SCI et vacance locative : conséquences fiscales et comptables (2026)
Un logement vide ne rapporte aucun loyer — mais il continue de coûter. La banque prélève toujours l'échéance. Le Trésor réclame toujours la taxe foncière. L'assureur encaisse toujours la prime. La SCI paie, sans rien encaisser en face. Beaucoup de gérants croient alors que, faute de recettes, ces dépenses partent en fumée. C'est faux : elles restent déductibles pendant la vacance — à une condition, et une seule, que je détaille plus bas. Le revers, c'est qu'un bien laissé vide trop longtemps peut déclencher sa propre taxe, la TLV ou la THLV. Ce guide vous dit exactement ce qui reste déductible, comment un logement vide peut même faire baisser votre impôt, et à partir de quand la vacance se retourne contre vous.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (CGI, BOFiP, service-public.fr). Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Mis à jour le 21 juillet 2026.
Sommaire
- Vacance locative en SCI : de quoi parle-t-on ?
- Charges déductibles pendant la vacance (SCI à l'IR)
- Prouver l'intention réelle de louer
- Créer un déficit foncier sans percevoir de loyers
- TLV et THLV : quand la vacance est taxée
- Vacance en SCI à l'IS : charges et amortissement
- Vacance subie ou vacance volontaire
- Cas chiffré : un T2 vacant six mois
- Bonnes pratiques et preuves à conserver
- FAQ
1. Vacance locative en SCI : de quoi parle-t-on ?
La vacance locative désigne la période pendant laquelle un logement destiné à la location reste inoccupé et ne génère aucun loyer. En SCI, elle prend deux formes très différentes sur le plan fiscal :
- La vacance courte, entre deux locataires : quelques semaines à quelques mois séparant le départ d'un locataire et l'entrée du suivant. Elle est banale et sans conséquence particulière.
- La vacance longue : plusieurs mois, voire plusieurs années, souvent liée à des travaux, à un marché locatif difficile ou à une hésitation du gérant. C'est celle qui attire l'attention de l'administration fiscale et déclenche les taxes sur les logements vacants.
Mais retenez bien ceci : ce qui compte pour le fisc, ce n'est pas la durée, c'est l'intention. Un appartement vide que la SCI s'échine à relouer reste un bien locatif — ses charges restent déductibles. Le même appartement laissé vide par confort, ou récupéré discrètement pour les vacances d'un associé, cesse d'en être un. Toute la fiscalité de la vacance tient sur cette ligne de partage. Le reste n'est que déclinaison.
À retenir : ce n'est pas l'absence de loyer qui pose problème, c'est l'absence de projet locatif. Une SCI peut traverser une année blanche sans revenus et conserver l'intégralité de ses droits fiscaux, à condition de le documenter.
2. Charges déductibles pendant la vacance (SCI à l'IR)
Prenons une SCI à l'impôt sur le revenu, au régime réel foncier. Tant que le bien reste destiné à la location, ses charges restent déductibles des revenus fonciers, vacance ou pas. Ce n'est pas une tolérance discrète : c'est la doctrine constante de l'administration (BOI-RFPI-BASE-20), confortée par le juge. La règle tient en une phrase : les dépenses engagées en vue de louer un logement momentanément vacant sont déductibles, à charge pour le propriétaire de prouver qu'il a bien tout fait pour le relouer. Toute la difficulté se loge dans ce « à charge de prouver » — j'y reviens au chapitre 3.
Les charges qui restent déductibles
| Charge | Déductible pendant la vacance ? | Base |
|---|---|---|
| Intérêts d'emprunt | Oui (sur revenus fonciers uniquement) | Art. 31 I 1° d CGI |
| Taxe foncière | Oui | Art. 31 I 1° c CGI |
| Prime d'assurance (PNO) | Oui | Art. 31 I 1° a bis CGI |
| Travaux d'entretien et de réparation | Oui | Art. 31 I 1° a CGI |
| Charges de copropriété (provisions) | Oui | Art. 31 I 1° a quater CGI |
| Frais de gestion et d'annonce | Oui | Art. 31 I 1° e CGI |
| Dépenses d'agrément / construction | Non | Art. 31 I 1° b CGI |
En clair : la SCI continue de porter en déduction sa taxe foncière, sa prime de propriétaire non-occupant, ses intérêts d'emprunt, ses travaux de remise en état. Le compteur des charges ne s'arrête pas parce que le loyer, lui, s'est arrêté. Pour le panorama complet des postes admis, notre guide des charges déductibles en SCI passe chaque ligne en revue.
La nuance des intérêts d'emprunt
Un cas à part, cependant : les intérêts d'emprunt. Eux ne s'imputent que sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global. Pendant une année blanche, la part de charges qui correspond aux intérêts ne peut donc pas venir alléger l'impôt personnel des associés — elle se met de côté, en déficit reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. C'est technique, mais ça change tout au moment de calculer le gain réel : on y revient au chapitre 4.
3. Prouver l'intention réelle de louer
C'est ici que tout se gagne ou tout se perd. L'administration ne vous croit pas sur parole : elle veut la preuve que la SCI a vraiment cherché à louer, et à un loyer que le marché peut absorber. Et plus la vacance traîne, plus la barre monte. Six semaines entre deux baux ? Personne ne vous demandera rien. Deux ans sans une annonce, sans un mandat, sans une visite ? Le vérificateur considérera que le bien a quitté le marché locatif — et réintégrera toutes les charges déduites, avec intérêts de retard. La différence entre les deux situations, ce n'est pas la chance : c'est le dossier que vous avez constitué.
Le faisceau d'indices attendu
- Mandat de location ou de gestion confié à une agence, daté et signé.
- Annonces publiées (portails, vitrine d'agence) : conservez les captures d'écran datées et les justificatifs de diffusion.
- Devis et factures de travaux de remise en état destinés à rendre le bien relouable.
- Correspondances avec des candidats locataires, comptes rendus de visites, refus de dossiers insuffisants.
- Preuve d'un loyer de marché : un loyer manifestement surévalué qui décourage tout candidat peut être requalifié en vacance volontaire.
Piège fréquent : réserver le logement vacant à un usage personnel — un associé qui y séjourne pendant l'été, par exemple — fait perdre le caractère locatif du bien pour la période concernée. Les charges ne sont alors plus déductibles, et le risque de requalification en SCI fictive grandit.
Un cas particulier mérite l'attention : la vacance qui succède à un impayé ou à un départ houleux. Là, gardez précieusement la trace de la procédure de recouvrement, du commandement de payer, de l'expulsion éventuelle. Ce dossier joue en votre faveur : il prouve que le bien était loué, qu'il aurait dû le rester, et que la vacance vous est tombée dessus. Notre guide sur les impayés de loyer en SCI liste les pièces à conserver.
4. Créer un déficit foncier sans percevoir de loyers
Voici le paradoxe que peu de gérants anticipent : une année sans le moindre loyer peut être une bonne année fiscale. La mécanique est simple. Les charges restent déductibles, les recettes tombent à zéro : le résultat foncier passe dans le rouge. Ce rouge-là porte un nom — le déficit foncier — et il ne se perd pas, il se déduit.
Le mécanisme d'imputation
En SCI à l'IR, le déficit foncier remonte à chaque associé au prorata de ses parts, puis suit les règles de l'article 156 du CGI :
- La fraction de déficit hors intérêts d'emprunt s'impute sur le revenu global de l'associé, dans la limite de 10 700 € par an.
- Ce plafond est porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique permettant à un logement de sortir du statut de passoire thermique (classe E, F ou G vers A, B, C ou D), dispositif prorogé jusqu'au 31 décembre 2027.
- La fraction correspondant aux intérêts d'emprunt ne s'impute que sur les revenus fonciers, et le surplus se reporte sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Le logement vide qu'on remet en état avant de relouer est l'exemple d'école : zéro loyer d'un côté, une pile de factures de travaux de l'autre, et le tout — additionné à la taxe foncière et à l'assurance — vient rogner l'impôt personnel des associés. Autrement dit, la période creuse finance une partie de la remise à neuf. Pour dérouler tout le mécanisme, voir notre guide du déficit foncier en SCI.
L'engagement de location de trois ans
Un piège, toutefois, à ne pas ignorer : le déficit imputé sur le revenu global n'est acquis pour de bon que si le bien reste effectivement loué jusqu'au 31 décembre de la troisième année qui suit l'imputation. Le scénario qui coûte cher ? Créer un beau déficit grâce aux travaux pendant la vacance, puis, une fois le chantier fini, ne pas relouer — ou revendre dans la foulée. Le fisc rembobine, et l'économie d'impôt part avec. Si votre SCI enchaîne les exercices dans le rouge, notre guide SCI déficitaire fait le point.
5. TLV et THLV : quand la vacance est taxée
Jusqu'ici, la vacance jouait plutôt en votre faveur. Passé un certain seuil, elle se retourne. L'État n'aime pas les logements qui dorment pendant que des locataires cherchent un toit : il taxe la rétention immobilière. Deux dispositifs à connaître, et c'est l'adresse du bien qui décide lequel s'applique.
La TLV — taxe sur les logements vacants (art. 232 CGI)
La TLV s'applique de plein droit dans les zones tendues (communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants marquée par un déséquilibre entre offre et demande de logements). Elle vise les logements habitables mais vacants depuis au moins un an au 1er janvier de l'année d'imposition.
- Taux : 17 % de la valeur locative cadastrale la première année d'imposition.
- Taux : 34 % à partir de la deuxième année.
- Elle est due par le propriétaire au 1er janvier — donc par la SCI lorsqu'elle détient le bien.
La THLV — taxe d'habitation sur les logements vacants (art. 1407 bis CGI)
Hors zone tendue, pas de TLV automatique — mais la commune garde une carte en main : par simple délibération, elle peut instaurer une THLV. Le seuil est plus généreux (plus de deux ans de vacance au 1er janvier) et le taux calqué sur la taxe d'habitation locale. Une règle simple pour ne pas s'emmêler : les deux ne se cumulent jamais. Une commune est soit en TLV, soit en THLV, jamais les deux.
À venir en 2027 : la loi de finances pour 2026 (art. 108) fusionne la TLV et la THLV en une taxe unique sur la vacance des locaux d'habitation (TVLH), codifiée à l'article 1406 bis du CGI, applicable à compter des impositions établies au titre de 2027. Les règles décrites ici (TLV/THLV) restent celles en vigueur pour 2026.
| Critère | TLV (art. 232 CGI) | THLV (art. 1407 bis CGI) |
|---|---|---|
| Territoire | Zone tendue | Hors zone tendue (sur délibération) |
| Durée de vacance | ≥ 1 an | > 2 ans |
| Taux | 17 % puis 34 % | Taux de taxe d'habitation locale |
| Caractère | De plein droit | Facultatif (commune) |
| Exonération vacance involontaire | Oui | Oui |
L'exonération décisive : la vacance involontaire
Et c'est là que la SCI de bonne foi respire : la TLV comme la THLV ne frappent que la vacance choisie. L'article 232 du CGI met hors de portée les logements dont la vacance est indépendante de la volonté du propriétaire, à savoir notamment :
- le logement mis en location ou en vente au prix du marché mais ne trouvant pas preneur ;
- le logement nécessitant des travaux importants pour être habitable (plus de 25 % de sa valeur) ;
- le logement occupé plus de 90 jours consécutifs au cours de l'année de référence, qui n'est alors pas considéré comme vacant.
Vous voyez la logique : le même dossier de preuves qui sauve vos charges au chapitre 3 vous met aussi à l'abri de la taxe. Un seul effort, deux protections. Ce qui est sanctionné, c'est le bien qu'on laisse dormir sans lever le petit doigt. Pour la carte des zones concernées et la marche à suivre en cas de contestation, voir notre guide taxe sur les logements vacants en SCI.
Ne pas confondre avec la taxe foncière
La taxe foncière reste due pendant la vacance, indépendamment de la TLV. Un dégrèvement de taxe foncière est toutefois possible pour un immeuble destiné à la location resté vacant au moins trois mois pour une cause indépendante de la volonté du propriétaire (art. 1389 du CGI), sur réclamation. Voir notre guide taxe foncière en SCI.
6. Vacance en SCI à l'IS : charges et amortissement
Changement de décor avec la SCI à l'impôt sur les sociétés. On quitte le monde des revenus fonciers pour celui de la comptabilité d'entreprise — mais la conclusion, elle, ne bouge pas : la vacance n'arrête ni les charges, ni l'amortissement. Elle en rajoute même une couche.
Les charges restent déductibles (art. 39 CGI)
À l'IS, les charges sont déductibles dès lors qu'elles sont engagées dans l'intérêt de la société et régulièrement justifiées (art. 39 du CGI). Une SCI à l'IS qui détient un immeuble locatif temporairement vide continue de déduire sa taxe foncière, son assurance, ses charges de copropriété, ses frais de gestion et ses intérêts d'emprunt. Contrairement au régime foncier de l'IR, il n'y a pas de distinction d'imputation : toutes ces charges concourent au résultat imposable.
L'amortissement se poursuit
Et voici le vrai atout de l'IS : la SCI amortit le bâti et ses composants. L'amortissement, c'est l'usure de l'immeuble qui s'inscrit chaque année dans les comptes. Or l'immeuble vieillit qu'il soit habité ou non — un plancher, une toiture, une chaudière se dégradent même derrière des volets fermés. L'amortissement continue donc de tourner pendant la vacance. Et comme il ne vous coûte rien en trésorerie (vous ne sortez pas un euro), il creuse le déficit sans vider les poches.
D'où un résultat courant : une SCI à l'IS avec un bien vide accumule un gros déficit reportable (amortissement + charges), qui viendra effacer les bénéfices des exercices futurs, sans limite de durée. La vacance d'aujourd'hui prépare l'impôt allégé de demain. Nos guides amortissement en SCI et déficit reportable à l'IS détaillent le calcul.
Nuance à l'IS : la déductibilité repose sur l'intérêt social. Un immeuble laissé vide sans logique économique, ou occupé par un associé sans contrepartie, expose au risque d'acte anormal de gestion. Là encore, la preuve d'une gestion locative active protège la SCI.
7. Vacance subie ou vacance volontaire
On y revient une dernière fois, parce que c'est le nerf de tout : subie ou volontaire ? De cette réponse dépendent, en même temps, le sort de vos charges et celui de la TLV. Un même logement vide, deux régimes opposés selon l'histoire qu'il raconte.
| Conséquence | Vacance subie (involontaire) | Vacance volontaire |
|---|---|---|
| Déduction des charges (IR) | Maintenue | Refusée |
| Déduction / amortissement (IS) | Maintenus | Contestables |
| TLV / THLV | Exonérée | Due |
| Risque de requalification | Faible | Élevé (SCI fictive) |
La vacance subie, c'est : le bien proposé au juste prix qui ne trouve pas preneur, le chantier de remise en état qui traîne, les quelques mois entre deux baux, le litige avec l'ancien locataire. Elle est protégée — à condition, toujours, d'être prouvée.
La vacance volontaire, c'est : le logement qu'on garde vide « au cas où », le loyer gonflé exprès pour ne pas louer, l'appartement réservé pour la famille, l'absence pure et simple de la moindre démarche. Celle-là encaisse la double peine : plus de déduction, et la taxe par-dessus.
8. Cas chiffré : un T2 vacant six mois
Assez de théorie, prenons un cas concret. Une SCI à l'IR au régime réel possède un T2 dans une grande agglomération, en zone tendue. Le locataire rend les clés le 30 juin. Dès le lendemain, la gérante mandate une agence, met une annonce en ligne, lance un rafraîchissement (peinture, sol, robinetterie), et signe un nouveau bail au 1er janvier. Six mois de vide, oui — mais six mois de vacance subie et parfaitement documentée. Voici ce que donne le second semestre.
| Poste (2ᵉ semestre) | Montant |
|---|---|
| Loyers encaissés (bien vacant) | 0 € |
| Taxe foncière (quote-part) | – 600 € |
| Assurance PNO | – 180 € |
| Travaux de rafraîchissement (entretien) | – 4 500 € |
| Frais d'agence (mise en location) | – 700 € |
| Intérêts d'emprunt (semestre) | – 2 200 € |
| Déficit foncier hors intérêts | – 5 980 € |
| Déficit lié aux intérêts (reportable) | – 2 200 € |
Le verdict : les 5 980 € de déficit hors intérêts descendent dès cette année sur le revenu global des associés (on est loin du plafond de 10 700 €). Les 2 200 € d'intérêts, eux, patientent et s'imputeront sur les revenus fonciers des dix prochaines années. Bilan : une année sans loyer qui fait baisser l'impôt personnel — précisément parce que la vacance est subie, tracée, et suivie d'une vraie relocation. Et la TLV dans tout ça ? Elle ne mord qu'à partir d'un an de vacance : six mois, même en zone tendue, passent sous le radar. Zéro taxe sur les logements vacants.
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9. Bonnes pratiques et preuves à conserver
Les vérificateurs connaissent la vacance par cœur : c'est un terrain de redressement facile, où beaucoup de propriétaires arrivent les mains vides. Ne soyez pas de ceux-là. Voici la checklist qui tient la route, à l'IR comme à l'IS :
- Conservez toutes les preuves de mise en location : mandat, annonces datées, échanges avec candidats, dès le départ du locataire.
- Fixez un loyer de marché et gardez la trace de sa cohérence (annonces comparables du secteur).
- Documentez les travaux : devis, factures, dates. Ils justifient à la fois la déduction et l'exonération de TLV.
- Déclarez l'occupation du bien via « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr, chaque changement de situation.
- Contestez la TLV à tort par réclamation, en joignant les preuves de vacance involontaire, si le bien est taxé alors qu'il est activement proposé.
- Ne détournez jamais le bien vers un usage personnel pendant la vacance : c'est la première cause de redressement.
- Tenez une comptabilité continue même sans recettes : une année blanche bien documentée reste une année fiscalement utile.
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FAQ — Vacance locative en SCI
Peut-on déduire les charges d'un logement vacant en SCI ?
Oui, à condition de prouver que la SCI a réellement l'intention de louer le bien. Le BOFiP (BOI-RFPI-BASE-20) admet la déduction des charges (intérêts d'emprunt, assurance, taxe foncière, travaux d'entretien) tant que le logement reste destiné à la location. Si le bien est laissé volontairement inoccupé ou réservé à un usage personnel, la déduction est refusée.
Comment prouver l'intention réelle de louer ?
Par un faisceau d'indices : mandat de gestion ou de location signé, annonces publiées (captures datées), devis et factures de travaux de remise en état, courriers échangés avec des candidats. Plus la vacance dure, plus l'administration exige de preuves de démarches actives et d'un loyer conforme au marché.
Une SCI à l'IR peut-elle créer un déficit foncier sans percevoir de loyers ?
Oui. En l'absence de recettes, les charges déductibles hors intérêts d'emprunt génèrent un déficit foncier imputable sur le revenu global des associés dans la limite de 10 700 € par an. Les intérêts d'emprunt ne s'imputent que sur les revenus fonciers ; le solde se reporte sur les 10 années suivantes.
Qu'est-ce que la taxe sur les logements vacants (TLV) ?
La TLV (art. 232 du CGI) frappe les logements habitables mais vides depuis au moins un an au 1er janvier, situés en zone tendue. Le taux est de 17 % de la valeur locative la première année, puis 34 % à partir de la deuxième. Elle est due par le propriétaire, donc par la SCI qui détient le bien.
Quelle différence entre la TLV et la THLV ?
La TLV (art. 232 CGI) s'applique de plein droit en zone tendue, dès un an de vacance, à des taux nationaux (17 % puis 34 %). La THLV (art. 1407 bis CGI) est une taxe facultative que les communes hors zone tendue peuvent instituer ; elle vise les logements vacants depuis plus de deux ans, à un taux calqué sur la taxe d'habitation locale.
La vacance involontaire échappe-t-elle à la TLV ?
Oui. L'article 232 du CGI exonère les logements dont la vacance est indépendante de la volonté du propriétaire : bien mis en location ou en vente au prix du marché sans preneur, ou nécessitant des travaux importants (plus de 25 % de sa valeur). Un logement occupé plus de 90 jours consécutifs au cours de l'année de référence n'est pas considéré comme vacant.
Une SCI à l'IS continue-t-elle d'amortir un bien vacant ?
Oui. À l'IS, l'amortissement du bâti et de ses composants se poursuit pendant la vacance, car il traduit la dépréciation économique de l'immeuble, indépendamment de son occupation. Les charges (assurance, taxe foncière, entretien, intérêts) restent déductibles au titre de l'article 39 du CGI dès lors qu'elles sont engagées dans l'intérêt social.
La taxe foncière reste-t-elle due pendant la vacance ?
Oui, elle est due par le propriétaire au 1er janvier, loué ou non. Un dégrèvement est possible en cas de vacance d'un immeuble destiné à la location, sous conditions strictes : vacance d'au moins trois mois, indépendante de la volonté du propriétaire, affectant la totalité ou une partie divisible du bien (art. 1389 CGI), sur réclamation.
Le déficit foncier créé pendant la vacance est-il définitivement acquis ?
Pas totalement. L'imputation d'un déficit sur le revenu global impose de continuer à louer le bien jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation. Si la SCI cesse la location ou vend le bien avant, l'avantage est remis en cause et le revenu global des années concernées est recalculé.
Que faire pendant la vacance entre deux locataires ?
Une vacance courte entre deux baux ne pose aucune difficulté : les charges restent déductibles et la relocation prouve l'intention de louer. Conservez simplement les traces des démarches (état des lieux de sortie, annonce, nouveau bail) pour justifier la continuité de l'affectation locative.
Un logement en travaux est-il considéré comme vacant ?
Un logement en travaux de remise en état destiné à la relocation reste un bien affecté à la location : charges et travaux sont déductibles. Pour la TLV, un logement nécessitant des travaux importants (plus de 25 % de sa valeur) est expressément exonéré. Conservez devis, factures et calendrier des travaux.
Une résidence secondaire logée dans une SCI est-elle soumise à la TLV ?
Non, la TLV ne vise que les logements vacants, c'est-à-dire vides ou occupés moins de 90 jours consécutifs. Un logement meublé à disposition des associés relève de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, pas de la TLV. Attention : un tel usage personnel remet en cause la déduction des charges.
La SCI doit-elle déclarer un logement vacant ?
Oui, via le service « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr. La SCI doit déclarer la situation d'occupation de chaque local (occupé, loué, vacant) au 1er janvier. Cette déclaration sert de base à l'établissement de la TLV, de la THLV et de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires.
La vacance volontaire est-elle risquée fiscalement ?
Oui. Laisser un bien vide sans chercher à le louer expose à un double risque : refus de déduction des charges (absence d'intention de louer) et application de la TLV ou de la THLV, qui ne s'exonèrent que pour la vacance involontaire. Une vacance volontaire prolongée peut aussi nourrir un soupçon de SCI fictive lors d'un contrôle.
Peut-on déduire les intérêts d'emprunt d'un bien vacant en SCI à l'IR ?
Oui, les intérêts restent déductibles pendant la vacance si l'intention de louer est établie. Ils ne s'imputent toutefois que sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global. En l'absence de recettes, la fraction de déficit provenant des intérêts se reporte sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
La vacance longue peut-elle faire perdre le régime réel ?
Non, la vacance ne fait pas basculer de régime en elle-même. Mais une SCI durablement sans recettes qui n'engage aucune démarche de location peut voir sa réalité économique contestée : requalification en SCI fictive, refus des déficits, voire soupçon d'abus de droit. La clé reste la preuve continue d'une gestion locative active.