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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC

Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Cession de parts de SCI 2026 Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Guide SCI Familiale 2026 SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Le guichet unique INPI Statuts SCI : rédiger des statuts solides Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Nantissement de parts de SCI : donner ses parts en garantie d'un prêt (2026)

Quand la banque ne veut pas d'hypothèque, ou qu'elle en veut une de plus, elle demande le nantissement des parts. Sur le moment, l'opération paraît indolore. Vous restez associé. Vous votez toujours. Vous encaissez toujours votre quote-part de résultat. Rien ne change dans la vie de la société : c'est mot pour mot ce que vous dira le conseiller, et il n'a pas tort. Tant que le prêt est payé.

Le sujet commence le jour où il ne l'est plus. Un nantissement de parts n'est pas une pièce de dossier de plus : c'est une sûreté réelle, et elle pose la clé de votre SCI sur la table. En cas de défaut, la banque peut faire vendre vos parts, demander au juge qu'elles lui demeurent en paiement, ou en devenir propriétaire par le jeu d'un pacte commissoire signé quatre ans plus tôt sans y prêter attention. Vos coassociés, eux, apprennent à ce moment-là qu'un inconnu s'apprête à entrer au capital. Et qu'ils ont cinq jours francs pour réagir.

Il y a une seconde raison de lire ce guide, plus prosaïque : presque tous les modèles d'acte qui circulent sont périmés. Ils réclament un acte notarié ou une signification par commissaire de justice, parce qu'ils recopient l'article 1866 du Code civil dans sa version d'avant 2022. Cette version n'existe plus. La réforme des sûretés du 15 septembre 2021 a basculé le nantissement de parts de société civile dans le droit commun du gage : un écrit suffit, l'opposabilité passe par une inscription au registre des sûretés mobilières, et cette inscription meurt au bout de cinq ans. Beaucoup d'associés l'ignorent. Quelques banques aussi, ce qui est plus surprenant.

Ce guide prend l'opération de bout en bout : ce que le nantissement garantit vraiment face à une caution personnelle et à une hypothèque, le formalisme applicable en 2026, le mécanisme d'agrément anticipé de l'article 1867 (le vrai point technique du sujet), la réalisation forcée et ses délais, l'incidence de l'article 1865-1 du Code civil entré en vigueur le 27 juin 2026, le nantissement du compte courant d'associé qui l'accompagne presque toujours, et un comparatif chiffré des trois garanties.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Légifrance, décrets n° 2021-1887 et n° 2021-1888 du 29 décembre 2021, barème réglementé des greffes issu de l'arrêté du 25 février 2026). Mis à jour le 31 juillet 2026.

Le nantissement de parts de SCI en 30 secondes

  • Une sûreté réelle sans dépossession. L'associé reste associé, vote et perçoit sa quote-part de résultat ; la banque acquiert un droit de préférence sur les parts, pas sur l'immeuble, qui appartient à la SCI.
  • Un écrit suffit depuis le 1er janvier 2022. L'article 1866 du Code civil, réécrit par l'ordonnance n° 2021-1192, renvoie au droit commun du gage : ni acte notarié ni signification obligatoires, mais une inscription au registre des sûretés mobilières valable cinq ans.
  • Le consentement des associés vaut agrément anticipé. C'est le mécanisme de l'article 1867 : sans lui, la garantie perd l'essentiel de sa valeur et l'on retombe sur l'article 1868 (dissolution ou acquisition des parts par les associés).
  • Coût dérisoire, efficacité modeste. Environ 120 € d'inscription au greffe, et un montant du même ordre à la radiation, contre près de 3 000 € pour une hypothèque — mais des parts de SCI endettée se vendent mal : c'est pourquoi la banque demande souvent aussi une hypothèque et une caution.

1. Ce qu'est un nantissement de parts — et ce qu'il n'est pas

Le nantissement, c'est l'affectation d'un bien meuble incorporel en garantie d'une obligation. Les parts d'une SCI en sont l'exemple d'école : elles n'ont aucune existence matérielle, on ne peut pas les déposer entre les mains du créancier comme on laisse une montre à un prêteur sur gage. L'opération se fait donc sans dépossession. L'associé garde ses parts, son statut et ses droits ; la banque, elle, acquiert un droit de préférence et un droit de suite qui ne se réveilleront que si la dette n'est pas honorée.

Avant d'aller plus loin, il faut lever trois confusions. Je les entends toutes les trois chaque semaine.

Nantissement, hypothèque, caution : trois garanties, trois patrimoines

Ces sûretés ne mordent pas sur le même bien, ne sont pas consenties par la même personne et ne se réalisent pas de la même façon. Quand une banque demande les trois, ce n'est donc pas de la gourmandise : elle couvre trois risques différents.

  Nantissement de parts Hypothèque Caution personnelle
NatureSûreté réelle mobilièreSûreté réelle immobilièreSûreté personnelle
AssietteLes parts socialesL'immeubleTout le patrimoine de la caution
Qui la consentL'associéLa SCI (propriétaire)L'associé ou un tiers
FormeÉcrit + inscriptionActe notarié obligatoire (art. 2409 C. civ.)Écrit, mentions protectrices
Coût indicatifQuelques dizaines à quelques centaines d'euros≈ 1,5 % du capital garanti0 €
En cas de défautVente ou attribution des partsSaisie et vente de l'immeublePoursuite sur les biens de la caution
Durée d'efficacité5 ans, à renouvelerDurée de l'inscription (jusqu'à 50 ans)Durée de l'engagement

Traduction pratique. Une banque qui finance l'achat d'un immeuble par une SCI commence toujours par l'immeuble : hypothèque conventionnelle, ou hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers (l'ancien privilège de prêteur de deniers, rebaptisé par la réforme du 15 septembre 2021). Elle pourra faire vendre le bien. En revanche, elle n'a aucune prise sur la société : les associés restent libres de voter une distribution, de céder leurs parts à un inconnu, ou de vider la trésorerie en se remboursant leurs comptes courants un lundi matin. Le nantissement des parts bouche ce trou-là. La caution personnelle bouche le dernier : elle permet d'aller chercher le patrimoine privé de l'associé, très au-delà de ce qu'il a mis dans la société.

Ce que le nantissement ne fait pas

  • Il ne transfère pas la propriété des parts. Tant qu'il n'est pas réalisé, l'associé reste associé, à part entière.
  • Il ne donne aucun droit sur l'immeuble. L'immeuble appartient à la SCI, pas à l'associé. Le créancier nanti qui finit par récupérer les parts hérite d'une société entière : son actif, mais aussi son emprunt, ses locataires, ses charges de copropriété et le ravalement voté l'an dernier.
  • Il ne rend pas les parts indisponibles au sens strict. Aucun texte ne frappe d'indisponibilité les parts nanties. Ce qui bloque la cession, en pratique, c'est la publicité de l'inscription et le refus des professionnels d'instrumenter sans mainlevée.
  • Il n'écarte pas la règle de contribution aux dettes. Les associés d'une SCI répondent des dettes sociales de façon indéfinie et conjointe, à proportion de leurs parts (article 1857 du Code civil), et seulement après vaine poursuite de la société (article 1858). Le nantissement ne touche à rien de tout cela ; le régime est détaillé dans notre guide sur la responsabilité des associés de SCI.

Nantissement volontaire, saisie subie : ne pas confondre

Le nantissement est une garantie que vous consentez, à froid, en signant un acte. Rien à voir avec la saisie de parts de SCI par un créancier personnel de l'associé, qui est subie, suppose un titre exécutoire et emprunte les procédures civiles d'exécution. Les deux histoires finissent au même endroit, la vente forcée des parts, et sur les mêmes articles 1867 et 1868 du Code civil. Tout ce qui précède diffère : le consentement, la négociation, le calendrier. Celui qui signe un nantissement en connaissance de cause tient encore la plume sur l'acte. Celui qui est saisi n'a plus rien à négocier du tout.

Dans quels cas une banque le demande

Situation Ce que la banque cherche
Prêt à la SCI, immeuble déjà hypothéquéVerrouiller le contrôle de la société en plus de l'immeuble
Prêt personnel de l'associéAdosser la garantie à un actif patrimonial identifié sans toucher à l'immeuble de la SCI
SCI détenue par une holdingSécuriser une dette d'acquisition au niveau de la société mère
SCI désendettée, immeuble libre de toute inscriptionGarantie rapide et peu coûteuse, sans acte notarié
Restructuration, rééchelonnementObtenir une garantie complémentaire en contrepartie d'un délai

La bonne question à poser à votre chargé d'affaires n'est donc pas « pourquoi voulez-vous mes parts ? », mais « qu'est-ce que vous retirez du dossier si je vous les donne ? ». Pour un associé qui refuse la caution personnelle, le nantissement est souvent la seule monnaie d'échange disponible. L'ordre dans lequel ces demandes arrivent, et ce qui se négocie vraiment, c'est le sujet de notre guide sur le prêt bancaire en SCI.


2. Le formalisme du nantissement de parts depuis 2022

La garantie choisie, reste à la constituer correctement. C'est ici que se trompent la quasi-totalité des modèles gratuits, une bonne moitié des articles de blog, et parfois les services juridiques eux-mêmes. La réforme des sûretés du 15 septembre 2021 a changé la règle du jeu ; les usages, eux, n'ont pas suivi.

L'ancien régime, celui que tout le monde recopie encore

Jusqu'au 31 décembre 2021, l'article 1866 du Code civil disposait que les parts sociales pouvaient faire l'objet d'un nantissement constaté par acte authentique, ou par acte sous seing privé signifié à la société ou accepté par elle dans un acte authentique, et donnant lieu à une publicité organisée par les articles 53 à 57 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978. Cette publicité, propre aux sociétés civiles, conservait le nantissement sans limitation de durée tant qu'elle n'était pas radiée.

Le régime en vigueur

L'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021 portant réforme du droit des sûretés a réécrit l'article 1866, en vigueur au 1er janvier 2022. Sa rédaction actuelle tient en une ligne :

« Les parts sociales peuvent faire l'objet d'un nantissement dans les conditions prévues au dernier alinéa de l'article 2355. »

Or le dernier alinéa de l'article 2355 énonce que le nantissement portant sur des meubles incorporels autres que les créances est soumis, à défaut de dispositions spéciales, aux règles prévues pour le gage de meubles corporels, à l'exception du 4° de l'article 2286. Traduction : pas de droit de rétention pour le créancier, ce qui tombe sous le sens quand le bien n'a rien de matériel. Le nantissement de parts de société civile rejoint donc le droit commun du gage sans dépossession, aligné sur les parts de SARL ou de SNC. Ce qui change, pour vous, tient en trois points.

Point Avant le 1er janvier 2022 Depuis le 1er janvier 2022
Forme de l'acteActe authentique, ou acte sous seing privé signifié / acceptéUn écrit suffit (art. 2336 C. civ.)
Signification à la sociétéCondition de l'acte sous seing privéPlus exigée par la loi
PublicitéRegistre spécial du décret de 1978Registre des sûretés mobilières (décret n° 2021-1887, en fonction depuis le 1er janvier 2023)
Durée de l'inscriptionIllimitée jusqu'à radiation5 ans, renouvelable
Textes d'applicationArt. 53 à 57 du décret n° 78-704Abrogés par le décret n° 2021-1888

1. Un écrit, mais un écrit complet

Le gage est parfait par l'établissement d'un écrit contenant la désignation de la dette garantie, la quantité des biens donnés en gage ainsi que leur espèce ou leur nature (article 2336 du Code civil). Transposé aux parts d'une SCI : l'acte doit permettre d'identifier sans discussion possible ce qui est garanti et ce qui est nanti. Un acte bâclé n'est pas une petite irrégularité de forme, c'est la validité de la sûreté qui se joue là.

Mention Ce qu'elle doit contenir
Les partiesLe constituant (l'associé), le créancier nanti, et le débiteur s'il s'agit d'un tiers — cas fréquent : l'associé nantit ses parts pour garantir la dette de la SCI
La sociétéDénomination, forme, siège, numéro SIREN, capital et répartition
Les parts nantiesNombre, numérotation, proportion du capital, valeur nominale
La créance garantiePrêt visé, montant en principal, taux, durée, accessoires et intérêts couverts
La duréeDurée de la garantie et modalités de renouvellement de l'inscription
Les engagements du constituantNe pas céder ni nantir à nouveau, informer le créancier de tout projet affectant la société, extension aux parts nouvelles issues d'une augmentation de capital
Les clauses de réalisationPacte commissoire éventuel, mode d'évaluation, attribution judiciaire

Piège fréquent : l'acte ne vise que les parts existantes au jour de la signature. La SCI procède deux ans plus tard à une augmentation de capital, les parts nouvelles échappent à la garantie, et l'assiette du créancier fond sans que personne ne l'ait décidé. Une clause d'extension aux parts futures et aux parts reçues en échange (fusion, division, regroupement) règle la question en trois lignes. Elle manque dans un acte sur deux.

2. L'inscription, et sa péremption à cinq ans

Le gage sans dépossession est opposable aux tiers par la publicité qui en est faite (article 2337 du Code civil). Depuis le 1er janvier 2022, cette publicité obéit au droit commun : le décret n° 2021-1888 du 29 décembre 2021, pris en application de l'ordonnance n° 2021-1192, a abrogé à cette date les articles 53 à 57 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978 qui organisaient l'ancienne publicité propre aux sociétés civiles. Le registre des sûretés mobilières et autres opérations connexes, créé par le décret n° 2021-1887 du même jour, n'est quant à lui entré en fonction que le 1er janvier 2023 ; entre les deux dates, les inscriptions ont continué d'être reçues par les greffes sur les registres existants. C'est aujourd'hui ce registre unique, tenu par le greffe, qui reçoit les nantissements de parts de SCI. L'inscription détermine le rang du créancier : lorsque le même bien fait l'objet de plusieurs gages successifs sans dépossession, l'ordre des inscriptions fait la loi (article 2340 du Code civil).

Le vrai piège, c'est la durée. Cinq ans d'inscription pour garantir un prêt qui court sur quinze ou vingt ans : l'arithmétique parle d'elle-même. Faute de renouvellement en temps utile, la banque perd son opposabilité aux tiers. Symétriquement, l'associé découvre parfois au moment de vendre qu'une inscription qu'il croyait morte depuis longtemps n'a jamais été radiée. Les deux oublis se valent, et je vois les deux.

La règle à retenir sur les dates

  • Notez la date de prise de l'inscription dans vos documents sociaux le jour même de la signature.
  • Posez une alerte à 4 ans et 9 mois. C'est au créancier de renouveler, d'accord ; c'est vous qui subirez la conversation s'il oublie et réclame une garantie de remplacement en catastrophe.
  • À la fin du prêt, obtenez la mainlevée, puis la radiation. Une mainlevée seule laisse l'inscription bien visible.
  • Avant toute cession, toute donation, toute renégociation : demandez un état des inscriptions. Trois jours de délai, quelques euros.

3. La signification n'est plus une condition — mais informez le gérant

Supprimer la signification a simplifié l'opération et divisé son coût. En échange, elle a créé un angle mort : la société peut parfaitement ignorer qu'un nantissement grève ses parts. Or c'est le gérant qui tient les registres sociaux, qui recevra les notifications le jour de la réalisation forcée, et qui devra refuser d'inscrire une cession de parts grevées. Faire intervenir la SCI à l'acte, ou simplement lui adresser une copie contre récépissé, coûte zéro euro et fait gagner un contentieux. Même logique que la tenue sérieuse du registre des mouvements de parts, dont notre modèle de suivi des parts de SCI donne la trame.

Et les statuts, dans tout ça ?

Rien n'interdit aux statuts de la SCI de soumettre le nantissement à autorisation préalable, de l'interdire purement et simplement, ou d'organiser une procédure d'information des coassociés. Les statuts anciens sont en général muets ; les rédactions récentes traitent la question dans la clause d'agrément. Relisez-les avant de signer. Un nantissement consenti au mépris d'une clause statutaire, c'est un manquement de l'associé, une responsabilité engagée et une garantie fragile pour la banque : personne n'y gagne.

Regardez aussi du côté du pacte d'associés, s'il en existe un. Les clauses d'inaliénabilité et de préemption y logent souvent, et un nantissement dont la réalisation ferait entrer un tiers les heurte de plein fouet.

Gardez la trace de vos sûretés et de vos mouvements de parts

sci-ai.app centralise les documents de votre SCI : statuts, actes, tableau de répartition des parts, échéances et comptes courants d'associés. Le jour où une banque, un notaire ou un acquéreur demande un état des lieux, il est déjà prêt.


3. Consentement des associés et clause d'agrément (art. 1867)

L'acte est rédigé, l'inscription est prise, la sûreté existe. Reste la vraie question : combien vaudra-t-elle le jour où il faudra l'exécuter ? La réponse se joue ici, dans un mécanisme que presque personne n'explique correctement.

Le problème que le législateur devait résoudre

Dans une société civile, on n'entre pas au capital comme on veut : la cession de parts à un tiers suppose l'agrément unanime des associés, sauf assouplissement statutaire (article 1861 du Code civil ; voir notre guide sur la clause d'agrément en SCI). Appliquez cette règle telle quelle à la vente forcée de parts nanties et la garantie ne vaut plus rien : la banque fait vendre, les associés refusent l'agrément de l'adjudicataire, et plus personne n'enchérit. Une sûreté que l'on ne peut pas réaliser n'est pas une sûreté.

L'article 1867 du Code civil règle le conflit par un agrément anticipé.

Le mécanisme de l'article 1867, alinéa par alinéa

Alinéa Ce qu'il dit Ce qu'il faut en faire
1Tout associé peut obtenir des autres associés leur consentement à un projet de nantissement, dans les mêmes conditions que leur agrément à une cession de partsCe n'est pas une obligation légale : c'est une faculté, que la banque transformera en condition du prêt
2Le consentement donné au projet emporte agrément du cessionnaire en cas de réalisation forcée, à condition que la réalisation soit notifiée un mois avant la vente aux associés et à la sociétéC'est ce qui rend la garantie liquide. Le mois de notification n'est pas une politesse : c'est une condition
3Chaque associé peut se substituer à l'acquéreur dans les cinq jours francs de la vente ; à plusieurs, au prorata des parts détenues, sauf convention contraire ; à défaut, la société peut racheter les parts en vue de leur annulationLa soupape de sécurité des coassociés — mais il faut de la trésorerie disponible en cinq jours
4La notification de l'alinéa 2 et la faculté de substitution de l'alinéa 3 ne s'appliquent pas au nantissement réalisé en application de l'article 2348 (pacte commissoire)Le pacte commissoire échappe à ces deux protections : c'est la clause à examiner en priorité dans un projet d'acte

Comment le consentement se donne, concrètement

« Dans les mêmes conditions que leur agrément à une cession de parts » renvoie aux règles statutaires : majorité, forme, délai de réponse. Concrètement, on tient une assemblée, ou l'on procède par consultation écrite si les statuts l'autorisent, et l'on vote une résolution qui identifie le projet : nom du créancier, montant garanti, nombre de parts, durée. Un consentement générique ne vaut rien. Ce qui emporte l'agrément anticipé, c'est le consentement à ce projet de nantissement, pas un blanc-seing signé à l'avance sur toute sûreté à venir.

Rangez la résolution avec l'acte, dans les archives de la SCI, au même titre que les procès-verbaux d'assemblée générale. Une banque un peu sérieuse en réclamera une copie certifiée conforme par le gérant avant de débloquer le moindre euro.

Modèle de résolution — consentement à un projet de nantissement

« L'assemblée, après avoir pris connaissance du projet de nantissement par lequel Monsieur X entend affecter en garantie du prêt de … € consenti par [établissement] la totalité des … parts sociales numérotées de … à … qu'il détient dans le capital de la société, donne son consentement à ce projet dans les conditions de l'article 1867 du Code civil, étant rappelé que ce consentement emportera agrément du cessionnaire en cas de réalisation forcée sous réserve de la notification prévue par ce texte. »

Faut-il consentir ? Le calcul des coassociés

Mettez-vous à la place du minoritaire à qui l'on demande de consentir au nantissement des parts du majoritaire. On lui demande d'accepter aujourd'hui qu'un inconnu, la banque ou l'adjudicataire, entre au capital demain sans lui redemander son avis. Il a de bonnes raisons d'hésiter. Sauf que refuser n'est pas gratuit non plus : sans son consentement, la banque réclamera une autre garantie et le financement peut tomber à l'eau, y compris pour lui.

La contrepartie se négocie dans le pacte, et elle se négocie bien : droit de préemption renforcé, promesse de rachat, information trimestrielle sur les échéances du prêt garanti, obligation de prévenir dès le premier impayé plutôt qu'au troisième. Ces protections sont passées en revue dans notre guide sur l'associé minoritaire de SCI. L'arbitrage tient en deux lignes. Sans consentement, le minoritaire garde les leviers de l'article 1868 (le mois de notification, la dissolution, l'acquisition des parts), mais il aura peut-être fait capoter le prêt. Avec, il perd le veto et conserve cinq jours francs pour se substituer à l'acquéreur.


4. La vie du nantissement : votes, résultats, cession, mainlevée

Entre la signature et la dernière échéance, un nantissement de parts vit dix, quinze, parfois vingt ans. Et ce qu'il change au quotidien vient beaucoup moins de la sûreté elle-même que des engagements qu'on a signés en même temps qu'elle.

Les droits de l'associé restent intacts

Aucun transfert : l'associé reste titulaire de ses parts. Il vote en assemblée, approuve les comptes, participe aux décisions de gestion et touche sa quote-part de résultat selon la répartition statutaire. Le créancier nanti n'a ni droit de vote, ni droit aux bénéfices, sauf convention contraire. Autant dire jamais : une banque qui voterait en assemblée deviendrait associée de fait, avec les responsabilités qui vont avec, et aucune n'en a envie.

Les engagements contractuels, eux, mordent

C'est le contrat, pas la sûreté, qui met la société sous surveillance. Le catalogue habituel :

  • Engagement de ne pas faire : ne pas céder l'immeuble, ne pas consentir de nouvelle sûreté, ne pas voter une réduction de capital, une dissolution, une fusion ou une transformation sans accord préalable.
  • Blocage des distributions : interdiction de distribuer un résultat ou un report à nouveau au-delà d'un certain seuil tant que le prêt court.
  • Blocage des comptes courants d'associés : aucun remboursement de compte courant sans accord — le point traité en détail plus bas.
  • Obligation d'information : transmission annuelle des comptes, du tableau d'amortissement du prêt de la SCI, des baux et des avenants ; information immédiate de tout événement affectant la société (sinistre, vacance prolongée, litige avec un locataire).
  • Maintien de l'assiette : engagement d'étendre le nantissement aux parts nouvelles en cas d'augmentation de capital, et de maintenir la répartition du capital.
  • Exigibilité anticipée : le manquement à l'un de ces engagements rend le prêt immédiatement exigible. C'est la vraie sanction.

Ces clauses bornent la liberté de la société bien plus sûrement que la sûreté elle-même. Elles ferment en pratique la porte à la plupart des restructurations : modification du capital social, entrée d'un nouvel associé, rachat de parts par la société. Lisez-les ligne à ligne, y compris les annexes. Votre marge de manœuvre des dix prochaines années est là, pas dans l'intitulé de l'acte.

Céder des parts nanties : possible en droit, bloqué en fait

Aucun texte ne frappe d'indisponibilité les parts nanties. Sauf que l'inscription est publique, que l'acquéreur prendrait les parts avec la sûreté collée dessus, et que le droit de suite du créancier survit tranquillement à la cession. Résultat : pas d'acquéreur sérieux, pas de professionnel qui accepte de rédiger, pas de financement en face. La cession de parts de SCI passe donc, avant ou en même temps, par l'une de ces trois voies :

  • soit le remboursement intégral de la dette garantie et la mainlevée ;
  • soit un accord tripartite avec la banque : report de la garantie sur le prix de cession séquestré, ou substitution de garantie ;
  • soit la reprise de la dette par le cessionnaire, avec un nouveau nantissement consenti par lui.

Même chose pour une donation de parts. Donner des parts nanties, c'est transmettre un actif grevé à ses enfants, avec le risque de réalisation en prime : le cadeau se discute. Le passage devant notaire est ici obligatoire, non pas au titre de l'article 1865-1 qui ne vise que les cessions, mais au titre de l'article 931 du Code civil : toute donation entre vifs doit être passée devant notaire, à peine de nullité. Et les notaires exigent la mainlevée, ou à tout le moins l'accord exprès du créancier.

La mainlevée et la radiation

Payer la dernière échéance n'efface pas l'inscription. Deux étapes, dans cet ordre :

  1. La mainlevée : le créancier constate par écrit l'extinction de la dette et donne son accord à la radiation.
  2. La radiation : elle est demandée au greffe qui tient le registre des sûretés mobilières, sur production de la mainlevée. Attention à une idée reçue tenace : la radiation n'est pas un forfait de quelques euros. Elle est tarifée par tranches de créance garantie, exactement comme l'inscription — de l'ordre de 23 à 25 € pour une créance inférieure à 20 800 €, de 80 à 85 € entre 20 800 et 41 600 €, et de 118 à 125 € au-delà, selon le barème du greffe en vigueur au jour de la formalité.

Beaucoup d'associés font l'impasse sur la seconde étape en se disant que l'inscription tombera bien toute seule au bout de cinq ans. Vrai pour l'opposabilité. Faux pour l'affichage : tant qu'elle n'est pas radiée, l'inscription reste consultable, et ce sera la première question du prochain banquier ou du prochain acquéreur. Une demande au greffe et un émolument compris entre 23 et 125 € selon le montant garanti évitent une conversation gênante. Classez le justificatif avec les statuts.


5. La réalisation du nantissement : ce qui se passe le jour du défaut

Tout ce qui précède reste très théorique tant que les échéances tombent. La question utile est celle-ci : que peut faire la banque, dans quel ordre, et en combien de temps ?

Étape 0 : l'impayé et la déchéance du terme

Personne ne réalise un nantissement au premier incident de paiement. Il y a d'abord une relance, puis une mise en demeure, puis, si le retard s'installe et si le contrat le prévoit, la déchéance du terme : la totalité du capital restant dû devient exigible d'un coup. La sûreté n'entre en scène qu'après. Cette séquence, et surtout les fenêtres de négociation qui existent avant qu'elle ne se referme, sont détaillées dans notre guide sur le défaut de remboursement d'un emprunt en SCI.

Les trois voies de sortie du créancier

Voie Base Mécanisme Ce que subit l'associé
Vente forcéeArt. 2346 C. civ.Le créancier poursuit la vente des parts selon les modalités du code des procédures civiles d'exécution, sans que la convention de gage puisse y déroger. Lorsque le gage garantit une dette professionnelle, l'article 2346 autorise en outre une vente publique par notaire, commissaire de justice, commissaire-priseur judiciaire ou courtier assermenté, huit jours après une simple signification au débiteurVente aux enchères, prix souvent très inférieur à la valeur mathématique
Attribution judiciaireArt. 2347 C. civ.Le juge décide que les parts demeurent au créancier en paiement ; si leur valeur excède la dette, la différence est versée au débiteur ou consignéeLa banque devient associée ; l'évaluation devient le champ de bataille
Pacte commissoireArt. 2348 C. civ.Clause prévoyant qu'à défaut d'exécution, le créancier devient propriétaire ; valeur fixée au jour du transfert par expert désigné à l'amiable ou judiciairement, toute clause contraire réputée non écrite ; l'excédent revient au débiteurTransfert sans vente, sans notification préalable ni substitution des associés

Le calendrier de la vente forcée en société civile

  1. Notification préalable, un mois avant la vente, aux associés et à la société. Lorsque les associés avaient consenti au projet de nantissement, cette notification est la condition à laquelle leur consentement vaut agrément de l'acquéreur (article 1867, alinéa 2). Lorsqu'ils n'avaient pas consenti, la même notification d'un mois est due au titre de l'article 1868.
  2. Pendant ce mois, si le nantissement n'avait pas reçu le consentement des associés : ceux-ci peuvent décider la dissolution de la société, ou l'acquisition des parts dans les conditions prévues aux articles 1862 et 1863 du Code civil. Rappelons que ces textes ouvrent une faculté de rachat, non une obligation, et que le prix se détermine à dire d'expert dans les conditions de l'article 1843-4 en cas de désaccord.
  3. La vente, poursuivie selon les modalités du code des procédures civiles d'exécution (article 2346 du Code civil). La voie plus rapide de la vente publique huit jours après signification, ouverte par le même texte, suppose que le gage garantisse une dette professionnelle : c'est rarement le cas d'un prêt immobilier consenti à un associé personne physique.
  4. Cinq jours francs après la vente : chaque associé peut se substituer à l'acquéreur. À plusieurs, ils sont réputés acquéreurs au prorata de leurs parts antérieures, sauf clause ou convention contraire. Si aucun ne l'exerce, la société peut racheter les parts elle-même en vue de leur annulation.
  5. À défaut de substitution, l'acquéreur devient associé : soit parce que le consentement antérieur valait agrément (art. 1867), soit parce que le non-exercice de la faculté de substitution emporte agrément de l'acquéreur (art. 1868, dernier alinéa).

Cinq jours francs, c'est très court, et c'est décisif. L'associé qui veut garder le contrôle de sa société doit avoir l'argent disponible avant la vente, pas après. D'où l'intérêt du mois de notification : il sert à monter le financement du rachat, pas à écrire une lettre indignée à la banque.

Le pacte commissoire : la clause à lire deux fois

Le pacte commissoire est parfaitement valable, y compris sur des parts de société civile. Pour le créancier, il coche deux cases précieuses : pas de vente publique à organiser, et, spécificité de l'article 1867 dernier alinéa, ni la notification d'un mois ni la faculté de substitution des associés ne s'appliquent quand la réalisation emprunte cette voie. C'est la clause à lire en premier dans un projet d'acte, avant même le montant garanti.

Deux garde-fous subsistent quand même. L'évaluation d'abord : la valeur des parts se fixe au jour du transfert, par un expert désigné à l'amiable ou par le juge, toute clause contraire étant réputée non écrite. Une stipulation qui figerait par avance la valeur des parts au montant de la dette ne produit donc aucun effet. L'excédent ensuite : si les parts valent plus que la dette, la différence revient au débiteur, ou se consigne s'il y a d'autres créanciers.

Une zone d'ombre demeure, que ni la loi ni, à notre connaissance, la jurisprudence n'ont tranchée frontalement : comment le pacte commissoire s'articule-t-il avec l'agrément de l'article 1861 ? L'article 1867 écarte expressément la notification et la substitution ; il ne dit rien de l'exigence d'agrément elle-même. Les établissements prudents contournent le débat en faisant consentir les associés au projet de nantissement dès l'origine. C'est aussi ce que nous conseillons : mieux vaut une résolution d'assemblée aujourd'hui qu'un pari sur une lecture extensive du texte devant un juge dans six ans.

Ce que la banque récupère réellement

Une banque qui réalise un nantissement de parts ne récupère pas un immeuble. Elle récupère des parts d'une société civile qui possède un immeuble : avec l'emprunt en cours, les baux, les charges de copropriété, le ravalement voté en assemblée et le passif fiscal qui traîne. Ces parts se valorisent à l'actif net réévalué, diminué d'une décote d'illiquidité — de l'ordre de 20 % dans les dossiers courants, c'est l'hypothèse que nous retiendrons dans le cas chiffré du chapitre 9 — à laquelle s'ajoute, lorsque la participation est minoritaire, une décote de minorité qui peut faire tomber la valeur à 60 ou 70 % de la valeur théorique. Une participation majoritaire échappe à cette seconde décote : elle emporte le contrôle de la société. Elle n'en est pas pour autant liquide, et l'on verra que le prix d'adjudication reste très en deçà de la valeur mathématique.

Ajoutez que le statut d'associé de SCI n'a rien de confortable : responsabilité indéfinie et conjointe aux dettes sociales, à proportion des parts (article 1857 du Code civil), après vaine poursuite de la société (article 1858). Aucun établissement bancaire ne rêve de figurer au capital d'une société civile immobilière. Dans la quasi-totalité des dossiers, il préfère donc négocier : rééchelonnement, vente amiable de l'immeuble par la SCI, cession organisée des parts. Bonne nouvelle pour l'associé, à une condition : venir à la table avant la déchéance du terme. Après, la discussion n'a plus le même prix.


6. Le point 2026 : l'article 1865-1 et la sortie du nantissement

Voilà la nouveauté que la plupart des actes en circulation n'intègrent pas encore. Elle date de quelques semaines, ce qui explique tout.

Ce que dit le texte

L'article 1865-1 du Code civil, créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 et en vigueur depuis le 27 juin 2026, impose que la cession de parts ou actions d'une personne morale à prépondérance immobilière soit constatée, à peine de nullité :

  • par acte notarié ;
  • ou par acte d'avocat contresigné au sens de l'article 1374 du Code civil ;
  • ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par acte sous seing privé rédigé par un expert-comptable.

La prépondérance immobilière s'apprécie au sens du 2° du I de l'article 726 du CGI : personnes morales non cotées dont l'actif est principalement constitué d'immeubles ou de droits immobiliers situés en France. Autant dire l'écrasante majorité des SCI, et bien au-delà : SARL, SAS, SNC, sociétés d'attribution. Attention, le changement est de nature, pas de degré. L'article 1865 posait une condition de preuve et d'opposabilité ; l'article 1865-1 pose une condition de validité. L'acte sous signature privée « fait maison » entre associés, celui qu'on téléchargeait le samedi matin, ne permet plus de céder des parts de SCI. Les professionnels rédacteurs sont en outre tenus aux obligations de vigilance en matière de lutte contre le blanchiment.

Pourquoi cela concerne un nantissement

Parce qu'un nantissement réalisé finit toujours par produire un transfert de parts. Et parce que plusieurs des mécanismes vus plus haut sont, juridiquement, des cessions :

Opération Nature Position à retenir
Constitution du nantissementAffectation en garantie, sans transfertHors champ de l'article 1865-1 : un écrit suffit
Vente amiable des parts pour désintéresser la banqueCessionActe notarié ou acte d'avocat obligatoire
Substitution d'un associé à l'acquéreur (art. 1867)Acquisition des parts par l'associéFaire constater l'opération par un professionnel rédacteur : la prudence commande de traiter l'acquisition comme une cession
Rachat des parts par la société en vue de leur annulationRachat suivi d'une réduction de capitalLe texte ne vise expressément que la cession. L'extension au rachat n'est pas tranchée : recommander l'acte notarié ou d'avocat sans présenter l'extension comme acquise
Adjudication sur vente forcéeTransfert résultant d'une procédure d'exécutionQuestion non tranchée à ce jour ; en pratique, le transfert est constaté dans le cadre judiciaire de la vente
Attribution judiciaire (art. 2347)Transfert par décision de justiceLe transfert procède du jugement, non d'un acte de cession

Ce qu'il faut en retenir, sans faire dire au texte plus qu'il ne dit : l'article 1865-1 vise expressément la cession de parts. Toutes les sorties amiables d'un nantissement (vente négociée des parts, reprise par un coassocié, entrée d'un repreneur qui reprend la dette) passent donc désormais par un notaire ou un avocat, à peine de nullité. Pour les sorties contentieuses, la question de l'extension reste ouverte. La seule attitude raisonnable est de faire intervenir un professionnel rédacteur, plutôt que d'aller tester la nullité devant un juge cinq ans plus tard, avec l'immeuble déjà revendu entre-temps.

Les trois conséquences pratiques

  1. Budgétez le professionnel dans le plan B. Sortir d'un nantissement à l'amiable, ce n'est plus deux signatures et un enregistrement : il y a des honoraires et un délai de rédaction. Quand la banque impose trois semaines, ça compte.
  2. Faites relire vos actes de nantissement antérieurs à juin 2026. Beaucoup contiennent des promesses de cession, des options d'achat, des engagements de céder les parts en cas de défaut. Ces stipulations restent valables ; c'est leur exécution qui devra désormais passer par la forme requise.
  3. Anticipez dans le pacte. Si les associés se sont promis un droit de préemption ou un rachat en cas de réalisation, la clause doit dire qui rédige et qui paie. Sans ça, la promesse censée éteindre le conflit devient le conflit suivant.

Pour une cession de parts ordinaire, hors contexte de garantie (agrément, prix, formalités, fiscalité et droits d'enregistrement), tout est dans notre guide dédié à la cession de parts de SCI.


7. Nantissement du compte courant d'associé et clause de blocage

Le nantissement des parts arrive presque toujours accompagné d'un second dispositif. Moins visible, tout aussi structurant, et souvent signé sans le lire.

Pourquoi la banque s'y intéresse

Dans une SCI, les associés apportent rarement de l'argent en capital. Le capital social est symbolique, 1 000 € dans un dossier sur deux, et l'essentiel des fonds transite par le compte courant d'associé. Ce compte courant est une dette de la société envers l'associé, exigible à tout moment sauf convention contraire.

Vue du prêteur, c'est une bombe à retardement. Rien n'empêche en principe l'associé de se faire rembourser 80 000 € de compte courant le mois qui précède le premier impayé, et de laisser à la banque une société parfaitement vide. D'où les deux demandes qui suivent, systématiques l'une comme l'autre.

La clause de blocage

L'associé s'engage à ne réclamer aucun remboursement de son compte courant tant que le prêt n'est pas soldé. Parfois en deçà d'un seuil, parfois sous condition de ratios. C'est un engagement contractuel, pas une sûreté : le violer déclenche l'exigibilité anticipée du prêt et engage la responsabilité de l'associé, mais ne rend pas le remboursement nul pour autant. Le blocage se demande en général pour toute la durée du crédit, dans une convention distincte. Notre modèle de convention de compte courant d'associé en donne la trame ; côté comptable, le guide des écritures de compte courant montre comment le suivre proprement au bilan.

Le nantissement du compte courant

Là, en revanche, on est bien sur une sûreté. Mais d'une autre famille : c'est un nantissement de créance, celle que l'associé détient sur sa propre société. Les règles du gage ne s'appliquent pas :

  • un écrit est exigé à peine de nullité (article 2356 du Code civil) ;
  • l'acte doit désigner la créance nantie et la créance garantie ; s'il s'agit de créances futures, il doit permettre leur individualisation ;
  • aucune inscription au greffe n'est requise : le nantissement de créance prend effet entre les parties et devient opposable aux tiers à la date de l'acte (article 2361) ;
  • en revanche, l'opposabilité au débiteur de la créance nantie, c'est-à-dire à la SCI elle-même, suppose une notification ou l'intervention de la société à l'acte (article 2362). Ici, contrairement au nantissement de parts, la société doit être mise dans la boucle ;
  • tant que la notification n'a pas eu lieu, seul le constituant reçoit valablement paiement ; une fois notifié, c'est le créancier nanti : la SCI ne peut plus rembourser l'associé sans son accord.

Le duo gagnant, vu de la banque : nantissement des parts (elle prend le contrôle si tout s'effondre) et nantissement + blocage du compte courant (personne ne sort d'argent d'ici là). Le premier protège la valeur, le second protège la trésorerie. Raison de plus pour négocier les deux actes ensemble, avec des durées cohérentes : un blocage de compte courant qui court trois ans après la mainlevée du nantissement, ça se voit, et ça se corrige avant signature.

Le point de vigilance comptable

Bloqué ou nanti, un compte courant reste une dette au bilan de la SCI et doit apparaître comme telle, tableau d'échéances à l'appui. Quant aux intérêts éventuellement servis à l'associé, ils obéissent à un régime qui n'a rien de commun selon que la société est à l'IR ou à l'IS : ne recopiez pas la clause d'un modèle trouvé ailleurs. Convention approximative, blocage jamais formalisé, intérêts versés sans base contractuelle : trois classiques de redressement, passés en revue dans notre guide sur les motifs de redressement d'une SCI.


8. Comparatif chiffré : nantissement, hypothèque, caution personnelle

Vient la question que tout associé finit par poser à son banquier : laquelle de ces trois garanties lâcher, et à quel prix ? Les ordres de grandeur ci-dessous permettent d'arbitrer sur des chiffres, pas sur une impression.

Le coût réel d'un nantissement de parts

Poste Montant Commentaire
Rédaction de l'acte0 à 1 500 €0 € si la banque fournit son modèle ; 800 à 1 500 € pour un acte d'avocat sur mesure sur un dossier structuré
Inscription au greffe — créance < 20 800 €≈ 17 € (19,50 € avec frais postaux)Barème réglementé des greffes, arrêté du 25 février 2026 applicable depuis le 1er mars 2026
Inscription — créance de 20 800 à 41 600 €≈ 75 € (77,45 € avec frais postaux)Même barème
Inscription — créance > 41 600 €≈ 112 € (114,88 € avec frais postaux)Plafonné : le montant ne progresse plus au-delà
Dépôt de l'acte en annexe du registre≈ 7 à 9 €7,26 € sur la ligne « nantissement de parts sociales » ; environ 9,19 € sur la formalité « nantissement de parts de société civile ». Vérifiez auprès du greffe compétent
Renouvellement à 5 ans≈ 10 à 26 €Ligne « parts sociales » ; certains greffes appliquent un barème par tranches plus élevé sur la formalité « société civile ». À anticiper pour tout prêt de plus de 5 ans
Radiation en fin de prêt≈ 23 à 125 € selon la tranche de créanceSur production de la mainlevée. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas un forfait : le barème par tranches est le même qu'à l'inscription — comptez environ 120 € sur un prêt de 200 000 €

Sur un prêt de 200 000 €, si la banque fournit son modèle d'acte, l'inscription vous coûte donc environ 120 € de greffe, auxquels s'ajouteront un renouvellement à cinq ans puis une radiation d'un montant du même ordre en fin de prêt — soit un total qui reste inférieur à 300 € sur toute la vie du crédit. Comparez avec l'hypothèque conventionnelle sur le même montant : le rapport est encore de un à dix. Dernière précaution, ces émoluments sont révisés tous les deux ans par arrêté : vérifiez le barème du jour auprès du greffe plutôt que de recopier un chiffre trouvé sur un forum de 2021.

Les trois garanties, poste par poste

Critère Nantissement de parts Hypothèque conventionnelle Caution personnelle
Coût de mise en place (prêt de 200 000 €)≈ 120 € + rédaction≈ 3 000 € (ordre de 1,5 % du capital garanti, tous frais compris)0 €
Délai de mise en placeQuelques jours2 à 4 semaines (rendez-vous notaire, publication)Immédiat
FormeÉcrit + inscriptionActe notarié obligatoireÉcrit, mentions protectrices de la caution
Qui est exposéL'associé, à hauteur de ses partsLa SCI, sur son immeubleLa caution, sur tout son patrimoine
Efficacité pour le créancierMoyenne : actif illiquide, décotéForte : l'immeuble se vendVariable : dépend de la solvabilité
Effet sur la capacité d'emprunt personnelleLimité, mais l'actif est gagéNul (l'engagement est social)Fort : engagement comptabilisé
SortieMainlevée + radiation au greffe (≈ 120 € sur ce montant)Mainlevée notariée, coûteuse en cas de vente anticipéeExtinction avec la dette
Durée d'efficacité5 ans, à renouvelerDurée de l'inscriptionDurée de l'engagement souscrit

Comment lire ce tableau ? Le nantissement de parts est la garantie la moins chère et la plus rapide à mettre en place, et la moins efficace pour le créancier. C'est aussi, et c'est ce qui compte pour vous, la moins dangereuse : elle vous expose à hauteur de ce que vous avez mis dans la société, là où la caution va chercher votre résidence, votre épargne et vos revenus. S'il faut en concéder une seule, concédez le nantissement. Et si l'on vous demande les trois, retournez la question : qu'est-ce que j'obtiens en face ? Un taux, une durée, la levée d'une autre exigence. Quelque chose.

Une idée fausse traîne quand même, et elle mérite d'être tuée : non, le nantissement n'est pas « indolore » pour votre dossier de crédit personnel. Un actif gagé est un actif dont vous ne disposez plus, et l'établissement que vous solliciterez pour le prochain financement le verra. La façon dont les banques traitent les engagements liés à une société civile est développée dans notre guide sur la SCI et la capacité d'emprunt personnelle.


9. Cas chiffré : ce que la banque récupère vraiment

Rien ne vaut un cas concret. Voici une SCI très ordinaire, avec des chiffres que je croise chaque mois.

SCI Bellevue — la situation

  • Immeuble de rapport acquis en 2019, valeur de marché 2026 : 700 000 €
  • Capital restant dû sur le prêt de la SCI : 410 000 € (hypothèque au profit de la banque A)
  • Compte courant de l'associé Paul : 60 000 €
  • Capital social : 1 000 €, divisé en 100 parts — Paul 60 parts, Claire 40 parts
  • Paul emprunte 120 000 € à titre personnel auprès de la banque B, qui exige le nantissement de ses 60 parts et de son compte courant

Combien valent les 60 parts de Paul ?

Étape Calcul Montant
Valeur de l'immeubleEstimation de marché700 000 €
– Emprunt bancaireCapital restant dû– 410 000 €
– Comptes courantsDette envers Paul– 60 000 €
– Fiscalité latente sur plus-valueHypothèse retenue ici : 0 € (voir la remarque sous le tableau)– 0 €
= Actif net réévalué700 000 – 410 000 – 60 000230 000 €
Quote-part de Paul60 % de 230 000 € (participation majoritaire)138 000 €
Décote d'illiquiditéHypothèse de 20 % — pas de décote de minorité, le bloc est majoritaire– 27 600 €
= Valeur retenue des parts ≈ 110 400 €
+ Compte courant nantiCréance sur la SCI60 000 €

La ligne que tout le monde oublie : la fiscalité latente sur la plus-value. Nous l'avons chiffrée à zéro ci-dessus, par simple hypothèse de présentation. Dans la vraie vie, elle ne l'est jamais. Si l'immeuble a été acquis 500 000 € en 2019, la plus-value latente atteint 200 000 € et la SCI est à l'IR : sept ans de détention n'ouvrent que 12 % d'abattement à l'impôt sur le revenu et 3,3 % aux prélèvements sociaux (article 150 VC du CGI, abattement total à 22 ans pour l'IR et à 30 ans pour les prélèvements sociaux). Au taux de 19 % (article 200 B) majoré de 17,2 % de prélèvements sociaux, plus la surtaxe de l'article 1609 nonies G au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, la note ressort autour de 70 000 €. L'actif net réévalué tombe alors à 160 000 €, la quote-part de Paul à 96 000 €, la valeur retenue des parts à environ 77 000 € après décote, et la couverture du prêt à un peu plus de 110 % au lieu de 140 %. Faites le calcul avant le comité de crédit, pas après.

Avec l'hypothèse de présentation retenue dans le tableau, l'assiette totale de la banque B ressort à environ 170 000 € pour un prêt de 120 000 €. Une couverture de 140 %, un comité de crédit satisfait, un dossier qui passe. Sur le papier — et avant fiscalité latente.

Le jour du défaut, trois ans plus tard

Paul cesse de payer. Capital restant dû : 96 000 €. La banque B prononce la déchéance du terme et engage la réalisation. Voilà ce qui l'attend.

Scénario Déroulement Récupération estimée
1. Vente forcée des partsNotification un mois avant, vente selon les procédures civiles d'exécution. Le bloc est majoritaire, donc porteur du contrôle — mais le marché des parts d'une SCI endettée est quasi inexistant, l'acquéreur reprend le passif et la dette bancaire de la société : les enchères restent basses50 000 à 70 000 €
2. Claire se substitue (5 jours francs)Claire rachète au prix de l'adjudication et devient associée à 100 %Idem, mais la société reste dans la famille
3. Attribution judiciaireLa banque demande que les parts lui demeurent en paiement ; l'excédent de valeur sur la dette revient à Paul ou est consignéValeur d'expertise, mais la banque devient associée d'une SCI
4. Nantissement du compte courant activéLa banque appréhende la créance de 60 000 € — encore faut-il que la SCI ait la trésorerie pour la payer0 à 60 000 € selon la trésorerie réelle
5. Vente amiable négociéeLa SCI vend l'immeuble, rembourse la banque A, distribue le solde ; Paul solde son prêt personnelSolde intégral, dans la plupart des cas

Ce que ce cas montre. D'abord qu'une garantie affichée à 170 000 € au comité de crédit n'en vaut plus que le tiers à la moitié le jour de l'exécution : 50 000 à 70 000 € sur les parts, et de 0 à 60 000 € sur le compte courant selon la trésorerie réelle de la société. Même majoritaires, des parts de SCI endettée ne trouvent pas preneur. Ensuite que le seul scénario réellement favorable à tout le monde, la vente amiable de l'immeuble, suppose un dialogue ouvert avant l'accident et non pendant. Enfin, et c'est le plus important : si la banque empile les garanties, c'est précisément parce que celle-ci est médiocre. Ne présentez donc jamais un nantissement de parts comme une concession majeure dans une négociation. Ce n'en est pas une, et en face on le sait très bien.

Un dernier point, systématiquement oublié dans ce genre de plan de sortie : si la SCI vend l'immeuble, la plus-value est taxée avant toute distribution, et les règles n'ont rien à voir à l'IR et à l'IS. Chiffrez-la d'abord. Voir notre guide sur la plus-value immobilière en SCI, puis celui sur la distribution du prix de vente aux associés.

Une garantie se pilote avec des comptes à jour

Actif net, capital restant dû, comptes courants, échéances : ce sont exactement les chiffres qu'une banque vous demandera avant, pendant et après un nantissement. sci-ai.app les tient à jour toute l'année et produit vos déclarations.


10. Nantissement de parts de SCI : les cinq erreurs à éviter

Elles reviennent toutes, dossier après dossier. Et aucune ne relève de la subtilité juridique : ce sont des vérifications de dix minutes que personne ne fait.

Erreur 1 — Nantir sans vérifier la clause d'agrément et les statuts

L'erreur fondatrice, celle qui contamine tout le reste. Certains statuts soumettent le nantissement à autorisation, d'autres l'interdisent, d'autres encore organisent un droit de préemption parfaitement incompatible avec une réalisation forcée. Nantir au mépris d'une clause statutaire, c'est un manquement de l'associé, une garantie fragile pour la banque et une brouille durable avec les coassociés. Cinq minutes de lecture avant signature contre trois ans de contentieux : le calcul est vite fait. Si les statuts sont muets, c'est le bon moment pour les compléter, et notre guide sur les modifications de statuts montre comment y insérer une clause de nantissement claire.

Erreur 2 — Croire que l'acte suffit, et négliger l'inscription

Un nantissement non inscrit reste valable entre les parties, mais il est inopposable aux tiers : en concours avec un autre créancier, ou dans une procédure collective, il ne pèse rien. Et une inscription prise puis oubliée s'éteint au bout de cinq ans. Côté banque, c'est l'oubli du renouvellement. Côté associé, c'est l'inscription éteinte jamais radiée qu'on redécouvre le jour de la vente, devant l'acquéreur. Deux versions du même laisser-aller.

Erreur 3 — Signer un modèle rédigé sous l'ancien article 1866

Un modèle qui impose un acte authentique ou une signification par commissaire de justice n'est pas dangereux en soi. Il fait simplement dépenser du temps et de l'argent pour des formalités que la loi n'exige plus depuis le 1er janvier 2022. Le problème est ailleurs : ce qu'un tel modèle oublie. La clause d'extension aux parts futures. La durée d'inscription et son renouvellement. L'articulation avec le pacte commissoire. Un acte périmé sur la forme l'est presque toujours sur le fond.

Erreur 4 — Céder ou donner des parts nanties sans mainlevée

Le droit de suite du créancier survit à la cession : l'acquéreur, ou le donataire, reçoit les parts avec la sûreté dessus. Et l'opération bute en plus sur un formalisme dont il faut distinguer les deux branches. Pour une cession, depuis le 27 juin 2026, l'article 1865-1 du Code civil impose un acte notarié, un acte d'avocat contresigné ou un acte d'expert-comptable habilité, à peine de nullité. Pour une donation, ce triptyque ne s'applique pas : la donation entre vifs relève de l'article 931 du Code civil, qui exige un acte notarié, à peine de nullité lui aussi — ni l'acte d'avocat contresigné ni l'acte d'expert-comptable ne sont des formes ouvertes ici. Conséquence très concrète dans les deux cas : un professionnel va instrumenter, donc quelqu'un va vérifier l'état des inscriptions, et il refusera de signer tant que la mainlevée n'est pas au dossier.

Erreur 5 — Ignorer la clause de blocage du compte courant

La plus fréquente en pratique, et la plus anodine en apparence. L'associé a signé une clause de blocage trois ans plus tôt. Il l'a oubliée. Il se rembourse 25 000 € de compte courant pour financer des travaux chez lui. La banque le découvre à la remise des comptes annuels, invoque l'exigibilité anticipée, et un dossier qui tournait très bien part en négociation d'urgence. Le blocage du compte courant n'est pas une clause de style : c'est un engagement dont la violation coûte le prêt.

Check-list avant de signer un nantissement de parts

  • Les statuts autorisent-ils le nantissement, et à quelles conditions ?
  • Le pacte d'associés contient-il une clause incompatible (inaliénabilité, préemption) ?
  • Le consentement des associés de l'article 1867 est-il recueilli, et par une résolution qui identifie précisément le projet ?
  • L'acte désigne-t-il la dette garantie, les parts nanties, la durée, l'extension aux parts futures ?
  • Contient-il un pacte commissoire ? Si oui, l'évaluation par expert est-elle bien réservée ?
  • Quels engagements de faire et de ne pas faire sont souscrits, et quelles sont les sanctions ?
  • Le compte courant est-il bloqué, nanti, ou les deux ? Pour quelle durée ?
  • Qui prend et renouvelle l'inscription, et qui en supporte le coût ?
  • Quelles sont les conditions de mainlevée : remboursement total, seuil, substitution de garantie ?
  • La SCI est-elle informée, et le gérant a-t-il classé l'acte avec les statuts et le registre des parts ?

Une remarque de méthode pour finir. Un nantissement de parts ne se signe presque jamais seul : il arrive au milieu d'un dossier de financement, coincé entre un compromis et un déblocage de fonds, au moment exact où plus personne n'a le temps de lire quoi que ce soit. D'où la seule vraie règle : demandez le projet d'acte trois semaines avant, pas la veille. Celui qui découvre son pacte commissoire à la signature n'a plus rien à négocier, il ne lui reste qu'à signer.


11. FAQ — Nantissement de parts de SCI

Les questions qui reviennent le plus souvent, et les réponses courtes qui vont avec.

Un nantissement de parts empêche-t-il la SCI de vendre son immeuble ?

Juridiquement, non : le nantissement porte sur les parts, pas sur l'immeuble, et la SCI reste libre d'en disposer. Contractuellement, c'est une autre histoire. Les actes bancaires interdisent presque toujours la cession de l'actif immobilier sans accord préalable, sous peine d'exigibilité anticipée. Relisez l'acte avant de signer le mandat de vente, pas après.

Peut-on nantir seulement une partie de ses parts ?

Oui, et c'est un levier de négociation sous-utilisé : l'acte identifie les parts nanties par leur numérotation. Une banque acceptera parfois de se contenter de 50 % des parts d'un associé si le ratio de couverture reste bon. Encore faut-il le demander : les modèles standard visent l'intégralité, par défaut et sans réfléchir.

Que devient le nantissement en cas de décès de l'associé ?

La sûreté survit : les héritiers recueillent les parts avec la garantie qui les grève, et la dette garantie suit son propre sort selon qu'elle est ou non couverte par une assurance emprunteur. C'est un point à examiner en même temps que la clause statutaire d'agrément des héritiers — voir notre guide sur le décès d'un associé de SCI.

Le nantissement de parts protège-t-il d'une saisie par un autre créancier ?

Non, il ne rend pas les parts insaisissables. Il donne au créancier nanti un rang de préférence : un créancier personnel de l'associé peut toujours engager une saisie, mais il viendra après le créancier nanti inscrit antérieurement dans la répartition du prix. Le déroulement de cette procédure est traité dans notre guide sur la saisie de parts de SCI.

Une SCI peut-elle nantir les parts qu'elle détient dans une autre société ?

Oui : la qualité d'associé constituant n'est pas réservée aux personnes physiques. Une holding qui détient les parts d'une SCI d'exploitation peut les nantir en garantie de sa propre dette d'acquisition — c'est un montage courant, décrit dans notre guide sur la holding immobilière. Vérifiez simplement que l'objet social et les pouvoirs du gérant l'autorisent.

Le gérant peut-il consentir seul un nantissement sur les parts de la société ?

Non, et la confusion revient souvent. Les parts appartiennent aux associés, pas à la société : seul leur titulaire peut les nantir. Le gérant, lui, agit au nom de la SCI pour consentir des sûretés sur les biens sociaux, une hypothèque sur l'immeuble par exemple, dans les limites de l'objet social et des pouvoirs que lui donnent les statuts.

Un nantissement de parts est-il visible par les tiers ?

Oui. C'est même toute la fonction de l'inscription au registre des sûretés mobilières : rendre la sûreté opposable et informer les tiers. Un futur prêteur, un acquéreur de parts ou un partenaire prudent consultera cet état — c'est pourquoi une inscription périmée non radiée pose un vrai problème de présentation, même lorsqu'elle ne produit plus d'effet.

Quelle différence entre nantissement de parts et nantissement de compte courant ?

Le premier porte sur un droit d'associé, bien meuble incorporel soumis aux règles du gage. Le second porte sur une créance : celle que l'associé détient sur sa propre SCI. Les régimes divergent surtout sur l'opposabilité. Le nantissement de créance suppose une notification à la société ou son intervention à l'acte ; le nantissement de parts, lui, s'oppose aux tiers par l'inscription au registre.

Faut-il enregistrer l'acte de nantissement auprès des impôts ?

La constitution d'un nantissement de parts n'emporte pas de mutation de propriété : ce n'est pas une cession, et elle n'appelle pas les droits d'enregistrement applicables aux cessions de parts. La formalité qui compte est l'inscription au greffe, dont le coût est plafonné à un peu plus de 110 € au barème en vigueur depuis le 1er mars 2026. Présenté volontairement à l'enregistrement, l'acte ne supporterait au plus que le droit fixe des actes innomés, soit 125 € (article 680 du CGI). La fiscalité des mutations réapparaît en revanche le jour où la garantie se réalise, puisqu'il y a alors transfert des parts.

La banque peut-elle exiger d'entrer dans la SCI dès la signature ?

Elle ne le demande jamais, et pour une bonne raison : dans une société civile, l'associé répond des dettes sociales de manière indéfinie et conjointe, à proportion de ses parts (article 1857 du Code civil), après vaine poursuite de la société (article 1858). Aucun établissement ne souhaite ce statut. Le nantissement lui donne exactement ce qu'elle veut : un droit sur les parts, sans la qualité d'associé.

Peut-on nantir les mêmes parts au profit de deux banques ?

Rien ne l'interdit : plusieurs nantissements successifs peuvent grever les mêmes parts, le rang des créanciers étant réglé par l'ordre des inscriptions. En pratique, le premier créancier inscrit une clause interdisant tout nouveau nantissement sans son accord, et le second n'accepte pas volontiers un second rang sur un actif déjà peu liquide.

Que se passe-t-il si l'associé nanti est en surendettement ?

Les parts de SCI ne sont pas des biens de première nécessité : elles entrent dans le patrimoine mobilisable, et un créancier nanti conserve son rang. La procédure de surendettement peut néanmoins geler les poursuites et rééchelonner les dettes. Le sujet, très spécifique, est traité dans notre guide sur l'associé de SCI en surendettement.

Le nantissement survit-il à une augmentation de capital ?

Il survit sur les parts qu'il vise, mais son poids relatif fond. Le capital double, les parts nanties ne pèsent plus 60 % mais 30 %, et la garantie a perdu la moitié de son assiette sans qu'aucun texte n'ait été violé. C'est exactement pour cela que les actes bien rédigés étendent le nantissement aux parts nouvelles et verrouillent toute modification du capital sans accord du créancier.

Peut-on refuser un nantissement demandé par sa banque ?

Bien sûr : c'est une condition contractuelle, pas une obligation légale. Reste à savoir ce que vous proposez à la place. Une hypothèque (plus chère mais plus efficace pour la banque), un apport personnel plus élevé, un cautionnement d'organisme, ou une durée plus courte. Notre guide sur le prêt bancaire en SCI et celui sur l'apport personnel détaillent ces arbitrages.

Un nantissement peut-il être renégocié en cours de prêt ?

Oui, et presque personne ne le fait. Après sept ou huit ans d'amortissement, le ratio dette sur valeur n'a plus rien à voir avec celui du jour de la signature : c'est le moment de demander une mainlevée partielle, une substitution de garantie, ou la levée d'un blocage de compte courant devenu sans objet. L'occasion toute trouvée, c'est la renégociation du crédit de la SCI.

Où conserver l'acte de nantissement et les pièces associées ?

Avec les statuts et le registre des mouvements de parts, dans le dossier permanent de la société : acte de nantissement, résolution de consentement des associés, avis d'inscription et sa date, avenants, mainlevée et certificat de radiation. Ces pièces seront demandées à chaque cession, à chaque financement et à chaque contrôle. Notre guide sur les documents à conserver dans une SCI récapitule les durées applicables.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé : la rédaction d'un acte de nantissement et l'appréciation de ses effets dépendent de vos statuts, de votre situation patrimoniale et des exigences de votre établissement prêteur.

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Comptabilité, comptes courants d'associés, répartition du capital, documents sociaux et déclarations fiscales : tout ce qu'une banque, un notaire ou un avocat vous demandera le jour d'un nantissement — réuni au même endroit, à jour, exportable.

FAQ

Questions fréquentes

C'est une sûreté réelle consentie volontairement par un associé sur ses parts sociales, pour garantir une dette — la sienne ou celle de la SCI. Les parts sont des biens meubles incorporels : elles ne se remettent pas physiquement, le nantissement se fait donc sans dépossession. L'associé reste propriétaire de ses parts, continue de voter et de percevoir sa quote-part de résultat ; mais si la dette n'est pas payée, le créancier peut faire vendre ces parts ou se les faire attribuer.
Non, plus depuis le 1er janvier 2022. L'article 1866 du Code civil, réécrit par l'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, renvoie désormais au dernier alinéa de l'article 2355 : le nantissement de parts de société civile suit les règles du gage de meubles corporels, à l'exception du droit de rétention (4° de l'article 2286). Un écrit suffit (article 2336), qui doit désigner la dette garantie ainsi que la quantité, l'espèce ou la nature des parts nanties. La plupart des modèles en circulation exigent encore un acte authentique ou une signification à la société : ils reprennent l'ancien texte.
Ce n'est plus une condition légale depuis le 1er janvier 2022 : l'exigence de signification à la société ou d'acceptation par elle dans un acte authentique figurait dans l'ancienne rédaction de l'article 1866, aujourd'hui abrogée. En pratique, informer le gérant reste indispensable : c'est lui qui tient le registre des mouvements de parts, qui recevra les notifications en cas de réalisation forcée, et qui doit éviter d'enregistrer une cession de parts grevées.
Sur le registre des sûretés mobilières et autres opérations connexes tenu par le greffe, créé par le décret n° 2021-1887 du 29 décembre 2021 et opérationnel depuis le 1er janvier 2023. Le décret n° 2021-1888 du même jour, pris en application de l'ordonnance n° 2021-1192, a abrogé au 1er janvier 2022 les articles 53 à 57 du décret n° 78-704 qui organisaient l'ancienne publicité propre aux sociétés civiles. Conséquence de l'alignement sur le droit commun du gage : l'inscription est valable cinq ans et doit être renouvelée avant son expiration, sous peine de perdre l'opposabilité aux tiers.
Très peu au regard d'une hypothèque. Au barème réglementé des greffes en vigueur depuis le 1er mars 2026 (arrêté du 25 février 2026), l'inscription revient à environ 17 € pour une créance inférieure à 20 800 €, environ 75 € entre 20 800 et 41 600 €, et environ 112 € au-delà — de l'ordre de 19,50 €, 77,45 € et 114,88 € frais postaux inclus. Le poste principal, c'est la rédaction : de zéro si la banque fournit son modèle, à 800 ou 1 500 € pour un acte d'avocat sur mesure.
Non. Le nantissement n'opère aucun transfert de propriété : l'associé reste associé, vote en assemblée et perçoit sa quote-part de bénéfices, sauf convention contraire. Les banques insèrent toutefois des engagements contractuels — ne pas voter une dissolution, une cession d'immeuble, une réduction de capital ou une distribution exceptionnelle sans accord préalable. Ces clauses ne suppriment pas le droit de vote : elles engagent la responsabilité de l'associé s'il les viole, et sont souvent assorties de l'exigibilité anticipée du prêt.
Juridiquement, le nantissement n'emporte pas indisponibilité des parts. En pratique, la vente est bloquée : l'inscription figure au registre des sûretés mobilières, l'acquéreur prendrait les parts avec la sûreté qui les grève, et aucun notaire ni aucun avocat n'instrumentera sans mainlevée préalable. La sortie normale passe donc par le remboursement du prêt, ou par un accord avec la banque prévoyant le report de la garantie sur le prix.
Non, pas au titre du nantissement de parts. La SCI est propriétaire de l'immeuble ; l'associé n'est propriétaire que de ses parts. Le créancier nanti ne peut donc appréhender que les parts, avec le passif qui va avec. C'est précisément pour cette raison que les banques demandent souvent, en plus, une hypothèque consentie par la SCI elle-même sur l'immeuble.
La loi ne l'impose pas : l'article 1867 du Code civil ouvre une faculté, pas une obligation — « tout associé peut obtenir des autres associés leur consentement à un projet de nantissement dans les mêmes conditions que leur agrément à une cession de parts ». Les statuts peuvent en revanche subordonner le nantissement à un accord préalable, et les banques exigent presque toujours ce consentement : il vaut agrément anticipé de l'acquéreur en cas de réalisation forcée.
Tout, du point de vue de la banque. Le consentement donné au projet de nantissement emporte agrément du cessionnaire en cas de réalisation forcée, à la condition que la réalisation soit notifiée un mois avant la vente aux associés et à la société (article 1867, alinéa 2). Sans ce consentement, on retombe sur l'article 1868 : les associés peuvent, dans le mois, décider la dissolution de la société ou l'acquisition des parts, et l'issue de la garantie devient beaucoup plus incertaine.
La banque met en demeure, prononce la déchéance du terme, puis choisit sa voie : la poursuite de la vente des parts selon les modalités du code des procédures civiles d'exécution, auxquelles la convention de gage ne peut pas déroger (article 2346 du Code civil), l'attribution judiciaire — le juge décide que les parts lui demeurent en paiement (article 2347) —, ou la mise en œuvre du pacte commissoire si l'acte en prévoit un (article 2348). Dans les trois cas, elle récupère des parts d'une société endettée, pas un immeuble libre.
C'est la clause par laquelle il est convenu qu'à défaut de paiement, le créancier devient propriétaire des parts. Elle est valable (article 2348 du Code civil), mais encadrée : la valeur des parts est déterminée au jour du transfert par un expert désigné à l'amiable ou judiciairement, toute clause contraire étant réputée non écrite, et l'excédent éventuel sur la dette doit être versé au débiteur. Particularité des sociétés civiles : la notification préalable d'un mois et la faculté de substitution des associés ne s'appliquent pas au nantissement réalisé par pacte commissoire (article 1867, dernier alinéa).
Ils disposent de deux leviers. Chaque associé peut se substituer à l'acquéreur dans un délai de cinq jours francs à compter de la vente ; si aucun ne l'exerce, la société peut racheter les parts elle-même en vue de leur annulation (article 1867, alinéa 3). Et lorsque le nantissement n'avait pas reçu leur consentement, l'article 1868 leur permet en outre, dans le mois précédant la vente, de décider la dissolution de la société ou l'acquisition des parts dans les conditions des articles 1862 et 1863.
Rarement, il la complète. L'hypothèque porte sur l'immeuble et est consentie par la SCI ; le nantissement porte sur les parts et est consenti par l'associé. Une banque qui finance l'acquisition prend l'hypothèque en garantie principale et, si le dossier est tendu, y ajoute le nantissement des parts pour verrouiller le contrôle de la société, plus une caution personnelle pour atteindre le patrimoine de l'associé. Le nantissement seul se rencontre surtout pour garantir un prêt personnel, ou un financement adossé à une SCI déjà désendettée.
C'est le nantissement de la créance que l'associé détient sur sa propre SCI. Il relève des règles du nantissement de créance : un écrit à peine de nullité (article 2356 du Code civil), une opposabilité aux tiers acquise à la date de l'acte sans inscription (article 2361), et une opposabilité au débiteur — la SCI — subordonnée à une notification ou à son intervention à l'acte (article 2362). Il va presque toujours de pair avec une clause de blocage : l'associé s'interdit de se faire rembourser son compte courant tant que le prêt n'est pas soldé, ce qui empêche de vider la trésorerie de la société au détriment de la banque.
À la fin du prêt, demandez à la banque une mainlevée écrite, puis faites radier l'inscription au registre des sûretés mobilières auprès du greffe. Ce n'est pas automatique : l'inscription vit cinq ans et une inscription périmée non radiée continue d'apparaître aux tiers. Vérifiez systématiquement l'état des inscriptions avant toute cession de parts, toute donation ou toute renégociation de crédit.