Modèle de convention de compte courant d'associé en SCI (2026)
Dans la quasi-totalité des dossiers qui passent entre mes mains, ce document n'a jamais été rédigé. Les SCI concernées ont pourtant toutes un compte courant d'associé. Un jour, il a fallu compléter l'apport, régler la taxe foncière ou avancer 12 000 € de ravalement : quelqu'un a fait un virement depuis son compte personnel, et l'affaire s'est arrêtée là. Pas de convention, pas de date, pas de taux. Or tant que cet argent ne repose sur aucun écrit, il n'est juridiquement rien de précis — ni un prêt daté, ni un apport en capital, ni une donation. Ce sont donc les autres qui trancheront à votre place : un associé fâché, un héritier pressé, un banquier prudent, un vérificateur méthodique. Cette page ne refait pas la théorie. Elle vous donne le document : un modèle de convention de compte courant d'associé pour SCI, ses huit clauses commentées une par une, puis le texte intégral, article par article, prêt à copier et à remplir.
Rédigé par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app, et vérifié contre les sources officielles (Code civil, Code général des impôts, Code monétaire et financier, BOFiP, plan comptable général). Mis à jour le 27 juillet 2026. Cet article est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé : adaptez toujours le modèle à vos statuts et à votre situation.
Sommaire
- Pourquoi une convention de compte courant écrite change tout
- Rappel express : ce qu'est (et n'est pas) un compte courant d'associé
- Les 8 clauses indispensables de la convention, commentées
- Les mentions à ne pas oublier (et celles à bannir)
- Le modèle de convention de compte courant d'associé, article par article
- Les annexes : décision d'associés, relevé annuel, avenant de blocage
- Traitement comptable du compte courant et impact sur le bilan
- Cession de parts, décès, dissolution : le sort de la convention
- Les erreurs fréquentes de rédaction
- FAQ : modèle de convention de compte courant
1. Pourquoi une convention de compte courant écrite change tout
Le compte courant d'associé n'est défini par aucun texte
Le point de départ surprend toujours mes clients. Cherchez « compte courant d'associé » dans le Code civil : rien. Dans le Code de commerce : rien non plus. Le Code général des impôts l'évoque de biais, uniquement pour plafonner la déduction des intérêts, et le Code monétaire et financier pour l'écarter d'une interdiction. Le compte courant d'associé est une création de la pratique, consacrée par la jurisprudence et par le plan comptable général, mais sans régime légal propre. Il n'existe, juridiquement, que dans la mesure où vous l'écrivez.
D'où une conséquence que peu de gérants ont en tête — et ce n'est pas celle que l'on lit partout. On répète volontiers qu'à défaut d'écrit, on retomberait sur les règles générales du prêt de consommation (articles 1892 et suivants du Code civil), et que le juge pourrait alors accorder un délai de restitution sur le fondement de l'article 1900. C'est inexact : la Cour de cassation juge que « les dispositions de l'article 1900 du code civil ne sont pas applicables au compte courant d'associé, dont la caractéristique essentielle, en l'absence de convention particulière ou statutaire le régissant, est d'être remboursable à tout moment » (Cass. com., 10 mai 2011, n° 10-18.749, publié au Bulletin).
Traduisez : l'absence de convention ne protège pas la société, elle l'expose. La créance est exigible à vue, sans préavis. Un associé fâché peut réclamer ses 60 000 € du jour au lendemain à une SCI qui encaisse 1 400 € de loyers par mois, et le juge n'a pour seule marge que le délai de grâce de l'article 1343-5 du Code civil, plafonné à deux ans. C'est très exactement l'inverse de ce que la plupart des gérants imaginent — et c'est la clause 6 du modèle, et elle seule, qui permet d'organiser un préavis.
Le piège de la preuve. L'article 1359 du Code civil impose un écrit pour prouver un acte juridique portant sur plus de 1 500 €. Or un relevé bancaire prouve qu'un virement a eu lieu ; il ne dit pas à quel titre. « J'ai la preuve, j'ai mes relevés » : je l'entends tous les mois. Face à un beau-frère ou à un héritier qui soutient que c'était un apport définitif, la ligne de banque, seule, ne tranche rien.
Les trois requalifications que la convention neutralise
| Requalification | Déclencheur | Conséquence |
|---|---|---|
| En apport en capital | Versement sans écrit, jamais inscrit en dette au bilan, jamais remboursé | Perte du droit au remboursement : les fonds ne ressortent qu'à la dissolution ou par réduction de capital |
| En libéralité | Un associé finance seul, au profit d'associés qui ne remboursent pas (fréquent en SCI familiale) | Droits de mutation à titre gratuit, jusqu'à 60 % entre non-parents, et rapport successoral |
| En revenus distribués | Flux dans les deux sens, compte devenu débiteur, retraits non tracés (SCI à l'IS) | Imposition personnelle des sommes retirées (art. 111 a CGI), sans que la SCI puisse déduire quoi que ce soit |
Rien de théorique là-dedans : ce sont les trois motifs qui reviennent quand un compte courant est remis en cause. Et la défense est chaque fois la même — un écrit daté, signé, cohérent avec les flux bancaires et avec la comptabilité. Trois pièces qui se répondent. Quand l'une manque, la discussion s'ouvre.
La convention protège l'associé autant que la société
On la présente volontiers comme un bouclier pour l'associé prêteur. C'est vrai, et c'est réducteur. Elle protège aussi :
- La SCI, en encadrant le remboursement : sans clause de préavis, un associé peut exiger la restitution immédiate de 80 000 € que la société n'a tout simplement pas.
- Le gérant, qui peut prouver qu'il a agi dans un cadre autorisé et non par arrangement informel. Sur ce terrain, voir notre guide du rôle et de la responsabilité du gérant de SCI.
- Les autres associés, qui savent exactement qui a avancé quoi, à quel taux, et ce que la SCI doit à chacun — ce qui évite l'essentiel des conflits ultérieurs.
- Les héritiers, qui trouvent une créance chiffrée au lieu d'une conversation à reconstituer.
- La banque, qui accepte plus volontiers de financer une SCI dont l'apport des associés est formalisé et, le cas échéant, bloqué. Un sujet développé dans notre guide du prêt bancaire en SCI.
Où s'arrête cette page. Comment fonctionne un compte courant, ce qu'il coûte fiscalement, à quoi il sert dans une stratégie patrimoniale et où sont ses limites : tout cela est traité dans notre guide du compte courant d'associé en SCI. Ici, on passe directement à la rédaction.
2. Rappel express : ce qu'est (et n'est pas) un compte courant d'associé
Avant d'ouvrir le modèle, sachez ce que ce modèle décrit. Le compte courant d'associé est une créance, rien d'autre : l'associé met des fonds à disposition de la SCI, la SCI les lui doit. Ni capital, ni apport, ni coup de pouce définitif.
| Critère | Compte courant d'associé | Apport en capital |
|---|---|---|
| Nature juridique | Dette de la SCI (créance de l'associé) | Capitaux propres |
| Position au bilan | Passif — dettes (compte 455) | Passif — capital social (compte 101) |
| Récupération des fonds | Remboursement, selon la convention | Réduction de capital ou liquidation |
| Droit de vote attaché | Aucun | Oui, proportionnel aux parts |
| Rémunération | Intérêts (facultatifs), charge pour la SCI | Dividendes, prélevés sur le bénéfice |
| Formalisme de mise en place | Convention sous seing privé | Modification des statuts, publicité, greffe |
| Coût de mise en place | Nul | Annonce légale, formalités, honoraires |
Toute la matière tient dans cette colonne du milieu. Des associés versent 40 000 € en pensant « renforcer la société », le notaire les inscrit en capital, et dix ans plus tard ils découvrent qu'ils ne récupèrent rien sans réduction de capital, annonce légale et opposition des créanciers. Le même virement, passé en compte courant, serait ressorti par un simple ordre de virement. Pour trancher entre les deux voies avant de signer, comparez avec notre guide du capital social d'une SCI et celui de l'apport personnel en SCI.
Le point du monopole bancaire : ce qui a changé depuis la loi PACTE
Effectuer des opérations de crédit ou recevoir des fonds remboursables du public à titre habituel est réservé aux établissements de crédit (art. L. 511-5 du Code monétaire et financier). L'article L. 312-2 du même code écarte toutefois de la notion de fonds remboursables du public les sommes reçues ou laissées en compte par les associés et actionnaires, ainsi que par les dirigeants (gérants, administrateurs, membres du directoire et du conseil de surveillance, directeurs généraux, présidents de SAS).
Attention aux modèles périmés. Jusqu'en 2019, l'article L. 312-2 réservait cette exception aux associés détenant au moins 5 % du capital social. Cette condition de seuil a été supprimée par l'article 76 de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 (loi PACTE). Depuis, tout associé peut consentir une avance en compte courant, quelle que soit sa quote-part — y compris rémunérée. Une convention type qui exige encore une détention de 5 % (ou qui vous impose de nommer l'associé co-gérant pour cette raison) date d'avant la réforme : ne la recopiez pas.
Ce qui n'a pas bougé, en revanche : la dérogation suppose la qualité d'associé (ou de dirigeant) au jour de l'avance. Le voisin, le concubin non associé, l'ami qui « dépanne » la SCI de 30 000 € à 4 % ne bénéficient pas de cette exception. Soyons précis : un prêt isolé consenti par un tiers ne caractérise pas à lui seul une infraction au monopole bancaire, qui ne joue qu'à titre habituel — c'est la répétition des opérations qui le constitue. Le vrai risque d'une avance par un non-associé est ailleurs : preuve fragile, requalification en libéralité, et impossibilité de se prévaloir de la dérogation de l'article L. 312-2 dès que les flux se répètent. D'où l'article 12 du modèle, qui fait déclarer la qualité d'associé noir sur blanc par le prêteur. C'est elle qui fonde l'exception, pas un pourcentage de détention.
3. Les 8 clauses indispensables de la convention, commentées
Huit briques, pas une de plus. Pour chacune : ce qu'elle doit dire, pourquoi elle existe, et la faute que je vois passer le plus souvent. Si vous voulez le texte tout de suite, il est à la section 5 — mais lisez d'abord la clause 4, c'est celle qui coûte de l'argent quand elle est bâclée.
Clause 1 — Identification des parties et de la SCI
Trivial en apparence. C'est pourtant là que se logent les premières fragilités. La convention doit identifier sans ambiguïté :
- La SCI : dénomination exacte, forme, montant du capital, adresse du siège, numéro SIREN, ville du greffe d'immatriculation, et surtout le nom du représentant légal avec le fondement de son pouvoir (« représentée par M. X, gérant, dûment habilité aux fins des présentes »).
- L'associé : nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse, régime matrimonial le cas échéant, et le nombre de parts détenues avec le pourcentage correspondant.
La mention du nombre de parts n'est pas décorative, et beaucoup la sautent. Ce n'est plus une affaire de seuil — la condition de détention de 5 % du capital est morte avec la loi PACTE du 22 mai 2019 — mais c'est elle qui établit la qualité d'associé du prêteur au jour de l'avance, seul fondement de l'exception de l'article L. 312-2 du Code monétaire et financier, et elle seule qui montre que l'avance a une cause sociale. Autre réflexe : précisez le régime matrimonial. Un associé marié sous la communauté prête presque toujours des deniers communs. Le jour du divorce, la question de savoir à qui appartient la créance de 90 000 € inscrite au bilan de la SCI se posera — mieux vaut y avoir répondu par écrit. Notre guide SCI et régime matrimonial détaille les cas.
Clause 2 — Objet et montant des avances
L'objet dit que l'associé consent une avance à la SCI, et surtout pour quoi faire. Ce « pour quoi faire » n'est pas de la littérature : en SCI à l'IR, il décide de la déductibilité des intérêts. Deux niveaux de rédaction :
- Objet général : « financer les besoins de trésorerie de la société ». Simple, souple, suffisant pour une SCI à l'IS.
- Objet affecté : « financer l'acquisition / la conservation / la construction / la réparation de l'immeuble sis à … ». Nettement préférable pour une SCI à l'IR, car la déduction des intérêts d'emprunt en revenus fonciers suppose que la dette soit contractée pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration de l'immeuble — la liste de l'article 31, I-1° d du CGI est limitative (BOI-RFPI-BASE-20-80).
Côté montant, tout dépend de votre situation. Avance unique d'un montant fixe ? Plafond d'avances successives (« dans la limite globale de … € ») ? Ou régularisation de sommes déjà versées ? C'est cette dernière hypothèse qui domine largement dans la vraie vie : on formalise en 2026 des virements faits en 2020. Parfaitement licite — à condition de lister les versements antérieurs date par date en annexe, relevés bancaires à l'appui, au lieu d'antidater le document.
Préférez un plafond à un montant figé. Sinon, vous resignez un acte à chaque virement — et au bout de trois ans vous avez huit conventions qui se contredisent. Avec une convention-cadre à plafond, chaque versement s'impute simplement dessus et se constate dans le relevé annuel de la clause 3.
Clause 3 — Modalités de versement et de suivi
Comment l'argent entre, et comment on en garde la trace. Trois points, tous les trois négligés :
- Le mode de versement : virement depuis un compte personnel identifié de l'associé vers le compte bancaire de la SCI, avec un libellé normalisé (« CCA — [Nom associé] »). Bannir les espèces, qui rendent la preuve quasi impossible.
- Le paiement direct de charges : lorsque l'associé règle une facture de la SCI sur ses fonds personnels, la convention doit prévoir que le montant s'inscrit automatiquement en compte courant sur production du justificatif. Sans cette clause, chaque paiement devient une négociation.
- Le suivi : tenue d'un compte individuel par associé, et établissement d'un relevé annuel arrêté à la date de clôture, signé par le gérant et par l'associé.
Si vous ne deviez retenir qu'une ligne de cette clause : l'arrêté de compte annuel signé est votre meilleure preuve. Il renouvelle dans le temps la reconnaissance de dette, il coupe court à toute contestation du solde par un repreneur ou un héritier, et c'est exactement le document que votre banquier réclamera au moment de refinancer. Dix minutes par an. Sur les écritures correspondantes, voir notre guide des écritures comptables du compte courant d'associé.
Clause 4 — Rémunération : intérêts, plafond de déduction et fiscalité
La clause la plus technique du lot, et celle que je vois le plus souvent expédiée en une phrase. Elle doit répondre à quatre questions, dans cet ordre.
Y a-t-il des intérêts ? Rien ne vous y oblige. Une avance à 0 % est valable, et c'est même la norme en SCI familiale. Mais dites-le expressément, sinon deux ennuis vous guettent : un associé qui réclame des intérêts a posteriori, ou une administration qui s'interroge sur cette générosité.
Quel taux ? Contractuellement, vous faites ce que vous voulez. Fiscalement, c'est autre chose : la SCI à l'IS ne déduit les intérêts que dans la limite du taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour les prêts à taux variable aux entreprises d'une durée initiale supérieure à deux ans — le TMP de l'article 39-1-3° du CGI. Avec deux conditions cumulatives que presque personne ne vérifie :
- Le capital social doit être entièrement libéré. Capital partiellement libéré, déduction perdue — pas réduite, perdue. La SCI créée avec 1 000 € de capital dont 100 € seulement appelés, cas ultra-courant, sert des intérêts qu'elle ne peut pas déduire. Motif de redressement classique.
- Le taux plafond s'apprécie à la clôture de l'exercice : il correspond à la moyenne annuelle des taux effectifs moyens publiés trimestriellement, pondérée lorsque l'exercice ne coïncide pas avec l'année civile. À titre de repère, les taux trimestriels publiés pour 2025 s'échelonnaient de 4,92 % (1er trimestre) à 4,30 % (4e trimestre), soit un plafond de 4,55 % pour un exercice clos le 31 décembre 2025 (BOI-BIC-CHG-50-50-30). Ne recopiez jamais un pourcentage lu dans un article : vérifiez la publication correspondant à votre propre date de clôture.
La bonne rédaction, en une ligne. N'écrivez pas « taux de 5 % l'an ». Écrivez : « au taux plafond visé à l'article 39-1-3° du CGI applicable à l'exercice considéré, sans pouvoir excéder X % ». Votre taux suit la publication chaque année, vous ne rédigez jamais d'avenant, et vous ne pouvez pas dépasser le plafond par inadvertance.
Et si l'on dépasse ? L'excédent ne s'évapore pas : il reste dû à l'associé, mais il est réintégré au résultat fiscal de la SCI à l'IS. Chez l'associé, cette fraction quitte le régime des intérêts pour celui des produits de parts sociales, sur le fondement de l'article 109, 1-2° du CGI. Et l'administration précise que la requalification joue même quand la réintégration ne fait naître aucun IS effectif, faute de solde bénéficiaire (BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50, § 20). Autrement dit, vous payez deux fois : la SCI est imposée sur une somme qu'elle a réellement décaissée, l'associé sur un revenu qui a changé de nature dans son dos.
Et l'associé, comment est-il imposé ? Les intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers. Le circuit complet, du versement à la déclaration :
| Étape | Ce que fait la SCI / l'associé | Référence |
|---|---|---|
| Versement des intérêts | La SCI prélève à la source un acompte de 12,8 % (prélèvement forfaitaire non libératoire) et les prélèvements sociaux | Art. 125 A CGI |
| Dispense d'acompte | Possible si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (imposition commune) ; demande à formuler au plus tard le 30 novembre de l'année précédant le versement. La dispense ne porte que sur l'acompte de 12,8 % : les prélèvements sociaux restent retenus à la source | Art. 125 A et 242 quater CGI |
| Déclaration par la SCI | Imprimé fiscal unique (déclaration n° 2561) déposé par voie dématérialisée au plus tard le 15 février de l'année suivante | Art. 242 ter CGI |
| Imposition définitive | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) ou option globale pour le barème progressif | Art. 200 A CGI |
| Option barème | Globale pour tous les revenus mobiliers du foyer ; ouvre une fraction de CSG déductible | Art. 200 A 2 CGI |
Un détail qui n'en est pas un : les 18,6 % de prélèvements sociaux applicables aux revenus mobiliers depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ne sont pas les 17,2 % qui continuent de frapper les revenus fonciers. Deux taux, deux catégories, deux lignes de déclaration. Confondre les deux fausse tous vos calculs d'arbitrage. Détail des taux dans notre guide des prélèvements sociaux en SCI en 2026, et arbitrage PFU / barème dans notre guide du PFU en SCI à l'IS. Sur la fraction de CSG déductible en cas d'option pour le barème, voir CSG déductible et SCI.
Clause 5 — Blocage ou subordination exigé par la banque
Mettez-vous à la place du banquier. Il prête 300 000 € à une SCI qui affiche par ailleurs 80 000 € de compte courant au passif — une dette que l'associé peut réclamer du jour au lendemain, avant lui. Vous comprendrez qu'il exige un blocage. C'est presque systématique dès qu'il y a un crédit.
Trois formules, de la plus souple à la plus contraignante :
| Formule | Portée | Effet comptable |
|---|---|---|
| Blocage pur et simple | Aucun remboursement pendant une durée déterminée (souvent la durée du prêt) | Reclassement, en pratique, en compte d'emprunt (1681) au-delà d'un an — aucun texte du PCG ne l'impose, l'échéance étant surtout retracée dans l'état des échéances de l'annexe |
| Subordination | Remboursement possible, mais seulement après désintéressement de la banque, ou si des ratios sont respectés | Maintien en 455 avec mention en annexe |
| Blocage conditionnel | Levée automatique dès qu'un événement survient (remboursement de X % du prêt, trésorerie supérieure à un seuil) | Selon la durée résiduelle de blocage |
La plupart des conventions que l'on me soumet se contentent de six mots : « le compte courant est bloqué ». Bloqué combien de temps ? Jusqu'à quel événement ? La levée est-elle automatique, ou faut-il l'accord écrit de la banque ? Un blocage sans terme ni condition de sortie n'est pas une clause prudente, c'est une clause dangereuse : elle transforme votre créance en quasi-capital, pour une durée indéfinie. Exigez toujours les deux — une durée et un mécanisme de levée.
Dernier point pratique : la banque demande presque toujours ce blocage en dehors de la convention, sur son propre formulaire. Vous vous retrouvez alors avec deux documents qui se contredisent. Le modèle prévoit donc un avenant tripartite, signé par les trois parties, plutôt qu'un engagement parallèle.
Clause 6 — Modalités de remboursement
Sans clause, le compte courant se rembourse à tout moment, sur simple demande (Cass. com., 10 mai 2011, n° 10-18.749). Voilà la règle par défaut, et elle est brutale pour une SCI qui encaisse 1 400 € de loyers par mois et à qui l'on réclame 60 000 € sous quinzaine. Organisez donc quatre choses :
- Un préavis — trois à six mois est le standard, notifié par lettre recommandée. En dessous de trois mois, la SCI n'a pas le temps de mobiliser sa trésorerie.
- Le remboursement partiel : préciser qu'il est possible, par quelles fractions, et que les remboursements partiels s'imputent d'abord sur les intérêts échus puis sur le principal (règle utile pour éviter toute discussion).
- Une clause de suspension : le gérant peut différer le remboursement si la trésorerie disponible tombe sous un seuil défini, ou si l'opération compromet le paiement des échéances de prêt. Prévoyez un plafond de report (par exemple douze mois) pour que la clause ne devienne pas un blocage déguisé.
- La priorité entre associés : quand plusieurs associés ont un compte courant, écrivez que les remboursements se font au prorata des soldes, sauf accord unanime contraire. Deux frères, 50 000 € de compte courant chacun, 40 000 € de trésorerie disponible : sans cette clause, le premier servi déclenche le contentieux.
Si la SCI va mal. Se rembourser pendant que la société n'arrive plus à payer ses échéances, c'est le meilleur moyen d'engager sa responsabilité de gérant. Avant de décaisser quoi que ce soit dans une passe difficile, lisez notre guide SCI déficitaire : que faire avant de décaisser.
Clause 7 — Retour à meilleure fortune
Clause facultative, et à réserver à une hypothèse précise : celle où vous envisagez un jour d'abandonner tout ou partie de votre créance, généralement pour remonter des capitaux propres négatifs et rassurer un prêteur. L'abandon efface la dette. Prix à payer : la SCI à l'IS constate un produit imposable, et vous, vous perdez votre créance.
Le retour à meilleure fortune vous permet de la récupérer si la société se redresse. Encore faut-il qu'elle soit chiffrée et datée. Quatre éléments obligatoires :
- L'événement déclencheur, exprimé par un indicateur mesurable : capitaux propres redevenus supérieurs à un montant donné, résultat net supérieur à un seuil pendant deux exercices consécutifs, cession d'un immeuble déterminé.
- Le montant qui redevient exigible : la totalité, ou une fraction plafonnée au bénéfice de l'exercice concerné.
- Le délai maximal au-delà duquel la clause s'éteint définitivement (cinq à dix ans en pratique).
- Les modalités de constatation : c'est l'approbation des comptes qui fait courir le retour, ce qui suppose une AG en bonne et due forme — voir notre guide de l'assemblée générale de SCI.
« Si la situation de la société le permet » : voilà la formule à ne pas écrire. Elle est ingérable, invérifiable, et un juge l'écartera. Sans indicateur chiffré, mieux vaut aucune clause qu'une clause décorative.
Clause 8 — Durée, résiliation, litiges
Dernière brique. Généralement expédiée en trois lignes, alors qu'elle règle toute la vie du contrat :
- Durée : indéterminée (le plus souple) ou déterminée avec tacite reconduction. Une durée indéterminée n'interdit pas le préavis : c'est justement la clause 6 qui l'organise.
- Résiliation : par l'une ou l'autre partie, avec le même préavis que le remboursement, et effet automatique de remboursement du solde.
- Perte de la qualité d'associé : préciser ce qu'il advient si l'associé cède ses parts (voir section 8) — remboursement de plein droit, ou maintien de la convention sur accord exprès.
- Élection de domicile et juridiction : le contentieux contractuel d'une SCI relève en principe du tribunal judiciaire, et non du tribunal de commerce — désigner ce dernier est l'une des erreurs les plus fréquentes des modèles génériques, conçus pour des sociétés commerciales. Deux nuances : depuis le 1er janvier 2025, l'expérimentation des tribunaux des activités économiques (loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, art. 26) étend, dans douze juridictions et jusqu'au 31 décembre 2028, la compétence de ces tribunaux aux sociétés civiles pour les procédures amiables et collectives ; et surtout, ne désignez pas un tribunal nommément — entre parties non commerçantes, une clause dérogeant à la compétence territoriale est réputée non écrite (art. 48 du Code de procédure civile). Écrivez simplement que les litiges relèvent du tribunal judiciaire dans les conditions du droit commun.
- Modification : uniquement par avenant écrit et signé, pour interdire toute modification verbale.
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La convention, vous la signez une fois. Le suivi, lui, revient chaque année : un compte par associé, chaque virement rapproché, les intérêts calculés, le relevé annuel prêt à faire signer et le solde reporté au bilan et à la liasse. C'est exactement ce que fait sci-ai.app à votre place.
4. Les mentions à ne pas oublier (et celles à bannir)
Les huit clauses font le fond. Reste la forme, et c'est elle qui décide de la valeur probante du document : la date, le nombre d'exemplaires, la ratification par les associés. Plus une petite liste noire de formules qu'on retrouve partout et qu'il ne faut jamais recopier dans une convention de compte courant.
Donner date certaine à la convention
Entre vous et votre associé, la date portée sur l'acte fait foi jusqu'à preuve contraire. Face aux tiers — le fisc, un héritier, un créancier — le raisonnement change du tout au tout. L'article 1377 du Code civil énumère limitativement trois événements qui donnent date certaine à un acte sous signature privée : l'enregistrement, le décès d'un signataire, et la constatation de sa substance dans un acte authentique. Sur les trois, un seul dépend de vous — les deux autres, vous en conviendrez, sont mal commodes à provoquer. Et c'est bien la date qui vous protège : elle démontre que la convention n'a pas été fabriquée la veille du contrôle. Ce que valent réellement les options :
| Moyen | Force probante | Coût |
|---|---|---|
| Enregistrement volontaire au service des impôts | Maximale : c'est le seul procédé qui confère la date certaine au sens de l'art. 1377 C. civ. | Droit fixe des actes innomés : 125 € (art. 680 CGI) |
| Signature électronique qualifiée et horodatée (eIDAS) | Élevée en fait (intégrité et horodatage prouvés, art. 1367 C. civ.), mais ne vaut pas date certaine au sens de l'art. 1377 | Quelques euros |
| Mention et annexe au registre des décisions | Moyenne, mais très utile en interne | Nul |
| Virement bancaire concomitant au libellé explicite | Moyenne, mais corrobore parfaitement l'acte | Nul |
Mon conseil : pour une convention ordinaire, le trio « signature électronique + virement libellé + annexe au registre » fait très bien le travail. Gardez les 125 € d'enregistrement pour les gros enjeux — une avance à six chiffres, une fratrie qui se déchire, une succession qui approche. Là, c'est de l'argent bien placé. Sur la tenue des registres, voir notre guide des registres obligatoires d'une SCI.
Exemplaires, paraphes et signatures
La convention est un contrat synallagmatique, donc l'article 1375 du Code civil impose autant d'originaux que de parties ayant un intérêt distinct, et la mention de ce nombre sur l'acte. En clair : deux exemplaires. Un pour la SCI, rangé au siège avec les statuts et les procès-verbaux ; un pour l'associé.
Faites parapher chaque page. Si un seul signataire s'engage à payer une somme d'argent — cas d'une simple reconnaissance de dette unilatérale et non d'une convention bilatérale — l'article 1376 du Code civil exige en outre la mention manuscrite de la somme en toutes lettres et en chiffres. La convention de compte courant étant signée par les deux parties, cette exigence ne s'applique pas ; mais si vous optez pour une reconnaissance de dette isolée, ne l'oubliez pas.
Faut-il une décision collective des associés ?
Pas d'autorisation préalable, non. La société civile ne connaît aucun régime d'autorisation préalable comparable à celui de la SARL (art. L. 223-19 du Code de commerce) ou de la SAS (art. L. 227-10) : ni approbation avant signature, ni rapport spécial d'un commissaire aux comptes, ni sanction de nullité. Trois réserves, toutefois :
- Vos statuts peuvent soumettre les emprunts ou engagements financiers dépassant un certain montant à l'accord préalable des associés. Relisez-les avant de signer — c'est une clause très courante. Notre guide des statuts de SCI détaille ces limitations de pouvoirs.
- L'article L. 612-5 du Code de commerce impose au représentant légal des « personnes morales de droit privé non commerçantes ayant une activité économique » de présenter à l'organe délibérant un rapport sur les conventions passées, directement ou par personne interposée, entre la personne morale et l'un de ses mandataires sociaux. Une SCI qui exploite un patrimoine locatif entre, selon l'analyse dominante, dans cette catégorie — et une convention de compte courant signée avec le gérant est exactement le type d'acte visé. Il s'agit d'un rapport a posteriori, sans autorisation préalable ni nullité à la clé : la sanction se limite à la prise en charge, par le gérant, des conséquences préjudiciables de la convention.
- Même en dehors de toute obligation, faire ratifier la convention par une décision collective est la meilleure protection du gérant, surtout lorsqu'il est lui-même l'associé prêteur : il évite ainsi tout grief de conflit d'intérêts, et satisfait du même coup l'exigence d'information de l'article L. 612-5. Un modèle de décision est fourni en section 6. Sur les conventions entre la SCI et ses associés, voir aussi notre guide des conventions réglementées en SCI.
Ce qu'il ne faut jamais écrire
| À bannir | Pourquoi |
|---|---|
| « Le compte pourra devenir débiteur » | Un compte courant débiteur signifie que la SCI prête à son associé : présomption de revenus distribués (art. 111 a CGI) et acte anormal de gestion |
| « Apport en compte courant » utilisé comme synonyme d'apport en capital | Le mot « apport » entretient la confusion avec les capitaux propres et nourrit la requalification. Préférez « avance en compte courant » |
| « Tribunal de commerce de … » (ou tout tribunal désigné nommément) | Le contentieux contractuel d'une SCI relève en principe du tribunal judiciaire ; et entre parties non commerçantes, toute clause dérogeant à la compétence territoriale est réputée non écrite (art. 48 CPC) |
| Un taux fixe généreux « pour optimiser » | Au-delà du plafond de l'article 39-1-3° CGI, l'excédent est réintégré et requalifié chez l'associé |
| Une date antérieure à la signature réelle | Antidater est un faux. Reconnaissez les versements antérieurs dans une convention signée aujourd'hui |
| « Remboursable à première demande » sans clause de trésorerie | Expose la SCI à une demande de restitution qu'elle ne peut pas honorer, et le gérant à un conflit |
5. Le modèle de convention de compte courant d'associé, article par article
Le document intégral, maintenant. Tout ce qui est entre crochets se complète ; tout ce qui porte la mention « option » se garde ou se supprime selon votre cas. Il reprend les huit clauses commentées plus haut et fonctionne aussi bien pour une SCI à l'IR que pour une SCI à l'IS — c'est l'article 1 (l'objet) et l'article 5 (la rémunération) qui font la différence entre les deux.
Modèle — Convention de compte courant d'associé
Convention d'avance en compte courant d'associé
Entre les soussignés :
La société [Dénomination sociale], société civile immobilière au capital de [montant] €, dont le siège social est situé [adresse complète du siège], immatriculée au registre du commerce et des sociétés de [ville] sous le numéro [SIREN], représentée par [Prénom NOM], agissant en qualité de gérant, dûment habilité aux fins des présentes,
Ci-après dénommée « la Société »,
D'une part,
[Monsieur / Madame] [Prénom NOM], né(e) le [JJ/MM/AAAA] à [ville], de nationalité [nationalité], demeurant [adresse complète], [marié(e) sous le régime de [régime matrimonial] / célibataire / pacsé(e)], propriétaire de [nombre] parts sociales de la Société, soit [X] % du capital social,
Ci-après dénommé(e) « l'Associé »,
D'autre part,
Ci-après dénommés ensemble « les Parties ».
Il a préalablement été exposé ce qui suit :
La Société a pour objet [rappel de l'objet social : l'acquisition, l'administration et la gestion par location ou autrement de tous immeubles et biens immobiliers].
[Option — financement à venir] Afin de financer [l'acquisition de l'immeuble sis … / les travaux de … / les besoins de trésorerie liés à …], la Société a besoin de ressources complémentaires que l'Associé accepte de mettre à sa disposition.
[Option — régularisation d'avances antérieures] L'Associé a d'ores et déjà mis à disposition de la Société des sommes détaillées en Annexe 1, dont les Parties entendent, par les présentes, fixer le régime juridique, sans que la présente convention n'emporte novation.
Les Parties se sont rapprochées afin de définir les conditions de ces avances.
Ceci exposé, il a été convenu ce qui suit :
Article 1 — Objet
L'Associé consent à la Société, qui l'accepte, une avance en compte courant d'associé dans les conditions définies ci-après.
Cette avance est consentie en vue de [financer les besoins de trésorerie de la Société / financer l'acquisition, la conservation, la construction ou la réparation de l'immeuble sis [adresse]].
Les Parties rappellent expressément que l'avance constitue une créance de l'Associé sur la Société et ne constitue en aucun cas un apport en capital, un apport en nature, ni une libéralité. Elle n'emporte aucune modification de la répartition du capital social ni des droits de vote.
Article 2 — Montant de l'avance
[Formule A — montant fixe] L'avance est consentie pour un montant de [montant en chiffres] € ([montant en toutes lettres] euros).
[Formule B — convention-cadre à plafond] L'Associé pourra consentir à la Société des avances successives dans la limite d'un encours global de [montant] € ([montant en toutes lettres] euros). Chaque versement s'imputera sur ce plafond et sera constaté dans le compte individuel visé à l'article 4.
[Option] Les sommes déjà versées par l'Associé antérieurement aux présentes, telles que détaillées en Annexe 1, sont réputées relever de la présente convention à compter de leur date de versement respective.
Article 3 — Modalités de versement
Les avances seront versées par virement bancaire depuis un compte ouvert au nom de l'Associé vers le compte bancaire de la Société n° [IBAN], ouvert auprès de [établissement]. Chaque virement portera la mention « CCA — [NOM de l'Associé] ».
Tout règlement effectué par l'Associé sur ses deniers personnels pour le compte de la Société (charges, travaux, primes d'assurance, taxes) sera, sur production du justificatif correspondant, porté au crédit de son compte courant à la date de règlement.
Aucun versement en espèces ne pourra être porté au compte courant.
Article 4 — Tenue et arrêté du compte
La Société ouvre dans ses livres un compte individuel au nom de l'Associé, enregistrant au crédit les versements et intérêts, au débit les remboursements.
Ce compte ne pourra en aucun cas devenir débiteur. Le gérant s'interdit tout décaissement au profit de l'Associé au-delà du solde créditeur constaté.
Le compte sera arrêté à chaque clôture d'exercice social. Un relevé récapitulatif sera adressé à l'Associé dans les [trois] mois de la clôture ; à défaut de contestation écrite dans les trente jours, le solde sera réputé accepté par l'Associé. Les Parties conviennent que cet arrêté de compte vaut reconnaissance par la Société du solde qui y figure, au sens de l'article 2240 du Code civil.
Article 5 — Rémunération
[Formule A — avance non rémunérée] L'avance est consentie sans intérêt. L'Associé renonce expressément à toute rémunération au titre des sommes mises à disposition, pour toute la durée de la présente convention.
[Formule B — avance rémunérée, taux indexé] L'avance porte intérêt au taux annuel égal au taux plafond visé à l'article 39, 1, 3° du Code général des impôts, applicable à l'exercice social considéré, sans pouvoir excéder [X] % l'an.
Les intérêts sont calculés prorata temporis sur les sommes effectivement mises à disposition, sur la base d'une année de 365 jours. Ils sont décomptés à chaque clôture d'exercice et [capitalisés au compte courant / versés à l'Associé dans les [trois] mois de la clôture].
Les Parties reconnaissent avoir été informées de ce que la fraction d'intérêts excédant le plafond légal ne serait pas déductible du résultat imposable de la Société et suivrait, chez l'Associé, le régime des revenus distribués.
La Société procédera, lors de chaque versement d'intérêts, aux prélèvements à la source prévus par la réglementation en vigueur, sauf demande de dispense régulièrement formulée par l'Associé.
Article 6 — Durée
[Formule A] La présente convention est conclue pour une durée indéterminée, à compter de sa signature.
[Formule B] La présente convention est conclue pour une durée de [X] années à compter de sa signature. Elle se renouvellera ensuite par tacite reconduction par périodes de [un] an, sauf dénonciation par l'une des Parties dans les conditions de l'article 9.
Article 7 — Remboursement
7.1 — Principe. L'Associé peut demander le remboursement de tout ou partie du solde créditeur de son compte courant, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au gérant, moyennant un préavis de [trois / six] mois.
7.2 — Remboursements partiels. Les remboursements partiels s'imputent en premier lieu sur les intérêts échus et non réglés, puis sur le principal.
7.3 — Suspension pour motif de trésorerie. Le gérant pourra différer tout ou partie du remboursement si celui-ci devait ramener la trésorerie disponible de la Société en deçà de [montant] €, ou compromettre le règlement des échéances d'emprunt, des charges courantes ou des impôts et taxes. Le report ne pourra excéder [douze] mois ; la fraction différée continue, le cas échéant, de porter intérêt dans les conditions de l'article 5.
7.4 — Pluralité d'associés prêteurs. Lorsque plusieurs associés disposent d'un compte courant, les remboursements sont effectués au prorata des soldes créditeurs respectifs à la date de la demande, sauf décision unanime contraire des associés concernés.
[Option — remboursement programmé] Par exception, les Parties conviennent d'un échéancier de remboursement figurant en Annexe 2.
Article 8 — Blocage [option, à conserver si la banque l'exige]
Par dérogation à l'article 7, l'Associé s'interdit de demander le remboursement de son compte courant, à hauteur de [montant] €, jusqu'au [date] / jusqu'au remboursement intégral du prêt consenti par [établissement] le [date] sous le n° [référence].
Le blocage sera levé de plein droit à la survenance du premier des événements suivants : [remboursement intégral du prêt / remboursement de [X] % du capital emprunté / accord écrit de l'établissement prêteur].
Pendant la période de blocage, les intérêts éventuels continuent de courir dans les conditions de l'article 5 et sont [capitalisés / versés annuellement].
Article 9 — Résiliation
Chacune des Parties peut mettre fin à la présente convention par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, moyennant un préavis de [trois / six] mois, sous réserve des stipulations de l'article 8.
La résiliation emporte exigibilité du solde du compte courant, remboursable dans les conditions de l'article 7.
La convention prend fin de plein droit en cas de dissolution de la Société, sans préjudice du règlement du solde au titre du passif social.
Article 10 — Perte de la qualité d'associé
En cas de cession par l'Associé de la totalité de ses parts sociales, la présente convention prendra fin de plein droit à la date de la cession et le solde du compte courant deviendra exigible dans les conditions de l'article 7, sauf cession concomitante de la créance au cessionnaire, constatée par un acte distinct et rendue opposable à la Société conformément à l'article 1324 du Code civil.
En cas de décès de l'Associé, la présente convention se poursuivra de plein droit avec ses héritiers ou ayants droit, qui devront désigner un mandataire commun pour l'exercice des droits résultant des présentes. [Option] Aucun remboursement ne pourra être demandé pendant un délai de [douze] mois à compter du décès.
Article 11 — Retour à meilleure fortune [option]
Dans l'hypothèse où l'Associé consentirait un abandon de tout ou partie de sa créance, cet abandon serait assorti d'une clause de retour à meilleure fortune dans les conditions suivantes.
La créance abandonnée, à hauteur de [montant] €, redeviendra exigible dès lors que [les capitaux propres de la Société auront été reconstitués à hauteur d'au moins [montant] € / le résultat net comptable aura été supérieur à [montant] € au titre de deux exercices consécutifs / l'immeuble sis [adresse] aura été cédé].
Le retour s'effectuera dans la limite de [montant] € par exercice et sera constaté lors de l'assemblée d'approbation des comptes de l'exercice concerné.
La présente clause deviendra caduque de plein droit à défaut de réalisation de l'événement déclencheur avant le [date, soit [cinq / dix] ans].
Article 12 — Déclarations des Parties
L'Associé déclare avoir la qualité d'associé de la Société [et / ou exercer les fonctions de gérant], de sorte que les sommes mises à disposition ne constituent pas des fonds remboursables du public au sens de l'article L. 312-2 du Code monétaire et financier, dans sa rédaction issue de l'article 76 de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019, qui n'exige plus la détention d'une quote-part minimale du capital social.
La Société déclare que son capital social est intégralement libéré. [Clause à conserver impérativement pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés servant des intérêts.]
Les Parties déclarent que les sommes objet des présentes proviennent de fonds licites et n'ont pas pour objet de dissimuler une libéralité.
Article 13 — Modification, intégralité, nullité partielle
Toute modification de la présente convention devra faire l'objet d'un avenant écrit et signé par les Parties. Aucune modification verbale ne sera opposable.
La présente convention exprime l'intégralité de l'accord des Parties. Si l'une de ses stipulations était déclarée nulle, les autres conserveraient leur plein effet.
Article 14 — Élection de domicile et litiges
Pour l'exécution des présentes, les Parties élisent domicile en leurs adresses respectives indiquées en tête.
La présente convention est soumise au droit français. Les Parties s'efforceront de régler amiablement tout différend relatif à sa validité, son interprétation ou son exécution. À défaut d'accord, le litige relèvera de la compétence du tribunal judiciaire, dans les conditions du droit commun.
Ne désignez pas nommément le tribunal du siège social : entre parties non commerçantes, une clause dérogeant aux règles de compétence territoriale est réputée non écrite (art. 48 du Code de procédure civile).
Article 15 — Annexes
Annexe 1 — État détaillé des versements antérieurs [option]. Annexe 2 — Échéancier de remboursement [option]. Annexe 3 — Copie de la décision collective des associés [option].
Fait à [ville], le [JJ/MM/AAAA],
En deux exemplaires originaux, dont un remis à chacune des Parties qui le reconnaît.
Pour la Société
[Prénom NOM], gérant
(signature précédée de « Lu et approuvé »)
L'Associé
[Prénom NOM]
(signature précédée de « Lu et approuvé »)
Ce modèle est un point de départ, pas un formulaire à signer les yeux fermés. Relisez-le à côté de vos statuts (limitation des pouvoirs du gérant, clauses d'agrément) et des engagements déjà pris auprès de votre banque.
Trois variantes à connaître
- Version « familiale simplifiée » : gardez les articles 1, 2 (formule A), 3, 4, 6 (formule A), 7 et 14, avec l'article 5 en formule A (0 %). Une page recto verso, largement suffisante pour une SCI familiale sans emprunt.
- Version « bancaire » : le modèle complet, article 8 compris, plus l'engagement de blocage signé par les trois parties (SCI, associé, banque) — sans cette troisième signature, l'établissement ne peut pas s'en prévaloir.
- Version « holding » : lorsque le prêteur est une société (une SAS qui finance sa SCI, par exemple), ajoutez l'identification complète de la personne morale prêteuse et vérifiez son objet social. Le régime fiscal des intérêts diffère alors nettement : voir notre guide de la convention de trésorerie entre une SASU et une SCI et celui de la holding immobilière.
6. Les annexes : décision d'associés, relevé annuel, avenant de blocage
Une convention seule, c'est déjà mieux que rien. Une convention accompagnée de ses trois satellites, c'est un dossier qu'on ne discute plus. Les voici, prêts à copier eux aussi.
La décision collective des associés
Signez-la le même jour que la convention, ou faites-la ratifier à l'assemblée suivante. Elle protège le gérant, surtout quand il est lui-même le prêteur.
Modèle — Décision collective des associés
SCI [Dénomination]
Société civile immobilière au capital de [montant] € — Siège : [adresse] — SIREN : [numéro]
PROCÈS-VERBAL DES DÉCISIONS COLLECTIVES DES ASSOCIÉS DU [JJ/MM/AAAA]
L'an [année], le [JJ/MM/AAAA], à [heure], les associés de la SCI [Dénomination] se sont réunis [au siège social / à [adresse]] sur convocation du gérant.
Sont présents ou représentés : [Prénom NOM], titulaire de [nombre] parts ; [Prénom NOM], titulaire de [nombre] parts. Soit [nombre] parts sur les [nombre] composant le capital social. Le quorum requis par les statuts est atteint.
[Prénom NOM] préside la séance en qualité de gérant.
Ordre du jour
1. Autorisation et ratification d'une convention d'avance en compte courant d'associé. 2. Pouvoirs pour les formalités.
Première résolution
Les associés, après avoir pris connaissance du projet de convention d'avance en compte courant à conclure entre la Société et [Prénom NOM], portant sur un [montant / encours maximal] de [montant] €, [rémunéré au taux plafond de l'article 39, 1, 3° du CGI / non rémunéré], approuvent ladite convention dans toutes ses stipulations et autorisent le gérant à la signer.
Cette résolution est adoptée à [l'unanimité / la majorité de [X] parts contre [Y]].
Deuxième résolution
Les associés donnent tous pouvoirs au gérant à l'effet d'accomplir toutes formalités consécutives aux présentes, notamment l'inscription de la convention au registre des décisions et sa comptabilisation.
Cette résolution est adoptée à [l'unanimité].
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à [heure].
Signatures des associés : [Prénom NOM] — [Prénom NOM]
Le relevé annuel de compte courant
Le document le plus utile de toute cette page, et celui que personne n'établit jamais. Il matérialise l'arrêté de compte prévu à l'article 4 de la convention. Une feuille, une fois par an, deux signatures.
Modèle — Relevé annuel de compte courant d'associé
SCI [Dénomination] — SIREN [numéro]
Relevé du compte courant de [Prénom NOM] — exercice clos le [JJ/MM/AAAA]
| Date | Libellé | Débit | Crédit | Solde |
|---|---|---|---|---|
| 01/01 | Solde à l'ouverture | — | — | [montant] € |
| [date] | Virement de l'associé | — | [montant] € | [montant] € |
| [date] | Facture [fournisseur] réglée par l'associé | — | [montant] € | [montant] € |
| [date] | Remboursement partiel | [montant] € | — | [montant] € |
| 31/12 | Intérêts de l'exercice (taux [X] %) | — | [montant] € | [montant] € |
| Solde créditeur au [JJ/MM/AAAA] | [montant] € | |||
Le présent relevé est établi en application de l'article 4 de la convention d'avance en compte courant du [date]. À défaut de contestation écrite dans les trente jours, le solde sera réputé accepté.
Fait à [ville], le [JJ/MM/AAAA]. Le gérant : [Prénom NOM] — Bon pour accord, l'associé : [Prénom NOM]
L'avenant de blocage tripartite
La banque réclame un blocage six mois après la signature de la convention ? Ne réécrivez surtout pas le contrat d'origine : ajoutez un avenant, signé par la SCI, l'associé et l'établissement prêteur. Trois éléments à y faire figurer — le montant bloqué, la date ou l'événement de levée, le sort des intérêts pendant le blocage. Et faites-le signer par la banque : un engagement qu'elle n'a pas signé lui est inopposable, et elle vous en redemandera un autre au premier refinancement.
7. Traitement comptable du compte courant et impact sur le bilan
Une convention que la comptabilité ne reflète pas ne vaut pas grand-chose. Ce qui fait tenir l'ensemble, c'est la concordance : l'acte dit 60 000 €, la banque montre 60 000 €, le compte 455 affiche 60 000 €. Trois sources, un seul chiffre.
Les comptes à utiliser
| Compte | Intitulé | Usage |
|---|---|---|
| 455 | Associés — comptes courants | Compte collectif, subdivisé par associé |
| 4551 | Associés — comptes courants, principal | Versements et remboursements du capital avancé |
| 4558 | Associés — intérêts courus | Intérêts décomptés à la clôture, non encore versés |
| 6615 | Intérêts des comptes courants et des dépôts créditeurs | Constatation de la charge d'intérêts de l'exercice (subdivision du compte 661 « Charges d'intérêts ») |
| 1681 | Autres emprunts | Reclassement, en pratique, d'un compte courant contractuellement bloqué à plus d'un an |
Le détail des écritures, ligne par ligne, figure dans notre guide dédié aux écritures comptables du compte courant ; la logique générale des comptes est présentée dans notre plan comptable adapté aux SCI.
Où cela se voit au bilan
Le solde du compte 455 se lit au passif, dans les dettes. Jamais en capitaux propres. Deux conséquences que les gérants sous-estiment :
- Un compte courant important dégrade le ratio d'endettement apparent de la SCI, ce que la banque regarde. À l'inverse, un compte courant bloqué est souvent assimilé à du quasi-fonds propre dans son analyse.
- Une SCI avec des capitaux propres négatifs mais un gros compte courant n'est pas nécessairement en difficulté : elle a simplement financé par la dette d'associé plutôt que par le capital. C'est un point que l'on explique systématiquement au banquier.
Cas chiffré — Sylvie, 58 ans, finance 150 000 € de travaux dans sa SCI à l'IS
Sylvie détient 60 % d'une SCI à l'IS avec son frère. Il faut refaire la toiture et l'électricité d'un immeuble de rapport : 150 000 €. La banque, elle, ne veut pas dépasser son financement initial. Sylvie a les liquidités et avance les fonds. Reste une question qu'elle n'avait pas vue venir : les laisser dormir à 0 %, ou signer une convention rémunérée ? On retient un taux servi de 4,5 %, sous le plafond de l'article 39-1-3° du CGI applicable à sa clôture, et une SCI éligible au taux réduit d'IS de 15 %. Rappel des conditions de ce taux réduit (art. 219, I-b du CGI), qu'il faut vérifier avant de raisonner sur ce chiffre : chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré à la clôture — la même condition que pour la déduction des intérêts — et détenu de manière continue à 75 % au moins par des personnes physiques. Le taux de 15 % ne s'applique en outre qu'à une fraction plafonnée du bénéfice imposable (42 500 € pour les exercices ouverts depuis 2023 ; vérifiez le plafond en vigueur pour votre propre exercice), le surplus étant taxé au taux normal.
| Poste | Convention à 0 % | Convention à 4,5 % |
|---|---|---|
| Intérêts annuels dus à Sylvie | 0 € | 6 750 € |
| Charge déductible pour la SCI | 0 € | 6 750 € |
| Économie d'IS (taux réduit 15 %) | 0 € | 1 012,50 € |
| Imposition chez Sylvie (PFU 31,4 %) | 0 € | 2 119,50 € |
| Net dans la poche de Sylvie | 0 € | 4 630,50 € |
Et par rapport au dividende, à effort identique pour la SCI (6 750 €) ? Le bénéfice de 6 750 € subit d'abord l'IS à 15 %, soit 1 012,50 €. Restent 5 737,50 € distribuables. Et c'est là que se joue l'essentiel : un dividende se répartit au prorata des parts (art. 1844-1 du Code civil), alors que les intérêts reviennent en totalité à celui qui a avancé les fonds. Sylvie ne détenant que 60 % du capital, elle n'appréhende que 3 442,50 € de dividende, taxés au PFU de 31,4 % (1 080,95 €), soit 2 361,55 € nets — contre 4 630,50 € par la voie des intérêts. Plus de 2 250 € d'écart chaque année, pour la même sortie de trésorerie. Même en supposant qu'elle appréhende l'intégralité du dividende (SCI détenue à 100 %), elle ne toucherait que 3 935,92 € nets, soit encore près de 700 € de moins. Dans les deux cas, tout tient à une convention signée. La comparaison complète des modes de sortie est détaillée dans notre guide des dividendes en SCI à l'IS et celui du taux réduit d'IS à 15 %.
La nuance qui compte. Cet écart n'est pas un cadeau du fisc, c'est la prime à la formalisation. Retirez la convention écrite, ou laissez le capital partiellement libéré, ou dépassez le plafond de taux : la charge est réintégrée, l'avantage s'efface et vous récupérez un redressement à la place. Aucune ligne de ce tableau ne tient sans le document.
Ce que la convention change dans vos déclarations
- SCI à l'IS : les intérêts figurent en charges financières et le solde du compte courant apparaît dans les dettes du bilan de la liasse. Voir notre guide de la déclaration 2065.
- SCI à l'IR : les intérêts d'un compte courant affecté au financement de l'immeuble sont déductibles des revenus fonciers, à condition que l'objet soit correctement rédigé (clause 2). Voir notre guide de la déclaration 2072.
- Dans les deux cas : la SCI qui verse des intérêts à une personne physique est tenue de déposer l'imprimé fiscal unique (déclaration n° 2561) au plus tard le 15 février de l'année suivante (art. 242 ter du CGI) et de reverser les prélèvements opérés à la source.
8. Cession de parts, décès, dissolution : le sort de la convention
Une convention de compte courant traverse rarement dix ans de vie sociale sans être mise à l'épreuve. Trois événements s'en chargent : la cession des parts du prêteur, son décès, la dissolution de la société. Tous les trois se préparent au moment où l'on rédige, pas au moment où ils arrivent.
Cession de parts : deux actifs, deux actes
Voilà la confusion la plus coûteuse de tout le sujet. Parts sociales et compte courant sont deux actifs juridiquement distincts. Vendre ses parts ne transfère pas la créance : le cédant reste créancier de la SCI alors qu'il n'en est plus associé. Résultat, un ancien associé avec 45 000 € à réclamer à une société qu'il ne contrôle plus, et un repreneur qui découvre la dette au premier bilan.
Trois issues possibles, à choisir avant de signer la cession :
- Remboursement préalable : la SCI solde le compte courant avant la cession. Le plus propre, mais suppose de la trésorerie.
- Cession concomitante de la créance : un acte de cession de créance distinct, avec son propre prix (souvent la valeur nominale), opposable à la SCI dans les formes de l'article 1324 du Code civil — notification ou intervention de la SCI à l'acte. C'est la voie la plus fréquente.
- Maintien de la créance chez le cédant : possible, mais crée une situation bancale — un créancier extérieur à la société. À éviter sauf accord de remboursement échelonné.
Attention au prix des parts. Une SCI dont le passif comporte 120 000 € de compte courant vaut mécaniquement 120 000 € de moins : la dette d'associé se retranche de la valeur des parts. Un immeuble à 400 000 €, 250 000 € de crédit restant et 120 000 € de compte courant ne font pas 150 000 € de valeur de parts, mais 30 000 €. Ne payez jamais au prix de l'actif immobilier sans déduire les comptes courants. Détails dans notre guide de la cession de parts de SCI.
Décès de l'associé
La créance en compte courant n'est pas une part sociale : elle ne relève pas des clauses d'agrément des statuts. Elle entre dans l'actif de la succession et est taxable aux droits de mutation à titre gratuit comme n'importe quelle créance. Les héritiers en deviennent titulaires, en indivision jusqu'au partage.
Le danger, côté SCI, c'est l'appel de fonds au plus mauvais moment : trois héritiers pressés de solder la succession réclament le remboursement immédiat, et la société n'a que les loyers du trimestre. D'où l'article 10 du modèle, qui pose un délai de carence après le décès et impose la désignation d'un mandataire commun. Le sujet est développé dans notre guide du décès d'un associé de SCI.
Vu autrement, le compte courant est un bel outil de transmission. Donner la créance plutôt que des parts, c'est se dispenser des questions d'agrément et des débats de valorisation : une créance à terme est retenue pour son montant nominal (art. 760 du CGI). Une précision de forme, décisive et souvent ignorée : une créance en compte courant est un bien incorporel, insusceptible de remise matérielle — elle ne peut donc pas faire l'objet d'un don manuel. La donation doit être reçue par acte notarié, à peine de nullité absolue (art. 931 du Code civil). Deux voies, donc : l'acte authentique, ou le détour par un remboursement du compte courant suivi d'un don manuel de somme d'argent. Levier trop peu utilisé, à examiner avec le guide de la donation de parts de SCI.
Dissolution et liquidation
Au moment de la liquidation, l'associé titulaire d'un compte courant porte deux casquettes en même temps : créancier pour son compte courant, associé pour ses parts. Et l'ordre ne se négocie pas. Le liquidateur apure d'abord le passif — comptes courants compris, au rang des créanciers chirographaires — puis répartit ce qu'il reste, le boni de liquidation, entre les associés.
Deux conséquences opposées. Si l'actif ne suffit pas, votre compte courant n'est remboursé qu'en partie, sans privilège d'aucune sorte — vous êtes un créancier comme les autres. Mais si la SCI se liquide en bonne santé, le remboursement du compte courant sort en franchise d'impôt : c'est la restitution d'une créance, pas un revenu, là où le boni de liquidation, lui, est taxé. Une raison de plus de formaliser proprement. Voir notre guide de la dissolution-liquidation d'une SCI.
9. Les erreurs fréquentes de rédaction
Huit défauts reviennent sans cesse dans les conventions rédigées à la va-vite, ou pire, avec un modèle mal choisi. Aucun n'est difficile à corriger : une phrase suffit à chaque fois. Encore faut-il les repérer avant la signature plutôt qu'après le contrôle.
Erreur 1 — Antidater la convention
Le réflexe se comprend : on formalise en 2026 des apports faits en 2019, alors on date le document de 2019. Sauf que c'est un faux, et qu'il se voit. Une convention prétendument signée en 2019 qui cite la loi PACTE dans sa version consolidée, ou qui vise un taux plafond publié en 2024, se disqualifie toute seule. La bonne pratique tient en une ligne : signez aujourd'hui une convention qui reconnaît expressément les versements antérieurs, listés en annexe avec leurs relevés bancaires. Licite, solide, et conforme à ce qui s'est réellement passé.
Erreur 2 — Fixer un taux généreux « puisque c'est déductible »
« Puisque c'est déductible, autant mettre 8 % » — la logique paraît imparable, elle est fausse. Ce qui dépasse le plafond de l'article 39-1-3° du CGI est réintégré au résultat de la SCI à l'IS, et requalifié en revenus distribués chez l'associé. Vous payez l'IS sur une somme que vous avez pourtant décaissée, et vous êtes imposé dessus à titre personnel. La parade tient en une clause : indexez le taux sur le plafond légal, point.
Erreur 3 — Oublier que le capital doit être libéré
Capital non intégralement libéré, déduction perdue — quel que soit le taux, même à 1 %. Combien de SCI créées avec 1 000 € de capital dont 100 € seulement appelés, et que personne n'a jamais songé à libérer ? Beaucoup. Vérifiez vos statuts et vos écritures avant de servir le premier euro d'intérêt, et si besoin appelez le solde : la procédure est décrite dans notre guide du capital social de SCI.
Erreur 4 — Laisser le compte devenir débiteur
Un solde débiteur retourne le contrat comme un gant : ce n'est plus l'associé qui prête à la SCI, c'est la SCI qui prête à l'associé. Or dans une SCI à l'IS, les sommes mises à disposition d'un associé sont présumées être des revenus distribués (art. 111 a du CGI). Cela arrive presque toujours de la même façon — un prélèvement personnel passé « en attendant », jamais régularisé. L'article 4 du modèle ferme la porte : gardez cette clause telle quelle.
Erreur 5 — Confondre convention de compte courant et modification des statuts
Une avance en compte courant ne touche ni au capital, ni à la répartition des parts, ni aux droits de vote. Donc : aucune modification statutaire, aucune annonce légale, aucun dépôt au greffe. Une augmentation de capital, elle, déclenche toute la procédure décrite dans notre guide pour modifier les statuts d'une SCI. Se tromper de voie coûte cher dans les deux sens : quelques centaines d'euros de formalités pour rien, ou la perte pure et simple du droit au remboursement.
Erreur 6 — Signer une convention générique conçue pour une société commerciale
La quasi-totalité des modèles en circulation visent la SARL ou la SAS. On y trouve une clause attributive de compétence, réputée non écrite entre non-commerçants (art. 48 du Code de procédure civile) ; un renvoi à la procédure d'autorisation préalable des conventions réglementées, qui n'a pas d'équivalent en société civile ; et pas un mot sur l'affectation des fonds, pourtant décisive à l'IR. Un marqueur imparable pour les repérer : s'ils exigent encore une détention de 5 % du capital, ils n'ont pas été relus depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, qui a supprimé cette condition de l'article L. 312-2 du Code monétaire et financier. Sept ans de retard. Vérifiez chaque renvoi de texte avant de signer.
Erreur 7 — Ne jamais arrêter le compte
Signée en 2018, rangée dans un classeur, jamais rouverte depuis : c'est le sort de la plupart des conventions. Huit ans sans relevé ni arrêté annuel, et sa valeur probante s'effrite — le solde devient discutable, les intérêts jamais décomptés deviennent difficiles à réclamer. Le relevé de la section 6 vaut toutes les plaidoiries : la reconnaissance du solde par la société interrompt la prescription (art. 2240 du Code civil). Le silence, lui, ne prouve strictement rien.
Erreur 8 — Rembourser un associé au détriment des autres
Solder le compte de l'un pendant que l'autre attend depuis quatre ans, sans base contractuelle pour le justifier : voilà comment naissent la moitié des contentieux entre associés de SCI. La clause de remboursement au prorata (article 7.4 du modèle) désamorce le grief avant qu'il n'existe. Sur ces tensions, voir notre guide de la mésentente entre associés de SCI.
10. FAQ — Modèle de convention de compte courant d'associé
Puis-je rédiger la convention moi-même ?
Oui. C'est un acte sous seing privé, aucun professionnel n'a à intervenir, et le modèle de cette page couvre les situations courantes. Trois cas justifient tout de même une relecture : l'enjeu dépasse quelques dizaines de milliers d'euros, la banque impose un blocage, ou la SCI compte des associés extérieurs à la famille.
Faut-il une convention par associé ou une seule pour tous ?
Une par associé, sans exception. Chaque compte a son montant, son historique, sa date d'effet : les fondre dans un document unique rend les soldes impossibles à démêler le jour d'une cession ou d'une succession. Une seule décision collective peut en revanche autoriser plusieurs conventions d'un coup.
Peut-on rédiger une convention pour des apports faits il y a plusieurs années ?
Oui, et c'est même vivement recommandé. Utilisez la clause de régularisation du préambule et l'Annexe 1 : vous listez chaque versement passé avec sa date et son justificatif bancaire, et la convention leur donne un régime juridique pour l'avenir. Ce qui est interdit, ce n'est pas de régulariser, c'est d'antidater.
Un associé non gérant qui détient 3 % peut-il prêter avec intérêts ?
Oui, sans difficulté depuis 2019. L'article L. 312-2 du CMF exigeait auparavant une détention d'au moins 5 % du capital ; l'article 76 de la loi PACTE (loi n° 2019-486 du 22 mai 2019) a supprimé ce seuil. Tout associé, quelle que soit sa quote-part, peut donc consentir une avance en compte courant rémunérée. Méfiez-vous des modèles en ligne qui reproduisent encore l'ancienne condition.
Comment savoir quel taux plafond appliquer pour mon exercice ?
Le taux plafond de l'article 39-1-3° du CGI est le taux effectif moyen des prêts à taux variable aux entreprises d'une durée supérieure à deux ans ; il est publié trimestriellement au BOFiP (BOI-BIC-CHG-50-50-30) et se calcule en moyenne sur les trimestres de votre exercice. Pour un exercice clos le 31 décembre 2025, il ressort à 4,55 %. Ne recopiez jamais un chiffre lu ailleurs : vérifiez la publication correspondant à votre date de clôture, ou indexez le taux dans la convention pour ne plus avoir à y penser.
Une SCI à l'IR peut-elle déduire les intérêts de compte courant ?
Oui, à condition que l'avance ait servi à la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration de l'immeuble : c'est le régime de déduction des intérêts d'emprunt en revenus fonciers, dont la liste est limitative (art. 31, I-1° d du CGI ; BOI-RFPI-BASE-20-80). D'où l'importance de rédiger un objet affecté à l'article 1 du modèle plutôt qu'un objet vague de trésorerie.
Le compte courant doit-il apparaître dans la déclaration annuelle ?
Pour une SCI à l'IS, le solde figure au passif du bilan de la liasse fiscale et les intérêts en charges financières. Pour une SCI à l'IR, les intérêts déductibles se reportent dans la rubrique correspondante de la 2072. Dans les deux cas, la SCI qui verse des intérêts doit déposer l'imprimé fiscal unique (déclaration n° 2561) récapitulant les revenus servis à chaque associé, au plus tard le 15 février de l'année suivante (art. 242 ter du CGI).
Peut-on convertir un compte courant en capital ?
Oui : c'est l'augmentation de capital par incorporation de créance. L'associé renonce à sa créance, la société lui remet des parts nouvelles. Pesez bien la décision, elle est sans retour — vous échangez un droit au remboursement immédiat contre des titres qui ne ressortiront qu'à la liquidation — et elle suppose une modification statutaire complète. On y recourt surtout pour remonter des capitaux propres passés sous zéro.
Que faire si un associé refuse de signer la convention ?
La convention lie la SCI et l'associé prêteur : seuls le gérant, ès qualités, et cet associé la signent. Les autres associés n'ont pas à signer, sauf si les statuts imposent une autorisation collective — auquel cas c'est la décision d'assemblée qui doit réunir la majorité requise, pas la convention elle-même. Un refus persistant relève alors du conflit d'associés.
Le gérant peut-il signer la convention avec lui-même ?
Oui : il signe d'un côté ès qualités pour la société, de l'autre en son nom personnel. C'est courant et parfaitement valable, aucune autorisation préalable n'étant requise en société civile, à la différence de la SARL ou de la SAS. Faire ratifier l'opération par une décision collective des associés reste toutefois indispensable en pratique : c'est la précaution élémentaire contre le grief de conflit d'intérêts, et c'est aussi le support du rapport sur les conventions conclues avec un mandataire social prévu à l'article L. 612-5 du Code de commerce.
Faut-il enregistrer la convention auprès de l'administration fiscale ?
Ce n'est pas obligatoire. L'enregistrement est une formalité volontaire, mais c'est le seul procédé réellement à votre main qui confère une date certaine à l'égard des tiers au sens de l'article 1377 du Code civil, moyennant le droit fixe des actes innomés de 125 € prévu à l'article 680 du CGI. Une signature électronique qualifiée et horodatée coûte beaucoup moins cher et prouve solidement la date et l'intégrité du document, mais elle ne remplace pas juridiquement l'enregistrement.
Que se passe-t-il si la SCI ne peut pas rembourser ?
L'associé reste créancier chirographaire : il peut agir en paiement devant le tribunal judiciaire, mais il ne dispose d'aucune garantie particulière sur l'immeuble, sauf sûreté expressément constituée. En pratique, la solution passe par un rééchelonnement amiable, un abandon avec retour à meilleure fortune, ou une conversion en capital.
La convention doit-elle être annexée aux statuts ?
Non, ce sont deux documents de nature différente : les statuts organisent la société, la convention règle une relation contractuelle particulière. Conservez-la au siège avec les statuts et les procès-verbaux, et mentionnez-la au registre des décisions — mais ne l'intégrez jamais aux statuts, sous peine de devoir une modification statutaire à chaque évolution.
Peut-on prévoir une garantie au profit de l'associé prêteur ?
C'est juridiquement possible (hypothèque, nantissement), mais rarement pertinent : la banque qui finance l'immeuble exige en général le premier rang et refusera une sûreté concurrente. Dans les faits, l'associé prêteur accepte un rang chirographaire et se protège autrement — par le blocage réciproque des autres associés et par un échéancier écrit.
Combien de temps conserver la convention ?
Sans limite, tant que la SCI existe et au moins dix ans après le remboursement intégral du compte courant. C'est le document que réclameront un repreneur, un notaire chargé d'une succession ou un vérificateur, parfois quinze ans après sa signature. Archivez-la avec ses annexes, les relevés annuels signés et les justificatifs de virement.
Une convention suffit-elle à sécuriser mon compte courant ?
Nécessaire, oui. Suffisante, non. Ce qui rend un compte courant inattaquable, c'est l'alignement de trois choses : la convention signée, des flux bancaires qui correspondent au centime près, et une comptabilité qui affiche exactement le même solde. Un maillon qui cloche, et tout redevient discutable.
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