Faut-il un expert-comptable pour une SCI ? La réponse honnête en 2026
Non. Aucun texte n'oblige une société civile immobilière — une SCI — à confier ses comptes à un expert-comptable, ni à l'impôt sur le revenu (IR), ni à l'impôt sur les sociétés (IS). Ce que la loi impose, c'est de tenir une comptabilité et de déposer une déclaration à l'heure. Pas de payer un prestataire.
La vraie question est ailleurs : votre SCI est-elle du genre à se tenir toute seule, ou du genre où l'erreur se paie ? Une SCI à l'impôt sur le revenu qui détient un appartement loué nu entre deux associés n'a besoin de personne. Une SCI qui achète un immeuble à l'impôt sur les sociétés, ou dont un associé est une société, change de catégorie. Cette page trace la ligne, avec les montants — le détail des obligations régime par régime restant dans notre guide de la comptabilité d'une SCI à l'IR et à l'IS.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app. Textes vérifiés sur version consolidée. Mis à jour le 08/10/2026.
À retenir en 30 secondes
- L'expert-comptable n'est jamais obligatoire en SCI. Le monopole de 1945 vise la comptabilité vendue à autrui, pas celle que le gérant tient pour sa propre société.
- Ce qui est obligatoire, c'est la comptabilité : un livre de recettes et de dépenses à l'IR, une comptabilité commerciale complète à l'IS.
- Quatre situations justifient un professionnel : un associé société, la première liasse fiscale à l'IS (déclaration de résultat et tableaux comptables), une bascule involontaire à l'IS, un contrôle fiscal. Ailleurs, l'écart de coût net est de 316 €/an à l'IR et 1 335 €/an à l'IS.
- Seul le commissaire aux comptes peut devenir obligatoire : il faut environ 3,1 millions d'euros de loyers annuels.
Sommaire
- Non : aucun texte n'impose d'expert-comptable à une SCI
- SCI à l'impôt sur le revenu : le minimum tient en quatre pièces
- SCI à l'impôt sur les sociétés : une vraie comptabilité devient obligatoire
- L'exception : un associé société à l'IS
- Ce qu'un expert-comptable fait — et les quatre choses qu'il ne fait pas
- Les trois autres cas où se passer d'un expert-comptable est une mauvaise idée
- Trois cas où une SCI se passe très bien d'expert-comptable
- Honoraires d'expert-comptable : ce que ça coûte, impôt déduit
- Le commissaire aux comptes : le seul professionnel obligatoire
- Tenir sa SCI sans expert-comptable : la liste de ce qu'il faut produire
- Ce qui a changé en 2026, et ce qui change au 1er janvier 2027
- Les trois choses à retenir
- Questions fréquentes : 16 réponses courtes
1. Non : aucun texte n'impose d'expert-comptable à une SCI
Le texte qui revient toujours dans la conversation, c'est l'ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945. On se trompe presque toujours d'article. Son article 2 ne réserve rien, il définit le métier. Il dit que l'expert-comptable fait profession habituelle de réviser, tenir, centraliser, ouvrir, arrêter, surveiller, redresser et consolider les comptabilités des entreprises et organismes auxquels il n'est pas lié par un contrat de travail.
Le monopole, lui, est à l'article 20, dans sa version en vigueur depuis le 16 février 2022. Exerce illégalement la profession celui qui, sans être inscrit au tableau de l'Ordre en son propre nom et sous sa responsabilité, exécute habituellement les travaux des deux premiers alinéas de l'article 2. Deux conditions, donc, et elles sont cumulatives : exécuter ces travaux à titre de profession, pour des entreprises et organismes tiers, et les exécuter habituellement. Le gérant qui saisit les loyers de sa propre SCI ne remplit ni l'une ni l'autre.
La sanction, quand elle s'applique, n'est pas symbolique : l'article 20 renvoie aux peines des articles 433-17 et 433-25 du code pénal, soit un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende pour une personne physique, et 75 000 € pour une société. Mais elle vise le faux cabinet, pas l'associé qui tient ses comptes.
| Ce qui est une obligation légale | Ce qui reste un libre choix |
|---|---|
| Tenir des comptes, au niveau exigé par le régime fiscal | Les tenir vous-même, avec un logiciel, ou via un cabinet |
| Déposer la déclaration de résultat dans les délais | Faire signer ou non la liasse par un professionnel |
| Rendre compte de sa gestion aux associés chaque année (art. 1856 du Code civil) | Faire rédiger le rapport et le procès-verbal par un tiers |
| Conserver les justificatifs et les tenir à disposition des associés | Le support : classeur papier, tableur ou logiciel |
Une confirmation se lit sur les formulaires eux-mêmes. Le contenu de la déclaration de résultat d'une société à l'impôt sur les sociétés est commandé par l'article 38, I, b de l'annexe III au CGI. Ce texte demande d'indiquer le nom et l'adresse du ou des comptables chargés de tenir la comptabilité, « en précisant si ces techniciens font partie ou non du personnel salarié de l'entreprise ». Il n'exige nulle part qu'il en existe un, et il envisage explicitement qu'il soit interne. Sur le formulaire 2065-SD, la case s'intitule « Nom et adresse du professionnel de l'expertise comptable ». C'est un champ libre. On le laisse vide : ni case à cocher, ni justification à fournir. Un détail au passage, puisqu'on lit encore en ligne la formule « s'il en existe » attribuée à ce cadre — elle figurait sur d'anciens millésimes et a disparu du millésime actuel.
2. SCI à l'impôt sur le revenu : le minimum tient en quatre pièces
Une SCI à l'impôt sur le revenu est translucide : elle ne paie pas l'impôt elle-même, chaque associé est imposé sur sa part de résultat (article 8 du CGI). Son revenu se calcule en encaissements et décaissements — on retient ce qui est entré et sorti dans l'année, pas ce qui est facturé (articles 28 et 31 du CGI). Aucun bilan. Aucune partie double — le système où chaque opération s'inscrit deux fois, au débit d'un compte et au crédit d'un autre. Aucune obligation d'appliquer le plan comptable général.
Mais « pas de comptabilité commerciale » ne veut pas dire « pas de comptes ». Deux textes du droit des sociétés civiles imposent des comptes opposables aux associés :
- L'article 1855 du Code civil donne à chaque associé le droit d'obtenir, au moins une fois par an, communication des livres et documents sociaux, et de poser par écrit des questions sur la gestion. Le gérant a un mois pour répondre, par écrit.
- L'article 48 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 en fixe les modalités concrètes. L'associé non gérant prend connaissance par lui-même, au siège social, de tous les livres et documents sociaux : contrats, factures, correspondances, procès-verbaux. Il peut en prendre copie. Il peut aussi se faire assister d'un expert agréé par la Cour de cassation ou près une cour d'appel. Contrairement à ce qu'on lit parfois, ce texte ne plafonne pas la consultation. La limite de deux consultations par an existe bien, mais dans la société en nom collectif (article L221-8 du Code de commerce) : elle n'a jamais été transposée à la société civile.
S'y ajoute l'article 1856 : le gérant doit rendre compte de sa gestion au moins une fois par an, par un rapport écrit indiquant les bénéfices réalisés ou prévisibles et les pertes encourues ou prévues. Quatre pièces couvrent le tout : un livre de recettes et de dépenses tenu dans l'ordre des dates, les justificatifs classés en face, le rapport écrit du gérant, et la trace écrite de l'approbation annuelle. Cette dernière prend la forme d'un procès-verbal d'assemblée, ou d'un procès-verbal de consultation écrite si les statuts l'autorisent (article 1853 du Code civil). Le reste est du confort.
Sur ce socle, la SCI dépose la déclaration 2072-S-SD (ou 2072-C-SD dans les cas particuliers), et chaque associé reporte sa part sur sa 2044 puis sa 2042. Le remplissage case par case est détaillé dans le guide de la déclaration 2072, et le format des livres dans celui des registres comptables d'une SCI.
3. SCI à l'impôt sur les sociétés : là, une vraie comptabilité devient obligatoire
À l'impôt sur les sociétés, la SCI calcule son résultat comme une entreprise commerciale. Deux articles s'enchaînent, et pas un seul, contrairement à ce qu'on lit souvent. Le 3 de l'article 206 du CGI ouvre l'option aux sociétés civiles, mais il ne dit rien de la méthode de calcul. C'est le I de l'article 209 qui la commande : il renvoie aux articles 34 à 45 du CGI, c'est-à-dire aux règles des bénéfices industriels et commerciaux. Le Code de commerce, lui, n'y est pour rien : ses articles L123-12 et suivants ne visent que les commerçants, et une SCI n'en est jamais un, même après une option pour l'impôt sur les sociétés. L'obligation vient du droit fiscal — l'article 54 du CGI et l'article 38 quater de son annexe III, qui impose de respecter le plan comptable général. Trois obligations en découlent : enregistrer les opérations dans l'ordre des dates, dresser un inventaire au moins une fois par an, puis établir un bilan, un compte de résultat et une annexe. On passe d'un suivi de trésorerie à une comptabilité d'engagement — le loyer s'enregistre au moment où il est dû, pas au moment où il tombe sur le compte.
Deux mécanismes font toute la difficulté, et aucun n'existe à l'impôt sur le revenu. Le premier est l'amortissement : déduire chaque année une fraction de la valeur du bâti, après avoir isolé le terrain, qui ne s'amortit jamais. Le second est le passage du résultat comptable au résultat fiscal, par des retraitements que le bilan ne montre pas.
C'est aussi le régime où le taux d'impôt dépend du bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà (article 219, I, b du CGI). Le taux réduit suppose un chiffre d'affaires inférieur ou égal à 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré — c'est-à-dire réellement versé, pas seulement promis — et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
| Obligation | SCI à l'impôt sur le revenu | SCI à l'impôt sur les sociétés |
|---|---|---|
| Méthode | Encaissements / décaissements | Engagement, partie double, plan comptable |
| Bilan, compte de résultat, annexe | Non | Oui |
| Amortissement de l'immeuble | Exclu | Obligatoire |
| Déclaration de résultat | 2072-S-SD ou 2072-C-SD | 2065-SD + 2033-A à 2033-G, ou 2050 à 2059 |
| Dépôt des comptes au greffe | Jamais | Jamais |
| Expert-comptable obligatoire ? | Non | Non |
La ligne « jamais » du dépôt au greffe n'est pas une coquille : aucune SCI n'a à déposer ses comptes annuels, même à l'impôt sur les sociétés, même détenue à 100 % par des sociétés commerciales. Si un prestataire vous facture cette formalité, elle n'existe pas. Le mécanisme des amortissements en SCI et le passage du résultat comptable au résultat fiscal ont chacun leur guide.
4. L'exception que presque personne ne traite : un associé société à l'IS
Un seul associé peut tout faire basculer : une société. Supposons qu'une société soumise à l'impôt sur les sociétés détienne des parts de votre SCI — une holding, une SAS d'exploitation, une SARL. La plupart des pages en ligne passent ce cas sous silence. Il mérite mieux. L'article 238 bis K, I du CGI impose alors de calculer sa part de résultat selon les règles qui s'appliquent à elle — celles des entreprises, pas celles des revenus fonciers.
Deux conditions, à vérifier avant de paniquer : les parts doivent être inscrites à l'actif de la société associée, et celle-ci doit être passible de l'impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun. Le même texte vise une seconde situation, plus rare mais réelle. Une entreprise imposée à l'impôt sur le revenu de plein droit selon un régime de bénéfice réel — un commerçant, un artisan ou un agriculteur exerçant en nom propre — peut avoir inscrit les parts de SCI à l'actif de son entreprise. Le texte joue alors pleinement, même si le détenteur est une personne physique. En dehors de ces deux cas, un associé qui détient ses parts dans son patrimoine privé, même dirigeant de la société en question, ne déclenche rien. Une association exonérée non plus.
Conséquence pratique : la SCI reste à l'impôt sur le revenu, mais elle doit produire deux résultats sur le même exercice. Un résultat foncier en encaissements-décaissements pour les associés personnes physiques, et un résultat calculé à la manière d'une entreprise, amortissements compris, pour l'associé société. Cela suppose un plan d'amortissement, donc une comptabilité d'engagement, dans une SCI qui croyait n'avoir besoin que d'un tableur.
Cas chiffré — SCI Les Tilleuls, exercice 2026
Claire détient 60 % des parts, sa SARL d'exploitation en détient 40 %. La SCI est à l'impôt sur le revenu. Immeuble acquis 520 000 €, dont 130 000 € de terrain et 390 000 € de bâti amorti sur 40 ans.
- Loyers encaissés : 72 000 € — charges décaissées : 26 000 €
- Résultat foncier (encaissements moins décaissements) : 46 000 €
- Part de Claire : 60 % × 46 000 = 27 600 €, imposés à son taux marginal d'imposition — la tranche la plus haute atteinte par ses revenus — de 30 %, plus 17,2 % de prélèvements sociaux sur les revenus fonciers, soit 27 600 × 47,2 % = 13 027 €
- Dotation aux amortissements à retenir pour la SARL : 390 000 ÷ 40 = 9 750 €
- Résultat recalculé selon les règles applicables aux entreprises : 46 000 − 9 750 = 36 250 €
- Part de la SARL : 40 % × 36 250 = 14 500 €, intégrés à son propre résultat imposable
Sans l'article 238 bis K, la SARL aurait remonté 40 % × 46 000 = 18 400 €. L'écart de base est de 3 900 € par an. Si le bénéfice de la SARL dépasse 42 500 € et relève donc du taux normal de 25 %, cela fait 975 € d'impôt sur les sociétés en moins ; si elle reste au taux réduit de 15 %, l'économie tombe à 585 €. L'exception joue ici en faveur du contribuable — mais elle n'est pas optionnelle, et elle impose la double comptabilité.
Dans ce cas précis, notre réponse est nette : ne tenez pas cette SCI seul sur un tableur. Ce n'est pas une question de compétence, c'est une question de format — deux jeux de résultats, un plan d'amortissement à maintenir sur quarante ans, et une remontée à sécuriser dans la liasse de la société associée. La configuration entière est traitée dans notre guide de la SCI avec un associé personne morale, et le cas de la détention par une holding dans celui des parts de SCI détenues par une holding à l'IS.
5. Ce qu'un expert-comptable fait pour une SCI — et les quatre choses qu'il ne fait pas
Puisqu'il n'est pas obligatoire, autant savoir ce que l'on achète. Une mission annuelle sur une SCI recouvre à peu près toujours les mêmes travaux. La saisie et le classement des mouvements bancaires d'abord. Puis le plan d'amortissement à l'impôt sur les sociétés, la production du bilan et de la liasse, sa télétransmission. Et enfin l'aide à la rédaction du rapport de gestion et du procès-verbal d'assemblée générale annuelle.
Regardez la répartition avec lucidité. Environ la moitié du temps facturé est de la saisie, ce qu'un logiciel connecté au compte bancaire absorbe. Sur une mission à 1 200 € HT, cela fait à peu près 600 € de recopie. L'autre moitié est du jugement : quelle durée d'amortissement, charge ou immobilisation. C'est là que le cabinet vaut son prix — et c'est la seule moitié qui mérite vraiment d'être payée.
Et voilà ce qu'il ne fait pas, contrairement à ce que beaucoup de gérants croient :
- Il ne certifie pas vos comptes. La certification est le métier du commissaire aux comptes. Une attestation de mission n'a pas la même portée.
- Il ne valide pas votre montage face à l'administration. Sa signature ne fait pas obstacle à un redressement et n'engage pas le fisc.
- Il n'assume pas l'impôt ni les pénalités. L'administration s'adresse toujours à la SCI. La responsabilité du cabinet ne se discute qu'ensuite, et seulement s'il a commis une faute dans sa mission.
- Il ne prend pas la place du gérant. Convoquer l'assemblée, signer le procès-verbal, répondre aux questions écrites des associés : ces obligations restent personnelles au gérant, cabinet ou pas.
Tenez la saisie, gardez l'expertise pour le reste
sci-ai.app rapproche vos mouvements bancaires, calcule vos amortissements, produit votre 2072 ou votre liasse 2065 et la télétransmet. Offre Autonomie à 229 € TTC/an, ou 349 € TTC/an avec un expert-comptable partenaire.
6. Les trois autres cas où se passer d'un expert-comptable est une mauvaise idée
Un guide qui ne dit jamais non n'est pas un guide, c'est une brochure. L'associé société de la section 4 est la première de ces situations, et elle est déjà traitée. Les trois autres suivent. Ce sont celles où, sur les dossiers que nous voyons passer, l'autonomie complète tourne mal — avec le coût de l'erreur, calculé.
6.1. La première liasse à l'impôt sur les sociétés, avec un immeuble à ventiler
Ventiler, c'est répartir le prix payé entre le terrain, qui ne s'amortit pas, et le bâti, qui s'amortit. La répartition se décide une fois et se traîne pendant quarante ans. Sous-évaluer le terrain gonfle l'amortissement et réduit l'impôt : c'est ce que le vérificateur cherche en premier.
Cas chiffré — une ventilation trop généreuse
- Immeuble acquis 600 000 €. Le gérant retient 5 % de terrain, soit 30 000 €, quand les mutations comparables du secteur donnent 20 %, soit 120 000 €.
- Base amortissable retenue : 570 000 € au lieu de 480 000 €.
- Sur 40 ans : dotation de 14 250 € au lieu de 12 000 €, soit 2 250 € de charge en trop chaque année.
- Le contrôle remonte sur trois exercices (délai de reprise de droit commun, article L169 du Livre des procédures fiscales) : 6 750 € réintégrés, c'est-à-dire réajoutés au bénéfice imposable.
- Impôt sur les sociétés de rappel, au taux de 25 % (bénéfice de la SCI supérieur à 42 500 €) : 562,50 € par exercice, soit 1 688 € au total.
- Intérêt de retard de 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an (article 1727 du CGI), compté sur environ 36, 24 et 12 mois selon l'exercice : 562,50 × 72 × 0,20 % = 81 €. Total : environ 1 769 €.
Correction que personne ne fait : il n'y a pas de majoration de 10 % ici. Celle de l'article 1758 A du CGI ne vise que les déclarations d'impôt sur le revenu. À l'impôt sur les sociétés, une insuffisance de bonne foi ne coûte que les droits et l'intérêt de retard. La première majoration qui puisse s'ajouter est celle de 40 % de l'article 1729. Elle est réservée au manquement délibéré : une sous-évaluation que l'on savait fausse.
Et l'argument du cabinet ne tient pas seul : trois ans d'honoraires à 1 400 € HT coûtent 4 200 €, soit près de deux fois et demie le redressement. Payer un professionnel pour s'éviter ce rappel serait un mauvais calcul. Ce qui coûte vraiment, c'est la suite, et elle se chiffre. La ventilation trop généreuse continue de déduire 2 250 € de trop chaque année : 83 250 € sur les trente-sept années restantes, 90 000 € sur les quarante ans du plan — exactement la part de terrain sous-évaluée. À 25 %, ce sont 22 500 € d'impôt sur les sociétés qui seront repris tôt ou tard. Sinon lors d'un contrôle, alors à la revente : la plus-value se calcule sur la valeur nette comptable, que chaque euro d'amortissement en trop diminue d'autant. Face à ces 22 500 €, les 4 200 € de trois exercices d'honoraires changent de sens.
Notre position : payez une mission ponctuelle la première année — la ventilation, le bilan d'ouverture, le plan d'amortissement — puis reprenez la main. C'est la seule dépense de cabinet dont nous n'avons jamais vu un client la regretter. Les méthodes de détermination de la valeur du terrain, la construction du plan d'amortissement et l'établissement du bilan d'ouverture sont détaillés ailleurs sur le site.
6.2. La bascule involontaire à l'impôt sur les sociétés
Une SCI à l'impôt sur le revenu qui exerce une activité commerciale — la location meublée en est une — relève de l'impôt sur les sociétés de plein droit (article 206, 2 du CGI, qui renvoie aux articles 34 et 35). Et méfiez-vous du fameux seuil de 10 % : la loi n'en fixe aucun. Lue à la lettre, la moindre recette commerciale suffirait. La limite de 10 % des recettes totales hors taxes est une tolérance de l'administration, exprimée dans sa doctrine — ce qui ne la rend pas moins opposable au fisc, mais explique qu'on ne la trouve dans aucun code.
Elle s'apprécie chaque année. Un correctif existe pour la seule année de dépassement. On compare alors deux moyennes : celle des recettes commerciales de l'année en cause et des trois années antérieures, et celle des recettes totales de la même période. Quatre années au total, donc — jamais « les quatre années antérieures ». Référence : BOI-IS-CHAMP-10-30, n° 320 et 330, dans le BOFiP — la base officielle où l'administration publie sa propre doctrine, et qu'elle s'engage à appliquer. Ce commentaire n'a pas bougé depuis le 4 juillet 2018 : de la doctrine ancienne, à manier comme telle.
Cas chiffré — le studio mis en meublé
Une SCI de trois lots loués nus met un studio en meublé. Recettes de l'année : 68 000 € de loyers nus et 9 000 € de meublé, soit 77 000 € au total.
- Ratio de l'année : 9 000 ÷ 77 000 = 11,7 %. Le seuil de 10 % est franchi.
- Correctif : recettes commerciales de l'année en cause et des trois antérieures (0, 0, 0 et 9 000) → moyenne de 2 250 €. Recettes totales des mêmes quatre années (66 000, 65 000, 64 000 et 77 000, soit 272 000) → moyenne de 68 000 €.
- Ratio corrigé : 2 250 ÷ 68 000 = 3,3 %. La SCI reste à l'impôt sur le revenu cette année-là.
- Mais le meublé continue. Quatre ans plus tard, la moyenne des recettes commerciales atteint 9 750 € pour une moyenne de recettes totales de 78 500 €, soit 12,4 % : la bascule est acquise.
Personne ne fait ce calcul spontanément. Une SCI qui découvre trois ans plus tard qu'elle relevait de l'impôt sur les sociétés doit reconstituer un bilan d'ouverture, des amortissements et trois liasses — un chantier à plusieurs milliers d'euros. Ici, les 300 à 700 € HT d'une vérification ponctuelle avant la clôture valent mieux que les trois à cinq mille euros du rattrapage. Reconstituer un bilan d'ouverture, un plan d'amortissement et trois liasses, c'est une mission de reprise complète, pas un contrôle de ratio.
Le sujet est développé dans nos guides sur la SCI et la location meublée et sur le passage de l'IR à l'IS.
6.3. Le contrôle fiscal déjà engagé
Quand l'avis de vérification est arrivé, ce n'est plus le moment d'apprendre. L'administration peut revenir sur les trois derniers exercices (article L169 du Livre des procédures fiscales), et le dialogue se joue en quelques semaines sur des points techniques.
Chiffrons l'enjeu. Sur une SCI à l'impôt sur les sociétés dont le bénéfice tourne autour de 20 000 €, une reprise de 15 % du résultat sur trois exercices fait 9 000 € réintégrés, soit 1 350 € de droits au taux réduit. Supportable. Ce qui fait basculer le dossier, c'est la majoration de 40 % pour manquement délibéré de l'article 1729 du CGI : elle porte le rappel à 1 890 €, et c'est précisément elle qui se discute pendant la vérification. L'assistance pendant une vérification est une mission à part, plus chère que la revue de liasse du barème plus bas : comptez 800 à 1 500 € HT pour la durée du contrôle. Elle se rembourse dès qu'elle évite cette majoration une seule fois. Un professionnel qui a déjà tenu ce rôle vaut ses honoraires, ne serait-ce que parce qu'il connaît les délais de réponse et les voies de recours. Notre guide du contrôle fiscal d'une SCI décrit le déroulé complet.
7. Trois cas où une SCI se passe très bien d'expert-comptable
À l'inverse. Un couple qui détient un T3 loué 780 € par mois, dans une SCI à deux associés, n'a besoin de personne : le réflexe « SCI, donc cabinet » lui coûte plusieurs centaines d'euros par an pour rien. Trois situations sont dans ce cas.
- La SCI à l'impôt sur le revenu d'un à trois lots loués nus, entre associés personnes physiques. Pas de bilan, pas d'amortissement, pas de retraitement. Il y a un livre de recettes, des justificatifs, un rapport du gérant, un procès-verbal et une 2072. Dans ce cas, ne payez pas un cabinet 700 € par an : vous achetez de la saisie.
- La SCI en sommeil ou sans revenus. Les obligations déclaratives subsistent — une déclaration à zéro reste une déclaration — mais il n'y a plus rien à saisir. Voir mettre une SCI en sommeil et SCI sans revenus.
- La SCI à l'impôt sur les sociétés stabilisée, dont le plan d'amortissement est déjà posé. Une fois la ventilation faite et les durées fixées, les exercices suivants se répètent. C'est le moment naturel pour reprendre la main : voir quand changer de comptable et migrer sa comptabilité vers un logiciel.
8. Honoraires d'expert-comptable en SCI : ce que ça coûte vraiment, impôt déduit
Les honoraires d'expert-comptable sont libres : aucun tarif réglementé, contrairement aux émoluments de notaire ou aux tarifs de greffe. Voici les fourchettes relevées sur les devis que nos clients nous ont présentés en 2026.
| Profil de SCI | Cabinet en ligne | Cabinet local |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu, 1 à 3 lots loués nus | 400 à 800 € HT/an | 600 à 1 100 € HT/an |
| Impôt sur le revenu, avec un associé société | Rarement proposé | 1 200 à 2 200 € HT/an |
| Impôt sur les sociétés, 1 à 3 lots, plan d'amortissement posé | 700 à 1 300 € HT/an | 1 200 à 2 500 € HT/an |
| Mission ponctuelle : première liasse, revue, attestation | 300 à 700 € HT, une seule fois | |
Ces montants ne sont pas ce que vous payez réellement, parce qu'ils sont déductibles. À l'impôt sur les sociétés, les honoraires sont une charge de gestion de plein droit. À l'impôt sur le revenu, la question mérite d'être tranchée précisément, parce qu'en revenus fonciers les charges déductibles forment une liste fermée. Les honoraires y figurent : ce sont les rémunérations, honoraires et commissions versés à un tiers de l'article 31, I, 1°, e du CGI. Ils se déduisent pour leur montant réel et ne sont pas couverts par le forfait de 20 € par local. L'administration vise expressément « les sommes qu'un propriétaire verse à un tiers pour la tenue de la comptabilité de ses immeubles » (BOI-RFPI-BASE-20-10, n° 60 — bulletin dont la dernière mise à jour remonte au 6 juillet 2016). Faisons le calcul, jusqu'au bout.
Cas chiffré — coût net à l'impôt sur le revenu
SCI de deux appartements, deux associés personnes physiques, taux marginal d'imposition de 30 %. La SCI n'est pas assujettie à la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée : elle supporte donc le montant toutes taxes comprises.
- Cabinet en ligne : 690 € HT, soit 828 € TTC. Économie d'impôt : 828 × (30 % + 17,2 %) = 391 €. Coût net : 437 €.
- Logiciel dédié (offre Autonomie sci-ai.app) : 229 € TTC. Économie d'impôt : 229 × 47,2 % = 108 €. Coût net : 121 €.
- Écart réel : 316 € par an, soit 1 580 € sur cinq ans.
316 € par an. Ni négligeable, ni spectaculaire. C'est le vrai chiffre, et l'arbitrage se joue entre lui et les quatre à six heures que la tenue vous prend chaque année. Un mot sur les 17,2 % : la hausse à 18,6 % votée fin 2025 vise les dividendes et les intérêts, jamais les loyers. Vos revenus fonciers restent à 17,2 %. Le calcul laisse volontairement de côté la CSG déductible du revenu global l'année suivante, qui joue de quelques euros.
Cas chiffré — coût net à l'impôt sur les sociétés
SCI de trois lots à l'impôt sur les sociétés, bénéfice imposable de 18 000 €, donc taxé à 15 % (bénéfice inférieur à 42 500 €, capital libéré, associés personnes physiques). Location nue à usage d'habitation : la SCI ne récupère pas la TVA.
- Cabinet local : 1 600 € HT, soit 1 920 € TTC. Économie d'impôt : 1 920 × 15 % = 288 €. Coût net : 1 632 €.
- Logiciel avec expert-comptable partenaire (349 € TTC/an) : économie d'impôt de 349 × 15 % = 52 €. Coût net : 297 €.
- Écart réel : 1 335 € par an.
À l'impôt sur les sociétés, l'écart devient significatif — parce que c'est là que les cabinets facturent le plus, pas parce que le travail y serait quatre fois plus long. Notez au passage l'effet pervers du taux réduit : plus votre impôt est faible, moins la déduction amortit la dépense.
Le détail poste par poste de ce que coûte une société civile immobilière chaque année — comptabilité, banque, assurances, formalités — est dans notre guide du coût annuel d'une SCI. La liste des charges déductibles précise, elle, ce qui passe et ce qui ne passe pas.
9. Le commissaire aux comptes : le seul professionnel qu'une SCI peut être obligée de nommer
Le commissaire aux comptes n'est pas un expert-comptable : il ne tient pas les comptes, il les certifie, et sa nomination peut, elle, être imposée par la loi. C'est donc le seul endroit de ce guide où la question « un professionnel est-il obligatoire ? » peut recevoir un oui.
On lit souvent qu'une SCI serait hors du champ. C'est une simplification. L'article L612-1 du Code de commerce vise les personnes morales de droit privé non commerçantes ayant une activité économique — et une société civile qui loue des locaux en fait partie. Ce qui la met hors d'atteinte, ce ne sont pas les mots du texte, ce sont les seuils. L'article R612-1 en fixe trois, et il faut en dépasser deux sur trois :
| Critère (art. R612-1 du Code de commerce) | Seuil | Une SCI patrimoniale ? |
|---|---|---|
| Nombre de salariés | 50 | Quasiment jamais : elle n'en a aucun |
| Chiffre d'affaires hors taxes ou ressources | 3 100 000 € | Exceptionnel |
| Total du bilan | 1 550 000 € | Fréquent dès deux ou trois immeubles |
Faisons le calcul plutôt que de l'annoncer. Une SCI sans salarié ne peut franchir que deux critères sur trois : le total du bilan et les loyers. Le bilan de 1 550 000 € est atteint dès deux immeubles moyens. Reste le second seuil, et c'est lui qui décide : il faut 3 100 000 € de loyers annuels. À un rendement locatif brut de 6 %, cela correspond à un patrimoine d'environ 52 millions d'euros (3 100 000 ÷ 6 %). En dessous, un seul critère est franchi et l'obligation ne joue pas.
Deux situations échappent à ce raisonnement. La société civile de placement immobilier (SCPI) d'abord. Elle offre ses parts au public, relève du code monétaire et financier et de la supervision de l'Autorité des marchés financiers. Elle doit désigner un commissaire aux comptes quelle que soit sa taille. Ce n'est plus une SCI patrimoniale : c'est un produit d'épargne collective. Ensuite, la SCI qui nomme volontairement un commissaire aux comptes : le dernier alinéa de l'article L612-1 le prévoit expressément, et la nomination emporte alors les mêmes obligations que si elle avait été imposée. Hors ces cas, aucune SCI patrimoniale ordinaire n'est concernée. Si l'on vous propose de « mettre en place le commissaire aux comptes de votre SCI », ne signez pas : la prestation ne répond à aucune obligation.
10. Tenir sa SCI sans expert-comptable : la liste exacte de ce qu'il faut produire
Décider de s'en passer n'est utile que si l'on sait ce qui doit sortir à la fin. Voici la liste, régime par régime — ni plus, ni moins.
| À l'impôt sur le revenu | À l'impôt sur les sociétés |
|---|---|
| Livre de recettes et de dépenses tenu dans l'ordre des dates | Livre-journal et grand-livre |
| Justificatifs classés : factures, quittances, échéanciers de prêt | Mêmes justificatifs, plus l'inventaire annuel |
| Relevés d'un compte bancaire ouvert au nom de la SCI | Idem, plus le rapprochement bancaire : pointer le relevé contre les écritures |
| — | Plan d'amortissement par composants : gros œuvre, toiture, façade, installations techniques et agencements, chacun avec sa propre durée |
| — | Bilan, compte de résultat et annexe |
| Déclaration 2072-S-SD ou 2072-C-SD | Déclaration 2065-SD + 2033-A à 2033-G (ou 2050 à 2059) |
| Report par chaque associé sur sa 2044, puis sa 2042 | Fichier des écritures comptables mobilisable en cas de contrôle |
| Rapport écrit du gérant, puis procès-verbal d'assemblée ou de consultation écrite (art. 1853) | Rapport écrit du gérant, puis procès-verbal d'assemblée ou de consultation écrite (art. 1853) |
Une seule date compte vraiment. Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, la déclaration de résultat — 2072 ou 2065 — se dépose au plus tard le mercredi 20 mai 2026, par téléprocédure. Le calcul tient en deux temps. La date légale est le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai, soit le mardi 5 mai, puisque le 1er mai 2026 tombe un vendredi férié. L'administration ajoute ensuite quinze jours calendaires aux télédéclarants. Ce report ne couvre que la déclaration de résultat et ses annexes : les déclarations voisines gardent leurs propres échéances. Le calendrier complet, acomptes d'impôt sur les sociétés compris, est dans notre calendrier fiscal de la SCI. Un dépôt tardif coûte 10 %, 40 % ou 80 % de majoration selon le cas (article 1728 du CGI), plus les intérêts de retard. Le détail, droit à l'erreur compris, est dans le guide du retard de déclaration.
Un dernier mot sur l'outil. Le tableur tient à l'impôt sur le revenu. Mais il ne produit aucun fichier des écritures comptables — le fichier informatique qui reprend toutes les écritures de l'exercice, celui que le vérificateur réclame en premier —, il ne télétransmet rien, et il ne rattrape aucune erreur de formule. À l'impôt sur les sociétés, il ne suffit plus : la ligne exacte est posée dans comptabilité SCI sur Excel.
Votre liasse SCI, produite et télétransmise sans cabinet
Rapprochement bancaire automatique, amortissements par composants, déclaration 2072 ou liasse 2065 télétransmise. 229 € TTC/an en autonomie, 349 € TTC/an avec un expert-comptable partenaire pour les points sensibles.
11. Ce qui a changé en 2026, et ce qui change au 1er janvier 2027
La réduction d'impôt pour frais de comptabilité n'existe plus. L'article 199 quater B du CGI remboursait les deux tiers des frais de tenue de comptabilité et d'adhésion à un organisme de gestion agréé, dans la limite de 915 € par an. Il a été abrogé par le 4° de l'article 11 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025). L'article 11 ne prévoit aucune date d'effet : l'abrogation joue donc dès le lendemain de la publication au Journal officiel, le 16 février 2025. La dernière année d'imposition concernée reste 2024. Le même article 11 a supprimé le statut des organismes de gestion agréés lui-même. Précision qu'on lit rarement : cette réduction n'a jamais concerné une SCI à l'impôt sur le revenu. Elle visait les adhérents d'organismes agréés imposés en bénéfices industriels, non commerciaux ou agricoles — jamais les revenus fonciers.
Les références TVA vont changer d'adresse. L'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 fait passer les règles de TVA du CGI au livre II du code des impositions sur les biens et services (CIBS). Le CGI reste la bonne adresse jusqu'au 31 décembre 2026. La bascule, fixée au 1er septembre 2026 jusqu'à cet été, a été reportée au 1er janvier 2027 par l'ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026. Les articles que citent aujourd'hui tous les guides — 256, 260-2°, 261 D, 279, 293 B — sortent du CGI à cette date. Recodification à droit constant : ni les taux ni les conditions ne changent, seules les références. Les seuils de franchise en base restent de 85 000 / 93 500 € pour les biens et 37 500 / 41 250 € pour les services, parkings compris. Les anciennes références au CGI restent admises sur les factures, actes et contrats jusqu'au 30 juin 2028. Si votre SCI a opté pour la TVA ou loue des locaux professionnels, mettez vos références à jour : voir SCI et TVA et franchise de TVA en SCI.
La facturation électronique se rapproche. Une SCI qui ne perçoit que des loyers d'habitation exonérés de TVA n'est pas dans la même situation qu'une SCI qui facture des locaux professionnels avec TVA. Le champ et le calendrier sont traités dans notre guide de la facturation électronique en SCI.
Les trois choses à retenir
- L'expert-comptable n'est jamais obligatoire en SCI. Le monopole de 1945 vise la comptabilité vendue à autrui, pas celle que le gérant tient pour sa propre société. Ce qui est obligatoire, c'est la comptabilité elle-même, à un niveau qui dépend du régime.
- Quatre situations justifient un professionnel : un associé société soumis à l'impôt sur les sociétés, la première liasse avec un immeuble à ventiler, une bascule involontaire à l'impôt sur les sociétés, et un contrôle fiscal engagé. Pour les trois dernières, une mission ponctuelle suffit ; l'associé société, lui, impose une tenue durable.
- L'écart de coût net est de 316 € par an à l'impôt sur le revenu et de 1 335 € par an à l'impôt sur les sociétés sur les deux profils calculés plus haut. Connaissez le chiffre avant de trancher : il est modeste à l'IR, vraiment significatif à l'IS.
Références mobilisées dans ce guide
Portée de ce guide. Article informatif, qui ne remplace pas un conseil personnalisé : la situation d'une SCI dépend de son régime, de son activité et de la qualité de ses associés. Les fourchettes d'honoraires sont des observations de marché relevées en 2026, non des tarifs réglementés — les honoraires d'expert-comptable sont libres. Les textes cités ont été vérifiés sur version consolidée à la date de mise à jour indiquée en haut de page.
Pour aller plus loin
- Comptabilité SCI : ce que vous devez vraiment déclarer en IR et IS — le guide parent : obligations, calendrier, fichier des écritures, conservation des pièces, régime par régime.
- Combien coûte une SCI par an ? — tous les postes chiffrés : comptabilité, banque, assurances, formalités, avec les montants 2026 datés.
- SCI avec un associé personne morale — l'article 238 bis K déroulé en entier : double résultat, remontée dans la liasse de la société associée.
- Déclaration 2072 SCI, case par case — le remplissage complet de la déclaration d'une SCI à l'impôt sur le revenu et de ses annexes.
- Déclaration 2065 : la liasse d'une SCI à l'IS — quels tableaux joindre, dans quel ordre, et où se cachent les erreurs de report.
- Liasse 2033 SCI à l'IS — les tableaux du réel simplifié, ligne à ligne, et le seuil de passage au réel normal.
- Amortissement en SCI à l'IS — la ventilation par composants, les durées admises et les dotations, avec un plan chiffré.
- Valeur du terrain en SCI — les méthodes acceptées par l'administration pour justifier la part non amortissable de l'immeuble.
- Le bilan d'ouverture d'une SCI — comment poser le premier bilan quand la société passe à l'impôt sur les sociétés.
- Comptabilité de trésorerie ou d'engagement ? — quand chaque méthode s'impose, et ce qui change concrètement dans la saisie.
- Livre-journal et grand-livre d'une SCI — la forme exacte des registres, ce qui est obligatoire et ce qui ne l'est pas.
- Comptabilité SCI sur Excel — jusqu'où le tableur tient, et le moment précis où il devient un risque.
- Reprendre la comptabilité d'une SCI — la méthode pour repartir d'un dossier incomplet ou de plusieurs exercices en retard.
- Récupérer sa comptabilité chez son expert-comptable — droit de rétention, documents restituables, recours devant l'Ordre.
- Quand changer de comptable — les signaux qui doivent alerter et le bon moment dans l'exercice pour le faire.
- Checklist de clôture annuelle — les contrôles à passer avant de valider une liasse, réalisables sans cabinet.
- Approbation des comptes en SCI — l'assemblée annuelle, le rapport du gérant et le procès-verbal, avec les délais.
- Droit d'information de l'associé — ce que l'article 1855 permet d'exiger du gérant, et comment le faire valoir.
- Contrôle fiscal d'une SCI — le déroulé de la vérification, les pièces demandées et les délais de réponse.
- Retard de déclaration SCI — le barème des majorations, les intérêts de retard et la régularisation spontanée.
- SCI à l'IS ou à l'IR — le comparatif chiffré des deux régimes, y compris au moment de la revente.