Permis de louer en SCI : l'autorisation préalable de mise en location (2026)
Dans un nombre croissant de communes, un logement ne peut plus être loué sans l'accord préalable de la collectivité. On appelle ça le permis de louer. Le mécanisme est discret : pas de loi nationale, pas de campagne d'information, pas de courrier au propriétaire. Une délibération d'intercommunalité, un plan de périmètre en annexe, une date d'entrée en vigueur, et à partir de ce jour-là toute nouvelle mise en location dans la zone suppose une autorisation. La plupart des bailleurs l'apprennent au pire moment : à l'ouverture d'un courrier de la mairie qui annonce une amende.
Commençons par la bonne nouvelle, parce qu'elle est presque toujours mal comprise. Un bail signé sans autorisation reste parfaitement valable. L'article L. 635-8 du code de la construction et de l'habitation le dit en toutes lettres : la mise en location sans autorisation préalable « est sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire ». Personne ne sera expulsé, aucun contrat ne tombera, aucun loyer ne sera remis en cause. La note est pour le bailleur, et pour lui seul : une amende administrative qui peut monter à 15 000 €, plus l'arrêt du versement direct des aides au logement.
Pour une SCI qui détient un studio, c'est une formalité de plus dans un dossier déjà épais. Pour une SCI qui détient huit lots sur trois intercommunalités, c'est autre chose : trois régimes possibles, trois interlocuteurs, un formulaire à redéposer à chaque changement de locataire, et un mois d'instruction qui vient se glisser entre le congé reçu et la signature du bail suivant. Ce guide prend les questions dans l'ordre où elles se posent à un gérant. Mon lot est-il concerné ? Que faut-il déposer, et quand ? Que se passe-t-il si la mairie refuse ? Et combien coûte l'oubli ?
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (code de la construction et de l'habitation, loi du 6 juillet 1989, Légifrance, ANIL). Mis à jour le 3 août 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.
À retenir en 30 secondes
- Ce n'est pas un régime national. Le permis de louer existe uniquement là où une intercommunalité ou une commune l'a instauré par délibération, sur un périmètre qu'elle délimite (art. L. 635-1 CCH). Deux communes voisines peuvent être dans des situations opposées.
- Deux régimes très différents. La déclaration de mise en location se fait dans les quinze jours après la signature (art. L. 634-1 et s.). L'autorisation préalable doit être obtenue avant de signer (art. L. 635-1 et s.).
- Un mois, et le silence vaut accord. À défaut de décision expresse notifiée dans le mois du dépôt, le silence vaut autorisation (art. L. 635-4 CCH). Le récépissé de dépôt est la pièce qui prouve le point de départ.
- À renouveler à chaque nouvelle mise en location. Le même article L. 635-4 l'impose. Le renouvellement du bail avec le locataire en place, lui, n'est pas concerné (art. R. 635-1).
- Jusqu'à 15 000 €, et ce n'est plus le préfet. Depuis l'article 23 de la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024, l'amende de l'article L. 635-7 est prononcée par le maire ou le président de l'EPCI, à leur profit.
- Le bail reste valable. L'absence d'autorisation est sans effet sur le bail (art. L. 635-8 CCH). Mais l'autorisation doit être jointe au contrat (art. L. 635-5), et le tiers payant des aides au logement peut s'interrompre.
Références mobilisées dans ce guide
Sommaire
- Permis de louer : deux régimes à ne pas confondre
- Comment savoir si votre bien est concerné par le permis de louer
- La demande de permis de louer : formulaire, pièces, délai et silence de l'administration
- Les suites possibles : accord, conditions de travaux, refus, recours
- Les sanctions du permis de louer : jusqu'à 15 000 €, et qui les prononce depuis 2024
- Cas chiffré : une SCI de six lots sur trois communes
- Le permis de louer en SCI : qui signe, quelles pièces, quelle organisation
- L'articulation du permis de louer avec les autres autorisations
- Checklist et calendrier type avant chaque mise en location
- Permis de louer : les cinq erreurs qui coûtent une amende
- FAQ — Permis de louer en SCI
1. Permis de louer : deux régimes à ne pas confondre
Première chose à savoir : l'expression « permis de louer » ne figure nulle part dans la loi. C'est un raccourci de presse, et il recouvre deux dispositifs distincts, nés le même jour du même texte, logés dans deux chapitres voisins du code de la construction et de l'habitation. Même parenté, mais ni la même logique, ni le même calendrier, ni les mêmes conséquences pour une SCI.
Les deux sortent de la loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014 : son article 93 a créé le chapitre IV consacré à la déclaration de mise en location, son article 92 le chapitre V consacré à l'autorisation préalable. Le décret n° 2016-1790 du 19 décembre 2016 a écrit la partie réglementaire, et le décret n° 2024-970 du 30 octobre 2024 l'a retouchée après la décentralisation du pouvoir de sanction. L'intention du législateur, elle, n'a pas bougé d'un pouce depuis 2014 : repérer les logements dégradés avant qu'ils ne soient reloués plutôt qu'après, et retirer aux marchands de sommeil leur meilleur allié, l'invisibilité.
La déclaration de mise en location : un contrôle a posteriori
Le premier régime figure aux articles L. 634-1 à L. 634-5 du CCH. Le mécanisme tient en une phrase : la SCI signe le bail, puis déclare la mise en location dans les quinze jours suivant la conclusion du contrat. Rien à obtenir, rien à attendre, aucune décision à espérer. Le dépôt donne lieu à la remise d'un récépissé, dont le bailleur transmet une copie au locataire.
Ce récépissé n'a rien de décoratif. L'article L. 634-3 du CCH y accroche une conséquence financière très concrète : « Le bénéfice du paiement en tiers payant des aides personnelles au logement est subordonné à la production du récépissé de la déclaration de mise en location. » Traduction pour un gérant : si une partie du loyer vous arrive directement de la caisse d'allocations familiales, ce bout de papier conditionne le virement.
L'autorisation préalable : un contrôle a priori
Le second régime occupe les articles L. 635-1 à L. 635-11 du CCH. C'est lui que tout le monde appelle « permis de louer », et c'est de loin le plus contraignant. La SCI doit ici obtenir l'accord de la collectivité avant de signer le bail. La demande est instruite. Elle peut être refusée. Elle peut être accordée sous condition de travaux. Et elle prend un mois.
Tout le sujet tient dans cette différence de tempo. En régime de déclaration, votre calendrier de relocation ne bouge pas d'un jour : vous signez, puis vous déclarez. En régime d'autorisation, un mois d'instruction vient se loger entre le départ du sortant et la signature du suivant. Mal anticipé, ce mois se transforme en vacance sèche, dont nous chiffrons le coût dans notre guide sur la vacance locative en SCI.
| Critère | Déclaration de mise en location | Autorisation préalable (« permis de louer ») |
|---|---|---|
| Textes | Art. L. 634-1 à L. 634-5 et R. 634-1 à R. 634-5 CCH | Art. L. 635-1 à L. 635-11 et R. 635-1 à R. 635-5 CCH |
| Moment de la démarche | Après la signature du bail | Avant la signature du bail |
| Délai | 15 jours suivant la conclusion du contrat | 1 mois d'instruction, silence valant accord |
| Formulaire | Cerfa n° 15651*01 | Cerfa n° 15652*01 |
| Refus possible ? | Non — il s'agit d'une information | Oui, ou accord sous conditions de travaux |
| Document remis | Récépissé, copie transmise au locataire | Autorisation, à joindre au bail (art. L. 635-5) |
| Amende maximale | 5 000 € (art. L. 634-4) | 5 000 €, puis 15 000 € (art. L. 635-7) |
| Effet sur le bail | Aucun (art. L. 634-3) | Aucun (art. L. 635-8) |
| Impact sur les aides au logement | Tiers payant subordonné au récépissé (L. 634-3) | Décision de refus transmise à la CAF, à la MSA et aux services fiscaux (L. 635-6) |
Qui décide, et sur quel périmètre
La compétence appartient à l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat : communauté de communes, communauté d'agglomération, métropole. À défaut d'EPCI compétent, elle revient au conseil municipal. C'est un choix local, pris librement, et qu'une délibération ultérieure peut défaire.
La délibération fait trois choses. Elle choisit le régime, déclaration ou autorisation, sachant qu'une même collectivité peut appliquer les deux sur des zones différentes. Elle délimite ensuite le périmètre : un quartier, quelques rues, un ensemble d'immeubles, parfois toute la commune. Elle peut enfin restreindre le champ à certaines catégories de logements ou d'immeubles, typiquement le bâti antérieur à une date donnée ou les logements sous une certaine surface.
L'article L. 635-1 du CCH glisse au passage une précaution utile pour les bailleurs : la délibération fixe la date d'entrée en vigueur du dispositif, qui ne peut être fixée à un délai inférieur à six mois à compter de sa publication. Sur le papier, vous avez donc un semestre pour vous organiser. Sauf que personne ne vous prévient : encore faut-il avoir lu le bon compte rendu de conseil communautaire, entre deux points sur la collecte des déchets verts.
Pourquoi deux communes voisines ne sont pas logées à la même enseigne. Le dispositif est une faculté, pas une obligation. Une ville a pu instaurer l'autorisation préalable sur son centre ancien, sa voisine immédiate ne rien faire du tout, et la troisième du même EPCI se contenter d'une déclaration sur tout son territoire. Le raisonnement « je connais la règle chez moi, ce sera pareil de l'autre côté du pont » est faux à peu près une fois sur deux. La vérification se fait adresse par adresse, y compris entre deux immeubles de la même rue.
Quels contrats sont visés — et lesquels ne le sont pas
L'article R. 635-1 du CCH donne la définition qui sert de clé de lecture à tout le dispositif. Constituent une mise en location, une relocation ou une nouvelle mise en location la conclusion d'un contrat de location soumis au titre Ier ou au titre Ier bis de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, à l'exclusion de sa reconduction, de son renouvellement ou d'un avenant à ce contrat.
En langage de gestion locative, sont donc concernés :
- les locations nues à usage de résidence principale (titre Ier de la loi de 1989) ;
- les locations meublées à usage de résidence principale (titre Ier bis) ;
- par extension, la plupart des colocations portant sur une résidence principale, qu'elles reposent sur un bail unique ou sur des baux individuels — un point développé dans notre guide sur la colocation en SCI.
Ne sont en revanche pas concernés, faute d'entrer dans le champ des titres Ier et Ier bis :
- la reconduction tacite et le renouvellement d'un bail en cours avec le même locataire, expressément exclus par le texte ;
- les meublés de tourisme et locations saisonnières, qui relèvent d'un tout autre corpus — voir notre guide sur la location saisonnière en SCI ;
- les locaux professionnels et commerciaux, qui ne sont pas des logements ;
- les logements mis en location par un organisme d'habitations à loyer modéré ou une société d'économie mixte, et ceux qui font l'objet d'une convention APL avec l'État : ils sont expressément hors champ (art. L. 635-1, I, second alinéa, auquel renvoie l'article L. 635-3 ; même exclusion en régime de déclaration à l'article L. 634-1).
Le bail mobilité mérite un mot à part. Il relève du titre Ier ter de la loi de 1989 (art. 25-12 à 25-18), pas des titres Ier ou Ier bis : à la lettre de l'article R. 635-1, il sort donc de la définition de la mise en location. Je resterais malgré tout prudent, pour deux raisons. Les pratiques d'instruction varient beaucoup d'une collectivité à l'autre, et le bail mobilité emporte lui aussi l'application du dossier de diagnostic technique de l'article 3-3, par renvoi de l'article 25-12. Dans le doute, la question se pose au service instructeur avant la signature, jamais après. Ce contrat a son propre guide : bail mobilité et logement étudiant en SCI.
2. Comment savoir si votre bien est concerné par le permis de louer
Il n'existe aucun registre national consultable. Pas de téléservice unique, pas de carte officielle exhaustive, aucune alerte adressée aux propriétaires. Les cartes que l'on trouve en ligne sont des compilations privées, souvent incomplètes et rarement à jour. Elles donnent un indice. Elles ne prouvent rien.
La source de droit, c'est la délibération de l'EPCI compétent en matière d'habitat ou, à défaut, celle du conseil municipal, avec le plan de périmètre qui lui est annexé. Tout le reste, y compris cet article, n'est que du commentaire.
La démarche fiable, en trois temps
Identifiez d'abord l'EPCI dont dépend la commune du bien. Dans la très grande majorité des cas, c'est lui qui détient la compétence habitat. Un gérant qui interroge la mairie alors que la compétence est partie à la métropole récupère souvent une réponse approximative, parfois donnée de bonne foi par un agent qui n'a plus le dossier. Le nom de l'intercommunalité figure sur le site de la commune et dans l'annuaire public des collectivités.
Interrogez ensuite le service compétent par écrit. Il s'appelle service habitat, service hygiène et santé, service logement ou service urbanisme selon les organigrammes. Mentionnez l'adresse exacte, l'étage, le numéro de lot et la référence cadastrale. Ce niveau de détail n'est pas du zèle : un périmètre peut viser un côté de rue et pas l'autre, ou seulement les immeubles antérieurs à une date de construction.
Conservez la réponse. Un courriel daté et nominatif du service habitat indiquant que le bien n'est pas en zone soumise à autorisation vaut pièce de dossier, et démontre la diligence du gérant si une procédure s'ouvre trois ans plus tard. Même logique d'archivage que pour le reste des documents à conserver dans une SCI.
Les zones habituellement visées
Le dispositif a été pensé comme un outil de lutte contre l'habitat indigne. Les périmètres retenus prolongent donc presque toujours une politique déjà engagée, et l'on retrouve les mêmes profils d'un bout à l'autre du pays :
- les centres anciens dégradés, tissu de faubourg, immeubles antérieurs à 1949, souvent divisés en petits logements ;
- les quartiers faisant l'objet d'une opération programmée d'amélioration de l'habitat ou d'un plan de sauvegarde de copropriété ;
- les secteurs où la division pavillonnaire ou la découpe d'immeubles en micro-logements est identifiée comme un problème ;
- les zones de forte tension locative dans lesquelles le rapport de force permet de louer des biens dont l'état ne le justifierait pas.
Un signal de terrain, à défaut de règle de droit : quand un quartier cumule les façades ravalées sur subvention publique, quelques immeubles sous arrêté et des panneaux d'opération d'amélioration de l'habitat, la probabilité qu'un régime de déclaration ou d'autorisation existe est très forte. Ça ne dispense pas de vérifier. Ça indique où regarder en premier.
Une vérification à refaire, pas une réponse acquise
Voilà ce que la plupart des bailleurs manquent : la réponse obtenue en 2023 ne vaut plus rien en 2026. Une collectivité peut instaurer le dispositif, l'étendre à de nouveaux quartiers, le restreindre ou le supprimer, à tout moment, par une simple délibération. La bonne règle de gestion est donc de revérifier à chaque nouvelle mise en location, puisque c'est de toute façon à ce moment-là que la question se pose, et non une fois pour toutes le jour de l'acquisition.
Sur un patrimoine de plusieurs lots, cette vérification devient une ligne de plus dans le rituel de relocation, à côté de la commande des diagnostics et de la mise à jour de l'assurance. La checklist en fin de guide la remet à sa place dans la séquence.
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3. La demande de permis de louer : formulaire, pièces, délai et silence de l'administration
Le fond de la procédure tient à l'article L. 635-4 du CCH ; son contenu et ses effets aux articles R. 635-2 et R. 635-3. Elle se décrit en dix lignes. Elle se rate pourtant très facilement, parce qu'elle s'insère dans un calendrier de relocation que personne ne pense à décaler.
Le texte
« À défaut de notification d'une décision expresse dans un délai d'un mois à compter du dépôt de la demande d'autorisation, le silence gardé par le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat ou le maire de la commune vaut autorisation préalable de mise en location. […] L'autorisation préalable de mise en location doit être renouvelée à chaque nouvelle mise en location. »
Article L. 635-4 du code de la construction et de l'habitation
Le formulaire
La demande est établie conformément à un formulaire dont le modèle est fixé par arrêté du ministre chargé du logement. Ce formulaire est le Cerfa n° 15652*01, « Demande d'autorisation préalable de mise en location de logement », dont le modèle résulte de l'arrêté du 27 mars 2017 — le même arrêté fixant celui de la déclaration de transfert (Cerfa n° 15663*01). Le régime de déclaration a son propre imprimé, le Cerfa n° 15651*01. Vérifiez la version en ligne au moment du dépôt : ces modèles sont susceptibles d'être actualisés par arrêté.
Attention au mode de dépôt : la voie électronique n'est ouverte que si la délibération mentionnée au II de l'article L. 635-1 a prévu cette faculté. Ce n'est pas un droit général. Certaines collectivités ont monté un téléservice dédié, d'autres en sont restées au dépôt au guichet ou au recommandé. On pose la question au service instructeur en préparant le dossier, pas le jour où l'on veut le déposer.
Ce que la demande doit contenir
L'article R. 635-2 du CCH liste les informations exigées. Pour une SCI, la lecture est spécifique : le texte distingue expressément les bailleurs personnes physiques des bailleurs personnes morales.
| Rubrique | Ce qu'il faut renseigner quand le bailleur est une SCI |
|---|---|
| Identité du bailleur | Dénomination sociale, forme juridique (société civile immobilière), adresse du siège social |
| Signataire | Nom, prénom et qualité — c'est-à-dire « gérant de la SCI X », mention exigée par le texte |
| Mandataire éventuel | Identité, adresse, activité et numéro de carte professionnelle de l'administrateur de biens |
| Localisation | Adresse complète, étage, numéro de lot, références cadastrales |
| Désignation du logement | Consistance : nombre de pièces, surface, équipements, nature de la location envisagée (nue ou meublée) |
| Immeuble | Consistance de l'immeuble d'implantation, présence de parties communes, statut de copropriété |
| Annexe obligatoire | Dossier de diagnostic technique de l'article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989 |
Le dossier de diagnostic technique est le seul document dont l'annexion est imposée par la loi elle-même. L'article L. 635-4 précise que, pour les logements dont les contrats de location sont soumis à l'article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989, ce dossier est annexé à cette demande. Il comprend, selon les cas, le diagnostic de performance énergétique, l'état des risques, le constat de risque d'exposition au plomb pour les immeubles antérieurs à 1949, les états des installations intérieures de gaz et d'électricité lorsqu'elles ont plus de quinze ans, et le cas échéant le constat amiante.
L'effet domino que personne n'anticipe. Les diagnostics conditionnent le dépôt, et le dépôt conditionne la signature. Sur un logement dont le DPE est périmé, la SCI doit enchaîner : prise de rendez-vous avec le diagnostiqueur, visite, réception du rapport, dépôt de la demande, un mois d'instruction, signature. Comptez six à sept semaines si rien n'a été lancé avant le départ du locataire. Notre guide sur l'audit énergétique en SCI détaille l'articulation entre DPE, audit et travaux.
Le dépôt et le récépissé
Le dépôt de la demande donne lieu à la remise d'un récépissé (art. L. 635-4). L'article R. 635-3 précise que l'accusé de réception de la demande vaut récépissé.
C'est la pièce la plus précieuse du dossier, et pour une raison très simple : elle date le point de départ du délai d'un mois. Le jour où il faudra démontrer qu'une autorisation tacite est née, c'est le récépissé, et lui seul, qui le prouvera. Un gérant qui dépose son dossier sans repartir avec ce papier a fait la démarche pour rien.
Le délai d'un mois et le sens du silence
C'est ici qu'une bonne moitié des articles en ligne dérape, généralement en écrivant que « le silence vaut refus » par analogie avec l'urbanisme. C'est exactement l'inverse.
L'article L. 635-4 du CCH institue un silence positif : à défaut de notification d'une décision expresse dans un délai d'un mois à compter du dépôt, le silence gardé par le président de l'EPCI ou le maire vaut autorisation préalable de mise en location. Passé ce délai, la SCI peut signer.
Restent deux précisions qui comptent devant un guichet. Le délai court à compter du dépôt d'une demande complète, et non de son envoi : voilà pourquoi le récépissé pèse si lourd. Si le dossier est incomplet, l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration s'applique — l'administration indique les pièces manquantes, et le délai au terme duquel naît la décision implicite ne court qu'à compter de la réception de ces pièces. Autrement dit, une demande incomplète ne fait pas courir le délai d'un mois : elle en suspend le point de départ jusqu'à régularisation. Plus subtil, l'article L. 635-8 ajoute que « l'autorisation préalable de mise en location délivrée à titre tacite est sans incidence sur la qualification du logement au regard des caractéristiques de décence ou du caractère indigne de l'habitat. »
Comprenez bien la portée de cette phrase : l'autorisation tacite n'est pas un certificat de décence. Elle vous met à l'abri de l'amende de l'article L. 635-7, rien de plus. Elle ne vous protège ni d'une action du locataire fondée sur l'article 6 de la loi de 1989, ni d'une police de l'insalubrité. Décrocher un accord tacite sur un logement objectivement indécent, c'est gagner un mois de tranquillité et conserver l'intégralité du risque.
La validité dans le temps : deux ans
L'article R. 635-3 du CCH prévoit que l'autorisation devient caduque si elle n'est pas suivie d'une mise en location dans un délai de deux ans à compter de sa délivrance.
Deux enseignements, l'un défensif, l'autre offensif. Demander une autorisation « par avance », en amont d'un chantier lourd, ne sert à rien : si les travaux dérapent au-delà de deux ans, tout est à refaire. En revanche, en cas de mutation du logement à titre onéreux ou à titre gratuit, le même article organise le transfert de l'autorisation au nouveau propriétaire, avec l'accord de son titulaire, par une déclaration de transfert déposée au moyen du Cerfa n° 15663*01 (modèle fixé par l'arrêté du 27 mars 2017) ; le transfert prend effet au dépôt de cette déclaration. Une SCI qui cède un immeuble de rapport peut donc transmettre une autorisation en cours de validité — un argument concret, et rarement utilisé, dans la négociation d'un immeuble de rapport.
Renouvellement à chaque mise en location : la règle qui coûte le plus cher
L'article L. 635-4 est catégorique : « L'autorisation préalable de mise en location doit être renouvelée à chaque nouvelle mise en location. »
Aucune autorisation n'est « attachée au logement » et ne se transmettrait de locataire en locataire. Chaque contrat nouveau appelle une demande nouvelle, une instruction nouvelle, un mois de plus. Le sujet cesse alors d'être une formalité d'installation pour devenir une obligation récurrente, rythmée par la rotation locative. C'est précisément ce qui en fait un point de gestion pour une SCI, et pas un simple encadré juridique.
Heureusement, l'article R. 635-1 exclut expressément la reconduction et le renouvellement. Le locataire en place dont le bail se reconduit tacitement, celui qui signe un renouvellement au terme du bail — six ans lorsque le bailleur est une personne morale, donc pour une SCI de droit commun, trois ans seulement pour une SCI familiale assimilée à un bailleur personne physique par l'article 13 de la loi du 6 juillet 1989 —, celui avec qui vous régularisez un avenant pour ajouter un colocataire ou réviser le loyer : aucun de ces événements ne déclenche quoi que ce soit. C'est la seule bonne nouvelle du dispositif, et elle profite entièrement aux bailleurs qui gardent leurs locataires longtemps.
| Événement | Nouvelle demande ? | Fondement |
|---|---|---|
| Premier bail après acquisition | Oui | Nouvelle mise en location (L. 635-4) |
| Départ du locataire, nouveau locataire | Oui | Nouvelle mise en location (L. 635-4) |
| Reconduction tacite du bail | Non | Exclusion expresse (R. 635-1) |
| Renouvellement au terme, même locataire | Non | Exclusion expresse (R. 635-1) |
| Avenant (loyer, colocataire, durée) | Non | Exclusion expresse de l'avenant (R. 635-1) |
| Passage de location nue à meublée, même locataire | À vérifier localement | Changement de titre de la loi de 1989 |
| Vente du logement loué | Non, mais transfert possible | Déclaration de transfert (R. 635-3) |
4. Les suites possibles : accord, conditions de travaux, refus, recours
Trois issues sont possibles, plus une quatrième qui est en réalité la plus fréquente : le silence.
L'autorisation expresse
La collectivité notifie une décision favorable. L'article R. 635-3 précise que l'autorisation reproduit l'ensemble des informations mentionnées dans la demande. Conséquence très concrète : une coquille dans le formulaire se recopie telle quelle dans l'autorisation. Un numéro de lot inversé, une surface erronée, et vous détenez une autorisation qui décrit un autre logement que celui que vous louez. Elle ne couvre alors rien du tout.
L'article L. 635-5 impose ensuite de joindre l'autorisation au contrat de bail à chaque nouvelle mise en location ou relocation. Elle rejoint les annexes obligatoires, aux côtés du dossier de diagnostic technique, de l'état des lieux et de la notice d'information. Notre modèle de bail pour SCI tient cette liste d'annexes à jour.
L'autorisation sous conditions de travaux
C'est l'issue intermédiaire, et la plus intéressante. L'article L. 635-3 du CCH permet à l'autorité compétente de soumettre l'autorisation à conditions lorsque le logement ne respecte pas les caractéristiques de décence ou est susceptible de porter atteinte à la sécurité des occupants et à la salubrité publique.
La décision doit alors être motivée et préciser la nature des travaux ou aménagements prescrits. Le texte oblige la collectivité à dire quoi faire, pas seulement à constater que ça ne va pas. Pour un gérant, c'est un cadeau déguisé : une décision administrative arrive avec, en pièce jointe, un cahier des charges qu'un artisan peut chiffrer. À partir de là, l'arbitrage entre faire les travaux, réviser le loyer cible à la baisse ou sortir le bien se pose sur des chiffres.
Les travaux prescrits relèvent ensuite du régime comptable et fiscal habituel : dépenses d'entretien et de réparation déductibles, dépenses d'amélioration selon les cas, immobilisation et amortissement si la SCI est à l'IS. Nous détaillons ces arbitrages dans nos guides sur les travaux en SCI et sur la rénovation globale.
Le refus
Le refus obéit aux mêmes conditions de fond et de forme : il ne peut être opposé que pour les motifs de l'article L. 635-3 — non-respect des caractéristiques de décence, atteinte à la sécurité des occupants et à la salubrité publique — et il doit être motivé en précisant les travaux attendus. S'y ajoute un cas de blocage automatique, développé plus bas : l'article L. 635-9 interdit la délivrance de l'autorisation lorsque l'immeuble est sous arrêté d'insalubrité, de péril ou relatif aux équipements communs.
Un refus produit immédiatement deux effets. Le premier, c'est sa diffusion : l'article L. 635-6 prévoit la transmission de la décision de rejet à la caisse d'allocations familiales, à la caisse de mutualité sociale agricole et aux services fiscaux. Rien ne reste entre vous et le service instructeur. Le second, c'est le plafond de sanction : louer malgré un rejet expose à l'amende maximale de 15 000 € de l'article L. 635-7. La faute est délibérée, écrite, datée, et la modulation jouera contre le bailleur.
Les visites du logement
L'article L. 635-3 organise le pouvoir de visite de l'autorité compétente, sous deux garde-fous. Lorsque les lieux sont à usage d'habitation, les visites ne peuvent avoir lieu qu'entre 6 heures et 21 heures. Et l'autorisation du juge des libertés et de la détention devient nécessaire dès que l'occupant s'oppose, ou que la personne ayant qualité pour autoriser l'accès reste introuvable.
Sur le terrain, l'instruction se fait le plus souvent sur pièces. La visite est réservée aux dossiers signalés et aux immeubles que le service hygiène suit déjà.
Les recours
Le refus et l'autorisation sous conditions sont des décisions administratives individuelles. Elles suivent le régime contentieux de droit commun :
- le recours gracieux, adressé à l'auteur de la décision, souvent le plus efficace lorsque le désaccord porte sur un fait matériel — une surface mal reportée, un diagnostic manquant au dossier ;
- le recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision, les voies et délais de recours devant être mentionnés sur celle-ci.
Il n'existe en revanche aucun recours hiérarchique sur ce contentieux, et l'erreur se rencontre souvent. Le maire et le président d'EPCI exercent ici une compétence décentralisée : en vertu du principe de libre administration des collectivités territoriales (art. 72 de la Constitution), ils n'ont pas de supérieur hiérarchique, et le préfet ne dispose à leur égard que du contrôle de légalité — le déféré préfectoral de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales — et non d'un pouvoir hiérarchique. Écrire au préfet pour faire réformer un refus ne suspend rien et ne proroge aucun délai. Les deux seules voies utiles sont le recours gracieux et le recours pour excès de pouvoir.
Un conseil de méthode, purement opérationnel celui-là. Sur ce contentieux, le rapport entre l'enjeu financier et la durée d'une instance devant le tribunal administratif est rarement favorable au bailleur. Quand les travaux prescrits sont matériellement réalisables, les faire puis redéposer va presque toujours plus vite qu'un recours. Et cette voie règle au passage le risque de décence, que le juge administratif, lui, ne réglera jamais.
L'articulation avec un arrêté d'insalubrité ou de péril
Il faut ici éviter une confusion fréquente. Le permis de louer, l'insalubrité et le péril sont trois régimes distincts, avec trois autorités et trois logiques.
| Régime | Nature | Effet sur la location |
|---|---|---|
| Permis de louer | Autorisation administrative préalable (L. 635-1 et s. CCH) | Conditionne la régularité de la mise en location, sans affecter le bail |
| Décence | Obligation contractuelle du bailleur (art. 6, loi du 6 juillet 1989) | Relève du juge civil, à la demande du locataire |
| Insalubrité | Police spéciale de la sécurité et de la salubrité des immeubles | Peut emporter interdiction d'habiter et suspension des loyers |
| Péril | Police spéciale, risque pour la solidité du bâti | Peut emporter évacuation, travaux d'office, relogement |
Ces couches sont indépendantes et se cumulent. Le code pose tout de même entre elles deux liens explicites, qu'un gérant a intérêt à connaître.
Le premier est un verrou : l'article L. 635-9 du CCH dispose que l'autorisation préalable ne peut pas être délivrée lorsque l'immeuble dans lequel est situé le logement est frappé d'un arrêté d'insalubrité, de péril ou d'un arrêté relatif aux équipements communs des immeubles collectifs à usage principal d'habitation. Autrement dit, tant que l'arrêté n'est pas levé, il n'existe aucun chemin vers une autorisation — la demande est vouée au refus, et il ne sert à rien de la redéposer avant d'avoir exécuté les travaux prescrits par la police spéciale.
Le second est une inopposabilité, posée par le même article : la délivrance de l'autorisation préalable est inopposable aux autorités publiques chargées de la police de la salubrité et de la sécurité publiques, ainsi qu'aux droits des occupants relatifs aux mesures de police administrative prises à ce titre. Obtenir un permis de louer ne purge donc rien : ni un arrêté à venir, ni un grief de décence, ni les droits du locataire attachés à une mesure de police. Et à l'inverse, l'absence d'arrêté ne dispense évidemment pas de la demande d'autorisation. L'article L. 635-8, déjà cité, complète le dispositif en précisant que l'autorisation tacite ne vaut pas quitus de décence.
Un dernier point de publicité mérite d'être signalé : l'article L. 635-10 prévoit que les décisions de refus ainsi que les autorisations assorties de réserves sont transmises au comité responsable du plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées et inscrites à l'observatoire du logement indigne. Attention à ne pas confondre les deux circuits : la transmission à la CAF, à la MSA et aux services fiscaux de l'article L. 635-6 ne vise que les refus, mais celle de l'article L. 635-10 englobe aussi les autorisations sous réserves. Une autorisation conditionnée à des travaux laisse donc, elle aussi, une trace institutionnelle durable, bien au-delà du service instructeur.
5. Les sanctions du permis de louer : jusqu'à 15 000 €, et qui les prononce depuis 2024
Nous arrivons au cœur du sujet, et par la même occasion à la partie où l'information en ligne est la plus périmée. Beaucoup d'articles, y compris publiés cette année, expliquent encore que l'amende est prononcée par le préfet. C'est faux depuis avril 2024.
Les montants
L'article L. 635-7 du CCH distingue deux situations, avec une gradation :
| Manquement | Amende maximale | Texte |
|---|---|---|
| Mise en location sans avoir déposé de demande d'autorisation | 5 000 € | Art. L. 635-7 CCH |
| Nouveau manquement dans un délai de trois ans | 15 000 € | Art. L. 635-7 CCH |
| Mise en location malgré une décision de rejet | 15 000 € | Art. L. 635-7 CCH |
| Défaut de déclaration de mise en location | 5 000 € | Art. L. 634-4 CCH |
Ce sont des plafonds, pas des tarifs. Le texte le dit lui-même : l'amende est « proportionnée à la gravité des manquements constatés » (art. L. 635-7 pour l'autorisation, art. L. 634-4 pour la déclaration). L'autorité tient compte de la gravité du manquement, de l'état du logement et de l'attitude du bailleur. Un premier oubli sur un T2 en bon état, régularisé dès le courrier reçu, ne se traite pas comme une relocation assumée après un refus notifié six mois plus tôt.
Une prescription courte, souvent ignorée. Les articles L. 634-4 et L. 635-7 précisent tous deux que l'amende ne peut être prononcée plus d'un an à compter de la constatation des manquements. Ce délai d'un an court depuis la constatation par l'autorité, non depuis la signature du bail : un manquement ancien mais découvert récemment reste sanctionnable. En revanche, une procédure ouverte puis laissée en sommeil plus d'un an est éteinte — un point à vérifier avant de payer.
La procédure contradictoire
Avant de prononcer l'amende, l'autorité doit informer préalablement la personne concernée qu'elle peut présenter ses observations. Ce délai n'est pas laissé à l'appréciation de la collectivité : l'article R. 635-4 du CCH, dans sa rédaction issue du décret n° 2024-970 du 30 octobre 2024, le fixe à un mois — même règle à l'article R. 634-4 pour le régime de déclaration.
Et ces mêmes articles ajoutent une possibilité que presque aucun gérant n'exploite : l'intéressé peut régulariser sa situation pendant ce délai, en joignant à ses observations la copie du récépissé du dépôt de la demande d'autorisation. Autrement dit, le courrier qui annonce l'amende ouvre une fenêtre pour déposer la demande manquante et le prouver, dans la même enveloppe que vos explications. C'est le levier le plus efficace du dispositif, et il se referme au bout d'un mois.
Beaucoup de gérants passent à côté de cette étape. Recevoir un courrier qui annonce une amende, ce n'est pas recevoir une amende : c'est recevoir une invitation à s'expliquer. La SCI qui profite du délai pour déposer la demande manquante, produire les diagnostics et démontrer que le logement est décent obtient très souvent un classement, ou une amende ramenée au symbolique. Celle qui laisse le courrier dans une pile se voit appliquer le montant proposé, sans discussion.
Le changement d'autorité : la loi du 9 avril 2024
L'article 23 de la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé a modifié les articles L. 634-4 et L. 635-7 du CCH. Il a substitué, dans le texte, le maire de la commune ou le président de l'EPCI compétent en matière d'habitat au « représentant de l'État dans le département », et remplacé l'affectation du produit des amendes à l'Agence nationale de l'habitat par une affectation à la commune ou à l'EPCI concerné. Ces dispositions sont en vigueur depuis le 11 avril 2024.
Sur le papier, c'est de la tuyauterie administrative. Dans les faits, cela change trois choses.
- L'instructeur et le sanctionnateur ne font plus qu'un. Celui qui a délimité le périmètre, reçu votre demande, instruit votre dossier et constaté votre manquement prononce aussi l'amende, et en encaisse le produit.
- La collectivité y a désormais un intérêt budgétaire. Tant que l'argent partait à l'Anah, verbaliser ne rapportait rien à la commune. Depuis avril 2024, si.
- Les délais se raccourcissent. Une chaîne courte, sans aller-retour avec la préfecture, produit mécaniquement plus de décisions, et plus vite.
Signal de vigilance sur vos sources. Si un article, un modèle de bail ou une notice indique que l'amende de permis de louer est prononcée par le préfet et versée à l'Anah, il reflète l'état du droit antérieur au 11 avril 2024. Le même réflexe vaut pour tout document daté d'avant 2024 sur ce sujet.
L'effet sur les aides au logement
L'amende n'épuise pas le sujet. Le dispositif est branché directement sur les organismes payeurs des aides personnelles au logement, et cette connexion produit des effets de trésorerie que l'on sent passer.
- En régime de déclaration, l'article L. 634-3 subordonne expressément le bénéfice du paiement en tiers payant des aides personnelles au logement à la production du récépissé de déclaration. Sans récépissé, l'aide cesse d'être versée directement au bailleur.
- En régime d'autorisation, l'article L. 635-6 organise la transmission de la décision de refus — et d'elle seule — à la caisse d'allocations familiales, à la caisse de mutualité sociale agricole et aux services fiscaux. Une autorisation assortie de conditions de travaux n'est pas visée par ce texte.
- Les articles L. 634-2 et L. 635-2 prévoient par ailleurs que la délibération exécutoire instaurant le régime est elle-même transmise à la CAF et à la MSA, de sorte que les caisses connaissent les périmètres concernés.
Prenons un cas courant. La SCI encaisse 380 € d'APL en tiers payant sur un loyer de 620 €, et perd ce circuit. Elle ne perd pas son loyer pour autant : elle déplace 61 % de la quittance du compte de la CAF vers celui d'un locataire dont c'est précisément la situation financière qui justifiait l'aide. Un flux automatique devient une créance à surveiller tous les mois. Multipliez par quatre lots, et vous avez un vrai sujet de trésorerie, que nous creusons dans nos guides sur les impayés de loyer en SCI et sur la caution du locataire.
Ce que la sanction ne fait pas : annuler le bail
Je le répète parce que c'est la crainte numéro un des gérants, et qu'elle est sans fondement. L'article L. 635-8 du CCH dispose que « la mise en location de locaux à usage d'habitation par un bailleur, sans autorisation préalable, est sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire ». L'article L. 634-3 énonce la même règle pour la déclaration.
Le bail vit sa vie normalement : le loyer est dû, le dépôt de garantie reste acquis, le congé obéit aux règles ordinaires de la loi du 6 juillet 1989. Le locataire ne peut pas invoquer l'absence d'autorisation pour cesser de payer ; le bailleur ne peut pas l'invoquer pour reprendre son bien. L'équilibre est voulu : le législateur a choisi de taper sur le bailleur négligent sans fragiliser l'occupant, qui est justement la personne que le dispositif prétend protéger. Pour le reste du régime du bail d'habitation, voir notre guide SCI et bail d'habitation.
6. Cas chiffré : une SCI de six lots sur trois communes
Rien ne vaut un cas chiffré pour faire tomber la pièce. Voici celui que je prends en rendez-vous.
La SCI Vauban, à l'IR, détient six logements : trois lots dans un immeuble de centre ancien commune A, deux appartements commune B, un studio commune C. Le gérant est associé majoritaire et gère tout lui-même, sans agence. Les trois communes relèvent de trois intercommunalités différentes.
| Lot | Commune | Régime applicable | Démarche à chaque relocation |
|---|---|---|---|
| Lots 1, 2 et 3 | A — centre ancien | Autorisation préalable | Cerfa 15652*01 + DDT, 1 mois d'instruction, avant signature |
| Lots 4 et 5 | B — ensemble du territoire | Déclaration | Cerfa 15651*01 dans les 15 jours suivant la signature |
| Lot 6 | C — aucun dispositif | Aucune | Rien, mais vérification à refaire à chaque relocation |
Le scénario de la SCI qui n'a rien vu
Sur une année, la SCI Vauban enchaîne trois relocations : le lot 1 commune A, le lot 4 commune B, le lot 6 commune C. Le gérant déroule la même routine partout, celle qu'il applique depuis dix ans : diagnostics, annonce, visites, signature, état des lieux. Aucune démarche auprès des collectivités, puisqu'il ignore que deux d'entre elles ont délibéré.
Dix-huit mois plus tard, un signalement dans l'immeuble de la commune A amène le service habitat à contrôler les baux : une mise en location sans autorisation sur le lot 1. Au même moment, la commune B repère l'absence de déclaration sur le lot 4, tout bêtement parce que le locataire a demandé le tiers payant de son APL.
Suite de l'histoire, et c'est elle qui coûte cher. Le gérant régularise le lot 1, paie l'amende, puis range le sujet. Huit mois plus tard, le locataire du lot 2 — même immeuble, même commune, même périmètre — donne congé, et le gérant reloue exactement comme avant. Ce second manquement, cette fois postérieur à la constatation du premier et intervenu dans les trois ans, fait basculer le dossier sur le plafond aggravé de l'article L. 635-7.
| Manquement | Plafond légal | Hypothèse d'exposition |
|---|---|---|
| Lot 1 — location sans autorisation (1er manquement) | 5 000 € | 1 500 € |
| Lot 2 — nouveau manquement, postérieur à la constatation du premier et dans les trois ans | 15 000 € | 4 000 € |
| Lot 4 — défaut de déclaration | 5 000 € | 800 € |
| Coût définitif — total des amendes | — | 6 300 € |
| Suspension du tiers payant APL lot 4 (380 €/mois pendant 4 mois) | — | 1 520 € de trésorerie déplacée, à recouvrer auprès du locataire |
Les montants d'amende retenus sont des hypothèses de modulation, à titre d'illustration : seuls les plafonds de 5 000 € et 15 000 € résultent de l'article L. 635-7 du CCH. Le montant effectivement prononcé dépend de l'appréciation de l'autorité compétente. Les 1 520 € d'APL ne sont pas une perte : l'aide reste due au locataire et le loyer reste exigible en totalité, l'article L. 634-3 du CCH ne suspendant que le versement en tiers payant. C'est de la trésorerie déplacée, et une créance à recouvrer, pas une charge — raison pour laquelle elle n'est pas additionnée aux amendes.
Attention à la lecture du plafond aggravé. Les 15 000 € de l'article L. 635-7 supposent « un nouveau manquement dans un délai de trois ans », c'est-à-dire un manquement postérieur à un premier manquement déjà constaté. Deux relocations irrégulières découvertes ensemble, lors d'un même contrôle et sanctionnées dans une même procédure, sont deux premiers manquements : chacun relève du plafond de 5 000 €. C'est la répétition après avertissement que le texte punit plus lourdement, pas le nombre de lots contrôlés le même jour.
Sur six lots qui rapportent 41 000 € de loyers annuels, soit 3 417 € de recettes brutes par mois, les 6 300 € d'amendes avalent près de deux mois de loyers. Ajoutez les 1 520 € d'APL à courir après, et l'épisode pèse deux mois et demi de recettes brutes en trésorerie. Et pas un euro n'était fatal : ce qui manquait, c'était une colonne dans un tableau de suivi.
La même SCI, organisée
Reprenons le même patrimoine avec un gérant qui a intégré la vérification à sa routine. Le coût de la conformité tient en trois lignes. Une vérification écrite auprès de chaque collectivité, à l'acquisition puis à chaque congé reçu. Un formulaire déposé avant signature pour les lots de la commune A. Un formulaire déposé dans les quinze jours pour ceux de la commune B. Total en argent : zéro.
Le vrai coût est ailleurs, dans le calendrier : un mois d'instruction à absorber sur les trois lots de la commune A. Sur un loyer de 640 €, ce mois vaut 640 € s'il se transforme en vacance. Il ne s'y transforme que si personne ne l'a anticipé. Un gérant qui dépose sa demande le jour où il reçoit le congé, soit jusqu'à trois mois avant la libération des lieux en location nue, ne perd strictement rien : l'instruction tourne pendant le préavis. Sous une réserve de taille : le préavis du locataire tombe à un mois en zone tendue et dans les cas légaux de l'article 15, I de la loi du 6 juillet 1989 (mutation, perte d'emploi, RSA ou AAH, état de santé, attribution d'un logement social). Or les périmètres de permis de louer recoupent très largement les zones tendues et les centres anciens : la marge de trois mois n'est donc pas acquise, et c'est même dans les communes les plus concernées qu'elle disparaît.
La règle qui règle 90 % du sujet. Déposez la demande le jour où vous recevez le congé du sortant, pas le jour où vous retenez un candidat. Le mois d'instruction se consomme alors pendant le préavis, l'autorisation est en main avant même la première visite, et votre calendrier de relocation ne recule pas d'une journée. Si vous ne deviez retenir qu'une phrase de ce guide, ce serait celle-là.
7. Le permis de louer en SCI : qui signe, quelles pièces, quelle organisation
Les textes ne réservent aucun régime spécial aux personnes morales, mais ils les prennent en compte. Et surtout, la gestion quotidienne n'a plus grand-chose à voir avec celle d'un propriétaire particulier qui possède un appartement.
Qui signe la demande
Une SCI n'agit que par son représentant légal : la demande est donc signée par le gérant, qui engage la société vis-à-vis des tiers dans les limites de l'objet social. Louer relève par nature de l'objet d'une SCI de location, si bien qu'aucune question de pouvoir ne se pose ici — contrairement à une vente ou à une prise d'hypothèque. Notre guide sur le gérant de SCI détaille l'étendue de ces pouvoirs ; celui qui répond à la question qui signe le bail en SCI traite le même problème côté contrat de location.
Une mention est propre aux bailleurs personnes morales, et l'article R. 635-2 du CCH l'exige : outre la dénomination, la forme juridique et le siège social, la demande doit indiquer la qualité du signataire. Signer ne suffit pas. Il faut écrire « gérant de la SCI Vauban ». Un formulaire sans cette mention est incomplet au sens du texte et peut vous revenir par courrier : le délai d'instruction d'un mois n'est alors pas acquis tant que la demande n'est pas régularisée (art. L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration). Trois mots oubliés, plusieurs semaines perdues.
En cas de cogérance, la signature d'un seul gérant suffit, sauf clause statutaire imposant une signature conjointe. Si vos statuts comportent une telle clause, elle s'applique aussi ici : deux signatures, et une copie des statuts à joindre si le service la demande.
Reste le cas du gérant qui a confié la gestion locative à un administrateur de biens. Le formulaire prévoit alors l'identification du mandataire, son adresse, son activité et son numéro de carte professionnelle. Une mise en garde s'impose ici, parce que l'illusion est tenace : donner mandat ne transfère pas la responsabilité. L'amende de l'article L. 635-7 vise le bailleur, donc la SCI. Le mandat règle qui fait la démarche, jamais qui paie l'amende. Restera à la SCI un recours contractuel contre le mandataire fautif, avec les délais et les frais que cela suppose.
Les pièces d'identification de la société
Autant être honnête, puisque beaucoup d'articles affirment l'inverse. Ni l'article R. 635-2 du CCH ni le formulaire ne subordonnent la recevabilité de la demande à la production d'un extrait d'immatriculation. Le texte réclame des informations, pas des justificatifs de société.
Dans les faits, un grand nombre de services instructeurs demandent tout de même une pièce établissant l'existence de la SCI et la qualité du signataire : extrait d'immatriculation au registre national des entreprises ou Kbis, parfois une copie des statuts, parfois la carte d'identité du gérant. Ces demandes n'ont pas de base textuelle claire. Reste que discuter la recevabilité d'une pièce avec un agent coûte plus cher en temps que de la fournir. Le bon réflexe : monter une fois pour toutes un dossier « identité SCI » — extrait d'immatriculation de moins de trois mois, statuts à jour, pièce d'identité du gérant, RIB de la société — et le joindre sans attendre qu'on le réclame.
Ce dossier sert d'ailleurs bien au-delà du permis de louer : il est demandé pour l'ouverture d'un compte bancaire de SCI, pour un prêt bancaire, par les syndics, par les assureurs. Le tenir à jour est une hygiène de base, au même titre que la déclaration des bénéficiaires effectifs.
La multiplication des démarches
Voilà la vraie difficulté d'une SCI, et elle est arithmétique avant d'être juridique. Le nombre de démarches à effectuer sur une période donnée est le produit de trois facteurs :
- le nombre de lots détenus dans des périmètres soumis à l'un des deux régimes ;
- la rotation locative — plus les baux sont courts, plus les demandes se multiplient : un studio étudiant reloué tous les ans génère dix fois plus de démarches sur dix ans qu'un T4 familial occupé sans interruption ;
- le nombre de collectivités concernées, chacune avec son formulaire, son mode de dépôt et ses habitudes d'instruction.
Résultat contre-intuitif : une SCI de trois lots, dont deux en centre ancien loués meublés à des étudiants, génère plus de démarches qu'une SCI de dix lots loués nus à des familles installées. Ce n'est pas la taille du patrimoine qui commande le volume administratif, c'est sa dynamique.
Cette réalité rejoint un arbitrage de structuration classique : faut-il détenir un patrimoine dispersé dans une seule société, ou le segmenter ? Nous traitons cette question sous ses angles juridique et fiscal dans nos guides une SCI par bien ou plusieurs et combien de SCI faut-il créer. Le permis de louer n'est pas, à lui seul, un argument pour segmenter — il ne fait qu'ajouter une contrainte administrative à la colonne des charges de gestion.
L'organisation interne : ne pas rater une échéance
Une SCI n'a pas de service juridique, pas de direction de la conformité, pas d'alerte automatique. Tout repose sur la rigueur du gérant. Bonne nouvelle : trois mécanismes très simples suffisent à couvrir le sujet.
1. Un tableau de suivi par lot. Une ligne par logement, avec quatre colonnes : commune et EPCI ; régime applicable ; date et référence de la dernière vérification écrite ; date et numéro du dernier récépissé ou de la dernière autorisation. Ce tableau se remplit une fois et se met à jour à chaque événement.
2. Un déclencheur, pas une date. Le rythme du permis de louer n'est pas annuel : il est événementiel. Le bon déclencheur est la réception du congé du locataire, ou la signature du compromis en cas d'acquisition. C'est à ce moment précis que la ligne du tableau doit être ouverte, pas au moment où un candidat est retenu.
3. Un dossier numérique par lot. Récépissés, autorisations, courriers de la collectivité, réponses écrites des services : ces pièces doivent survivre au changement d'ordinateur du gérant, et rester retrouvables dans trois ans par quelqu'un d'autre que lui. C'est très exactement la logique de l'archivage numérique en SCI.
Un dernier point de gouvernance, souvent négligé. Si le bien est en copropriété, les décisions du syndicat pèsent directement sur l'instruction de vos demandes : travaux votés ou refusés, arrêté notifié à l'immeuble, plan de sauvegarde en cours. Lire les procès-verbaux d'assemblée générale fait donc partie du travail, sujet que nous développons dans notre guide sur la SCI et le syndic de copropriété.
Un lot, un locataire, une échéance — au même endroit
SCI-AI suit vos biens, vos baux et vos locataires lot par lot, édite les quittances, rapproche les loyers encaissés et produit la comptabilité et la déclaration de la SCI. Le suivi de vos obligations locatives cesse de dépendre d'un fichier local.
8. L'articulation du permis de louer avec les autres autorisations
Le permis de louer n'est qu'une couche parmi d'autres. Plusieurs autorisations peuvent se superposer sur le même logement, et les confondre mène à l'une de deux impasses : faire une démarche inutile, ou croire qu'une démarche accomplie dispense de la suivante. La seconde coûte beaucoup plus cher.
Le changement d'usage : un régime totalement distinct
Commençons par la confusion la plus répandue, celle qu'il faut lever une bonne fois. Le changement d'usage relève de l'article L. 631-7 du CCH. Il vise la transformation d'un local d'habitation en un autre usage : location de courte durée à une clientèle de passage, transformation en bureau. Régime autonome, autorité propre, procédure propre, sanction propre — l'amende civile de l'article L. 651-2 du CCH, portée à 100 000 € par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 dite loi Le Meur.
Rien à voir, donc, avec le permis de louer :
| Permis de louer | Changement d'usage | |
|---|---|---|
| Texte | Art. L. 635-1 et s. CCH | Art. L. 631-7 CCH |
| Objet | Contrôler l'état du logement avant relocation | Préserver le parc de logements d'habitation |
| Déclencheur | Nouvelle mise en location en résidence principale | Affectation du local à un autre usage que l'habitation |
| Cible typique | Bail nu ou meublé de résidence principale | Meublé de tourisme, bureau, local professionnel |
| Sanction | Amende administrative jusqu'à 15 000 € | Amende civile jusqu'à 100 000 € (art. L. 651-2) |
| Autorité | Maire ou président d'EPCI | Maire (autorisation), juge (amende civile) |
Le sujet a son propre guide, celui sur le changement d'usage en SCI, et nous y renvoyons sans jamais mélanger les deux. La ligne de partage tient en une phrase : le permis de louer regarde l'état du logement loué en résidence principale, le changement d'usage regarde l'affectation du local. Un même bien peut relever des deux, l'un après l'autre, s'il passe d'un bail classique à la location courte durée.
La déclaration de meublé de tourisme
Encore un autre régime. Mettre en location un meublé de tourisme suppose, selon les communes, une déclaration en mairie et un numéro d'enregistrement, en plus le cas échéant de l'autorisation de changement d'usage. La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a nettement durci l'ensemble. Ces obligations tiennent à l'activité touristique et n'ont aucun rapport avec le chapitre V du titre III du livre VI du CCH. Elles sont traitées dans notre guide sur la location saisonnière en SCI.
Une alerte fiscale au passage, parce qu'elle coûte bien plus cher que toutes les amendes de ce guide réunies : une SCI à l'IR qui bascule vers du meublé touristique exerce une activité commerciale au sens de l'article 206, 2 du CGI, et se retrouve à l'IS — sauf à rester sous la tolérance administrative qui écarte cet assujettissement de plein droit tant que les recettes de nature commerciale n'excèdent pas 10 % des recettes totales hors taxes de la société civile, le dépassement s'appréciant sur la moyenne des quatre années précédentes (BOI-IS-CHAMP-10-30). Une SCI qui loue occasionnellement un lot en meublé de tourisme sous ce seuil reste donc à l'IR. Le sujet dépasse le permis de louer, mais il est développé dans nos pages sur la location meublée en SCI et sur le passage de l'IR à l'IS.
L'autorisation de division
Sur les mêmes zones et pour les mêmes raisons, certaines collectivités ont ajouté un régime d'autorisation préalable aux travaux de division d'un immeuble en plusieurs logements. Une SCI qui achète une maison pour la découper en trois studios doit alors obtenir, dans l'ordre : l'autorisation de division si elle existe, l'autorisation d'urbanisme si les travaux la commandent, puis une autorisation préalable de mise en location pour chacun des trois logements créés. Ces régimes ne se remplacent pas. Ils s'empilent.
Le DPE et la décence énergétique
Le lien est réel mais indirect. Le permis de louer ne crée aucune obligation énergétique nouvelle. En revanche, le DPE fait partie du dossier de diagnostic technique annexé à la demande (art. L. 635-4), et l'article L. 635-3 permet de refuser l'autorisation ou de la conditionner lorsque le logement ne respecte pas les caractéristiques de décence.
Or, depuis l'article 160 de la loi Climat et résilience n° 2021-1104 du 22 août 2021, qui a modifié l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 en renvoyant au niveau de performance minimal de l'article L. 173-1-1 du CCH, la performance énergétique est devenue un critère de décence. En France métropolitaine, le logement décent doit se situer entre les classes A et F depuis le 1er janvier 2025 — les logements classés G sont donc sortis du champ des logements décents —, entre A et E à compter du 1er janvier 2028 (exclusion des F), puis entre A et D à compter du 1er janvier 2034 (exclusion des E). Un calendrier décalé, et qui ne comporte que deux marches, s'applique en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte : le logement décent doit s'y situer entre A et F à compter du 1er janvier 2028 (exclusion des G), puis entre A et E à compter du 1er janvier 2031 (exclusion des F). Aucune échéance ultérieure n'est prévue outre-mer à ce jour.
La conséquence tombe d'elle-même : en zone soumise à autorisation, une passoire énergétique devient un motif possible de refus, ou de conditionnement à des travaux. Le permis de louer se transforme alors en point de contrôle où l'obligation de décence énergétique cesse d'être théorique. Un agent instructeur lit le DPE avant la signature du bail — pas trois ans plus tard, à l'occasion d'un litige avec un locataire excédé. Nos guides SCI et logement classé passoire énergétique, audit énergétique et rénovation énergétique en SCI traitent ce volet en détail.
Décence, sécurité et assurances
Enfin, une autorisation obtenue ne dispense de rien d'autre. L'obligation de délivrer un logement décent de l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 subsiste intégralement, et l'article L. 635-8 prend soin de préciser qu'une autorisation tacite est sans incidence sur la qualification du logement au regard de la décence ou du caractère indigne de l'habitat. De même, l'assurance propriétaire non occupant et, le cas échéant, la garantie loyers impayés obéissent à leurs propres conditions — sujet traité dans notre guide assurance PNO et GLI en SCI.
9. Checklist et calendrier type avant chaque mise en location
Tout ce qui précède se ramène, côté gestion, à une séquence courte et toujours la même. La mettre par écrit une fois suffit à séparer la SCI en règle de la SCI exposée. Le permis de louer ne se rate presque jamais par ignorance du droit. Il se rate parce que personne n'a ouvert la ligne au bon moment.
Checklist du bailleur SCI
Avant toute nouvelle mise en location
- Identifier la commune et l'EPCI dont dépend le lot, et vérifier par écrit auprès du service habitat l'existence d'un régime de déclaration ou d'autorisation à cette adresse.
- Conserver la réponse écrite datée du service dans le dossier du lot.
- Commander ou vérifier la validité du dossier de diagnostic technique (art. 3-3 de la loi de 1989), DPE en tête.
- En régime d'autorisation : déposer le Cerfa n° 15652*01 signé par le gérant, avec mention de sa qualité, dès réception du congé.
- Récupérer et archiver le récépissé de dépôt : c'est lui qui date le délai d'un mois.
- Attendre la décision expresse ou l'expiration du délai d'un mois avant de signer le bail.
- Joindre l'autorisation au contrat de bail (art. L. 635-5) et la lister parmi les annexes.
- En régime de déclaration : déposer le Cerfa n° 15651*01 dans les 15 jours suivant la signature, et transmettre une copie du récépissé au locataire.
- Mettre à jour le tableau de suivi par lot : régime, date, référence du document obtenu.
- Reprendre le processus à zéro à la prochaine relocation — l'autorisation ne se transmet pas d'un locataire à l'autre.
Calendrier type d'une relocation en zone soumise à autorisation
Le scénario ci-dessous part d'une location nue dont le locataire donne congé avec trois mois de préavis, c'est-à-dire le préavis de principe. Il montre noir sur blanc que le mois d'instruction ne coûte rien tant qu'on le consomme pendant le préavis.
| Moment | Action du gérant | Pourquoi maintenant |
|---|---|---|
| J — congé reçu | Ouvrir la ligne de suivi, vérifier le régime applicable auprès de la collectivité | Le régime a pu changer depuis la dernière relocation |
| J + 3 jours | Commander les diagnostics manquants ou périmés | Le DDT conditionne le dépôt de la demande |
| J + 10 jours | Déposer le Cerfa 15652*01 avec le DDT, récupérer le récépissé | Le délai d'un mois démarre au dépôt |
| J + 10 à J + 40 | Instruction — pendant ce temps, diffuser l'annonce et organiser les visites | Les deux processus se déroulent en parallèle |
| J + 40 | Décision expresse reçue, ou autorisation tacite acquise | Silence d'un mois = accord (art. L. 635-4) |
| J + 60 | Sélection du candidat, constitution du dossier, préparation du bail | L'autorisation est déjà en main |
| J + 90 — départ | État des lieux de sortie, remise en état éventuelle | Fin du préavis |
| J + 91 à J + 95 | Signature du bail avec l'autorisation en annexe, état des lieux d'entrée | Art. L. 635-5 : autorisation jointe au contrat |
Ce calendrier suppose un préavis de trois mois. Il ne tient plus dès que le préavis du locataire est réduit à un mois : logement situé en zone tendue au sens du décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, ou cas légaux de l'article 15, I de la loi du 6 juillet 1989 (mutation, perte d'emploi, RSA ou AAH, état de santé, attribution d'un logement social). Comme les périmètres de permis de louer recouvrent massivement ces zones, prenez l'hypothèse d'un mois de préavis comme scénario de référence, et non comme exception.
Transposez ce calendrier en location meublée, où le préavis du locataire est d'un mois, ou en location nue en zone tendue, et la marge disparaît : le préavis et l'instruction se superposent exactement, jour pour jour. Un diagnostiqueur qui ne passe que la semaine suivante, et vous voilà en vacance sèche. Sur les meublés et les petites surfaces à forte rotation, le dispositif pèse deux à trois fois plus lourd qu'ailleurs.
Un dernier réflexe, pour finir. La quittance du premier mois, l'état des lieux, le dépôt de garantie et l'autorisation forment un seul bloc de pièces, à ranger ensemble dans le dossier du lot. Cela s'attrape en même temps que l'habitude d'éditer régulièrement les quittances de loyer et de suivre les charges locatives.
10. Permis de louer : les cinq erreurs qui coûtent une amende
Dans la quasi-totalité des dossiers sanctionnés, on retrouve les cinq mêmes schémas. Aucun ne relève de la mauvaise foi : ce sont des erreurs de lecture du dispositif, ou des trous dans l'organisation. Les connaître d'avance suffit largement à les éviter.
Erreur 1 : croire que le permis de louer est national
L'erreur fondatrice, celle dont découlent toutes les autres. Un gérant tombe sur un article consacré au permis de louer et en tire l'une de deux conclusions : « ça ne me concerne pas, je n'ai rien reçu », ou au contraire « il faut donc déposer une demande partout ». Les deux sont fausses.
Le dispositif est facultatif et local. Il existe là où une délibération l'a instauré, sur le périmètre qu'elle délimite, à partir de la date qu'elle fixe, et nulle part ailleurs. Aucun propriétaire n'est prévenu individuellement. La seule parade tient en trois mots : vérification écrite, adresse par adresse, à chaque mise en location.
Erreur 2 : oublier le renouvellement à chaque relocation
Plus insidieuse, celle-ci, parce qu'elle frappe des bailleurs sérieux : ceux qui ont fait la démarche une fois. Autorisation demandée à l'acquisition, obtenue, classée dans le dossier du lot. Sujet réglé, pensent-ils.
L'article L. 635-4 dit exactement le contraire : l'autorisation doit être renouvelée à chaque nouvelle mise en location. Sur un patrimoine à rotation rapide, l'oubli se répète tout seul, année après année. Or c'est précisément la répétition que sanctionne l'article L. 635-7, en portant le plafond à 15 000 € en cas de nouveau manquement dans les trois ans. Encore faut-il lire ce texte correctement : le barème aggravé suppose un manquement postérieur à un premier manquement déjà constaté. Deux oublis découverts en même temps restent deux premiers manquements à 5 000 €. En revanche, le bailleur qui reçoit un courrier, régularise, puis reloue un autre lot sans rien demander six mois plus tard bascule, lui, sur le plafond de 15 000 €.
Erreur 3 : signer le bail avant d'avoir l'autorisation
La scène est toujours la même. Le candidat est trouvé, il a donné son préavis, le camion de déménagement est réservé, et le gérant signe « en attendant l'accord de la mairie ». Le manquement est constitué au moment de la signature, quand bien même l'autorisation arriverait quinze jours plus tard.
Tout est dans l'adjectif : autorisation préalable. Le bail ne peut être conclu qu'une fois la décision notifiée, ou le délai d'un mois expiré. Aucune régularisation rétroactive n'est prévue par les textes. En pratique, une régularisation spontanée présentée pendant la procédure contradictoire pèse favorablement sur le montant retenu, mais elle n'efface pas le manquement.
La parade opérationnelle ne consiste pas à signer plus tôt. Elle consiste à déposer plus tôt, dès la réception du congé.
Erreur 4 : ne pas joindre l'autorisation au bail
Erreur de finition, mais erreur quand même. L'article L. 635-5 impose de joindre l'autorisation au contrat de bail à chaque nouvelle mise en location ou relocation. Elle fait partie des annexes, exactement comme le dossier de diagnostic technique et l'état des lieux.
Deux conséquences, dont une que presque personne n'anticipe. La première : un bail aux annexes incomplètes affaiblit la position du bailleur dans n'importe quel litige ultérieur, y compris sur des terrains sans le moindre rapport avec le permis de louer. La seconde concerne l'autorisation tacite. Comme il n'existe alors aucun document à annexer, il faut joindre le récépissé de dépôt et écrire noir sur blanc dans le bail que l'autorisation est acquise tacitement par expiration du délai de l'article L. 635-4. Neuf baux sur dix l'oublient, alors que la clause s'intègre en trois minutes dans un modèle de bail tenu à jour.
Erreur 5 : ignorer la conséquence sur les aides au logement
La dernière erreur consiste à ne raisonner qu'en risque d'amende. L'amende est ponctuelle, éventuelle, modulable, et parfois classée sans suite. L'interruption du tiers payant, elle, est immédiate, automatique et se reproduit tous les mois.
Pour une SCI dont plusieurs locataires perçoivent des aides versées directement au bailleur, la perte de ce circuit transforme un encaissement automatique en créance à relancer. Sur des logements à loyer modéré, où l'aide couvre parfois la moitié de la quittance, l'effet sur le taux d'impayés se lit dans les comptes bien avant qu'une notification d'amende n'arrive dans la boîte aux lettres. En trésorerie, c'est la conséquence la plus lourde du manquement. C'est aussi la moins citée.
Résumons. Le permis de louer n'est pas national, il ne rend jamais le bail nul, et il ne se demande pas une fois pour toutes. Pour une SCI, il ne soulève aucune difficulté juridique : il soulève une difficulté d'organisation, qui se règle avec une vérification écrite par commune, un dépôt déclenché par le congé reçu et un tableau de suivi par lot. Tout le pilotage locatif fonctionne sur ce même principe, comme le montrent nos guides SCI et bail d'habitation et comptabilité de SCI.
11. FAQ — Permis de louer en SCI
Le permis de louer est-il obligatoire partout en France ?
Non, et c'est le premier malentendu à lever. Le dispositif est facultatif : il n'existe que là où un EPCI compétent en matière d'habitat, ou à défaut un conseil municipal, l'a instauré par délibération sur un périmètre délimité (art. L. 635-1 du CCH). Deux communes voisines peuvent donc appliquer des règles opposées, et une même ville viser un quartier sans viser celui d'à côté. Personne ne prévient les propriétaires : la vérification vous incombe, adresse par adresse.
Quelle différence entre déclaration et autorisation préalable ?
La déclaration (art. L. 634-1 et s. CCH) intervient après la signature, dans les quinze jours suivant la conclusion du bail, et ne peut pas être refusée. L'autorisation préalable (art. L. 635-1 et s.) doit être obtenue avant de signer, elle est instruite en un mois et peut être refusée ou assortie de conditions de travaux. Les deux régimes sont issus de la loi ALUR du 24 mars 2014 — article 93 pour la déclaration, article 92 pour l'autorisation — mais n'ont ni le même formulaire ni les mêmes effets.
Comment savoir si mon logement est concerné ?
Il n'existe pas de registre national. La source de droit est la délibération de l'EPCI ou de la commune et son plan de périmètre. Interrogez par écrit le service habitat, hygiène ou urbanisme de la commune du bien en indiquant l'adresse exacte, l'étage, le numéro de lot et la référence cadastrale, puis conservez la réponse datée : c'est la meilleure pièce de diligence en cas de contestation.
Que se passe-t-il si la mairie ne répond pas ?
Le silence vaut accord. L'article L. 635-4 du CCH prévoit qu'à défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'un mois à compter du dépôt, le silence gardé vaut autorisation préalable de mise en location. C'est un silence positif, contrairement à ce que beaucoup d'articles indiquent par analogie avec l'urbanisme. Le récépissé de dépôt est indispensable : il prouve la date de départ du délai.
Faut-il redemander l'autorisation à chaque locataire ?
Oui, sans exception. L'article L. 635-4 impose de renouveler l'autorisation à chaque nouvelle mise en location : aucune autorisation n'est attachée au logement et ne vaudrait pour les locataires suivants. C'est de très loin l'obligation la plus oubliée, et c'est aussi elle qui mène au barème aggravé de 15 000 € lorsqu'un nouveau manquement survient, dans les trois ans, après un premier manquement déjà constaté.
Le renouvellement du bail avec le même locataire est-il concerné ?
Non. L'article R. 635-1 du CCH exclut expressément la reconduction et le renouvellement du contrat de la définition de la mise en location. Une tacite reconduction, un renouvellement au terme, un avenant modifiant le loyer ou ajoutant un colocataire ne déclenchent aucune nouvelle démarche. Seule la conclusion d'un contrat nouveau constitue le fait générateur.
Quel est le montant de l'amende ?
L'article L. 635-7 du CCH prévoit une amende administrative jusqu'à 5 000 € pour la mise en location sans avoir déposé de demande, jusqu'à 15 000 € en cas de nouveau manquement dans un délai de trois ans, et jusqu'à 15 000 € en cas de location malgré un rejet. En régime de déclaration, l'article L. 634-4 plafonne l'amende à 5 000 €. Ce sont des plafonds modulés selon la gravité, pas des tarifs automatiques.
Qui prononce l'amende : le préfet ou le maire ?
Le maire, ou le président de l'EPCI compétent en matière d'habitat. L'article 23 de la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 sur l'habitat dégradé a retiré ce pouvoir au représentant de l'État dans le département pour le confier aux élus locaux, et affecté le produit des amendes à la collectivité au lieu de l'Anah, avec effet au 11 avril 2024. Un article qui parle encore du préfet décrit un droit qui n'existe plus.
Le bail est-il nul en l'absence d'autorisation ?
Non. L'article L. 635-8 du CCH énonce que la mise en location sans autorisation préalable est sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire, et l'article L. 634-3 pose la même règle pour la déclaration. Le loyer reste dû, le bail reste opposable, le locataire reste protégé. Toute la sanction pèse sur le bailleur, sous forme d'amende administrative.
Le locataire perd-il ses APL ?
Ce n'est pas le droit à l'aide qui est en cause, mais son mode de versement. En régime de déclaration, l'article L. 634-3 du CCH subordonne le paiement en tiers payant des aides personnelles au logement à la production du récépissé : sans lui, l'aide n'est plus versée directement au bailleur. En régime d'autorisation, l'article L. 635-6 organise la transmission de la décision de refus à la CAF, à la MSA et aux services fiscaux. Pour la SCI, l'effet de trésorerie est immédiat.
Qui signe la demande pour une SCI ?
Le gérant, qui représente la société. L'article R. 635-2 du CCH impose d'indiquer, pour un bailleur personne morale, la dénomination, la forme juridique, le siège social et la qualité du signataire : il faut donc écrire « gérant de la SCI X » et pas seulement signer. En cogérance, une signature suffit sauf clause statutaire contraire. Un mandat de gestion confié à un professionnel n'exonère pas la SCI de la sanction, qui vise le bailleur.
Quelles pièces joindre à la demande ?
Le Cerfa n° 15652*01 complété des informations de l'article R. 635-2 (bailleur, mandataire éventuel, localisation, désignation et consistance du logement et de l'immeuble), et surtout le dossier de diagnostic technique de l'article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989, dont l'annexion est imposée par l'article L. 635-4 : DPE, état des risques, plomb, gaz et électricité de plus de quinze ans, amiante le cas échéant. Un extrait d'immatriculation de la SCI n'est pas exigé par les textes mais fréquemment demandé en pratique.
Combien de temps l'autorisation est-elle valable ?
Deux ans. L'article R. 635-3 du CCH prévoit qu'elle devient caduque si elle n'est pas suivie d'une mise en location dans ce délai. Il est donc contre-productif de la demander très en amont d'un chantier long. Le même article organise en revanche le transfert de l'autorisation au nouveau propriétaire par déclaration de transfert en cas de vente du bien.
La mairie peut-elle refuser, et quels recours ?
Oui, sur le fondement de l'article L. 635-3 du CCH : non-respect des caractéristiques de décence, ou risque d'atteinte à la sécurité des occupants et à la salubrité publique. La décision doit être motivée et préciser les travaux ou aménagements prescrits. L'article L. 635-9 ajoute un cas de blocage absolu : aucune autorisation ne peut être délivrée tant que l'immeuble est frappé d'un arrêté d'insalubrité, de péril ou relatif aux équipements communs. Les recours sont ceux du droit administratif : recours gracieux, puis recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois — il n'existe pas de recours hiérarchique, le maire et le président d'EPCI n'ayant pas de supérieur hiérarchique. En pratique, exécuter les travaux prescrits et redéposer est souvent plus rapide qu'un contentieux.
Le permis de louer s'applique-t-il à la location saisonnière ?
Non. L'article R. 635-1 du CCH ne vise que les contrats soumis au titre Ier ou au titre Ier bis de la loi du 6 juillet 1989, c'est-à-dire les résidences principales, nues ou meublées. Un meublé de tourisme relève d'autres régimes : déclaration en mairie, numéro d'enregistrement, et le cas échéant autorisation de changement d'usage de l'article L. 631-7 du CCH, dont la sanction civile atteint 100 000 €. Deux corps de règles indépendants.
Une SCI multi-communes doit-elle faire une démarche par lot ?
Oui, et même une démarche par mise en location. Chaque bien suit le régime de sa propre collectivité, avec son formulaire, son interlocuteur et ses habitudes d'instruction. Huit lots répartis sur trois EPCI, cela peut donner trois situations différentes, dont une seule en autorisation préalable. Sur la durée, seule une chose tient : un tableau de suivi par lot, mis à jour à chaque congé reçu.
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