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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC
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Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 Fiscalite d'une SCI : IR, IS, plus-values SCI à l'IR : fonctionnement SCI à l'IS : fonctionnement Imposition des revenus SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Apport-cession Cession de parts de SCI 2026 Parts de SCI : valeur et operations Fiscalité cession de parts Valeur des parts Parts ou immeuble ? Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Effet de levier du crédit Domiciliation des loyers Prêt à paliers Assurance emprunteur Simuler un prêt en SCI Banques qui financent Assurance emprunteur Hypothèque en SCI Prêt relais Emprunter pour ses parts Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Sortir de sa caution Décès associé SCI 2026 Dissolution SCI 2026 Bilan de liquidation Fermer une SCI sans activité Coût de la dissolution Boni de liquidation Dissoudre avec un bien Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Réforme de la copropriété Plan pluriannuel de travaux (PPT) DPE collectif en copropriété Commerce en logement Autoliquidation de la TVA travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Révision du loyer commercial Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Clause d'échelle mobile Immeuble mixte Bail à construction Charges du bail commercial Louer à une société Décret tertiaire Bail commercial : les échéances 3-6-9 Guide SCI Familiale 2026 Avantages reels de la SCI familiale SCI familiale et succession : 4 cas chiffres Inconvénients SCI familiale SCI familiale et emprunt Déclaration SCI familiale SCI et EHPAD SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Mineur associé de SCI Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale Bien atypique Vendre son bien à sa SCI Conjoint survivant SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer État des lieux Permis de louer Diagnostics obligatoires Encadrement des loyers Décès du locataire Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Qu'est-ce qu'une SCI ? Apports en SCI Délai de création Frais de notaire Le guichet unique INPI SIREN, SIRET et code APE Statuts SCI : rédiger des statuts solides Clauses de majorité Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Associé qui ne paie pas Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Modèle de PV d'augmentation de capital Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI Jouissance partagée SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif Racheter une soulte SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Du nu au meublé Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Caves et dépendances Taxe d'habitation et SCI Résidence gérée Créer une SCI seul Assemblée générale SCI
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Vente à réméré Expropriation d'un bien de SCI Droits de préemption à la vente Acheter un bien loué Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Vendre un immeuble en IS Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS Balance âgée des loyers Lire son bilan de SCI Bilan annuel de SCI La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Comptabiliser une subvention Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Provisionner un loyer impayé Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Déclaration DECLOYER Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités SCI qui ne peut pas payer Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers Revenus accessoires TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Donation-partage de parts SCI et succession : transmettre un bien Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Quasi-usufruit Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Forêt et bois Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv Mandat de télétransmission EDI Contester un redressement FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
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Lire le bilan et le compte de résultat de sa SCI : guide poste par poste (2026)

Chaque année, le gérant reçoit un jeu de comptes annuels : deux tableaux, une centaine de lignes, un vocabulaire qu'il n'a jamais appris. Il fait approuver, il signe, il classe. Et il ne sait toujours pas ce que ces chiffres disent de sa société. Dommage, parce qu'un bilan de SCI raconte une histoire de trois phrases : voilà l'immeuble, voilà ce qu'il reste à rembourser à la banque, voilà ce que la société doit à ses propres associés. Ce guide ouvre les deux documents et les commente ligne par ligne, sur un jeu de comptes complet que vous pourrez refaire à la calculette, pour quelqu'un qui n'a jamais fait de comptabilité. Et il répond, chiffres à l'appui, à la question qui revient le plus souvent dans ma boîte mail : pourquoi le résultat affiché n'a presque rien à voir avec l'argent qui dort sur le compte bancaire.

Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code de commerce, CGI, BOFiP, règlements de l'Autorité des normes comptables). Mis à jour le 10 août 2026.

L'essentiel en sept points

  • Le bilan est une photo prise le jour de la clôture : ce que la SCI possède, ce qu'elle doit, à qui. Le compte de résultat est le film des douze mois. Un seul point de contact : le résultat net.
  • Actif et passif s'équilibrent toujours, par construction : tout emploi a une origine.
  • Une SCI à l'IR n'a pas de bilan. L'article 8 du CGI l'impose chez ses associés, sur les recettes perçues (art. 29) et les charges acquittées (art. 31). Le bilan n'apparaît qu'à l'IS.
  • La valeur nette de l'immeuble, c'est le prix payé moins les amortissements. Elle ne dit rien du prix de marché.
  • Le compte courant d'associé (compte 455) est une dette, jamais du capital. Le poste le plus mal lu de tous les bilans de SCI.
  • Résultat n'égale pas trésorerie : la dotation aux amortissements est une charge sans décaissement, le remboursement du capital d'emprunt un décaissement sans charge, visible uniquement dans le recul du compte 164.
  • Une SCI dont les capitaux propres passent sous la moitié du capital n'a rien à régulariser, contrairement à ce qu'on lit partout : les articles L223-42 et L225-248 du Code de commerce ne visent que les sociétés commerciales.

1. Bilan et compte de résultat : deux documents, deux questions

Les comptes annuels d'une SCI, ce sont deux tableaux. Deux tableaux qui ne répondent pas du tout à la même question. Les confondre — ou lire l'un en croyant lire l'autre — est à l'origine de la moitié des malentendus entre un gérant et son comptable.

Le bilan : une photographie prise le jour de la clôture

Le bilan décrit la SCI à un instant précis : le dernier jour de l'exercice, en général le 31 décembre à minuit. Rien sur ce qui s'est passé avant, rien sur ce qui se passera après. Une photo, prise au flash, sans mouvement.

Cette photo a deux colonnes. À gauche, l'actif : ce que la SCI possède ou ce qu'on lui doit — l'immeuble, l'argent en banque, le loyer de décembre que le locataire n'a pas encore viré. À droite, le passif : d'où vient l'argent qui a permis de constituer cet actif — les apports des associés, l'emprunt bancaire, les avances en compte courant, les factures non encore réglées.

Le compte de résultat : le film des douze mois

Le compte de résultat, lui, couvre une période : les douze mois de l'exercice. D'un côté tout ce que l'activité a rapporté — les loyers, essentiellement. De l'autre tout ce qu'elle a coûté : assurance, taxe foncière, entretien, intérêts d'emprunt, amortissement. La différence, c'est le résultat de l'exercice. Positif, on parle de bénéfice ; négatif, de perte.

Ce résultat est le seul point de contact entre les deux tableaux. Il apparaît en bas du compte de résultat et se retrouve, à l'euro près, au passif du bilan, sur une ligne dédiée. C'est la toute première vérification à faire quand on reçoit ses comptes ; j'y reviens en section 10.

Pourquoi actif et passif sont toujours égaux

Le total de l'actif est toujours rigoureusement égal au total du passif. Ce n'est pas une performance de la SCI, c'est une conséquence mécanique de la façon dont on tient les comptes. Sans jargon : tout emploi a une origine.

Prenons un immeuble à 300 000 €. Il apparaît à l'actif pour 300 000 €. Mais cet argent est bien venu de quelque part : 30 000 € apportés au capital, 30 000 € avancés en compte courant, 240 000 € prêtés par la banque. Trois lignes au passif, qui totalisent exactement 300 000 €. Chaque euro entré dans la société a une origine (au passif) et se trouve aujourd'hui quelque part (à l'actif). Les deux colonnes comptent donc le même argent, deux fois, sous deux angles.

D'où une conséquence pratique : un bilan qui ne s'équilibre pas ne s'interprète pas. Il se corrige. Quelque part, une écriture est fausse.

D'où sortent physiquement ces deux tableaux

Pour une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés, le bilan et le compte de résultat ne sont pas des documents de confort : ce sont des formulaires fiscaux, joints chaque année à la déclaration de résultat.

Document Régime réel simplifié Régime réel normal
BilanFormulaire 2033-AFormulaires 2050 (actif) et 2051 (passif)
Compte de résultatFormulaire 2033-BFormulaires 2052 et 2053
Immobilisations et amortissementsFormulaire 2033-CFormulaires 2054 et 2055
Déclaration de résultat20652065

La très grande majorité des SCI relèvent du réel simplifié : leurs comptes tiennent dans les tableaux 2033-A et 2033-B. Vous cherchez comment remplir ces formulaires case par case ? C'est un autre sujet, et il a son propre guide, celui de la liasse fiscale 2033. Ici, on part de tableaux déjà remplis et on apprend à les lire.

Qui doit vous remettre ces documents, et quand

La remise annuelle des comptes aux associés n'est pas une simple courtoisie. L'article 1856 du Code civil impose au gérant de rendre compte de sa gestion aux associés au moins une fois dans l'année, et précise que cette reddition de compte comporte un rapport écrit d'ensemble sur l'activité de la société, indiquant les bénéfices réalisés ou prévisibles et les pertes encourues ou prévues.

L'article 1855 du Code civil complète le dispositif côté associés : chacun peut, au moins une fois par an, obtenir communication des livres et des documents sociaux. Ces deux textes sont le seul fondement légal solide de la circulation des comptes en SCI. Rien d'équivalent aux obligations de publication qui pèsent sur les sociétés commerciales — j'y reviens au piège n° 9. Sur la mécanique de l'assemblée qui suit la remise des comptes, lisez l'approbation des comptes en SCI ; sur ce que peut exiger un associé, le droit d'information de l'associé.

Éditez et lisez vos comptes annuels dans SCI-AI

Bilan, compte de résultat, liasse fiscale et jeu de comptes prêt pour l'assemblée : sci-ai.app produit les documents à partir de vos écritures et vous les présente en clair, poste par poste.

Dans quel ordre lire

L'ordre de la pagination n'est pas le bon. Voilà celui que je conseille systématiquement :

  1. Le passif d'abord : d'où vient l'argent, et combien la société doit-elle, à qui.
  2. L'actif ensuite : où cet argent se trouve, et notamment combien il en reste en banque.
  3. Le compte de résultat en dernier : ce que l'année a produit, une fois qu'on a compris la structure.

Commencer par le résultat net, c'est se poser tout de suite la mauvaise question : « ai-je gagné de l'argent ? ». Dans une SCI endettée, la vraie question est ailleurs, et elle est structurelle : ma société tient-elle debout, et grâce à qui ?


2. Toutes les SCI n'ont pas de bilan

Avant d'apprendre à lire un bilan, encore faut-il en avoir un. Or une bonne moitié des SCI françaises n'en a aucun, et n'est en faute d'aucune manière. Ce n'est pas une tolérance de l'administration. C'est la conséquence directe de la façon dont la loi fiscale calcule leur revenu.

La SCI translucide : une comptabilité de caisse, sans bilan

Une SCI qui n'a pas opté pour l'impôt sur les sociétés relève de l'article 8 du CGI : elle n'est pas elle-même redevable de l'impôt, ses associés le sont, chacun à hauteur de sa quote-part. C'est ce qu'on appelle la translucidité fiscale — un terme précis, qu'il ne faut pas confondre avec la transparence au sens strict, réservée aux sociétés d'attribution de l'article 1655 ter du CGI.

Le revenu ainsi réparti est un revenu foncier, et sa détermination obéit à deux articles qui commandent toute la suite :

  • Article 29 du CGI : le revenu brut est constitué des recettes effectivement perçues au cours de l'année, augmentées des dépenses incombant normalement au bailleur et mises par convention à la charge du locataire.
  • Article 31 du CGI : les charges déductibles sont celles effectivement acquittées au cours de l'année, dans une liste limitative.

Deux mots portent tout : perçues et acquittées. On raisonne en encaissements et décaissements, autrement dit en mouvements du compte bancaire. Un loyer de décembre viré le 3 janvier ? Revenu de l'année suivante. Une facture de travaux reçue en novembre, payée en février ? Déductible en février, pas avant.

Cette logique de caisse rend inutile tout l'appareillage du bilan :

  • Pas de créances ni de dettes à constater : ce qui n'est ni encaissé ni payé n'existe pas fiscalement.
  • Pas d'amortissement : la liste de l'article 31 ne le prévoit pas. Le prix de l'immeuble ne se déduit jamais des revenus fonciers.
  • Pas de bilan exigé : aucun texte n'impose à une SCI translucide de dresser un bilan ni de tenir une comptabilité en partie double.

La déclaration annuelle de la société est la 2072-S-SD (la 2072-C-SD dans les cas complexes), dont la télétransmission est obligatoire en application du VI de l'article 1649 quater B quater du CGI. Chaque associé personne physique reporte ensuite sa quote-part sur sa 2044, puis sur sa 2042. Pour le remplissage case par case, direction la déclaration 2072 ; pour le report chez l'associé, la quote-part sur la 2044.

À retenir : votre SCI est à l'IR et votre comptable vous remet quand même un bilan ? C'est un service, pas une obligation. Ce document est souvent très utile — les banques le réclament, les acquéreurs de parts aussi — mais il n'a aucune portée fiscale. Le seul document opposable reste la 2072.

La SCI à l'IS : comptabilité d'engagement et plan comptable général

Tout change avec l'option pour l'impôt sur les sociétés. La SCI devient redevable de l'impôt en son nom, et son résultat se détermine selon les règles des bénéfices industriels et commerciaux : comptabilité d'engagement, où l'on enregistre les produits dès qu'ils sont acquis et les charges dès qu'elles sont engagées, indépendamment de la date de paiement.

Le rattachement au plan comptable général se fait par l'article 38 quater de l'annexe III au CGI, qui dispose que les entreprises doivent respecter les définitions édictées par le plan comptable général, sous réserve que celles-ci ne soient pas incompatibles avec les règles fiscales.

Piège de référence, très fréquent : il existe deux articles « 38 quater ». Celui du CGI lui-même organise l'étalement, sur cinq ans, du profit résultant de l'indemnisation du préjudice économique subi par l'entreprise du fait du décès, au titre d'un contrat d'assurance sur la vie souscrit sur la tête d'un dirigeant ou d'une personne jouant un rôle déterminant dans l'exploitation — l'assurance dite « homme clé ». Il n'a strictement rien à voir avec la comptabilité. Seul l'article 38 quater de l'annexe III rattache l'entreprise au plan comptable général. Une note de bas de page qui cite « l'article 38 quater du CGI » à propos du PCG est fausse.

Ce basculement fait apparaître d'un coup tout ce que la SCI à l'IR ignorait : un actif immobilisé amorti, des créances locataires, des dettes fournisseurs, des charges et produits constatés d'avance. Et donc un bilan. Si votre SCI vient d'opter, sachez que la construction du tout premier de ces bilans est un exercice à part entière : elle a son guide dédié, le bilan d'ouverture.

Le cas hybride : une SCI à l'IR dont un associé est une société à l'IS

Entre les deux se glisse une situation fréquente et mal connue. Lorsque des parts d'une SCI translucide sont détenues par une personne morale soumise à l'impôt sur les sociétés — une holding, une SASU d'exploitation — le I de l'article 238 bis K du CGI impose de déterminer la quote-part de résultat revenant à cet associé selon les règles applicables à l'IS, et non selon celles des revenus fonciers.

La conséquence est très concrète : la SCI doit alors tenir, au moins pour cette quote-part, une comptabilité d'engagement avec amortissements. Elle produit dans les faits un jeu de comptes complet tout en restant translucide. Une même société se retrouve ainsi avec un associé imposé en revenus fonciers et un autre imposé sur une quote-part calculée comme un résultat d'entreprise. Le montage est détaillé dans SCI avec un associé personne morale et dans son pendant associés à l'IR et à l'IS dans la même SCI.

Situation Logique Bilan ? Amortissement ?
SCI à l'IR, associés personnes physiquesCaisse (art. 29 et 31 CGI)Non exigéNon
SCI à l'IR, un associé à l'ISMixte (art. 238 bis K, I CGI)En pratique ouiPour la quote-part concernée
SCI à l'ISEngagement (PCG, art. 38 quater ann. III)OuiOui

Pour le panorama complet des obligations selon le régime, tout est dans le guide de la comptabilité de SCI. La suite de cet article se concentre sur un jeu de comptes de SCI à l'IS — puis reprend, en section 8, exactement le même immeuble en régime translucide, pour que vous voyiez l'écart de vos propres yeux.


3. L'actif du bilan, ligne par ligne

L'actif d'une SCI tient en général sur une demi-page : un immeuble, un compte bancaire, deux ou trois lignes techniques. Le travail de lecture consiste à comprendre ce que chacune raconte — et surtout ce qu'elle ne raconte pas.

Les trois colonnes : brut, amortissements, net

La partie haute de l'actif se lit sur trois colonnes. C'est la première chose à repérer :

  • Brut : le prix payé à l'origine, inchangé depuis l'acquisition. C'est le coût historique.
  • Amortissements et dépréciations : le cumul de tout ce qui a déjà été passé en charge depuis l'achat.
  • Net : la différence entre les deux. C'est ce chiffre qui remonte dans le total du bilan.

Un immeuble acheté 240 000 €, amorti depuis trois ans à 8 000 € par an, figure donc pour 240 000 € en brut, 24 000 € d'amortissements, 216 000 € en net. Trois colonnes, trois informations distinctes : ce que vous avez payé, ce que vous avez déjà déduit, ce qu'il vous reste à déduire.

Le terrain (compte 211) : jamais amorti

Le terrain occupe une ligne distincte de la construction, et sa colonne « amortissements » reste vide toute la vie de la SCI. La raison tient en une phrase : l'amortissement constate la consommation des avantages économiques d'un actif dans le temps. Un bâtiment se dégrade ; un terrain, non. Pas de durée d'utilisation limitée, pas d'amortissement.

Et c'est pour cette seule raison que le prix d'acquisition doit être ventilé entre terrain et construction dès l'entrée du bien au bilan. Une ventilation trop généreuse côté construction gonfle l'amortissement déductible : c'est l'un des redressements les plus classiques en SCI à l'IS, et l'un des plus faciles à établir. La méthode et les fourchettes admises sont dans le guide de la valeur du terrain au bilan d'une SCI.

Ce que signale un terrain absent du bilan : pas de ligne « terrains » alors que la SCI détient un immeuble bâti en pleine propriété ? La ventilation n'a jamais été faite. La totalité du prix est amortie, part de terrain comprise. L'erreur se paiera au premier contrôle.

Les constructions (compte 213) : le poste qui bouge chaque année

La construction, elle, s'amortit. Elle est souvent éclatée en plusieurs lignes correspondant aux composants — gros œuvre, toiture, étanchéité, façade, installations techniques, aménagements intérieurs — chacun avec sa durée propre. Le principe et les durées usuelles sont détaillés dans l'amortissement en SCI à l'IS et le plan d'amortissement.

Un seul réflexe suffit à la lecture : la colonne « amortissements » de la construction doit augmenter chaque année du montant exact de la dotation figurant au compte de résultat. Elle stagne ? Il manque une dotation. La section 10 explique pourquoi cet oubli-là coûte cher, et définitivement.

Attention : le net comptable n'est pas la valeur du bien

Le contresens numéro un, celui que j'entends chaque semaine. La valeur nette au bilan ne dit rien du prix auquel l'immeuble se vendrait. C'est un calcul mécanique — prix payé moins amortissements pratiqués — sans le moindre rapport avec le marché.

Un immeuble acquis 300 000 € en 2010, amorti depuis quinze ans, peut figurer au bilan pour 180 000 € et en valoir 420 000. L'inverse existe aussi : un bien acheté au plus haut dans une zone qui s'est dégradée figure pour 280 000 € et n'en vaut plus que 230 000. Le bilan est tenu au coût historique. Il enregistre le prix payé, jamais le prix du jour.

Une exception, une seule : la réévaluation libre, qui permet d'inscrire les actifs à leur valeur actuelle. Opération lourde, aux conséquences fiscales sérieuses, traitée à part dans la réévaluation libre du bilan. Tant qu'elle n'a pas été pratiquée, ne cherchez pas la valeur de votre patrimoine dans votre bilan. Elle n'y est pas.

Les créances locataires (compte 411)

Ce poste recense les loyers et charges appelés mais non encore encaissés au jour de la clôture. Il n'existe qu'en comptabilité d'engagement : une quittance émise crée une créance, même si le virement n'est jamais arrivé.

Ce que le montant vous dit, sans détour :

  • Environ un mois de quittance : normal. C'est celle de décembre, appelée fin décembre, réglée début janvier.
  • Trois ou quatre mois : un impayé court, et personne ne vous l'a dit franchement.
  • Un solde qui grossit d'année en année : des créances anciennes s'entassent sans être ni encaissées, ni dépréciées, ni passées en perte. Votre bilan est optimiste à tort.

Le traitement des loyers impayés — dépréciation, puis perte définitive — obéit à une mécanique propre, détaillée dans les impayés de loyer en SCI. Les écritures courantes de facturation et d'encaissement, elles, sont dans les écritures de loyers.

Les charges constatées d'avance (compte 486)

Le poste qui déroute le plus les non-comptables, alors que sa logique est limpide. En novembre, la SCI paie une prime d'assurance qui court jusqu'en mars de l'année suivante. Une partie de cette dépense concerne l'exercice suivant : la déduire intégralement cette année serait faux.

On sort donc du compte de résultat la fraction qui appartient à l'année d'après, et on la met de côté à l'actif du bilan. Elle redeviendra une charge à l'ouverture de l'exercice suivant. Pure question de découpage temporel, propre à la comptabilité d'engagement — et qui, très logiquement, n'existe pas en SCI à l'IR, où l'on déduit ce qui est payé, l'année où c'est payé, un point c'est tout.

Les disponibilités (compte 512)

Le poste le plus simple, et le plus utile : le solde du ou des comptes bancaires de la SCI au 31 décembre. Ce chiffre doit coller à l'euro près au relevé de fin d'année, une fois les opérations en cours prises en compte. C'est aussi le contrôle le plus rapide qu'un gérant puisse faire seul, en trente secondes — voir la section 10.

Une trésorerie faible n'a rien d'anormal dans une SCI qui rembourse un crédit : la quasi-totalité des loyers part en échéances. Ce qui doit alerter, c'est une trésorerie incapable d'absorber le premier imprévu venu — un mois de vacance locative, un appel de fonds du syndic, une régularisation de taxe foncière. Sur la mesure de cette capacité, le cash-flow d'une SCI.

Ce qu'un actif anormal signale, en résumé

Ce que vous voyez Ce que cela signale
Pas de ligne « terrains »Ventilation jamais faite : le terrain est amorti à tort
Amortissements identiques à N-1Dotation oubliée sur l'exercice (voir art. 39 B du CGI)
Créances locataires supérieures à 2 mois de quittanceImpayé en cours non signalé
Créances locataires stables depuis 3 ansCréances irrécouvrables jamais apurées
Banque à zéro ou proche de zéroAucune marge pour un imprévu : risque d'appel de fonds aux associés
Banque très élevée sans projet identifiéTrésorerie dormante : question de l'affectation du résultat

4. Le passif du bilan, ligne par ligne

Le passif est la partie la plus instructive du bilan, et celle que les gérants lisent le moins. Deux blocs, à ne jamais mélanger : les capitaux propres, ce que les associés ont mis et laissé dans la société ; les dettes, ce que la société doit à des tiers — y compris à ses propres associés.

Le capital social (compte 101)

Le montant des apports faits par les associés à la constitution, augmenté des apports ultérieurs. Chiffre figé : il ne bouge que si une assemblée décide formellement une augmentation ou une réduction. Beaucoup de SCI affichent 1 000 €, parfois 100 €. Ni un défaut ni une qualité : un choix de constitution, que je décortique dans le capital social d'une SCI.

À la lecture, retenez ceci : le capital social ne mesure rien de la santé de la société. Une SCI au capital de 100 € qui détient un immeuble à un million, c'est courant et sain. Le chiffre qui a du sens, c'est la situation nette, deux paragraphes plus bas.

Le report à nouveau (comptes 110 et 119)

Le report à nouveau est la mémoire des exercices passés : le cumul des résultats que les associés ont décidé de ne pas distribuer et de laisser dans la société. Il porte deux numéros de compte selon son signe :

  • 110 : report à nouveau créditeur, c'est-à-dire un cumul de bénéfices conservés. Il augmente les capitaux propres.
  • 119 : report à nouveau débiteur, c'est-à-dire un cumul de pertes. Il diminue les capitaux propres, et apparaît au passif avec un signe négatif ou entre parenthèses.

Un report à nouveau débiteur n'a rien d'alarmant en soi. La plupart des SCI à l'IS accumulent des pertes les premières années : frais d'acquisition passés en charges, amortissement à plein régime, loyer pas encore optimisé. Une seule question à se poser : se résorbe-t-il d'année en année ? La décision qui alimente ce poste relève de l'affectation du résultat en SCI.

Le résultat de l'exercice (comptes 120 et 129)

Cette ligne reprend, à l'euro près, le résultat net qui figure en bas du compte de résultat : compte 120 pour un bénéfice, compte 129 pour une perte. Seul point de jonction entre les deux tableaux, donc premier contrôle de cohérence à faire.

Attention à la mécanique dans le temps, elle en surprend plus d'un. Le résultat de l'exercice N occupe sa propre ligne au 31 décembre N. Il n'en bouge pas tout seul le 1er janvier : l'écriture d'affectation n'est passée qu'à la date de la décision de l'assemblée qui approuve les comptes, donc au cours de l'exercice N+1, et elle vire le solde du compte 120 vers le report à nouveau — ou vers un compte de distribution. Au bilan N+1, la ligne « résultat » ne contient donc plus que le résultat de N+1. Rien ne s'empile. Notez au passage qu'aucun texte n'enferme l'assemblée d'une société civile dans le délai de six mois des sociétés commerciales ; en pratique, c'est le calendrier fiscal qui commande, la SCI à l'IS devant déposer sa liasse au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai pour un exercice clos au 31 décembre.

La situation nette : le seul vrai indicateur de solidité

La situation nette, ou capitaux propres, agrège tous les postes que les associés ont apportés ou laissés dans la société :

Situation nette = capital social + primes d'émission ou d'apport + écarts de réévaluation + réserves + report à nouveau (±) + résultat de l'exercice (±) + subventions d'investissement + provisions réglementées

Dans l'immense majorité des SCI, la formule se réduit d'elle-même à ses trois premiers termes utiles — capital + report à nouveau ± résultat — parce qu'il n'y a ni prime, ni réserve, ni subvention inscrite au bilan. Mais dès qu'une assemblée vote une mise en réserve plutôt qu'un report à nouveau, ou qu'un associé apporte avec prime, les lignes correspondantes apparaissent et doivent entrer dans le total.

Elle répond à une question très simple : si la SCI vendait tout à la valeur de son bilan et remboursait toutes ses dettes, que resterait-il aux associés ? C'est la seule ligne du passif qui mesure vraiment la solidité de la société. La section 9 dit comment la lire — et surtout ce qu'il ne faut pas en conclure quand elle passe sous zéro.

Les emprunts auprès des établissements de crédit (compte 164)

Cette ligne porte le capital restant dû à la banque au 31 décembre. Ni le montant emprunté à l'origine, ni le total à rembourser intérêts compris. Ce qu'il reste de principal, rien d'autre.

Et c'est la ligne la plus riche du bilan, pour une raison qui échappe à presque tous les gérants : le remboursement du capital ne se lit nulle part ailleurs. Absent du compte de résultat, puisque ce n'est pas une charge. Le seul moyen de le mesurer, c'est de comparer cette ligne d'une année sur l'autre :

Capital remboursé dans l'année = ligne « emprunts » au 31/12 N-1 − ligne « emprunts » au 31/12 N

Prenez le réflexe : les colonnes N et N-1 du bilan contiennent une information que le compte de résultat ne vous donnera jamais. Le détail des écritures d'emprunt — déblocage, échéances, ventilation capital / intérêts / assurance — est dans les écritures d'emprunt en SCI.

Les comptes courants d'associés (compte 455)

Nous y voilà : le poste le plus mal lu de tous les bilans de SCI.

Le compte courant d'associé est une dette, pas du capital

Il figure au passif, dans les dettes, jamais dans les capitaux propres. C'est de l'argent que la SCI doit à ses associés et qu'elle devra leur rendre. L'additionner au capital social pour « mesurer les fonds propres » revient à additionner un apport définitif et une créance exigible : le résultat n'a aucun sens.

Le compte courant enregistre tout ce qu'un associé a avancé à la société sans passer par le capital : un apport de trésorerie pour boucler un achat, une facture réglée de sa poche, un loyer encaissé sur son compte perso, des frais avancés. Cette souplesse explique son succès en SCI — voyez le compte courant d'associé, et les écritures de compte courant pour la mécanique.

Au bilan, une seule chose vous intéresse : le signe du solde.

  • Solde créditeur (le cas normal) : la SCI doit de l'argent à l'associé. Le poste figure bien au passif.
  • Solde débiteur : l'inverse — l'associé doit de l'argent à la SCI, et le poste bascule à l'actif du bilan. Ce n'est plus un financement, c'est un prêt de la société à son associé, avec des conséquences fiscales sérieuses, traitées intégralement dans le compte courant débiteur.

Un compte courant d'associé qui apparaît à l'actif de votre bilan ? Arrêtez tout, allez lire ce guide, et ne signez rien avant. Quand plusieurs associés sont concernés, chaque compte se lit isolément, sans compensation entre eux — c'est tout l'objet des comptes courants multiples.

Les dépôts et cautionnements reçus (compte 165)

Le dépôt de garantie versé par le locataire à l'entrée dans les lieux est encaissé par la SCI, mais il ne lui appartient pas : il devra être restitué en fin de bail, sous réserve des retenues justifiées. C'est donc une dette, inscrite au passif, et jamais un produit du compte de résultat.

Comptabiliser ce dépôt en produit est une erreur fréquente dans les comptabilités tenues à la main sur tableur : elle gonfle le résultat de l'année d'entrée du locataire et fait disparaître une dette bien réelle. Le traitement correct tient en deux écritures, détaillées dans les écritures de dépôt de garantie.

Les dettes fournisseurs (compte 401)

Les factures reçues avant la clôture et non encore payées : le syndic, l'artisan, le comptable. En comptabilité d'engagement, la charge est enregistrée à réception de la facture et la dette reste au bilan jusqu'au règlement. Un poste fournisseurs gros par rapport à l'activité signale l'une de deux choses : des travaux récents non réglés, ou une trésorerie sous tension.

Les produits constatés d'avance (compte 487)

Le symétrique exact des charges constatées d'avance vues à l'actif. Un locataire règle en décembre le loyer de janvier ? Cet encaissement n'est pas un produit de l'exercice qui se clôture : on le neutralise au passif, en produits constatés d'avance, pour le reprendre en produit l'année suivante.

Poste fréquent dans les SCI qui louent à des professionnels, avec des loyers payables d'avance par trimestre ou par semestre. Dans le cas chiffré de la section 6, il est nul. Mais s'il apparaît dans vos comptes, vous savez maintenant ce qu'il raconte : de l'argent déjà encaissé, dont le produit appartient à l'année d'après.


5. Le compte de résultat, et ce que la réforme 2025 a changé

Le bilan est lu. Nous savons ce que la SCI possède, et à qui elle le doit. Passons au second tableau, celui qui raconte l'année.

Le compte de résultat se lit de haut en bas, par étages. Chaque étage produit son solde intermédiaire ; le dernier donne le résultat net.

Les trois étages

  1. L'exploitation : l'activité normale de la SCI, autrement dit louer un immeuble. Produits moins charges d'exploitation, cela donne le résultat d'exploitation — l'étage qui dit si l'immeuble, en lui-même, est rentable.
  2. Le financier : les intérêts d'emprunt, pour l'essentiel. D'où le résultat financier, presque toujours négatif dans une SCI endettée.
  3. L'exceptionnel : ce qui n'a pas vocation à se reproduire. Cet étage-là, la réforme de 2025 l'a quasiment vidé. J'y viens.

Résultat d'exploitation plus résultat financier donne le résultat courant avant impôts. On y ajoute le résultat exceptionnel, on retranche l'impôt sur les bénéfices, et l'on obtient le résultat net — celui qui remonte au passif du bilan.

Les produits

  • Les loyers, produit principal, en produits d'exploitation. Selon le plan de comptes retenu, ils atterrissent en compte 706 (prestations de services) ou en compte 752 « Revenus des immeubles non affectés à des activités professionnelles », maintenu par le PCG 2025 ; le choix et ses implications relèvent du plan comptable d'une SCI. Le point à retenir ici : ils sont enregistrés quand ils sont acquis, pas quand ils tombent sur le compte.
  • Les charges refacturées au locataire — provisions pour charges récupérables, taxe d'enlèvement des ordures ménagères — en produits des activités annexes (compte 708). Elles ont leur contrepartie en charges : effet net sur le résultat presque nul, mais les deux colonnes gonflent. Détail dans la refacturation des charges au locataire.

Les charges

Poste Compte usuel Ce qu'il contient
Charges de copropriété614Appels de fonds du syndic, récupérables ou non
Entretien et réparations6152Travaux d'entretien qui ne créent pas d'actif nouveau
Assurances616Propriétaire non occupant, garantie loyers impayés
Honoraires622Comptabilité, gestion locative, conseils
Taxe foncière63512Impôt local, à la charge du propriétaire
Dotation aux amortissements6811Charge calculée, sans aucun décaissement
Charges d'intérêts661Intérêts d'emprunt uniquement, jamais le capital
Impôt sur les bénéfices695IS dû au titre de l'exercice

Deux lignes méritent qu'on s'y arrête. Ce sont elles qui provoquent tous les malentendus :

  • Le compte 6811 est une charge qui ne correspond à aucune sortie d'argent. Rien ne quitte le compte bancaire, jamais. C'est une simple répartition comptable du prix de l'immeuble sur sa durée d'utilisation.
  • Le compte 661 ne contient que les intérêts. Échéance mensuelle de 1 400 €, dont 650 € d'intérêts et 750 € de capital ? Seuls les 650 € apparaissent ici. Les 750 € restants sont introuvables dans ce tableau : ils ont fait reculer la ligne « emprunts » au passif du bilan.

Ces deux constats, mis bout à bout, expliquent à eux seuls l'écart entre résultat et trésorerie. Chiffres à l'appui en section 7.

Ce que la réforme comptable applicable en 2025 a changé

Vous lisez en 2026 les comptes de votre SCI clos au 31 décembre 2025 ? Alors vous avez sous les yeux les premiers comptes présentés au nouveau format. Ce n'est pas un détail de mise en page : des lignes ont changé de place, et la comparaison avec l'exercice précédent en souffre.

Le texte en cause est le règlement de l'Autorité des normes comptables n° 2022-06 du 4 novembre 2022, relatif à la modernisation des états financiers, homologué par un arrêté du 26 décembre 2023 publié au Journal officiel du 30 décembre 2023. Il s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025 — donc, pour une SCI qui clôture au 31 décembre, à l'exercice 2025 ; une application anticipée était possible dès les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024.

Trois conséquences sautent aux yeux quand on lit un compte de résultat de SCI.

a) La technique du transfert de charges disparaît

Jusqu'aux comptes 2024, une charge refacturée à un tiers ou remboursée par une assurance se neutralisait par un compte de transfert de charges — 791, 796, 797. Le résultat final était juste, mais la lecture opaque : deux montants se compensaient sur des lignes éloignées de plusieurs centimètres dans le tableau.

Ces comptes sont supprimés. Chaque opération s'enregistre désormais selon sa nature réelle : une refacturation de charges au locataire en produits des activités annexes (compte 708), une indemnité d'assurance au compte 7587 « Indemnités d'assurance », un remboursement de charges de personnel au compte 649. Résultat visible : à opérations identiques, les produits d'exploitation 2025 sont un peu supérieurs à ceux de 2024. Le montant n'a pas changé, il a changé de ligne.

b) Le résultat exceptionnel est réduit à presque rien

La définition du résultat exceptionnel a été sérieusement resserrée. Il ne recueille plus que les produits et charges liés à un événement majeur et inhabituel, plus quelques opérations limitativement prévues : amortissements dérogatoires et provisions réglementées, effets des changements de méthode comptable, corrections d'erreurs. Une régularisation d'assurance, un rappel de taxe foncière, une indemnité de résiliation de bail : plus rien d'exceptionnel là-dedans, tout cela est d'exploitation.

Pour l'écrasante majorité des SCI, cela se traduit d'une manière très simple : le résultat exceptionnel est nul, année après année. S'il en reste un dans vos comptes 2025 sans qu'un sinistre majeur soit survenu, appelez votre comptable.

c) La cession d'un immeuble remonte en résultat d'exploitation

Le changement le plus spectaculaire pour une SCI, et de loin. Jusqu'aux comptes 2024, la vente d'un immeuble se traduisait par deux écritures exceptionnelles : la valeur nette comptable du bien cédé en charge (compte 675), le prix de vente en produit (compte 775).

Ces deux comptes sont supprimés, au profit de comptes rattachés à l'exploitation : la valeur comptable des immobilisations incorporelles et corporelles cédées au compte 657, les produits de cession correspondants au compte 757 — les cessions d'immobilisations financières relevant, elles, de comptes financiers (667 et 767). Le résultat de cession d'un immeuble remonte donc dans le résultat d'exploitation.

Effet de lecture à connaître : une SCI qui vend un immeuble en 2025 verra son résultat d'exploitation exploser, non pas parce que sa location est devenue miraculeusement rentable, mais parce que le produit de cession y est désormais logé. Ne tirez aucune conclusion de la seule évolution du résultat d'exploitation l'année d'une vente. Les écritures détaillées d'une cession sont traitées dans notre guide des écritures de vente d'immeuble.

Le même règlement a par ailleurs revu le traitement des subventions d'investissement : le compte 777 disparaît et la quote-part virée au résultat s'inscrit au crédit du compte 747, par le débit du compte 139 — donc en produit d'exploitation, au même rythme que l'amortissement du bien financé. Votre SCI a touché une aide à la rénovation ? Le traitement d'ensemble est dans les travaux de rénovation globale en SCI.

Conséquence pratique : ne comparez pas 2025 et 2024 à l'aveugle

La règle de première application est précise, et il faut la connaître pour lire correctement la colonne comparative : les comptes 2024 ne sont pas retraités rétrospectivement. Seules sont opérées, sur la colonne N-1, les modifications de présentation strictement nécessaires pour respecter les nouveaux modèles de bilan et de compte de résultat. Autrement dit, la colonne 2024 n'est pas reconstruite comme si la réforme avait toujours existé : un écart entre les deux colonnes peut donc être un pur effet de reclassement, sans qu'aucune opération réelle n'ait changé. L'annexe des comptes doit d'ailleurs expliquer ce passage de l'ancien au nouveau plan de comptes : c'est là qu'il faut aller chercher la réponse.

Ma règle de prudence pour 2026 : comparez le résultat net de N et de N-1, qui reste comparable, et méfiez-vous du poste à poste sur le résultat d'exploitation, les produits d'exploitation et le résultat exceptionnel. Pour bâtir des indicateurs qui restent stables dans le temps, voyez les indicateurs de pilotage d'une SCI.


6. Cas chiffré complet : un bilan et un compte de résultat commentés

Tout ce qui précède devient limpide sur un vrai jeu de comptes. Celui qui suit est banal : une SCI comme il en passe des dizaines chaque semaine chez nous. Chaque total est vérifiable — prenez une calculette, additionnez les lignes, vous retomberez sur les sous-totaux.

Les hypothèses

Paramètre Valeur
Forme et régimeSCI soumise à l'impôt sur les sociétés, exercice civil
Exercice luDu 1er janvier au 31 décembre 2025 (3e exercice)
Immeuble acquis le 1er janvier 2023300 000 € — terrain 60 000 €, construction 240 000 €
Amortissement de la constructionLinéaire sur 30 ans, soit 8 000 € par an
FinancementCapital 30 000 €, comptes courants d'associés 56 000 €, emprunt 240 000 € sur 20 ans à 3,50 %
Frais d'acquisition 202321 584 € — dont 17 400 € de droits de mutation (5,80 %, taux alors applicable) et 4 184 € d'émoluments et débours du notaire, comptabilisés en charges de l'exercice 2023
Loyer1 800 € par mois hors charges, soit 21 600 € par an
Provisions pour charges150 € par mois, soit 1 800 € par an, refacturés au locataire
Dépôt de garantie détenu1 800 € (un mois de loyer hors charges)

Deux précisions, sans quoi vous ne retomberiez pas sur mes chiffres. Un : la quittance de décembre 2025 — 1 950 €, soit 1 800 € de loyer et 150 € de charges — a été appelée fin décembre et encaissée le 3 janvier 2026 ; elle figure donc en créance à l'actif. Deux : je fige volontairement les créances et les dettes d'exploitation d'une clôture à l'autre, pour que la réconciliation de la section 7 tienne en quatre lignes. Dans de vrais comptes, il faudrait ajouter la variation de ces postes.

Extrait du tableau d'amortissement de l'emprunt

L'emprunt de 240 000 € sur 20 ans à 3,50 % se rembourse par annuités constantes de 16 887 €. Voici les trois premières lignes, arrondies à l'euro :

Année Échéance Intérêts Capital Capital restant dû au 31/12
202316 887 €8 400 €8 487 €231 513 €
202416 887 €8 103 €8 784 €222 729 €
202516 887 €7 796 €9 091 €213 638 €

Gardez en tête les deux chiffres en couleur. 7 796 € d'intérêts : direction le compte de résultat. 9 091 € de capital : nulle part dans le compte de résultat, mais ils font reculer la ligne « emprunts » du bilan de 222 729 € à 213 638 €. Toute la suite de l'article tient dans cette phrase.

Tableau 1 — Le bilan au 31 décembre 2025

ACTIF Brut Amort. Net 2025 Net 2024
Terrain (211)60 00060 00060 000
Construction (213)240 00024 000216 000224 000
Total actif immobilisé300 00024 000276 000284 000
Locataires (411)1 9501 9501 950
Charges constatées d'avance (486)190190190
Banque (512)4 4344 4344 629
Total actif circulant6 5746 5746 769
TOTAL ACTIF306 57424 000282 574290 769
PASSIF 2025 2024
Capital social (101)30 00030 000
Report à nouveau débiteur (119)− 20 238− 21 134
Résultat de l'exercice (120)896896
Situation nette (capitaux propres)10 6589 762
Emprunt bancaire (164)213 638222 729
Comptes courants d'associés (455)56 00056 000
Dépôt de garantie reçu (165)1 8001 800
Fournisseurs (401)320320
État — impôt sur les sociétés à payer (444)158158
Produits constatés d'avance (487)
Total dettes271 916281 007
TOTAL PASSIF282 574290 769

Vérification immédiate : total actif net 282 574 € = total passif 282 574 €. Le bilan est équilibré. Côté financement, les chiffres tiennent aussi : 30 000 € de capital, 56 000 € de comptes courants et 240 000 € d'emprunt, soit 326 000 € réunis en 2023, ont payé l'immeuble (300 000 €) et ses frais d'acquisition (21 584 €). C'est le premier réflexe à avoir devant un plan de financement : un immeuble ancien coûte toujours 6 à 8 % de plus que son prix affiché.

Une précision sur la colonne 2024, sans quoi vous buteriez sur une incohérence apparente : le résultat net y est identique à celui de 2025 (896 €) alors que les intérêts d'emprunt étaient plus élevés (8 103 € contre 7 796 €). C'est volontaire. Les charges d'exploitation 2024 s'élevaient à 14 243 €, soit 307 € de moins qu'en 2025 — un exercice sans gros entretien —, de sorte que le résultat courant tombe sur le même 1 054 €. À charges d'exploitation rigoureusement identiques, 2024 aurait dégagé 747 € de résultat courant, 112 € d'IS et 635 € de résultat net. Je fige ce résultat d'un exercice à l'autre pour que la réconciliation de la section 7 tienne en quatre lignes, sans variation de dettes fiscales à retraiter.

Chaque ligne, en une phrase

  • Terrain 60 000 € : inchangé depuis 2023, sans amortissement, et il le restera jusqu'à la vente.
  • Construction 240 000 € brut, 24 000 € d'amortissements : trois exercices à 8 000 €. La valeur nette de 216 000 € ne dit rien du prix de marché du bien.
  • Locataires 1 950 € : la quittance de décembre, encaissée le 3 janvier. Un mois exactement : le locataire paie normalement.
  • Charges constatées d'avance 190 € : la fraction de prime d'assurance couvrant les premiers mois de 2026, sortie des charges 2025.
  • Banque 4 434 € : deux mois et demi de loyer d'avance, à peine. Maigre, mais logique pour une SCI qui rembourse 16 887 € d'échéances avec 21 600 € de loyers.
  • Capital 30 000 € : l'apport initial des associés, figé.
  • Report à nouveau − 20 238 € : le cumul des pertes de 2023, l'exercice d'acquisition, plombé par la comptabilisation en charges des 21 584 € de droits d'enregistrement et de frais d'acte, partiellement résorbé par le bénéfice de 2024 affecté en report.
  • Résultat 896 € : le bénéfice net 2025, repris à l'identique du tableau 2 ci-dessous.
  • Situation nette 10 658 € : très inférieure au capital social, ce qui est normal après un démarrage déficitaire, et en progression de 896 € sur l'année. La trajectoire est bonne.
  • Emprunt 213 638 € : en recul de 9 091 € sur l'année. C'est le capital remboursé — introuvable ailleurs.
  • Comptes courants 56 000 € : des dettes envers les associés, pas des fonds propres. La SCI leur doit près du double de ce qu'ils ont mis au capital.
  • Dépôt de garantie 1 800 € : encaissé mais dû au locataire. Il figure au passif, jamais en produit.
  • Fournisseurs 320 € : une facture d'entretien de décembre non encore réglée.
  • IS à payer 158 € : l'impôt de l'exercice 2025, dû au titre du solde à verser en 2026.

Tableau 2 — Le compte de résultat de l'exercice 2025

Poste Compte Montant
Loyers70621 600
Charges refacturées au locataire7081 800
Total produits d'exploitation23 400
Charges de copropriété6142 100
Entretien et réparations61521 450
Assurance propriétaire non occupant616380
Honoraires de gestion locative622940
Taxe foncière635121 680
Dotation aux amortissements68118 000
Total charges d'exploitation14 550
RÉSULTAT D'EXPLOITATION8 850
Charges d'intérêts6617 796
RÉSULTAT FINANCIER− 7 796
RÉSULTAT COURANT AVANT IMPÔTS1 054
Résultat exceptionnel0
Impôt sur les sociétés (15 % de 1 054)695158
RÉSULTAT NET120896

Chaque ligne, en une phrase

  • Loyers 21 600 € : les douze mois de l'année, y compris décembre non encaissé — c'est la comptabilité d'engagement.
  • Charges refacturées 1 800 € : les provisions appelées au locataire. Depuis les comptes 2025, elles se lisent en produits d'exploitation et non plus par un transfert de charges.
  • Charges de copropriété 2 100 € : les appels du syndic. L'écart de 300 € avec la refacturation correspond à la part non récupérable sur le locataire.
  • Entretien 1 450 € : des réparations qui n'améliorent pas le bien : elles restent en charges et ne viennent pas grossir l'actif.
  • Assurance 380 € : la prime de l'année, après retrait des 190 € qui concernent 2026.
  • Honoraires 940 € : les honoraires versés à l'agence qui gère l'immeuble, au titre du mandat de gestion locative.
  • Taxe foncière 1 680 € : à la charge de la SCI propriétaire.
  • Dotation 8 000 € : la charge la plus lourde du tableau, et pourtant aucun euro n'est sorti du compte bancaire.
  • Intérêts 7 796 € : la seule part déductible de l'échéance annuelle de 16 887 €.
  • Impôt 158 € : 15 % du résultat courant, au taux réduit de l'article 219, I-b du CGI, sous conditions détaillées dans notre guide de l'IS à 15 % en SCI.
  • Résultat net 896 € : repris à l'identique au passif du bilan. Le contrôle croisé est validé.

La remarque qui change tout : cette SCI est bénéficiaire de 896 €. Et pourtant sa trésorerie a baissé de 195 € sur l'année — la banque est passée de 4 629 € à 4 434 €. Un bénéfice et une trésorerie qui recule, en même temps, dans les mêmes comptes. La section suivante démonte le mécanisme, et la réponse tient entièrement dans les deux chiffres en couleur des tableaux ci-dessus.

Une réserve, pour être complet : le résultat comptable de 1 054 € n'est pas forcément le résultat fiscal qui sert de base à l'IS. Certaines charges comptabilisées doivent parfois être réintégrées. Ce passage du comptable au fiscal a son guide dédié, le résultat comptable et fiscal d'une SCI. Ici, aucune réintégration n'était nécessaire.


7. Le grand écart entre résultat et trésorerie, lu sur les deux tableaux

C'est la question que tout gérant de SCI finit par poser, tôt ou tard, souvent avec une pointe d'agacement : « mon comptable m'annonce un bénéfice, sur lequel je vais payer de l'impôt, et mon compte bancaire est plus bas qu'au 1er janvier. Où est passé l'argent ? »

Aucune formule savante n'est nécessaire pour y répondre. Tout se lit sur les deux tableaux de la section 6, à condition de savoir quelles lignes regarder.

Les deux lignes qui trompent, chacune dans son sens

Dans une SCI à l'IS qui rembourse un crédit, deux flux importants ne se croisent jamais :

Flux Dans le compte de résultat ? Sur le compte bancaire ? Où le lire
Dotation aux amortissementsOui : − 8 000 €Non : 0 €Compte 6811 (tableau 2)
Remboursement du capitalNon : 0 €Oui : − 9 091 €Recul du compte 164 (tableau 1)

La dotation est une charge sans décaissement : elle ampute le résultat de 8 000 € sans qu'un euro ne bouge. Le remboursement du capital, lui, est un décaissement sans charge : il ponctionne 9 091 € sur le compte sans jamais apparaître dans le résultat. Les deux se compensent presque. Presque — et ce « presque » explique tout.

La réconciliation en quatre lignes

Partons du résultat net du tableau 2 et retrouvons, ligne à ligne, la variation du compte 512 du tableau 1 :

Étape Source Montant
Résultat net de l'exerciceBas du tableau 2+ 896 €
+ Dotation aux amortissements (charge non décaissée)Compte 6811, tableau 2+ 8 000 €
− Capital d'emprunt remboursé (décaissement sans charge)222 729 − 213 638, tableau 1− 9 091 €
= Variation de la trésorerie4 434 − 4 629, tableau 1− 195 €

896 + 8 000 − 9 091 = − 195. Et la banque est bien passée de 4 629 € à 4 434 €. Pas de magie, pas de fuite : la SCI a gagné 896 € au sens comptable et perdu 195 € au sens bancaire, tout simplement parce qu'elle a remboursé 1 091 € de capital de plus que ce que l'amortissement lui a permis de déduire.

Précision honnête : si la réconciliation tient en quatre lignes, c'est parce que j'ai figé les créances et les dettes d'exploitation d'une clôture à l'autre. Dans de vrais comptes, il faut ajouter la variation de ces postes. Une créance locataire qui grossit de 2 000 € consomme 2 000 € de trésorerie sans toucher au résultat ; une dette fournisseur qui grossit de 500 € en libère 500. Le principe de lecture, lui, ne bouge pas d'un iota.

Ce que cette lecture permet de prévoir

L'écart se creuse mécaniquement avec le temps, et c'est précisément ce qui prend les gérants de court. Chaque année, la part de capital dans l'échéance augmente pendant que la part d'intérêts diminue. Retournez au tableau d'amortissement de la section 6 : le capital passe de 8 487 € en 2023 à 9 091 € en 2025, et il continuera de grimper. La dotation, elle, reste clouée à 8 000 € pendant trente ans.

On peut donc prédire la suite dès aujourd'hui. Le résultat comptable de cette SCI va augmenter chaque année, puisque les intérêts déductibles fondent ; l'impôt suivra ; et la trésorerie disponible se dégradera dans le même mouvement. C'est le point de bascule classique d'une SCI à l'IS, et il se lit dans les comptes des années avant de se sentir en banque.

Cet article s'arrête à la lecture. Pour la mesure du flux de caisse lui-même, le paradoxe de la SCI bénéficiaire mais à sec, et surtout les leviers de correction — allongement de la durée, renégociation, arbitrage sur l'affectation du résultat — tout est dans le cash-flow d'une SCI. Pour la capacité d'autofinancement, la CAF en SCI.


8. Le même exercice lu dans une SCI à l'impôt sur le revenu

Même immeuble, même emprunt, même locataire. Une seule chose change : la SCI est restée à l'impôt sur le revenu. Le contraste est brutal, et il montre mieux que n'importe quel exposé théorique ce que le bilan apporte réellement.

Ce qui disparaît purement et simplement

  • Le bilan. Il n'y en a pas, tout simplement. Aucun tableau d'actif et de passif n'est exigé, ni par la loi fiscale, ni par la loi comptable.
  • L'amortissement. La dotation de 8 000 € s'évapore : la liste limitative des charges déductibles de l'article 31 du CGI ne la prévoit pas. Le prix de l'immeuble ne se déduit jamais des revenus fonciers, à aucun moment, sous aucune forme.
  • Les créances et les dettes. La quittance de décembre 2025, non encaissée au 31 décembre, n'est pas un revenu de 2025 — mais celle de décembre 2024, encaissée le 3 janvier 2025, en est un. Même raisonnement pour la facture d'entretien de 320 € non payée : c'est la date du chèque qui commande, pas celle de la facture.
  • Les charges constatées d'avance. Les 190 € de prime d'assurance qui couvrent 2026 sont déduits en 2025, parce qu'ils ont été payés en 2025.
  • Le compte de résultat lui-même. Ce qui le remplace est un simple calcul : recettes brutes perçues moins charges effectivement acquittées, reporté sur la déclaration 2072-S-SD.

Le calcul du revenu foncier 2025

Poste Détail Montant
Loyers effectivement perçus12 × 1 800 € : la quittance de décembre 2024 (réglée le 3 janvier 2025) et celles de janvier à novembre 202521 600
Provisions pour charges encaissées du locataire12 × 150 € — hors recettes : « il n'est pas tenu compte des sommes versées par les locataires au titre des charges leur incombant » (art. 29 CGI)0
Recettes brutes (art. 29 CGI)21 600
Provisions de copropriété versées au syndicDéductibles en totalité l'année du paiement (a quater du 1° du I de l'art. 31 CGI)2 100
Entretien et réparations payésLa facture de décembre 2025 (320 €) n'est pas payée, celle de décembre 2024 l'a été début 20251 450
Assurance payée380 € + 190 € couvrant 2026, mais décaissés en 2025570
Honoraires de gestion locative payésHonoraires versés à un tiers pour la gestion de l'immeuble, déductibles pour leur montant réel (e du 1° du I de l'art. 31 CGI)940
Taxe foncière payéeAvis d'octobre 20251 680
Intérêts d'emprunt payésPart d'intérêts des échéances 20257 796
Frais d'administration et de gestionDéduction forfaitaire de 20 € par local (e du 1° du I de l'art. 31 CGI)20
AmortissementNon déductible en revenus fonciers0
Sous-total des charges payées14 556
− Régularisation des provisions déduites au titre de 2024Fraction récupérée sur le locataire en 2025, 12 × 150 € (a quater du 1° du I de l'art. 31 CGI ; lignes 229 et 230 de la 2044)− 1 800
Total des charges déductibles (art. 31 CGI)12 756
REVENU FONCIER IMPOSABLE21 600 − 12 7568 844 €

Les charges de copropriété, ce n'est pas symétrique avec l'IS. À l'IS, la provision appelée au locataire est un produit (compte 708) et l'appel du syndic une charge : 1 800 − 2 100 = − 300 €. À l'IR, la mécanique passe entièrement par les charges. D'un côté, l'article 29 du CGI écarte des recettes les sommes versées par le locataire au titre des charges qui lui incombent. De l'autre, le a quater du 1° du I de l'article 31 fait déduire l'intégralité des provisions versées au syndic l'année du paiement, à charge de régulariser l'année suivante la fraction récupérée sur le locataire et la fraction non déductible — c'est la ligne 230 de la 2044, qui vient en diminution des charges, la ligne 229 ne recevant, elle, que les provisions effectivement payées au syndic dans l'année. Effet net identique dans les deux régimes (− 300 €), mais lignes et libellés différents : si vous cherchez « provisions perçues » dans vos recettes foncières, vous ne les trouverez jamais, et c'est normal.

Le pont entre les deux régimes, chiffre par chiffre

Le même immeuble, la même année : 1 054 € de résultat avant impôt à l'IS, 8 844 € de revenu imposable à l'IR. Un écart de 7 790 €, qui se décompose exactement :

Étape Montant
Résultat courant avant impôts à l'IS1 054 €
+ Amortissement, qui n'existe pas à l'IR+ 8 000 €
Quittances : celle de décembre 2025 sort, celle de décembre 2024 entre — effet nul ici0 €
− Prime d'assurance payée d'avance, déductible à l'IR− 190 €
− Déduction forfaitaire de 20 € par local− 20 €
= Revenu foncier imposable à l'IR8 844 €

Un seul poste explique l'essentiel : l'amortissement. Lui, et lui seul, creuse la différence structurelle entre les deux régimes. Le décalage de caisse ne joue presque pas ici, parce que j'ai figé les créances et les dettes d'exploitation d'une clôture à l'autre : la quittance de décembre 2025 non encaissée est exactement compensée par celle de décembre 2024 encaissée début 2025, et la facture d'entretien de 320 € par celle de l'année précédente. C'est d'ailleurs la règle générale : dans une SCI en régime de croisière, logique de caisse et logique d'engagement finissent par se rejoindre. Ce sont la première et la dernière année qui font l'écart.

Le choc fiscal, pour finir de convaincre

Poste lu SCI à l'IR (translucide) SCI à l'IS
Document annuel2072-S-SD2065 + liasse 2033 (bilan et compte de résultat)
LogiqueCaisse : perçu / acquittéEngagement : acquis / engagé
Immeuble au bilanAucun bilanTerrain 60 000 + construction nette 216 000
Amortissement de l'année0 €8 000 €
Créance locataire de décembre 2025Ignorée : revenu de 2026 (mais celle de décembre 2024 est un revenu de 2025)1 950 € à l'actif, produit de 2025
Base imposable 20258 844 €1 054 €
Impôt dûChez les associés, au barème + prélèvements sociaux à 17,2 %158 € au taux réduit de 15 %
Plus-value à la reventeRégime des particuliers (art. 150 U CGI), abattements pour duréePlus-value professionnelle, amortissements réintégrés

Faisons le calcul jusqu'au bout. Pour un associé dans la tranche à 30 %, le revenu foncier de 8 844 € supporte l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux à 17,2 % : environ 4 170 €, avant l'effet de la CSG déductible à hauteur de 6,8 points. En face, la SCI à l'IS a payé 158 €. Le contraste est spectaculaire — et c'est exactement le moment où il ne faut pas conclure trop vite. L'IS reporte l'imposition, il ne la supprime pas : les amortissements déduits seront réintégrés dans la plus-value le jour de la revente, et les bénéfices distribués passeront par le prélèvement forfaitaire. La comparaison complète, avec toutes ses contreparties, c'est SCI à l'IS ou à l'IR, et pour la sortie, la plus-value en SCI à l'IS.

Ce que je retiens de cette comparaison, pour la lecture des comptes : l'absence de bilan dans une SCI à l'IR n'est pas une lacune, c'est la signature d'un régime. Et symétriquement, le bilan d'une SCI à l'IS n'est pas un formalisme administratif : il est la seule trace des amortissements, des créances et des dettes qui font toute la différence de résultat.


9. Cinq lectures rapides du bilan, à faire chaque année

Une fois les mécanismes compris, la lecture annuelle prend dix minutes montre en main. Les cinq signaux qui suivent sont ceux que je regarde en premier sur n'importe quel jeu de comptes de SCI qui atterrit sur mon bureau. Attention, ce ne sont pas des ratios de pilotage : pour un vrai tableau de bord, avec le LTV, le taux d'occupation et la couverture de la dette, filez vers les indicateurs de pilotage d'une SCI. Ce sont des alertes de lecture, repérables à l'œil nu sur les postes du bilan.

Lecture 1 — La situation nette est-elle négative ?

Additionnez capital, report à nouveau et résultat — en n'oubliant pas les réserves, primes ou subventions si votre bilan en comporte. Dans notre exemple : 30 000 − 20 238 + 896 = 10 658 €. Positive, et en progression. Rien à signaler.

Un total négatif signifie que les dettes de la SCI dépassent la valeur comptable de ses actifs : la société est portée par ses créanciers, banque et associés. Rien d'extraordinaire dans les premières années d'une SCI à l'IS, où les frais d'acquisition et l'amortissement à plein régime creusent des pertes avant que les loyers ne prennent le relais.

Correction d'une erreur très répandue en ligne

De nombreux sites affirment qu'une SCI dont les capitaux propres tombent sous la moitié du capital social doit consulter ses associés et régulariser sa situation, sous peine de dissolution. C'est faux.

Cette obligation est prévue par l'article L223-42 du Code de commerce pour la SARL et par l'article L225-248 pour la société anonyme et, par renvoi, la SAS. Ces textes figurent dans le livre du Code de commerce consacré aux sociétés commerciales. Une société civile n'y est pas soumise, et aucun texte du Code civil ne lui impose d'équivalent. Une SCI peut donc vivre des années, en toute légalité, avec une situation nette négative.

Cela ne rend pas le signal inoffensif pour autant. Une situation nette négative annonce trois choses très concrètes :

  • Une dépendance aux associés. Quand ce sont les comptes courants qui maintiennent la SCI à flot, un associé qui exige le remboursement du sien peut faire vaciller la société. Point de vigilance majeur en cas de mésentente entre associés ou de sortie d'un associé.
  • Une valeur des parts affectée. La valeur comptable des parts dérive directement de la situation nette. Toute cession ou donation se négociera dans ce contexte — même si la valeur réelle, elle, intègre la plus-value latente sur l'immeuble, invisible au bilan.
  • Une réaction bancaire. Une banque sollicitée pour un nouveau financement regarde ce chiffre avant beaucoup d'autres. Une situation nette durablement négative complique le moindre dossier : voir le refus de prêt en SCI.

Lecture 2 — Le compte courant d'associé est-il du bon côté ?

Vérifiez que le compte 455 figure bien au passif. S'il a migré à l'actif, le solde est débiteur : la SCI a prêté de l'argent à un associé, le plus souvent sans que personne ne l'ait décidé — des dépenses personnelles réglées avec la carte de la société, des loyers encaissés en direct par un associé.

Cette situation demande une réaction rapide, pas un haussement d'épaules : les conséquences fiscales et juridiques sont bien réelles, et le compte courant d'associé débiteur leur est entièrement consacré. Votre travail ici s'arrête au repérage du signe. Si le signe est mauvais, allez lire ce guide.

Lecture 3 — Les créances locataires vieillissent-elles ?

Comparez le poste « locataires » à une quittance mensuelle. Ici : 1 950 € pour une quittance de 1 950 €, soit un mois pile. Rien à signaler.

Trois, six ou douze mois de quittance ? Un solde qui n'a plus bougé depuis deux exercices ? Vous avez des créances anciennes qui pourrissent à l'actif. Elles gonflent le total du bilan, et surtout — c'est le vrai problème — elles ont été comptabilisées en produits : la SCI a payé de l'impôt sur des loyers qu'elle n'a jamais vus. Le traitement, dépréciation puis passage en perte, est détaillé dans les impayés de loyer.

Lecture 4 — Quel est le poids réel de la dette ?

Additionnez l'emprunt bancaire et les comptes courants, et rapportez le total au bilan. Dans notre exemple : 213 638 + 56 000 = 269 638 € pour un bilan de 282 574 €, soit 95,4 %.

Le chiffre fait peur au premier coup d'œil. Il est pourtant tout à fait normal pour une SCI de trois ans financée à crédit. Le niveau importe peu ; c'est la trajectoire qui parle. Ce rapport doit décroître chaque année, à mesure que le capital se rembourse et que les résultats s'accumulent. Qu'il stagne ou remonte, et vous avez soit des pertes qui rongent les capitaux propres, soit de nouveaux apports en compte courant destinés à boucher des trous de trésorerie.

Profitez-en pour faire la lecture la plus utile de ce poste. Ici, les associés ont mis 30 000 € au capital et 56 000 € en compte courant. Le gérant qui additionne les deux en croyant lire ses fonds propres se trompe de 56 000 € — pile le montant que la société doit à ses associés.

Lecture 5 — La SCI rembourse-t-elle avec ses propres moyens ?

Comparez ce que l'activité a réellement dégagé au capital remboursé dans l'année. Résultat net plus dotation aux amortissements : 896 + 8 000 = 8 896 €. Capital remboursé : 9 091 €.

Le premier chiffre est inférieur au second. Traduction : la SCI ne rembourse pas tout à fait son crédit avec ce qu'elle produit, et puise dans sa trésorerie pour la différence — les fameux 195 € de la section 7. Sur un exercice, indolore. Sur cinq, avec un écart qui se creuse d'année en année, la trésorerie s'épuise et il faudra remettre de l'argent en compte courant.

De mes cinq signaux, c'est le plus prédictif. Il annonce des mois à l'avance le jour où le gérant devra sortir son chéquier. Sa mesure fine et les leviers de correction sont du ressort du cash-flow et de la capacité d'autofinancement.

Vos cinq signaux, calculés automatiquement

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10. Les contrôles de cohérence avant de signer les comptes

Le gérant qui approuve les comptes engage sa responsabilité. Personne ne lui demande de refaire le travail du comptable — mais cinq vérifications, faisables en quelques minutes et sans la moindre compétence technique, écartent l'essentiel des erreurs matérielles.

Contrôle 1 — Le bilan s'équilibre-t-il ?

Total actif net = total passif. Chez nous, 282 574 € des deux côtés. Contrôle trivial en apparence, puisqu'un logiciel comptable ne peut pas produire un bilan déséquilibré. Sauf qu'un jeu de comptes retapé à la main dans un document de présentation, lui, contient parfois une coquille. Vérifiez le document que vous signez, pas celui que vous imaginez.

Contrôle 2 — Le résultat est-il le même dans les deux tableaux ?

Le résultat net du bas du compte de résultat doit se retrouver, au centime près, sur la ligne « résultat de l'exercice » du passif du bilan. Chez nous : 896 € et 896 €. Le moindre écart signifie qu'on ne vous a pas remis deux documents cohérents, mais deux documents issus de deux versions différentes des comptes.

Contrôle 3 — Les amortissements cumulés ont-ils augmenté de la dotation ?

Amortissements cumulés à la clôture précédente, plus dotation de l'exercice, égale amortissements cumulés à la clôture. Chez nous : 16 000 + 8 000 = 24 000. Une colonne « amortissements » identique à celle de l'an dernier alors qu'une dotation figure au compte de résultat — ou l'inverse — et vous tenez une incohérence.

Une dotation manquante n'est jamais neutre : l'article 39 B du CGI

L'article 39 B du CGI impose qu'à la clôture de chaque exercice, la somme des amortissements effectivement pratiqués depuis l'acquisition d'un bien soit au moins égale au montant cumulé des amortissements calculés selon le mode linéaire. C'est ce qu'on appelle l'amortissement minimal obligatoire.

La sanction est sévère, et définitive : la fraction d'amortissement non comptabilisée en deçà de ce minimum est irrémédiablement perdue. Jamais rattrapable sur un exercice ultérieur (BOI-BIC-AMT-10-50-30). Et l'obligation joue même en exercice déficitaire. Le gérant qui demande à son comptable de « sauter » une dotation pour ne pas aggraver une perte croit gagner du temps : il perd purement et simplement la déduction. Votre SCI est en perte ? La bonne réponse n'est pas de supprimer la dotation, mais d'utiliser le déficit reportable.

Contrôle 4 — Le solde bancaire correspond-il au relevé ?

Sortez le relevé du compte de la SCI au 31 décembre, comparez-le à la ligne « banque » du bilan. Les deux chiffres doivent coïncider à l'euro près, une fois prises en compte les opérations en cours de dénouement : un chèque émis non encaissé, un virement parti le 31 au soir.

De tous ces contrôles, c'est le plus puissant, parce qu'il valide indirectement toute la chaîne. Si le solde comptable colle au relevé, c'est que l'ensemble des encaissements et décaissements de l'année a été saisi. La méthode porte un nom, le rapprochement bancaire, et tout gérant devrait savoir en lire un.

Contrôle 5 — Chaque associé reconnaît-il son compte courant ?

Le solde du compte 455 doit être ventilé par associé, et chacun doit reconnaître le sien. C'est le premier poste à conflits en SCI, précisément parce qu'il enregistre des mouvements informels : une facture avancée, un loyer encaissé à titre personnel, un remboursement partiel un dimanche soir.

Mon conseil, et il ne coûte rien : faites signer à chaque associé un relevé individuel de son compte courant, en même temps que l'approbation des comptes. Cinq ans plus tard, au moment d'une cession de parts ou d'une succession, ce bout de papier évite des discussions insolubles. Le modèle de convention de compte courant et les comptes courants multiples vont plus loin sur le sujet.

Ce que ces contrôles ne remplacent pas

Soyons clairs : ils ne remplacent ni la revue de la déductibilité des charges, ni le passage du résultat comptable au résultat fiscal, ni le contrôle des durées d'amortissement. Ils écartent les erreurs matérielles, pas les erreurs de qualification. Pour ces dernières, direction la clôture comptable, la checklist de clôture et les charges déductibles en SCI.


11. Les dix pièges de lecture d'un bilan de SCI

Pour finir, les dix contresens que je croise le plus souvent chez les gérants qui lisent leurs comptes sans avoir jamais fait de comptabilité. Bonne nouvelle : les connaître suffit à les éviter.

Piège 1 — Confondre le résultat et la trésorerie

Le résultat n'est pas de l'argent disponible. C'est un solde de produits et de charges, dont certains ne correspondent à aucun mouvement bancaire, et qui laisse de côté des mouvements bancaires bien réels. Une SCI bénéficiaire peut être à sec ; une SCI déficitaire peut avoir de la trésorerie. Le seul chiffre qui dise ce qu'il y a en banque, c'est la ligne 512 du bilan.

Piège 2 — Croire que la valeur nette est la valeur du bien

Le bilan est tenu au coût historique. La valeur nette de l'immeuble est le prix payé moins les amortissements, sans aucun rapport avec le marché. Ne présentez jamais un bilan de SCI comme une estimation de patrimoine : ni à un associé, ni à un héritier, ni à un acquéreur de parts.

Piège 3 — Lire le compte courant comme des fonds propres

Le compte 455 est une dette exigible, pas un apport définitif. Une SCI dont le capital est de 1 000 € et les comptes courants de 200 000 € n'a pas 201 000 € de fonds propres : elle a 1 000 € de fonds propres et 200 000 € de dettes envers ses associés. Cette distinction devient brutale le jour où un associé demande son remboursement.

Piège 4 — Croire que le remboursement du capital est une charge

Seuls les intérêts sont une charge. Le capital remboursé ne se lit pas dans le compte de résultat, mais dans le recul de la ligne « emprunts » au passif. Première cause d'incompréhension entre un gérant et son comptable, et de loin : le gérant compte son échéance entière comme une dépense, le comptable n'en retient que la part d'intérêts. Ils ont raison tous les deux, mais pas dans le même document.

Piège 5 — Amortir le terrain

Un terrain ne s'amortit jamais. Si aucune ligne « terrains » n'existe au bilan alors que la SCI détient un immeuble bâti, c'est que la ventilation n'a pas été faite et que le terrain est amorti à tort. C'est l'un des redressements les plus simples à établir pour l'administration, et l'un des plus fréquents.

Piège 6 — Passer le dépôt de garantie en produit

Le dépôt de garantie appartient au locataire tant que le bail court. Il figure au passif en dépôts et cautionnements reçus, et n'entre dans les produits que pour la fraction éventuellement conservée en fin de bail. L'inscrire en loyer gonfle le résultat de l'année d'entrée et fait disparaître une dette bien réelle.

Piège 7 — Comparer 2025 et 2024 sans tenir compte de la réforme

Le règlement ANC 2022-06 s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025. Certaines opérations ont changé d'agrégat sans qu'aucune réalité économique ne bouge : transferts de charges supprimés, résultat exceptionnel resserré, cession d'immeuble remontée en exploitation. Comparez le résultat net, méfiez-vous du reste.

Piège 8 — Croire qu'une SCI à l'IR doit avoir un bilan

Elle n'en a aucune obligation. Une SCI translucide relevant de l'article 8 du CGI calcule un revenu foncier sur les encaissements et les décaissements, puis dépose une 2072-S-SD. Le gérant qui s'inquiète de ne pas avoir de bilan et le comptable qui lui en facture un comme s'il était obligatoire se trompent tous les deux.

Piège 9 — Croire au dépôt obligatoire des comptes au greffe

Contrairement aux sociétés commerciales, une société civile n'a pas à déposer ses comptes annuels au greffe, sauf stipulation contraire des statuts. Les comptes d'une SCI ne sont donc pas publics : ils circulent entre le gérant, les associés, l'administration fiscale et, le cas échéant, la banque. C'est d'ailleurs l'un des attraits de la forme, comme nous l'expliquons dans notre guide de la confidentialité des comptes annuels.

Une nuance mérite quand même d'être connue, même si aucune SCI patrimoniale n'y arrive : l'article L612-1 du Code de commerce impose aux personnes morales de droit privé non commerçantes ayant une activité économique, dès lors qu'elles dépassent deux des trois seuils fixés par décret, d'établir des comptes annuels complets et de nommer un commissaire aux comptes. Obligation d'établissement, notez-le bien — pas de publication au greffe.

Piège 10 — Confondre résultat comptable et résultat fiscal

Le compte de résultat donne un résultat comptable. La base de l'impôt, elle, est un résultat fiscal, obtenu après réintégration des charges non déductibles et déduction de certains produits. Les deux coïncidaient dans mon exemple, faute de retraitement à faire. Ajoutez des intérêts de compte courant au-delà du taux plafond, une amende, une dépense somptuaire, et l'écart se creuse aussitôt. Le mécanisme complet : du résultat comptable au résultat fiscal.


12. FAQ — Lire le bilan et le compte de résultat d'une SCI

Quelle différence entre le bilan et le compte de résultat ?

Le bilan est une photographie prise le jour de la clôture : ce que la SCI possède, ce qu'elle doit, et à qui. Le compte de résultat est le film des douze mois écoulés : les produits d'un côté, les charges de l'autre, et un solde qui est le résultat de l'exercice. Le bilan répond à « où en est-on ? », le compte de résultat à « qu'est-ce qui s'est passé cette année ? ». Le seul point de contact entre les deux est le résultat net, qui figure en bas du second et sur une ligne du passif du premier.

Ma SCI est à l'IR : pourquoi n'ai-je pas de bilan ?

Parce qu'aucun texte ne vous en impose un. Une SCI relevant de l'article 8 du CGI détermine un revenu foncier sur les recettes effectivement perçues (art. 29 du CGI) et les charges effectivement acquittées (art. 31 du CGI) : une logique de caisse, qui n'appelle ni amortissement, ni créances, ni dettes, donc pas de bilan. Votre document annuel est la 2072-S-SD, télétransmise. Si votre comptable vous remet tout de même un bilan, c'est un service utile — les banques l'apprécient — mais il n'a aucune portée fiscale.

Pourquoi ma SCI est-elle bénéficiaire alors que le compte est vide ?

Parce que deux flux importants ne se croisent jamais. Le remboursement du capital de l'emprunt sort du compte bancaire mais n'est pas une charge : il n'apparaît nulle part dans le compte de résultat, seulement dans le recul de la ligne « emprunts » au passif. À l'inverse, la dotation aux amortissements est une charge qui réduit le bénéfice sans qu'un euro ne bouge. Quand le capital remboursé dépasse la dotation, la SCI est bénéficiaire sur le papier et perd de la trésorerie — c'est exactement le cas du chiffrage de la section 7.

La valeur de l'immeuble au bilan est-elle sa valeur de marché ?

Non, jamais. Le bilan est tenu au coût historique : la valeur nette est le prix payé à l'origine, diminué des amortissements déjà pratiqués. Un immeuble acheté 300 000 € en 2010 peut figurer au bilan pour 180 000 € et valoir 420 000 € sur le marché. Ne présentez donc jamais un bilan de SCI comme une estimation de patrimoine, que ce soit à un associé, à un héritier ou à un acquéreur de parts.

Le compte courant d'associé fait-il partie des fonds propres ?

Non. Le compte 455 figure au passif dans les dettes : c'est de l'argent que la SCI doit à ses associés et qu'elle devra rembourser. L'additionner au capital social pour mesurer la solidité de la société revient à confondre un apport définitif et une créance exigible. Si le solde apparaît à l'actif du bilan, il est débiteur : l'associé doit alors de l'argent à la société, ce qui appelle une réaction rapide.

Ma SCI a des capitaux propres négatifs : dois-je régulariser ?

Non. L'obligation de consulter les associés et de reconstituer les capitaux propres lorsqu'ils tombent sous la moitié du capital social résulte de l'article L223-42 du Code de commerce pour la SARL et de l'article L225-248 pour la SA et la SAS. Ces textes ne visent que les sociétés commerciales. Une société civile n'y est pas soumise et peut vivre durablement avec une situation nette négative. Le signal reste toutefois à prendre au sérieux : il traduit une dépendance aux comptes courants des associés et complique tout nouveau financement bancaire.

Qu'est-ce que la réforme ANC 2022-06 change concrètement pour moi ?

Le règlement ANC n° 2022-06 du 4 novembre 2022, homologué par arrêté du 26 décembre 2023, s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025 : vos comptes clos au 31 décembre 2025 sont les premiers au nouveau format. Trois effets visibles : les transferts de charges disparaissent (comptes 791, 796, 797 supprimés), le résultat exceptionnel est réduit aux seuls événements majeurs et inhabituels, et la cession d'un immeuble passe désormais par les comptes 657 et 757 et remonte en résultat d'exploitation. Conséquence : ne comparez plus 2025 et 2024 poste à poste sans vérifier s'il s'agit d'un reclassement.

Comment savoir combien de capital j'ai remboursé cette année ?

En comparant la ligne « emprunts auprès des établissements de crédit » du bilan à celle de l'année précédente : la différence est le capital remboursé. Dans notre cas chiffré, 222 729 € au 31 décembre 2024 et 213 638 € au 31 décembre 2025, soit 9 091 € remboursés. Cette information ne figure nulle part dans le compte de résultat, puisque le remboursement du capital n'est pas une charge. C'est l'une des rares données que seul le bilan, lu sur deux exercices, permet d'obtenir.

Peut-on sauter une dotation aux amortissements sur un exercice déficitaire ?

Non, et l'idée est coûteuse. L'article 39 B du CGI impose que le cumul des amortissements pratiqués depuis l'acquisition soit au moins égal au cumul des amortissements linéaires. La fraction non comptabilisée en deçà de ce minimum est définitivement perdue et ne pourra jamais être rattrapée (BOI-BIC-AMT-10-50-30), et l'obligation joue même en exercice déficitaire. La bonne réponse à un déficit n'est pas de supprimer la dotation, mais de le reporter sur les exercices bénéficiaires suivants.

Quels contrôles puis-je faire moi-même avant d'approuver les comptes ?

Cinq, en quelques minutes : vérifier que le total de l'actif égale le total du passif ; que le résultat net du compte de résultat est identique à la ligne « résultat » du passif ; que les amortissements cumulés ont augmenté du montant exact de la dotation ; que le solde bancaire du bilan correspond à votre relevé au 31 décembre ; et que chaque associé reconnaît le solde de son compte courant. Ces contrôles écartent les erreurs matérielles, pas les erreurs de qualification fiscale.

Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les références citées (Code civil, Code de commerce, CGI et son annexe III, BOFiP, règlements de l'Autorité des normes comptables) sont à jour à la date de mise à jour indiquée en tête d'article.

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FAQ

Questions fréquentes

Le bilan est une photographie prise le jour de la clôture : il montre ce que la SCI possède (l'immeuble, la banque, les créances) et d'où vient l'argent qui a permis de l'acquérir (capital, comptes courants, emprunt). Le compte de résultat est le film des douze mois écoulés : loyers encaissés ou acquis d'un côté, charges de l'autre, et un solde qui est le résultat de l'exercice. Le bilan répond à « où en est-on ? », le compte de résultat à « qu'est-ce qui s'est passé cette année ? ».
Non, aucun texte ne le lui impose. Une SCI translucide relevant de l'article 8 du CGI déclare un revenu foncier calculé sur les recettes effectivement perçues (art. 29 du CGI) et les charges effectivement acquittées (art. 31 du CGI) : c'est une logique de caisse, qui n'appelle ni bilan, ni amortissement, ni comptes de créances et de dettes. Sa déclaration annuelle est la 2072-S-SD, télétransmise. Beaucoup de gérants de SCI à l'IR tiennent tout de même un bilan, par confort de gestion ou parce que leur banque le demande, mais c'est un choix, pas une obligation.
Parce qu'il s'agit de deux lectures du même argent. Le passif dit d'où vient chaque euro entré dans la SCI : apporté par les associés, prêté par la banque, avancé en compte courant, ou généré par l'activité. L'actif dit où cet euro se trouve aujourd'hui : dans les murs, sur le compte bancaire, ou chez un locataire qui n'a pas encore payé. Un euro a toujours une origine et un emploi, donc les deux colonnes s'équilibrent par construction. Si elles ne s'équilibrent pas, il y a une erreur d'écriture.
La valeur nette est le prix d'achat historique diminué des amortissements déjà pratiqués. Elle ne dit strictement rien de la valeur de marché du bien. Un immeuble acheté 300 000 € en 2010 et amorti depuis quinze ans peut figurer pour 180 000 € au bilan alors qu'il en vaut 420 000 sur le marché. Le bilan d'une SCI est tenu au coût historique : il conserve le prix payé, pas le prix du jour.
Une dette, sans la moindre ambiguïté. Le compte courant (compte 455) figure au passif parmi les dettes, jamais dans les capitaux propres : c'est de l'argent que la SCI doit à ses associés et qu'elle devra leur rendre. C'est la lecture la plus souvent ratée. Le gérant additionne capital social et compte courant en croyant mesurer la solidité de sa société ; en réalité il additionne un apport définitif et une créance exigible à tout moment.
Parce que deux flux importants ne se croisent jamais dans les mêmes tableaux. Le remboursement du capital de l'emprunt sort du compte bancaire mais n'est pas une charge : introuvable dans le compte de résultat, il se lit uniquement dans le recul de la ligne « emprunts » au passif. La dotation aux amortissements fait l'inverse : elle réduit le bénéfice sans qu'un euro ne quitte le compte. Dès que le capital remboursé dépasse la dotation, la SCI est bénéficiaire sur le papier et perd de la trésorerie en vrai.
Non. Seuls les intérêts sont une charge, comptabilisée au compte 661 et déductible. Le capital remboursé n'appauvrit pas la SCI : il transforme de la trésorerie en réduction de dette. On ne le lit donc pas dans le compte de résultat mais dans le bilan, en comparant la ligne « emprunts auprès des établissements de crédit » d'une clôture à l'autre. C'est précisément ce décalage qui explique l'écart entre résultat et trésorerie.
Non, c'est une dette. Le dépôt de garantie est encaissé mais reste la propriété du locataire jusqu'à la fin du bail : il figure au passif du bilan, en dépôts et cautionnements reçus (compte 165), et n'entre jamais dans les produits du compte de résultat. Il ne devient un produit que le jour où il est conservé par la SCI pour couvrir des dégradations ou des impayés, et pour la seule fraction conservée.
La situation nette, ou capitaux propres, regroupe le capital social, les primes d'émission ou d'apport, les écarts de réévaluation, les réserves, le report à nouveau (positif ou négatif), le résultat de l'exercice, les subventions d'investissement et les provisions réglementées. Dans une SCI sans prime ni réserve — le cas le plus fréquent — elle se réduit à capital + report à nouveau ± résultat. Elle mesure ce qui resterait aux associés si la SCI vendait ses actifs à leur valeur comptable et remboursait toutes ses dettes. Une situation nette faible ou négative signale une société portée par ses créanciers — banque et associés — plutôt que par ses fonds propres.
Non. L'obligation de consulter les associés et de régulariser lorsque les capitaux propres tombent sous la moitié du capital social est prévue par l'article L223-42 du Code de commerce pour la SARL et par l'article L225-248 pour la SA et la SAS. Ces textes ne visent que les sociétés commerciales : une société civile n'y est pas soumise. Une SCI peut donc vivre des années avec une situation nette négative sans être en infraction. Cela reste un signal de dépendance financière, notamment vis-à-vis des associés et de la banque.
Le règlement ANC n° 2022-06 du 4 novembre 2022, homologué par l'arrêté du 26 décembre 2023, s'applique aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025 : les comptes clos au 31 décembre 2025 sont donc les premiers présentés au nouveau format. Trois changements se voient à la lecture : la technique du transfert de charges disparaît (comptes 791, 796 et 797 supprimés), le résultat exceptionnel est réduit à des événements réellement inhabituels, et la cession d'un immeuble ne passe plus par les comptes 675 et 775 mais par 657 et 757, ce qui la fait remonter dans le résultat d'exploitation.
Pas directement sur toutes les lignes. Le changement de présentation issu du règlement ANC 2022-06 déplace certains montants d'un agrégat à l'autre : un résultat exceptionnel qui existait en 2024 peut se retrouver en résultat d'exploitation en 2025 sans qu'aucune opération réelle n'ait changé. Avant de conclure qu'un poste a « explosé », il faut vérifier s'il s'agit d'un effet de reclassement. Le résultat net, lui, reste comparable.
Dans la liasse fiscale, pour une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés. Au régime réel simplifié, le bilan est le formulaire 2033-A et le compte de résultat le 2033-B. Au régime réel normal, le bilan occupe les formulaires 2050 et 2051, et le compte de résultat les 2052 et 2053. Le jeu de comptes remis aux associés en assemblée reprend les mêmes chiffres, présentés de façon plus lisible.
Oui. L'article 1856 du Code civil impose au gérant de rendre compte de sa gestion au moins une fois dans l'année, par un rapport écrit d'ensemble indiquant les bénéfices réalisés ou prévisibles et les pertes encourues ou prévues. L'article 1855 ouvre par ailleurs à tout associé, au moins une fois par an, le droit d'obtenir communication des livres et des documents sociaux. Ce sont les deux fondements légaux de la remise annuelle des comptes en SCI.
Pas librement. L'article 39 B du CGI impose que la somme des amortissements pratiqués depuis l'acquisition d'un bien soit au moins égale au cumul des amortissements linéaires. La fraction d'amortissement qui n'a pas été comptabilisée en deçà de ce minimum est définitivement perdue : elle ne pourra jamais être déduite, même sur un exercice ultérieur, et l'obligation joue même si l'exercice est déficitaire. Une ligne 6811 absente du compte de résultat n'est donc pas un détail de présentation.
Non. Contrairement aux sociétés commerciales, une société civile n'est pas tenue de déposer ses comptes annuels au greffe, sauf stipulation contraire des statuts. Le bilan et le compte de résultat d'une SCI ne sont donc pas publics : ils circulent entre le gérant, les associés, l'administration fiscale via la liasse et, le cas échéant, la banque. En revanche, l'approbation des comptes par les associés reste, elle, à formaliser chaque année.