Modèle de PV d'augmentation de capital d'une SCI (à copier)
La décision est prise. Reste à l'écrire. Un associé remet de l'argent, un autre apporte un bien, un troisième transforme son compte courant en parts : dans les trois cas, tout se joue désormais sur le procès-verbal d'augmentation de capital de votre SCI — un document de deux pages que personne ne vous a appris à rédiger. L'INPI le lira ligne à ligne et mettra le dossier en attente s'il diverge d'un euro des statuts. Votre banque le réclamera au premier renouvellement de crédit. Et l'associé qui n'a pas souscrit pourra le contester des années plus tard s'il a été voté à la mauvaise majorité.
Le problème des modèles qui circulent, c'est qu'ils ne sont pas des modèles de SCI. Ce sont des procès-verbaux de SARL recyclés. Ils réclament un certificat du dépositaire des fonds, un commissaire aux apports, un quorum du quart des parts et une majorité des deux tiers — quatre exigences qui n'existent nulle part dans le titre IX du livre III du Code civil. À l'inverse, ils oublient la seule chose que la loi impose vraiment : la liste de mentions de l'article 44 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978.
Ce que vous trouverez ici. Le modèle de PV d'augmentation de capital de SCI, entier, résolution par résolution, annoté clause par clause : ce que chacune prouve, ce qui casse quand elle manque. Les trois variantes d'apport ensuite — de l'argent, un bien, un compte courant —, puis les statuts refondus en ancienne et nouvelle rédaction, le registre et sa version électronique, et pour finir le pack de formalités : tarifs 2026 au centime, un cas chiffré déroulé de bout en bout, et les dix erreurs qui envoient un dossier en attente. Tout est copiable.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, logiciel de comptabilité et de déclarations fiscales pour SCI. Contenu vérifié contre Légifrance, le BOFiP, le CGI et impots.gouv.fr, mis à jour le 03/09/2026. Le montage de l'opération — opportunité, dilution chiffrée, fiscalité, écritures comptables — est traité dans notre guide augmentation de capital par incorporation de compte courant ; ici, on se concentre sur le document.
À retenir en 30 secondes
- Aucun texte n'impose de modèle de PV. La seule liste légale est celle de l'article 44 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978. Le PV n'est pas un formulaire : c'est la preuve que la décision a été prise selon vos statuts.
- La majorité est celle de vos statuts, à défaut l'unanimité. L'augmentation de capital modifie les statuts : article 1836 du Code civil. Aucune majorité des deux tiers ni des trois quarts, aucun quorum légal en société civile.
- Personne ne peut être forcé de souscrire. L'alinéa 2 de l'article 1836 est impératif. Une résolution qui impose une souscription à un associé est nulle ; la seule conséquence licite du refus est la dilution.
- Ni compte bloqué, ni commissaire aux apports. Le certificat du dépositaire et le commissaire aux apports sont des règles de SARL et de SAS. La solidarité de cinq ans sur la valeur des apports en nature (art. L223-9 C. com.) n'a aucun équivalent en société civile.
- Enregistrement : plus rien pour le numéraire. Depuis l'article 67 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020, le 5° du 1 de l'article 635 du CGI dispense d'enregistrement les augmentations en numéraire. Le « droit fixe de 500 € » qui circule encore n'existe plus : l'article 810, I dispose que « les apports sont enregistrés gratuitement ».
- Un immeuble apporté impose le notaire. Pas pour le PV, mais pour l'acte d'apport : l'article 4 du décret n° 55-22 du 4 janvier 1955 exige la forme authentique pour tout acte sujet à publicité foncière. Et l'acte reste soumis à enregistrement dans le mois.
- Budget 2026 d'une augmentation en numéraire : 0 € d'enregistrement, 136 € HT d'annonce légale (soit 163,20 € TTC), 185,77 € TTC de formalité au guichet unique dépôt d'actes compris. Soit 348,97 € TTC, hors honoraires.
- L'article 1865-1 du Code civil ne s'applique pas ici. L'acte notarié à peine de nullité, en vigueur depuis le 27 juin 2026, vise la cession de parts. Souscrire des parts nouvelles n'est pas céder : le PV reste sous seing privé.
Références mobilisées dans ce guide
Avertissement. Cet article est informatif et pédagogique : il ne remplace pas un conseil personnalisé. Les modèles proposés sont des trames générales à adapter à vos statuts, qui priment toujours sur toute rédaction type. Si votre augmentation de capital comporte un apport immobilier, l'entrée d'un tiers, un démembrement de parts, ou si elle intervient dans un contexte de désaccord entre associés, faites-la rédiger ou relire par un notaire ou un avocat. Les montants cités sont ceux des barèmes en vigueur au 03/09/2026 : vérifiez-les au jour de votre démarche.
Sommaire
- Ce que ce PV doit prouver, et devant qui
- Les six lignes de vos statuts à relire avant d'écrire
- Convocation, quorum, majorité : ce que dit vraiment le décret de 1978
- Les mentions obligatoires, mot à mot
- Le tronc commun du modèle de PV, résolution par résolution
- Variante A — apport en numéraire
- Variante B — apport en nature
- Variante C — incorporation de compte courant
- La modification statutaire corrélative et les statuts refondus
- Signature, registre et dématérialisation du procès-verbal
- Après le PV : enregistrement, annonce légale, INPI, RBE — calendrier et budget 2026
- Les dix erreurs qui font rejeter le dossier, puis checklist
- FAQ — Modèle de PV d'augmentation de capital de SCI
1. Ce que ce PV doit prouver, et devant qui
Aucun texte n'impose de modèle de procès-verbal d'augmentation de capital de société civile. Pas de Cerfa. Pas de trame officielle. Pas de plan imposé. Le seul texte qui décrit un contenu obligatoire, c'est l'article 44 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978, et il tient en quatre alinéas. La présentation, l'ordre des résolutions, les formules de style : usage et bon sens, rien d'autre.
Cette liberté est à la fois une bonne nouvelle et un piège. Bonne nouvelle : un PV maison, propre et sobre, vaut largement un modèle payant à 39 €. Piège : quand rien n'encadre, on recopie le premier document trouvé, et ce document est presque toujours un procès-verbal de SARL. Les deux régimes n'ont pourtant à peu près rien en commun. Ce qui est obligatoire en SARL n'existe souvent pas en société civile — et inversement.
La bonne question n'est donc pas « quel est le modèle officiel ? ». C'est « à qui ce document devra-t-il résister ? ». Trois lecteurs, trois attentes différentes.
Lecteur n° 1 : le guichet unique et le greffe
Le plus mécanique, et de loin le plus facile à satisfaire. Le formaliste qui instruit votre dossier se moque de l'opportunité de l'opération : il vérifie la cohérence. Trois chiffres, trois documents — le PV, les statuts mis à jour, l'annonce légale —, et il attend qu'ils soient rigoureusement identiques :
- le montant de l'ancien capital ;
- le montant de l'augmentation et donc du nouveau capital ;
- le nombre de parts créées, leur valeur nominale et le nombre total de parts après opération.
Un écart d'un euro. Une part oubliée dans le total. Une valeur nominale de 10 € dans le PV et de 100 € dans les statuts. Il n'en faut pas plus : le dossier part en attente, une demande de régularisation arrive, et vous perdez deux à six semaines. Quand le dépôt doit intervenir dans le mois de la décision (art. R123-66 du Code de commerce), ces six semaines-là font mal. Le déroulé du dépôt lui-même, écran par écran, est dans notre guide du guichet unique de l'INPI.
Lecteur n° 2 : la banque
Le banquier, lui, se moque de la régularité formelle. Il cherche à savoir d'où vient l'argent et qui décide désormais. Deux points l'intéressent :
- La consistance des fonds propres. Injecter 45 000 € en numéraire améliore mécaniquement la structure du bilan et la capacité à porter un nouvel emprunt. À condition que le PV affirme clairement que les fonds ont été intégralement libérés : un capital souscrit et non libéré ne rassure aucun analyste crédit.
- La nouvelle répartition du pouvoir. Quand l'augmentation fait basculer la majorité d'un associé à l'autre, le banquier veut savoir qui signe désormais, qui se porte caution, et si les garanties tiennent toujours. Profitez-en pour relire vos engagements : la caution personnelle du gérant ne suit pas automatiquement les parts, et c'est une mauvaise surprise classique.
Lecteur n° 3 : l'associé dilué, dix ans plus tard
Le lecteur dangereux. Celui pour lequel on écrit vraiment. Une augmentation de capital déplace de la valeur : qui souscrit prend du pourcentage, qui ne souscrit pas en perd. Tant que l'ambiance est bonne, personne ne rouvre le PV. Puis arrive un divorce, une succession, une brouille au repas de Noël, une vente d'immeuble — et ce document devient soudain la seule pièce capable d'expliquer pourquoi Claire est passée de 60 % à 24 %.
Ce jour-là, le PV répond seul. Sans vous, sans témoin, sans le contexte que tout le monde aura oublié. Trois questions lui seront posées :
- Qui a voté quoi, et à quelle majorité ? Une augmentation votée à la majorité simple alors que les statuts exigeaient l'unanimité ouvre une action en nullité.
- L'associé qui n'a pas souscrit a-t-il été régulièrement convoqué et informé ? Une convocation qui ne mentionne pas l'augmentation à l'ordre du jour est un vice majeur.
- Le prix d'émission tenait-il debout ? Émettre des parts à leur valeur nominale dans une SCI dont l'immeuble a doublé, c'est offrir la moitié du patrimoine au souscripteur. Un PV qui chiffre la prime d'émission et explique son calcul reste la meilleure protection contre le reproche de libéralité indirecte — ou d'abus de majorité, dont le contentieux est bien documenté.
La bonne façon de voir ce document
Le procès-verbal n'est pas un formulaire administratif. C'est la preuve écrite que la décision a été prise conformément à vos statuts, par des gens qui avaient qualité pour la prendre, à la majorité requise, en connaissance de cause. Test simple pour chaque phrase que vous écrivez : est-ce qu'elle sert cette démonstration ? Si oui, elle reste. Sinon — formule solennelle recopiée, visa d'un texte inapplicable —, elle sort. Une mention inexacte n'est jamais neutre : c'est une prise offerte à celui qui contestera.
Un mot sur ce que je vois passer
Sur les dossiers qui transitent par sci-ai.app, l'augmentation de capital elle-même se passe presque toujours bien. Les associés sont d'accord, l'argent arrive, la décision est réelle. Ce qui coince, ce sont trois situations, et toujours les mêmes trois.
Un PV impeccable, mais des statuts jamais refondus. Le registre affiche 5 000 € de capital, l'article 7 des statuts déposés dit toujours 2 000 €. Personne ne le remarque pendant quatre ans. Puis un notaire réclame les statuts à jour pour une vente, et il faut expliquer.
Une augmentation votée en juin, publiée en septembre, déposée en novembre. Le délai d'un mois est pulvérisé, passe encore. Le vrai problème est ailleurs : l'annonce a été publiée après le dépôt, donc l'attestation de parution n'existait pas au moment où le guichet la demandait.
Et la plus coûteuse des trois : la prime d'émission « à déterminer ultérieurement ». Le souscripteur a viré 45 000 €. Combien de parts a-t-il acquises ? Personne ne sait. Combien reste-t-il en compte courant ? Personne ne sait non plus. Il faut reconvoquer, revoter, republier — et prier pour que les associés soient toujours du même avis six mois plus tard.
2. Les six lignes de vos statuts à relire avant d'écrire
En société civile, la loi ne fixe presque rien : elle renvoie aux statuts. Rédiger un PV sans les avoir rouverts, c'est écrire à l'aveugle. Six points à vérifier, dans l'ordre, avant de taper la première ligne. Un quart d'heure, montre en main — et ce quart d'heure vous évitera à peu près tous les rejets décrits plus bas. Statuts anciens, ou introuvables ? Notre guide des statuts de SCI reprend clause par clause ce qu'ils devraient contenir.
2.1. La clause de majorité — et le réflexe de l'article 1836
C'est la ligne la plus importante du document. Une augmentation de capital modifie les statuts : elle change le montant du capital, le nombre de parts et leur répartition. Elle relève donc du régime de la modification statutaire.
Article 1836 du Code civil
« Les statuts ne peuvent être modifiés, à défaut de clause contraire, que par accord unanime des associés.
En aucun cas, les engagements d'un associé ne peuvent être augmentés sans le consentement de celui-ci. »
Deux enseignements, et aucun des deux ne se discute.
Un : la majorité par défaut, c'est l'unanimité. Statuts muets sur les décisions extraordinaires ? Il vous faut l'accord de tous. Pas des trois quarts, pas des deux tiers. Tous. La règle surprend beaucoup de gérants qui ont créé leur SCI à partir d'un modèle générique sans jamais ouvrir l'article « Décisions collectives ». Heureusement, la plupart des statuts prévoient une majorité assouplie : les deux tiers des parts, ou la majorité en nombre et en parts. Trouvez la vôtre, recopiez-la mot à mot dans le PV. C'est elle que le lecteur devra pouvoir vérifier sans ouvrir vos statuts.
Deux : l'alinéa 2 est impératif, aucune clause ne peut l'écarter. Aucune assemblée, fût-elle unanime moins une voix, ne peut obliger un associé à sortir son chéquier. Une résolution qui « appelle chaque associé à souscrire à proportion de ses parts » et prévoit une sanction au refus est nulle. La souscription est volontaire, toujours. Le refus a une seule conséquence licite : la dilution. Celui qui ne souscrit pas garde ses parts en nombre et perd du pourcentage. C'est légal, c'est fréquent, et cela s'écrit noir sur blanc au lieu de se déguiser.
2.2. La clause d'agrément — indispensable si un tiers entre
Souscripteur déjà associé ? Passez au point suivant. Souscripteur extérieur — le conjoint d'un associé, un enfant majeur, un investisseur, une holding —, et il devient associé par le seul effet de la souscription. Vos statuts comportent presque certainement une clause d'agrément. Elle joue avant la résolution de souscription, pas après.
En pratique : une résolution supplémentaire, placée en tête, par laquelle l'assemblée agrée [Prénom NOM] en qualité de nouvel associé. Dix lignes. Mais son absence est un vrai vice, et l'entrée d'un tiers non agréé reste le terrain de jeu favori du contentieux entre associés. Le détail est dans nos guides sur la clause d'agrément et sur l'entrée d'un nouvel associé dans une SCI.
2.3. La valeur nominale des parts
Rouvrez l'article « Capital social » : il porte une valeur nominale. 1 €, 10 €, 100 €, parfois 152,45 € dans les SCI nées avant le passage à l'euro. Cette valeur commande toute votre arithmétique. Nombre de parts créées = montant de l'augmentation du capital ÷ valeur nominale, et la division doit tomber juste.
Exemple : vous voulez injecter 45 070 €, la valeur nominale est de 100 €. La division donne 450,7 parts — et une part ne se coupe pas en morceaux. Vous en créerez donc 450, soit 45 000 € de capital, et il faudra bien loger les 70 € restants quelque part. Quand le montant ne tombe pas rond, deux issues : ajuster la somme apportée, ou glisser une prime d'émission qui absorbe le reliquat. C'est d'ailleurs l'une des vraies utilités de la prime, on y revient en section 6. Sur la valeur nominale et le choix du montant de départ, voyez la notion de capital social en SCI.
2.4. La clause de convocation
Délai, forme, auteur : vos statuts peuvent durcir ou assouplir le régime supplétif du décret de 1978. Certains admettent la lettre simple ou le courriel, d'autres imposent vingt-et-un jours, d'autres encore ouvrent la convocation à n'importe quel associé. Le PV va affirmer que la convocation a été régulière. Autant que ce soit vrai.
2.5. La clause de répartition et les clauses de préférence
Beaucoup de SCI familiales portent un droit préférentiel de souscription statutaire : les associés en place sont prioritaires sur les parts nouvelles, à proportion de ce qu'ils détiennent. D'autres statuts contiennent une clause d'inaliénabilité ou de préemption rédigée pour les cessions, mais formulée assez largement pour attraper au passage l'entrée d'un tiers. Prenez trente secondes pour vérifier : une clause de préférence oubliée constitue une cause de contestation à part entière, totalement indépendante de la question de la majorité.
2.6. Le piège majeur : la SCI à capital variable
Si vos statuts contiennent une clause de variabilité, arrêtez-vous ici
L'article 1845-1 alinéa 2 du Code civil rend applicables aux sociétés civiles les articles L231-1 à L231-8 du Code de commerce, c'est-à-dire le régime du capital variable. Dans une SCI dotée d'une telle clause, le capital augmente et diminue librement à l'intérieur d'un plancher et d'un plafond fixés par les statuts, par le seul effet des souscriptions et des retraits. Il n'y a alors ni assemblée générale extraordinaire, ni modification statutaire, ni annonce légale, ni inscription modificative tant que l'on reste dans ces limites. Le modèle de procès-verbal proposé ci-dessous est conçu pour une SCI à capital fixe : l'utiliser dans une SCI à capital variable, c'est publier et payer pour rien, et créer une incohérence entre vos statuts et vos actes.
Comment savoir ? Ctrl+F dans vos statuts sur « capital variable », « capital plancher », « capital autorisé », « souscription et reprise d'apports ». Votre extrait d'immatriculation le mentionne aussi, et le libellé du capital sur l'avis de situation tranche définitivement : une société à capital variable y est identifiée comme telle.
Les six vérifications, en une minute
1. Quelle majorité mes statuts exigent-ils pour modifier le capital ? À défaut de clause : unanimité (art. 1836).
2. Le souscripteur est-il déjà associé ? Sinon, une résolution d'agrément préalable est nécessaire.
3. Quelle est la valeur nominale d'une part ? Le montant de l'augmentation doit être un multiple exact de cette valeur.
4. Quel délai et quelle forme de convocation mes statuts imposent-ils ?
5. Existe-t-il un droit préférentiel de souscription ou une clause de préemption applicable ?
6. Mon capital est-il fixe ou variable ? S'il est variable, ce modèle n'est pas le bon.
3. Convocation, quorum, majorité : ce que dit vraiment le décret de 1978
Tout le régime supplétif des décisions collectives en société civile tient dans cinq articles du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978. Courts, clairs, et sans rapport avec ce que racontent les modèles génériques. Les voici dans l'ordre où vous en aurez besoin. Le mécanisme général de l'assemblée est décrit dans notre guide de l'assemblée générale de SCI : on ne garde ici que ce qui change quand l'ordre du jour porte sur le capital.
3.1. Qui convoque, et que faire si le gérant ne bouge pas (art. 39)
L'assemblée est convoquée par le gérant. Un associé non-gérant peut lui demander, par lettre recommandée, de provoquer une délibération. Si le gérant s'oppose à la demande ou garde le silence, l'associé demandeur peut, à l'expiration du délai d'un mois à compter de sa demande, solliciter du président du tribunal judiciaire, statuant selon la procédure accélérée au fond, la désignation d'un mandataire chargé de provoquer la délibération des associés.
Cette mécanique sert plus souvent qu'on ne le croit dans une augmentation de capital. Le cas typique : un gérant, par ailleurs associé majoritaire, laisse traîner une opération qui le diluerait. L'article 39 est la réponse. Lente — comptez le mois de silence plus le délai d'audience —, mais elle existe. Le reste de la boîte à outils est dans notre guide sur la mésentente entre associés de SCI.
3.2. Le délai de quinze jours et l'ordre du jour (art. 40)
Article 40 du décret n° 78-704
« Les associés sont convoqués quinze jours au moins avant la réunion de l'assemblée, par lettre recommandée. Celle-ci indique l'ordre du jour de telle sorte que le contenu et la portée des questions qui y sont inscrites apparaissent clairement sans qu'il y ait lieu de se reporter à d'autres documents.
Dès la convocation, le texte des résolutions proposées et tout document nécessaire à l'information des associés sont tenus à leur disposition au siège social, où ils peuvent en prendre connaissance ou copie. »
Trois choses à retenir de ce texte :
- Le délai est un plancher supplétif. Vos statuts peuvent l'allonger. Le réduire à néant, en revanche, fragilise l'information des associés — et c'est exactement l'angle d'attaque de celui qui contestera.
- L'ordre du jour doit être explicite, et le texte le dit lui-même. La convocation indique l'ordre du jour « de telle sorte que le contenu et la portée des questions qui y sont inscrites apparaissent clairement sans qu'il y ait lieu de se reporter à d'autres documents ». Traduction : « questions diverses » ne permet pas de voter une augmentation de capital. Écrivez plutôt « augmentation du capital social d'un montant de [X] € par création de [N] parts nouvelles ; modification corrélative de l'article [n°] des statuts ». Une ligne, et l'assemblée est protégée.
- La lettre recommandée n'est pas du formalisme pour le plaisir. Elle donne une date certaine au point de départ du délai. Quand tous les associés sont présents et d'accord, l'irrégularité de convocation se trouve en pratique couverte — mais vous pariez sur la bonne humeur de tout le monde, ce n'est pas une règle de droit.
3.3. La consultation écrite (art. 42)
Si les statuts l'autorisent, la décision peut être prise par consultation écrite : le texte des résolutions proposées et les documents nécessaires à l'information des associés leur sont adressés par lettre recommandée, et ils disposent d'un délai qui ne peut être inférieur à quinze jours pour émettre leur vote par écrit. Le PV est alors établi de la même façon, à ceci près que l'article 44 impose d'y annexer la justification du respect des formalités et la réponse de chaque associé.
Commode quand les associés sont dispersés entre Lille, Bordeaux et Montréal. Mal adaptée, en revanche, dès que l'opération mérite une vraie discussion — et une augmentation avec prime d'émission en fait partie : la valorisation retenue se défend mieux à l'oral, devant tout le monde, qu'en pièce jointe.
3.4. La dispense quand tous les associés sont gérants (art. 43)
L'article 43 tient en une phrase : « Les dispositions des articles 40 à 42 ne sont pas applicables lorsque tous les associés sont gérants. » Dans une SCI familiale à deux associés cogérants — la configuration la plus répandue en France —, aucune convocation formelle n'est donc requise. Attention au contresens : cela ne vous dispense ni de la décision, ni du procès-verbal, ni de la majorité statutaire. Cela vous dispense juste de vous envoyer une lettre recommandée à vous-même.
Dans le PV, mentionnez-le : cela explique au lecteur pourquoi aucune convocation n'est visée. Une simple phrase suffit : « Tous les associés étant gérants, les formalités de convocation prévues aux articles 40 à 42 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 ne sont pas applicables. »
3.5. Le quorum : il n'existe pas
Une règle que la moitié des modèles inventent
Il n'existe aucun quorum légal dans les décisions collectives d'une société civile. Ni le Code civil ni le décret de 1978 n'exigent qu'une fraction du capital soit présente ou représentée pour que l'assemblée délibère valablement. Le quorum est purement statutaire : il n'existe que si vos statuts l'ont créé. Recopier « le quorum du quart des parts sociales étant atteint, l'assemblée peut valablement délibérer », c'est viser une règle de SARL (art. L223-30 C. com.) qui ne s'applique pas chez vous — et offrir par écrit un argument à quiconque voudra attaquer la délibération.
Conséquence pratique : ne parlez pas de quorum dans votre PV. Sauf si vos statuts en prévoient un — auquel cas vous citez l'article statutaire, jamais un texte du Code de commerce. Ce qui compte n'est pas le nombre de présents, mais le nombre de voix qui ont approuvé, rapporté à la majorité requise.
3.6. L'alternative de l'article 1854 : décider sans assemblée
Il existe une voie plus légère, et pour une petite SCI unanime, c'est souvent la bonne :
Article 1854 du Code civil
« Les décisions peuvent encore résulter du consentement de tous les associés exprimé dans un acte. »
Traduction : quand tous les associés sont d'accord, ils signent un acte unanime constatant l'augmentation. Pas d'assemblée, pas de convocation, pas de président de séance. L'article 46 du décret de 1978 demande simplement que la mention de ces décisions prises par acte figure au registre, à côté des procès-verbaux d'assemblée.
Quand choisir l'acte unanime ? Deux ou trois associés, tous d'accord, tous joignables pour signer. Plus rapide, tout aussi solide, et le guichet unique ne bronche pas : une décision unanime satisfait par construction n'importe quelle majorité statutaire.
Quand préférer l'assemblée ? Dès qu'un associé pourrait ne pas souscrire. Dès qu'un tiers entre. Dès que quelqu'un se fait diluer. L'assemblée laisse une trace des débats, permet de consigner une abstention ou un vote contre, prouve que l'information a circulé. Sur un dossier qui a une chance de finir devant un juge, cette trace vaut son pesant d'honoraires d'avocat.
Vos assemblées et vos actes au même endroit
sci-ai.app tient la comptabilité de votre SCI, produit vos déclarations et conserve vos décisions collectives au fil des exercices. Le jour où vous augmentez le capital, la répartition des parts et les comptes courants sont déjà à jour.
4. Les mentions obligatoires, mot à mot
Voici le texte qui commande tout. Quatre alinéas. Tout gérant de SCI devrait les avoir lus une fois dans sa vie, en entier — c'est le moment.
Article 44 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978
« Toute délibération des associés est constatée par un procès-verbal indiquant les nom et prénoms des associés qui y ont participé, le nombre de parts détenues par chacun d'eux, les documents et rapports soumis aux associés, le texte des résolutions mises aux voix et le résultat des votes.
S'il s'agit d'une assemblée le procès-verbal indique également la date et le lieu de la réunion, les nom, prénoms et qualité du président et un résumé des débats.
S'il s'agit d'une consultation écrite la justification du respect des formalités prévues à l'article 42 et la réponse de chaque associé sont annexées au procès-verbal.
Les procès-verbaux sont établis et signés par les gérants et, s'il y a lieu, par le président de l'assemblée. »
4.1. Décomposition : les cinq mentions du tronc commun
Le premier alinéa vaut pour toute délibération, assemblée ou consultation écrite. Cinq éléments, pas un de plus :
- Les nom et prénoms des associés qui ont participé. Participé — le texte ne dit pas « présents ou représentés ». Celui qui répond à une consultation écrite a participé. L'absent non représenté ne figure pas dans cette liste ; rien ne vous empêche de le mentionner comme absent, et c'est même plus prudent.
- Le nombre de parts détenues par chacun d'eux. C'est la ligne qui rend la majorité vérifiable. Elle reflète la répartition avant l'opération : c'est elle qui donne le droit de vote.
- Les documents et rapports soumis aux associés. Concrètement : le projet de résolutions, le projet de statuts modifiés, l'arrêté de compte courant s'il y en a un, l'évaluation du bien apporté le cas échéant.
- Le texte des résolutions mises aux voix. Le texte entier, pas un résumé. Et « mises aux voix » englobe celles qui ont été rejetées.
- Le résultat des votes. Pour, contre, abstentions. On y revient juste après, parce que c'est là que se niche l'excès de zèle.
Le deuxième alinéa ajoute trois mentions réservées à l'assemblée : date et lieu, identité et qualité du président de séance, résumé des débats. Ce dernier point est celui que tout le monde bâcle. Deux ou trois phrases suffisent — mais zéro phrase, et le PV est formellement incomplet.
Le quatrième alinéa règle la signature : le PV est établi et signé par les gérants et, s'il y a lieu, par le président de l'assemblée. Les associés, eux, ne signent pas. Sauf si vous êtes passé par l'acte unanime de l'article 1854, qui obéit à une logique différente.
4.2. Ce que le texte n'exige pas (et que tout le monde ajoute)
Le vote nominatif associé par associé. L'article 44 demande « le résultat des votes », pas la position individuelle de chacun. La Cour de cassation l'a jugé sans ambiguïté : le procès-verbal d'une assemblée de société civile n'a pas à préciser dans quel sens chaque associé a voté (Cass. 3e civ., 12 mai 2021, n° 19-21.725, inédit). Un PV qui indique « la résolution est adoptée par 320 voix pour et 180 voix contre » est parfaitement régulier.
Faut-il s'en priver pour autant ? Surtout pas. Quand l'augmentation dilue quelqu'un, le vote nominatif devient une mention de prudence qui vaut cher : elle établit noir sur blanc que tel associé a approuvé, et elle enterre le « je n'ai jamais donné mon accord » qui ressort cinq ans plus tard au moment du partage. Ce n'est pas une obligation. C'est une assurance, et elle est gratuite.
La feuille de présence. Aucun texte ne l'impose en société civile : c'est une exigence de société anonyme. Elle devient utile au-delà de trois ou quatre associés, ou quand certains sont représentés par mandat. Vous en faites une, vous l'annexez. Vous êtes deux cogérants dans le salon ? Passez votre chemin.
Le rapport du gérant. Le rapport spécial exigé en SARL avant une augmentation n'existe pas en société civile. Rien ne vous empêche d'en joindre un, et c'est même la meilleure façon de justifier une prime d'émission le jour où on vous la reprochera. Mais son absence ne vicie rien.
Le certificat du dépositaire des fonds. Purement commercial. Voir la section 6.
Le rapport du commissaire aux apports. Purement commercial également. Voir la section 7.
4.3. Tableau de tri : légal, prudent, ou recopié de la SARL
| Mention | Statut | Source ou commentaire |
|---|---|---|
| Nom et prénoms des associés participants | Légale | Art. 44 al. 1er du décret n° 78-704 |
| Nombre de parts détenues par chacun | Légale | Art. 44 al. 1er — permet de vérifier la majorité |
| Documents et rapports soumis aux associés | Légale | Art. 44 al. 1er |
| Texte intégral des résolutions mises aux voix | Légale | Art. 44 al. 1er — y compris les résolutions rejetées |
| Résultat des votes | Légale | Art. 44 al. 1er |
| Date et lieu de la réunion | Légale (assemblée) | Art. 44 al. 2 |
| Nom, prénoms et qualité du président de séance | Légale (assemblée) | Art. 44 al. 2 |
| Résumé des débats | Légale (assemblée) | Art. 44 al. 2 — deux ou trois phrases suffisent |
| Signature des gérants (et du président s'il y a lieu) | Légale | Art. 44 al. 4 |
| Réponses des associés annexées | Légale (consultation écrite) | Art. 44 al. 3 |
| Rappel de l'article statutaire fixant la majorité | Prudence | Permet au lecteur de vérifier la régularité sans ouvrir les statuts |
| Vote nominatif de chaque associé | Prudence | Non exigé : Cass. 3e civ., 12 mai 2021, n° 19-21.725 |
| Feuille de présence | Prudence | Aucun texte en société civile ; utile au-delà de 3-4 associés |
| Rapport du gérant justifiant la prime d'émission | Prudence | Non exigé, mais décisif en cas de contestation de la valorisation |
| Tableau de répartition des parts avant / après | Prudence | Non exigé, mais c'est la pièce que tout le monde cherchera |
| Constat d'un quorum | Inutile (SARL) | Aucun quorum légal en société civile ; sauf clause statutaire |
| Majorité des deux tiers ou des trois quarts des parts | Inutile (SARL) | Règle de l'art. L223-30 C. com. (deux tiers des présents ou représentés depuis la loi du 2 août 2005 ; trois quarts pour les SARL antérieures) ; en SCI, art. 1836 C. civ. ou clause |
| Certificat du dépositaire des fonds | Inutile (SARL) | Art. L223-32 et L223-7 C. com. (SARL) : sans équivalent en société civile |
| Rapport du commissaire aux apports | Inutile (SARL) | Art. L223-9 C. com. sans équivalent en société civile |
| Solidarité des associés pendant cinq ans sur la valeur des apports | Inutile et faux | Règle propre à la SARL (art. L223-9 C. com.) : ne jamais la transposer |
Une mention inutile n'est jamais gratuite
On imagine qu'une phrase en trop ne coûte rien. Deux raisons de penser le contraire. Elle vous engage, d'abord : un PV qui affirme « le quorum statutaire étant atteint » alors qu'aucun quorum n'existe se met en contradiction avec vos propres statuts. Elle trahit le copier-coller, ensuite. Un formaliste, un notaire ou un avocat adverse qui tombe sur « conformément à l'article L223-30 du Code de commerce » dans le PV d'une société civile comprend en une seconde que personne n'a relu le document — et il lit le reste avec une attention nettement moins bienveillante.
5. Le tronc commun du modèle de PV, résolution par résolution
Voici la trame complète, valable pour les trois variantes d'apport. Elle se lit de haut en bas : en-tête d'identification, constat de régularité, puis cinq résolutions. Les sections 6, 7 et 8 diront ensuite ce qui change dans les résolutions 2 et 3 selon ce qui est apporté.
Mode d'emploi. Tout ce qui est entre crochets se remplace. Sous chaque bloc, une annotation grise dit à quoi sert la clause et ce qui se casse quand elle disparaît. Vous voulez supprimer une résolution ? Lisez d'abord son annotation.
5.1. En-tête d'identification
Modèle — En-tête du procès-verbal
SCI [DÉNOMINATION SOCIALE]
Société civile immobilière au capital de [montant actuel] €
Siège social : [adresse complète du siège]
[Code postal] [Ville]
[SIREN à 9 chiffres] RCS [Ville d'immatriculation]
PROCÈS-VERBAL DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE
DU [JJ/MM/AAAA]
L'an deux mille vingt-six, le [jour en toutes lettres] [mois] à [heure] heures,
les associés de la société civile immobilière [Dénomination], société civile immobilière au capital de [montant] €, dont le siège social est situé [adresse complète], immatriculée au registre du commerce et des sociétés de [ville] sous le numéro [SIREN], se sont réunis en assemblée générale extraordinaire au [lieu de la réunion], sur convocation de la gérance.
Sont présents :
— [Prénom NOM], né(e) le [JJ/MM/AAAA] à [lieu], demeurant [adresse complète], propriétaire de [nombre] parts sociales ;
— [Prénom NOM], né(e) le [JJ/MM/AAAA] à [lieu], demeurant [adresse complète], propriétaire de [nombre] parts sociales ;
[Reproduire pour chaque associé participant.]
Est représenté :
— [Prénom NOM], propriétaire de [nombre] parts sociales, représenté(e) par [Prénom NOM] en vertu d'un pouvoir en date du [JJ/MM/AAAA], demeuré annexé au présent procès-verbal.
[Supprimer ce bloc si aucun associé n'est représenté.]
Est absent et non représenté :
— [Prénom NOM], propriétaire de [nombre] parts sociales.
[Supprimer ce bloc si tous les associés participent.]
Les associés participant à la présente assemblée détiennent ensemble [nombre] parts sociales sur les [nombre total] parts composant le capital social, soit [pourcentage] % des parts.
L'assemblée est présidée par [Prénom NOM], en sa qualité de gérant de la société.
À quoi sert ce bloc — et ce qui casse sans lui
L'en-tête, à lui seul, coche quatre des huit mentions de l'article 44 : identité des participants, nombre de parts de chacun, date et lieu, identité et qualité du président. Sans lui : retirez le nombre de parts détenues par chacun, et plus personne ne peut vérifier que la majorité requise a été atteinte. Un PV invérifiable est un PV contestable. Retirez le capital actuel et le nombre total de parts, et le guichet unique n'a plus aucun point de départ pour comparer avec les statuts.
5.2. Constat de régularité et ordre du jour
Modèle — Régularité, documents, ordre du jour
Le président constate que les associés ont été régulièrement convoqués par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée le [JJ/MM/AAAA], soit plus de quinze jours avant la date de la présente réunion, conformément à l'article 40 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 et à l'article [n°] des statuts.
[Variante si tous les associés sont gérants : « Tous les associés étant gérants, les dispositions des articles 40 à 42 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 relatives à la convocation ne sont pas applicables. Les associés se sont réunis d'un commun accord. »]
[Variante si tous les associés sont présents : « Tous les associés étant présents ou représentés, l'assemblée peut valablement délibérer sur l'ordre du jour ci-après. »]
Le président déclare que les documents suivants ont été communiqués aux associés préalablement à la réunion et sont tenus à leur disposition au siège social :
— le texte des résolutions proposées ;
— le projet de statuts mis à jour ;
— [le cas échéant : le rapport de la gérance sur les modalités et la justification du prix d'émission des parts nouvelles] ;
— [le cas échéant : l'arrêté du compte courant d'associé au [JJ/MM/AAAA]] ;
— [le cas échéant : le rapport d'évaluation du bien apporté établi le [JJ/MM/AAAA] par [identité de l'évaluateur]].
Le président rappelle que l'assemblée est appelée à délibérer sur l'ordre du jour suivant :
1. [le cas échéant : agrément de [Prénom NOM] en qualité de nouvel associé] ;
2. augmentation du capital social d'un montant de [montant] € pour le porter de [capital actuel] € à [nouveau capital] € par création de [nombre] parts sociales nouvelles ;
3. fixation des modalités de souscription, du prix d'émission et de la prime d'émission ;
4. constatation de la réalisation de l'augmentation de capital et de la libération intégrale des parts nouvelles ;
5. modification corrélative des articles [n°] « Apports » et [n°] « Capital social » des statuts ;
6. pouvoirs en vue des formalités.
Un débat s'engage. [Résumé des débats — deux à quatre phrases : par exemple : « Le président expose que la société doit financer les travaux de rénovation de l'immeuble sis [adresse] pour un montant estimé à [X] €, et qu'un renforcement des fonds propres est préférable à un recours supplémentaire à l'emprunt. Les associés échangent sur le montant de l'augmentation, sur la valorisation retenue pour les parts et sur ses conséquences sur la répartition du capital. Aucune observation n'est formulée sur la régularité de la convocation. »]
Plus personne ne demandant la parole, le président met aux voix les résolutions suivantes.
Ce que ce bloc démontre — et ce qu'il empêche
Deux mentions de l'article 44 sont cochées ici — les documents soumis aux associés, le résumé des débats — et la régularité de la convocation est établie. Sans lui : pas de résumé des débats, PV formellement incomplet. Aucun document visé, et la démonstration que les associés ont voté en connaissance de cause s'effondre : c'est mot pour mot le reproche que formulera l'associé dilué. Quant à l'ordre du jour muet sur l'augmentation de capital, il rend toute la délibération attaquable.
5.3. Première résolution — principe et montant de l'augmentation
Modèle — Première résolution
PREMIÈRE RÉSOLUTION — Augmentation du capital social
L'assemblée générale, après avoir entendu l'exposé de la gérance, décide d'augmenter le capital social d'un montant de [montant en chiffres] € ([montant en toutes lettres] euros), pour le porter de [capital actuel] € à [nouveau capital] €.
Cette augmentation sera réalisée par [choisir la variante applicable : apport en numéraire / apport en nature / incorporation de créances détenues par un associé en compte courant] et par la création de [nombre] parts sociales nouvelles d'une valeur nominale de [valeur nominale] € chacune, entièrement libérées à la souscription.
Les parts nouvelles seront, dès leur création, entièrement assimilées aux parts anciennes et soumises à toutes les dispositions des statuts. Elles porteront jouissance à compter du [JJ/MM/AAAA].
Cette résolution est adoptée à la majorité de [nombre] voix pour, [nombre] voix contre et [nombre] abstention(s), soit [pourcentage] % des parts sociales, conformément à l'article [n°] des statuts qui exige [rappeler la majorité statutaire].
[Variante unanimité : « Cette résolution est adoptée à l'unanimité des associés, conformément à l'article 1836 du Code civil, les statuts ne comportant pas de clause de majorité pour les décisions modifiant les statuts. »]
Le rôle de cette résolution, et le risque sans elle
C'est ici que la décision existe : le principe, le montant, l'ancien capital, le nouveau. Le montant en chiffres et en lettres n'est pas une coquetterie de notaire — c'est le garde-fou qui empêche une faute de frappe de se propager jusque dans les statuts et l'annonce légale. Sans elle : omettez le nouveau capital, et le lecteur fait l'addition à votre place ; le moindre écart avec les statuts refondus envoie le dossier en attente. Le rappel de la majorité statutaire dans le constat de vote reste, à mes yeux, la mention de prudence la plus rentable de tout le document — une ligne, et vous coupez l'herbe sous le pied à une action en nullité.
5.4. Deuxième résolution — parts créées, valeur nominale, prime d'émission
Modèle — Deuxième résolution
DEUXIÈME RÉSOLUTION — Modalités de souscription, prix et prime d'émission
L'assemblée générale décide que les [nombre] parts sociales nouvelles d'une valeur nominale de [valeur nominale] € seront émises au prix unitaire de [prix d'émission] €, se décomposant comme suit :
— valeur nominale : [valeur nominale] € par part ;
— prime d'émission : [montant de la prime] € par part.
Le montant total de la prime d'émission s'élève ainsi à [prime unitaire × nombre de parts] €. Il sera porté au passif du bilan de la société au compte « Prime d'émission », sur lequel les droits des associés anciens et nouveaux seront identiques.
[Variante sans prime d'émission : « Les parts nouvelles seront émises au pair, c'est-à-dire au prix de [valeur nominale] € correspondant à leur seule valeur nominale, sans prime d'émission. »]
L'assemblée constate que [Prénom NOM], [associé / candidat à l'acquisition de la qualité d'associé, agréé par la [première] résolution ci-dessus], déclare souscrire à la totalité des [nombre] parts sociales nouvelles, soit un montant total de [montant total souscrit] €.
[Variante à plusieurs souscripteurs : détailler par souscripteur le nombre de parts et le montant.]
Les autres associés déclarent expressément renoncer, pour la présente augmentation de capital, au bénéfice de toute priorité de souscription qui leur serait reconnue par les statuts, et reconnaissent avoir été informés des conséquences de cette renonciation sur la répartition du capital.
[Supprimer ce paragraphe si tous les associés souscrivent à proportion de leurs parts.]
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
La résolution la plus lue, et la plus souvent bâclée
Elle porte toute l'arithmétique : combien de parts, à quel prix, avec quelle prime, souscrites par qui. Sans elle, ou mal écrite : une prime d'émission non chiffrée rend le reste inapplicable. Combien de parts le souscripteur reçoit-il contre son virement ? Nul ne le sait, et le solde non affecté flotte quelque part entre le capital et le compte courant. Quant à la clause de renonciation à la priorité de souscription, elle est votre bouclier contre le reproche — formulé quinze ans plus tard, souvent par un héritier — d'avoir dilué quelqu'un à son insu. Faites-la signer. Gardez-en la trace.
5.5. Troisième résolution — constatation de la réalisation et de la libération
Modèle — Troisième résolution
TROISIÈME RÉSOLUTION — Constatation de la réalisation de l'augmentation de capital
L'assemblée générale, connaissance prise des justificatifs présentés par la gérance, constate que la souscription des [nombre] parts sociales nouvelles est intégralement réalisée et que ces parts sont entièrement libérées.
En conséquence, l'assemblée constate que l'augmentation de capital est définitivement réalisée à la date du présent procès-verbal et que le capital social est désormais fixé à la somme de [nouveau capital] €, divisé en [nombre total] parts sociales de [valeur nominale] € chacune, intégralement libérées.
Le capital social est réparti comme suit entre les associés :
— [Prénom NOM] : [nombre] parts, soit [pourcentage] % ;
— [Prénom NOM] : [nombre] parts, soit [pourcentage] % ;
— Total : [nombre total] parts, soit 100 %.
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
Décider ne suffit pas — ce que cette résolution acte
Une augmentation de capital n'existe pas parce qu'elle a été décidée. Elle existe parce que les parts ont été souscrites et libérées. C'est l'acte de naissance de l'opération, et il fixe sa date d'effet. Sans elle : le capital est souscrit sans preuve qu'il ait été versé. La banque le verra. Le guichet unique aussi. Le tableau de répartition finale, lui, n'est exigé par aucun texte — mais c'est la ligne que chercheront le notaire, l'expert-comptable, l'héritier et l'administration. Ne pas l'écrire, c'est obliger quatre personnes à refaire le calcul, donc à se tromper. Reportez-le dans la foulée sur votre registre de suivi des parts sociales.
5.6. Quatrième résolution — modification corrélative des statuts
Modèle — Quatrième résolution
QUATRIÈME RÉSOLUTION — Modification corrélative des statuts
Comme conséquence de l'adoption des résolutions qui précèdent, l'assemblée générale décide de modifier les articles [n°] « Apports » et [n°] « Capital social » des statuts, qui sont désormais rédigés comme suit :
Article [n°] — Apports (ajout d'un alinéa)
« Aux termes d'une assemblée générale extraordinaire du [JJ/MM/AAAA], il a été apporté à la société une somme de [montant] € [ou : le bien ci-après désigné, évalué à [montant] €] par [Prénom NOM], en rémunération de laquelle il lui a été attribué [nombre] parts sociales nouvelles.
Le total des apports s'élève ainsi à la somme de [total des apports] €. »
Article [n°] — Capital social (rédaction nouvelle)
« Le capital social est fixé à la somme de [nouveau capital] € ([montant en toutes lettres] euros).
Il est divisé en [nombre total] parts sociales de [valeur nominale] € chacune, entièrement libérées, numérotées de 1 à [nombre total], et attribuées aux associés en proportion de leurs apports respectifs, savoir :
— à [Prénom NOM], à concurrence de [nombre] parts, numérotées de [n°] à [n°] ;
— à [Prénom NOM], à concurrence de [nombre] parts, numérotées de [n°] à [n°] ;
Total égal au nombre de parts composant le capital social : [nombre total] parts. »
Le reste de l'article demeure inchangé.
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
La résolution qu'on oublie — et pourquoi c'est fatal
C'est celle qui saute le plus souvent, et son absence est rédhibitoire : le capital a été augmenté, les statuts disent toujours autre chose, et le dossier de modification se retrouve sans objet. Sans elle : le guichet unique ne peut pas inscrire une modification statutaire que personne n'a votée. Surveillez aussi la numérotation. Si vos statuts numérotent les parts (« de 1 à 200 »), les nouvelles poursuivent la série — sans trou, sans doublon. La procédure d'ensemble d'une modification est déroulée dans notre guide modifier les statuts d'une SCI.
5.7. Cinquième résolution — pouvoirs pour les formalités
Modèle — Cinquième résolution et clôture
CINQUIÈME RÉSOLUTION — Pouvoirs
L'assemblée générale donne tous pouvoirs à la gérance, avec faculté de subdélégation, à l'effet d'accomplir toutes les formalités consécutives aux résolutions qui précèdent, et notamment de signer les statuts mis à jour, de faire publier l'avis de modification dans un support habilité à recevoir des annonces légales du département du siège social, de procéder au dépôt de la formalité de modification auprès du guichet unique des formalités des entreprises, de mettre à jour le document relatif au bénéficiaire effectif, et plus généralement de faire le nécessaire.
L'assemblée donne également tous pouvoirs au porteur d'un original, d'une copie ou d'un extrait du présent procès-verbal pour effectuer toutes formalités de publicité et de dépôt.
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
L'ordre du jour étant épuisé et personne ne demandant plus la parole, la séance est levée à [heure] heures.
De tout ce que dessus, il a été dressé le présent procès-verbal, qui a été signé par le président de séance et par la gérance, conformément à l'article 44 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978.
Le président de séance
[Prénom NOM] — signature
La gérance
[Prénom NOM] — signature
Utilité réelle de la clause de pouvoirs
Elle vous évite de reconvoquer une assemblée pour signer les statuts refondus ou déposer la formalité. Et la mention « au porteur d'un original ou d'une copie » permet à votre comptable ou à votre formaliste d'agir sans mandat spécifique. Sans elle : rien de fatal, mais un aller-retour garanti le jour où le gérant est en déplacement au moment du dépôt. La signature, en revanche, n'a rien d'optionnel : un PV que la gérance n'a pas signé ne satisfait pas l'alinéa 4 de l'article 44.
6. Variante A — apport en numéraire
La plus courante, et la plus simple : quelqu'un — associé en place ou nouvel entrant — verse de l'argent, la société lui donne des parts. Le tronc commun s'applique tel quel. Seules les deuxième et troisième résolutions gagnent en précision.
6.1. Ce qui change dans la deuxième résolution
Variante A — Deuxième résolution (numéraire)
DEUXIÈME RÉSOLUTION — Souscription en numéraire, prix et prime d'émission
L'assemblée générale décide que l'augmentation de capital sera réalisée par apport en numéraire, au moyen de la création de [nombre] parts sociales nouvelles de [valeur nominale] € de valeur nominale chacune, émises au prix unitaire de [prix d'émission] €, soit une valeur nominale de [valeur nominale] € assortie d'une prime d'émission de [prime] € par part.
Le montant total à verser par le souscripteur s'élève ainsi à [nombre de parts × prix d'émission] €, dont [nombre de parts × valeur nominale] € au titre du capital et [nombre de parts × prime] € au titre de la prime d'émission.
L'assemblée décide que les parts nouvelles devront être intégralement libérées en une seule fois à la souscription, par versement en espèces ou par virement au crédit du compte bancaire ouvert au nom de la société auprès de [nom de l'établissement bancaire].
[Variante libération partielle, si vos statuts l'autorisent : « Les parts nouvelles seront libérées à hauteur de [pourcentage] % à la souscription, le solde étant appelé par la gérance dans un délai maximum de [durée] à compter de ce jour. » — À éviter : un capital partiellement libéré complique la lecture du bilan et le dialogue avec la banque.]
[Prénom NOM] déclare souscrire l'intégralité des [nombre] parts nouvelles et les libérer immédiatement par le versement de la somme de [montant total] €.
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
6.2. Ce qui change dans la troisième résolution
Variante A — Troisième résolution (numéraire)
TROISIÈME RÉSOLUTION — Constatation de la libération et de la réalisation
La gérance présente à l'assemblée l'avis de crédit établi par [nom de la banque] le [JJ/MM/AAAA], justifiant du versement de la somme de [montant total] € au crédit du compte bancaire de la société ouvert sous le numéro [IBAN partiel ou référence du compte].
L'assemblée générale, au vu de ce justificatif, constate que les [nombre] parts sociales nouvelles ont été intégralement souscrites et libérées en numéraire, et qu'en conséquence l'augmentation de capital de [montant] € est définitivement réalisée à ce jour.
Le capital social est désormais fixé à [nouveau capital] €, divisé en [nombre total] parts de [valeur nominale] €, intégralement libérées, réparties comme suit : [tableau de répartition].
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
6.3. Aucun compte bloqué, aucun certificat du dépositaire
Ne recopiez pas le circuit de la SARL
En SARL, les fonds d'une souscription en numéraire sont déposés, et leur retrait par un mandataire suppose un certificat du dépositaire : article L223-32 du Code de commerce, qui renvoie au L223-7. Les sociétés par actions connaissent un mécanisme comparable. Rien de tel n'est imposé à une société civile. Les fonds vont directement sur le compte bancaire de la SCI, avant ou après l'assemblée, comme vous voulez. La preuve de la libération, c'est l'avis de virement ou le relevé — la gérance le présente à l'assemblée et le range avec le procès-verbal. Écrire « certificat du dépositaire des fonds » dans un PV de SCI, c'est réclamer un document que votre conseiller bancaire ne saura même pas éditer, et bloquer la rédaction pour rien.
Cette souplesse a une conséquence appréciable : rien n'interdit que les fonds soient arrivés avant l'assemblée. C'est même le scénario le plus fréquent. L'associé vire l'argent en mars parce que la toiture n'attend pas, la somme atterrit en compte courant, et l'assemblée de juin décide de l'incorporer au capital. Vous basculez alors, techniquement, sur la variante C de la section 8. Ce qui n'est pas permis, en revanche, c'est de faire dire au PV que les fonds ont été versés le jour de l'assemblée quand ils l'ont été trois mois plus tôt. La date compte — ne serait-ce que pour l'exercice de rattachement en comptabilité. Sur le circuit bancaire lui-même, voyez le dépôt du capital d'une SCI.
6.4. La prime d'émission : liberté totale, mais chiffrez-la
La prime d'émission, c'est ce que le souscripteur paie en plus de la valeur nominale des parts qu'il reçoit. Elle n'entre pas dans le capital : elle se pose au passif, dans les capitaux propres, sur sa propre ligne.
Aucun texte ne l'encadre en société civile. Pas d'obligation d'en prévoir une, pas de méthode de calcul imposée, ni plancher ni plafond. Liberté contractuelle totale — confortable, et exigeant.
À quoi sert-elle ? À rétablir l'équité entre celui qui était là et celui qui arrive. Prenons une SCI créée il y a quinze ans avec 2 000 € de capital, propriétaire d'un immeuble qui vaut aujourd'hui 400 000 €, avec 150 000 € de capital restant dû. Les capitaux propres réels tournent autour de 250 000 €. Divisez par 200 parts : 1 250 € la part. Émettre des parts nouvelles à 10 €, c'est-à-dire à leur valeur nominale, revient donc à vendre 10 € ce qui en vaut 1 250. Le nouveau souscripteur ramasse, gratuitement, une part considérable du patrimoine que les autres ont mis quinze ans à constituer.
Vous êtes en plein sur le terrain de la libéralité indirecte et de l'abus de majorité. En famille, l'administration fiscale y verra volontiers une donation déguisée. Entre associés sans lien de parenté, celui qui a été dilué y verra une faute. La parade est simple : le prix d'émission doit approcher la valeur réelle de la part. C'est tout.
La règle de rédaction non négociable
Écrivez la prime en euros par part, dans la résolution elle-même. Jamais « à déterminer à dire d'expert ». Jamais « selon la valorisation qui sera retenue ultérieurement ». Jamais « en fonction de la situation nette au dernier bilan ». Une résolution non chiffrée ne permet ni de connaître le nombre de parts créées, ni de rédiger l'article des statuts, ni de passer l'écriture comptable : elle ne sert à rien. Besoin d'une expertise ? Faites-la avant l'assemblée, et annexez le rapport au PV.
Et si vous n'en voulez pas, de prime ? C'est possible, et parfaitement licite dès lors que tous les associés souscrivent à proportion exacte de ce qu'ils détiennent : personne n'est dilué, la valeur reste répartie à l'identique, l'émission au pair ne lèse personne. Dites-le dans le PV, en toutes lettres — « les parts nouvelles sont émises au pair, tous les associés souscrivant à proportion de leur participation actuelle ». Le lecteur comprendra alors pourquoi il n'y a pas de prime, au lieu de se demander si vous l'avez oubliée.
7. Variante B — apport en nature
Ici, pas d'argent : un bien. Un immeuble neuf fois sur dix, mais aussi des parts d'une autre société, un véhicule, du mobilier, un droit au bail. Le bien entre à l'actif de la SCI, l'apporteur repart avec des parts.
7.1. Le texte de référence : l'article 1843-3 du Code civil
Article 1843-3 du Code civil (extraits)
« Chaque associé est débiteur envers la société de tout ce qu'il a promis de lui apporter en nature, en numéraire ou en industrie.
Les apports en nature sont réalisés par le transfert des droits correspondants et par la mise à la disposition effective des biens.
Lorsque l'apport est en propriété, l'apporteur est garant envers la société comme un vendeur envers son acheteur. »
Ce texte a trois conséquences directes sur ce que vous allez écrire :
- La réalisation exige deux choses, cumulativement : le transfert des droits et la mise à disposition effective. Un apport « décidé » dont le bien reste occupé par l'apporteur, sans la moindre convention, ne convainc personne.
- L'apporteur est garant comme un vendeur. Garantie d'éviction, garantie des vices cachés, dues à la société. C'est une protection pour les autres associés : rappelez-le dans la résolution, cela ne coûte qu'une phrase.
- La date de réalisation dépend du bien. Un meuble ? La remise suffit. Un immeuble ? Il faut un acte authentique publié. On y arrive dans deux minutes.
7.2. Pas de commissaire aux apports, et surtout pas de solidarité de cinq ans
La phrase qu'il ne faut surtout pas recopier
On la lit partout : « les associés sont solidairement responsables pendant cinq ans de la valeur attribuée aux apports en nature ». C'est du droit de la SARL. Article L223-9 du Code de commerce, celui-là même qui organise la désignation d'un commissaire aux apports et ses cas de dispense. Rien d'équivalent en société civile. Le titre IX du livre III du Code civil, qui régit les SCI, ne connaît ni commissaire aux apports, ni solidarité légale sur la valeur retenue. Recopier cette phrase dans votre PV, c'est créer par écrit une obligation que la loi ne vous impose pas, et tendre vous-même l'argument à un créancier ou à un associé fâché.
Faut-il en conclure qu'on peut évaluer à la louche ? Surtout pas. Trois raisons, dont aucune n'a de rapport avec la solidarité de la SARL :
- Surévaluer dilue les autres. Un bien apporté pour 300 000 € alors qu'il en vaut 200 000 offre à l'apporteur un tiers de parts en trop, pris dans la poche des autres. Terrain classique de l'abus de majorité — et l'action en responsabilité contre le gérant reste ouverte cinq ans (art. 2224 du Code civil).
- L'administration peut rectifier. Une valeur d'apport franchement décalée entre parents devient vite une libéralité, ou une insuffisance de prix. Les procédures applicables sont détaillées dans notre guide sur l'abus de droit en SCI.
- Sous-évaluer coûte aussi. L'apporteur s'appauvrit au profit des autres. Le cas typique se rencontre en famille, quand on croit « faire simple » en apportant un bien à son prix d'achat de 1998.
La bonne pratique tient en deux gestes. Faire établir une évaluation écrite et datée avant l'assemblée — avis de valeur d'agence, expertise, méthode par comparaison documentée. Puis l'annexer au procès-verbal. Aucun texte ne vous y oblige. Cela vous protège pourtant contre à peu près tout ce qui peut arriver ensuite.
7.3. Les résolutions spécifiques
Variante B — Deuxième résolution (apport en nature)
DEUXIÈME RÉSOLUTION — Description, évaluation et rémunération de l'apport en nature
L'assemblée générale décide que l'augmentation de capital sera réalisée par voie d'apport en nature consenti par [Prénom NOM], portant sur le bien ci-après désigné :
Désignation du bien apporté
[Pour un bien immobilier :] Un [appartement / maison / local commercial / terrain] situé à [commune], [adresse complète], cadastré section [X] numéro [n°], d'une contenance de [surface], comprenant [description sommaire : nombre de pièces, dépendances, lot de copropriété n° [X] et [Y]/[Z] tantièmes des parties communes].
[Pour un bien mobilier :] [Désignation précise du bien, marque, modèle, numéro de série, date d'acquisition].
Origine de propriété
Ledit bien appartient à l'apporteur pour l'avoir [acquis / recueilli dans la succession de] [...], aux termes d'un acte reçu par Maître [nom], notaire à [ville], le [JJ/MM/AAAA], publié au service de la publicité foncière de [ville] le [JJ/MM/AAAA] sous la référence [n°].
Situation locative et charges
Le bien est [libre de toute occupation / loué à [Prénom NOM] suivant bail en date du [JJ/MM/AAAA] moyennant un loyer mensuel de [montant] €]. Il est [libre de toute inscription / grevé d'une inscription hypothécaire au profit de [établissement] pour un montant de [X] €, l'apport étant consenti à charge pour la société de reprendre le solde de l'emprunt correspondant, soit [montant] € au [JJ/MM/AAAA]].
Évaluation
Le bien apporté est évalué à la somme de [montant] €, sur la base [de l'avis de valeur / du rapport d'expertise] établi le [JJ/MM/AAAA] par [identité et qualité de l'auteur], dont un exemplaire demeure annexé au présent procès-verbal.
L'assemblée rappelle qu'en application de l'article 1843-3 du Code civil, l'apporteur est garant envers la société, à raison du bien apporté, comme un vendeur envers son acheteur.
Rémunération de l'apport
En rémunération de cet apport, il est attribué à [Prénom NOM] [nombre] parts sociales nouvelles de [valeur nominale] € de valeur nominale, [le cas échéant : assorties d'une prime d'apport de [montant] € par part, soit [total] € au total].
[Si la valeur de l'apport ne correspond pas exactement à un nombre entier de parts, la différence est inscrite en prime d'apport ou au crédit du compte courant de l'apporteur : le dire expressément.]
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes]. [Préciser le cas échéant si l'apporteur a pris part au vote.]
Variante B — Troisième résolution (apport en nature)
TROISIÈME RÉSOLUTION — Constatation de la réalisation de l'apport
[Bien mobilier — réalisation immédiate :] L'assemblée générale constate que le bien apporté a été effectivement mis à la disposition de la société ce jour, que le transfert de propriété est intervenu à la même date conformément à l'article 1843-3 du Code civil, et qu'en conséquence l'augmentation de capital est définitivement réalisée.
[Bien immobilier — réalisation différée :] L'assemblée générale constate que l'apport du bien immobilier ci-dessus désigné devra être constaté par acte authentique reçu par Maître [nom], notaire à [ville], conformément à l'article 4 du décret n° 55-22 du 4 janvier 1955, et publié au service de la publicité foncière compétent. En conséquence, l'augmentation de capital ne sera définitivement réalisée qu'à la date de la signature de cet acte authentique. L'assemblée donne tous pouvoirs à la gérance pour signer ledit acte, en constater la réalisation et procéder aux formalités subséquentes.
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
7.4. L'immeuble impose le notaire — pas pour le PV, pour l'acte d'apport
Article 4 du décret n° 55-22 du 4 janvier 1955
« Tout acte sujet à publicité dans un service chargé de la publicité foncière doit être dressé en la forme authentique. »
Un apport d'immeuble transfère la propriété. Donc il se publie. Donc il passe chez le notaire. Mais attention à la portée exacte de la règle : ce n'est pas le procès-verbal d'assemblée qui doit être notarié, c'est l'acte d'apport. Le PV reste sous seing privé et décide l'opération ; l'acte authentique la réalise et la rend opposable aux tiers. Concrètement, le notaire rédige l'acte d'apport, le publie, et vous remet les pièces dont vous aurez besoin pour le dépôt de la formalité.
Deux conséquences à ne pas manquer :
- L'ordre chronologique n'est plus le même. Sur un apport immobilier, on ne dépose surtout pas le dossier le lendemain de l'assemblée : on attend l'acte authentique, seul à réaliser l'augmentation. Le délai d'un mois de l'article R123-66 du Code de commerce court à compter de cette réalisation définitive, pas de l'assemblée.
- L'acte reste soumis à enregistrement. L'apport en nature ne bénéficie pas de la dispense du 5° du 1 de l'article 635 du CGI, contrairement au numéraire. Le détail est en section 11. Et pour la fiscalité de l'apport — plus-value de l'apporteur, apport mixte, évaluation retenue —, tout est dans notre guide sur l'apport d'un immeuble à une SCI : je ne le redéroule pas ici.
8. Variante C — incorporation de compte courant
Dans une SCI qui a quelques années au compteur, c'est de loin le cas le plus fréquent. Un associé a avancé de l'argent au fil du temps : l'apport personnel au moment de l'achat, une facture de ravalement, un trimestre de vacance locative à absorber. Ces avances dorment au passif du bilan, en compte courant d'associé, et constituent une dette de la société envers lui. L'opération consiste à changer cette dette en capital.
Où s'arrête cette page, où commence l'autre
Ici, on écrit l'acte : quelles résolutions, dans quel ordre, avec quelles mentions. Tout ce qui touche au montage — faut-il le faire, quelle dilution, quel effet sur la trésorerie, quelles écritures passer, quelles alternatives — est développé dans augmentation de capital par incorporation de compte courant. Lisez-le pour décider. Revenez ici pour rédiger.
8.1. Une augmentation en numéraire libérée par compensation
Voici le point que la plupart des modèles ratent : l'incorporation d'un compte courant n'est pas un apport en nature. L'associé n'apporte pas une chose, il apporte de l'argent — celui que la société lui doit. C'est donc un apport en numéraire. Simplement, la libération ne passe pas par un virement mais par compensation avec la dette. Cette qualification n'est pas un détail de vocabulaire : elle décide de l'enregistrement, on le verra dans un instant.
Article 1347-1 du Code civil
« Sous réserve des dispositions prévues à la sous-section suivante, la compensation n'a lieu qu'entre deux obligations fongibles, certaines, liquides et exigibles. »
La créance de l'associé doit donc réunir trois qualités, et c'est au PV de les établir :
- Certaine : personne ne discute son existence. C'est le rôle de l'arrêté de compte signé.
- Liquide : son montant est fixé au centime. D'où l'importance de l'arrêter à une date précise, pas « au dernier bilan ».
- Exigible : l'associé pourrait en réclamer le remboursement dès demain matin. Un compte courant l'est en principe à tout moment, sauf convention de blocage — raison de plus pour avoir signé une convention de compte courant d'associé qui documente les conditions de l'avance.
Deux effets concrets, et ils comptent. D'abord la dispense d'enregistrement : le 5° du 1 de l'article 635 du CGI vise les augmentations en numéraire, et vous en êtes une. Ensuite l'absence de tout formalisme d'évaluation, pour une raison assez évidente — il n'y a rien à évaluer. Une créance de 30 000 € vaut 30 000 €.
8.2. L'arrêté de compte préalable
Avant l'assemblée, la gérance établit un arrêté du compte courant à une date donnée, signé par la société et par l'associé titulaire. Une page suffit : solde d'ouverture, mouvements de l'exercice, intérêts courus s'il y en a, solde arrêté. Ce document part ensuite en annexe du procès-verbal et figure dans la liste des pièces soumises aux associés.
Deux pièges à ce stade, et je les vois régulièrement. Incorporer plus que le solde réel, parce qu'un remboursement partiel a été compté deux fois. Et oublier les intérêts courus non versés, qui font pourtant partie de la créance et déplacent le montant final. Comptabilité à jour ? L'arrêté sort du grand livre en trois minutes. Comptabilité en retard ? C'est le moment de reprendre les mouvements du compte 455, un par un. Le travail préparatoire est décrit dans nos guides sur le compte courant d'associé en SCI et sur les écritures comptables du compte courant. Plusieurs associés créditeurs ? Ajoutez plusieurs comptes courants dans une même SCI à votre lecture.
8.3. Les résolutions spécifiques
Variante C — Résolution préalable (constat de la créance)
RÉSOLUTION PRÉALABLE — Constatation de la créance en compte courant
L'assemblée générale, connaissance prise de l'arrêté de compte établi par la gérance et signé par l'associé concerné, constate que [Prénom NOM] est titulaire, à l'encontre de la société, d'une créance en compte courant d'associé d'un montant de [montant] € ([montant en toutes lettres] euros), arrêtée au [JJ/MM/AAAA].
L'assemblée constate que cette créance est certaine, liquide et exigible, la société n'ayant souscrit aucune convention de blocage à son égard [ou : la convention de blocage en date du [JJ/MM/AAAA] étant expressément levée par la présente décision, avec l'accord du titulaire du compte].
L'arrêté de compte demeure annexé au présent procès-verbal.
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
Variante C — Deuxième et troisième résolutions (compensation)
DEUXIÈME RÉSOLUTION — Souscription et libération par compensation
L'assemblée générale décide que l'augmentation de capital de [montant] € sera réalisée par apport en numéraire, la libération des parts nouvelles s'opérant par voie de compensation avec la créance certaine, liquide et exigible constatée ci-dessus, conformément à l'article 1347-1 du Code civil.
Les [nombre] parts sociales nouvelles de [valeur nominale] € de valeur nominale sont émises au prix unitaire de [prix d'émission] €, [le cas échéant : soit une prime d'émission de [montant] € par part].
[Prénom NOM] déclare souscrire l'intégralité des [nombre] parts nouvelles, pour un montant total de [montant] €, et les libérer intégralement par compensation à due concurrence avec sa créance en compte courant.
[Si la créance excède le montant incorporé : « Le solde de la créance, soit [montant] €, demeure inscrit au crédit du compte courant d'associé de [Prénom NOM] et reste régi par les conditions antérieurement convenues. »]
TROISIÈME RÉSOLUTION — Constatation de la réalisation
L'assemblée générale constate que la compensation est intervenue ce jour à hauteur de [montant] €, que les [nombre] parts sociales nouvelles sont en conséquence intégralement souscrites et libérées, et que l'augmentation de capital est définitivement réalisée à la date du présent procès-verbal.
Le compte courant d'associé de [Prénom NOM] est débité à due concurrence et présente désormais un solde créditeur de [montant] €.
Le capital social est désormais fixé à [nouveau capital] €, divisé en [nombre total] parts de [valeur nominale] €, réparties comme suit : [tableau de répartition].
Cette résolution est adoptée à [majorité / unanimité] : [détail des votes].
Le mot qui fait tout tenir
Ce mot, c'est « compensation ». Lui seul explique comment des parts peuvent être libérées sans qu'un euro circule. Sans le constat exprès de la créance et de son caractère certain, liquide et exigible, la libération n'est pas démontrée : l'opération devient contestable, à commencer par un créancier de la société qui voit une dette disparaître sans contrepartie visible. Et si vous sautez la phrase sur le solde résiduel, la comptabilité et le PV divergent dès l'exercice suivant. L'associé pense conserver 12 000 € en compte courant, la SCI a soldé le compte à zéro, et personne ne tranche jamais l'écart.
Un mot sur la fiscalité de l'opération elle-même, parce que la question revient à chaque fois : incorporer un compte courant ne crée aucun revenu pour l'associé. Il troque une créance contre des parts, il n'encaisse rien, il n'y a donc en principe rien à imposer à ce stade. Ce qui change, c'est la nature de ce qu'il détient. Une créance remboursable sur simple demande devient un capital qui ne ressortira qu'à l'occasion d'une réduction de capital, d'une cession de parts ou d'une liquidation. Voilà le vrai coût de l'opération — et il est chiffré dans le guide voisin.
9. La modification statutaire corrélative et les statuts refondus
Le procès-verbal décide, les statuts constatent. Tant que les seconds n'ont pas été refondus, votre augmentation de capital dort dans un tiroir. Parce que le document qu'ouvriront le notaire, la banque, l'acquéreur de parts ou l'héritier, ce n'est pas votre PV : c'est le jeu de statuts à jour déposé au registre.
9.1. Deux articles à reprendre, pas un seul
La plupart des rédacteurs corrigent l'article « Capital social » et referment le fichier. Incomplet. Des statuts de SCI touchent presque toujours deux articles lors d'une augmentation :
- l'article « Apports », qui retrace l'historique de ce que chacun a mis dans la société depuis la constitution. On ne le réécrit pas : on lui ajoute un alinéa, daté, décrivant le nouvel apport ;
- l'article « Capital social », qui donne le montant, le nombre de parts, leur valeur nominale et leur répartition. Celui-là, on le réécrit intégralement.
Certains statuts isolent un article « Répartition des parts », d'autres renvoient la répartition à une annexe. Regardez la structure des vôtres avant de rédiger : d'un modèle à l'autre, les numéros d'articles ne tombent jamais au même endroit.
9.2. Ancienne et nouvelle rédaction en vis-à-vis
| Ancienne rédaction | Nouvelle rédaction |
|---|---|
| Article 6 — Apports | |
| « Les associés apportent à la société les sommes suivantes : — Madame Claire [NOM] : 1 200 € ; — Monsieur Julien [NOM] : 800 €. Soit un total d'apports de 2 000 €, correspondant au capital social. » |
« Les associés apportent à la société les sommes suivantes : — Madame Claire [NOM] : 1 200 € ; — Monsieur Julien [NOM] : 800 €. Soit un total d'apports en numéraire à la constitution de 2 000 €. Aux termes d'une assemblée générale extraordinaire du [JJ/MM/AAAA], Monsieur Julien [NOM] a apporté à la société une somme complémentaire de 45 000 €, dont 3 000 € affectés au capital social et 42 000 € à la prime d'émission, en rémunération de laquelle il lui a été attribué 300 parts sociales nouvelles. Le total des apports s'élève ainsi à 47 000 €. » |
| Article 7 — Capital social | |
| « Le capital social est fixé à la somme de deux mille euros (2 000 €). Il est divisé en 200 parts sociales de 10 € chacune, entièrement libérées, numérotées de 1 à 200, et attribuées aux associés comme suit : — à Madame Claire [NOM] : 120 parts, numérotées de 1 à 120 ; — à Monsieur Julien [NOM] : 80 parts, numérotées de 121 à 200. Total : 200 parts. » |
« Le capital social est fixé à la somme de cinq mille euros (5 000 €). Il est divisé en 500 parts sociales de 10 € chacune, entièrement libérées, numérotées de 1 à 500, et attribuées aux associés comme suit : — à Madame Claire [NOM] : 120 parts, numérotées de 1 à 120 ; — à Monsieur Julien [NOM] : 380 parts, numérotées de 121 à 500. Total : 500 parts. » |
Trois détails de rédaction qui vous feront gagner du temps :
- La numérotation se poursuit sans trou. Julien détenait les parts 121 à 200 ; il détient maintenant 121 à 200 et 201 à 500, que la rédaction condense en « 121 à 500 ». Si les parts nouvelles avaient été souscrites par un tiers, il aurait fallu lui ouvrir une ligne à part, de 201 à 500.
- La prime d'émission se loge dans l'article « Apports », jamais dans l'article « Capital social ». Logique : elle a bien été apportée, mais elle ne fait pas partie du capital. Au bilan, elle occupe sa propre ligne dans les capitaux propres.
- Le total est répété. C'est la ligne que le formaliste additionne, stylo à la main. Un total qui ne tombe pas juste reste le premier motif de mise en attente.
9.3. Comment matérialiser les statuts mis à jour
Deux pratiques coexistent, toutes deux acceptées : refondre l'intégralité des statuts dans un document unique, ou n'établir un exemplaire que des articles modifiés. Refondez tout. Après trois modifications successives, une SCI qui n'a jamais refondu ses statuts oblige n'importe quel lecteur à reconstituer le texte en vigueur en jonglant avec quatre documents. C'est exactement comme ça que des montants de capital erronés finissent dans des actes notariés.
Le jeu refondu porte la date de l'assemblée, la mention « Statuts mis à jour à la suite de l'assemblée générale extraordinaire du [JJ/MM/AAAA] », et il est certifié conforme par la gérance. Pas besoin de solennité : « Certifié conforme à l'original, le [date] », la signature du gérant en dessous, c'est fait.
Le contrôle de cohérence que fait le guichet unique
Trois chiffres, trois documents, une seule vérité attendue. Le montant du capital, le nombre de parts et la valeur nominale doivent être rigoureusement identiques dans le procès-verbal, dans les statuts refondus et dans l'annonce légale. Une divergence d'un euro, une part manquante dans le total, ou une valeur nominale recalculée à la volée (5 000 € / 500 parts) qui ne correspond pas à celle des statuts : le dossier passe en attente, avec une demande de régularisation qui vous coûtera plusieurs semaines. C'est, de loin, le premier motif de rejet.
10. Signature, registre et dématérialisation du procès-verbal
Un procès-verbal non signé, ou signé par la mauvaise personne, ne prouve rien du tout. Et un PV signé mais jamais reporté au registre des décisions perd l'essentiel de sa force le jour où quelqu'un conteste sa date. Restent donc trois questions une fois la rédaction bouclée : qui signe, où le document est consigné, et si tout cela peut se faire à l'écran.
10.1. Qui signe le procès-verbal
L'alinéa 4 de l'article 44 du décret de 1978 est explicite : « Les procès-verbaux sont établis et signés par les gérants et, s'il y a lieu, par le président de l'assemblée. »
La gérance signe, toujours. Le président de séance signe s'il n'est pas le gérant. Les associés, eux, ne signent pas le procès-verbal. C'est la différence de fond avec l'acte unanime de l'article 1854, que tous signent.
En cogérance, faites signer les deux gérants. Le texte parle des gérants au pluriel, et sur une décision aussi structurante qu'une augmentation de capital, la double signature ferme la porte à toute discussion sur la régularité de l'établissement du PV. Les règles de fonctionnement à deux sont dans notre guide sur la cogérance d'une SCI.
10.2. Le registre spécial : le texte intégral de l'article 45
Article 45 du décret n° 78-704 (forme électronique ajoutée par l'art. 14 du décret n° 2019-1118 du 31 octobre 2019, en vigueur depuis le 4 novembre 2019 ; mention du tribunal judiciaire issue de l'art. 8 du décret n° 2019-966 du 18 septembre 2019, en vigueur au 1er janvier 2020)
« Les procès-verbaux prévus à l'article précédent sont établis sur un registre spécial tenu au siège de la société, coté et paraphé dans la forme ordinaire et sans frais soit par un juge du tribunal de commerce ou du tribunal judiciaire, soit par le maire ou un adjoint au maire de la commune du siège de la société.
Toutefois, les procès-verbaux peuvent être établis sur des feuilles mobiles numérotées sans discontinuité, paraphées dans les conditions prévues à l'alinéa précédent et revêtues du sceau de l'autorité qui les a paraphées. Dès qu'une feuille a été remplie, même partiellement, elle doit être jointe à celles précédemment utilisées. Toute addition, suppression, substitution ou interversion de feuilles est interdite.
Le registre spécial peut être tenu et les procès-verbaux établis sous forme électronique ; dans ce cas, les procès-verbaux sont signés au moyen d'une signature électronique qui respecte au moins les exigences relatives à une signature électronique avancée prévues par l'article 26 du règlement (UE) n° 910/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur l'identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur. Les procès-verbaux sont datés de façon électronique par un moyen d'horodatage offrant toute garantie de preuve. »
Quatre points méritent qu'on s'y arrête.
Le cotage et le paraphe ne coûtent rien. Le texte l'écrit : « sans frais ». Le greffe du tribunal peut le faire, mais le plus simple reste la mairie du siège social : le maire ou un adjoint paraphe un registre acheté en papeterie. Un rendez-vous, une dizaine d'euros pour le cahier, et c'est réglé.
Les feuilles mobiles sont admises — numérotées sans discontinuité, paraphées dans les mêmes conditions, et revêtues du sceau de l'autorité qui les a paraphées. C'est la solution des SCI qui rédigent sur ordinateur : on fait parapher un lot de feuilles vierges numérotées, puis on imprime les PV dessus au fil des années. Le texte pose deux règles qu'on oublie systématiquement. Une feuille remplie, même à moitié, doit rejoindre les précédentes. Et « toute addition, suppression, substitution ou interversion de feuilles est interdite ». Une feuille arrachée, un numéro sauté, et c'est tout le registre qui devient discutable.
Le format électronique est ouvert depuis le 4 novembre 2019, date d'entrée en vigueur du décret n° 2019-1118 du 31 octobre 2019 relatif à la dématérialisation des registres, des procès-verbaux et des décisions des sociétés. Mais il est plus exigeant que ce que les gens imaginent. Un PDF portant l'image scannée d'une signature ne suffit pas. Le texte réclame une signature électronique respectant au moins les exigences de la signature avancée de l'article 26 du règlement eIDAS : prestataire sérieux, identification du signataire, détection des modifications ultérieures. Les différents niveaux et leurs implications sont expliqués dans notre guide sur la signature électronique en SCI.
Et l'horodatage est une condition à part. Les PV électroniques doivent être « datés de façon électronique par un moyen d'horodatage offrant toute garantie de preuve ». La date tapée dans le document ne vaut donc rien : il faut un mécanisme technique qui l'appose. C'est précisément ce que la plupart des solutions grand public ne font pas.
Ce que je conseille en pratique
SCI familiale de deux à quatre associés : restez au registre papier coté et paraphé en mairie. En 2026, c'est encore la solution la plus simple, la plus robuste et la moins chère. Basculez à l'électronique si vos associés sont éparpillés sur trois régions, ou si vous signez déjà chez un prestataire qualifié — mais dans ce cas, allez au bout : signature avancée et horodatage. À moitié fait, vous payez l'outil et vous héritez d'un registre irrégulier. Dans les deux cas, pensez à la conservation dans la durée : notre guide sur l'archivage numérique en SCI vous évitera de tout perdre à la panne du disque dur.
10.3. Les décisions prises par acte (art. 46)
Si vous avez choisi la voie de l'acte unanime de l'article 1854 plutôt que l'assemblée, l'article 46 du décret prévoit que la mention de ces décisions soit portée, à sa date, au même registre. Le texte est précis sur le contenu de cette mention : elle « contient obligatoirement l'indication de la forme, de la nature, de l'objet et des signataires de l'acte ». L'acte lui-même, s'il est sous seing privé, ou sa copie authentique s'il est notarié, doit être conservé par la société de manière à permettre sa consultation en même temps que le registre des délibérations. Et si le registre est tenu sous forme électronique, la mention doit elle aussi être signée électroniquement et horodatée dans les conditions du dernier alinéa de l'article 45. C'est une formalité de trois lignes, mais elle donne au registre sa vraie fonction : retracer, dans l'ordre chronologique, l'intégralité des décisions collectives de la société depuis sa constitution.
10.4. Combien d'exemplaires et pour combien de temps
- L'original reste au registre, au siège social.
- Une copie certifiée conforme par la gérance part au dossier de formalité déposé au guichet unique.
- Une copie pour chaque associé qui la demande : c'est son droit d'information, article 1855 du Code civil, dont l'étendue exacte est décrite ici — le droit d'information de l'associé.
- Une copie rejoint le dossier permanent transmis à votre comptable, avec l'arrêté de compte ou l'évaluation annexés.
Combien de temps le garder ? Toujours. Un PV d'augmentation de capital est un document structurant, au même rang que les statuts. On vous le redemandera à chaque cession de parts, à chaque succession, à chaque vente d'immeuble, à chaque renégociation de crédit — parfois trente ans plus tard, par quelqu'un que vous ne connaissez pas encore. Le tri complet est dans notre guide sur les documents à conserver en SCI.
11. Après le PV : enregistrement, annonce légale, INPI, RBE — calendrier et budget 2026
Le procès-verbal est signé. Commence alors une séquence de quatre formalités où l'ordre compte autant que le contenu.
11.1. L'enregistrement : ce qui a changé, et ce qui circule encore de faux
Aucun poste ne charrie autant d'informations périmées, y compris sur des sites professionnels qui devraient savoir. Reprenons calmement.
Faut-il enregistrer l'acte ? La réponse tient au 5° du 1 de l'article 635 du CGI, dans sa rédaction issue de l'article 67 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020. Les actes constatant une augmentation de capital s'enregistrent dans le mois de leur date, sauf les augmentations en numéraire et celles par incorporation de bénéfices, de réserves ou de provisions — et sauf les augmentations nettes de capital des sociétés à capital variable constatées à la clôture d'un exercice.
Traduit pour vos trois variantes :
- Augmentation en numéraire (variante A) : rien à enregistrer. Ne prenez pas rendez-vous au service des impôts des entreprises, vous perdriez votre matinée.
- Incorporation de compte courant (variante C) : souscription en numéraire libérée par compensation, donc augmentation en numéraire, donc même dispense. Un montage particulier vous laisse un doute ? Posez la question au service gestionnaire depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, la réponse écrite vous protège.
- Apport en nature (variante B) : l'acte reste soumis à la formalité dans le mois. Sur un immeuble, le notaire s'en occupe en même temps qu'il publie l'acte authentique.
Et combien coûtent les droits ? Rien, dans l'immense majorité des cas. Depuis sa réécriture par l'article 26 de la loi n° 2018-1317, l'article 810, I du CGI tient en cinq mots : « Les apports sont enregistrés gratuitement. »
Le « droit fixe de 500 € » n'existe plus
On lit encore, y compris dans des guides datés de cette année, qu'une augmentation de capital coûte « 375 € de droit fixe, ou 500 € si le capital dépasse 225 000 € ». Ces droits fixes n'existent plus. Ils figuraient à l'ancienne rédaction de l'article 810, I du CGI. Attention à la nuance : l'article n'a pas été abrogé, il a été réécrit par l'article 26 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, en vigueur au 1er janvier 2019, et il dispose depuis que « les apports sont enregistrés gratuitement ». L'article 810 bis, réécrit par le même texte, fait de même — mais uniquement pour les actes, déclarations et annexes établis à l'occasion de la constitution d'une société : il ne vise pas les augmentations de capital, qui relèvent du I de l'article 810. Un prestataire vous facture un « droit fixe de 500 € » sur une augmentation de capital de SCI ? Demandez-lui le texte. Il n'en a pas.
Reste une exception, et celle-là coûte vraiment. Elle vise l'apport d'un immeuble à une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés par un apporteur qui, lui, n'est pas à l'IS. L'article 809, I, 3° du CGI assimile l'opération à une mutation à titre onéreux, et l'article 810, III en fixe le régime : tarif normal de 2,20 % pour les apports portant sur un immeuble ou des droits immobiliers. Ne budgétez pas 2,20 % pour autant : ce tarif est celui du seul droit d'enregistrement, auquel s'ajoutent les taxes additionnelles que le III mentionne lui-même — le coût réellement liquidé est sensiblement supérieur, et c'est le notaire qui le chiffre.
Le même III prévoit une gratuité sous condition — l'apporteur, ou les associés en cas de changement de régime fiscal, s'engagent à conserver pendant trois ans les titres remis en contrepartie de l'apport. Mais lisez la réserve que le texte pose lui-même, car c'est elle qui décide dans la plupart des SCI : la gratuité joue « à l'exception des immeubles ou droits immobiliers n'étant pas compris dans l'apport de l'ensemble des éléments d'actif immobilisés affectés à l'exercice d'une activité professionnelle ». Un immeuble locatif apporté isolément à une SCI patrimoniale n'entre donc pas, en principe, dans le champ de la gratuité. Le III ajoute que le non-respect de l'engagement de conservation rend immédiatement exigible le droit du premier alinéa, majoré des taxes additionnelles. Le BOFiP commente ces conditions (BOI-ENR-AVS-10-10-20).
Le seul point de cette page que je refuse de trancher pour vous
L'articulation entre le taux du premier alinéa du III de l'article 810, l'engagement de conservation de trois ans et sa réserve sur les actifs professionnels : ne vous fiez à aucun article de blog là-dessus. Celui-ci compris. Selon la qualification retenue, un apport immobilier à une SCI à l'IS pèse plusieurs milliers d'euros de droits, et l'appréciation dépend de la configuration exacte de l'apport. Le notaire le chiffrera dans le projet d'acte, avant signature — c'est son métier, et c'est sa responsabilité. La fiscalité d'ensemble de l'opération — plus-value de l'apporteur, apport pur et simple ou mixte, valeur retenue — est développée dans notre guide apport d'un immeuble à une SCI.
11.2. L'annonce légale
La publicité des modifications statutaires d'une société civile est organisée par l'article 24 du décret n° 78-704, qui renvoie aux mentions de l'article 22. L'avis est publié dans un support habilité à recevoir des annonces légales du département du siège social.
Le tarif est forfaitaire depuis la réforme de 2021. L'article 3 de l'arrêté du 19 novembre 2021, modifié par l'arrêté du 19 novembre 2025 publié au JORF du 28 décembre 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026, fixe le forfait applicable à une modification portant sur l'objet ou le capital à 136 € HT, soit 163,20 € TTC. Ce forfait vaut en métropole et dans les collectivités relevant des annexes I à VI ; à La Réunion et à Mayotte, le même forfait est porté à 158 € HT.
Le forfait suppose une seule modification par annonce
Votre assemblée a décidé le même jour une augmentation de capital, un changement de gérant et un transfert de siège ? Vous ne cumulerez pas trois forfaits dans une seule annonce. La publication bascule à la tarification au caractère, et la facture peut doubler. Deux issues : publier des annonces distinctes, ou assumer le tarif au caractère en rédigeant l'avis le plus sec possible. Les forfaits par nature de modification et le contenu exact de l'avis sont détaillés dans notre guide sur l'annonce légale de SCI.
L'avis comporte au minimum la dénomination, la forme, le capital ancien et nouveau, le siège, le SIREN et la ville du registre, la date de la décision, les articles modifiés. En retour, le support vous délivre une attestation de parution. C'est cette attestation qui rejoindra le dossier de formalité — et c'est pour cette seule raison que la publication doit précéder le dépôt.
11.3. Le dépôt au guichet unique
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités d'entreprise passent par le guichet unique géré par l'INPI (art. L123-33 du Code de commerce), accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. Le délai est fixé par l'article R123-66 du Code de commerce : la demande d'inscription modificative doit être présentée dans le mois de l'événement qui la rend nécessaire.
Pièces à joindre pour une augmentation de capital :
- une copie du procès-verbal certifiée conforme par le gérant ;
- un exemplaire des statuts mis à jour, certifié conforme et daté ;
- l'attestation de parution de l'annonce légale ;
- pour un apport en nature immobilier : la copie de l'acte authentique d'apport ;
- si un nouvel associé entre : les pièces d'identité et la déclaration de non-condamnation ne sont exigées que pour les dirigeants, mais l'identité complète du nouvel associé doit figurer dans la déclaration.
Tarifs 2026. L'arrêté du 25 février 2026, publié au JORF du 28 février et en vigueur du 1er mars 2026 au 29 février 2028, réécrit les articles A743-8 à A743-18 du Code de commerce. L'inscription modificative d'une personne morale correspond à un émolument de greffe de 42,26 € HT, auquel s'ajoutent la TVA (8,45 €), la redevance INPI (5,90 €) et la taxe affectée au BODACC (116 €), soit 172,61 € TTC. Le dépôt d'actes constitue une prestation distincte, facturée 6,05 € HT, soit 13,16 € TTC avec la TVA et la redevance INPI — et ce dépôt n'est dû qu'une seule fois par formalité, quel que soit le nombre de pièces déposées.
Le montant de 177,01 € n'existe pas au barème
Le montant de 177,01 € circule dans quantité de guides en ligne pour la formalité de modification. Il ne correspond à aucune ligne de l'arrêté en vigueur. Le total exact pour une modification statutaire avec dépôt d'actes s'établit à 185,77 € TTC : 172,61 € pour l'inscription modificative, 13,16 € pour le dépôt. Retenez surtout le principe — ne calez jamais un chiffre réglementaire sur ce que dit le reste du web. Les barèmes de greffe sont révisés tous les deux ans, et des générations entières d'articles restent en ligne avec les anciens montants, sans que personne ne les corrige jamais.
11.4. Le registre des bénéficiaires effectifs
Qui dit augmentation dit nouvelle répartition des parts, donc éventuellement nouveaux bénéficiaires effectifs. Pour une SCI, ce sont les personnes physiques détenant directement ou indirectement plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou exerçant un contrôle par d'autres moyens.
L'article R561-55 du Code monétaire et financier vous laisse trente jours à compter du fait qui rend la rectification nécessaire. Regardez le cas chiffré ci-dessous : Julien passe de 40 % à 76 %, Claire de 60 % à 24 %. Tous deux restent au-dessus de 25 %, mais les pourcentages déclarés ont changé, et cela suffit à déclencher la mise à jour. La marche à suivre est dans notre guide sur les bénéficiaires effectifs d'une SCI.
11.5. Le tableau des trois variantes
| Critère | A — Numéraire | B — Apport en nature | C — Compte courant |
|---|---|---|---|
| Texte de référence | Art. 1836 et 1843-3 C. civ. | Art. 1843-3 C. civ. ; décret n° 55-22, art. 4 (immeuble) | Art. 1843-3 et 1347-1 C. civ. |
| Nature de l'apport | Numéraire | Nature | Numéraire (libéré par compensation) |
| Acte notarié | Non | Oui si immeuble (acte d'apport) | Non |
| Enregistrement obligatoire | Non (art. 635, 1, 5° CGI) | Oui, dans le mois | Non (augmentation en numéraire) |
| Droits d'enregistrement | 0 € (art. 810, I CGI) | 0 € en principe ; régime spécial de l'art. 810, III si immeuble apporté à une SCI à l'IS par un apporteur non IS | 0 € (art. 810, I CGI) |
| Évaluation préalable | Sans objet | Vivement recommandée, à annexer | Arrêté de compte signé |
| Commissaire aux apports | Sans objet | Non exigé en société civile | Sans objet |
| Preuve de la libération | Avis de virement / relevé bancaire | Acte d'apport et mise à disposition effective | Arrêté de compte + constat de compensation |
| Date de réalisation | Jour du PV (si fonds versés) | Jour de l'acte authentique pour un immeuble | Jour du PV |
| Pièces au guichet unique | PV + statuts à jour + attestation de parution | Idem + copie de l'acte authentique | Idem A (arrêté de compte à conserver) |
| Coût 2026 hors honoraires | 348,97 € TTC (163,20 € + 185,77 €) | Idem + émoluments et droits du notaire | 348,97 € TTC (163,20 € + 185,77 €) |
11.6. Cas chiffré complet : la SCI Les Tilleuls
Reprenons tout, pas à pas, sur un dossier réaliste — et surtout, voyons où chaque chiffre atterrit dans le PV.
La situation de départ
La SCI Les Tilleuls affiche un capital de 2 000 €, divisé en 200 parts de 10 €. Claire en détient 120 (60 %), Julien 80 (40 %). L'immeuble a besoin d'une rénovation énergétique, et la trésorerie ne suit pas. Julien accepte de mettre 45 000 € en numéraire. Les associés retiennent une prime d'émission de 140 € par part, ce qui porte le prix d'émission à 150 € — un prix calé sur la valeur réelle des capitaux propres, pas sur la valeur nominale héritée de 2011.
| Étape | Calcul | Où cela s'écrit |
|---|---|---|
| Prix d'émission de la part | 10 € de nominal + 140 € de prime = 150 € | Deuxième résolution |
| Nombre de parts créées | 45 000 € / 150 € = 300 parts | Première et deuxième résolutions |
| Augmentation du capital | 300 × 10 € = 3 000 € | Première résolution |
| Nouveau capital | 2 000 € + 3 000 € = 5 000 € | Première et troisième résolutions, statuts art. 7 |
| Prime d'émission totale | 300 × 140 € = 42 000 € | Deuxième résolution, statuts art. 6 (Apports) |
| Nombre total de parts | 200 + 300 = 500 parts | Troisième résolution, statuts art. 7 |
| Parts de Claire après opération | 120 parts inchangées, soit 120 / 500 = 24 % | Troisième résolution, statuts art. 7 |
| Parts de Julien après opération | 80 + 300 = 380 parts, soit 380 / 500 = 76 % | Troisième résolution, statuts art. 7 |
| Numérotation des parts | Claire 1 à 120 ; Julien 121 à 500 | Statuts art. 7 |
| Enregistrement | 0 € — dispense de l'art. 635, 1, 5° CGI | Rien à faire |
| Annonce légale | 136 € HT (forfait « capital »), soit 163,20 € TTC | Support habilité du département du siège |
| Formalité INPI / greffe | 185,77 € TTC (172,61 € + 13,16 € de dépôt d'actes) | formalites.entreprises.gouv.fr |
| Budget total hors honoraires | ≈ 348,97 € TTC | — |
Ce que ce cas montre — et ce qu'il ne montre pas
Claire n'a pas perdu une seule part : elle en détient toujours 120. Elle a perdu la majorité, en passant de 60 % à 24 %. C'est la conséquence normale d'une augmentation à laquelle elle n'a pas souscrit, et c'est parfaitement licite — à trois conditions : que le PV le dise, que Claire ait renoncé expressément à sa priorité de souscription, et que le prix d'émission tienne debout. La prime de 140 € est exactement ce qui rend l'opération défendable. Faites le calcul sans elle : les mêmes 300 parts n'auraient coûté que 3 000 €, et les 45 000 € versés auraient donné 4 500 parts nouvelles. Julien se retrouvait avec 4 580 parts sur 4 700, soit plus de 97 % du capital, pour exactement le même chèque. Sur la mécanique de la dilution, ses parades et ses alternatives, allez voir augmentation de capital et incorporation de compte courant ; sur la valeur des parts, le capital social d'une SCI.
11.7. Le calendrier, dans le bon ordre
| Quand | Quoi | Base |
|---|---|---|
| J − 20 | Relire les statuts, préparer l'évaluation ou l'arrêté de compte, rédiger le projet de résolutions et de statuts refondus | Préparation |
| J − 15 | Convocation par lettre recommandée avec ordre du jour explicite | Art. 40 du décret n° 78-704 |
| J | Assemblée, vote des résolutions, signature du PV, signature des statuts refondus certifiés conformes | Art. 44 du décret n° 78-704 |
| J + 1 à J + 3 | Inscription du PV au registre spécial coté et paraphé | Art. 45 du décret n° 78-704 |
| J + 3 à J + 10 | Publication de l'annonce légale, obtention de l'attestation de parution | Art. 22 et 24 du décret n° 78-704 |
| Dans le mois | Enregistrement de l'acte — uniquement en cas d'apport en nature | Art. 635, 1, 5° CGI |
| Dans le mois | Dépôt de la formalité de modification au guichet unique | Art. R123-66 C. com. |
| Dans les 30 jours | Mise à jour du registre des bénéficiaires effectifs | Art. R561-55 CMF |
| Ensuite | Écritures comptables, mise à jour du registre de suivi des parts, information de la banque | Gestion courante |
Cet ordre n'est pas une suggestion. L'annonce se publie avant le dépôt, puisque l'attestation de parution fait partie des pièces à joindre. Et sur un apport immobilier, le dépôt attend l'acte authentique : lui seul réalise l'augmentation.
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12. Les dix erreurs qui font rejeter le dossier, puis checklist
Dix erreurs, classées de la plus grave à la plus bénigne, telles qu'on les retrouve dans les PV d'augmentation de capital recopiés à la hâte. La première met en jeu la validité de la décision. Les neuf autres coûtent du temps, des relances du guichet unique, parfois une seconde annonce légale à 136 €. La checklist en fin de section les reprend en points à cocher.
Erreur 1 — Voter à la mauvaise majorité
La seule de la liste qui menace la validité de la décision, et pas seulement le sort du dossier. Une augmentation votée à la majorité simple là où les statuts exigeaient l'unanimité — ou votée sans le consentement d'un associé dont les engagements se trouvaient augmentés — ouvre une action en nullité (art. 1844-10 du Code civil).
Le régime des nullités a été refondu par l'ordonnance n° 2025-229 du 12 mars 2025, applicable au 1er octobre 2025. L'action se prescrit maintenant par deux ans (art. 1844-14), le juge apprécie la nullité au regard du « triple test » de l'article 1844-12-1, et il peut moduler ses effets dans le temps (art. 1844-15-2). Conclusion : la nullité est mieux encadrée qu'avant. Elle n'a pas disparu pour autant, et deux ans passent très vite.
La parade tient en une phrase : rappelez dans le PV l'article statutaire qui fixe la majorité, et rapportez-y le résultat du vote. C'est tout.
Erreur 2 — Recopier un quorum de SARL
« Le quorum du quart des parts sociales étant atteint, l'assemblée peut valablement délibérer. » Cette phrase, présente dans la moitié des modèles en circulation, vise l'article L223-30 du Code de commerce, inapplicable à une société civile. Il n'existe aucun quorum légal en SCI. Si vos statuts n'en prévoient pas, supprimez la phrase ; s'ils en prévoient un, citez l'article statutaire.
Erreur 3 — Oublier la résolution de modification statutaire
Le PV décide l'augmentation, fixe le prix, constate la libération… et s'arrête net. Personne n'a voté la nouvelle rédaction de l'article « Capital social ». Le dossier devient sans objet : vous demandez au registre d'inscrire une modification statutaire que personne n'a jamais décidée. Reconvocation obligatoire.
Erreur 4 — Un PV et des statuts qui divergent d'un euro
Le PV dit 5 000 € et 500 parts. Les statuts refondus disent 5 000 € et 502 parts, parce qu'une ligne du tableau de répartition a été comptée deux fois. Variante : la valeur nominale est de 10 € dans le PV et de 10,50 € dans les statuts, parce que quelqu'un a divisé le capital par un nombre de parts faux. Le formaliste vérifie. Le dossier passe en attente.
La parade : avant d'envoyer quoi que ce soit, faites l'addition à voix haute. Capital ÷ valeur nominale = nombre de parts. Somme des parts par associé = nombre total de parts. Deux opérations, trente secondes, six semaines économisées.
Erreur 5 — Une prime d'émission non chiffrée
« Assorties d'une prime d'émission qui sera déterminée par la gérance au vu de la situation nette du dernier exercice clos. » Résolution inexploitable : impossible de savoir combien de parts sont créées. Le souscripteur a viré son argent, l'opération n'est pas chiffrable, et il faut revoter.
Erreur 6 — Faire enregistrer un acte qui n'a plus à l'être
Prendre rendez-vous au service des impôts pour enregistrer un PV d'augmentation en numéraire, c'est une matinée perdue — et parfois pire, quand un prestataire en profite pour facturer un « droit fixe de 500 € » disparu depuis 2019. La dispense du 5° du 1 de l'article 635 du CGI joue depuis 2021 pour toutes les augmentations en numéraire.
Erreur 7 — Publier l'annonce légale après le dépôt
L'attestation de parution fait partie des pièces. La publier après avoir déposé, c'est déposer un dossier incomplet, point. Et comme la publication demande elle-même quelques jours, le délai d'un mois y passe.
Erreur 8 — Dépasser le délai d'un mois
L'article R123-66 du Code de commerce exige la demande d'inscription modificative dans le mois. Le dépassement n'annule évidemment pas l'augmentation, mais il produit un effet qu'on sous-estime : tant que la modification n'est pas publiée, elle reste inopposable aux tiers (art. L123-9 du Code de commerce). Un tiers de bonne foi continue donc de se prévaloir de l'ancienne situation. En cas de contentieux sur la qualité d'associé ou sur les pouvoirs du gérant, cela devient très vite embarrassant.
Erreur 9 — Oublier le registre des bénéficiaires effectifs
Trente jours, article R561-55 du Code monétaire et financier. La formalité que tout le monde oublie, parce qu'elle est décorrélée du dépôt de modification et qu'elle ne touche pas aux statuts. Elle est pourtant contrôlée. Et un RBE qui ne colle pas avec le capital déclaré, c'est un signal qui attire l'œil.
Erreur 10 — Ne pas reporter l'opération sur le registre de suivi des parts
PV déposé, statuts à jour, et le tableau interne qui suit qui détient quoi n'a pas bougé d'un pouce. Trois ans plus tard, au moment d'une cession ou d'une succession, plus personne ne sait reconstituer la chronologie des mouvements. Le registre de suivi des parts sociales n'a aucune valeur légale propre — et c'est exactement pour cela qu'il faut le tenir. Aucun autre document ne raconte l'histoire complète du capital.
Anti-confusion 2026 : l'article 1865-1 du Code civil ne s'applique pas ici
Souscrire n'est pas céder
Depuis le 27 juin 2026, l'article 1865-1 du Code civil — créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 — impose que la cession de parts d'une personne morale à prépondérance immobilière soit constatée par acte notarié, par acte d'avocat contresigné ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par acte sous seing privé rédigé par un expert-comptable. À peine de nullité. Pour les cessions de parts de SCI, c'est un bouleversement, et notre guide céder des parts de SCI lui est entièrement consacré.
Sauf que ce texte ne vous concerne pas ici. Il vise la cession : la transmission de parts existantes d'un titulaire à un autre. Dans une augmentation de capital, personne ne transmet rien. La société crée des parts neuves, qu'un souscripteur acquiert d'elle. Ce n'est pas une cession, et votre procès-verbal reste un acte sous signature privée, rédigé et signé par la gérance.
Deux précisions, parce qu'il faut rester honnête sur l'état du droit :
- Le rachat de parts par la société — l'opération inverse, où la SCI acquiert ses propres parts pour les annuler — n'est visé à ce jour ni par le texte, ni par une doctrine administrative, ni par une jurisprudence. Une partie de la doctrine plaide la lecture large de l'article 1865-1, d'autres constatent simplement que la question n'est pas tranchée. Je ne présenterai donc pas l'extension comme acquise : la prudence, elle, commande de passer par un acte notarié ou d'avocat. Le détail est dans notre guide sur le rachat de parts par la SCI.
- Une donation de parts, en revanche, relève de l'article 931 du Code civil, qui impose l'acte notarié depuis 1804. Rien à voir avec l'article 1865-1. Voyez notre guide sur la donation de parts de SCI.
La checklist finale
Avant, pendant, après — à cocher dans l'ordre
Avant l'assemblée
Vérifier que le capital est fixe et non variable
Relire la clause de majorité et la clause d'agrément des statuts
Vérifier que le montant de l'augmentation est un multiple exact de la valeur nominale
Chiffrer la prime d'émission en euros par part
Établir l'arrêté de compte courant signé (variante C) ou l'évaluation écrite du bien (variante B)
Rédiger le projet de résolutions et le projet de statuts refondus
Convoquer quinze jours à l'avance avec un ordre du jour explicite (sauf art. 43)
Le jour de l'assemblée
Mentionner les associés participants et le nombre de parts de chacun
Viser les documents soumis aux associés
Rédiger un résumé des débats (deux à quatre phrases)
Reproduire le texte intégral de chaque résolution, y compris celles rejetées
Indiquer le résultat des votes et rappeler la majorité statutaire requise
Faire renoncer expressément les associés non souscripteurs à toute priorité
Constater la libération et la réalisation définitive
Voter la modification statutaire corrélative et les pouvoirs
Signer le PV par la gérance (et le président de séance s'il est distinct)
Signer et certifier conformes les statuts refondus
Après l'assemblée
Inscrire le PV au registre spécial coté et paraphé
Publier l'annonce légale et récupérer l'attestation de parution
Faire enregistrer l'acte dans le mois si et seulement si apport en nature
Déposer la formalité au guichet unique dans le mois
Mettre à jour le registre des bénéficiaires effectifs dans les trente jours
Passer les écritures comptables (capital, prime d'émission, compte courant)
Mettre à jour le registre de suivi des parts sociales
Transmettre le PV et les statuts à jour à la banque et au comptable
13. FAQ — Modèle de PV d'augmentation de capital de SCI
Un PV d'augmentation de capital de SCI doit-il être notarié ?
Non. Le procès-verbal qui décide l'augmentation est un acte sous signature privée, rédigé et signé par le gérant. Le notaire n'entre en scène que si l'apport porte sur un immeuble ou des droits immobiliers : l'article 4 du décret n° 55-22 du 4 janvier 1955 impose alors la forme authentique pour l'acte d'apport, qui sera publié au service de la publicité foncière. Retenez la répartition des rôles : le PV reste sous seing privé, l'acte d'apport passe chez le notaire.
Quelle majorité faut-il pour voter une augmentation de capital en SCI ?
Celle de vos statuts. Statuts muets ? L'article 1836 du Code civil impose alors l'unanimité, puisqu'une augmentation de capital modifie les statuts. Ne recopiez surtout pas la majorité de l'article L223-30 du Code de commerce (deux tiers des parts des associés présents ou représentés depuis la loi du 2 août 2005, trois quarts pour les SARL antérieures) : elle n'existe pas en société civile. Et quelle que soit la majorité retenue, l'alinéa 2 de l'article 1836 reste impératif : personne ne peut être contraint de souscrire.
Faut-il un commissaire aux apports pour un apport en nature en SCI ?
Aucun texte ne l'impose en société civile. C'est une obligation propre à la SARL (art. L223-9 du Code de commerce) et à la SAS, sans équivalent dans le titre IX du livre III du Code civil. Une évaluation par un professionnel reste toutefois vivement recommandée quand l'apport est significatif : elle protège la valeur retenue en cas de contestation par un associé dilué ou par l'administration fiscale.
Faut-il déposer les fonds sur un compte bloqué avant l'assemblée ?
Non. Compte bloqué et certificat du dépositaire relèvent du droit des sociétés commerciales, et aucune disposition n'impose ce circuit à une société civile. Les fonds vont directement sur le compte bancaire de la SCI, avant ou après l'assemblée selon ce que dit la résolution. Gardez l'avis de virement : c'est votre preuve de libération, et elle suffit.
Faut-il faire enregistrer le PV d'augmentation de capital aux impôts ?
Plus depuis 2021 pour les augmentations en numéraire et par incorporation de bénéfices, de réserves ou de provisions : le 5° du 1 de l'article 635 du CGI les a exclues de l'enregistrement obligatoire (article 67 de la loi n° 2020-1721 du 29 décembre 2020). En revanche, une augmentation réalisée par apport en nature reste soumise à la formalité dans le mois de l'acte.
Combien coûte une augmentation de capital de SCI en 2026 ?
Comptez trois lignes pour une augmentation en numéraire faite en autonomie : 0 € d'enregistrement, 136 € HT d'annonce légale, soit 163,20 € TTC (forfait « capital » de l'arrêté du 19 novembre 2021 modifié par l'arrêté du 19 novembre 2025 ; 158 € HT à La Réunion et à Mayotte), et 185,77 € TTC de formalité au guichet unique, dépôt d'actes compris. Soit 348,97 € TTC au total. Un apport immobilier fait exploser ce budget : s'ajoutent les émoluments du notaire et, selon la configuration, des droits d'enregistrement.
Peut-on augmenter le capital d'une SCI sans réunir d'assemblée ?
Oui, si les statuts l'autorisent ou si tous les associés sont d'accord. L'article 1854 du Code civil permet que les décisions résultent du consentement de tous les associés exprimé dans un acte. Les statuts peuvent également prévoir la consultation écrite, organisée par l'article 42 du décret n° 78-704. Dans les deux cas, il faut un écrit daté et signé, et une mention portée au registre des décisions.
Le procès-verbal doit-il indiquer comment chaque associé a voté ?
Non. L'article 44 du décret n° 78-704 exige le texte des résolutions et le résultat des votes, pas la position individuelle de chacun. La Cour de cassation l'a confirmé (Cass. 3e civ., 12 mai 2021, n° 19-21.725, inédit). Mentionner le vote nominatif reste toutefois une bonne pratique quand une décision est susceptible d'être contestée : elle date précisément qui a approuvé quoi.
Un associé peut-il être obligé de souscrire à l'augmentation ?
Jamais. L'alinéa 2 de l'article 1836 du Code civil est impératif : les engagements d'un associé ne peuvent pas être augmentés sans son consentement. Une résolution qui « appelle » un associé à libérer une somme contre son gré est nulle. Reste la conséquence pratique du refus, et elle est réelle : la dilution. Celui qui ne souscrit pas voit son pourcentage baisser. C'est licite, mais cela s'assume et se chiffre dans le PV.
La prime d'émission est-elle obligatoire dans une SCI ?
Aucun texte ne l'impose ni ne l'encadre : liberté contractuelle totale. C'est pourtant l'outil le plus simple pour empêcher un nouvel entrant de s'approprier la valeur créée depuis la constitution. Une seule règle si vous en prévoyez une : chiffrez-la en euros par part, dans la résolution. Un renvoi à « dire d'expert » ou à une valorisation ultérieure rend le document inexploitable, autant pour le greffe que pour votre banque.
L'article 1865-1 du Code civil s'applique-t-il à une augmentation de capital ?
Non. Ce texte, créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 et applicable depuis le 27 juin 2026, impose l'acte notarié ou l'acte d'avocat contresigné, à peine de nullité, pour la CESSION de parts d'une personne morale à prépondérance immobilière. La souscription de parts nouvelles n'est pas une cession : personne ne transmet ses parts, la société en crée. Votre PV reste un acte sous seing privé.
Dans quel délai faut-il déposer le dossier au guichet unique ?
Un mois. L'article R123-66 du Code de commerce impose de demander l'inscription modificative dans le mois de l'événement qui la rend nécessaire. En pratique, le dossier se dépose sur formalites.entreprises.gouv.fr avec le PV, les statuts mis à jour certifiés conformes et l'attestation de parution de l'annonce légale.
Faut-il mettre à jour le registre des bénéficiaires effectifs après l'augmentation ?
Oui, dès que la répartition du capital change. L'article R561-55 du Code monétaire et financier impose le dépôt d'un document relatif au bénéficiaire effectif dans les trente jours du fait qui le rend nécessaire. Une augmentation qui fait franchir ou perdre le seuil de 25 % à un associé est typiquement un fait de ce genre.
Peut-on tenir le registre des procès-verbaux au format électronique ?
Oui depuis le 4 novembre 2019. L'article 45 du décret n° 78-704, dans sa rédaction issue de l'article 14 du décret n° 2019-1118 du 31 octobre 2019 relatif à la dématérialisation des registres, des procès-verbaux et des décisions des sociétés, autorise le registre spécial et les procès-verbaux sous forme électronique, à condition que le PV soit signé par une signature électronique respectant au moins les exigences de la signature avancée au sens de l'article 26 du règlement (UE) n° 910/2014, et daté par un horodatage offrant toute garantie de preuve.
Que se passe-t-il si le PV et les statuts mis à jour divergent ?
Le dossier part en attente. Guichet unique et greffe comparent systématiquement trois données entre la résolution votée et l'article des statuts refondus : montant du capital, nombre de parts, valeur nominale. Un euro d'écart, une part manquante, et la demande de régularisation tombe. Vous perdez plusieurs semaines, et vous sortez souvent du délai d'un mois au passage.
Une SCI à capital variable suit-elle la même procédure ?
Non, et c'est un piège fréquent. L'article 1845-1 alinéa 2 du Code civil rend applicables aux sociétés civiles les articles L231-1 à L231-8 du Code de commerce. Dans une SCI à capital variable, les souscriptions et retraits s'opèrent dans les limites fixées par les statuts, sans assemblée modificative, sans annonce légale et sans inscription modificative. Le modèle proposé ici est conçu pour une SCI à capital fixe.
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Un PV d'augmentation de capital ne vaut que par l'exactitude des chiffres qu'il porte. sci-ai.app tient la comptabilité de votre SCI, suit les comptes courants d'associés, produit vos déclarations fiscales et conserve vos décisions collectives d'un exercice sur l'autre. Le jour de l'assemblée, l'arrêté de compte et la répartition des parts sont déjà justes : il ne vous reste qu'à voter.
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