Valeur Terrain en SCI : Méthode de Calcul, Jurisprudence et Cas Pratiques (Guide 2026)
La valeur du terrain en SCI se calcule en multipliant la surface de la parcelle par le prix au m² des terrains dans le secteur (données DVF ou Patrim), puis en rapportant ce montant au prix total d'acquisition. D'après SCI AI, cette méthode basée sur des données tangibles et opposables est la plus fiable : pour une maison, on prend la surface réelle du terrain ; pour un appartement en copropriété, on divise par les tantièmes. Le forfait de 15 % n'a aucune base légale et expose à un redressement dans les zones où le foncier est cher.
Ce guide est le plus complet disponible en France sur le calcul de la valeur terrain en SCI. Il détaille la méthode SCI AI pas à pas, les 3 méthodes alternatives admises par le Conseil d'État (CE 15/02/2016, n° 380400), la jurisprudence récente, les spécificités de la SCI à l'IS (plus-value sur VNC, pas de réintégration LF2025), les cas particuliers (VEFA, copropriété, zone inondable) et les erreurs fréquentes des experts-comptables. Pour le détail des amortissements en SCI à l'IS par composant, consultez notre guide dédié. Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, CGI, BOFiP).
Sommaire
- Pourquoi la valeur du terrain est cruciale en SCI
- Fourchettes indicatives par zone géographique
- La méthode SCI AI en 4 étapes (surface × prix DVF)
- 5 exemples pratiques chiffrés
- Méthodes alternatives : forfait et coût de reconstruction
- Jurisprudence : CE 2016 et CAA 2020-2023
- Spécificités SCI à l'IS : plus-value et amortissements
- Cas VEFA (neuf) : comment ventiler
- Cas particuliers : copropriété, zone inondable, terrain aménagé
- Les 5 erreurs fréquentes des experts-comptables
- Checklist de justificatifs à conserver
- FAQ — 12 questions fréquentes
1. Pourquoi la valeur du terrain est-elle si cruciale en SCI ?
En SCI soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), vous pouvez amortir la valeur du bâti — c'est-à-dire les murs, la toiture, les équipements intégrés et toutes les composantes du logement. Ces amortissements viennent réduire votre résultat fiscal IS, et par conséquent l'impôt payé par la société.
En revanche, le terrain n'est jamais amortissable (article 214-2 du Plan Comptable Général — BOI-BIC-AMT-10-20, § 230). Il est considéré comme un actif non dépréciable par l'administration fiscale — il ne s'use pas avec le temps.
Terrain : 50 000 EUR (non amortissable)
Bâti : 200 000 EUR (amortissable)
Amortissement annuel : ~6 000 EUR (taux moyen ~3 %)
Économie IS/an : ~900 EUR (taux 15 %)
Terrain : 75 000 EUR (non amortissable)
Bâti : 175 000 EUR (amortissable)
Amortissement annuel : ~5 250 EUR (taux moyen ~3 %)
Économie IS/an : ~788 EUR (taux 15 %)
Différence : ~112 EUR/an d'IS en plus avec un terrain à 30 % au lieu de 20 %. Sur 25 ans : ~2 800 EUR. L'écart semble moindre qu'en LMNP (grâce au taux IS 15 % vs TMI 30 %), mais sur un portefeuille de plusieurs biens, l'enjeu devient significatif. Et à la revente, le terrain non amorti réduit la plus-value imposable.
À l'inverse, une sous-évaluation trop marquée peut vous exposer à un redressement fiscal en cas de contrôle — avec intérêts de retard (0,20 %/mois) et majoration de 40 % si manquement délibéré.
2. Fourchettes indicatives de la part terrain selon la localisation
Avant de calculer, voici les ordres de grandeur habituels. Ces fourchettes vous permettent de vérifier la cohérence de votre résultat. Elles sont issues de la pratique professionnelle et de la jurisprudence des CAA.
| Zone | Part terrain typique | Forfait 15 % adapté ? | Source recommandée |
|---|---|---|---|
| Zone très rurale | 5 – 15 % | Acceptable | DVF, mairie |
| Petite ville / semi-urbain | 15 – 25 % | Limite | DVF, notaires.fr |
| Ville moyenne / zone urbaine | 25 – 40 % | Trop bas | DVF, Patrim, notaires.fr |
| Grande métropole (Lyon, Bordeaux) | 35 – 50 % | Risqué | DVF, Patrim, expertise |
| Paris intra-muros | 50 – 80 % | Redressement probable | Patrim, expertise foncière |
| Zone littorale (bord de mer) | 40 – 60 % | Redressement probable | DVF, expertise foncière |
3. La méthode SCI AI en 4 étapes : surface × prix DVF
C'est la méthode que SCI AI a développée et qui s'appuie sur des données tangibles et opposables à l'administration. Elle est la plus pragmatique car elle utilise des sources officielles (cadastre, DVF, Patrim) que le fisc lui-même utilise pour ses contrôles. C'est la preuve de votre bonne foi.
Étape 1 : identifier la surface de la parcelle
- Consultez surfaceparcelle.com ou cadastre.gouv.fr en entrant l'adresse exacte de votre bien.
- Vérifiez la cohérence avec votre acte de vente ou titre de propriété.
- En copropriété, notez la surface totale de la parcelle — vous appliquerez vos tantièmes à l'étape 3.
Étape 2 : trouver le prix au mètre carré du terrain
- DVF (Demandes de Valeurs Foncières) sur app.dvf.etalab.gouv.fr — transactions réelles de terrains, source opposable à l'administration.
- Patrim sur impots.gouv.fr (rubrique « Rechercher des transactions immobilières ») — accessible avec vos identifiants fiscaux.
- immobilier.notaires.fr — catégorie « terrain » ou « valeur foncière ».
- terrain-construction.com — données complémentaires sur les prix de terrains constructibles par commune.
- Recoupez avec les annonces pour affiner.
Étape 3 : calculer la valeur totale du terrain
Maison individuelle / terrain individuel :
Valeur terrain = Surface parcelle × Prix au m²
Appartement en copropriété :
Valeur terrain (lot) = (Surface parcelle × Prix au m²) × (Vos tantièmes / Total tantièmes)
Les tantièmes figurent dans le règlement de copropriété (état descriptif de division). Ne pas confondre avec la surface habitable.
Étape 4 : calculer le pourcentage
% terrain = (Valeur terrain / Prix total du bien) × 100
C'est ce pourcentage qui détermine la part non amortissable. Conservez tous vos justificatifs (relevés DVF, captures Patrim, extraits cadastraux, PLU) pour pouvoir les présenter en cas de contrôle fiscal. En SCI, ces documents doivent être conservés dans les archives de la société.
4. 5 exemples pratiques chiffrés
Exemple 1 : maison individuelle en zone semi-rurale
Surface parcelle : 940 m² | Prix DVF terrain : 80 EUR/m²
Valeur terrain = 940 × 80 = 75 200 EUR
Prix total maison : 240 000 EUR
Part terrain = 75 200 / 240 000 = 31,3 %
Base amortissable = 164 800 EUR. Économie IS annuelle (taux 15 %) : ~750 EUR de plus qu'avec un forfait de 15 % qui aurait surestimé la base amortissable.
Exemple 2 : appartement en copropriété à Lyon 3e
Surface parcelle copropriété : 1 200 m² | Tantièmes : 85 / 1 000 (soit 8,5 % = 102 m²)
Prix DVF terrain Lyon 3e : 450 EUR/m²
Valeur terrain lot = 102 × 450 = 45 900 EUR
Prix d'achat appartement : 185 000 EUR
Part terrain = 45 900 / 185 000 = 24,8 %
Un forfait de 15 % aurait sous-estimé le terrain de ~10 points. La méthode par tantièmes est la plus précise en copropriété.
Exemple 3 : immeuble de rapport en ville moyenne
Surface terrain : 800 m² | Prix DVF terrain : 250 EUR/m²
Valeur terrain = 800 × 250 = 200 000 EUR
Valeur immeuble : 650 000 EUR
Part terrain = 200 000 / 650 000 = 30,8 %
Base amortissable = 450 000 EUR. Amortissement annuel (composants moyens) : ~14 500 EUR. Économie IS : ~2 175 EUR/an au taux de 15 %.
Exemple 4 : studio bord de mer (Bretagne)
Surface parcelle : 2 500 m² | Tantièmes : 30 / 1 000 (= 75 m²)
Prix DVF terrain littoral Dinard : 600 EUR/m²
Valeur terrain lot = 75 × 600 = 45 000 EUR
Prix d'achat studio : 95 000 EUR
Part terrain = 45 000 / 95 000 = 47,4 %
En zone littorale, la part terrain est très élevée. La jurisprudence des CAA a confirmé des parts de 40 à 50 % en station balnéaire. Un forfait de 15 % serait redressé à coup sûr.
Exemple 5 : appartement en zone rurale (forfait justifié)
Aucune vente de terrain constructible dans DVF sur les 3 dernières années dans le secteur.
Prix DVF terrains les plus proches (15 km) : 25-40 EUR/m²
Surface parcelle : 600 m² | Tantièmes : 120 / 1 000 (= 72 m²)
Valeur terrain estimée = 72 × 35 = 2 520 EUR
Prix d'achat : 65 000 EUR
Part terrain calculée = 2 520 / 65 000 = 3,9 %
Ici un forfait de 10-15 % serait même supérieur à la réalité. C'est uniquement dans ce type de zone, sans terrain constructible en DVF, que le forfait reste une option viable — à condition de le documenter.
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5. Quand la méthode DVF n'est pas possible : les alternatives
Dans certaines villes (Paris intra-muros, centres-villes historiques), il n'y a plus aucune vente de terrain nu dans DVF. La méthode SCI AI atteint alors ses limites. Voici les alternatives admises par la jurisprudence.
Méthode 1 : le forfait documenté
Quand il n'y a aucun comparable en DVF, un forfait peut être justifié à condition de le documenter (absence de transactions de terrains nus constatée sur DVF, fourchettes cohérentes avec la zone). En pratique, l'administration admet généralement 15-25 % pour un appartement en grande ville sans comparable direct.
Méthode 2 : le coût de reconstruction (méthode par déduction)
Principe : estimer la valeur du bâti neuf (coût de reconstruction au m² × surface × coefficient de vétusté), puis soustraire du prix total. Le solde = terrain. C'est la méthode subsidiaire validée par le CE (15/02/2016). Utilisez les barèmes de coût de reconstruction (type BCRIV ou indices publiés par la FFB) pour estimer le coût du bâti neuf équivalent.
Appartement 45 m², acheté 350 000 EUR, immeuble de 1920.
Coût reconstruction neuf (barème BCRIV / indices FFB, IDF) : 1 800 EUR/m² × 45 m² = 81 000 EUR
Coefficient de vétusté (immeuble 1920, ~106 ans) : -60 %
Valeur du bâti vétusté = 81 000 × 40 % = 32 400 EUR
Valeur du terrain = 350 000 - 32 400 = 317 600 EUR
Part terrain = 317 600 / 350 000 = 90,7 %
Attention : cette méthode donne souvent des résultats extrêmes à Paris (terrain > 80 %). Elle est acceptable mais doit être recoupée. Un expert foncier peut affiner le coefficient de vétusté.
Méthode 3 : rapport d'expert foncier agréé
Un expert immobilier agréé (RICS, REV, FNAIM) produit un rapport d'évaluation motivé. Coût : 500 à 1 500 EUR. C'est le blindage maximum en cas de contrôle : la jurisprudence des CAA a retenu à plusieurs reprises l'expertise du contribuable contre l'estimation forfaitaire de l'administration. Recommandé pour les biens > 300 000 EUR.
| Méthode | Quand l'utiliser | Force probante | Coût |
|---|---|---|---|
| SCI AI (DVF × surface) | Terrain constructible avec comparables DVF | Très forte (données fiscales) | Gratuit |
| Forfait documenté | Pas de terrain nu en DVF (centre-ville) | Moyenne (si documenté) | Gratuit |
| Coût de reconstruction | Alternative quand DVF absent, bien ancien | Forte (CE 2016) | Gratuit |
| Expert foncier agréé | Bien > 300 000 EUR, zone complexe | Très forte (CAA 2021) | 500-1 500 EUR |
6. Jurisprudence : les décisions clés à connaître
CE, 15 février 2016, n° 380400 — La référence absolue
Cette décision du Conseil d'État est la référence en matière de ventilation terrain/bâti. Elle établit trois méthodes hiérarchisées :
- Comparaison avec des transactions de terrains nus comparables (méthode privilégiée — c'est exactement ce que fait la méthode SCI AI avec DVF)
- Évaluation par le coût de reconstruction diminué de la vétusté (méthode subsidiaire)
- Comparaison avec les ratios d'autres contribuables dans des situations similaires
Le CE précise que c'est à l'administration d'apporter la preuve de l'inexactitude des valeurs retenues par le contribuable, à condition que celui-ci ait documenté son calcul avec des éléments de marché.
Tendances des cours administratives d'appel (2020-2023)
Plusieurs CAA ont statué sur la question de la ventilation terrain/bâti ces dernières années. Les enseignements convergent :
- Forfait 15 % contesté en zone urbaine : des contribuables ayant retenu un forfait de 15 % en centre-ville de grandes métropoles ont vu l'administration retenir des taux de 25 à 35 % sur la base de données Patrim. Les CAA ont généralement validé ces redressements, confirmant que 15 % est insuffisant en zone tendue.
- Zone littorale — part terrain élevée : en station balnéaire, la valeur du terrain peut représenter 40 à 60 % du prix total. Des forfaits de 20 % ont été jugés insuffisants, les CAA retenant des taux de 40 à 50 % sur la base des transactions DVF.
- Expertise privée acceptée : des CAA ont accepté l'évaluation d'experts immobiliers mandatés par le contribuable, dès lors que l'expertise était motivée, récente et fondée sur des comparables pertinents. L'expertise privée peut primer sur l'estimation forfaitaire de l'administration.
- Aucun forfait légal : plusieurs CAA ont rappelé qu'il n'existe aucune instruction administrative fixant un pourcentage forfaitaire. Chaque situation doit être évaluée au cas par cas selon les données de marché locales.
TA Dijon, 17 janvier 2023, n° 2100821 — Quand l'administration échoue
Décision défensive très utile pour les contribuables. L'administration contestait un taux terrain de 15 % sur un immeuble parisien et voulait le porter à 50 %. Le tribunal a rejeté le redressement car les comparables utilisés par l'administration étaient inadaptés :
- Zone géographique trop large (quartiers non comparables)
- Époques de construction différentes
- Surfaces incomparables
- Écarts de prix au m² disproportionnés (de 866 à 55 096 EUR/m²)
Ce qu'il faut en retenir : pour que des comparables soient valides (que ce soit les vôtres ou ceux de l'administration), ils doivent être situés dans un secteur géographique restreint et homogène, porter sur des biens de même époque de construction, avoir des surfaces et des droits à construire similaires, et présenter des prix au m² cohérents. Plus vos comparables respectent ces critères, plus votre ventilation sera inattaquable.
La méthode 3 (ratios comptables) : une arme à double tranchant
La troisième méthode du CE (comparaison avec les ratios d'autres contribuables) est rarement à votre avantage. L'administration dispose d'un accès exclusif aux fichiers fiscaux des autres SCI — elle peut comparer vos chiffres avec des dizaines de bilans de contribuables similaires. Vous, en tant que contribuable, êtes soumis au secret fiscal et ne pouvez pas vérifier les données invoquées. Cette asymétrie d'information rend la méthode 3 défavorable au contribuable. Raison de plus pour privilégier la méthode 1 (DVF) où les données sont publiques et vérifiables par tous.
Prescription : attention, l'administration peut remonter loin
Le délai de prescription de droit commun en IS est de 3 ans (art. L169 LPF). Cependant, si l'administration conteste la ventilation terrain/bâti, elle peut réintégrer l'intégralité des amortissements déduits depuis le premier exercice non prescrit — ce qui peut représenter des années d'amortissements contestés en une seule reprise. C'est pourquoi il est capital de bien documenter la ventilation dès l'acquisition.
Doctrine administrative : BOI-BIC-AMT-10-20
Le BOFiP (BOI-BIC-AMT-10-20, § 230) énonce clairement que « les terrains n'étant, par nature, susceptibles d'aucune diminution de valeur », ils ne peuvent pas faire l'objet d'un amortissement. En cas de perte de valeur réelle (changement de zonage PLU, contamination, etc.), une provision pour dépréciation peut être comptabilisée (art. 38 sexies annexe III du CGI), mais pas un amortissement.
- La méthode DVF/Patrim (comparaison terrains nus) est la plus solide juridiquement (CE 2016, n° 380400)
- Aucun forfait légal n'existe — 15 ou 20 % n'ont aucune base réglementaire
- En zone littorale ou Paris, la part terrain peut dépasser 45-50 %
- Un rapport d'expert privé est opposable à l'administration
- En cas de redressement, l'administration peut réintégrer tous les amortissements depuis l'acquisition, pas seulement les années récentes
7. Spécificités SCI à l'IS : plus-value, amortissements et valeur terrain
La méthodologie de calcul de la valeur terrain est strictement identique que vous soyez en LMNP, en SCI à l'IR ou en SCI à l'IS. Ce qui change, c'est le traitement fiscal des amortissements et de la plus-value. Pour le détail complet de l'amortissement par composants, consultez notre guide Amortissements en SCI à l'IS. Si vous hésitez entre IS et IR, notre comparatif SCI IS vs IR détaille les différences fiscales.
Amortissements déduits du résultat IS
En SCI IS, les amortissements du bâti sont directement déduits du résultat imposable à l'IS. Le taux réduit de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 EUR de bénéfice, puis 25 % au-delà. Ce taux réduit est réservé aux PME dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 M EUR et dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
Contrairement au LMNP, il n'y a pas de mécanisme de plafonnement (art. 39 C du CGI) en SCI IS. L'art. 39 C ne s'applique qu'aux BIC (personnes physiques et sociétés de personnes transparentes). En SCI IS, les amortissements peuvent créer un déficit fiscal, reportable en avant sans limite de durée (plafonné à 1 M EUR + 50 % du bénéfice excédant ce seuil par exercice). C'est un avantage considérable par rapport au LMNP.
| Composant | Part typique | Durée (neuf) | Taux annuel |
|---|---|---|---|
| Gros œuvre / structure | 40-50 % | 50-80 ans | 1,25-2 % |
| Façades, étanchéité, toiture | 15-25 % | 15-25 ans | 4-6,67 % |
| Installations techniques (IGT) | 15-25 % | 20-30 ans | 3,33-5 % |
| Agencements intérieurs | 10-20 % | 10-15 ans | 6,67-10 % |
Plus-value à la revente : VNC
En SCI IS, la plus-value est calculée ainsi :
Plus-value = Prix de cession − Valeur Nette Comptable (VNC)
VNC = Prix d'acquisition − Amortissements cumulés
Le terrain, n'étant jamais amorti, conserve sa valeur d'origine dans la VNC. Plus le terrain est élevé, plus la VNC est élevée, et donc plus la plus-value est faible. C'est l'inverse pendant la détention (moins d'amortissements déduits).
| Scénario (bien à 200 000 EUR, revente 250 000 EUR après 20 ans) | Terrain 15 % | Terrain 30 % |
|---|---|---|
| Base amortissable (bâti) | 170 000 EUR | 140 000 EUR |
| Amortissements cumulés (20 ans) | 136 000 EUR | 112 000 EUR |
| Économie IS cumulée (taux 15 %) | 20 400 EUR | 16 800 EUR |
| VNC à la revente | 64 000 EUR | 88 000 EUR |
| Plus-value (250 000 − VNC) | 186 000 EUR | 162 000 EUR |
| IS sur PV (25 %) | 46 500 EUR | 40 500 EUR |
Bilan : avec un terrain à 15 %, vous économisez 3 600 EUR de plus en IS pendant 20 ans, mais vous payez 6 000 EUR de plus d'IS sur la PV. C'est un quasi-jeu à somme nulle, légèrement en faveur d'un terrain plus élevé si vous revendez. La valeur terrain doit rester sincère — ni gonflée ni dégonée.
Pas de réintégration LF2025
Contrairement au LMNP, la réforme LF2025 (art. 84) ne s'applique pas aux SCI à l'IS. Les amortissements sont déjà intégrés dans le calcul de la plus-value professionnelle via la VNC. Il n'y a donc pas de « double peine » comme en LMNP post-2025.
8. Cas VEFA (achat neuf) : comment ventiler terrain et bâti
En VEFA (Vente en l'État Futur d'Achèvement), le promoteur ventile rarement terrain et construction dans l'acte notarié. Le prix est global. Comment faire ?
Solution 1 : demander au promoteur (la plus simple)
Certains promoteurs fournissent sur demande une attestation de ventilation terrain/construction (la « charge foncière »). C'est la solution la plus simple et la plus sécurisée. Demandez-la avant la signature de l'acte.
Solution 2 : méthode DVF (méthode SCI AI)
Appliquer la méthode standard : surface parcelle × prix DVF terrains constructibles du secteur. En VEFA, le terrain est souvent plus cher (emplacement neuf, viabilisé) mais la base amortissable est plus élevée (bâti neuf, pas de vétusté).
Solution 3 : bilan promoteur (fourchettes typiques)
Le prix de revient d'une opération de promotion se décompose typiquement en :
- Province : foncier 20-30 % du prix de vente
- Île-de-France / grandes métropoles : foncier 25-40 %
- Construction : 40-50 % | Marge + frais : 20-30 %
9. Cas particuliers : copropriété, zone inondable, terrain aménagé
Copropriété et tantièmes
La méthode des tantièmes est la plus précise en copropriété. Chaque lot se voit attribuer une quote-part de terrain calculée à partir des tantièmes figurant dans le règlement de copropriété (état descriptif de division). Ne confondez pas tantièmes et surface habitable — un RDC commercial peut avoir des tantièmes très supérieurs à sa surface.
Terrain en zone inondable (PPRi)
Un terrain en zone inondable subit une décote de 10 à 30 % par rapport à un terrain hors zone à risque (sources : études notariales, INRAE). La décote varie selon le niveau de risque (zone bleue vs zone rouge) et les antécédents d'inondation. La part terrain peut descendre à 5-10 % de manière justifiée. Documentez avec le PPRi (Plan de Prévention des Risques d'inondation) de la commune.
Terrain non constructible (zone N ou A du PLU)
Si le terrain est classé en zone naturelle (N) ou agricole (A) au PLU, sa valeur est très faible (quelques euros/m², proche d'un terrain agricole). La part terrain peut être très basse (3-10 %). Documentez avec un extrait du PLU.
Terrain aménagé : les travaux de viabilisation sont amortissables
Distinction importante : le terrain nu (le sol) n'est pas amortissable. Mais les aménagements (voirie, réseaux, clôtures, plantations) sont des immobilisations amortissables (15-25 ans). Si votre acte distingue terrain nu et aménagements, amortissez les aménagements séparément dans la comptabilité de la SCI.
Perte de valeur du terrain : la provision pour dépréciation
Bien que le terrain ne soit pas amortissable, il peut perdre de la valeur (changement de zonage PLU, contamination des sols, classement en zone inondable). Dans ce cas, la SCI peut comptabiliser une provision pour dépréciation (art. 38 sexies annexe III du CGI). Cette provision est déductible du résultat IS et doit être reprise si la valeur remonte. C'est le seul mécanisme qui permet de « déduire » une perte liée au terrain.
10. Les 5 erreurs fréquentes des experts-comptables
- Forfait systématique sans justification : appliquer 15 ou 20 % à tous les biens sans distinction. L'administration conteste dès que le forfait est manifestement inadapté à la réalité du marché local. Les redressements sont fréquents en zone urbaine tendue.
- Pas de distinction maison/appartement : une maison avec 500 m² de jardin a une part terrain très différente d'un appartement au 8e étage d'un immeuble de 50 lots. Les tantièmes sont essentiels en copropriété.
- Oubli des tantièmes en copropriété : prendre la surface habitable au lieu des tantièmes (qui figurent dans le règlement de copropriété). Ce n'est pas la même chose — un RDC commercial peut avoir des tantièmes très supérieurs à sa surface.
- Terrain surévalué « par prudence » : certains comptables gonflent le terrain (25-30 %) « pour se protéger ». En SCI IS, c'est un quasi-jeu à somme nulle entre économie IS et plus-value, mais reste pénalisant pendant la détention. La meilleure protection reste un calcul sincère documenté.
- Aucune source opposable : utiliser des estimations d'agences immobilières ou des « ressenti du marché » au lieu de DVF/Patrim. En cas de contrôle, seules les sources officielles ont une valeur probante suffisante.
11. Checklist de justificatifs à conserver en cas de contrôle fiscal
- Captures DVF ou Patrim datées
- Extrait cadastral (surface parcelle)
- Acte de vente (prix total)
- Règlement de copropriété (tantièmes)
- Calcul détaillé (formule appliquée)
- Extrait du PLU (constructibilité)
- PPRi si zone inondable
- Annonces terrains du secteur
- Rapport d'expert (si > 300 000 EUR)
- Attestation promoteur (VEFA)
Règle d'or : recoupez avec au moins 2 sources indépendantes. Ne changez pas brusquement la proportion terrain/bâti d'une année sur l'autre sans raison légitime. Conservez tous les justificatifs 10 ans (obligation du Code de commerce, art. L123-22). Le délai de prescription fiscale en IS est de 3 ans en droit commun (art. L169 du LPF), mais l'obligation comptable de conservation est plus longue — mieux vaut garder 10 ans. En SCI, ces documents doivent figurer dans les archives sociales de la société, accessibles aux associés.
12. FAQ — 12 questions fréquentes sur la valeur terrain en SCI
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