 %, soit 76,44 € de moins.
- Intérêts servis : 120 000 × 4,55 % = 5 460 €
- Chez la société : charge déductible, donc 5 460 × 15 % = 819 € d'impôt sur les sociétés économisés
- Chez l'associé : prélèvements sociaux 5 460 × 18,6 % = 1 015,56 €, impôt 5 460 × 12,8 % = 698,88 €
- Net encaissé : 5 460 − 1 714,44 = 3 745,56 €
Comparons avec un dividende du même montant brut. Les prélèvements sociaux et l'impôt sont rigoureusement identiques : 1 714,44 €, puisque les deux revenus sont au PFU. La différence est en amont. Pour distribuer 5 460 € de dividende, il faut d'abord dégager 6 423,53 € de résultat et payer 963,53 € d'impôt sur les sociétés. L'intérêt de compte courant, lui, sort avant impôt. Écart réel : 963,53 € par an — ce sont les 819 € vus autrement, du côté du résultat qu'il aurait fallu dégager en plus pour verser la même somme en dividende.
L'arbitrage entre intérêt de compte courant et dividende ne se joue donc pas sur les prélèvements sociaux, identiques de part et d'autre : il se joue sur la seule déductibilité. Les conditions, les plafonds et les écritures sont détaillés dans compte courant d'associé en SCI.
Le cas symétrique, et son point de bascule. Dans une SCI à l'IR, les intérêts de compte courant sont déductibles du revenu foncier à une condition d'affectation : l'avance doit avoir servi à acquérir, conserver, construire, réparer ou améliorer le bien loué (article 31, I, 1°, d du CGI). Une avance qui a seulement comblé une trésorerie ne donne droit à rien. Les intérêts, eux, restent taxés à 18,6 % chez l'associé depuis le 1er janvier 2026. On déduit d'un côté, on réintègre de l'autre. Prenons les mêmes 5 460 €, chez des associés imposés à 30 %. La déduction économise 5 460 × 47,2 % = 2 577,12 €. L'associé, lui, paie 1 714,44 € au titre du PFU. Gain net : 862,68 €. À 11 %, la déduction ne vaut plus que 5 460 × 28,2 % = 1 539,72 €, et l'opération devient perdante de 174,72 €. Le point de bascule est là : au-dessous de la tranche à 30 %, rémunérer le compte courant coûte plus cher que de ne pas le faire. Et si la condition d'affectation n'est pas remplie, il ne reste que le PFU : 1 714,44 € payés sans aucune contrepartie.
6. Plus-value : exonéré d'impôt à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans
Quand une SCI à l'IR vend son immeuble, la plus-value relève du régime des particuliers : 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Mais les deux ne frappent pas la même base de calcul, parce que l'abattement pour durée de détention suit deux calendriers différents. C'est le piège le plus coûteux du sujet, et le plus facile à éviter.
| Année de détention | Abattement d'impôt sur le revenu art. 150 VC CGI |
Abattement de prélèvements sociaux art. L136-7, VI, 2° CSS |
|---|---|---|
| 1re à 5e | 0 % | 0 % |
| 6e à 21e | 6 % par an | 1,65 % par an |
| 22e | 4 % → exonération totale | 1,60 % → cumul 28 % |
| 23e à 30e | déjà exonéré | 9 % par an |
| Au-delà de 30 ans | Exonéré | Exonéré |
Cas chiffré : le même bien vendu à 10, 22 et 30 ans
Appartement acheté 200 000 € par une SCI à l'IR, prix d'acquisition majoré du forfait de frais de 7,5 % soit 215 000 €, revendu 320 000 €. Plus-value brute : 105 000 €.
| Détention | Base impôt sur le revenu | Impôt (19 %) | Base prélèvements sociaux | Prélèv. sociaux (17,2 %) | Total dû |
|---|---|---|---|---|---|
| 10 ans | −30 % → 73 500 € | 13 965 € | −8,25 % → 96 337,50 € | 16 570,05 € | 32 005 € dont 1 470 € de surtaxe |
| 22 ans | −100 % → 0 € | 0 € | −28 % → 75 600 € | 13 003,20 € | 13 003 € |
| 30 ans | 0 € | 0 € | −100 % → 0 € | 0 € | 0 € |
La colonne de droite est la leçon de la section. À 22 ans, beaucoup de vendeurs croient avoir atteint l'exonération : elle n'est acquise que pour l'impôt sur le revenu. Il reste 13 003 € de prélèvements sociaux. Et ces 13 003 € ne stagnent pas : entre la 23e et la 30e année, l'abattement social accélère à 9 points par an, soit 1 625,40 € de moins chaque année sur cet exemple. Signer chez le notaire trois semaines avant l'anniversaire de l'acquisition plutôt qu'un mois après, c'est donc 1 625 € laissés sur la table pour rien.
La ligne à 10 ans intègre la surtaxe de l'article 1609 nonies G du CGI. Elle est due dès que la plus-value imposable à l'impôt sur le revenu dépasse 50 000 € : ici 2 % de 73 500 €, soit 1 470 €. À 22 ans, la base d'impôt sur le revenu étant nulle, la surtaxe disparaît avec elle. Le mécanisme est détaillé dans la surtaxe sur les plus-values élevées, et le calcul complet de la plus-value dans plus-value immobilière en SCI.
Un amendement ramenant l'exonération d'impôt sur le revenu de 22 à 17 ans a bien été voté en première lecture à l'Assemblée nationale, le 3 novembre 2025. Il n'a pas été retenu dans la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Les deux cadences du tableau ci-dessus sont celles du droit en vigueur : un amendement abandonné n'est pas une règle.
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7. La CSG déductible : 6,8 points, pas un de plus
Une partie de la CSG que vous payez vient réduire votre revenu imposable de l'année suivante. C'est l'article 154 quinquies du CGI, dont le II fixe cette fraction à 6,8 points. Quand la CSG est montée à 10,6 %, ce chiffre-là, lui, n'a pas bougé d'un dixième.
La conséquence est arithmétique. Sur un loyer, la CSG est de 9,2 points dont 6,8 déductibles : il reste 2,4 points perdus. Sur un dividende, elle est de 10,6 points dont toujours 6,8 déductibles : 3,8 points sont perdus au lieu de 2,4. La hausse de 2026 n'a donc pas seulement coûté 1,4 point de taux : elle a élargi d'autant la part de CSG qu'on ne récupère jamais.
Cas chiffré : ce que les 17,2 % coûtent réellement
Reprenons l'associé de la section 3 : quote-part de 12 440 €, tranche à 30 %.
- Prélèvements sociaux payés : 2 139,68 €
- Fraction de CSG déductible : 12 440 × 6,8 % = 845,92 €, retranchés du revenu global de l'année du paiement
- Économie d'impôt correspondante : 845,92 × 30 % = 253,78 €
- Coût net des prélèvements sociaux : 2 139,68 − 253,78 = 1 885,90 €
Rapporté à la quote-part, cela fait 15,16 % et non 17,2 %. Deux points d'écart, en votre faveur, à intégrer dans tout calcul de rendement. Deux conditions strictes, en revanche : la déduction ne joue que pour les revenus imposés au barème progressif, et elle s'impute sur le revenu global de l'année du paiement, donc avec un an de décalage.
Trois portes fermées, à connaître avant de compter dessus. Sous le PFU, aucune CSG n'est déductible : la flat tax est forfaitaire, c'est le prix du forfait. Sur une plus-value immobilière, rien non plus : le II de l'article 154 quinquies renvoie aux premier alinéa et 1° du I de l'article L136-7 du CSS, pas au 2° où figure la plus-value immobilière. Il réserve en outre la déduction aux revenus imposés au barème, ce qu'une plus-value taxée à 19 % n'est pas. Sur un dividende, enfin, la déduction ne redevient possible qu'en optant pour le barème — une option globale, qui embarque tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année. Le détail du mécanisme, année par année, est dans la CSG déductible des revenus de SCI.
8. Quand les prélèvements sociaux sortent vraiment de votre compte
Les taux sont une chose. Les dates de décaissement en sont une autre, et c'est sur elles que les SCI se font surprendre. Les deux circuits de recouvrement n'ont rien en commun.
Revenus fonciers : sur votre avis d'impôt, avec un an de retard
Les prélèvements sociaux sur les loyers sont calculés par l'administration à partir de votre déclaration, puis mis en recouvrement avec l'impôt sur le revenu, sur le même avis. Ils entrent aussi dans le calcul de l'acompte de prélèvement à la source versé chaque mois le 15, ou chaque trimestre. Cet acompte n'est pas une retenue : c'est une avance calculée sur vos revenus passés, régularisée ensuite.
Le problème surgit la première année. Une SCI qui encaisse ses premiers loyers en 2026 ne déclenche aucun acompte en 2026 : l'administration ignore encore l'existence du revenu. Vous déclarez au printemps 2027, l'avis arrive à l'été, et à l'automne 2027 deux choses tombent en même temps.
Avec l'associé de la section 3, qui doit 5 872 € au titre de 2026 :
- Solde de 2026 étalé de septembre à décembre 2027 : 5 872 €
- Nouvel acompte 2027, démarré en septembre sur la base de 2026 : environ 489 € par mois, soit 1 956 € sur quatre mois. L'acompte étant calculé au taux moyen du foyer majoré de 17,2 %, et non à la tranche marginale, il sera un peu inférieur
- Total du dernier trimestre 2027 : jusqu'à 7 828 € — pour un associé qui n'avait rien payé en 2026.
La règle de pouce s'applique dès le premier loyer encaissé. Mettez de côté, sur un compte séparé, 17,2 % plus votre tranche marginale d'imposition sur votre quote-part prévisionnelle. La tranche marginale, c'est le taux qui frappe votre dernier euro de revenu. Dans notre exemple, cela fait 47,2 % de 12 440 €, soit 5 872 € provisionnés. Le détail des échéances est dans le calendrier fiscal de la SCI.
Dividendes et intérêts : retenus à la source, tout de suite
À l'opposé, les 18,6 % sur un dividende ou un intérêt de compte courant sont prélevés par la société au moment du versement. Elle les reverse au Trésor dans les quinze premiers jours du mois suivant, avec l'acompte d'impôt de 12,8 % (article 1671 C du CGI). Pas d'attente, pas de régularisation à l'automne : l'associé reçoit un net.
Attention à la dispense d'acompte, que l'on peut demander avant le 30 novembre (article 242 quater du CGI). Elle suppose un revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur à 50 000 € pour les dividendes, 75 000 € pour un couple. Pour les intérêts, le seuil tombe à 25 000 €, ou 50 000 € pour un couple. Et elle ne porte que sur les 12,8 % d'impôt. Les 18,6 % de prélèvements sociaux restent retenus dans tous les cas. Un associé dispensé encaisse 81,4 % de son dividende, pas 100 %. Le fonctionnement du PFU et l'arbitrage avec le barème sont traités dans le PFU appliqué aux SCI à l'IS.
9. Non-résidents : 7,5 % au lieu de 17,2 %
Un associé qui vit hors de France relève d'un régime à part. Ce régime vient de l'arrêt de Ruyter de la Cour de justice de l'Union européenne (affaire C-623/13, 26 février 2015). Il a ensuite été codifié par l'article 26 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018). Le principe : le même euro ne peut pas financer deux systèmes de sécurité sociale.
Une personne affiliée à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'Espace économique européen (Union européenne, Islande, Liechtenstein, Norvège) ou de la Suisse, et qui ne relève d'aucun régime obligatoire français, est donc :
- exonérée de CSG et de CRDS (0,5 %) sur ses revenus fonciers et plus-values immobilières de source française — soit 9,2 points de CSG évités sur les loyers, et 10,6 points sur la plus-value depuis le 1er janvier 2026 ;
- redevable du prélèvement de solidarité de 7,5 %, qui n'est pas affecté à la sécurité sociale.
Sur la quote-part de 12 440 € de notre exemple, cela fait 933 € au lieu de 2 139,68 € : une économie de 1 206,68 € bruts, ramenée à 952,90 € une fois déduite la CSG dont bénéficie le résident. Mais deux garde-fous. Le premier : la fraction déductible de 6,8 points n'a ici aucun objet, puisque la CSG n'est pas prélevée. Le second : un associé résidant hors de l'Espace économique européen et de la Suisse paie l'intégralité du taux, sans rabais. Sa plus-value immobilière est même imposée sur le fondement de l'article 244 bis A du CGI, visé au I bis de l'article L136-7, et non au 2° du I de ce même article. La liste protégée du IV de l'article L136-8 ne l'atteint donc pas : la CSG y est de 10,6 %, soit 18,6 % pour toute vente conclue depuis le 1er janvier 2026. Le Royaume-Uni depuis le Brexit, les conventions bilatérales et les obligations déclaratives sont traités dans SCI et associé non-résident.
10. Cinq choses à ne pas faire avec vos prélèvements sociaux
Ne passez pas à l'IS pour le seul motif des prélèvements sociaux
C'est le conseil le plus fréquent depuis janvier, et c'est le plus mauvais. Le tableau de la section 4 le montre. Sur une base identique, et une fois intégrée la CSG déductible de la section 7, l'IS avec distribution intégrale ne fait gagner que 1 041 € par an face à l'IR à 30 % (12 507 € contre 13 548 €). Et il perd 4 271 € face à l'IR à 11 % (12 507 € contre 8 235,60 €). Ajoutez que l'option est irrévocable au-delà du cinquième exercice (article 239 du CGI) et que la revente réintégrera les amortissements. Dans ce cas précis — basculer à l'IS pour économiser 1,4 point de prélèvement social — ne le faites pas. L'IS se choisit pour l'amortissement et la capacité de réinvestissement, jamais pour le taux social. Voyez passer une SCI de l'IR à l'IS avant toute décision.
Ne vendez pas à 22 ou 25 ans en vous croyant exonéré
L'exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans n'emporte pas celle des prélèvements sociaux. Dans notre exemple, 13 003 € restaient dus à 22 ans. Chaque année gagnée avant la 30e vaut 9 points d'abattement social.
Ne comptez pas sur la mise en réserve si vous vivez des loyers
« Zéro prélèvement social tant qu'on ne distribue pas » n'est un avantage que si vous n'avez pas besoin de l'argent. Un investisseur qui prélève chaque mois de quoi vivre distribue nécessairement, et retrouve ses 18,6 %. Le montage ne vaut que pour une SCI en phase d'accumulation.
Ne demandez pas la dispense d'acompte en croyant échapper aux 18,6 %
Elle ne concerne que l'acompte d'impôt de 12,8 %. Les prélèvements sociaux restent retenus à la source, sans exception ni dispense.
Ne laissez pas la SCI payer l'avis d'imposition de l'associé
C'est une dette personnelle. Réglée par la société, elle crée un compte courant débiteur, que l'administration peut requalifier en revenu distribué. Distribuez d'abord, payez ensuite.
La seule voie qui supprime vraiment les prélèvements sociaux, et son revers. Faire détenir les parts par une société soumise à l'impôt sur les sociétés — une holding — supprime effectivement toute CSG, puisque les prélèvements sociaux ne frappent que les personnes physiques. Mais ils reviennent intacts le jour où la holding distribue à son associé. Le gain est un report, pas une disparition. C'est l'objet de détenir des parts de SCI via une holding.
Sources officielles
- Article L136-8 du code de la sécurité sociale — version en vigueur au 27 juin 2026 : le I porte la CSG à 10,6 %, le IV énumère les cinq catégories restées à 9,2 %.
- Article L136-7 du code de la sécurité sociale — les produits de placement retenus à la source (premier alinéa et 1° du I) et les plus-values immobilières protégées (2° du I). Celles des non-résidents, elles, relèvent du I bis. Le barème d'abattement social est au VI, 2.
- Article L136-6 du code de la sécurité sociale — la contribution sur les revenus du patrimoine, celle que l'administration met en recouvrement par voie de rôle. Revenus fonciers (a du I), revenus de capitaux mobiliers (c), plus-values sur titres (e), bénéfices industriels et commerciaux (f).
- Article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — la hausse de la CSG à 10,6 % et, à son II, les deux dates d'effet : revenus 2025 pour l'article L136-6, 1er janvier 2026 pour l'article L136-7.
- Article 154 quinquies du CGI — les 6,8 points de CSG déductible, inchangés dans la version en vigueur au 27 juin 2026.
- Article 150 VC du CGI — l'abattement d'impôt sur le revenu pour durée de détention.
- service-public.gouv.fr — prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement — la présentation administrative des taux et des assiettes, résidents et non-résidents.
- BOI-IR-BASE-20-20 (BOFiP) — doctrine sur la déductibilité partielle de la CSG, à ouvrir avec un avertissement. Cette page n'a pas été mise à jour depuis le 24 juillet 2017. Elle raisonne encore sur une CSG de 8,2 % déductible à hauteur de 5,1 points : c'est l'article 154 quinquies qui fait foi, pas ce commentaire.
11. Prélèvements sociaux en SCI : questions fréquentes
Un associé personne morale paie-t-il des prélèvements sociaux sur sa quote-part de SCI ?
Non. Les prélèvements sociaux ne frappent que les personnes physiques. Imaginons que les parts soient détenues par une SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle), une SARL ou une holding soumise à l'impôt sur les sociétés. Cette société-là intègre la quote-part de résultat dans son propre résultat imposable. Elle ne supporte ni CSG, ni CRDS, ni prélèvement de solidarité. Le sujet n'est pas supprimé, il est déplacé : les prélèvements sociaux reviendront le jour où la holding versera un dividende à son associé personne physique.
Une SCI déficitaire génère-t-elle des prélèvements sociaux ?
Non. L'assiette des prélèvements sociaux, c'est le résultat foncier positif. Une année où la SCI à l'impôt sur le revenu dégage un déficit, la quote-part de l'associé est négative : ni impôt sur le revenu, ni 17,2 %. Le déficit s'impute ensuite sur les revenus fonciers des dix années suivantes, et jusqu'à 10 700 € par an sur le revenu global hors intérêts d'emprunt. Les années où ce report absorbe le résultat, les 17,2 % tombent d'autant.
La majoration de 25 % s'applique-t-elle aux prélèvements sociaux ?
Non, jamais. Quand un revenu distribué est requalifié — avantage occulte, rémunération non déclarée — l'assiette de l'impôt sur le revenu est majorée de 25 %. Le fondement est l'article 39 de la loi de finances pour 2021, inséré au 1° du A du 1 de l'article 200 A du CGI. Cette majoration ne s'étend pas aux prélèvements sociaux : le Conseil constitutionnel l'a expressément écarté (décision n° 2017-643/650 QPC du 7 juillet 2017), et la réserve figure au I de l'article L136-6 du code de la sécurité sociale. Les prélèvements sociaux se calculent sur 100 % du revenu, pas sur 125 %. Un avantage occulte n'étant précompté par personne, il passe par le rôle : son taux est de 18,6 % dès l'imposition des revenus 2025.
Que paie-t-on en prélèvements sociaux quand on vend ses parts de SCI ?
Cela dépend du régime de la société, et l'écart est réel. Les parts d'une SCI à l'impôt sur le revenu qui détient de l'immobilier relèvent du régime des plus-values immobilières des particuliers (article 150 UB du CGI) : 17,2 %, avec les abattements pour durée de détention. Les parts d'une SCI à l'impôt sur les sociétés ne sont plus, elles, un morceau d'immeuble : leur cession relève du régime des plus-values sur droits sociaux (article 150-0 A du CGI). Cette plus-value n'est pas couverte par le IV de l'article L136-8 du code de la sécurité sociale. Elle supporte donc 18,6 %, dès l'imposition des revenus 2025, sans aucun abattement pour durée de détention.
Les prélèvements sociaux sont-ils déductibles du résultat de la SCI ?
Non. Ils ne sont jamais une charge de la société : c'est une dette personnelle de l'associé, née de son avis d'imposition. Ils ne figurent ni dans les charges déductibles du revenu foncier, ni dans le résultat d'une SCI à l'impôt sur les sociétés. Seule existe la déduction de 6,8 points de CSG, et elle s'opère sur le revenu global de l'associé, pas dans les comptes de la SCI.
La SCI peut-elle payer les prélèvements sociaux de ses associés depuis son compte bancaire ?
Techniquement, le virement passera. Comptablement, c'est un piège : la société règle une dette personnelle de l'associé, ce qui creuse un compte courant débiteur. L'associé doit alors le rembourser, et l'administration peut y voir un revenu distribué imposable. Le réflexe correct est de distribuer d'abord — ou de rembourser du compte courant — puis de laisser l'associé payer son avis depuis son compte personnel.
Le remboursement d'un compte courant d'associé supporte-t-il des prélèvements sociaux ?
Non. Rembourser un compte courant d'associé, c'est rendre à l'associé de l'argent qu'il avait avancé à la société : ce n'est pas un revenu, c'est l'extinction d'une créance. Aucun prélèvement social, aucun impôt sur le revenu. Seuls les intérêts éventuellement servis sur ce compte sont des revenus : eux supportent 18,6 % s'ils ont été payés ou inscrits en compte à partir du 1er janvier 2026, et 17,2 % avant cette date.
Un compte courant d'associé non rémunéré pose-t-il un problème fiscal ?
Non. Aucun texte n'oblige une SCI à rémunérer les avances de ses associés, et ne pas les rémunérer ne constitue ni un acte anormal de gestion, ni une libéralité. Pas d'intérêts servis, donc pas de revenus de capitaux mobiliers, donc pas de prélèvements sociaux. C'est d'ailleurs la situation de la grande majorité des SCI familiales.
Le micro-foncier réduit-il les prélèvements sociaux ?
Oui. L'abattement de 30 % du micro-foncier réduit la base de l'impôt sur le revenu ET celle des prélèvements sociaux, qui partagent la même assiette. Sur 14 000 € de loyers, la base retenue est de 9 800 €, donc 9 800 × 17,2 % = 1 685,60 € au lieu de 2 408 €. Mais la porte est étroite. Un associé de SCI n'y a droit que si la société est à l'impôt sur le revenu et s'il détient par ailleurs au moins un bien loué nu en direct. Il faut en outre que le total de ses revenus fonciers bruts reste sous 15 000 €. Autant dire que le cas est rare.
Faut-il remplir une déclaration spécifique pour les prélèvements sociaux ?
Non, aucune. Ils n'ont pas de formulaire propre : l'administration les calcule à partir des montants déjà portés sur votre déclaration de revenus. Le résultat foncier passe par la 2072 de la SCI, puis la 2044 et la 2042 de l'associé. Les revenus de capitaux mobiliers sont pré-remplis à partir de l'imprimé fiscal unique — le récapitulatif annuel des revenus de capitaux mobiliers — transmis par la société. Rien à ajouter : ils tombent tout seuls.
Qui paie les prélèvements sociaux quand les parts sont démembrées ?
L'usufruitier, c'est-à-dire celui qui perçoit les revenus. Sauf convention contraire opposable à l'administration, c'est lui qui est imposé sur la quote-part de résultat foncier et qui supporte les 17,2 %. Le nu-propriétaire ne perçoit rien et ne paie rien tant que le démembrement dure. C'est l'un des ressorts de la donation de la nue-propriété des parts : elle transmet la valeur sans transférer la charge fiscale annuelle.
La contribution sur les revenus locatifs de 2,5 % est-elle un prélèvement social ?
Non, ce sont deux choses distinctes qu'on confond souvent parce qu'elles frappent les mêmes loyers. La contribution sur les revenus locatifs est due par la société elle-même, à 2,5 % des loyers d'immeubles achevés depuis quinze ans au moins, et concerne principalement les SCI à l'impôt sur les sociétés. Les prélèvements sociaux, eux, sont dus par l'associé personne physique. Une même SCI peut supporter les deux, sur des assiettes et à des étages différents.
Un associé mineur supporte-t-il les prélèvements sociaux ?
Oui, comme n'importe quel associé personne physique. Sa quote-part de résultat foncier est rattachée au foyer fiscal de ses parents, qui la déclarent avec leurs propres revenus. Les 17,2 % sont donc calculés dans l'avis du foyer. Détenir des parts au nom d'un enfant mineur ne crée aucune exonération de prélèvements sociaux : cela répartit seulement la base imposable entre les foyers concernés.
Une SCI qui loge gratuitement un associé génère-t-elle des prélèvements sociaux ?
Non, et c'est logique : pas de loyer encaissé, pas de revenu foncier, donc aucune assiette à taxer. Ni impôt sur le revenu, ni 17,2 %. La contrepartie est sèche : les charges de ce logement — taxe foncière, travaux, intérêts d'emprunt — ne sont pas déductibles non plus, faute de se rattacher à un revenu imposable. Beaucoup de SCI familiales fonctionnent ainsi, puis découvrent qu'elles ne peuvent créer aucun déficit foncier sur le bien occupé. Dès qu'un loyer est perçu, même modeste, il redevient un revenu foncier taxé à 17,2 % chez chaque associé.
Les loyers d'un local commercial détenu en SCI supportent-ils aussi 17,2 % ?
Oui, à l'identique. Ce qui commande le taux n'est pas la qualité du locataire mais la nature de la location : un local nu, loué nu, produit un revenu foncier taxé à 17,2 % chez l'associé d'une SCI à l'impôt sur le revenu. Louer à une entreprise plutôt qu'à un particulier ne change ni le taux ni l'assiette, et l'option pour la TVA sur les loyers professionnels n'y change rien davantage : elle joue sur la facturation, pas sur les prélèvements sociaux. La réponse ne bascule que si le local est loué équipé ou meublé : le revenu devient alors industriel et commercial. Les prélèvements sociaux restent dus, mais l'assiette se calcule autrement et le taux monte à 18,6 %, dès l'imposition des revenus 2025 : un bénéfice industriel et commercial n'est pas un revenu foncier.
Que deviennent les prélèvements sociaux quand une SCI passe de l'impôt sur le revenu à l'impôt sur les sociétés ?
Le passage à l'impôt sur les sociétés est traité comme une cessation d'activité : le résultat foncier de la période écoulée est imposé immédiatement chez les associés, prélèvements sociaux de 17,2 % compris. Après quoi le robinet annuel se ferme : plus aucun prélèvement social tant que la société ne distribue pas. L'option est irrévocable au-delà du cinquième exercice suivant celui de l'option (article 239 du CGI) : ce n'est pas un réglage que l'on essaie une année pour voir.
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SCI à l'IS ou à l'IR
Le comparatif complet des deux régimes : amortissement, plus-value de sortie, seuil de bascule chiffré. Les prélèvements sociaux n'en sont qu'un paramètre parmi d'autres.
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Le mécanisme des 6,8 points année par année, la case de la 2042 où il se reporte, et ce qui se passe quand le revenu global est trop faible pour absorber la déduction.
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Comment décider et voter une distribution : quorum, procès-verbal, acompte sur dividende, et le calendrier de reversement des 18,6 % au Trésor.
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Compte courant d'associé en SCI
Le taux plafond de déduction des intérêts, son mode de calcul trimestre par trimestre, et la convention à rédiger avant de servir le premier euro.
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