Vendre les parts de la SCI ou vendre l'immeuble : le comparatif chiffré
Vendre l'immeuble de la société civile immobilière (SCI), ou vendre les parts de cette société : même opération économique, deux additions très différentes. On lit partout que la voie parts fait économiser des droits — 5 % au lieu de 6,32 %. C'est exact. Mais cette économie tombe dans la poche de l'acheteur, et le vendeur, lui, paie davantage.
À l'impôt sur le revenu (IR), la cession de parts prive le vendeur du forfait de travaux de 15 %, réservé aux immeubles bâtis : sur notre dossier à 600 000 €, il perd 10 978 € pendant que l'acheteur gagne 26 750 €. Pas une optimisation : une négociation, dont cette page donne les deux bornes. À l'impôt sur les sociétés (IS), tout se joue sur la décote que l'acquéreur exigera. Nous la calculons.
Ni la procédure de cession, ni celle de la vente : cette page les compare. L'agrément, la forme de l'acte et les formalités sont dans notre guide de la cession de parts de SCI ; le déroulé d'une vente d'immeuble, dans notre guide de la vente de l'immeuble de la SCI.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code de l'urbanisme, CGI, BOFiP, Légifrance).
Dernière mise à jour : 31 août 2026 · environ 29 min de lecture.
Sommaire
- Vendre les parts ou l'immeuble de la SCI : le tableau complet, du prix au net vendeur
- À l'IR : le forfait de 15 % qui décide
- Les droits de l'acheteur : 5 % contre 6,32 %
- La zone d'accord de la négociation
- À l'IS : la décote d'équilibre, calculée
- Le point où la voie parts s'effondre
- Préemption, agrément, passif : ce qui ne disparaît pas
- La garantie d'actif et de passif : son vrai prix
- L'acte depuis le 27 juin 2026, et le seuil d'environ 115 000 €
- L'arbre de décision en cinq questions
- Questions fréquentes
1. Vendre les parts ou l'immeuble de la SCI : le tableau complet, du prix au net vendeur
L'arbitrage est presque toujours présenté par un seul bout : le taux de droits, la plus-value, ou la forme de l'acte. Il en faut six, sur les mêmes données. Voici le dossier de la page.
Dossier n° 1 — SCI à l'impôt sur le revenu
- Une société civile immobilière à deux associés à parts égales, un seul immeuble, pas d'option pour l'impôt sur les sociétés. Parts détenues depuis 2014.
- Immeuble acheté 300 000 € en 2014, frais d'acquisition 22 500 €, financé par un emprunt de 250 000 € et des apports de 72 500 €.
- Prêt in fine — on ne paie que les intérêts, le capital à l'échéance : le capital restant dû en 2026 est toujours de 250 000 €.
- Valeur de l'immeuble en 2026 : 600 000 €. Durée de détention : 12 ans.
- Département au taux départemental de 5 % — comme 89 départements sur 101 depuis la majoration de 2025 —, soit 6,32 % de droits de mutation à titre onéreux.
- Les associés sortent le prix sans dissoudre. À l'impôt sur le revenu, cette remontée ne coûte rien : les résultats ont déjà été imposés entre leurs mains.
- Résultat foncier distribué chaque année, aucun déficit — hypothèse qui neutralise le correctif du prix de revient des parts, expliqué en section 2.
Le prix des parts se déduit : l'immeuble moins la dette, soit 350 000 €. Une donnée d'entrée, pas un sujet — l'évaluation des parts est un métier à part.
| Ligne | Voie « immeuble » | Voie « parts » |
|---|---|---|
| Ce qui est vendu | L'immeuble — 600 000 € | 100 % des parts — 350 000 € |
| Prix d'acquisition retenu | 367 500 € (300 000 + 22 500 + 45 000) | 72 500 € (les apports) |
| Plus-value brute | 232 500 € | 277 500 € |
| Impôt du vendeur | 65 039 € | 76 017 € |
| Net vendeur, dette soldée | 284 961 € | 273 983 € |
| Seconde couche à la remontée du prix | 0 € (régime IR) | 0 € (sans objet) |
| Droits d'enregistrement de l'acheteur | 37 920 € (6,32 %) | 17 500 € (5 %) |
| Acte, émoluments et formalités | ≈ 7 830 € | ≈ 1 500 € |
| Coût total pour l'acheteur | 645 750 € | 619 000 € |
Deux nombres, en sens opposés. Le vendeur perd 10 978 € en passant par les parts. L'acheteur y gagne 26 750 €. Les sections qui suivent expliquent d'où vient chacun.
La ligne « coût total pour l'acheteur », colonne parts, inclut les 250 000 € d'emprunt repris avec la société : sans eux, la comparaison n'aurait aucun sens. L'acte côté immeuble : 6 230 € TTC d'émoluments, 600 € de contribution de sécurité immobilière — une taxe de 0,10 % sur toute publicité foncière — et 1 000 € de débours.
2. À l'IR, le vendeur ne paie pas la même chose des deux côtés — et c'est le forfait de 15 % qui décide
C'est ici que la plupart des comparatifs se trompent. Quand un particulier cède des parts d'une société civile immobilière restée à l'impôt sur le revenu, l'article 150 UB du CGI le renvoie au régime des plus-values immobilières des particuliers. Même taux de 19 %, mêmes prélèvements sociaux de 17,2 %, mêmes abattements. D'où la conclusion, trop rapide, que le vendeur est indifférent.
Il ne l'est pas. Le renvoi porte sur le régime, pas sur l'assiette. Deux majorations forfaitaires du prix d'acquisition sont réservées à l'immeuble et n'existent pas sur des parts sociales :
- le forfait de 7,5 % pour frais d'acquisition, réservé « dans le cas des immeubles » (art. 150 VB, II, 3° du CGI) ;
- le forfait de 15 % pour travaux, réservé à l'immeuble bâti vendu plus de cinq ans après son acquisition, faute de justificatifs (art. 150 VB, II, 4°).
Sur des parts, seuls les frais réellement supportés et justifiés majorent le prix d'acquisition. Le forfait de travaux disparaît. Ce que cela coûte sur le dossier n° 1, avec les abattements de douze ans — 42 % pour l'impôt sur le revenu, 11,55 % pour les prélèvements sociaux :
| Calcul de la plus-value du vendeur | Voie immeuble | Voie parts |
|---|---|---|
| Prix de cession | 600 000 € | 350 000 € |
| Prix d'acquisition | 300 000 € | 72 500 € |
| + forfait frais d'acquisition 7,5 % | 22 500 € | néant |
| + forfait travaux 15 % | 45 000 € | néant |
| Plus-value brute | 232 500 € | 277 500 € |
| Impôt sur le revenu, 19 % après abattement | 25 622 € | 30 581 € |
| Prélèvements sociaux, 17,2 % après abattement | 35 371 € | 42 217 € |
| Surtaxe sur les plus-values élevées | 4 046 € (3 %, un seul cédant) | 3 219 € (2 % × 2 cédants) |
| Impôt total | 65 039 € | 76 017 € |
Écart : 10 978 € à la charge du vendeur. Les 45 000 € de forfait travaux perdus lui coûtent 11 805 € : abattus de 42 % puis taxés à 19 %, ils font 4 959 € ; abattus de 11,55 % puis taxés à 17,2 %, ils font 6 846 €. En sens inverse, la surtaxe lui rend 827 €. Total : 11 805 − 827 = 10 978 €.
Un correctif que presque aucun comparatif n'applique : le prix d'acquisition des parts n'est pas figé au montant des apports. On y ajoute les bénéfices déclarés sans avoir été touchés, on en retranche les déficits déduits du revenu. La règle : CE 9 mars 2005, n° 248825 ; rép. Biancheri n° 66675 et Gard n° 66494, JO AN 31 janvier 2006 ; BOI-RFPI-SPI-20, § 30. Douze ans de déficit foncier creusent d'autant l'écart de 10 978 € ; des bénéfices laissés en réserves le réduisent. Chiffrons-le. Avec 3 000 € de déficit déduits chaque année pendant douze ans, soit 36 000 €, le prix de revient des parts tombe de 72 500 € à 36 500 €. La plus-value monte à 313 500 €, l'impôt des deux associés à 85 878 €, et l'écart de 10 978 € devient 20 839 € — près du double. Refaites ce calcul sur vos douze dernières déclarations 2072.
Notez ce qui ne creuse pas l'écart. Les 22 500 € de frais d'acquisition ont réellement été payés en 2014 : ils sont déjà dans les 72 500 € d'apports. La dette se retranche du prix des parts comme elle s'était retranchée des apports — elle se neutralise. Reste le forfait de travaux, cadeau fiscal attaché au seul immeuble bâti.
Gardez vos factures d'entreprise : les dépenses réelles sont admises des deux côtés et l'écart se réduit d'autant. Le seuil de 15 000 € des petites cessions, lui, ne joue pas sur les parts. Le calcul année par année : notre guide de la plus-value en SCI. Le barème par tranches : la surtaxe sur les plus-values immobilières.
3. Les droits de l'acheteur : 5 % contre 6,32 %, et à qui appartient l'écart
Les droits de mutation à titre onéreux — les « frais d'enregistrement » payés chez le notaire — n'ont ni le même taux ni la même base selon la voie.
- Voie immeuble : 6,32 % de 600 000 €, soit 37 920 €, dont 5,00 % de droit départemental, 1,20 % de taxe communale et 2,37 % de frais d'assiette sur la seule part départementale. Le taux tombe à 5,81 % dans les onze départements restés à 4,50 % — Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Charente, Drôme, Lozère, Oise, Hautes-Pyrénées, Saône-et-Loire, Guadeloupe, et Mayotte depuis le 1er juin 2026. Un seul descend plus bas : l'Indre, resté à 3,80 % de part départementale, soit 5,09 % au total. Vérifiez le vôtre : 3 060 € d'écart ici.
- Voie parts : 5 % pour une société à prépondérance immobilière — une société dont l'actif est, ou a été l'année précédente, principalement constitué d'immeubles situés en France (art. 726, I, 2° du CGI) —, sur la valeur nette des parts. Le passif social se déduit : emprunt bancaire comme compte courant d'associé, l'argent qu'un associé a prêté à sa société. L'assiette est le prix exprimé, 350 000 €, d'où 17 500 €. Pas d'abattement de 23 000 € : il est réservé au taux de 3 %.
L'écart sur cette seule ligne est de 20 420 €. Ajoutez le coût de l'acte — 7 830 € contre 1 500 € — et l'acheteur économise 26 750 € par la voie parts.
Reste la question qui décide de tout : à qui appartient cet écart ? Sauf convention contraire, les droits sont à la charge de l'acquéreur : l'économie tombe entièrement chez lui. Un vendeur qui accepte la voie parts au même prix fait un cadeau de 26 750 € et le paie 10 978 €. Aucune des pages qui vantent le « 5 % au lieu de 6,32 % » ne le dit.
Quand l'acheteur est déjà associé, l'arbitrage change de nature : plus de tiers à convaincre, mais un risque de prix minoré qui domine tout — la SCI vend à un associé.
4. La zone d'accord : combien exiger de plus sur le prix des parts
L'écart appartient à l'acheteur, le manque à gagner au vendeur. La voie parts n'a donc de sens que si une partie de l'économie remonte dans le prix. De combien ? Et à partir de quel montant l'acheteur préfère-t-il l'immeuble ? Les deux bornes se calculent. Personne ne les donne.
Borne basse — le vendeur redevient neutre. Chaque euro supplémentaire sur le prix des parts lui coûte 27,39 centimes d'impôt : 19 % sur 58 % de la plus-value, 17,2 % sur 88,45 %, surtaxe de 2 % sur 58 %. Il lui en reste 72,61. Pour combler ses 10 978 € de perte, il lui faut 10 978 / 0,72607 = 15 120 €. Vérification : à 365 120 €, l'impôt des associés monte à 80 159 € et leur net retombe à 284 961 € — le net de la voie immeuble.
Borne haute — l'acheteur redevient indifférent. Il paie jusqu'à ce que son coût total rejoigne les 645 750 € de la voie immeuble, soit 1,05 × prix des parts + 250 000 € de dette + 1 500 € d'acte. D'où un prix de 375 476 €, soit + 25 476 €.
La zone d'accord
Un prix de parts entre 365 120 € et 375 476 €. En dessous, le vendeur y perd ; au-dessus, l'acheteur préfère l'immeuble. Au point milieu, + 20 298 €, le vendeur gagne 3 760 € de plus qu'en vendant l'immeuble et l'acheteur dépense 5 437 € de moins.
Ces montants sont bien plus petits que les 26 750 € de la tête de page. La raison : la négociation détruit de la valeur. Chaque euro déplacé coûte 5 centimes de droits à l'acheteur et 27,39 centimes d'impôt au vendeur, soit 32,39 centimes évaporés. Le gain conjoint vaut 15 772 € au départ ; il n'en reste que 9 197 € au milieu, et aux bornes 10 874 € pour l'acheteur ou 7 519 € pour le vendeur.
Le vrai ordre de grandeur d'une cession de parts à l'impôt sur le revenu : moins de dix mille euros à se partager, pas vingt-six mille. Assez pour la faire, pas à n'importe quelle condition.
5. À l'IS : la décote d'équilibre entre les deux voies, calculée
Avec l'option pour l'impôt sur les sociétés, le problème change de forme. Plus d'abattement pour durée de détention. La plus-value se calcule sur la valeur nette comptable — le prix d'achat diminué des amortissements passés en charges. Cette valeur ayant fondu, la plus-value taxable est énorme, et le prix subit une seconde couche d'impôt en remontant aux associés.
Dossier n° 2 — SCI à l'impôt sur les sociétés
- Immeuble acquis 636 000 € en 2011, dont 160 000 € de terrain, non amortissable.
- Amortissements cumulés : 256 000 €. Valeur nette comptable : 380 000 €.
- Valeur en 2026 : 800 000 €. Aucune dette. Capital de 200 000 €, entièrement libéré et détenu par des personnes physiques.
- Les associés sortent le prix par distribution, puis récupèrent leurs 200 000 € d'apports sans impôt — un remboursement d'apports n'est pas un revenu distribué (art. 112, 1° du CGI). Dans les conditions et l'ordre que détaille notre guide de la distribution du prix de vente, lié plus bas.
Deux taux gouvernent le calcul. L'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà (art. 219, I, b du CGI). Le taux réduit a des conditions. Chiffre d'affaires sous 10 M€, et capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques — directement, ou par une seule société elle-même ainsi détenue. Puis le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. En 2026, il frappe les distributions comme la plus-value de cession des parts — cette symétrie est la clé du calcul qui suit. Sa décomposition : le prélèvement forfaitaire unique en SCI à l'IS.
| Ligne | Voie immeuble | Voie parts |
|---|---|---|
| Base imposable | 420 000 € (800 000 − 380 000) | 600 000 € (800 000 − 200 000) |
| Impôt sur les sociétés | 100 750 € | 0 € |
| Imposition de l'associé, 31,4 % | 156 765 € (sur 499 250 €) | 188 400 € (sur 600 000 €) |
| Apports récupérés sans impôt | 200 000 € | compris dans le prix |
| Net pour les associés | 542 485 € | 611 600 € |
Écart brut : 69 115 € en faveur de la voie parts. Mais aucun acquéreur ne paiera les parts 800 000 €. Il hérite d'une société dont l'immeuble reste inscrit à 380 000 € : la plus-value latente passe avec elle. Il exigera une décote — un prix de parts inférieur à la valeur de l'immeuble. Jusqu'où la concéder ?
La formule, en français. Une baisse de prix coûte au vendeur son montant en encaissement, mais lui économise 31,4 % d'impôt : sa perte nette ne vaut que 68,6 % de la baisse consentie. Pour que la voie parts reste au moins aussi bonne, cette perte ne doit pas dépasser l'avantage de 69 115 €.
D'où la décote maximale : 69 115 / 0,686 = 100 750 €, soit 12,6 % de la valeur de l'immeuble. Vérification : à 699 250 €, la plus-value est de 499 250 €, le prélèvement forfaitaire unique de 156 765 €, et le net des associés de 542 485 € — au centime près, le net de la voie immeuble.
Le résultat qu'il faut retenir
La décote d'équilibre est égale, à l'euro près, à l'impôt sur les sociétés que la vente de l'immeuble aurait déclenché : 100 750 €.
Ce n'est pas une coïncidence. Des deux côtés, le net s'écrit 68,6 % de (somme dégagée − 200 000) plus les 200 000 € d'apports — 800 000 moins l'impôt sur les sociétés côté immeuble, le prix P côté parts. L'égalité impose P = 800 000 − impôt sur les sociétés : la décote vaut l'impôt évité, ni plus ni moins, à condition que les deux couches personnelles soient au même taux. En 2026, elles le sont — sous le prélèvement forfaitaire unique. Un associé qui opte pour le barème progressif sur des parts acquises avant 2018 casse cette symétrie : l'abattement pour durée de détention ne joue que du côté des parts. Voir en fin de page la question sur cette option.
Ce n'était pas vrai un an plus tôt. La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % ne frappe les dividendes qu'à compter des sommes mises en paiement le 1er janvier 2026, alors qu'elle valait déjà pour les plus-values de cession de parts dès les revenus 2025. Une distribution de 2025 était à 30 %, une cession de parts déjà à 31,4 %. Piège classique.
Deux renvois, dont nous ne reprenons que les résultats. Le calcul de la plus-value professionnelle sur la valeur nette comptable : notre guide de la plus-value en SCI à l'IS. L'ordre de remontée du prix : notre guide de la distribution du prix de vente.
6. Le point où la voie parts s'effondre : l'acquéreur qui amortit
La décote d'équilibre dit ce que le vendeur peut concéder. Pas ce que l'acheteur va demander. Si celui-ci est lui-même à l'impôt sur les sociétés, sa demande a un fondement chiffrable.
En achetant l'immeuble à 800 000 €, il repartirait d'une base neuve : terrain à 160 000 €, donc 640 000 € de bâti à amortir. En achetant les parts, il hérite d'un bâti amorti de 256 000 € et n'a plus que 220 000 € à amortir. Il perd 420 000 € d'amortissements futurs, soit 105 000 € d'impôt à 25 % — en linéaire sur vingt-cinq ans et actualisés à 3 %, ces 4 200 € annuels valent 73 135 € aujourd'hui.
En face, il économise des droits : 34 963 € (5 % de 699 250 €) au lieu de 50 560 € (6,32 % de 800 000 €). Un gain de 15 597 €.
| Face à un acquéreur soumis à l'IS | Montant |
|---|---|
| Décote que le vendeur peut concéder sans y perdre | 100 750 € |
| + ce que l'acheteur économise sur les droits | 15 597 € |
| − ce qu'il perd en amortissements futurs (valeur actualisée) | − 73 135 € |
| Marge de négociation restante | 43 212 € |
Si le vendeur capte toute cette marge, il lui en reste 68,6 %, soit 29 643 €. Mais l'acquéreur négociera sur le nominal de 105 000 €, pas sur sa valeur actualisée : c'est ce nombre-là qui frappe. La marge tombe à 11 347 €, dont il ne reste au vendeur que 7 784 €.
La conclusion honnête : face à un acquéreur qui amortit, la voie parts rapporte entre 7 800 € et 29 600 € au vendeur, pas les 69 115 € de l'écart brut. La décote d'équilibre ne reste entière que face à qui n'amortit pas : une personne physique, une société civile à l'impôt sur le revenu, un horizon de revente court. Cherchez celui-là avant de chercher un montage. L'acquéreur société : les parts de SCI logées dans une holding à l'IS.
7. Ce que vendre les parts ne fait pas disparaître : préemption, agrément, passif
Céder les parts n'est pas une porte dérobée. Trois obstacles restent debout, et le premier peut faire annuler l'opération.
Le droit de préemption urbain frappe aussi la cession de parts
Le droit de préemption urbain — la faculté pour une commune de se substituer à l'acquéreur d'un bien situé dans un périmètre qu'elle a délimité — ne s'arrête pas à la porte de la société. Le 3° de l'article L213-1 du Code de l'urbanisme y soumet expressément la cession de la majorité des parts d'une SCI, à condition que le patrimoine social tienne en une unité foncière — un seul tenant, un même propriétaire — elle-même préemptable.
Deux limites, à lire dans le bon sens. La société qui détient plusieurs unités foncières sort du texte, qui épargne aussi les sociétés strictement familiales jusqu'au quatrième degré. Mais c'est le genre de condition qui cesse d'être remplie sans qu'on s'en aperçoive : un associé extérieur entré il y a dix ans, et l'exception tombe. Ne montez pas une cession de parts pour éviter une préemption. Vérifiez le périmètre et le capital avant.
L'agrément des associés reste dû
La cession à un tiers reste soumise à l'agrément — l'accord préalable des autres associés — de l'article 1861 du Code civil. Deux points que beaucoup de guides écrivent à l'envers. Les cessions aux ascendants et descendants sont libres de plein droit, sauf clause contraire. Celles entre associés et au conjoint restent soumises à agrément tant que les statuts n'en dispensent pas. Le détail : la clause d'agrément d'une SCI.
L'acquéreur reprend tout le passif social, y compris ce qu'il ignore
C'est la différence de nature entre les deux voies, et elle explique presque tous les échecs. Qui achète un immeuble achète un immeuble. Qui achète des parts achète une société entière, avec son histoire : exercices, déclarations, baux, litiges, cautionnements, contrôle fiscal en cours. Rien de tout cela n'est visible dans le prix.
Deux sujets voisins. La préemption du locataire naît du congé pour vendre et ne joue donc pas sur une cession de parts : le congé pour vendre en SCI. Et qui décide la vente, du gérant ou de l'assemblée ? Le gérant peut-il vendre le bien de la SCI seul ?
8. La garantie d'actif et de passif : le vrai prix de la voie parts
Une garantie d'actif et de passif engage le vendeur à rembourser l'acquéreur si un passif apparaît après la cession alors qu'il trouve son origine avant. Redressement fiscal ancien, litige de bail, travaux non déclarés : elle couvre ce passé-là, dans un acte séparé. Elle se négocie clause par clause — durée, plafond, franchise, et surtout garantie de la garantie, ce qui assure que le vendeur sera encore solvable le jour où on l'appellera. Le mécanisme : reprendre une SCI existante.
Ce qui compte, c'est son coût. C'est lui qui décide de l'arbitrage, et personne ne le chiffre.
- La rédaction et l'audit : l'acquéreur fera relire les trois à six derniers exercices, les baux et la situation fiscale. Sur une société à un immeuble et trois exercices, comptez 1 500 à 3 000 € hors taxes par partie aux honoraires pratiqués à l'été 2026. Soit 1 800 à 3 600 € TTC pour le vendeur, en plus des 1 500 € d'acte — et un délai.
- Le séquestre : le poste qui coûte vraiment. Une garantie n'a de valeur que si une fraction du prix est bloquée pendant sa durée, souvent 10 à 20 % sur deux à trois ans. Immobiliser 10 % de 350 000 € pendant trois ans, c'est se priver de 35 000 € — 3 150 € de rendement perdu à 3 % l'an.
Posons le solde. Honoraires et séquestre coûtent ensemble 4 950 à 6 750 € au vendeur. Sur les 7 519 € que la section 4 lui donne dans le meilleur des cas, il ne lui reste que 769 à 2 569 €. La garantie de passif ne mange pas une partie du gain de la voie parts : elle le mange presque tout.
Voilà pourquoi la voie parts échoue plus souvent pour des raisons pratiques que fiscales. Un acquéreur particulier, venu acheter un appartement, refuse presque toujours d'acheter une société : il ne comprend pas ce qu'il rachète, sa banque non plus, son notaire lui conseille la prudence. Elle fonctionne entre professionnels, en famille, ou quand l'acquéreur est déjà associé. Ailleurs, elle finit souvent par un retour à la vente de l'immeuble, trois mois plus tard.
9. Depuis le 27 juin 2026, l'acte n'est plus gratuit — et sous environ 115 000 €, vendez l'immeuble
Toutes les comparaisons publiées avant l'été 2026 supposent que l'acte de cession de parts ne coûte rien. C'était vrai. Ça ne l'est plus. Depuis le 27 juin 2026, l'article 1865-1 du Code civil impose pour la cession de parts d'une personne morale à prépondérance immobilière un acte notarié, un acte d'avocat contresigné ou un acte d'expert-comptable habilité, à peine de nullité.
Deux précisions de prudence, le texte étant neuf et son champ non fixé. Il ne qualifie pas la nullité qu'il prononce : la doctrine majoritaire la tient pour absolue, mais aucune juridiction ne s'est prononcée, et il n'existe ni commentaire administratif ni circulaire. Et la vente n'est pas seule en cause : l'apport à une holding, l'échange, le rachat par la société ne sont pas visés expressément, mais aucune source publiée ne les exclut. Notre position : sur toute opération qui transfère des parts, acte notarié ou acte d'avocat. Quelques centaines d'euros ; l'erreur inverse coûte l'opération.
Reste à chiffrer l'effet. Le tarif réglementé des notaires ne fixe aucun émolument pour une cession de parts sociales : l'émolument « en matière de sociétés » de l'article A444-158 du Code de commerce ne vise que les actes soumis à publicité foncière. Ce sont donc des honoraires libres, et il faut un devis écrit. Ceux que nous observons à l'été 2026 vont de 800 à 2 500 € hors taxes. Retenons 1 250 €, soit 1 500 € TTC.
| Avantage de la voie parts pour l'acheteur | Avant le 27/06/2026 | Depuis |
|---|---|---|
| Écart de droits d'enregistrement | 20 420 € | 20 420 € |
| Acte de vente notarié évité | 7 830 € | 7 830 € |
| Coût de l'acte de cession de parts | 0 € (sous seing privé) | − 1 500 € |
| Avantage net pour l'acheteur | 28 250 € | 26 750 € |
Sur un dossier à 600 000 €, l'acte ampute l'avantage de 5,3 % : rien de décisif. Mais il existe un montant en dessous duquel l'opération cesse d'avoir un sens, et personne ne le donne.
Sur une société sans dette — cas typique d'une vieille SCI familiale —, les deux assiettes coïncident et l'avantage de droits vaut 1,32 point de la valeur. Un acte à 1 500 € l'absorbe entièrement dès que la valeur nette descend sous 113 600 €. Dans un département resté à 4,50 %, où l'écart tombe à 0,81 point, ce seuil monte à 185 200 €. Et dans l'Indre, resté à 3,80 %, l'écart n'est plus que de 0,09 point : il faut 1,67 M€ de valeur nette pour absorber l'acte. Autant dire que la voie parts n'y a pratiquement jamais d'intérêt fiscal.
N'en tirez pas plus que ce que ça dit — c'est l'erreur qu'on lit ailleurs. Passé ce point, l'acheteur évite toujours l'acte de vente. Sur 113 600 €, le barème de l'article A444-91 du Code de commerce donne 1 305 € hors taxes, soit 1 566 € TTC. Ajoutez 114 € de contribution de sécurité immobilière et 500 € de débours : les trois mêmes postes qu'en section 1, à l'échelle de ce dossier. Il lui reste 2 180 € d'avantage : 1 500 € de droits économisés, plus 2 180 € d'acte de vente évité, moins les 1 500 € de l'acte de cession. Ce n'est plus grand-chose. Ce n'est pas zéro.
Le vrai basculement est ailleurs : c'est le total des deux parties qui devient négatif. Même société sans dette à 113 600 €, immeuble acheté 60 000 € en 2014 avec 4 500 € de frais réels. Le forfait de travaux perdu, 9 000 €, coûte au vendeur 992 € d'impôt sur le revenu et 1 369 € de prélèvements sociaux, soit 2 361 €. Pas de surtaxe sous 50 000 €. L'acheteur gagne 2 180 €, le vendeur perd 2 361 € : l'opération détruit 181 € avant d'avoir été négociée. Et la destruction grandit à mesure que le dossier rétrécit : 743 € à 90 000 €.
10. Parts ou immeuble : l'arbre de décision en cinq questions fermées
Les cinq questions, dans l'ordre. Chacune se répond par oui ou par non, et chaque issue porte un montant tiré des sections précédentes.
| Question | Ce qu'elle décide |
|---|---|
| 1. La valeur nette des parts dépasse-t-elle 113 600 € — 185 200 € dans un département resté à 4,50 %, 1,67 M€ dans l'Indre ? | Non → vendez l'immeuble : l'acte de cession absorbe toute l'économie de droits et l'opération détruit de la valeur pour les deux parties (section 9). Oui → question suivante. |
| 2. L'immeuble est-il dans un périmètre de préemption, et la société détient-elle une seule unité foncière ? | Oui aux deux → la cession de parts est préemptable, sauf société strictement familiale au 4e degré : purgez avant de négocier (section 7). |
| 3. La société est-elle à l'impôt sur les sociétés ? | Non → l'enjeu est de 15 120 à 25 476 € de prix à négocier (section 4). Oui → question suivante. |
| 4. L'acquéreur amortira-t-il l'immeuble ? | Non → la décote d'équilibre de 100 750 € reste entière. Oui → il reste 7 800 à 29 600 € pour le vendeur (sections 5 et 6). |
| 5. L'acquéreur accepte-t-il une garantie de passif et un séquestre ? | Non → revenez à la vente de l'immeuble sans perdre trois mois. Le séquestre coûte à lui seul environ 3 150 € au vendeur (section 8). |
Deux situations voisines. Si c'est un associé qui veut sortir, et non l'actif : sortir d'une SCI. Si c'est la société qui rachète les parts : le rachat de parts par la SCI.
11. Questions fréquentes sur la vente des parts ou de l'immeuble
Peut-on vendre une SCI ?
On ne vend pas une société civile immobilière : on cède ses parts. La société, elle, survit à l'opération avec le même numéro SIREN, le même immeuble, les mêmes baux, les mêmes emprunts et les mêmes exercices comptables. C'est toute la différence avec la vente de l'immeuble, qui laisse la société debout mais vide.
L'acheteur des parts reprend-il l'emprunt de la SCI ?
L'emprunt reste au nom de la société : il n'est ni transféré ni remboursé, puisque le débiteur ne change pas. Mais la banque n'est pas obligée de rester. La plupart des prêts consentis à une SCI comportent une clause d'exigibilité anticipée en cas de changement de contrôle : vérifiez la vôtre, elle figure dans les conditions générales. Et la caution personnelle donnée par le cédant ne se transmet pas automatiquement à l'acquéreur. Avant de signer, il faut donc obtenir par écrit l'accord de la banque sur le nouveau tour de table et sur la substitution de caution. C'est le premier point qui fait échouer une cession de parts.
La préemption du locataire s'applique-t-elle à une cession de parts ?
Non. Le droit de préférence du locataire d'habitation naît du congé pour vendre, c'est-à-dire d'une vente du logement lui-même ; une cession de parts ne déclenche pas de congé et n'ouvre donc aucun droit au locataire sur les parts. En revanche, la voie parts n'échappe pas à toute préemption. Le droit de préemption urbain de la commune frappe expressément la cession de la majorité des parts d'une SCI dont le patrimoine tient en une seule unité foncière.
Faut-il l'accord des autres associés pour céder ses parts ?
Oui pour une cession à un tiers : l'agrément des associés est requis par l'article 1861 du Code civil, dans les conditions que fixent les statuts. Deux nuances que beaucoup de guides écrivent à l'envers. Les cessions consenties aux ascendants ou aux descendants du cédant sont libres de plein droit, sauf clause statutaire contraire. Les cessions entre associés et au conjoint, elles, restent soumises à agrément tant que les statuts n'en dispensent pas.
Qui paie les droits d'enregistrement ?
L'acquéreur, dans les deux voies, sauf convention contraire des parties. C'est précisément ce qui rend l'arbitrage commercial : le vendeur ne touche pas un euro de l'économie de droits que la voie parts procure. S'il veut en récupérer une part, il doit la demander sous forme de prix, et le prix supplémentaire qu'il obtient est lui-même imposé.
Peut-on vendre les parts d'une SCI qui ne possède qu'un seul bien ?
Oui, et c'est le cas le plus fréquent. Mais c'est aussi celui où l'opération ressemble le plus à une vente immobilière déguisée, donc celui où l'administration contrôle le plus la valeur déclarée. Le prix des parts n'est qu'un plancher : l'administration peut lui substituer la valeur vénale réelle si elle la juge supérieure.
Quel acte faut-il pour une cession de parts depuis 2026 ?
Un acte notarié, un acte d'avocat contresigné ou un acte d'expert-comptable habilité, à peine de nullité, depuis le 27 juin 2026. L'acte sous seing privé gratuit n'existe plus pour les cessions de parts de sociétés à prépondérance immobilière. Le texte ne qualifie pas la nullité qu'il prononce ; la doctrine majoritaire la tient pour absolue, ce qui signifie qu'un cercle large de personnes pourrait la demander, pendant cinq ans à compter du jour où chacune a connu les faits.
Le compte courant d'associé se vend-il avec les parts ?
Non, ce sont deux objets distincts et il faut les ventiler dans l'acte. Le compte courant d'associé est une somme que l'associé a prêtée à sa société : c'est une créance sur elle, pas une part de capital. L'acquéreur la rachète séparément, et ce rachat de créance relève du droit fixe de 125 € de l'article 680 du CGI, non du droit proportionnel de 5 %. Un acte qui globalise les deux fait payer 5 % sur une somme qui n'y était pas soumise.
Peut-on ne céder qu'une partie des parts ?
Oui, et c'est même l'un des rares avantages structurels de la voie parts : elle se fractionne, là où un immeuble ne se vend qu'en entier ou en lots. Une cession partielle permet d'étaler l'opération sur plusieurs années, donc de rester sous les tranches hautes de la surtaxe sur les plus-values élevées. Attention toutefois : dès que la cession fait franchir à l'acquéreur le seuil de la majorité des parts, le droit de préemption urbain redevient applicable.
Et si les associés dissolvent la SCI après avoir vendu l'immeuble ?
La colonne « immeuble » s'alourdit. Le partage de l'actif social supporte le droit de partage de 2,5 % sur l'actif net partagé, capital social remboursé déduit. Sur notre dossier à l'impôt sur les sociétés, l'assiette est de 499 250 € et le droit de 12 481 €, auxquels s'ajoutent les frais d'annonce légale, de greffe et de rédaction de la dissolution puis de la radiation. Sous cette hypothèse, la décote d'équilibre calculée dans cette page passe de 100 750 € à 118 944 €. À l'impôt sur le revenu, le droit de partage serait de 5 312 € sur le dossier n° 1, soit 2,5 % de 212 461 €. Une précision sur cette déduction du capital. La Cour de cassation l'a validée contre l'administration fiscale (com., 26 septembre 2018, n° 16-24.070, publié au Bulletin) : l'actif net partagé s'entend de l'actif subsistant après paiement des dettes et remboursement du capital social. L'espèce visait une société civile de placement immobilier, mais sur des textes communs à toutes les sociétés. Le même arrêt pose la limite, et c'est elle qui coûte cher en SCI : seul le capital social proprement dit se retranche. Les primes d'émission ou de fusion et les réserves non incorporées au capital restent dans l'assiette, même si elles viennent d'apports. Faites motiver la déduction dans l'acte de partage.
L'option pour le barème progressif peut-elle battre le prélèvement forfaitaire unique ?
Sur des parts de SCI à l'impôt sur les sociétés acquises avant le 1er janvier 2018, oui, et cela dépend entièrement du taux marginal, celui de la dernière tranche d'impôt sur le revenu du foyer. Sur notre plus-value de 600 000 €, l'abattement pour durée de détention de 65 % ramène la base imposable à 210 000 €. Dans la tranche à 45 %, l'impôt sur le revenu est de 94 500 € et les prélèvements sociaux restent calculés sur les 600 000 €, soit 111 600 € : total 206 100 €, contre 188 400 € au prélèvement forfaitaire unique. L'option est perdante. Dans la tranche à 30 %, l'impôt tombe à 63 000 € et le total à 174 600 € : l'option fait gagner 13 800 €. S'y ajoute une fraction de CSG déductible du revenu global de l'année suivante, qui joue dans le même sens. L'option est globale pour tous les revenus de capitaux de l'année.
Le notaire est-il obligatoire pour la vente de l'immeuble ?
Oui, sans exception : la vente d'un immeuble doit être publiée au service de la publicité foncière, et seul un acte authentique peut l'être. Ses émoluments proportionnels sont réglementés : le barème ne se négocie pas. C'est ce qui explique l'écart de coût d'acte entre les deux voies. Sur une vente à 600 000 €, environ 6 230 € TTC d'émoluments, contre des honoraires libres de l'ordre de 1 500 € TTC pour un acte de cession de parts. L'office peut en revanche afficher une remise, plafonnée à 20 % de la part d'émolument calculée au-delà de 100 000 € d'assiette (art. R444-10 du Code de commerce) : environ 800 € sur notre vente à 600 000 €. Demandez-la avant de signer. Ce n'est pas une faveur individuelle : elle vaut pour tous les clients de l'office ou pour aucun.
La cession de parts échappe-t-elle à la TVA ?
Une cession de parts n'est pas une livraison d'immeuble : elle ne relève pas de la TVA immobilière. Mais ce n'est pas toujours un avantage. Si la SCI avait déduit de la TVA sur l'acquisition ou sur des travaux, cette TVA reste attachée à la société : elle passe à l'acquéreur, avec ses éventuelles régularisations à venir. La voie parts ne fait pas disparaître le sujet, elle le transfère.
Le vendeur qui s'est porté caution de l'emprunt est-il libéré par la cession de ses parts ?
Pas automatiquement, et c'est un point à traiter dans l'acte. Tant que la banque ne délivre pas de mainlevée écrite, l'ancien associé reste tenu de son cautionnement alors qu'il n'a plus aucun pouvoir dans la société. Attention à l'effet fiscal du remède : lorsque le cédant avait personnellement garanti un passif social et que l'acquéreur l'en libère, l'administration peut y voir une charge qui s'ajoute au prix des parts, donc élargir l'assiette du droit de 5 %. C'est un point à faire arbitrer par le rédacteur de l'acte.
La prépondérance immobilière, est-ce une seule définition ?
Non, et les confondre fausse tout le tableau. Il en existe une pour les droits d'enregistrement, à l'article 726 du CGI, qui commande le taux de 5 %. Est visée la personne morale dont l'actif est, ou a été l'année précédente, principalement constitué d'immeubles situés en France. Il en existe une autre pour les plus-values, à l'article 150 UB, qui commande le régime d'imposition du vendeur. Une société peut relever de l'une sans relever de l'autre. Avant de reprendre les chiffres de cette page, faites qualifier votre société sur les deux textes.
Les sources primaires, pour qui veut les rouvrir. L'article 150 VB du CGI (version du 21 février 2026) : les deux forfaits réservés aux immeubles. L'article 150 UB du CGI : le renvoi à l'article 150 U. L'article 726 du CGI : le taux de 5 % et son assiette nette. L'article 1609 nonies G du CGI : la surtaxe. L'article L213-1 du Code de l'urbanisme : la préemption, à son 3°. L'article A444-91 du Code de commerce : les émoluments de vente.
Côté doctrine. Le BOI-RFPI-TPVIE-20 (18 juillet 2023), § 60 : la surtaxe s'apprécie au niveau de la société, non de l'associé. Le BOI-RFPI-SPI-20 (18 juillet 2023), § 20 et 30 : les frais d'acquisition au réel et le correctif du prix de revient. Le BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20 pour le forfait de 15 % — mis à jour le 20 décembre 2013 : il confirme la lettre du texte, mais ne peut servir à dater.
Savoir ce que vaut votre société avant de choisir la voie
sci-ai.app tient la comptabilité de votre SCI, suit la valeur nette comptable de l'immeuble et le solde de chaque compte d'associé, et produit la déclaration de l'exercice de cession. Les deux colonnes de cette page se lisent avant de signer, pas après.
Pour aller plus loin