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Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité

Capital & Parts sociales

Associés

Immobilier & Patrimoine

Création SCI Prix compétitif

Statuts rédigés, KBIS obtenu, garantie anti-rejet jusqu'à l'immatriculation complète.

Gratuit avec abonnement annuel ou 79€ TTC
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Assemblées & décisions

AG Annuelle (AGOA) Avr. 2026
AG Extraordinaire (AGE) 2026
Décision de gérance 2026

Gérance

Nomination gérant 2026
Révocation gérant 2026
Démission gérant 2026
Co-gérance 2026
Pouvoirs du gérant 2026

Modifications statutaires

Siège social 2026
Dénomination sociale 2026
Objet social 2026
Prolongation de durée 2026
Régime fiscal (IR → IS) 2026
Guide Complet SCI 2026 Fiscalité, comptabilité, création, transmission
SCI IS ou IR : comparatif 2026 Fiscalite d'une SCI : IR, IS, plus-values SCI à l'IR : fonctionnement SCI à l'IS : fonctionnement Imposition des revenus SCI avec associés à l'IR et à l'IS SCI détenue par une société Passer une SCI de l'IR à l'IS Détenir ses parts via une holding Apport-cession Cession de parts de SCI 2026 Parts de SCI : valeur et operations Fiscalité cession de parts Valeur des parts Parts ou immeuble ? Clause d'inaliénabilité Nantissement de parts Prêt bancaire SCI 2026 Effet de levier du crédit Domiciliation des loyers Prêt à paliers Assurance emprunteur Simuler un prêt en SCI Banques qui financent Assurance emprunteur Hypothèque en SCI Prêt relais Emprunter pour ses parts Faux RIB et virement frauduleux Cession-bail (lease-back) Refus de prêt : que faire Prêt familial Crédit vendeur en SCI Sortir de sa caution Décès associé SCI 2026 Recel de parts de SCI Dissolution SCI 2026 Bilan de liquidation Fermer une SCI sans activité Coût de la dissolution Boni de liquidation Dissoudre avec un bien Proroger une SCI arrivée à 99 ans Travaux SCI 2026 Transfert de permis Réforme de la copropriété Plan pluriannuel de travaux (PPT) DPE collectif en copropriété Commerce en logement Autoliquidation de la TVA travaux Garantie de paiement des travaux Indemnité d'éviction (bail commercial) Révision du loyer commercial Bail emphytéotique Bail professionnel Bail dérogatoire (précaire) Pas-de-porte et droit au bail Déspécialisation du bail Charges du bail commercial Clause d'échelle mobile Immeuble mixte Bail à construction Charges du bail commercial Louer à une société Décret tertiaire Bail commercial : les échéances 3-6-9 Accession et construction en SCI Guide SCI Familiale 2026 Avantages reels de la SCI familiale SCI familiale et succession : 4 cas chiffres Inconvénients SCI familiale SCI familiale et emprunt Déclaration SCI familiale SCI et EHPAD SCI et retraite SCI familiale avec enfants mineurs Mineur associé de SCI Protéger un enfant handicapé Associé sous tutelle SCI et résidence principale Bien atypique Vendre son bien à sa SCI Conjoint survivant Logement de la famille SCI et squat : procédure accélérée Expulsion d'un locataire Dégradations locatives Logement indécent Permis de louer Représenter la SCI en justice Locataire en procédure collective État des lieux Permis de louer Diagnostics obligatoires Encadrement des loyers Décès du locataire Local industriel ICPE Compte courant d'associé en SCI Répartir le résultat entre associés Créer une SCI en 2026 Qu'est-ce qu'une SCI ? Apports en SCI Délai de création Frais de notaire Le guichet unique INPI SCI jamais immatriculée SIREN, SIRET et code APE Statuts SCI : rédiger des statuts solides Clauses de majorité Responsabilité pénale du gérant Durée du mandat de gérant Cogérance Exclure un associé Clause de préemption Changer la dénomination Signature électronique des actes Associé qui ne paie pas Capital social SCI : montant et apports Augmentation de capital par le CCA Modèle de PV d'augmentation de capital Comptes courants d'associés multiples LMNP ou SCI : comparatif SCI ou OPCI Jouissance partagée SCI ou SARL immobilière ? Indivision ou SCI : comparatif Racheter une soulte SCI et portefeuille de titres SCI et location meublée : risques Du nu au meublé Sous-location Taxe de séjour Résidence gérée Caves et dépendances Taxe d'habitation et SCI Résidence gérée Dégrèvement taxe foncière Créer une SCI seul Assemblée générale SCI Contester un PV d'assemblée
Amortissements Amortissement SCI IS (guide complet) Valeur terrain non amortissable Amortissement du gros œuvre Amortissement de la toiture Amortissement des réseaux Aménagements intérieurs Étanchéité Optimiser ses amortissements Plan d'amortissement pas à pas Réévaluation libre du bilan
Plus-value SCI IS vs IR : comparatif Abattement exceptionnel de plus-value Surtaxe sur les plus-values Exonération des cessions < 15 000 € Exonération pour remploi en RP Plus-value sur bien démembré Vendre l'immeuble de la SCI Vente à réméré Expropriation d'un bien de SCI Droits de préemption à la vente Acheter un bien loué Plus-value SCI IS : calcul VNC et stratégies Vendre un immeuble en IS Distribuer le prix de vente aux associés Vendre le bien à un associé Comptabilité SCI : obligations IR/IS Balance âgée des loyers Lire son bilan de SCI Bilan annuel de SCI La CAF de votre SCI Comptabiliser les honoraires en SCI Comptabiliser une subvention Refacturer les charges : les écritures Mandat de gestion et agence Lexique de la SCI : tous les termes Facturation électronique SCI 2026 Prorata de déduction de TVA TVA intracommunautaire TVA sur la cession d'un immeuble Lever l'option à la TVA Déficit foncier SCI : calcul et report Provisionner un loyer impayé Loc'Avantages et conventionnement Anah Vendre avant 3 ans : déficit repris Micro-foncier et SCI : l'exception Déclaration 2072 : guide case par case Déclaration DECLOYER Revenus de SCI et TMI Translucidité fiscale : art. 8 CGI Retard de déclaration SCI : pénalités SCI qui ne peut pas payer Taxe sur les micro-logements CRL : la contribution sur les loyers Taxe sur les salaires Revenus accessoires TASCOM et murs de commerce Donation parts SCI : réduire les droits Donation-partage de parts SCI et succession : transmettre un bien Transmettre aux petits-enfants SCI familiale ou donation directe ? Démembrement SCI : transmission Quasi-usufruit Usufruit locatif social SCI usufruitière Acheter en nue-propriété SCI et IFI : déclarer ses parts Forêt et bois Convention de trésorerie SASU + SCI
Quand changer de comptable ? Créer l'espace pro impots.gouv Mandat de télétransmission EDI Contester un redressement Commission de conciliation FAQ SCI Tous les guides Chaîne YouTube
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, sci-ai.app s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

229 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

349 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Régimes IR et IS en SCI
Le logiciel s'adapte automatiquement à votre régime fiscal.
"Le régime fiscal de votre SCI détermine entièrement les obligations déclaratives, la logique comptable et la pression fiscale sur vos revenus immobiliers."

SCI IR — Formulaire 2072

La SCI est transparente : revenus fonciers nets déclarés via la 2072 et imposés directement entre les mains de chaque associé au prorata de ses parts.

SCI IS — Liasse 2065 + 2033

La SCI est opaque : déclaration 2065 avec bilan et compte de résultat (2033 A à G), amortissement des immeubles, IS sur bénéfice net.

Adaptation automatique des formulaires

Le logiciel génère les formulaires correspondants à votre régime : 2072-S ou 2072-C pour l'IR, 2065 et tableaux 2033 A à G pour l'IS. Les rubriques non applicables sont masquées.

Différences comptables fondamentales

À l'IR, comptabilité simplifiée sans amortissement des immeubles. À l'IS, comptabilité d'engagement complète obligatoire selon le Plan Comptable Général, avec amortissement par composants.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, sci-ai.app automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2065 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2065 (Déclaration IS)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus et résultats SCI dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2044 (revenus fonciers) en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

Comptes courants d'associés
Suivi précis des apports et remboursements par associé.
"Le suivi rigoureux des comptes courants d'associés est la clé d'une répartition équitable et d'une comptabilité SCI conforme."

Apports & remboursements

Chaque apport en compte courant finance la SCI sans modifier la répartition du capital. Le logiciel trace chaque mouvement (compte 455) et calcule les intérêts déductibles dans la limite du taux plafond fiscal en vigueur.

Solde par associé

Le tableau de bord affiche le solde de compte courant de chaque associé en temps réel, avec l'historique complet des mouvements et les intérêts courus.

Intégration automatique au bilan

Les soldes des comptes courants s'intègrent automatiquement au passif du bilan SCI (compte 455), garantissant la cohérence de votre liasse fiscale 2033 sans ressaisie manuelle.

Conformité fiscale des intérêts

Le logiciel applique automatiquement le taux maximum de déductibilité (art. 39-1-3° du CGI pour les SCI à l'IS) pour les intérêts versés aux associés, évitant tout redressement fiscal.

Plus-values en SCI
Maîtrisez la fiscalité lors de la cession d'un bien détenu par votre SCI.
"La fiscalité de la cession d'un bien en SCI dépend fondamentalement du régime d'imposition choisi : IR ou IS — deux logiques radicalement différentes."

SCI à l'IR

Plus-value calculée sur prix de cession – prix d'acquisition, sans tenir compte des amortissements. Abattements progressifs dès la 6e année : exonération totale d'IR après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans.

SCI à l'IS

Plus-value calculée sur prix de cession – valeur nette comptable (après amortissements). Les amortissements majorent mécaniquement la plus-value imposable. Aucun abattement pour durée de détention.

Abattements à l'IR (art. 150 U CGI)

Taux d'imposition : 19 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux sur la plus-value brute réduite des abattements. La surtaxe (art. 1609 nonies G) peut s'appliquer au-delà de 50 000 € de plus-value nette.

Impact des amortissements à l'IS

Chaque annuité d'amortissement réduit la VNC et majore la plus-value imposable. La plus-value est intégrée au résultat fiscal ordinaire et imposée au taux de l'IS (15 % ou 25 %), sans aucun abattement lié à la durée de détention.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Augmentation de capital
Émettez de nouvelles parts et renforcez les fonds propres de votre SCI.
"L'augmentation de capital permet d'apporter de nouveaux fonds à la SCI, d'intégrer un nouvel associé ou de consolider la capacité d'emprunt, en toute transparence pour chaque associé."

Émission de nouvelles parts

Définissez le nombre de parts émises, leur valeur nominale et leur répartition entre les associés existants ou nouveaux entrants.

Recalcul automatique des quote-parts

Les pourcentages de détention de chaque associé sont mis à jour instantanément dès validation de l'opération.

Traçabilité comptable complète

Chaque mouvement de capital est enregistré dans ShareCapitalMovement avec horodatage et bénéficiaires, pour une piste d'audit irréprochable.

Sécurité juridique

Toute augmentation de capital doit faire l'objet d'une décision collective des associés. Le logiciel vous guide dans la génération des actes correspondants.

Réduction de capital
Annulez des parts ou remboursez des apports en toute conformité.
"La réduction de capital permet de rembourser une partie des apports aux associés, d'absorber des pertes comptables ou de simplifier la structure du capital social."

Annulation ou rachat de parts

Définissez les parts à annuler par associé, le motif (remboursement, absorption de pertes) et la valeur de rachat le cas échéant.

Impact comptable automatisé

L'écriture comptable de réduction est générée automatiquement, avec impact sur les capitaux propres et les comptes courants d'associés.

Attention créanciers

Toute réduction de capital non motivée par des pertes doit respecter un délai d'opposition des créanciers de 20 jours après publication au BODACC.

Cession de parts sociales
Gérez le transfert de parts entre associés ou vers un tiers acquéreur.
"La cession de parts SCI implique un agrément des autres associés et une mise à jour immédiate du registre des associés. sci-ai.app automatise chaque étape du processus."

Registre des parts mis à jour

PartTransfer et PartsMovement sont enregistrés avec cédant, cessionnaire, nombre de parts et valeur de cession pour une traçabilité totale.

Calcul de la plus-value de cession

Le logiciel calcule la plus-value imposable en tenant compte du prix d'acquisition, des frais et des abattements pour durée de détention.

Acte de cession généré

Génération automatique du projet d'acte de cession sous seing privé, prêt à être signé par les parties.

Donation de parts sociales
Transmettez votre patrimoine à titre gratuit avec un suivi fiscal complet.
"La SCI est l'outil de transmission patrimoniale par excellence. Une donation de parts tous les 15 ans permet d'optimiser les abattements fiscaux et de transmettre progressivement votre patrimoine immobilier."

Abattements fiscaux suivis

Simulation des abattements applicables selon le lien de parenté (100 000 € parent/enfant tous les 15 ans) et calcul des droits de donation éventuels.

Mise à jour immédiate du registre

Donateur et donataire sont mis à jour dans le registre des associés avec la date d'entrée en jouissance des nouvelles parts.

Acte notarié obligatoire

Contrairement à une cession à titre onéreux, la donation de parts SCI doit obligatoirement être constatée par acte notarié pour être opposable aux tiers.

Démembrement de parts
Séparez usufruit et nue-propriété pour optimiser la transmission.
"Le démembrement de parts SCI est l'une des stratégies les plus efficaces pour transmettre un patrimoine immobilier tout en conservant les revenus locatifs pendant la durée du démembrement."

Usufruit & nue-propriété suivis

Les modèles Dismemberment et DismemberingParts tracent précisément les droits de chaque titulaire : usufruitier (revenus) et nu-propriétaire (valeur future).

Durée et extinction automatique

La date d'extinction du démembrement est suivie automatiquement. À terme, la pleine propriété est reconstituée sans formalités supplémentaires.

Valorisation fiscale barème Duverne

Calcul de la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

Entrée d'un nouvel associé
Intégrez un nouveau membre et recalculez la répartition du capital.
"Que ce soit via une souscription de parts nouvelles ou une cession de parts existantes, l'intégration d'un nouvel associé est documentée et tracée pour chaque exercice fiscal."

Fiche associé complète

Nom, prénom, adresse, date d'entrée, nombre de parts souscrites et pourcentage de détention sont enregistrés dans le modèle Partner.

Répartition mise à jour en temps réel

La quote-part de chaque associé (PartnerShareHolding) est recalculée instantanément dès validation de l'entrée du nouvel associé.

Impact fiscal immédiat

Les revenus et charges sont proratisés selon la date d'entrée de l'associé pour les déclarations de l'exercice en cours.

Retrait d'un associé
Gérez la sortie d'un associé et la redistribution de ses parts.
"Le retrait d'un associé peut intervenir par cession de ses parts, rachat par la SCI ou réduction de capital. Chaque scénario est couvert avec ses implications comptables et fiscales."

Date de sortie enregistrée

La date de sortie (exit_date) est enregistrée dans le modèle Partner, permettant un calcul précis de la proratisation des résultats sur l'exercice.

Solde du compte courant

Vérification et apurement du compte courant d'associé avant la sortie définitive, avec génération des écritures de remboursement.

Historique conservé

L'associé sortant reste visible dans l'historique avec soft delete, garantissant la traçabilité pour les contrôles fiscaux des exercices antérieurs.

Décès d'un associé
Gérez la dévolution successorale des parts et l'intégration des héritiers.
"La SCI présente un avantage majeur : les parts sociales sont transmissibles par voie successorale sans dissolution de la société, contrairement à une indivision classique."

Enregistrement du décès

La date de décès (deceased_at) est renseignée dans le modèle Partner. Les parts sont gelées en attente de la régularisation successorale.

Intégration des héritiers

Les héritiers sont créés comme nouveaux associés avec leur quote-part respective, après production de l'acte de notoriété ou de l'attestation notariale.

Droits de succession calculés

Valorisation des parts transmises et calcul indicatif des droits de succession selon le lien de parenté et les abattements applicables.

Continuité garantie

Contrairement à une entreprise individuelle, le décès d'un associé ne provoque pas la dissolution de la SCI si les statuts prévoient la clause de continuation.

Acquisition d'un bien immobilier
Enregistrez un nouveau bien et démarrez ses amortissements automatiquement.
"Dès l'acte d'acquisition signé, sci-ai.app prend en charge la création comptable du bien, la valorisation des composants amortissables et le démarrage du plan d'amortissement."

Fiche bien complète

Prix d'acquisition, frais de notaire, surface, adresse, régime fiscal (IR/IS), type de location (nue/meublée/para-hôtellerie) et date d'entrée dans le patrimoine.

Plan d'amortissement immédiat

Décomposition automatique en composants (gros œuvre, toiture, installations, terrain) avec les durées d'amortissement recommandées par l'administration fiscale.

Valeur terrain isolée automatiquement

Le terrain (non amortissable) est isolé automatiquement selon les règles fiscales, garantissant la conformité DGFiP dès le premier exercice.

Vente / cession d'un bien
Clôturez un bien du patrimoine avec calcul automatique de la plus-value.
"La vente d'un bien immobilier par la SCI déclenche une cascade d'opérations comptables et fiscales. sci-ai.app les automatise de l'écriture de cession jusqu'au calcul de la plus-value imposable."

Plus-value calculée automatiquement

Calcul de la VNC (Valeur Nette Comptable) au jour de la cession, déduction des frais et détermination de la plus-value ou moins-value de cession.

Clôture des amortissements

Les dotations aux amortissements sont stoppées à la date de cession (exit_date) et la valeur résiduelle est soldée dans la liasse fiscale.

Impact sur la liasse fiscale

Le produit de cession et la plus-value sont automatiquement intégrés dans les tableaux fiscaux (2033B, 2033C) lors de la génération de la liasse.

Mise en location
Configurez le régime locatif et appliquez automatiquement les règles fiscales.
"Le régime locatif d'un bien SCI détermine l'ensemble de son traitement fiscal : TVA applicable, catégorie de revenus, déductibilité des charges et obligations déclaratives."

Tous les régimes locatifs couverts

Location nue (revenus fonciers), meublée (activité commerciale, entraîne l'IS), para-hôtellerie avec ≥3 services (TVA 10%), location professionnelle avec option TVA 20%.

TVA pré-remplie automatiquement

Le système VAT Auto-Fill (Niveau 1) applique le taux de TVA correct dès la saisie d'une transaction selon le régime du bien, sans intervention manuelle.

Changement de régime géré

Le changement de régime locatif est tracé avec la date d'effet, pour un historique fiscal complet.

Autorisation de travaux importants
Distinguez charges et immobilisations, et gérez les nouveaux composants.
"La qualification des travaux (charge vs immobilisation) est l'un des sujets les plus délicats de la comptabilité immobilière. sci-ai.app vous guide selon les critères DGFiP pour éviter tout risque de requalification."

Charges vs immobilisations guidé

Entretien/réparation → charge déductible immédiatement. Amélioration/construction → immobilisation amortissable sur la durée utile du composant.

Nouveaux composants créés

Les travaux immobilisés créent automatiquement un nouveau composant amortissable rattaché au bien, avec sa propre durée et son propre plan d'amortissement.

Prise en charge AGE requise

Les travaux importants nécessitent une autorisation des associés (AGE). Le logiciel vous guide dans la génération de la résolution d'autorisation de travaux.

Souscription / modification d'emprunt
Suivez vos crédits immobiliers et optimisez la déductibilité des intérêts.
"Les intérêts d'emprunt sont l'une des principales charges déductibles d'une SCI. sci-ai.app suit automatiquement chaque échéance et garantit leur correcte imputation comptable et fiscale."

Tous types de crédits gérés

Prêt amortissable (taux fixe/variable), prêt in fine, prêt relais — chaque typologie dispose de son propre tableau d'amortissement financier.

Intérêts vs capital séparés

Chaque échéance est décomposée automatiquement entre intérêts (déductibles) et remboursement de capital (non déductible), conformément aux règles comptables.

Renégociation et rachat suivis

Un nouveau prêt de substitution peut être créé et lié au bien existant, avec clôture de l'ancien emprunt et transfert du capital restant dû.

Déductibilité optimisée

Les intérêts d'emprunt (borrowed_capital × interest_rate) sont pré-imputés sur les bons comptes comptables et intégrés automatiquement dans la liasse 2033.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre SCI. Le logiciel sci-ai.app assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
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Gérant de SCI : pouvoirs, obligations, responsabilité et fin de mandat

Mis à jour le 19/09/2026
Par Quentin Hagnéré, fondateur de sci-ai.app
~30 min en entier — 2 min pour la réponse qui vous intéresse, via le sommaire

Le gérant est le seul organe qui peut engager une SCI. Sans lui, la société ne signe rien : ni bail, ni prêt, ni acte de vente. Quelqu'un le nomme — les associés, ou les statuts. Il signe seul tout ce qui entre dans l'objet social, et les clauses qui limitent ses pouvoirs ne protègent pas la société face à un tiers. Et il répond sur ses propres biens de ses fautes de gestion (art. 1850). Cette dernière ligne est celle qu'on lit le moins et qui coûte le plus cher. Les associés, eux, peuvent le révoquer dès qu'ils réunissent plus de la moitié des parts sociales, sauf clause contraire (art. 1851) — pas l'unanimité, contrairement à ce qui circule. Nomination, pouvoirs réels, obligations, rémunération, responsabilité, fin de mandat : tout est ici, y compris ce que la fonction coûte à celui qui l'exerce. Pour le cadre général, le panorama de la société civile immobilière.

À retenir en 30 secondes

  • Associé ou non, personne physique ou morale : l'article 1846 n'impose aucune qualité particulière, et l'article 1847 aligne la responsabilité des dirigeants d'une gérante personne morale sur celle d'un gérant en nom propre, sans supprimer la responsabilité solidaire de la société gérante.
  • Envers les tiers, le gérant engage la SCI par tout acte entrant dans l'objet social : les clauses statutaires limitant ses pouvoirs leur sont inopposables (art. 1849).
  • Sa responsabilité civile (art. 1850) se prescrit par 5 ans (art. 2224), et non par 3 ans : ce délai abrégé est celui de la SARL.
  • La révocation se décide à plus de la moitié des parts, sauf clause statutaire contraire. Il n'y a pas de règle d'unanimité par défaut, y compris pour un gérant statutaire.
  • Un mandat à durée déterminée cesse de plein droit à son terme, sans reconduction tacite : la gérance devient vacante (Cass. com., 27/11/2024, n° 22-24.631).

Sommaire

  1. Ce qu'est un gérant de SCI, et ce qu'il n'est pas
  2. Qui peut être gérant et comment le nommer
  3. Les pouvoirs réels : ce qu'il peut faire seul
  4. Ce que vous devez faire chaque année — et ce que coûte l'oubli
  5. Faut-il se rémunérer ? Le calcul qui tranche
  6. Louer, prêter, facturer à sa propre SCI : la règle en une page
  7. Responsabilité civile et prescription de 5 ans
  8. Quand le fisc et le juge pénal s'en mêlent
  9. Gérant de droit, gérant de fait
  10. Fin des fonctions : démission, terme, révocation, décès
  11. Cas chiffré : le coût réel d'une révocation conflictuelle
  12. Questions fréquentes
  13. Sources officielles

1. Ce qu'est un gérant de SCI, et ce qu'il n'est pas

Le gérant d'une société civile immobilière est un mandataire social. Ni propriétaire, ni salarié, ni prestataire : il tient ses pouvoirs de la loi et des statuts, et agit au nom de la société. Le régime tient dans une poignée d'articles du Code civil, les articles 1846 à 1851. Trois confusions reviennent dans presque tous les dossiers contentieux.

Le gérant n'est pas propriétaire. Les immeubles appartiennent à la SCI, personne morale distincte. Même détenteur de 99 % des parts, il ne peut pas puiser dans la trésorerie sociale pour un besoin personnel. Le cas typique : un gérant vire 4 000 € du compte de la SCI vers son compte personnel pour absorber un découvert, en comptant sincèrement rembourser le mois suivant. Il rembourse d'ailleurs, la plupart du temps.

Ce n'est pas la sincérité de l'intention qui fait la différence, c'est trois choses : une décision préalable, une écriture au compte courant, l'accord des associés. Avec elles, on est dans le compte courant d'associé débiteur, non prohibé en société civile — à la différence de la SARL, où l'article L. 223-21 du Code de commerce l'interdit. Sans elles, le même virement s'appelle abus de confiance (art. 314-1 du Code pénal).

Et régulier ne veut pas dire gratuit : à l'impôt sur les sociétés (IS), un compte courant débiteur est un revenu réputé distribué (art. 111 a du Code général des impôts, le CGI). Vos 4 000 € sont alors imposés entre vos mains comme un dividende, plus des intérêts à réintégrer au résultat de la société. Le régime complet, fiscal et pénal, est détaillé dans le guide sur le compte courant d'associé débiteur.

Le gérant n'est pas salarié. Le mandat social exclut le lien de subordination : pas de contrat de travail, pas de bulletin de paie, pas de convention collective. Le cumul avec un contrat de travail sur des fonctions techniques distinctes reste concevable en théorie ; en SCI, il ne tient presque jamais devant un contrôle. Voir le guide sur le cumul de statuts du gérant de SCI.

La fonction n'est pas un pouvoir sans bord. Les pouvoirs du gérant s'arrêtent à l'objet social envers les tiers, aux statuts envers les associés. Ce qui les excède relève de la collectivité (art. 1852). C'est la découverte la plus désagréable du gérant largement majoritaire : détenir 80 % des parts ne dispense pas de convoquer une assemblée quand les statuts l'exigent. Beaucoup l'apprennent le jour où un notaire refuse leur signature.

Quand il vaut mieux refuser la gérance

La gérance se présente presque toujours comme un service à rendre. On accepte en réunion de famille, sans lire l'article 1850. C'est un poste exposé, et certaines configurations reviennent à porter seul un risque qu'on ne maîtrise pas.

Gérant minoritaire dans une famille divisée. Vous assumez la responsabilité de l'article 1850 et la solidarité fiscale de l'article L. 267 du Livre des procédures fiscales. Mais vous n'avez les voix ni pour faire approuver vos comptes, ni pour empêcher votre propre révocation. On répond de tout et on ne décide de rien. Position intenable.

Gérance bénévole d'une SCI dont on n'est pas associé. Le beau-frère nommé « parce qu'il s'y connaît » engage son patrimoine personnel sur les fautes de gestion, ne touche pas un euro de résultat, et peut être révoqué du jour au lendemain par plus de la moitié des parts. Il n'aura même pas voix au chapitre le jour où on lui reprochera un impayé mal relancé. Accepter cette place, c'est signer pour le risque et renoncer au bénéfice.

Pas le temps ni les outils pour tenir la reddition annuelle. Chaque exercice sans comptes présentés est une faute constituée, opposable cinq ans durant, et les exercices s'empilent en silence. Personne ne rattrape trois exercices en un week-end. Voir que faire en cas de retard sur une SCI.

Quand personne ne veut ou ne peut assumer la fonction sérieusement, mieux vaut un gérant extérieur rémunéré, ou un accompagnement comptable, qu'un gérant de complaisance. Une gestion déléguée pendant dix ans reste moins chère qu'un seul contentieux entre associés.

2. Qui peut être gérant et comment le nommer

Les conditions à remplir

L'article 1846 du Code civil est délibérément souple. Peut être gérant :

  • une personne physique, associée ou non, française ou étrangère, dotée de la capacité juridique. Aucun diplôme, aucune inscription à un ordre, aucune capacité commerciale n'est exigée ;
  • une personne morale — SARL, SAS, holding, autre société civile. L'article 1847 soumet alors ses dirigeants aux mêmes obligations et responsabilités que s'ils étaient gérants en leur nom propre, sans préjudice de la responsabilité solidaire de la société gérante. Interposer une société ne dilue donc pas le risque, elle l'ajoute — c'est ce que les montages de holding immobilière oublient le plus souvent ;
  • plusieurs personnes, en cogérance, avec ou sans répartition statutaire des domaines.

Les seules exclusions tiennent aux incapacités et aux interdictions : mineur non émancipé, majeur sous tutelle, personne frappée d'une interdiction de gérer. La protection joue aussi côté associés : le curateur d'un associé protégé doit être convoqué à l'assemblée dès que l'ordre du jour comporte un acte de disposition — vendre l'immeuble, céder les parts, hypothéquer : ce qui entame le patrimoine, par opposition à la gestion courante (com., 18 septembre 2024, n° 22-24.646, publié). Une approbation des comptes ordinaire n'entre pas dans ce champ. Voir le guide sur l'associé de SCI sous tutelle ou curatelle.

Statuts ou acte séparé : une décision structurante

La nomination peut figurer dans les statuts d'origine, résulter d'un acte distinct, ou d'une décision collective des associés (art. 1846 al. 1). Lorsqu'elle passe par une décision des associés, l'alinéa 3 fixe la majorité : plus de la moitié des parts sociales, sauf disposition contraire des statuts — exactement la règle applicable à la révocation. Mon conseil, sauf raison particulière : nommer par acte séparé.

Car contrairement à une idée reçue tenace, la nomination statutaire ne verrouille pas la fonction. L'article 1851 ne distingue pas le gérant statutaire du gérant nommé par acte séparé : dans les deux cas, la majorité en parts s'applique par défaut. Ce qui verrouille, c'est une clause spécifique — par exemple celle qui subordonne la révocation à une modification des statuts, laquelle relève alors de l'unanimité à défaut d'autre stipulation (art. 1836). La Cour de cassation admet largement ces dérogations (3e civ., 6 janvier 1999, n° 96-22.249, publié). La nomination statutaire n'apporte donc pas la protection qu'on lui prête, et impose de modifier les statuts à chaque transition.

Durée du mandat : le piège du terme

Aucune durée maximale n'est imposée, et dans le silence des statuts les gérants sont réputés nommés pour la durée de la société. Si les statuts fixent un terme, vigilance : un mandat à durée déterminée cesse de plein droit à son terme, sans reconduction tacite, et la gérance devient vacante (com., 27 novembre 2024, n° 22-24.631). Les actes signés après l'échéance le sont sans mandat régulier. La parade tient en une ligne d'ordre du jour dans l'assemblée annuelle. Voir le guide sur la durée du mandat de gérant.

Les formalités et leur coût réel

La nomination et la cessation des fonctions ne sont opposables aux tiers qu'après publicité : publication au journal d'annonces légales, puis inscription modificative au registre. La ligne la plus lourde de la note n'est pas celle qu'on croit.

Coût d'une nomination ou d'un changement de gérant, en 2026

  • Annonce légale : 130,80 € TTC (forfait de 109 € HT).
  • Inscription modificative au registre : 172,61 € TTC.
  • Total : 303,41 € TTC, ou 316,57 € si les statuts doivent aussi être modifiés.

Attention au chiffre de 42,26 € qui circule : ce n'est que l'émolument du greffier. L'insertion au BODACC en ajoute 116 € à elle seule. Le détail poste par poste, les tarifs outre-mer et les honoraires de rédaction figurent dans le guide changer de gérant de SCI.

Tant que la publicité n'est pas faite, le nouveau gérant n'existe pas pour les tiers. La banque refuse de le reconnaître, le notaire refuse de recevoir son acte, l'administration continue d'écrire à l'ancien. C'est l'erreur numéro un des transitions familiales, et elle se paie en semaines perdues pendant un compromis de vente. Voir changer de gérant de SCI et annonce légale de SCI. La déclaration des bénéficiaires effectifs est une formalité distincte, et personne n'y pense.

3. Les pouvoirs réels : ce que le gérant peut faire seul

Les articles 1848 et 1849 ne disent pas la même chose, et ce n'est pas une maladresse du législateur. L'un règle ce que le gérant doit à ses associés, l'autre ce qu'il peut opposer au monde extérieur. Tout le métier tient dans cet écart.

Article 1848 — rapports internes. Envers les associés, le gérant peut accomplir tous les actes de gestion que demande l'intérêt de la société, sauf clause statutaire restrictive. Les statuts peuvent donc soumettre à autorisation préalable la vente d'un immeuble, la constitution d'une hypothèque, un emprunt au-delà d'un seuil, ou la conclusion d'un bail commercial.

Article 1849 — rapports externes. Envers les tiers, le gérant engage la société par les actes entrant dans l'objet social. Et surtout : les clauses statutaires limitant ses pouvoirs sont inopposables aux tiers. Un acquéreur, une banque ou un locataire n'a pas à connaître le contenu des statuts.

En pratique, aucun professionnel ne s'en contente. La banque qui prête 400 000 € réclamera le procès-verbal autorisant l'emprunt ; le notaire, celui autorisant la vente. L'article 1849 suffirait pourtant à les protéger : ils veulent simplement que le débat entre associés soit clos avant la signature, pas devant un tribunal trois ans plus tard. Un gérant qui arrive chez le notaire avec les statuts et le procès-verbal gagne quinze jours sur celui qui arrive les mains vides.

La double lecture d'un acte litigieux

Si l'objet social ne vise que l'acquisition et la location, et que le gérant vend un immeuble : l'acte n'entre pas dans l'objet social, il n'engage pas la société.

Si l'objet vise expressément la vente mais que les statuts exigent une assemblée, et que le gérant vend sans assemblée : l'acte est valable envers l'acquéreur (clause limitative inopposable), mais le gérant engage sa responsabilité personnelle envers les associés au titre de l'article 1850.

D'où l'importance de calibrer l'objet social : trop étroit, il paralyse ; trop large, il déverrouille.

Répartition standard des actes

Acte Qui décide, en pratique
Signer, renouveler ou résilier un bail d'habitation Gérant seul (gestion courante)
Encaisser les loyers, relancer un impayé, engager une procédure locative Gérant seul
Payer taxe foncière, charges de copropriété, assurances Gérant seul
Déposer la déclaration annuelle de résultats : formulaire 2072 si la SCI est à l'impôt sur le revenu, liasse fiscale 2065 si elle est à l'impôt sur les sociétés Gérant seul, et c'est une obligation
Travaux d'entretien et de réparation courants Gérant seul, dans le budget voté
Souscrire un emprunt, donner une hypothèque Assemblée, dès que les statuts le prévoient — et la banque l'exigera
Vendre un immeuble social Assemblée dans la quasi-totalité des statuts
Louer un bien à un associé ou au gérant lui-même Assemblée, et traçage en convention
Modifier les statuts, l'objet social, le capital Assemblée, jamais le gérant seul
Agréer un nouvel associé, dissoudre la société Assemblée, jamais le gérant seul

Deux cas particuliers ont leur propre guide : qui signe le bail d'une SCI et le gérant peut-il vendre un bien de la SCI. Un mot enfin sur la cogérance, parce que la déception y est classique : l'opposition formée par un gérant aux actes d'un autre reste sans effet envers les tiers, sauf à établir qu'ils en avaient connaissance — preuve qui ne se rapporte quasiment jamais. Le droit d'opposition rassure sur le papier et ne bloque rien dans la vie réelle.

4. Ce que vous devez faire chaque année — et ce que coûte l'oubli

Aucune de ces obligations n'est spectaculaire. Elles ont toutes le même défaut : ne pas les exécuter, c'est constituer une faute de gestion, opposable cinq ans durant, et dont la preuve est facile à rapporter puisqu'elle consiste à montrer une absence.

Rendre compte au moins une fois par an. L'article 1856 impose au gérant de rendre compte de sa gestion aux associés au moins une fois dans l'année, par un rapport écrit d'ensemble sur l'activité, mentionnant les bénéfices réalisés ou prévisibles et les pertes encourues ou prévues. C'est une obligation légale, pas un usage. En pratique, elle se matérialise par une assemblée d'approbation des comptes, dont la mécanique est détaillée dans les guides assemblée générale de SCI et approbation des comptes.

Convoquer et informer. L'article 1855 donne à chaque associé le droit d'obtenir, au moins une fois par an, communication des livres et documents sociaux, et de poser par écrit des questions sur la gestion, auxquelles il doit être répondu par écrit dans le mois. Refuser cette communication est la faute la plus fréquemment retenue contre un gérant de SCI familiale. Voir le droit d'information de l'associé.

Tenir la comptabilité et déclarer. Même à l'impôt sur le revenu, une SCI doit suivre ses opérations et déposer sa déclaration annuelle ; à l'impôt sur les sociétés, elle relève d'une comptabilité d'engagement complète. Le retard déclaratif est le point d'entrée classique de la mise en cause personnelle du gérant. Voir la comptabilité de SCI et le calendrier fiscal.

Maintenir la séparation des patrimoines. Un compte bancaire dédié, aucun paiement personnel sur le compte social, tout apport ou retrait passé en compte courant d'associé et documenté. La confusion des flux transforme un litige de gestion en risque pénal.

Le vrai coût de la fonction, personne ne l'écrit : c'est le temps. Pour une SCI d'un immeuble loué nu, comptez une dizaine d'heures par an — rapprochement bancaire, quittances, convocation, procès-verbal, déclaration. Ce n'est pas la charge qui pose problème, c'est la régularité : la même SCI laissée trois ans sans écritures demandera une semaine de reprise, souvent facturée, et parfois un exercice impossible à reconstituer faute de justificatifs conservés.

Le coût réel de la fonction, additionné

Pour une SCI d'un immeuble loué nu : une dizaine d'heures par an, zéro euro de rémunération dans neuf cas sur dix, environ 300 € tous les cinq à dix ans de formalités, et un risque personnel qui n'est plafonné par rien. C'est peu si vous tenez les comptes. C'est beaucoup si vous ne les tenez pas.

5. Faut-il se rémunérer ? Le calcul qui tranche

Aucune rémunération n'est due de plein droit. La gérance est présumée gratuite si rien n'est prévu, et l'immense majorité des SCI familiales fonctionnent avec un gérant bénévole.

Un avis, avant les règles : dans une SCI à l'impôt sur le revenu, rémunérer le gérant n'apporte à peu près rien. La somme ne retranche pas un euro au revenu foncier imposable des associés. Elle alourdit la tenue des comptes. Et elle offre un motif de discorde de plus à chaque assemblée, dans des familles qui n'en manquaient pas. Le remboursement de frais réellement engagés, correctement justifié, rend le même service sans le même bruit. À l'impôt sur les sociétés, l'arbitrage devient réel, puisque la charge est déductible du résultat — mais il ne se tranche pas au doigt mouillé : l'économie d'IS doit être mise en regard de l'imposition personnelle du gérant et du coût social attaché à la somme versée. C'est un calcul, pas une intuition.

Le calcul, sur un cas

SCI à l'impôt sur les sociétés, résultat de 24 000 € avant rémunération.

  • Sans rémunération : impôt sur les sociétés au taux réduit de 15 %, soit 3 600 € pour la société.
  • Avec 12 000 € versés au gérant : le résultat tombe à 12 000 €, l'impôt à 1 800 € — la société économise 1 800 €.
  • Mais les 12 000 € entrent dans le revenu imposable du gérant : à une tranche marginale de 30 %, 3 600 € d'impôt sur le revenu, plus le coût social attaché à la somme versée.

L'opération devient perdante. Elle ne redevient gagnante que si la tranche marginale du gérant est inférieure au taux d'IS effectivement supporté par la société — en pratique, une tranche à 0 % ou à 11 %.

Règle de pouce : au-dessus de la tranche à 11 %, ne vous rémunérez pas, remboursez-vous vos frais.

Et les cotisations ?

  • Gérant bénévole : rien. Aucune affiliation, aucune cotisation — c'est le cas de l'immense majorité des SCI familiales.
  • Gérant rémunéré et associé : la rémunération est assujettie, et l'affiliation se fait au régime des travailleurs indépendants.
  • Gérant rémunéré et non associé : régime général, avec les charges patronales que cela suppose pour la société.

C'est souvent ce point, et non l'impôt, qui rend une rémunération non rentable. Les taux et l'assiette exacte figurent dans le guide rémunération du gérant de SCI.

Lorsqu'une rémunération est décidée, la méthode ne dépend pas du régime fiscal.

  • Un vote des associés, dans les formes prévues aux statuts, consigné dans un procès-verbal daté. Un gérant qui fixe seul sa rémunération commet une faute, même modeste et même de bonne foi.
  • Une contrepartie réelle, proportionnée à la charge de gestion. À l'impôt sur les sociétés, une rémunération excessive ou sans contrepartie est réintégrée au résultat sur le terrain de l'acte anormal de gestion, c'est-à-dire d'une dépense que la société n'avait aucun intérêt à engager ; à l'impôt sur le revenu, elle n'est de toute façon pas déductible des revenus fonciers.
  • Une trace : virement identifié, écriture comptable dédiée, mention dans les comptes soumis à l'assemblée. Une rémunération versée en espèces ou noyée dans le compte courant se retourne toujours contre son bénéficiaire.

L'arbitrage entre les deux régimes fiscaux est traité dans SCI à l'IS ou à l'IR. Dernier point, qu'on confond sans arrêt : rembourser au gérant des frais qu'il a réellement avancés pour la société n'est pas le rémunérer, et n'obéit ni aux mêmes règles ni au même formalisme. Voir frais de déplacement du gérant.

6. Louer, prêter, facturer à sa propre SCI : la règle en une page

Bail consenti à soi-même, prêt en compte courant rémunéré, prestation facturée par sa propre société de gestion, achat ou revente d'un actif : dès que le gérant contracte avec sa SCI, il signe des deux côtés de la table. La société civile ignore le formalisme lourd de la SARL. Mais les statuts prévoient presque toujours une procédure d'approbation, et l'opération conclue sans elle reste attaquable des années.

La règle pratique tient en une phrase : toute convention entre la SCI et son gérant ou un associé doit être écrite, portée à l'ordre du jour d'une assemblée, votée, conservée.

Le cas de Marc. Gérant, il se loge dans un appartement de la société à 600 € par mois quand le marché est à 900 €, sans convention votée. Le contrôle réintègre l'écart : 300 € × 12 = 3 600 € ajoutés au résultat par exercice ; sur trois exercices contrôlés, 10 800 €, majorés des pénalités. Il s'expose en outre à une action en responsabilité de ses coassociés et à un procès en abus de majorité. Le procès-verbal qui évitait tout cela tenait sur une page.

Le réflexe qui règle 90 % du sujet : dès qu'un contrat lie la SCI à vous, à votre conjoint ou à un associé, inscrivez-le à l'ordre du jour de l'assemblée annuelle et faites-le voter, même s'il tourne depuis dix ans. Une convention ratifiée après coup vaut infiniment mieux qu'une convention jamais votée. Le détail de la procédure figure dans le guide conventions réglementées en SCI, et le cas de la location à un membre de la société dans louer un bien de la SCI à un associé.

7. Responsabilité civile et prescription de 5 ans

Deux casquettes, deux risques

Presque tous les gérants de SCI sont aussi associés. Ce sont deux risques de nature différente, et les confondre coûte cher.

Comme gérant, vous ne payez que si vous avez commis une faute : violation de la loi, des statuts, ou faute de gestion (art. 1850). Pas de faute, pas de dette.

Comme associé, vous payez même sans aucune faute. Si la SCI ne rembourse pas son prêt, la banque peut se retourner contre vous — mais seulement après avoir vainement poursuivi la société (c'est le caractère subsidiaire, art. 1858), et seulement à hauteur de votre part : 40 % des parts, 40 % de la dette, pas un euro de plus, sans solidarité avec vos coassociés (art. 1857).

Le gérant non associé ne porte que le premier risque, l'associé non gérant que le second. Le régime complet de la seconde casquette : responsabilité des associés de SCI.

Reste la première casquette, objet de cette section. L'article 1850 pose la règle : chaque gérant est responsable individuellement envers la société et envers les tiers, soit des infractions aux lois et règlements, soit de la violation des statuts, soit des fautes commises dans sa gestion. Si plusieurs gérants ont participé aux mêmes faits, leur responsabilité est solidaire, le tribunal déterminant la part contributive de chacun.

Les fautes retenues en SCI sont rarement spectaculaires : absence de reddition de comptes pendant plusieurs exercices, refus de communiquer les documents sociaux, défaut d'assurance sur un immeuble loué, non-dépôt des déclarations, bail manifestement défavorable consenti à un proche. La plus fréquente, de très loin, tient en une phrase que le demandeur écrit toujours de la même façon : « depuis 2019, mon frère ne m'a rien envoyé et ne répond plus ». Ce n'est pas une négligence vénielle, c'est le manquement à l'article 1856, et il suffit à fonder une action.

Quand le gérant ne répond plus : l'ordre des étapes

Voici l'escalade, dans l'ordre. Chaque étape sans réponse renforce la suivante : c'est pour cela qu'on ne saute pas la première.

  1. Demandez par écrit la communication des documents sociaux et posez vos questions par recommandé : l'article 1855 oblige le gérant à répondre par écrit sous un mois.
  2. Ce délai passé, la carence est constituée et datée. C'est votre pièce n° 1.
  3. Mise en demeure d'inscrire l'approbation des comptes à l'ordre du jour d'une assemblée.
  4. Si rien ne bouge : référé pour faire désigner un administrateur provisoire.
  5. En parallèle, action au fond — révocation judiciaire et, le cas échéant, action en responsabilité.

Le détail de chaque levier, modèles compris, figure dans le guide litige avec le gérant de SCI.

L'action peut être exercée par la société elle-même, ou par un associé agissant au nom de la société : c'est l'action sociale ut singuli de l'article 1843-5. Attention à ce que cela implique : les dommages-intérêts sont alloués à la SCI, pas à l'associé qui a avancé les frais d'avocat, et celui qui gagne récupère indirectement, à hauteur de ses parts. Est par ailleurs réputée non écrite toute clause subordonnant cette action à une autorisation de l'assemblée ou y renonçant par avance. Et aucune décision des associés ne peut éteindre l'action en responsabilité pour une faute commise dans l'accomplissement du mandat — pas même le quitus, ce vote par lequel l'assemblée déclare approuver la gestion du gérant pour l'exercice écoulé et croit, à tort, le décharger de toute responsabilité. Le quitus rassure. Il ne protège pas.

Le cas de Thomas. Gérant d'une SCI familiale, il ne présente plus les comptes depuis 2021. Sa sœur, associée à 30 %, agit ut singuli en 2026 : les faits sont encore dans les cinq ans. Le tribunal retient le manquement à l'article 1856 et condamne Thomas à verser 7 000 € à la SCI — 4 000 € de reconstitution des exercices, 3 000 € de majorations de retard. Sa sœur, qui a avancé 4 000 € d'avocat, ne récupère que sa quote-part : 30 % de 7 000 €, soit 2 100 € de valeur rendue à la société. Elle gagne son procès et elle y est de sa poche. C'est la mécanique de l'action sociale, à connaître avant d'assigner.

Le délai de prescription est de 5 ans, pas de 3 ans

On lit très souvent que l'action en responsabilité contre le gérant de SCI se prescrit par trois ans. C'est le délai de l'article L. 223-23 du Code de commerce, propre à la SARL, et il ne se transpose pas à la société civile.

En SCI, aucune prescription abrégée n'est prévue : c'est le droit commun de l'article 2224 du Code civil qui s'applique, soit cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. Pour les faits dissimulés, le point de départ glisse à leur découverte.

La Cour de cassation l'a jugé en toutes lettres : l'action en responsabilité dirigée contre le gérant d'une société civile à raison d'une faute séparable de ses fonctions est soumise, à défaut de disposition dérogatoire, à la prescription quinquennale de l'article 2224 (Cass. com., 14 novembre 2023, n° 21-19.146, publié au bulletin).

Une SCI peut souscrire une garantie de responsabilité civile des dirigeants. Le réflexe est bon, la protection plus étroite qu'on ne l'imagine : ni la faute intentionnelle, ni les amendes pénales et fiscales ne sont couvertes. Ce que ces contrats financent surtout, ce sont les frais de défense — voir RC dirigeant en SCI. Reste le mandat gratuit : l'article 1992 alinéa 2 prévoit que la responsabilité du mandataire est alors appliquée moins rigoureusement. Cela module l'appréciation d'une faute ordinaire. Cela ne crée aucune immunité.

8. Quand le fisc et le juge pénal s'en mêlent

La responsabilité civile n'est pas la seule à pouvoir atteindre le patrimoine personnel du gérant. Le fisc et le juge pénal ont leurs propres voies, leurs propres logiques et leurs propres délais.

Nature Fondement Qui agit Délai
Civile Art. 1850 C. civ. La société, un associé (art. 1843-5), un tiers 5 ans
Fiscale Art. L. 267 LPF Le comptable public, devant le juge 4 ans (tant que la dette de la société est recouvrable)
Pénale Abus de confiance, faux, fraude fiscale Le ministère public, sur plainte ou signalement 6 ans, jusqu'à 12 si dissimulation
  • Civile — infraction aux lois et règlements, violation des statuts ou faute de gestion ; prescription de cinq ans de l'article 2224 du Code civil.
  • Fiscale — manœuvres frauduleuses ou inobservation grave et répétée des obligations fiscales ; l'action n'a pas de délai propre, elle reste ouverte tant que le recouvrement contre la société n'est pas prescrit (quatre ans, art. L. 274 du Livre des procédures fiscales).
  • Pénale — abus de confiance (art. 314-1 du Code pénal), faux (art. 441-1), fraude fiscale (art. 1741 du CGI) ; six ans pour un délit (art. 8 du code de procédure pénale), point de départ reporté au jour de la découverte pour une infraction occulte ou dissimulée, sans excéder douze ans (art. 9-1).

La responsabilité fiscale de l'article L. 267 du Livre des procédures fiscales est celle qui surprend le plus. Elle permet au comptable public de faire déclarer le dirigeant solidairement responsable des impositions et pénalités de la société lorsque leur recouvrement a été rendu impossible par des manœuvres frauduleuses ou par l'inobservation grave et répétée de ses obligations fiscales.

Le schéma type, chiffré. Une SCI à l'IS cesse de déclarer pendant trois exercices. L'administration reconstitue les loyers et notifie un redressement de 18 000 €, pénalités comprises. La société n'a pas de trésorerie. Le comptable public assigne alors le gérant sur le fondement de l'article L. 267 : les 18 000 € deviennent sa dette personnelle. Aucun quitus n'y fait obstacle.

Une nuance qui compte : ce n'est pas la difficulté financière qui déclenche l'article L. 267, c'est le silence. Une SCI qui perd de l'argent mais dépose ses déclarations et répond à l'administration ne risque rien de ce côté. Une SCI rentable dont le gérant a cessé de déclarer depuis trois exercices, si.

Sur le versant pénal, l'infraction reine reste l'abus de confiance : détourner des fonds remis à charge d'en faire un usage déterminé. Le gérant détient la trésorerie sociale pour l'affecter à l'intérêt de la société ; l'utiliser à des fins personnelles constitue l'infraction, punie de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende. Voir responsabilité pénale du gérant de SCI. Une confusion à éviter : l'abus de biens sociaux est propre aux sociétés commerciales et ne s'applique pas à une société civile.

9. Gérant de droit, gérant de fait

Un associé qui n'a jamais été nommé, mais qui signe les baux, arbitre les travaux, dialogue seul avec la banque et donne les instructions au comptable, peut être qualifié de gérant de fait. La qualification suppose une activité de direction positive, indépendante et durable, exercée en toute souveraineté. Elle n'est pas une curiosité théorique : le gérant de fait encourt les mêmes responsabilités civile, fiscale et pénale que le gérant de droit.

Le cas type en SCI familiale : le parent a « passé la main » à un enfant sur le papier, mais il garde la carte bancaire, signe les devis de travaux et appelle le comptable. Il vous dira qu'il aide. Le mot n'a aucune valeur juridique. Le résultat, lui, est double et désagréable : deux personnes portent le risque au lieu d'une, et l'enfant gérant de droit répond de décisions qu'il n'a jamais prises. La transmission qui n'en est pas une est probablement le montage le plus répandu et le moins assumé du secteur. Les critères retenus par la jurisprudence sont détaillés dans le guide gérant de fait de SCI.

10. Fin des fonctions : démission, terme, révocation, décès

Mode de cessation Règle applicable Point de vigilance
Démission Libre, dans les formes prévues aux statuts Une démission à contretemps peut engager la responsabilité du démissionnaire
Arrivée du terme Cessation de plein droit, sans reconduction tacite Gérance vacante dès le lendemain du terme
Révocation par les associés Plus de la moitié des parts, sauf clause contraire (art. 1851 al. 1) Sans juste motif, dommages-intérêts ; et si le gérant est associé, droit de retrait (art. 1851 al. 3)
Révocation judiciaire Pour cause légitime, à la demande de tout associé (art. 1851 al. 2) Compétence du juge du fond, pas du juge des référés
Décès ou incapacité Vacance immédiate de la gérance Sans gérant depuis plus d'un an, dissolution possible (art. 1846-1)

La démission

Le gérant peut démissionner à tout moment, sans se justifier, dans les formes et le préavis prévus aux statuts. Notification à la société et à tous les associés, par recommandé, pour dater la cessation. Un mot sur le moment choisi : une démission donnée la veille d'une échéance bancaire ou en pleine procédure d'expulsion peut être jugée abusive et engager la responsabilité de son auteur. Partir est un droit ; claquer la porte n'en est pas un. Modèle dans modèle de démission de gérant. La publicité reste indispensable : tant qu'elle n'est pas faite, l'ancien gérant demeure apparent aux yeux des tiers.

La révocation par les associés

C'est le point sur lequel on se trompe le plus en ligne, et l'erreur est coûteuse : elle dissuade des associés majoritaires d'agir alors qu'ils en ont le droit. L'article 1851 alinéa 1 dispose que, sauf disposition contraire des statuts, le gérant est révocable par une décision des associés représentant plus de la moitié des parts sociales. Ce que cela change, concrètement :

  • la majorité se compte en parts, pas en têtes : deux associés sur trois qui ne pèsent que 45 % du capital ne peuvent rien ;
  • le texte ne distingue pas le gérant statutaire du gérant nommé par acte séparé. La règle de l'unanimité des autres associés, qu'on lit souvent, est celle de la société en nom collectif (art. L. 221-12 du Code de commerce) ;
  • l'unanimité ne revient que par ricochet, si les statuts subordonnent eux-mêmes la révocation à une modification statutaire soumise à l'unanimité (art. 1836). Ces dérogations statutaires sont largement admises (Cass. 3e civ., 6 janvier 1999, n° 96-22.249, publié). Il faut donc toujours relire les statuts avant de convoquer.

Une révocation sans motif reste valable et produit effet sur-le-champ. Elle ouvre seulement droit à dommages-intérêts si le juste motif fait défaut. Ce juste motif suppose un comportement fautif ou une situation objectivement préjudiciable : détournement, refus persistant de rendre des comptes, carence déclarative, mésentente qui paralyse la gestion. Une divergence de vues sur la stratégie, non. L'envie de reprendre la main, non plus. Sécuriser une révocation tient à peu de choses : énoncer les griefs dans la convocation, produire les pièces, laisser le gérant s'expliquer, consigner le tout au procès-verbal.

Dernier étage de l'article 1851, et le plus coûteux. Sauf clause contraire, le gérant révoqué qui est associé peut se retirer de la société et demander le remboursement de ses droits sociaux (al. 3, renvoyant à l'art. 1869 al. 2), la valeur des parts étant fixée par un expert désigné par le juge en cas de désaccord (art. 1843-4). Révoquer un gérant associé peut donc obliger la société ou les autres associés à lui racheter sa quote-part : dans une SCI dont l'actif est un immeuble, le poste se chiffre en dizaines de milliers d'euros. C'est cette ligne-là qui décide si une révocation est finançable — le cas est chiffré en section 11. La question se règle utilement à l'avance dans les statuts, comme pour un retrait d'associé.

La révocation judiciaire

Le recours existe même à 5 % des parts. Quand le gérant détient lui-même la majorité et bloque sa propre éviction, l'alinéa 2 de l'article 1851 ouvre une voie : le gérant est également révocable par les tribunaux pour cause légitime, à la demande de tout associé, fût-il très minoritaire.

Mais pas en référé, et c'est nouveau. La Cour de cassation a jugé que cette révocation relève du juge du fond (3e civ., 7 mai 2026, n° 24-12.164, publié). Saisir le référé pour obtenir une révocation est voué à l'échec. Ce n'est pas une subtilité sans conséquence : il faut passer par une instance au fond, avec les mois et les honoraires que cela suppose, pendant lesquels le gérant contesté reste en fonction.

Ce qu'il faut demander en premier : un administrateur provisoire. Le référé conserve une utilité, et elle est décisive dans l'intervalle. En présence de circonstances rendant impossible le fonctionnement normal de la société et la menaçant d'un péril imminent, il peut désigner un administrateur provisoire qui tient la gestion le temps du procès.

Autrement dit, l'ordre des choses a changé : on demande d'abord au référé un administrateur provisoire pour neutraliser le gérant, puis on plaide la révocation au fond. L'inverse fait perdre six mois. Les stratégies de sortie de blocage sont détaillées dans litige avec le gérant de SCI et mésentente entre associés.

Le décès et la vacance

Le décès du gérant n'entraîne pas la dissolution de la société, mais la gérance devient vacante et plus aucun acte ne peut être régulièrement signé. C'est très concret : la banque bloque les mouvements dès qu'elle apprend le décès de la personne habilitée à faire fonctionner le compte, alors que les échéances de prêt continuent de se présenter. Tout associé peut réunir les associés ou, à défaut, demander au président du tribunal la désignation d'un mandataire de justice chargé de le faire (art. 1846, dernier alinéa) : aucun délai d'attente n'est exigé. Le délai d'un an joue dans l'autre sens — sans gérant depuis plus d'un an, tout intéressé peut demander la dissolution judiciaire (art. 1846-1). Voir décès du gérant de SCI et mandat à effet posthume.

11. Cas chiffré : le coût réel d'une révocation conflictuelle

SCI Les Tilleuls, trois associés. Catherine détient 40 % des parts et exerce la gérance depuis huit ans, rémunérée 800 € par mois votés en assemblée, soit 9 600 € par an. Ses deux frères détiennent 35 % et 25 %. Ils veulent reprendre la main sur la gestion locative, sans reprocher à Catherine autre chose qu'une divergence de stratégie sur les travaux.

Étape 1 — la majorité. Les statuts sont muets sur la révocation : c'est donc la règle légale qui s'applique, plus de la moitié des parts. Les deux frères totalisent 35 % + 25 % = 60 % des parts, soit davantage que le seuil de 50 %. La révocation est régulièrement décidée et produit effet immédiatement, même si Catherine vote contre. Le fait qu'elle ait été nommée dans les statuts d'origine ne change rien à la majorité applicable.

Étape 2 — le juste motif. L'ordre du jour ne mentionne aucun grief, aucune mise en demeure n'a été adressée, aucune pièce n'est produite, et Catherine n'a pas été mise en mesure de s'expliquer. Une divergence sur le programme de travaux n'est pas, en soi, un comportement fautif. La révocation est donc valable mais dépourvue de juste motif, ce qui ouvre droit à réparation.

Étape 3 — le chiffrage de l'indemnité. Il n'existe aucun barème : le juge répare le préjudice démontré. Catherine documente deux postes.

  • Préjudice matériel : perte de la rémunération pendant le temps raisonnablement nécessaire pour retrouver une activité équivalente, retenu ici à douze mois, soit 800 € × 12 = 9 600 €.
  • Préjudice moral : éviction brutale, absence de débat contradictoire, atteinte à la réputation devant les locataires et la banque, évalué à 3 000 €.

Étape 4 — les frais de transition, payés par la société. Catherine ayant été nommée dans les statuts d'origine, ceux-ci doivent être mis à jour : on est dans le scénario haut du barème vu plus haut, soit 316,57 € TTC de débours. Ajoutez la rédaction du procès-verbal et la mise à jour bancaire.

Étape 5 — le droit de retrait, la ligne qui change tout. C'est le poste que le calcul précédent ignore, et de loin le plus lourd : si le gérant révoqué est associé, il peut se retirer de la société et demander le remboursement de ses droits sociaux (art. 1851 al. 3, renvoyant à l'art. 1869 al. 2), sauf clause statutaire contraire — les autres associés pouvant, à l'inverse, décider la dissolution anticipée. Dans notre exemple, Catherine détient 40 % : son retrait obligerait la SCI ou ses frères à racheter cette quote-part, évaluée par un expert désigné par le juge en cas de désaccord (art. 1843-4). Sur un patrimoine net de 500 000 €, cela représente 200 000 € à financer. C'est cette ligne-là, et non les quelques centaines d'euros de formalités, qui décide si une révocation est finançable.

Bilan de l'opération

  • Dommages-intérêts au titre de la révocation sans juste motif : 12 600 € (9 600 € + 3 000 €)
  • Formalités de changement de gérant : 316,57 € TTC
  • Coût total hors retrait, et hors frais d'avocat de part et d'autre : ≈ 12 917 € — auquel s'ajoute, si la gérante révoquée exerce son droit de retrait (art. 1851 al. 3), le rachat de ses 40 % de parts

Ces montants sont une illustration de méthode : l'indemnité dépend intégralement des preuves rapportées, et non d'un forfait. La même révocation, précédée d'une mise en demeure motivée et d'un débat contradictoire consigné au procès-verbal, aurait pu se solder par les seules formalités — le droit de retrait de l'associée révoquée restant ouvert dans les deux cas, puisqu'il ne dépend pas de l'existence d'un juste motif.

La leçon est simple, et elle vaut pour les deux camps : ce qui coûte cher, ce n'est pas la révocation, c'est la manière. Côté associés, motiver et tracer. Côté gérant, conserver les preuves de sa gestion — procès-verbaux, comptes approuvés, échanges — car c'est le seul matériau qui permettra de démontrer, ou de contester, le juste motif.

12. Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent de la part des gérants de SCI. Réponses courtes, sourcées, à jour au 19/09/2026.

Le gérant d'une SCI doit-il obligatoirement être associé ?

Non. L'article 1846 du Code civil n'exige aucune qualité d'associé. Un tiers extérieur — conjoint non associé, enfant majeur, gestionnaire professionnel — peut être nommé, sauf si les statuts l'interdisent. La plupart des SCI familiales désignent un associé, mais ce n'est ni une obligation ni toujours le meilleur choix quand la famille est divisée.

Une société peut-elle être gérante d'une SCI ?

Oui. Une SARL, une SAS, une holding ou une autre société civile peut exercer la gérance. L'article 1847 du Code civil soumet alors les dirigeants de la société gérante aux mêmes obligations et responsabilités que s'ils étaient gérants en leur nom propre, sans préjudice de la responsabilité solidaire de la société gérante elle-même. Interposer une personne morale ne dilue donc pas le risque, elle l'ajoute.

Combien de gérants une SCI peut-elle avoir ?

Aucune limite légale : un gérant unique, deux cogérants, ou davantage. À défaut de clause statutaire, chaque cogérant détient séparément les pouvoirs de gestion (art. 1848 et 1849 du Code civil) et peut engager seul la société. L'opposition d'un cogérant à l'acte d'un autre reste sans effet envers les tiers, sauf à prouver qu'ils en avaient connaissance.

Comment révoque-t-on un gérant de SCI ?

Par une décision des associés représentant plus de la moitié des parts sociales, sauf disposition contraire des statuts (art. 1851 al. 1 du Code civil). C'est une majorité en parts, pas en têtes. Elle produit effet immédiatement entre associés, mais n'est opposable aux tiers qu'après publicité. Point souvent oublié : si le gérant révoqué est associé, il peut se retirer et demander le remboursement de ses droits sociaux (art. 1851 al. 3).

Quelle indemnité en cas de révocation sans juste motif ?

Aucun barème. L'article 1851 alinéa 1 prévoit que la révocation sans juste motif « peut donner lieu à dommages-intérêts » : le juge répare le préjudice démontré, matériel et moral. Un gérant bénévole obtiendra peu ; un gérant rémunéré depuis des années, évincé sans grief ni débat contradictoire, davantage. Le montant se prouve, il ne se réclame pas au forfait.

Que devient le mandat d'un gérant nommé pour une durée déterminée, arrivé à son terme ?

Il cesse de plein droit, sans reconduction tacite : la Cour de cassation l'a rappelé pour une société civile (com., 27 novembre 2024, n° 22-24.631). La gérance devient vacante, et les actes accomplis ensuite le sont sans mandat régulier. Le réflexe est donc de porter la date d'échéance à l'ordre du jour de l'assemblée annuelle. Si la société reste sans gérant plus d'un an, tout intéressé peut demander sa dissolution judiciaire (art. 1846-1).

Quel est le délai de prescription de l'action en responsabilité contre le gérant ?

Cinq ans (art. 2224 du Code civil), à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits. Le délai de trois ans souvent cité est celui de l'article L. 223-23 du Code de commerce, propre à la SARL : la société civile ne connaît aucune prescription abrégée équivalente (Cass. com., 14 novembre 2023, n° 21-19.146, publié au bulletin).

Le gérant est-il responsable sur ses biens personnels ?

Oui, en cas de faute. L'article 1850 du Code civil engage sa responsabilité individuelle envers la société et envers les tiers pour infraction aux lois et règlements, violation des statuts ou faute de gestion. Cette responsabilité est personnelle et non plafonnée. Elle ne doit pas être confondue avec celle des associés, indéfinie mais conjointe et proportionnelle aux parts (art. 1857), et seulement subsidiaire, c'est-à-dire mobilisable seulement après que le créancier a vainement poursuivi la société (art. 1858).

Le gérant peut-il vendre seul un immeuble de la SCI ?

Envers les tiers, il engage la société par les actes entrant dans l'objet social (art. 1849). Si la vente figure à l'objet, l'acte est valable même en violation d'une clause statutaire, car les clauses limitatives de pouvoirs sont inopposables aux tiers. Le gérant reste toutefois fautif envers les associés. Si la vente ne figure pas à l'objet social, l'acte n'engage pas la société.

Combien de temps prend un changement de gérant, du vote à l'inscription au registre ?

Comptez deux à quatre semaines dans un dossier simple. L'assemblée décide et sa décision produit effet le jour même entre associés ; l'annonce légale paraît sous quelques jours ; le dépôt sur le guichet unique des formalités des entreprises donne ensuite lieu à une inscription modificative en une à trois semaines selon le greffe et la complétude du dossier. C'est seulement à compter de cette inscription que le nouveau gérant est opposable aux tiers, donc reconnu par la banque et par le notaire. Anticipez si une vente ou un déblocage de prêt est en cours : le calendrier complet figure dans le guide sur le changement de gérant de SCI.

Le gérant doit-il réunir une assemblée générale chaque année ?

L'article 1856 lui impose de rendre compte de sa gestion au moins une fois dans l'année, par un rapport écrit mentionnant les bénéfices réalisés ou prévisibles et les pertes encourues ou prévues. La forme assemblée n'est pas imposée par la loi, mais les statuts la prévoient presque toujours, et c'est la seule façon simple de dater et de prouver la reddition.

Un gérant bénévole est-il moins responsable qu'un gérant rémunéré ?

Un peu, mais il n'a aucune immunité. L'article 1992 alinéa 2 du Code civil prévoit que la responsabilité du mandataire est appliquée moins rigoureusement lorsque le mandat est gratuit. Cela module l'appréciation de la faute de gestion ordinaire ; cela ne joue ni sur l'infraction aux lois et règlements, ni sur la violation des statuts, ni sur la responsabilité fiscale ou pénale.

Que se passe-t-il si le gérant unique décède ?

La SCI n'est pas dissoute, mais la gérance devient vacante et plus personne ne peut l'engager. L'article 1846 permet à tout associé de réunir les associés à seule fin de nommer un ou plusieurs gérants ; à défaut, le président du tribunal, statuant sur requête, désigne un mandataire de justice chargé de provoquer cette nomination. Il faut agir vite : la banque bloque en pratique les mouvements dès qu'elle apprend le décès de la personne habilitée à faire fonctionner le compte.

Le gérant de SCI paie-t-il des cotisations sociales ?

Gérant bénévole : rien. Aucune affiliation, aucune cotisation — c'est la situation de l'immense majorité des SCI familiales. Gérant rémunéré et associé : la rémunération est assujettie et l'affiliation se fait au régime des travailleurs indépendants. Gérant rémunéré et non associé : régime général, avec les charges patronales que cela suppose pour la société. C'est souvent ce poste, plus que l'impôt, qui rend une rémunération non rentable. Le détail est traité dans le guide sur la rémunération du gérant de SCI.

Être gérant de SCI me fait-il perdre mes allocations chômage ou ma retraite ?

Une gérance bénévole, non. Sans rémunération, il n'y a ni revenu d'activité à déclarer ni affiliation, donc rien qui vienne réduire une allocation d'aide au retour à l'emploi ou une pension. Ce sont les sommes effectivement versées qui changent la donne : elles constituent un revenu d'activité, à déclarer, et peuvent réduire l'allocation ou entrer dans les règles de cumul emploi-retraite. Les cas particuliers — fonctionnaire, indépendant, retraité, demandeur d'emploi — sont détaillés dans le guide sur le cumul de la gérance avec un autre statut.

Puis-je être gérant d'une SCI française si je vis à l'étranger ?

Oui. L'article 1846 du Code civil n'impose aucune condition de nationalité ni de résidence pour exercer la gérance d'une société civile. La difficulté est pratique, pas juridique : certaines banques françaises refusent d'ouvrir ou de maintenir un compte dont le mandataire réside hors de France, et la signature des actes notariés à distance suppose une procuration. Le volet fiscal, lui, dépend de la situation de la société et de celle des associés : voir le guide sur la SCI et les non-résidents.

13. Sources officielles

Gérer sans rien oublier

Reddition des comptes, procès-verbaux d'assemblée, déclaration annuelle de résultats, suivi des conventions : ce sont exactement les obligations dont l'omission engage la responsabilité du gérant. Elles se tiennent très bien dans un tableur, à condition de ne jamais sauter un exercice. sci-ai.app existe pour ceux qui préfèrent que les échéances viennent à eux.

Pour aller plus loin

Tous les guides sur la gérance de SCI

Les sujets effleurés ici sont traités en entier ailleurs. Voici ce que chaque guide contient réellement.

Risques, conflits et fin de mandat

Litige avec le gérant de SCI

Mise en demeure, expertise de gestion, administrateur provisoire et révocation judiciaire : les leviers dans l'ordre où il faut les actionner.

Responsabilité pénale du gérant

Abus de confiance, faux, fraude fiscale : les qualifications réellement applicables en société civile et les peines encourues.

Gérant de fait de SCI

Les critères de la qualification, les situations familiales qui la déclenchent et l'étendue exacte du risque encouru.

Assurance RC dirigeant en SCI

Ce que couvre réellement une garantie responsabilité civile des dirigeants, ses exclusions et le seuil à partir duquel elle se justifie.

Modèle de lettre de démission

Un modèle prêt à adapter, avec les mentions indispensables et les formalités à enchaîner après l'envoi.

Décès du gérant de SCI

Gestion de la vacance, désignation d'un mandataire par le tribunal, déblocage du compte bancaire et coordination avec la succession.

Mandat à effet posthume

Comment organiser à l'avance la gestion des parts et de la société après le décès, et quelles limites ce mandat rencontre.

Abus de majorité et de minorité

Quand une décision d'assemblée devient attaquable, y compris une révocation ou un refus de rémunération motivé par l'intérêt d'un camp.

Mésentente entre associés

Issues possibles quand le conflit paralyse la société : médiation, rachat de parts, administrateur provisoire, dissolution judiciaire.

Associé sous tutelle ou curatelle

Convocation du tuteur ou du curateur, validité des décisions prises sans lui et précautions du gérant face à un associé protégé.